Marine Le Pen : "Que le gouvernement embraye le pas de ces mouvements racialistes, c'est honteux"
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Et avec Léa Salamé, nous recevons ce matin la présidente du Rassemblement National dans le grand entretien de la matinale. Amis auditeurs, questions, réactions au standard, le 01 45 24 7000 sur les réseaux sociaux et l'application mobile de France Inter. Marine Le Pen, bonjour. Bonjour. Et merci d'être à notre micro ce matin. On va parler dans quelques instants de la question de la violence et du racisme dans la police ou chez certains de ses membres. Des manifestations avaient lieu hier encore en France sur ce sujet. On va parler aussi des municipales bien sûr, mais d'abord l'économie.
Bruno Le Maire hier soir a indiqué que l'État avait engagé 460 milliards d'euros pour lutter contre les effets de la crise économique. 460 milliards qui comprennent évidemment les aides au tourisme, à l'automobile, à l'aéronautique et à tous les autres secteurs frappés par la crise. Question simple, le gouvernement a-t-il raison de mettre ces sommes-là sur la table ? Agit-il vite et surtout agit-il bien ?
A-t-il raison de tout faire pour éviter une augmentation spectaculaire du chômage et des défaillances dans ce reprise ? Oui, bien sûr. Moi, ce que j'ai regretté, c'est qu'ils ne suivent pas la proposition que j'ai pu faire pendant la crise du Covid, qui consistait à avoir une attention particulière pour les TPE-PME. Pourquoi ? Parce que ce sont évidemment celles qui peuvent mourir plus facilement, plus rapidement que d'autres et elles sont des très grands pourvoyeurs d'emplois.
Il y a eu un fonds de solidarité pour les TPE, pour les commerçants, pour les indépendants.
Oui, mais moi j'avais proposé qu'il y ait un forfait de 1500 euros par entreprise, de moins de 1000 salariés, plus 1000 euros par salarié. Pourquoi ? Parce que je voulais à tout prix préserver la liquidité de ces entreprises. Aujourd'hui, beaucoup de ces entreprises sont sur le point de défaillir à cause d'un manque de liquidité. Alors, moi, ce que je suggère, c'est qu'on continue le chômage partiel jusqu'à fin octobre pour ces TPE-PME, qu'on utilise totalement le fonds de solidarité, parce qu'en réalité, je crois qu'il n'y a que 4 milliards sur les 7 milliards disponibles qui ont été utilisés. Et il faut utiliser le reste précisément pour les entreprises de moins de 11 salariés.
Et il faut proroger l'ensemble des dispositifs jusqu'à fin octobre, au moins, parce que c'est en septembre et octobre que les entreprises vont se retrouver en grande difficulté.
Marine Le Pen, faut-il accélérer le déconfinement, comme le demande le MEDEF, des chefs d'entreprise, des restaurateurs, des familles même ? Est-ce que vous pensez qu'il faut aller plus vite ?
Je pense qu'il faut être tout à fait pragmatique. Nous n'avons pas les éléments en main qu'a le gouvernement pour savoir si le virus circule dans des conditions qui nécessitent de maintenir ce confinement ou non. Donc, à partir du moment où le virus circule, certes encore, mais de manière très inférieure et très maîtrisée, alors, très certainement, on peut assouplir le déconfinement. Mais la règle reste la même, je l'ai réclamée il y a 4 mois, et elle reste la même aujourd'hui. Tester, isoler, traiter. Est-ce que le gouvernement est en capacité de le faire ? Je le souhaite, mais nous n'avons plus aucun élément sur ce sujet d'information.
Mais sur l'école, de plus en plus de pédiatres alertent sur les risques pour les enfants de ne pas aller à l'école. Lundi, à votre micro, Jacques Toubon nous disait que c'est une catastrophe pour certains enfants de ne pas aller à la cantine. Il faut vite que les enfants retournent à l'école et retournent à la cantine. Vous, vous ne vouliez pas rouvrir les écoles avant septembre. Est-ce que vous étiez trop alarmiste ? Est-ce que vous avez changé d'avis sur cette question ?
Non, on n'est jamais trop alarmiste et on n'est jamais trop prudent. Moi, je pensais que compte tenu du fait que les écoles ferment fin juin, fin juin, donc c'était quand même un délai très court, pourquoi prendre le risque pour des millions d'enfants de voir le virus se développer, alors même qu'il n'y a que quelques semaines, là il ne reste plus que 15 jours au moment où on se parle, d'école pour les enfants, même moins pour certains collégiens. Donc, je pense qu'il aurait fallu rouvrir en septembre.
On aurait pu du coup s'organiser pour mettre en place les systèmes de garde, puisqu'en fait beaucoup d'enfants n'y vont pas à l'école, vous le savez, il n'y a qu'un minimum d'enfants qui aujourd'hui vont à l'école. Et ce ne sont pas obligatoirement les plus fragiles, c'est-à-dire ceux qui étaient peut-être en situation de décrochage. Quant au fait de rouvrir l'école pour permettre aux enfants de manger à leur faim à la cantine, excusez-moi, mais nous avons un système social en France qui est quand même assez développé et assez performant pour pouvoir venir en aide aux familles qui sont en difficulté pour les aider à nourrir leurs enfants dans une période aussi difficile que celle-là.
L'été, les vacances arrivent. Faut-il rouvrir les frontières au plus vite, Marine Le Pen ? Inviter les Allemands, les Italiens, les Espagnols, les Hollandais, bref, les Européens à venir passer leurs vacances ici en France ou préférez-vous que ce soit chacun pour soi ? Chez soi, pardon.
Non mais je ne me sens pas du tout l'obligation d'envisager cela de manière globale. Je veux dire, moi je ne suis pas une folle européiste qui vise à dire où toutes les frontières s'ouvrent en Europe ou rien. Il faut encore une fois avoir une vision pragmatique. Y a-t-il des pays aujourd'hui où le virus circule largement ? Oui. Et ça n'est pas une question d'Europe ou de pas Europe. Il circule énormément par exemple en Amérique du Sud. Faut-il rouvrir les frontières avec l'Amérique du Sud ? La réponse est non. Mais à l'égard de pays où le virus circule très peu, on peut l'envisager.
Mais on peut aussi demander à ceux qui viennent, puisque c'est vrai que c'est difficile d'être mis en quarantaine, d'avoir un test négatif du Covid de moins de 72 heures. Après tout, vous le savez bien, vous avez voyagé en Afrique, il y a toute une série de pays en Afrique, où quand on va en Afrique, il faut avoir fait un vaccin. Par exemple, le vaccin de la fièvre jaune. Donc on peut très bien demander... Aux Européens, à nos voisins européens. Oui, on peut très bien demander à nos voisins européens, lorsqu'on se déplace dans un pays étranger, d'avoir un test négatif de moins de 72 heures.
Ça permettrait objectivement de rassurer tout le monde et d'éviter évidemment une deuxième vague que tout le monde craint.
Marine Le Pen, le gouvernement dit qu'il faut sauver l'emploi à tout prix. Vous seriez chef d'entreprise aujourd'hui. Vos carnets de commandes, il n'y en a plus. Il n'y a plus de commandes. Votre trésorerie est à sec, vous êtes dans le rouge, et vous avez vos salariés. Est-ce que l'idée de leur proposer un deal, vous baissez temporairement vos salaires, ou vous travaillez un peu plus, et moi je m'engage à ne pas vous licencier, est-ce que vous pensez que c'est un deal qui est acceptable s'il est accepté par les syndicats et négocié ?
Non, je le pense inacceptable, parce qu'en réalité vous voyez bien que lorsqu'un salarié est confronté à un chantage de ce type, et qu'on lui explique que soit il accepte de baisser son salaire, soit il sera licencié, alors il n'y a pas véritablement de volonté librement exprimée de sa part. Je pense, c'est la raison pour laquelle je pense que le chômage partiel, par exemple, doit être maintenu jusqu'au mois d'octobre, et peut-être même au mois de décembre, pour ceux qui sont en situation.
Le gouvernement n'exclut pas de l'allonger encore pendant un an ou deux dans certaines entreprises ?
Je trouve ça très bien, et je trouve très bien également que le report de charges se transforme en annulation de charges pour les très petites entreprises, et que ce report de charges soit peut-être plus important encore en délai.
Mais pas de baisse de salaire ? Pas de renoncer à CRTT, tout ça, non ?
Non, très objectivement, je trouve que ce serait une régression terrible. En revanche, ce que je voudrais dire, c'est que je ne voudrais pas qu'on reparte comme avant. Il y a eu beaucoup d'espoir pendant cette crise, parce qu'il y a eu beaucoup de prise de conscience, il y a eu l'espoir que les choses changent. Est-ce que les choses sont aujourd'hui, dans l'esprit du gouvernement, en train de changer ? La réponse est non. C'est-à-dire qu'on continue dans le même modèle économique. En quoi ? On a continué à signer des accords de libre-échange avec le Vietnam, avec d'autres pays.
On se refuse à mettre en place les conditions de protection de nos entreprises, et notamment face à la concurrence internationale déloyale. Donc, est-ce qu'on continue avec le même modèle ? Car si l'on continue avec le même modèle, on continue avec les mêmes fragilités, et on n'arrivera pas à se redresser comme nous devrions le faire. Donc, profitons de cette crise pour changer radicalement le modèle. Et c'est vrai, je ne suis pas sûr que le gouvernement d'Emmanuel Macron soit le gouvernement idoine, si je puis me permettre, pour renoncer aux lubies ultra-libérales et aux lubies sans-frontiéristes
qui sont les leurs. Pourtant, vous l'avez entendu, depuis trois mois, réinventons-nous, je vais me réinventer, éloge du service public, critique du marché à tout prix, souveraineté à quasiment chaque phrase. Vous avez entendu, non ?
Mais peut-être suis-je trop vieille pour me contenter de parole, j'attends des actes et je n'en vois pas. On l'a vu avec Renault, d'ailleurs. On voit bien qu'avec Renault, le gouvernement accepte sans sourciller la fermeture de sites industriels de Renault en France qui vont rayer, objectivement, de la carte de la France comme site industriel de production pour les voitures Renault. Donc, voilà, je ne les crois pas capables de changer fondamentalement d'idéologie. Et donc, si on veut changer de politique, il faut changer les politiques.
Encore au chapitre de la crise sanitaire, le gouvernement souhaite mettre fin au 10 juillet à l'état d'urgence sanitaire qui a été mis en place fin mars pour lutter contre l'épidémie de coronavirus. Le gouvernement qui présentera aussi tout à l'heure au Conseil des ministres un projet de loi qui permettra pendant quatre mois de réglementer aux besoins l'accès aux transports, de limiter ou d'interdire certains rassemblements. Et de fermer à nouveau certains établissements accueillant du public si une deuxième vague d'épidémies arrivait. Mettre fin à l'état d'urgence, Marine Le Pen, mais garder un filet de sécurité de cette nature, est-ce un bon compromis ?
En réalité, l'état d'urgence sanitaire peut s'entendre s'il fait l'objet d'un contrôle régulier de la part du Parlement. C'est ce que nous avions demandé en disant toutes les trois semaines ou tous les mois, le Parlement doit être interrogé sur le maintien de l'état d'urgence. Parce que là, en réalité, ils suppriment l'état d'urgence pour remettre une forme d'état d'urgence. Et ils l'inscrivent dans la loi, c'est-à-dire, ils l'inscrivent dans l'idée que même s'il n'y a pas d'urgence sanitaire, alors on peut attenter aux libertés de circulation. Et ça, ça me paraît presque plus problématique.
s'il y a une deuxième vague.
Oui, s'il y a une deuxième vague.
S'il y a une deuxième vague et sur quatre mois, en fait. Donc, ce n'est pas un cri dans la loi, définitivement.
Bien sûr, mais s'il y a une deuxième vague, on convoque immédiatement le Parlement qui, en l'espace de 24 heures, reprend, encore une fois, par un vote, des dispositions d'un état d'urgence sanitaire.
Marine Le Pen hier avait lieu les funérailles de George Floyd aux Etats-Unis. Avant de parler de la France, une question sur la réponse de Donald Trump aux manifestations dans toutes les grandes villes des Etats-Unis. une réponse qui se résume au fond à ses tweets qu'il répète et qu'il réécrit inlassablement « Law and order », la loi et l'ordre, est-ce la bonne manière de réagir à la mobilisation ?
Si vous voulez, si l'ordre et la loi ne sont pas la bonne manière de répondre, je ne sais pas quelle est la bonne manière. Bon, même si les Etats-Unis ont un problème que nous n'avons pas. Les Etats-Unis sont régulièrement secoués par des émeutes raciales, ils ont une histoire, ils ont un problème d'ailleurs d'organisation il y a 15 000 polices aux Etats-Unis. Chaque police dépend en réalité souvent d'un maire, ce sont des polices municipales et il y a très certainement du ménage à faire dans la police. J'ai vu le maire de Minneapolis pleurer à la suite de la mort de George Floyd, il a raison de pleurer car c'est lui le responsable, la réalité, c'est que c'est sa police.
C'est lui qui a laissé un homme qui a fait l'objet de 17 poursuites pour manquement à ses obligations de policier durant sa carrière, il l'a laissé en poste. Mais certains cherchent à faire de cette émotion une utilisation électorale. On est en période électorale aux Etats-Unis. Je rappelle d'ailleurs que le maire de Minneapolis est démocrate, que le gouverneur est démocrate. Vous ne croyez pas à l'émotion spontanée qu'il y a dans toutes les villes ? Non, mais qu'il y ait une émotion, bien sûr, on en a tous ressenti. Enfin, je dois dire, les images étaient absolument épouvantables. La mort d'un homme dans ces circonstances est évidemment émouvante.
Mais je ne suis pas dupe qu'il y ait un certain nombre d'utilisations, d'instrumentalisations de cette émotion à des fins électorales. C'est vrai aux Etats-Unis et c'est vrai en France de la part de ceux qui cherchent à faire un parallèle et à importer ces conflérations dans notre pays.
Suspension systématique à chaque soupçon avéré d'actes ou de propos racistes, interdiction de l'étranglement lors des interpellations, généralisation à la place de ce mode d'interpellation du pistolet à impulsion électrique. Est-ce que vous soutenez ces mesures annoncées par le ministre de l'Intérieur, Marine Le Pen ?
Non, mais d'abord, il y a une chose que je ne soutiens pas, c'est le comportement du gouvernement. Je vous le dis, il m'inquiète profondément et je pense que ce que nous avons vécu depuis trois jours est la révélation de l'abandon par le gouvernement du respect de l'état de droit. Vous savez, il y a des mouvements racialistes dans notre pays. Le racialisme, c'est l'idée qu'il faut organiser la société en fonction de communautés envisagées autour de leur origine ou de leur couleur de peau. C'est fondamentalement l'inverse de la vision française qui est en réalité l'individualisation des rapports humains.
Alors que qui est un courant politique qui par ailleurs choque beaucoup de Français qui existe, qui est profondément antirépublicain, c'est une chose après tout, c'est la liberté d'expression, la liberté d'expression elle ne s'arrête pas à ce qui choque. D'accord ? Mais que le gouvernement... En quoi il porte atteinte à l'état de droit le gouvernement ? Mais voilà, que le gouvernement, lui, embraye le pas de ces mouvements, eh bien c'est absolument honteux. Alors, on se rappelle quand même en l'espace de trois jours, le ministre de l'Intérieur nous dit qu'il refuse d'appliquer la loi. Il n'a pas dit ça.
Ah si, il a dit qu'il n'appliquerait pas la loi pour les violations de l'état d'urgence sanitaire visant à des rassemblements de milliers de personnes. Alors qu'il l'a appliqué avec une grande dureté d'ailleurs, notamment pour les infirmières qui avaient manifesté leur souffrance il y a quelques jours devant l'hôpital Debré. Donc, il dit qu'il ne va pas appliquer la loi. Il viole la séparation des... Il viole tous la séparation des pouvoirs puisque Emmanuel Macron demande à la ministre de la Justice de se pencher sur un cas particulier qui est entre les mains de magistrats. Il viole la présomption d'innocence.
quand il dit qu'il y aura une suspension de policiers dès qu'il y a un soupçon avéré, ça veut dire que le soupçon entraîne la suspension. Et bien ça, c'est totalement l'inverse de la présomption d'innocence.
Laurent Nunez, secrétaire d'Etat à l'intérieur, vous répond, Marine Le Pen raconte n'importe quoi comme d'habitude. Je le cite, quand on décide d'appliquer une suspension administrative, il y a une procédure, la suspension est décidée sur des faits précis, elle n'est pas décidée sur un simple soupçon.
C'est M. Nunez qui dit n'importe quoi et d'ailleurs ils font n'importe quoi. Alors est-ce que c'est l'émotion comme il l'a dit ? M. Castaner nous a quand même dit que l'émotion justifie qu'on n'applique pas la loi. Mais c'est exactement l'inverse c'est donner la force à la loi et cette loi elle doit s'appliquer à tous, en tout temps et en tout territoire. Et c'est ce que M. Castaner, M. Nunez et d'autres dans ce gouvernement sont en train de jeter à la poubelle. Moi je n'entends pas que notre état de droit soit jeté à la poubelle car s'il n'y a pas d'état de droit il n'y a plus d'état-nation.
Marine Le Pen est-ce que c'est l'émotion qui fait parler Julien Audoul qui est membre du Rassemblement National et qui a déclaré hier qu'Adama Traoré a été tué parce que c'était une racaille ?
Je ne sais pas si c'est une émotion mais c'est une belle sottise.
Je le dis de la manière la plus claire qui soit la famille d'Adama Traoré qu'on pourrait presque appeler le gang Traoré d'ailleurs parce qu'ils sont tous des délinquants et des délinquants graves avec des faits très graves des crimes qui pour certains leur sont reprochés ne justifient pas évidemment que l'on considère que parce qu'on est délinquant on doit prendre le risque de mourir mais encore une fois trois expertises judiciaires ont démontré dans cette affaire qu'Adama Traoré n'était pas mort du fait de son interpellation j'aimerais bien qu'on revienne quand même à la vérité parce que du coup il y a une chasse aux sorcières à l'égard de notre police qui ne se justifie pas je tiens à vous dire également que je vais rendre public cet après-midi un plan général d'amélioration du fonctionnement de notre police et de retour de la confiance avec la population pourquoi ?
parce qu'il y a un problème dans la police ? il y a un problème oui c'est qu'ils souffrent énormément les policiers le problème c'est qu'ils n'arrivent pas à exercer la mission qu'on leur demande dans des conditions qui soient des conditions correctes il y a donc beaucoup à faire en matière de formation une école de formation aux méthodes d'interpellation doit être et au maintien de l'ordre doit être mise en oeuvre comme pour la gendarmerie il faut répondre à leur problème de logement ils vivent dans une insécurité familiale psychologique professionnelle auquel il faut répondre parce que si on n'y répond pas alors on n'aura pas une police qui fonctionne correctement
allez on file au standard on nous attend Laurent bonjour et bienvenue sur inter
oui bonjour bonjour madame le pen
bonjour
je voulais savoir vous avez soutenu les politiques populistes de monsieur Trump et de monsieur Bolsonaro on a vu l'échec de ces politiques face à la crise continuez à vous soutenir ce genre de politique
merci Laurent pour cette question Marine Le Pen vous répond rapidement
oui c'est une question qui est un peu caricaturale je n'ai rien soutenu j'ai exprimé le respect de la démocratie au moment où chacun était prêt à faire n'importe quoi pour empêcher que le peuple américain et le peuple brésilien se choisissent des dirigeants voilà moi je considère que comme je suis une démocrate je considère que chacun a le droit de se choisir ses dirigeants
et sur leur gestion de la crise du Covid c'était ça aussi là dessus
c'était là dessus
que portait la question
non mais objectivement je pense que la crise aurait pu être très largement mieux gérée par Donald Trump mais on ne résume pas une politique à cette situation de la crise sanitaire parce que sinon monsieur Macron va évidemment renoncer à se présenter à nouveau compte tenu des erreurs majeures qui ont été commises en France qui a quand même le nombre de morts le plus important d'Europe
Christophe Ostendard bonjour et bienvenue oui bonjour à tout le monde
et à votre invité on vous écoute j'ai une question toute simple à lui soumettre son avis sur le retour éventuel de l'impôt sur la fortune
merci Christophe pour cette question Marine Le Pen
moi si vous voulez j'ai toujours été contre la suppression de l'ISF et je considère que ce qui a été fait est encore plus catastrophique puisqu'en réalité on a mis en place un IFI c'est à dire un impôt sur la fortune immobilière donc au lieu de toucher 0,01% des plus riches dans notre pays en leur demandant une contribution avec l'ISF et bien Macron a réussi à taxer en fait les petites fortunes donc à choisir je préfère le retour de l'ISF sur le capital et la suppression de l'impôt sur la fortune immobilière parce que je vais vous dire moi je veux que les français soient propriétaires de leur patrimoine je souhaite que de plus en plus de français soient propriétaires et qu'il n'y ait pas de limite à cette possession car si ce ne sont pas les français qui sont propriétaires alors ce seront les grandes compagnies d'assurance ce seront les fonds de pension étrangers ce seront les banques et objectivement j'y tiens pas
2-3 questions sur les municipales Marine Le Pen le second tour c'est dans quelques jours le bilan est plutôt négatif pour le Rassemblement National une centaine de qualifications pour le second tour contre 300 en 2014 très peu de villes gagnables à part Perpignan un front républicain qui risque de vous faire perdre à Marseille à Mente la ville une bonne partie de vos électeurs sont peut-être restés chez eux par peur du virus mais ça n'explique pas tout est-ce que vous avez un problème avec votre ancrage territorial est-ce qu'il recule
est-ce que vous le reconnaissez non ça explique ça explique beaucoup d'abord je tiens à vous dire que rappelez que quasi l'intégralité de nos maires ont été réélus dès le premier tour dès le premier tour ce qui est quand même assez spectaculaire comme résultat et deuxièmement 55% selon les études qui ont été faites de mes électeurs ne sont pas allés voter au premier tour par peur du Covid c'est considérable et c'est cette défaillance si vous voulez de participation qui a entraîné parfois des résultats qui sont décevants permettez-moi du coup de profiter pour dire à mes électeurs d'aller voter au second tour pour ceux qui ont la chance de le faire et d'avoir un candidat à l'Assemblée nationale il faut absolument se mobiliser car c'est essentiel nous l'avons dit sur tous les tons la France d'après démarre le 28 juin
très très rapidement parce qu'il nous reste peu de temps la seule vraie chance de victoire du RN c'est Perpignan avec Louis Alliot qui on le sait ne fait aucune référence au RN sur ses affiches et ses tracts de campagne est-ce que vous allez dans les prochains jours aller soutenir Louis Alliot sur place ?
Mais nous personne n'ira soutenir personne pour une raison simple vous n'y allez pas à vous mais nous sommes encore en situation de crise sanitaire qui nous interdit de pouvoir se réunir à plus de 10 alors je le dis je le redis sur tous les tons je soutiens la candidature de Louis je pense qu'il sera élu je m'en réjouis je m'en réjouis pour lui parce qu'il a fait beaucoup de travail je m'en réjouis pour le mouvement parce que c'est vrai qu'une ville de 100 000 habitants va pouvoir permettre de démontrer ce que l'on peut faire pour arracher une ville à la difficulté à la souffrance au chômage à l'insécurité
la dernière fois la dernière fois que vous êtes venue à ce micro Marine Le Pen c'est il y a 3 mois vous disiez que vous feriez tout pour faire battre Anne Hidalgo à Paris est-ce que vous apportez votre soutien à Rachida Dati vous aviez dit nous verrons
alors on y est en tout cas je pense que madame Hidalgo est le pire maire qui puisse exister donc si effectivement le choix est entre madame Hidalgo et madame Dati moi à titre personnel si j'étais électeur à Paris je voterais largement Dati plutôt qu'Hidalgo
Dernière question d'auditeur sur le site Pierre faut-il que Didier Raoult fasse de la politique ? Mais pourquoi voulez-vous
que Didier Raoult fasse de la politique ? On est dans un monde un peu insensé où à chaque fois que quelqu'un commence à être connu dans un domaine quel qu'il soit y compris dans la médecine il faut absolument qu'il soit candidat à la présidentielle je ne suis pas du tout sûr qu'il le souhaite et je pense qu'il a beaucoup fait pour la médecine pour la science et après tout il a apporté une pierre très intéressante dans le débat pendant cette crise le pauvre n'allons pas lui mettre une charge supplémentaire sur le dos il en a déjà c'est me semble-t-il Et pas de concurrence ici non ?
Oui mais enfin écoutez entre Hanouna toutes les concurrences me vont Hanouna je ne sais pas qui les chanteuses Camilla Jordana voilà allez venez tous être candidat à la présidentielle ça s'appelle la démocratie c'est sain et peut-être d'ailleurs ce sera-t-il plus gai
Marine Le Pen merci présidente du Rassemblement National merci d'avoir été au micro de France Inter ce matin
Marine Le Pen