L'invité politique Sud Radio - Philippe Baptiste, Ministre de l'Enseignement supérieur de la Recherche et de l'Espace, est l'invité politique
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 40 %Défensif 20 %
Questions et réponses
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- 0:34OuverteRéponse directe
Est-ce qu'au sein de l'enseignement supérieur, on s'inquiète de ce qui se passe dans la rue et de cette violence qui nous vient des lycées ?
- 2:05OuverteRéponse partielle
Combien de facs d'abord seront perturbés aujourd'hui ?
- 3:18OuverteRéponse partielle
Combien d'entre eux pourraient être mobilisés ? Est-ce que vous avez fait des estimations ?
- 4:39OuverteRéponse directe
Vous avez le sentiment que les demandes des lycéens n'étaient pas très structurées ?
- 4:55RelanceRéponse directe
Est-ce que c'est pas un peu tard ce matin pour faire des propositions ?
- 5:22OuverteRéponse directe
Est-ce que vous craignez un embrasement demain de voir des affrontements entre ceux qui jouent des rôles très différents ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:30Invité politiqueFait
« par un professeur asperger d'essence, par un adolescent de 16 ans, notamment à la Ciotat. »
- 1:47InvitéFait
« les images qu'on voit depuis une semaine sont abominables. »
- 1:49InvitéFait
« je pense évidemment à LFI, ces gens-là ont une très lourde responsabilité. »
- 7:01Invité politiquePromesse
« l'abandon des frais annuels pour les étudiants non boursiers, inscrits en BTS et en classe préparatoire ? »
- 7:16Invité politiqueFait
« Les étudiants manifestent aussi contre l'augmentation des frais de scolarité pour les étrangers. »
- 7:32InvitéFait
« Que toutes les statistiques démontrent le contraire. »
- 7:52InvitéChiffre
« en Grande-Bretagne, de master à 20 000 euros l'année, ou aux Etats-Unis jusqu'à 100 000. »
- 8:12InvitéChiffre
« une scolarité, ça coûte à peu près 12 000 euros par étudiant. »
- 8:38Invité politiqueFait
« donc vous demandez 3 000 euros, ça c'était ce que permettait en fait la disposition qui est passée au printemps. »
- 9:51Invité politiqueFait
« un étudiant a nom à consonance africaine ou maghrébine à 8% de chances de moins d'être accepté qu'un non-juif, ce sont ses termes, ou asiatique. »
- 10:33InvitéFait
« avant, quand il y avait trop de personnes qui voulaient faire la même formation, on n'avait rien trouvé de meilleur que de tirer au sort les étudiants. »
- 11:40InvitéFait
« les indicateurs, qui sont les indicateurs factuels, montrent que la plateforme n'est évidemment ni raciste et fait bien le contraire que du tri social. »
- 12:30InvitéChiffre
« le jour des résultats, on a deux lycéens sur trois qui ont une solution. »
- 12:38InvitéChiffre
« en juillet, on avait 90% des bacheliers qui avaient une solution. »
- 14:06InvitéChiffre
« on a rajouté 50 millions d'euros une première fois en 2026. On en rajoute 20 toujours en 2026. Il y en aura 150 de plus dans le prochain budget 2027. »
- 14:20InvitéChiffre
« on a rajouté au total 200 plus 600, 800 emplois dans les CRUS, dans les restaurants universitaires. »
- 20:09InvitéChiffre
« un bachelier professionnel, quand il se lance dans une licence à l'université, il a 96% de chances de ne pas réussir. »
Temps de parole
- Invité68 %
- Philippe Baptiste20 %
- Invité 25 %
- ?3 %
≈ 14,3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Sud Radio, l'invité politique,
Jacques
Cardoze. Il est 8h30, merci d'être à l'écoute de Sud Radio. C'est l'heure du grand entretien politique et aujourd'hui, Jacques, vous recevez Philippe Baptiste, ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche et de l'espace.
Philippe Baptiste, bonjour. Bonjour. On va parler des établissements supérieurs fermés aujourd'hui, mais d'abord on est tous heurtés par le degré de violence des plus jeunes à l'égard de ceux qui représentent l'autorité, les professeurs, les proviseurs, par un professeur asperger d'essence, par un adolescent de 16 ans, notamment à la Ciotat. Est-ce qu'au sein de l'enseignement supérieur, on s'inquiète de ce qui se passe dans la rue et de cette violence qui nous vient des lycées ?
Évidemment, mais tout citoyen ne peut que s'en inquiéter. On vit dans un état de droit
et
dans un état de droit, on peut contester, on peut demander d'ouvrir des dossiers, on peut demander à discuter, mais la violence n'est pas un moyen d'expression. Et les images qu'on voit depuis une semaine sont abominables. Elles sont inquiétantes et elles sont abominables. Évidemment, moi je pense évidemment aux forces de l'ordre qui payent un très lourd tribut, mais aussi aux chefs d'établissement, aux professeurs, aux lycéens qui sont des lycéens, mais grévistes ou pas grévistes, qui aussi sont blessés par les propres blocages. Donc tout ça doit cesser, parce que ça n'a aucun sens, c'est pas comme ça qu'on débat. C'est pas comme ça qu'on débat.
Je
pense qu'effectivement, on a des sujets autour de la jeunesse, il y a peut-être des choses qu'il faut faire et qu'il faut ouvrir. Le Premier ministre l'a dit et l'a écrit hier, mais pas avec ce niveau de violence qui est simplement abominable. Et les personnes qui allument le feu et qui continuent à allumer le feu et à souffler sur les braises pour en obtenir un intérêt politique et qui tentent minute après minute de récupérer le mouvement, et je pense évidemment à LFI, ces gens-là ont une très lourde responsabilité.
C'est-à-dire une très lourde responsabilité. Il faudra qu'ils en soient considérés comme responsables. Je pense que c'est une responsabilité politique. C'est tout, et
puis
je ne dis pas autre chose. Alors une grosse manifestation est prévue demain. Étudiants et syndicats sont appelés à se mobiliser. Combien de facs d'abord seront perturbés aujourd'hui ? Quel est l
'état des lieux ? Oui, c'est difficile à dire, mais j'aurais envie de dire, je pense, je pense qu'on devrait être dans un mouvement, dans une certaine stabilité par rapport aux chiffres qu'on avait jeudi et vendredi derniers, c'est-à-dire une trentaine ou une quarantaine, alors pas d'université, mais de site. Alors pardon, parce qu'un site, ça peut être un bâtiment ou ça peut être quelques bâtiments qui sont soit bloqués, soit des fois on fait des fermetures aussi, ce qu'on appelle des fermetures administratives, quand on sent qu'on va avoir un moment de tension, et puis un risque de débordement et de
danger.
Ce
sont des
fermetures de prévention,
d'une certaine façon.
Exactement. Parce que simplement, on pense qu'il va y avoir des conditions où la sécurité ne sera pas réunie, donc on préfère fermer avant. Et quand je dis on, c'est évidemment la responsabilité des présidents d'universités. Alors là, ce sont les
fermets, mais combien d'universités ont été perturbées jusqu'à présent ? C'est le même chiffre ou pas ?
Oui, c
'est
à peu près. En fait, on est sur un mouvement depuis jeudi où effectivement, il y a des étudiants et des lycéens qui manifestent parfois ensemble. C'est vraiment parti, je crois, d'un mouvement lycéen. C'est très clair et c'est assez facile à suivre. Évidemment, il y
a
des discussions aujourd'hui entre des lycéens et des étudiants. On a des blocages. Il n
'y a
pas eu de violence dans les universités ou très marginalement.
Donc
c'est quand même radicalement, c'est très différent de ce qu'on peut voir dans les lycées. Et je voudrais saluer quand même le travail à la fois des présidents, des enseignants-chercheurs et puis des étudiants aussi. Parce que jusqu'à maintenant, ils ont réussi à canaliser quelque part cette éleure de monde.
Combien d'entre eux pourraient être mobilisés ? Est-ce que vous avez fait des estimations
?
Non, je ne
suis
pas capable de vous
donner un chiffre. Vous pensez que ce sera suivi, très suivi
?
Demain ? Je pense que ce sera suivi. Mais après, je suis incapable de vous donner un chiffre en l'état.
Alors, c'est la grande question. Les étudiants vont-ils rejoindre les lycéens et du coup donner un autre visage à ce mouvement qui est déjà très fort
? Oui. Il y a une différence aussi fondamentale.
C
'est que dans les discussions qu'on a, qui sont quand même très nourries avec les syndicats étudiants, les organisations représentatives étudiantes plutôt, c'est des discussions qu'on a depuis très longtemps, qui sont très... Alors, on est d'accord sur pas grand-chose, mais on a des discussions qui sont très régulières, mais par contre, ils ont des revendications qui sont très construites. Alors qu'au début, en tout cas, du mouvement lycéen, on a tous eu, les observateurs comme les politiques, un peu du mal aussi à attraper les revendications des lycéens. Donc la situation aussi, je pense, est un peu différente.
Vous avez le sentiment que les demandes des lycéens n'étaient pas très structurées
?
Au tout début du mouvement.
Je
pense qu'au moins, en tout cas, peut-être qu'elles étaient structurées, mais qu'on avait peut-être du mal à les percevoir comme étant structurées.
En tous les cas, vous, vous avez reçu les syndicats étudiants et Sébastien Lecornu annonce donc cette feuille de route. Est-ce que c'est pas un peu tard ce matin pour faire des propositions ?
Non, je crois pas. Non, non, non. Je pense que c'est le bon moment. Et je pense que c'est à la fois un signe, évidemment, de préoccupation parce qu'il y a une situation sociale qui est tendue, mais aussi un signe d'ouverture sur différents sujets qui sont des sujets qui sont importants pour les étudiants et pour les lycéens surtout. Et donc, je pense que... Non, non, je crois que c'est le bon timing.
Alors, Philippe Baptiste, ministre de l'Enseignement supérieur,
de
la Recherche et de l'Espace, est-ce que vous craignez un embrasement demain de voir des affrontements entre ceux qui jouent des rôles très différents, finalement, puisqu'on a le sentiment que tous les mouvements étudiants ne sont évidemment pas tous alignés
? Alors,
demain, embrasement au niveau national, enfin, sur lycéens plus étudiants, oui, je le crains, évidemment, mais c'est comme tout le monde, je suis vigilant.
Je
suis aussi vigilant au fait qu'on voit qu'on a depuis quelques jours,
à
côté des étudiants et à côté des lycéens aussi, des casseurs, des black blocs et des casseurs,
qui
s'infiltrent dans le mouvement, qui sont en général très, très, très violents, ce qui pose évidemment pour les forces de l'ordre des difficultés supplémentaires. Et je voudrais quand même souligner aussi que les forces de l'ordre ont fait preuve vraiment d'une très grande proportionnalité jusqu'à maintenant sur un mouvement qui était un mouvement à la fois dur et avec en face des mineurs.
Vous citez la LFI comme ayant instrumentalisé ce mouvement. Est-ce que c'est de sa faute s'il y a des casseurs aujourd'hui dans les rangs des lycéens
?
Oui, moi, j'aurais plutôt instrumentalisé. Ils ont soufflé sur les braises, d'une part, ça, c'est sûr. Puis ils essayent de tout récupérer, c'est surtout ça. Et quelque part aussi de voler le mouvement qui est un mouvement... J'entendais un lycéen qui disait ça, qui disait qu'en fait, ils sont en train de nous piquer notre mouvement. Et ça, je pense que c'est quelque chose qu'il faut aussi dire.
C
'est plus ça.
Concernant les revendications, passons aux revendications des étudiants. Tout d'abord, est-ce que vous pouvez nous confirmer l'abandon des frais annuels pour les étudiants non boursiers, inscrits en BTS et en classe préparatoire ?
Alors,
je
crois que le ministre en charge de... Enfin, Edouard Geffrey a vraiment confirmé la chose et l'a dit, effectivement, oui.
Les étudiants manifestent aussi contre l'augmentation des frais de scolarité pour les étrangers, cette fois-ci. Alors, je sais que le système est un petit peu complexe. Mais vendredi, le président de l'école des hautes études en sciences sociales, Romain Huret, a estimé que cette augmentation risquait de renforcer le décrochage français à
l
'international. Qu'est-ce que vous lui répondez
?
Que toutes les statistiques démontrent le contraire. Et que si vous regardez aujourd'hui les très grands pays attractifs pour l'enseignement supérieur et pour la recherche, ils pratiquent des droits pour les étudiants qui ne sont pas nationaux, qui sont infiniment plus élevés que ce qui est proposé aujourd'hui en France. Mais quand je dis infiniment, on est en train de parler, je ne
sais
pas, en Grande-Bretagne, de master à 20 000 euros l'année, ou aux Etats-Unis jusqu'à 100 000. Donc tout ça, pardon, on est en train de parler ici d'une participation, ce qu'on dit aujourd'hui au travers des droits pour les différenciés, pour les étudiants internationaux. Et je sais que c'est un irritant pour la communauté universitaire. Mais ce qu'on est en train de dire aujourd'hui,
c
'est qu'une scolarité, ça coûte à peu près 12 000 euros par étudiant. Et ce qu'on est en train de demander, c'est qu'on est en train de demander une contribution aux étudiants internationaux non communautaires qui viennent étudier en France d'à peu près un quart. Et avec des mécanismes qui permettent de déroger à ces droits qui sont extrêmement larges, soit parce que vous êtes boursier, soit parce que vous avez un accord de coopération entre l'université d'origine et l'université d'accueil, etc. Enfin, il y a plein de raisons.
Pour
être plus précis, donc vous demandez 3 000 euros, ça c'était ce que permettait en fait la disposition qui est passée au printemps. Mais on sait que c'est ensuite à la discrétion d'une certaine façon des établissements qu'ils ont un droit d'exonération. C'est ça ?
Alors ça,
c
'était déjà le cas depuis 2019. Mais
maintenant, il y a une limitation de cette... Non, mais c'est
vrai qu'on a un peu resserré le système en disant qu
'il
y avait trop d'exonération, nous semblait-il, et donc on a un petit peu resserré le système. Mais encore une fois... Donc vous allez maintenir cette mesure ? Mais encore une fois, je pense que les choses... Enfin, en tout cas, l'argument qui consisterait à dire que ça nuirait à
l
'attractivité de la France, honnêtement, je n
'y
crois pas du tout. Ce n
'est
pas vrai, ce n
'est
pas le cas. Moi, je crois qu'il faut attirer les meilleurs, leur donner des bourses, et puis les autres qui veulent venir et qui ne peuvent pas, à ce moment-là, avoir de bourses, à ce moment-là, il
faut
qu'ils soient capables de vivre en France. Parce que vous savez, le système actuel, il crée une immense précarité au sein des étudiants internationaux. Et ça, ce n
'est
pas acceptable.
Alors, autre point très sensible, cette fois aussi bien pour les lycéens que pour les étudiants, c'est Parcoursup. Et c'est là qu'on se dit que la jonction peut se faire. D'ailleurs, en termes de revendications, la porte-parole de l'Union étudiante, Sabrina Carbage, dénonce Parcoursup en disant que ces plateformes ne permettent pas de gérer les dossiers de façon égale. Elle dit qu'un étudiant a nom à consonance africaine ou maghrébine à 8% de chances de moins d'être accepté qu'un non-juif, ce sont ses termes, ou asiatique. Parcoursup est-elle raciste
?
Je n
'ai
même pas envie de vous dire non tellement ce point est stupide. Pardon de dire les choses aussi brutalement. Parcoursup, c'est une plateforme qui
est...
Je sais que c'est
à
la fois un mot qui concentre beaucoup de stress pour les familles. Ça, c'est vrai. Parce que c'est le stress de l'orientation. C'est le stress de... C'est le moment où vous arrivez en terminale et vous vous dites « Qu'est-ce que je fais
?
»
C'est aussi peut-être parce que le système était beaucoup plus simple avant et que maintenant,
il
y a beaucoup plus de
filières. Non, excusez
-moi, mais le système précédent, on tirait au sort. Pardon,
mais
excusez-moi de vous le rappeler. Mais avant, quand il y avait trop de personnes qui voulaient faire la même formation, on n'avait rien trouvé de meilleur que de tirer au sort les étudiants. Alors si ça, on m'explique que c'est simple, je veux dire, enfin, ça, c'est pas possible. La plateforme aujourd'hui, par contre, des fois, on a un sentiment et on entend beaucoup le fait que c'est pas transparent. On comprend pas. Et c'est un peu ce que... Enfin, c'est aussi une des pistes qui a été mise en avant par Sébastien Lecornu. Et je pense qu'on a un immense travail encore à faire auprès des lycéens pour leur expliquer. Pardon, juste un instant.
C
'est une plateforme numérique.
C
'est probablement un des seuls outils. Le code est intégralement disponible. Alors, pardon, je suis un tout petit peu technique. Non,
mais c'est important parce que c'est un gros point de crispation. Il est
intégralement disponible depuis des années.
Ça
veut dire qu'en gros, tout le monde peut aller regarder le code. Il y a des conseils qui associent des personnalités de la société civile, etc., qui regardent les évolutions, qui regardent comment se passent les affectations, etc. Enfin, je veux dire, les indicateurs, qui sont les indicateurs factuels, montrent que la plateforme n'est évidemment ni raciste et fait bien le contraire que du tri social. Elle fait plutôt le contraire. C'est à peu près 20 000 étudiants chaque année qui, grâce à la plateforme et à des quotas qui sont mis en place pour les boursiers, par exemple, donnent des places aux boursiers qu'ils n'auraient pas eues autrement. Donc, c'est le contraire.
Mais par contre, je pense que, pardon, je ne devrais pas dire ça à la radio, mais on a perdu le combat de la communication sur cette plateforme et de l'explication.
Donc, c'est un manque
de transparence ? Non,
je
crois.
La plateforme d'explication et
de pédagogie, je pense qu'il y a un travail énorme à faire et je pense qu'il faut le faire. Après, il faut aussi éventuellement continuer à faire vivre la plateforme et continuer à la faire évoluer. Et s'il
y
a des propositions, s'il
y
a des bonnes idées, honnêtement, je serai le premier à les prendre.
Mais donc, vous vous inscrivez en faux par rapport à tous ceux qui disent Parcoursup, c'est un monstre et qui ne fonctionne pas
?
Qui ne fonctionne pas. Moi, je voudrais rappeler qu'on a un million d'étudiants sur la plateforme, un peu plus d'un million de candidats sur la plateforme.
D
'accord ? Le jour des résultats, on a deux lycéens sur trois qui ont une solution. D'accord ? Et puis, en juillet, on avait 90% des bacheliers qui avaient une solution. Et puis là, maintenant, on travaille depuis... Donc, c'est un million de personnes. Enfin, je veux dire, on
a un système... Ça veut dire quoi ? Ça veut dire
que le tiers Donc, on peut l'améliorer. On peut l'améliorer.
On peut l'améliorer. C'est sûr et certain. Il faut des propositions. Il faut des propositions qui marchent aussi. Parce que quand j'entends dire... Quand j'entends les populistes de tous bords qui nous disent qu
'il
faut supprimer Parcoursup, super
!
Et donc... Et après, concrètement, vous faites quoi ? Tirage au sort. On revient au tirage au sort. Je ne
sais
pas.
En
tout cas, moi, personnellement,
je
n'y suis pas favorable. Mais je pense qu'on ne peut pas juste dire... C'est un outil qui a pu permettre de franchir un
pas. Moi, je
crois. Mais après, maintenant, il faut le faire évoluer. Et ça, honnêtement, il faut être très ouvert sur le sujet. Et je le suis.
Alors, autre point très important dont on a beaucoup entendu parler, malheureusement, qui va avec la paupérisation de cette population, ce sont les repas à 1 euro. Est-ce que vous allez maintenir les repas à 1 euro ?
Ces repas à 1 euro, revenons un instant sur le passé, ça a été l'objet d'un accord politique avec le Parti Socialiste au moment du précédent budget. Moi, je respecte la parole donnée. On a dit qu'on faisait les repas à 1 euro. On fera les repas à 1 euro. Et on les fait.
Ce
qui se passe,
c
'est que par contre, comme je l'avais prévu initialement, ça génère un appel d'air considérable. On a un certain nombre de restaurants universitaires qui ont vu leur taux de fréquentation augmenter de près de 150%. Et qui ne peuvent pas totalement servir les repas à
demander.
Et donc, on a des files d'attente, etc. On a fait des efforts. On a rajouté 50 millions d'euros une première fois en 2026. On en rajoute 20 toujours en 2026. Il y en aura 150 de plus dans le prochain budget 2027. Et à côté de ça, on a rajouté au total 200 plus 600, 800 emplois dans les CRUS, dans les restaurants universitaires. Je ne
sais
pas si tout le monde réalise ce que ça veut dire. Mais dans les temps de 10 aides budgétaires actuels, 800 emplois de plus, c'est considérable. On fait vraiment des efforts pour pousser les murs. Donc on
aura les moyens de
poursuivre cette offre
? Bien sûr. Après, il faut évidemment que le budget soit voté. Ça, je l'ai déjà dit plusieurs reprises. C'est-à-dire ? Mais ce n
'est
pas compliqué. C'est-à
-dire
qu'en fait, comme toute mesure nouvelle, si le budget n
'est
pas voté, ça veut dire qu'en fait, on fait les services votés. C'est-à
-dire
qu'on reproduit, en gros, le budget des années précédentes. Et dans ce cadre-là, je ne sais pas comment on fait pour continuer une politique dans laquelle l'année précédente, ce n'était pas prévu. Est-ce que vous nous redites ce
matin, s'il n
'y
a pas de budget, il n
'y
aura pas forcément le repas à 1 euro pour tous ?
Mais tout ça est mécanique et est vrai pour toutes les nouvelles mesures. Il faut un budget à la France. Il faut un budget à la France. Et je veux dire, le repas à 1 euro n'est qu'un seul des très nombreux
sujets. Qu'est-ce que vous dites aux étudiants à ce sujet, ce matin ?
Je
leur dis, il faut un budget à la France. Évidemment. Sinon
?
Mais encore une fois, par exemple, mon budget au ministère, il augmente de 500 millions d'euros. Il y
a
un effort qui est considérable, qui est fait pour la jeunesse et pour la recherche. Mais évidemment, si le budget n
'est
pas voté, cet effort n'aura pas lieu. Mais c'est vrai chez nous, mais c'est vrai pour la défense. Et donc, il
n'y aura moins de repas
à 1 euro disponible. Mais il y aura plein de choses en moins. La France marchera sur une demi-jambe. Donc, le problème, évidemment, il faut voter un budget.
Philippe Baptiste, ministre de l'Enseignement supérieur de la recherche et de l'espace et l'invité du Grand Matin. On se retrouve dans la deuxième partie. Monsieur le ministre, un auditeur vous interrogera sur le niveau des Français et puis sur, évidemment, l'actualité des réseaux sociaux. A tout de suite.
Le Grand Matin Sud Radio, 7h10, Jacques Cardose.
Philippe
Baptiste, ministre de l'Enseignement supérieur de la recherche et de l'espace est notre invité ce matin sur Sud Radio. Commençons, monsieur le ministre, par vos trois minutes pour convaincre. Vous avez choisi le thème de la recherche et vous voulez lancer un cri d'alarme à ce sujet. On vous écoute. En fait, la
recherche,
elle
construit l'avenir du pays.
Et
quand je dis qu'elle construit l'avenir du pays, c'est non seulement, évidemment, quand on finance de la recherche, qu'on fait de la recherche dans les laboratoires, c'est important pour développer les connaissances, pour comprendre le monde, pour comprendre l'univers, pour comprendre la biologie fondamentale, etc. C'est important aussi pour construire les médicaments de demain, etc. Mais c'est aussi important, et ça, je pense qu'il faut que les Français le comprennent, c'est-à
-dire
que cette recherche qu'on fait là, en fait, elle va se retrouver dans 5 ans, dans 10 ans, dans 20 ans, dans les produits, dans votre voiture, dans vos téléphones, dans tous les produits que vous consommez et qu'on construit. On n'en a pas suffisamment conscience ?
Oui, parce qu'en fait, si on n'investit pas dans la recherche, ça veut dire qu'on aura après, on va avoir une industrie qui va être une industrie qui ne va pas être très innovante, donc qui va avoir des parts de marché pas très très fortes sur les produits innovants, donc avec de la grosse valeur ajoutée, et on va avoir une industrie qui va faire une industrie de masse, et on va être en compétition directe avec des pays qui ont un coût de main-d'oeuvre très très bas, et
on n'y
arrivera jamais. Donc, il faut qu'on vise des produits innovants, il faut qu'on vise la technologie, il faut qu'on vise donc la recherche, et pour ça, il faut investir dans la recherche, il faut croire dans la recherche et dans la science, et ça, c'est un truc, enfin pardon, mais on n'en parle pas assez en France, moi c'est le combat probablement d'une vie, mais vraiment, je pense que c'est quelque chose qui est fondamental.
À ce propos, vous pensez que les candidats à la présidentielle s'en fichent pas mal ?
Vous en avez entendu beaucoup s'exprimer sur le sujet
?
Oui, on a la réponse. On va passer à la question de l'auditeur, monsieur le ministre.
Bonjour monsieur Giffin,
le
mensonge en pratique est vu comme le monde. Voltaire disait, le mensonge n'est qu'un vice. Lorsqu'il fait du mal, c'est une grande vertu et lorsqu'il fait du bien. Aujourd'hui, la France est confrontée à un grand nombre de défis
dans
lesquels figurent notamment sa santé financière
et
sa santé nationale. Aussi, monsieur Giffin, comme vous.
Pardon pour ce petit souci technique, on était censé avoir un auditeur qui devait vous poser une question sur le classement PISA. C'est une petite erreur et on l'écoute, le bon auditeur. On a plein d'auditeurs qui nous appellent, donc c'est pour ça.
Bonjour monsieur le ministre, bonjour, je suis enseignant d'histoire, je suis historien également, j'ai eu tous les niveaux de classe, je suis enseignant à la retraite et je m'interroge aujourd'hui sur le rôle que joue le bac en 2026. Monsieur le ministre, comment retrouver le niveau d'exigence pour redonner sa vraie valeur au bac ? Vaste question. Ce qui est sûr, c'est qu'on a un taux de réussite au baccalauréat qui est extraordinairement élevé aujourd'hui. Et c'est pas normal. Extraordinairement élevé aujourd'hui. Et en tout cas, du point de vue de l'enseignement supérieur, ça questionne.
Parce qu'une de nos difficultés aujourd'hui, bon d'abord, on a beaucoup de candidats et ça continue à croître parce qu'en fait, on a non seulement l'effet démographique, mais en plus, les taux de succès au bac qui ont monté.
Et
c'est surtout qu'on récupère des étudiants en première année qui parfois ont des lacunes qui sont des lacunes
fortes.
Parce qu'ils avaient une année de terminale qui n'était pas extraordinaire du tout et puis le baccalauréat vraiment... Donc on
a des étudiants qui ont fait
passer au second cycle mais qui en réalité ne sont pas préparés pour cela. Et qui sont parfois mal préparés.
Et
c'est surtout... Et moi je vous rappelle, la loi aujourd'hui, elle m'impose, comme ministre de l'enseignement supérieur, quand quelqu'un a le baccalauréat et qu'il le réclame, je dois lui trouver une place dans le supérieur. Et il y a parfois des moments où je vais voir les commissions qui s'occupent des candidats qu'on est en train de repêcher un par un, etc. Et où on leur trouve des solutions et on trouve... Voilà, maintenant la probabilité de succès elle est très faible. Je vais vous donner un chiffre, un seul chiffre, un seul, un seul.
Un
bachelier professionnel, quand il se lance dans une licence
à
l'université,
il
a 96% de chances de ne pas réussir.
Et
donc, quelque part, on voit bien qu'on a quand même un problème.
C
'est-à-dire que ne pas le dire en amont et laisser tout faire dans tous les sens, c'est quand même... Alors c'est à la fois très facile, mais c'est très hypocrite. Donc je pense qu'on a un problème effectivement autour du baccalauréat.
Maintenant... En un mot, ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'il faut revoir les conditions, relever le niveau pour ce qui est du lycée, pour que
la
sélection se fasse de façon qui corresponde à la réalité des choses. Je
pense qu'en fait ce débat-là, ça ne
peut
pas être un débat qu'on prend maintenant. Ce n
'est
pas un débat... On ne
va
pas changer les règles du jeu maintenant. Évidemment, ce n
'est
pas du tout le sujet. Mais moi, je crois qu'effectivement, il faut
que...
On parlait de la présidentielle tout à l'heure. Il faut que ce sujet-là soit discuté pour la présidentielle. Et alors, on peut soit décider effectivement de tendre un petit peu le niveau du baccalauréat, soit avoir d'autres systèmes disant que le baccalauréat est une condition nécessaire, mais pas suffisante pour rentrer dans le supérieur. Je pense qu'il faut qu'on réfléchisse à ça parce qu'aujourd'hui, on a une sélection parfois par l'échec. Et ça, c'est le pire parce qu'en termes de frustration, on importe du malheur chez les gens et chez les élèves comme chez les profs.
Philippe Baptiste, passons à l'actualité des réseaux sociaux avec Benjamin Cléas qui nous a retrouvé. Bonjour.
On
parle de la France insoumise qui s'en prend à l'une des figures de la mobilisation lycéenne. Il s'appelle Nathanel Combary. Il est à la tête du syndicat Renouveau Lycéen. On l'a beaucoup vu dans les médias ces derniers jours. Il a même été invité au ministère de l'Éducation vendredi dernier. Alors, pourquoi est-il critiqué par la France insoumise ? Eh bien, il lui est reproché d'être un militant de renaissance, le parti politique de Gabriel Attal. Écoutez, c
'est
le député LFI Paul Vannier qui l'a
affiché
sur le plateau d'Elsi. Et je comprends que monsieur, qui
est
à la fois responsable lycéen mais qui est aussi un militant de la campagne de Gabriel Attal, c'est important de le dire parce que vous êtes engagé
Je
voudrais vous répondre monsieur Vannier sur ce que vous avez dit. Je trouve que c'est un petit peu regrettable d'entendre de tels propos. Ce qu'on voit, c'est qu'on a des jeunes qui en effet parfois sont engagés à droite, au centre, à gauche, dans d'autres partis politiques.
C'est
mon cas ? Oui, c'est mon cas. En ce qui concerne monsieur Vannier ? Je ne l'ai jamais caché, monsieur Vannier. Suite à cette séquence, Nathaniel Combary a publié un long texte sur Twitter. Il raconte avoir reçu des centaines de messages d'insultes, de menaces. Jamais je n'aurais imaginé un tel déferlement au sujet de mon engagement en faveur de la jeunesse. Rapidement, pour ce qui est du fond, il se défend. Il dit oui, je suis adhérent au parti Renaissance. Non, je ne travaille pas pour l'agence de communication Minerva, tenu par un proche de Gabriel Attal. J'ai été stagiaire là-bas, dit-il, mais depuis, il a arrêté.
Et enfin, il n'est plus lycéen, certes depuis la rentrée, mais il passera le relais après les prochaines élections des conseils de vie lycéenne. Sur ce point, Jean-Luc Mélenchon l'avait qualifié d'être un faux lycéen mis en scène par BFM. Comment vous jugez l'attitude de la France insoumise à l'égard de ce jeune syndicaliste
?
Moi, j'ai découvert cette histoire, effectivement, comme d'autres. D'abord, ce qui se passe, c'est scandaleux de jeter en pâture un nom et le lynchage dont il fait l'objet aujourd'hui, le lynchage médiatique, évidemment, ou sur les réseaux sociaux, plutôt pour être exact, il est simplement abominable. Et je trouve ça, c'est juste dégueulasse, pardon, excusez-moi, mais c'est ça la vérité. Après, ça me fait, quand j'entends la France insoumise s'insurger sur les doubles, les engagements qui seraient doubles, c'est-à
-dire
à la fois politiques et syndicalistes, permettez-moi de rire un instant quand je regarde à la fois l'histoire du parti ou même, si vous regardez, regardez les prises de position politiques ou le militantisme des anciens militants de l'UNEF, ce qu'ils ont fait, ce qu
'ils
sont devenus, pardon, mais bon, on peut sourire quand même cinq minutes quand on connaît un petit peu l'histoire et la réalité des choses et en particulier dès aujourd'hui et surtout quand on voit en particulier la confusion des rôles qu'on a aujourd'hui entre des activités qui sont des activités syndicales et des activités politiques et LFI est quand même le moteur de ça, est quand même le moteur de ça.
on a quand même vu le jeune qui n'est plus jeune le député Louis Boyard pardon, excusez-moi le député Louis Boyard passer quand même sa vie dans les lycées depuis six mois et dans les universités pour essayer d'allumer le feu site par site université par université lycée par lycée jusqu'au moment où il a pu trouver un endroit où ça allait prendre.
Il a une part de
responsabilité Louis Boyard dans ce qui se passe aujourd'hui ? Mais vous en doutez un instant.
C
'est la question que je vous pose.
Je vous ai répondu.
Benjamin, une question sur le... Juste un mot sur ce jeune syndicaliste. Il continuera d'être invité au ministère de l'éducation s'il y a besoin de nouvelles réunions de crise, de discussions, de négociations ? Alors d'abord, il
faut
demander au ministre de l'éducation nationale puisque je ne suis pas ministre de l'éducation nationale. Moi, je m'occupe des universités et du supérieur. Mais le principe, c'est que vous invitez les responsables élus des organisations représentatives, qu'elles soient lycéennes ou qu'elles soient syndicales. Et on ne va pas aller faire le tri en sachant quelles sont les activités des uns et des autres. Et pour le coup, c'est vrai pour les responsables de tous les syndicats, quelles que soient les
couleurs
politiques. Vous parliez de lynchage médiatique d'une certaine façon. Cette façon qu'a LFI de faire une forme de sélection entre les uns et les autres de ceux qui seraient autorisés à s'exprimer, à revendiquer, vous la condamnez
? Je
pense qu'elle doit nous laisser méditer un petit peu justement sur la conception de ce qu'est un pays démocratique et ce que le débat public auprès d'un certain nombre de personnes.
Et
à commencer par l'extrême-gauche aujourd'hui. Cela étant dit, je pourrais vous dire la même chose de l'extrême-droite.
Merci, M. le ministre, d'avoir été notre invité ce matin. Philippe Baptiste, ministre de l'Enseignement supérieur, de la recherche et de l'espace. On vous souhaite une bonne journée. Qu'est-ce qu'il y a au programme d'un ministre comme pour la journée d'aujourd'hui avec les manifestations qui vont se dérouler, évidemment ?
Aujourd'hui,
il
y a beaucoup de temps de discussions et d'interactions sur le terrain avec des présidents d'universités, avec des responsables locaux. Il y a du suivi, il y a comprendre ce qui se passe, évidemment. Et puis, il y a aussi des rendez-vous autour de questions budgétaires, d'organisation, de préparation de l'avenir.
Merci, donc, et très bonne journée à vous, Philippe Baptiste. Avenir, deux débats. Faut-il pouvoir couper temporairement l'accès aux mineurs aux réseaux sociaux en cas d'émeute ? C'est le maire de Salon de Provence qui propose cela, M. Isnard. On en débattra dans un instant. Et puis, Sébastien Lecornu annonce cinq chantiers. Est-ce suffisant pour calmer cette grogne lycéenne ? Évidemment. Et vous nous appelez au 0826 300 300. A tout de suite.
Philippe Baptiste