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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo (sur Site radio)· 27 février 2021 25 min

Reconfinements locaux, aides aux entreprises... Le "8h30 franceinfo" d'Alain Griset

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

8h30 France Info avec Myriam Ancawa. Bonjour Myriam.

0:04
Invité

Bonjour Ercine, bonjour à tous.

0:05
Présentateur

De la chaîne parlementaire. Nous sommes sur France Info Radio et sur le canal 27 de la TNT. Notre invité est le ministre délégué chargé des petites et moyennes entreprises. Bonjour Alain Griset. Bonjour. En liaison internet avec nous. Le gouvernement fait tout pour éviter un confinement national. S'il devait se produire malgré tout, on entend dire que ce serait vraiment un désastre économique pour le pays, pour nos entreprises. Est-ce que vous le pensez aussi ?

0:33
Richard Griset

En tout cas, le président de la République, le gouvernement l'a redit à plusieurs reprises. Nous souhaitons au maximum éviter ce confinement parce que d'abord, il a été dit il y a quelques minutes par le représentant de tout l'événementiel, il y a une question très forte de morale, de psychologique. Ensuite, naturellement, il y a des conséquences économiques très fortes et donc la totalité de ces éléments de conséquence du confinement sont tels qu'effectivement nous souhaitons éviter ça.

1:03
Présentateur

Donc il faut continuer effectivement dans cette direction, éviter le confinement à tout prix.

1:09
Richard Griset

Oui, c'est l'objectif, clairement. Depuis maintenant un mois et demi, on voit bien qu'on est sur un plateau plutôt haussier depuis quelques jours, d'où l'attention que le Premier ministre a attiré des Français de tout faire pour que collectivement, nous arrivions à maintenir ce plateau, si possible à baisser, conjugué avec la vaccination. On pourra espérer sortir de cette situation.

1:32
Invité

Donc les confinements régionaux ciblés restent moins durs et moins néfastes pour les entreprises. On l'imagine, le confinement le week-end a donc commencé à Nice et à Dunkerque. Calin Griset, les élus du Nord, le département que vous connaissez bien, c'est le vôtre, reste très dubitatif pour le moins. Écoutez, Christian Hutin, député chevénementiste du Nord, très critique sur ce rituel des annonces chaque semaine.

1:57
Locuteur non identifié

Tous les jeudis, on dirait les compagnons de la chanson, quoi, qui sont en train de nous expliquer ce qu'il faut faire ou ce qu'il ne faut pas faire. De temps en temps, on nous ajoute un monsieur vaccin qui va faire de la timbale, on ne voit plus du tout le président du comité scientifique. Ce sont les baladins de la politique, on fait de la guitare, on ne lutte pas contre le Covid avec des éléments de langage.

2:19
Invité

Alain Griset, qu'est-ce que vous répondez à cela, au fond ? Ce sont des demi-mesures que ces confinements territorialisés.

2:27
Richard Griset

Écoutez, c'est toujours plus facile de critiquer que de mettre en œuvre. J'ai entendu certains élus du département dire en quelques jours des choses totalement contraires. Ce que nous essayons de faire, c'est prendre des mesures les plus adaptées possibles à la situation. Le confinement territorial a été travaillé avec certains élus, avec le préfet. Et aujourd'hui, ça nous paraît la mesure la plus adaptée avant un confinement qui, lui, sera beaucoup plus dramatiquement vécu par tout le monde.

2:53
Présentateur

Alain Griset, est-ce qu'on a une idée du manque à gagner que vont représenter ces confinements lors de deux week-ends pour les commerçants concernés dans les villes de Nice et Dunkerque ?

3:05
Richard Griset

On n'a pas pour l'instant de chiffres précis. Nous savons que le samedi est pour beaucoup de commerçants une journée importante. Et donc, dans tous les cas de figure, nous travaillons le bruit de l'omère pour mettre en place, dans le cadre du fonds de solidarité, une indemnisation qui, je le sais, sera jusqu'à un pis-aller pour ces commerçants.

3:27
Invité

Qui va souffrir le plus, M. Griset ? Ce sont les commerçants de l'habillement. Vous disiez que le samedi est une journée importante, c'est une journée de rattrapage, bien souvent, parce qu'on n'a pas pu faire ses achats la semaine à cause du couvre-feu à 18h, l'habillement, les coiffeurs, les fleuristes.

3:47
Richard Griset

Vous connaissez très bien la situation, vous avez raison, ce sont les filières les plus touchées, habillement, chaussures. C'est vrai que la coiffure, les fleuristes et un certain nombre d'autres sont ceux qui sont les plus impactés. Donc, c'est ceux avec qui on va travailler pour trouver les dispositifs d'aiderisation les plus adéquats.

4:04
Présentateur

Il y a aussi, Alain Griset, certains décalages, certaines différences dans les attributions d'aide pour des entreprises, des commerçants qui ont parfois tout à fait la même clientèle. On a entendu l'exemple à Saint-Paul-de-Vence sur France Info, on en parlait encore tout à l'heure à propos de ce qui se passe à Nice. Est-ce que là, il faut peut-être aplanir les choses pour que tous les commerçants bénéficient exactement de la même façon des mêmes aides ?

4:29
Richard Griset

Vous savez, 90% de mon temps au ministère est fait de rencontres avec les différentes branches professionnelles. Nous essayons d'adapter les dispositifs, regarder les besoins de chacun. Il y a un travail vraiment très fin qui est fait et nous regardons régulièrement de quelle manière adapter ce fonds de solidarité qui est un des quatre piliers mais qui est celui qui est sur lequel nous travaillons le plus.

4:53
Invité

Donc toutes les aides nécessaires seront débloquées, prêts garantis par l'État, chômage partiel, fonds de solidarité pour tous les commerces, les entreprises petites, moyennes qui auront à fermer peut-être dans les jours qui viennent si c'est le choix du gouvernement ?

5:10
Richard Griset

La réponse est oui. Nous continuerons à accompagner les entreprises le temps nécessaire, le temps que la crise sanitaire sera présente. Ça a été fait depuis le mois de mars 2000. Globalement, même si je connais la difficulté de ces entreprises, on arrive à maintenir l'économie puisqu'en 2020, il y a eu un nombre de défaillances bien moins important que d'habitude. Lorsqu'il y a eu confinement au mois de novembre, la compensation a été très augmentée puisque le fonds de solidarité était à 1500 euros, nous sommes passés à 10 000 euros. Au mois de décembre, nous avons ajouté un étage avec 20% du chiffre d'affaires pour les plus concernés.

Donc nous nous adaptons pour permettre à l'ensemble de ces entrepreneurs de tenir le coup pendant cette période sanitaire.

5:55
Invité

Quelle doit être la place des élus dans l'établissement, de ce qui doit fermer, où ça doit fermer ? On sait que 20 départements ont été placés en surveillance renforcée. Jean Castex doit décider la semaine prochaine s'ils subiront le même régime du confinement le week-end. Est-ce que c'est l'État qui décide qu'il doit fermer ou est-ce que ça peut varier d'un département à l'autre selon l'avis des élus ?

6:20
Richard Griset

C'est l'État qui décide in fine, mais il y a une concertation tout à fait normale et nécessaire avec les territoires. L'économie, c'est aussi les territoires et donc c'est ce que nous faisons par l'intermédiaire des préfets. Et je pense que c'est une très bonne démarche, la prise en compte des élus, de la situation et au bout du compte la décision qui revient au gouvernement.

6:40
Présentateur

Alain Griset, ministre délégué chargé des petites et moyennes entreprises et l'invité du 8h30 France Info. On reprend cet entretien juste après le Fil Info puisqu'il est 8h40. C'est Diane Ferschit. À Nice et à Dunkerque, attestation de nouveau obligatoire en journée pour se déplacer. Ces villes et les communes avoisinantes sont sous confinement ce week-end, ainsi que le prochain face à la flambée du coronavirus. À Dunkerque, le taux d'incidence du virus a atteint 910 cas pour 100 000 habitants. En dépistage et vaccination y sont intensifiés, précise la préfecture du Nord.

Deux individus recherchés après le meurtre d'un adolescent de 15 ans a bondi en Seine-Saint-Denis dans une maison de quartier. Le jeune homme a été abattu de deux balles par des personnes en scooter qui ont pu prendre la fuite. Le maire de la ville parle d'un terrible drame. Pour mettre fin à la crise à l'OM, le propriétaire américain du club annonce des changements avec un nouveau président, Pablo Longoria, et un nouvel entraîneur. Il s'agit de l'argentin Georges Sampaoli. Franck McCourt promet qu'il viendra rencontrer les supporters et les dirigeants locaux à Marseille.

Une première étape décisive aux Etats-Unis, la Chambre des représentants approuve le vaste plan de relance de 1 900 milliards de dollars voulu par Joe Biden. La mesure doit à présent être examinée au Sénat américain. France Info Alain Griset, l'invité du 8h30 France Info, le ministre délégué chargé des petites et moyennes entreprises, répond à nos questions. Myriam Ancawa

8:03
Invité

Oui, monsieur le ministre, le régime de Nice et de Dunkerque court le risque de n'être ni compris ni accepté. Est-ce que vous craignez, au fond, que des commerçants refusent de fermer le week-end ?

8:14
Richard Griset

Non, pas du tout. On a bien vu, depuis le mois de mars, il y a une discipline, certes subie, difficilement acceptée, intellectuellement parlant, mais réellement mise en œuvre. Et je ne crains pas du tout, chacun comprend bien la situation. Et d'ailleurs, eux-mêmes, on intéresse que ça se passe dans de bonnes conditions, puisque sinon, nous savons tous qu'il y aurait un confinement plus dur et ils en subiraient les conséquences.

8:37
Invité

Et s'il y a des contrevenants, on a pu entendre certains restaurateurs estimer qu'il était temps de rouvrir, ou même appeler à rouvrir, est-ce qu'il y a des sanctions renforcées ?

8:50
Richard Griset

Nous l'avons clairement dit, il y aura des fermetures administratives. Et puis, au-delà de ce qui peut être plus important, nous enlèverons le fond de solidarité à ceux qui en freinent la règle.

8:58
Présentateur

Aujourd'hui, Alain Griset, avez-vous une idée déjà d'une nombre d'entreprises qui pourraient faire faillite, fermer définitivement à cause de cette crise du Covid ?

9:09
Richard Griset

Réellement, non. Il y a eu beaucoup de pronostics qui ont eu lieu en 2020. 2020, moi j'ai entendu différents spécialistes, entre guillemets, dire qu'il y aurait des défaillances en nombre en 2020. Le constat n'a pas été celui-là, c'est 30% en moins. Ce qui ne veut pas dire qu'il n'y en aura pas. Nous essayons de faire le maximum pour maintenir l'économie. Tout dépendra ensuite de la façon dont celle-ci va reprendre au moment où nous pourrons avoir une situation sanitaire satisfaisante. Et nous regardons, Bruno Le Maire, comment accompagner, au moment venu, les secteurs qui continueront à être en difficulté à la reprise, pour éviter ces défaillances.

9:46
Invité

La question que tout le monde se pose, c'est combien de temps vont durer toutes ces aides ? On a l'impression que le gouvernement navigue un petit peu à vue. Les entrepreneurs ont besoin de visibilité.

9:57
Richard Griset

Le gouvernement s'adapte à la situation sanitaire, qui, elle, effectivement, n'est pas aujourd'hui très clairement facile à déterminer, puisqu'il y a des variants, il y a des évolutions. Donc, sur le plan économique, nous nous adaptons le temps qu'il faudra.

10:12
Invité

Jusqu'à quand ?

10:13
Richard Griset

Le temps qu'il faudra. Le temps que la situation sanitaire sera celle qui empêchera l'économie de fonctionner normalement. Je précise néanmoins qu'aujourd'hui, il y a 90% d'économie qui fonctionne. Alors, les 10% sont en difficulté, ce qui nécessite des aides très fortes que nous mettons en œuvre. Mais nous continuerons le temps nécessaire à soutenir ces entreprises qui sont dans la difficulté.

10:34
Invité

Quitte à sortir progressivement des aides pour éviter les faillites ?

10:39
Richard Griset

Oui, on évoluera au fur et à mesure que les secteurs reprendront. Et puis, à un moment donné, nous savons qu'il y a quelques secteurs, comme l'événementiel par exemple, certains restaurants, qui reprendront et qui, peut-être, n'auront pas tout de suite une activité suffisante. Donc, nous regarderons à ce moment-là avec eux comment continuer à les accompagner.

10:57
Présentateur

Et certains le disent aussi, savent d'ores et déjà qu'ils ne pourront pas reprendre, sans doute. Est-ce que le paysage d'après-crise sera un champ de ruines économiques ou pas ? C'est la question que se posent beaucoup de gens en ce moment et beaucoup de commerçants.

11:12
Richard Griset

Je ne pense pas. Sérieusement, il y a des difficultés, il y aura des défaillances, sans aucun doute. Mais, en tout cas, le terme de ruines économiques n'est pas celui que j'utiliserai. Nous avons mis beaucoup d'argent depuis le mois de mars 2000. On est sûrement un des pays qui accompagne le plus ces entreprises. Et je pense que le résultat sera, au bout du compte, positif. C'est-à-dire que les difficultés sont là, mais la reprise peut être peut-être assez forte. Et à ce moment-là, j'espère que les entreprises reprendront une activité rapidement normale.

11:44
Invité

Sur certaines aides, notamment les prêts garantis par l'État, beaucoup de patrons estiment qu'ils n'ont pas assez de temps pour les rembourser. Aujourd'hui, c'est 6 ans. Faut-il allonger, comme ils le réclament, au-delà ? Pourquoi pas 8 à 10 ans ?

12:01
Richard Griset

Tout d'abord, dire que les prêts garantis par l'État, c'est plus de 650 000 entreprises qui en ont bénéficié. L'État garantit ses prêts à hauteur de 90 %. Dans un premier temps, nous avions mis en place, avec la fédération bancaire, un an de différé. Vu l'allongement de la situation sanitaire, nous avons négocié une deuxième année. C'est-à-dire qu'il n'y a pas de remboursement si l'entreprise le demande pendant deux ans. Et ensuite, c'est vrai, c'est un prêt qui rentre dans les aides d'État. Donc, la Commission limite la durée à 6 ans. Donc, j'ai indiqué il y a quelques semaines le souhait que j'avais qu'on puisse rallonger la période de remboursement.

J'ai indiqué qu'on pourrait éventuellement demander à la Commission 8 ans. Donc, c'est une négociation que nous entreprenons avec la Commission pour aboutir à ça. Mais les entrepreneurs ont quand même deux ans devant eux pour l'instant. Et donc, il faut voir ça avec, je pense, sérénité.

12:53
Présentateur

Et est-ce que ces prêts pourraient éventuellement devenir des dons en supprimant le remboursement pour ceux qui sont vraiment, vraiment très en difficulté dans le milieu de la culture, par exemple ?

13:04
Richard Griset

La réponse est non. C'est un prêt. La prêt a vocation à être remboursé. C'est l'argent des Français. C'est votre argent. Si, à un moment donné, il n'y a pas de remboursement de prêt, les 130 milliards, c'est l'État qui devrait le payer. C'est les impôts. Et donc, notre objectif a été dit à plusieurs reprises. Ce n'est pas d'augmenter les impôts. Donc, un prêt a pour objet d'être remboursé.

13:22
Invité

Sur ces entreprises qui sont aux abois aujourd'hui, on a parlé de la culture, cinéma, théâtre, musée, organisateurs de tournées, attachés de presse. Beaucoup d'indépendants, d'ailleurs, ne sont pas concernés par les aides. Beaucoup ont déjà décidé de changer de métier. Pourquoi on ne les autorise pas, eux, à rouvrir dans les mêmes contraintes sanitaires que d'autres commerces ?

13:46
Richard Griset

Pardon, madame. Il y a peu d'indépendants qui ne sont pas concernés par les aides. Le dispositif est très large et en fonction de la situation, il y a des montants différents, mais on a un spectre de soutien qui est vraiment très important.

13:59
Présentateur

Oui, mais enfin, il y a quand même certains indépendants qui, pour le coup, ne sont pas concernés par ces aides. Ça, vous le confirmez, notamment dans ce secteur-là.

14:08
Richard Griset

S'il y en a, c'est très peu, il faut regarder, mais ça dépend de leur situation antérieure. Il y a des dispositifs aujourd'hui, au mois de janvier, au mois de février, qui, pour les plus fragiles, il y a toujours le dispositif 1 500 euros. Alors, il y a une compensation par rapport au chiffre d'affaires antérieures. Mais en tout cas, chaque situation aujourd'hui est soutenue.

14:26
Présentateur

Et alors, sur les fermetures, on a entendu sur France Info, il y a quelque temps, le représentant des patrons de boîtes de nuit, par exemple, qui lui disait que, d'ores et déjà, un tiers de ces commerces, 30% des boîtes de nuit ne rouvriront pas après la crise. Alors, est-ce que vous vous occupez suffisamment de ces entreprises-là, qui sont particulières ?

14:48
Richard Griset

Écoutez, moi, je travaille avec l'ensemble des branches. Les boîtes de nuit, je les ai reçues hier matin, de nouveau. C'était, je pense, la cinquième fois que je les ai recevues depuis le mois de juillet. Donc, nous regardons avec eux de quelle manière nous pouvons les accompagner, avec peut-être un plan spécifique, parce que c'est le secteur économique qui est le plus fermé. Depuis le mois de mars 2000, ils n'ont pas réouvert.

15:08
Présentateur

30% qui ne rouvriront pas, vous pouvez confirmer ce chiffre ?

15:13
Richard Griset

Non, je ne sais pas du tout. C'est un pronostic qui a été émis, mais aujourd'hui, il n'y a pas d'élément qui nous permettent de confirmer ces chiffres. Nous regardons avec eux pour, je leur ai donné jusqu'au 31 mars pour faire des propositions. Nous verrons ensuite avec Bruno Le Maire, le Premier ministre, de quelle manière on peut les accompagner suffisamment, parce qu'effectivement, ce sont les plus touchés, mais on va regarder pour les soutenir suffisamment, pour qu'au bout du compte, ce secteur tienne. Il y a d'autres sujets que financiers pour les discothèques. Il y a une certaine difficulté d'accompagnement bancaire. Il y a une réglementation.

Nous allons regarder avec Gérard Darmanin comment aussi, là, on peut évoluer. Donc, c'est un secteur dans lequel il faut sûrement apporter des réponses adaptées.

15:53
Invité

Sur les banques, justement, vous trouvez qu'elles jouent le jeu, véritablement ?

15:58
Richard Griset

Sur les prêts garantis par l'État, elles ont joué le jeu, puisque il n'y a que 2,8% d'après la Banque de France de dossiers qui n'ont pas eu satisfaction. Ensuite, il y a des questions aujourd'hui, c'est vrai, qui arrivent d'un certain nombre d'entrepreneurs sur, quelquefois, les reports de prêts en dehors des PGE, sur le coût, quelquefois, de ces reports de prêts. Et donc, nous allons, avec Bruno Le Maire, revoir les banquiers pour qu'ils puissent continuer à accompagner les entrepreneurs dans une bonne situation.

16:30
Invité

Et d'un mot, si l'on regarde un peu vers l'avenir, dans quelle mesure le plan de relance va bénéficier aux petites et moyennes entreprises ? Ils ont dit beaucoup que l'Allemagne a des PME plus florissantes que nous. Est-ce que, là, on a une carte à jouer pour les industries ? Je pense à l'hydrogène, les batteries électriques, les industries du futur.

16:48
Richard Griset

Sur les 100 milliards, nous avons, dès le début, identifié 25 milliards qui, directement, iraient au TPE et 40 milliards pour les TPE, PME. Et donc, je veille de façon à ce que ça puisse se mettre en œuvre très rapidement. Il y a déjà des mesures qui sont très efficaces et qui sont utiles à ces entreprises. Par exemple, les aides à l'apprentissage. Tout ce qui concerne le bâtiment, il y a 7 milliards et beaucoup en direction des petites entreprises. Il y a un dispositif de foncière, il y a la numérisation, il y a une partie des impôts de production. Donc, les petites entreprises vont également bénéficier d'une partie de ces 100 milliards.

17:22
Présentateur

Alain Griset, ministre délégué chargé des petites et moyennes entreprises et l'invité du 8h30 France Info. Nous reprenons cet entretien juste après le fil info. 9h10, Diane Ferschit. La satisfaction des supporters de Marseille après les grands changements annonçant à la tête du club hier soir, Pablo Longoria remplace Jacques-Henri Hérault comme président. L'argentin Georges Sampaoli arrive, lui comme entraîneur, annonce du propriétaire américain Franck Maccourt qui promet sa venue prochaine à Marseille.

Réunion ce matin des préfets et directeurs des agences régionales de santé autour du Premier ministre pour faire le point sur la situation sanitaire dans les 20 départements placés sous surveillance renforcée face à l'épidémie de coronavirus. En cas de dégradation de cette situation, il risque de se voir imposer davantage de restrictions comme c'est le cas à Nice et à Dunkerque placés sous confinement ce week-end ainsi que le prochain. Après le meurtre d'un adolescent de 15 ans hier a bondi en Seine-Saint-Denis, deux personnes recherchées. Le jeune homme a été visé par balle par deux individus à scooter.

La victime était connue pour fréquenter des points de vente de drogue des quartiers nord de la ville. Riyad rejette totalement les conclusions du rapport des renseignements américains sur le meurtre du journaliste saoudien Jamal Rajoghi. Il avait été tué dans le consulat de son pays en Turquie il y a trois ans. Les Etats-Unis accusent le prince héritier d'Arabie Saoudite d'avoir validé cet assassinat. Ils ont sanctionné certains de ses proches mais sans aller jusqu'à punir le dirigeant. France Info Alain Griset, ministre délégué aux Petites et Moyennes entreprises et l'invité du 8h30 France Info, Myriam Ankawa.

18:48
Invité

Oui, l'un des moyens de retrouver progressivement une vie normale ou quasi normale, c'est le passeport sanitaire. Alain Griset, Emmanuel Macron, on l'a évoqué. Enfin, il ne s'agit pas pour lui d'un passeport sanitaire mais d'un pass sanitaire. Écoutez le président de la République.

19:03
Locuteur non identifié

Nous allons mettre en place une organisation à travers ce que j'appellerais un pass sanitaire. C'est-à-dire on va demander à ce que d'abord les gens s'enregistrent pour faciliter, vous savez, le système d'alerte. Sans doute, on pourra intégrer des éléments de tests négatifs récents. On pourra regarder aussi si vous avez été vacciné.

19:21
Invité

Voilà, centraliser les données de santé, ne pas regarder que la question vaccinale, ça vous semble la voie possible d'une sortie de crise ?

19:34
Richard Griset

Le président a indiqué que dans les prochains jours, il y aura une réunion du gouvernement pour regarder sur le plan technique, sur le plan juridique, la manière dont on pourrait mettre en place ce pass sanitaire. Donc, nous allons bien voir la façon dont tout ça va se mettre en place. Nous travaillons en ce qui nous concerne avec CDCO sur anti-Covid pour regarder si cette application pourrait être un élément de ce pass sanitaire. Donc, réponse dans les tous prochains jours, prochaines semaines.

20:01
Présentateur

Pas de soucis sur la confidentialité extrême de ce type d'informations ?

20:06
Richard Griset

Je ne pense pas en tout cas en prenant les garanties nécessaires. Il faut que tout ça rentre dans le cadre légal, que chaque Français soit garanti sur ces informations. Mais je pense que si c'est un moyen de nous permettre d'avancer sur la reprise économique, il ne faut pas naturellement s'en priver.

20:24
Invité

Et à partir de quand on pourrait l'envisager, ce pass sanitaire ? Il faudrait, quoi, qu'il y ait une immunité suffisante dans le pays, 30% ou un taux de vaccination de la moitié de la population ?

20:37
Richard Griset

Ce sont des éléments qui font partie de la discussion que nous aurons dans les prochains jours. Et vous aurez l'information au moment venu. Je n'ai pas, à titre personnel, d'informations précises sur le plan sanitaire. Vous imaginez, c'est plutôt au ministère de la Santé, avec Olivier Véran, que les choses se décident.

20:52
Présentateur

Alain Griset, il faut qu'on parle aussi de votre déclaration de patrimoine, puisqu'apparemment, elle pose problème à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique, qui a saisi la justice. Deux enquêtes ouvertes vous concernant une pour omission substantielle, 171 000 euros, l'autre sur des soupçons d'abus de confiance. Il y a eu des perquisitions dans votre logement de fonction à Bercy. Est-ce que c'est un problème pour votre fonction ministérielle et votre action, et aussi l'image du gouvernement ?

21:21
Richard Griset

En ce qui me concerne mon action, je me mobilise 18 heures par jour pour remplir la mission que le président m'a donnée, qui a d'ailleurs renouvelé sa confiance. Et il y a une procédure, elle est en cours. Je réponds aux interrogations. En ce qui me concerne, les choses continuent dans mon travail, comme je dois le faire normalement au bénéfice des entreprises.

21:41
Invité

Alors, il n'y a pas eu d'enrichissement personnel, puisque vous avez remboursé ces sommes. Mais tout de même, le président de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique, Didier Migaud, a estimé qu'on est dans la confusion des patrimoines, ce qui n'est pas conforme à la loi.

21:57
Richard Griset

Écoutez, le président fait des déclarations. Je ne suis pas sûr que ça soit totalement son rôle, mais ça, la justice est saisie, nous verrons le moment venu.

22:04
Invité

Ça n'est pas son rôle, Didier Migaud, de commenter cela ?

22:09
Richard Griset

Écoutez, il y a une procédure, on suit la procédure. En ce qui me concerne, je réponds aux questions et je travaille au maximum là où c'est possible pour moi de travailler, c'est-à-dire au bénéfice des entreprises, que le président m'a demandé de suivre.

22:22
Présentateur

Enfin, tout de même, ça peut occasionner un soupçon sur votre personne et donc sur l'action du gouvernement. Ça, vous dites, ça n'est pas un souci ?

22:30
Richard Griset

Sûrement pas sur l'action du gouvernement. Vous le représentez, le gouvernement ? J'entends bien et je fais le maximum pour faire le travail qu'il m'est demandé. Il y a une procédure en cours. Laissons la procédure faire et on fera les commentaires le moment venu. Et si cette procédure, pour terminer sur ce sujet,

22:46
Invité

si cette procédure débouchait sur une mise en examen, vous démissionneriez ? Démissionneriez, pardon ?

22:54
Richard Griset

Et c'est le président de la première ministre qui décideront et en tout cas, ce n'est pas quelque chose que j'envisage pour l'instant.

22:59
Invité

Parlons peut-être de l'élection présidentielle. On sent bien que tous les états-majors sont en pré-campagne. Emmanuel Macron bénéficie d'une cote de popularité très haute, il faut le souligner, pour un président à un peu plus d'un an de la fin de son mandat. Les Français, lui, sont grés de la gestion de la crise sanitaire ?

23:22
Richard Griset

Je pense qu'effectivement, il y a quand même, pendant cette crise, des décisions qui ont été prises, très fortes, adaptées à la situation. Et les Français ont vu dans le président l'homme qui, aujourd'hui, est celui qui tient la barre, qui répond aux attentes et qui est totalement dans sa mission. Et je pense que les Français sont sensibles à cette action.

23:43
Invité

Alors pourquoi alimenter le débat ces derniers jours, semaines, sur l'islamo-gauchisme, par exemple, ou les menus sans viande ? Est-ce que c'est à la hauteur de ce que traversent les Français ?

23:57
Richard Griset

Vous aurez remarqué que je suis, moi, mobilisé sur l'action économique qui suffit amplement à remplir mon temps dans tous les jours. Et donc, c'est des sujets que je n'ai jamais abordés, que je ne souhaite pas aborder.

24:10
Invité

Pour terminer, la polémique a été, au fond, conclue par le Premier ministre qui a parlé de fadaise après la proposition du premier adjoint à Anne Hidalgo et Emmanuel Grégoire qui proposait un confinement de trois semaines de la capitale. Il a rétro-pédalé depuis. Mais que pensez-vous de cette proposition ? On confine trois semaines Paris ou l'Île-de-France pour pouvoir mieux réouvrir après ?

24:39
Richard Griset

Écoutez, le premier adjoint à la mairie de Paris a dit lui-même qu'au bout du compte, c'était une proposition qui n'en était pas une. Il a bien vu que ça n'allait pas dans le bon sens. Et donc, ça fait partie, comme tout à l'heure, des élus qui, de temps en temps, essaient de considérer qu'il faut apporter leur pierre. C'est un élément parmi tant d'autres, mais aucune importance particulière à tenir à ces propos.

25:03
Présentateur

Merci Alain Griset, ministre délégué chargé des petites et moyennes entreprises, invité du 8h30 France Info ce matin.