Droit de l’eau, droit à l’eau et à l’assainissement de qualité | #Amfis2025
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Euh nous ouvrons donc l'atelier qui porte sur le droit de l'eau, sujet que nous évoquerons en premier notamment à partir des travaux de recherche plus larg mais qui ont fait que nous nous sommes rencontrés Victor David et moi-même, c'est la question de la reconnaissance de la personnalité juridique de la Mire Méditerranée puisque je suis rapporteur à l'Assemblée parlementaire de la Méditerranée sur les questions de d'eau, d'assainissement, de pollution émergente et notamment d'épiface. Et depuis février 2025, une résolution a été adoptée, j'y reviendrai, qui interpelle les parlements nationaux des 34 nations représentées à l'Assemblée parlementaire de la Méditerranée sur la question de la personnalité juridique de la Méditerranée. Donc merci à Victor David, chargé de recherche à l'Institut de recherche pour le développement IRD, spécialiste en droit de l'environnement et du développement durable. et du concept de personnification de la nature qui nous fait l'amitié sur ce premier point qui est le droit de l'eau et bien de participer à ces hilles 2025.
Nous évoquerons ensuite le droit à l'eau une nouvelle fois cette année et à l'assainissement de qualité. Euh d'abord euh parce que nous avons euh le plaisir de recevoir une nouvelle fois, c'est la 2e si ma mémoire est bonne, euh Julie Trottier qui euh a tout fait pour bien s'organiser et tenir tous ses engagements et nous la remercions euh d'être venue en tant que directrice de recherche au CNRS, spécialiste notamment de la politique de l'eau en Palestine. Nous tenions absolument à revenir sur les enjeux de l'eau en Palestine.
Sujet que nous avions déjà évoqué et vous le verrez qui sont des questions de vie et de mort. Non pas seulement depuis le 7 octobre ou pas seulement depuis le génocide qui est en cours mais qui vient de bien plus loin et qui manifestement était minutieusement organisé et préparé pour servir à Boncian le moment venu. que Julie aura l'occasion de revenir sur cette question dans un instant. et moi plus modestement, je vous ferai un point ensuite euh sur un certain nombre de travaux qui sont à l'œuvre tant à l'Assemblée nationale que à l'Assemblée parlementaire de la Méditerranée sur ces questions de droit à l'eau, de droits de l'eau et euh peut-être en fonction de l'heure, je corderai un temps à l'enjeu d'épiface et et des polluants éternels donc autour d'un triptique qui est celui de l'interdiction, celui du remplacement et de la destruction.
Mais ça peut-être que nous aurons d'autres occasions si dans le format d'aujourd'hui je ne peux pas m'étendre sur le sujet. Donc comme on a écrit les choses comme ça, à moins que vous souhaitiez qu'on fasse autrement, on commençait par le droit de l'eau. Donc c'est monsieur Victor David qui commence.
Merci à vous. [Applaudissements] Bonsoir à tous. Pardon, faut que je collis.
Voilà. Oui. Bonsoir à celui qui est au fond de la salle.
D'accord. Bonsoir. Vous m'entendez au fond de la salle ?
Parfait. Écoutez, merci beaucoup d'abord à à Gabriel pour cette invitation aux amphis 2025. Je je suis très content d'être là. et euh c'est ma première université d'été ou fin d'été, je ne sais plus, mais en tout cas euh première université politique à laquelle je je participe.
Euh donc effectivement, je suis chercheur en droit de l'environnement et du développement durable à l'D. Je suis basé à Marseille. J'ai entendu qu'il y avait une compatriote dans la salle donc euh et je travaille donc sur différentes questions euh qui touchent le droit de l'environnement.
Mais en tant que chercheur, je je cherche non pas à appliquer le droit de l'environnement tel qu'il existe. Euh je réfléchis au droits de l'environnement qui devrait être ou qui pourrait être. Et euh c'est ce qui m'a amené il y a déjà quelques années à m'intéresser au droits de la nature.
En fait, c'est c'est ma thématique, je dirais, de de tâche de fond en fait de recherche, c'est comment faire évoluer le droit pour reconnaître des droits à la nature. Et c'est dans ce cadre-là que effectivement je m'intéresse euh à l'eau qui est un des éléments euh fondamentaux euh de la nature. Donc quelques repères pour suivre un peu mes mon propos.
Donc je je m'étais préparé à une présentation donc avec un écran et tout ça avec des diapos. J'ai fait des des schémas donc malheureusement vous n'aurez pas droit à tout ça. J'ai pas du tout euh Oui, c'est ça.
J'aurais dû euh voilà donc désolé. Donc effectivement vous n'aurez pas les les schémas que j'avais préparés. Euh donc parler un peu du droit de l'eau, donc d'hier à aujourd'hui.
Euh ensuite pour évoquer les évolutions qui ont eu lieu notamment au 20e siècle. Et puis euh un point que j'ai appelé par par clin d'œil, le grand remplacement et du coup en faisant de l'eau euh une entité naturelle juridique sujet de droit. Et je reviendrai sur cette notion d'entité naturelle juridique parce que justement c'est celle que par mes travaux de recherche, je propose euh de remplacer euh le concept de personnalité juridique de la nature.
D'accord ? Mes travaux m'ont appris que effectivement nous devrions peut-être cesser de raisonner en terme de personnalité juridique de la nature, mais aller au-delà de ça et inventer une nouvelle catégorie de sujets de droit que seraient les entités naturelles juridiques et dans mon travail sur le droit de la Méditerranée en tant qu'entité naturelle juridique, c'est ce que j'essaie de de faire avancer en tout cas. Alors euh pour euh pour aller très rapidement sur un survol historique de du droit de l'eau, le droit de l'eau est un des droits, je dirais les plus anciens finalement parce que en fait l'eau a toujours été euh j'ai j'ai commencé à écrire que la guerre de l'eau a commencé il y a plus de 3000 ans.
D'accord. Donc et on retrouve donc trace dans les travaux historiques sur sur la Mésopotamie que ce soit dans la vallée de l'indus avec les lois de Manou ou en Chine notamment sur la dynastie Anne quelques siècles après Jésus Jésuschrist. Donc dans toutes ces dans tous ces droits anciens, il y a un élément central, l'eau est sacrée.
Et donc c'est autour de ça que se construit finalement le respect de l'eau, le droit de l'eau, de l'accès à l'eau et cetera. Donc c'est la notion de sacré qui impringne le les droits les droits anciens. Et à côté de cet élément sacré de de l'eau, il y a un autre une autre caractéristique qu'on retrouve, c'est l'obligation du gouvernant quel qu'il soit de garantir un accès de l'eau à pouce et de protéger l'eau contre les envahisseurs et les pollutions.
Donc déjà dans le droit ancien de l'eau, on retrouve cette cette idée-là. Pour en venir aux origines du droit de l'eau contemporain, évidemment les racines se trouvent dans en Grèce et à Rome. D'accord ?
C'est ce sont finalement les droits grecs et romains qui sont au fondement du droit actuel de l'eau en Occident en tout cas et du fait de la colonisation un peu partout. On change de de registre. Donc du côté on quitte le côté sacré de l'eau pour passer à la au côté propriété de l'eau.
On va désormais raisonner en terme de propriété de l'eau, qu'il soit public ou privé. D'accord ? Et évidemment donc la l'eau devient un objet appropriable, une propriété et donc le propriétaire a des droits et des responsabilités malgré tout concernant le l'eau parce que c'est une quand même une une un objet particulier, on va dire.
Et donc les propriétaires tels qu'on les retrouve que ce soit en grec, à Rome ou dans le droit français actuel, c'est les propriétaires sont soit la collectivité, soit l'individu ou tout le monde. D'accord ? Donc c'est c'est vraiment la l'idée de de bien public, de bien commun et de propriété privée.
Alors évidemment donc le droit de propriété comme vous le savez est absolu en tout cas en France. Malgré tout, il y a des nuances qu'on appelle les euh servitudes. Alors pour en venir au et donc tout au long de cette histoire de du droit de l'eau, la là aussi le le fil conducteur, c'est qu'effectivement c'est l'appropriation de l'eau qui devient une marchandise, un objet d'accaparement, de commerce et tout ça à son propre détriment et celui des populations les plus plus vulnérables.
Ça sort au fil des années une compétition pour l'eau et on assiste également à une utilisation non durable d'une ressource pourtant reconnue comme non épuisable. surtout qu'elle est soumise selon les endroits de la de la planète et selon les moments de l'année à des rares factions. Des rares réfraction aggravé par aujourd'hui par les dérèglements climatiques auquels on on assiste.
Et puis une des causes de des de l'absence de d'eau, si je puis dire, ce sont les pollutions. les pollutions diverses et variées dont les sources peuvent être les industries, les intrants chimiques dans l'agriculture, les pesticides et tout autre pollution d'origine tellélurique qui finissent par exemple dans les fleuves et les océans. Donc la les conséquences de toute cette évolution, c'est une destruction temporaire ou irréversible de la biodiversité terrestre et marine, des problèmes sanitaires, des injustices subies par les populations les plus vulnérables et notamment les peuples autochtones.
Et puis évidemment l'eau, c'est aussi des problèmes géopolitiques à tous les niveaux. Je vais pas insister sur le le sur le le droit de les évolutions du 20e siècle parce qu'elle elle tourne autour de on va dire de trois éléments. Euh au cours du 20e siècle euh il y a vraiment l'apparition du multilatéralisme du droit international en fait.
Et euh un des sujets qui va intéresser euh le droit international, ça va être l'eau. Donc dès 1911, par exemple, on a une déclaration de Madrid sur la réglementation internationale de l'usage des cours d'eau internationaux en dehors de l'exercice du droit de navigation. Donc ça ça on voit bien que il y a c'est pas l'eau qui intéresse, c'est effectivement comment on va utiliser l'eau lorsqu'un cour d'eau par exemple tout bêtement traverse plusieurs pays parce qu'il suffit qu'il y en ait un qui mette un barrage pour que tous les autres États en aval n'en ai plus.
Donc il a fallu quand même commencer à réfléchir parce que le droit international fonctionne comme ça. Vous vous le savez certainement. Un des premiers textes que qu'on apprend quand quand on fait du droit de l'environnement, c'est une convention de 1902, la convention de Paris sur les oiseaux jugés utiles pour l'agriculture.
Donc, il s'agissait de réguler la chasse en fonction de l'utilité des oiseaux pour l'agriculture ou non. Et comme on ne voulait pas que chacun fasse chaque pays européen fasse ce qu'il veut, on s'est dit on va faire un traité international pour que chacun tire sur les mêmes oiseaux et pas différent quoi. Donc c'était un peu ça l'idée.
Donc ça c'est une une donc règle de répartition et d'accès à l'eau dans les contextes transfrontaliers. Ça c'est un une première évolution du droit de l'eau au 20e siècle. Une seconde étape sur laquelle je passerai rapidement puisque mes collègues vont revenir dessus, c'est l'étape des droits de l'homme parce que effectivement on va s'acheminer vers la reconnaissance de l'accès à l'eau pour arriver à le droit à l'eau de tout être humain sans discrimination en quantité ou en qualité. l'aboutissement de plusieurs textes internationaux, donc que ce soit une conférence des Nations unies dédiée à l'eau en 77 ou alors la convention internationale des droits de l'enfant pour arriver effectivement en 2019 à un rapport mondial des Nations-Unies pour dire qu'il faut 50 L d'eau par personne par jour pour subvenir pardon aux besoins fondamentaux d'un individu.
C'est aujourd'hui la le l'étalon va dire c'est 50 L par jour et par personne. C'est le minimum. Donc je crois que nous en France on doit être à peu près à 150 aujourd'hui.
D'accord. 125. 3è élément de de l'évolution du droit de l'eau, c'est le droit de l'environnement qui lui-même apparaît, on va dire, de manière formelle à partir des années 70, du début des années 70.
On aura la convention de Ramsar sur les zones humides qui est un des premiers textes qui va s'intéresser justement à l'eau sous la forme de zones humides. Ensuite, évidemment les conventions de Rio en 92 et aujourd'hui on a l'objectif de développement durable numéro 6 de l'agenda 2030 qui qui vise à garantir l'accès de tous à l'eau et à l'assainissement et assurer une gestion durable des ressources en eau. Donc effectivement différentes législations nationales et réglementations nationales vont aller dans ce sens-là, c'estàdire gérer l'eau de manière durable, lutter contre les pollutions, chercher la qualité de l'eau et cetera.
Alors, je vais pas non plus vous parler effectivement du droit de l'eau en France aujourd'hui parce que c'est euh avec le la présentation, avec le diapo, ça aurait été plus clair parce que j'avais fait une liste des lois qui existent depuis les années 60. Euh en tout cas, faut savoir que c'est très hiérarchisé, c'est très administratif. En fait, le droit de l'eau en France est très administratif.
On a donc des des organes, c'est-à-dire les agences de l'eau qui vont euh qui vont se s'agencer par bassin euh hydrographique. Et puis il y a surtout cette loi de 1992 qui va introduire la notion de patrimoine commun de la nation. L'eau devient le patrimoine commun de la nation et avec des objets des outils de planification que vous connaissez certainement, les schémas directeur d'aménagement et de gestion des eaux et les sages qui sont les mêmes mais au niveau de sous bassin et cetera.
Et à côté de ça, on a plusieurs acteurs évidemment des acteurs au niveau national, des ministères notamment le ministère de l'environnement, de l'agriculture et cetera. Euh l'Office français de la biodiversité, s'il existe encore, euh est censé assurer la police de l'eau. Euh au niveau des bassin, donc je disais, on a les agences de de l'eau, les comités de bassin et au niveau local, on a des euh des clés, les commissions locales de l'eau et cetera. plusieurs textes de protection contre la protection pardon de protection contre les pollutions.
Donc notamment le code de l'environnement sanctionne le rejet de substances nocives dans l'eau. C'est c'est gentiment dit aussi. Et puis donc bien sûr la protection de la biodiversité aquatique pour viser la continuité écologique des cours d'eau.
Donc on va réfléchir à supprimer ou à aménager des obstacles qui peuvra se trouver sur les les cours d'eau, par exemple. et parler de préservation des milieux. Et dernier élément en France en tout cas sur le droit de l'eau, c'est le code de la santé publique qui va fixer des normes de qualité de l'eau de l'eau potable pour la protection de la santé humaine.
Donc finalement, je dirais le grand absent de toute cette de tout ce droit qui a évolué au fil des siècles, c'est l'eau elle-même. En fait, personne ne pense à l'eau elle-même. D'accord ?
Donc c'est par rapport justement à des besoins humains et cetera. Donc on reste quand même dans un droit euh très anthropocentré et soit on fait comme si effectivement certains certains juristes y compris le suggèrent, c'est-à-dire ne rien changer en disant on a le droit qu'il faut, il suffit de l'appliquer, le mieux est appliqué et cetera. Pourtant les raisons de changer existent de d'en tout cas de penser autrement.
D'une part, on est de plus en plus euh conscient des des impacts dévastateurs des activités humaines à la fois sur la biodiversité et les les d'autres éléments naturels dont l'eau en particulier. Après, on a ce que moi j'appelle le coming out des des modes de vie des communautés locales et indigenes qui vivent avec la nature et non contre la nature. Ça commence à se savoir. que ce soit par des des documentaires à la télé ou euh lors des grandes euh réunions internationales, les communautés autochtones sont de plus en plus présentes pour prés pour présenter leur point de vue.
Et puis depuis quelques années, heureusement, je dis les philosophes et juristes occidentaux commencent un peu à ouvrir leur chakras au droit de la nature. Donc waouh, c'était quelque chose d'impensable. Donc parce que justement les droits de la nature, on les réserve aux autochtones avec des plumes et tout, c'est bien, ça fait bien chez eux.
On va pas le faire ça quand même chez nous, société judéo-chrétienne, euh enfant de descartes euh et cetera. Donc c'était pas concevable de parler des droits de la nature il y a il y a 15 ans euh en en Occident en tout cas. Alors donc c'est sur cette nouvelle piste donc des des droits de la nature pour protéger l'eau que que je me suis intéressé euh à cette piste là, on va dire parce que d'une part elle était inexplorée voire écartée.
Et puis bon, il est quand même euh important en tout cas en tant que chercheur se demander si c'est une solution prometteuse. Est-ce que c'est vraiment une une solution ? Alors et quand on va regarder pourquoi ça ça ne marche pas et bien c'est que on est en fait prisonnier aujourd'hui d'un héritage colonial très ancien.
C'est le droit romain. La colonisation romaine qui a apporté le droit romain et bien avec la sousma division comme on l'appelle c'estàdire a créé des sujets de droit et des objets de droit. Seul les humains peuvent être des sujets de droit, c'est-à-dire détenteur de droit et tout le reste est objet à la merci, en tout cas la disposition des humains sujets de droit.
Donc l'idée c'est de sortir l'eau et la nature de cette catégorie des objets de droit. Sinon, on peut pas reconnaître des droits à des objets. On peut pas reconnaître des droits à cette table là comme on ne peut pas reconnaître des droit à un animal sauvage, domestique, à des écosystèmes, à des forêts et cetera.
Donc, il faut sortir la nature de cette catégorie. Donc la piste proposée par un des chercheurs États-Unis au début des années 70, ça a été de dire reconnaissant des droits légaux euh à la nature et euh parce que justement c'est le seul moyen peut-être en tout cas dans un contexte juridique [Musique] de de mieux protéger la nature parce qu'on ne peut pas protéger la nature en tant qu'objet de droit dans un dans un monde dominé par la propriété, par les et des besoins entrepôts centrés. Donc la l'idée de de Christopher Stone puisque c'est le professeur de droit en question a été de dire reconnaissant des droits.
Donc c'est resté dans l'oubli pendant plusieurs années avant de ressurgir au début des années 2000 et c'est l'Équateur qui a été le premier pays à inscrire dans sa constitution que la nature était une personne juridique. Et donc de là découle un certain nombre de conséquences effectivement que aujourd'hui on voit à l'œuvre puisque un certain nombre de décisions de justice constitutionnelle en Équateur donne la primauté à la nature et à ses éléments comme les mongroves, les fleuves par rapport à des projets de développement. Euh ça a pas été jusqu'à interdire l'exploitation pétrolière.
Ils ont échoué y compris dans un parc national. Mais quand c'est pas du pétrole, ça marche. Alors donc depuis euh l'Équateur, donc plusieurs pays ont ont suivi euh cet exemple là, la Bolivie bien sûr tout de suite l'année d'après en 2009.
Et puis moi ce qui m'a en tout cas amené à m'intéresser à à cette piste des droits de de l'eau en tant que entité juridique, c'est la Nouvelle-Zélande qui en 2012 a reconnu un fleuve comme personne juridique. la première fois donc qu'un pays de droit anglo-saxon, on va dire de droit moderne euh sur le je dirais la pression des Maouris qui est donc qui a pris cette décision là. Donc et donc là aussi ça a été une sorte de de d'exemple je dire vraiment ça ça a explosé un peu à la figure de tout le monde et depuis 2012 on a vu fleurir partout dans le monde la reconnaissance de plusieurs éléments de la nature comme personnes juridiques.
Donc et la plupart des écosystèmes naturels sont des écosystèmes aquatiques. D'accord ? Et le dernier en date en tout cas important pour nous c'est l'Espagne.
L'Espagne qui a reconnu une lagune comme une personne juridique, la mar en 2022. Et donc on voit bien que c'est possible dans un pays européen de l'Union européenne, de tradition judéo-chrétienne et cetera et que on peut tout à fait reconnaître un élément de la nature comme une personne juridique. Sauf que les adversaires de de tout ça parce qu'il y en a forcément vous pensez bien c'est que y compris donc je disais chez chez les juristes, il disait que on ne peut pas et chez les philosophes, on ne peut pas donner la personnalité juridique à autre chose que des humains.
Je dis autre chose d'ailleurs. Oui. Donc déjà je me plante mais c'était ça le le le la limite pour eux qu'on pouvait pas franchir.
Donc seuls les humains peuvent être des personnes juridiques. Mais plus une manière plus technique si vous me permettez c'est que en fait une personne juridique est définie comme en tout cas le régime juridique d'une personne juridique et sont des droits bien sûr mais aussi des devoirs des obligations et des responsabilités. À cette époque-là, moi je travaillais en Nouvelle-Calédonie et à la demande d'une des provinces de Nouvelle-Caledonie, majoritairement Canac, ils m'ont demandé de reconnaître les requins et les tortues comme personne juridique.
C'était le vocabulaire que j'utilisais. Sauf que quand on effectivement quelle obligation j'allais reconnaître à des requins, quel devoir j'allais reconnaître à à des tortues marines et cetera. Donc, je me suis rendu compte que cette notion de personnalité juridique appliquée aux éléments de la nature ne pouvait pas marcher.
Je suis donc parti donc sur la piste des entités naturelles juridiques. C'estàd que moi je me suis dit qu'est-ce qu'on veut en fait ? On veut mieux protéger le vivant.
Il n'est plus question de laisser le vivant dans la catégorie des objets. Mais on nous dit que le vivant ne peut pas être une personne. Et bien le doit le droit a toujours été inventif.
Le droit a toujours été créateur. Le droit est une fiction. Donc à partir à partir de là, on peut faire ce qu'on veut si la volonté politique existe.
Donc créons une nouvelle catégorie de sujets de droit qu'on pourrait appeler, si vous on me suit entité naturelle juridique. Je trouvais que J ça faisait ange, c'était joli et je me suis donc j'ai gardé ce ce vocable là désormais pour parler de des des entités naturelles juridiques et pas de personnes juridiques. Donc on peut reconnaître l'eau comme personne juridique, mais là aussi je pense que avec un régime juridique particulier parce que en fait euh en Inde en 2017 un tribunal a reconnu le gange comme personne juridique avec droit devoirs et obligations de toutes les personnes juridiques.
Sauf que le juge a nommé un haut fonctionnaire de de l'État fédéré comme face humaine de de du fleuve du gange et ce brave fonctionnaire a pris peur. Il a dit si le gange demain inonde des champs, c'est moi qu'on va poursuivre et à moi de rembourser. l'État qui l'employé a dit ou là là c'est nous qu'on va poursuivre si quelqu'un se noie dans le gange et je devrais indemniser donc hors de question ils ont fait appel devant la Cour suprême de l'Inde qui a suspendu la décision de la du tribunal donc on voit bien et c'est une des raisons qui m'a confirmé qu'il fallait pas euh poursuivre dans la voie de la personnalité juridique et qu'il fallait créer quelque chose de nouveau.
Donc en Nouvelle-Calédonie, on avait créé une délibération avec la province qui qui crée cette catégorie de sujet d'entité naturelle juridique avec les requins et les tortues comme premier bénéficiaire puisque c'était vraiment la volonté des élus Canac. La délibération a été votée en juin 2023. L'État a attaqué cette délibération et le Conseil d'État a donné un avis en faveur de l'État et donc la délibération a été annulée.
Donc aujourd'hui, les requins et les tortues sont redevenus des espèces vivantes ordinaires, on va dire. Mais l'idée c'était pourquoi c'est pour ça que je je vous en parle parce que ça c'est important pour notre ami député qu'elle quelle voix suivre pour si on veut faire ça en France. L'avis du Conseil d'État est très intéressant.
Il a dit que le la province des îles Loyuté euh n'avait pas le droit de créer une nouvelle catégorie de sujet de droit parce qu'elle était compétente en matière de droits de l'environnement et pas en droit civil. Donc si on veut faire quelque chose en France, il faut dans le code civil que ça devrait se passer. Il faut créer une nouvelle catégorie de sujets de droit qu'on appellerait éventuellement entité naturelle juridique avec un régime juridique cadre qui sera fixé mais laisser ensuite aux communautés locales, aux collectivités locales de choisir les entités qui pourront bénéficier de ce statut parce que c'est pas le ministre qui va protéger le fleuve.
D'accord ? Moi je travaille avec des groupes dans les bouches du rô qui cherchent à protéger l'arc, un fleuve côtier ou la durance. Je c'est pas le ministre qui a protéger.
Ce sont les riverins qui aujourd'hui craignent pour le la santé de ces fleuves de ces milieux aquatiques qui qui qui s'intéresseront à la chose. Donc il faut laisser aux collectivités locales le soin de décé. Donc voilà donc c'est la proposition que je fais.
C'est la c'est la piste en tout cas que je suggère et ça sera pareil pour la mer Méditerranée. Donc si on veut que la mer Méditerranée soit protégée aujourd'hui c'est 21 régimes juridiques différents. Donc si la France elle veut protéger et ben il faut qu'elle crée cette catégorie d'entité naturelle juridique et décide d'en faire bénéficier la meréditerranée et aux autres États peut-être de suivre le modèle.
Merci Victor. Merci. Je m'apprêtais pour tout à l'heure à vous poser quelques questions mais vous avez du coup anticipé sur les chantiers à venir qui on pourrait ensemble porter au niveau français.
Julie, bonjour. Ben merci beaucoup. Euh moi je suis pas juriste, donc je suis un animal hybride.
Euh j'ai trois licences de master, un doctorat, un HDR, aucune en hydrologie. J'ai fait chimie et sciences pot et étude islamique pour faire un doctorat sur l'eau en Palestine. Donc moi, je suis pas juriste, j'ai un autre approche de l'eau, mais j'abouti moi à proposer la qu'on contemple la tenure de l'eau pour protéger l'eau et ça peut être intéressant d'avoir un débat pour faire avancer les idées.
Je crois pas que une seule solution est nécessairement la meilleure solution. Je crois que c'est en confrontant les idées qu'on peut avancer. Euh, j'ai une question pour Gabriel.
Est-ce que tu veux que je parle de l'eau en Palestine ou de l'eau en général ou un peu de l'eau en général et puis l'eau en Palestine ? Plusieurs personnes sont venues parce que on a annoncé que tu nous parlais de la question de l'eau en Palestine mais tu as carte blanche ? Non, c'est bon, c'est bon.
Euh donc je vais vous parler de l'eau en Palestine à ce moment-là. Euh donc euh on va commencer si ça vous dérange pas. à l'époque du mandat ou même si vous voulez avec l'Empire ottoman.
Donc à l'époque de l'Empire ottoman, on avait pas parlant du risque, on avait pas de loi sur l'eau du tout dans tout l'empire. Euh il y avait une forte réglementation de nos interactions avec l'eau au travers de tenures de l'eau locale. C'est-à-dire que chaque village avait une réglementation pour son puit ou sa source qui était soigneusement respectée.
Alors ça vous faisait un droit qui changeait de village à village littéralement de puit en puit même à l'intérieur du même village. Donc quand les Britanniques deviennent mandataires, ils ont eu le mandat sur la Palestine, ça leur donne des cheveux blancs parce que veulent une loi sur l'ensemble du territoire, une loi uniforme. Pourquoi ?
Parce qu'ils veulent développer de grandes infrastructures et évidemment donc ils ont besoin d'une loi uniforme et ils y arriveront pas. Et quand on va avoir la donc la création d'Israël, ce qui est très important à prendre en compte, c'est que on va avoir au moins 700000 personnes qui vont être forcées de partir de chez eux et en partant, ils vont amener leurs institutions parce que les institutions qui réglementaient l'eau étant locale étaient entièrement oral euh sauf pour les puits de la région d'autour de quelqu euh euh Tolkarem parce que là on et même ça va arriver seulement dans les années 50 les puits donc je vais trop vite. Donc ces gens partent et laissent un vide institutionnel.
Du coup, Israël va être capable d'énoncer sa loi sur l'eau parce qu'elle est dans un vide juridique, elle est dans un vide institutionnel et cette loi est considérée par les hydrologues comme excellente. Bah d'une part parce qu'elle donne beaucoup de pouvoir à l'hydrologue et et deuxièmement parce que c'est une loi complètement centralisée. C'est-à-dire que c'est l'État, c'est une première fois dans l'histoire de l'humanité où l'État considère qu'il va gérer toute l'eau sur le territoire national et mais s réfugié partout.
Bah dans une variété de d'endroits, ils vont partir dans ce qui est devenu la Sordanie. Si Jordanie qui va être annexée par la Transjordanie, ça va devenir la Jordanie. Ils vont partir à Gaza, ils vont partir au Liban, ils vont s'éparpier.
Et là où ils arrivent, pour l'instant, on va se concentrer sur Gaza et sur la Sordanie, et bien il retrouvent des institutions qui leur sont families. C'est-à-dire que les l'accès à l'eau est déjà réglementé. Qui peut utiliser l'eau ?
Pour quel but ? Comment ? Est-ce que cet accès, cette modalité d'accès est transférable ?
Est-ce qu'on peut la vendre indépendamment de la terre ? Tout ça c'est déjà établi. Euh et ça les exclut parce que eux ils ont droit à remplir leur cruche à la source mais ils ont pas le droit d'utiliser l'eau pour irriguer.
Ça ne les choque pas parce que venaient de village où ils utilisaient exactement ce genre d'institution. Donc ils acceptent de devenir des exclus de l'eau et parce qu'ils veulent simplement rentrer chez eux et ils veulent recommencer à avoir les à pratiquer les institutions qui auxquelles ils souscrivent. Donc on se retrouve avec une gestion de l'eau totalement centralisée au niveau de l'État en Israël et une gestion de l'eau totalement décentralisée au niveau de chaque puit de chaque source en S-Jordanie et à Gaza.
Alors côté SJordanie, vous avez une situation totalement différente de Gaza en terme d'hydrogéologie. Euh toutes les villes Hébron, Bethléhem, Jérusalem, Ramala, Naplous, Jénine sont situés sur une ligne de crête. À l'est de cette ligne de crête, la pluie qui tombe va ruisseler vers la mer morte et vers la vallée du Jourdain.
À l'ouest de cette ligne de crête, le la pluie va ruisseler vers Israël et vers la mer Méditerranée. Et au nord, la pluie va ruisseler vers le nord vers Israël. Et ce qui est très très important, si je vous parlais de l'eau en général, je l'aurais dit, je leur adote tout le temps, c'est qu'il faut considérer systématiquement l'ensemble du flux de l'eau le long de sa trajectoire si vous voulez comprendre tous les problèmes.
Alors, qu'est-ce qui se passe ? c'est que en Si Jordanie et à Gaza, on a pas d'autres surface le fleuve Jourdain. Alors le l'eau de la pluie pénètre le sol va ressurgir sous forme de source qui était toutes déjà avant 1967 he qui était déjà toute réglementée par des régimes de communauté euh des régimes de propriété communautaire avec une tenure de l'eau totalement locale et elle pénètre dans le sol.
Donc elle était utilisée essentiellement pour l'irrigation et là il faut distinguer utilisation et consommation. Quand vous vous lavez les mains au robinet, vous utilisez l'eau mais vous ne la consommez pas. Quoi qu'en dise votre facture d'eau.
Alors pourquoi ? Parce que l'eau, elle retourne dans la partie terrestre de son cycle et elle va être utilisée par un autre être vivant. Ça peut être un verre de terre dans le sol, ça peut être un autre être humain, mais un organisme vivant va le réutiliser jusqu'à ce que l'eau soit consommée.
Et elle ne peut être consommée que de trois manières. Soit elle s'évapore, soit elle est transpirée, soit elle atteint la mer. Donc à l'époque euh lorsque Israël émerge et jusque 67 et même jusque dans les années 90, l'essentiel de l'irrigation en Si-Jordanie ou dans la bande de Gaza, c'était l'irrigation par submersion.
Autrement dit, je dévis une source et j'inonde mon terrain. Donc l'essentiel de cette eau va retourner dans la terre et va être utilisé à nouveau par des verrs de terre, des bactéries du sol, des mycélium jusqu'à ce qu'elle soit elle réémerge à nouveau et qu'elle soit utilisée par des êtres humains. Elle va continuer son chemin.
Alors ce qu'il faut qu'on comprenne c'est que au moment où Israël émerge, la Sordanie donc du point de vue des du mouvement des eaux souterraines, puisqu'on a pas d'autres surfaces, est en amont. Et cette eau donc arrive de S Jordanie vers Israël et éventuellement là où il y a Gaza traverse Israël puis traverse le sol de Gaza et arrive à la mer. Maintenant il y a une chose qui est partagée par toute l'humanité, c'est la stupidité.
Ils ont fait comme on a fait à Montpellier, ils ont multiplié les pluies les puits dans l'aquif côtier et en Israël et à Gaza. Quand vous multipliez les prélèvements d'eau à partir de l'eau souterraine, vous créez une souspression si vous êtes au bord de la mer, ce qui permet ce qui cause l'infiltration d'eau de mer. Donc très vite avec les oranges de Java de Jafa même dans les années 30 40 on a commencé à surexploiter la coifère côtier causé de l'infiltration d'eau de mer.
D'où l'expression qu'on boit la mer à Gaza. Et alors ça c'est un phénomène assez ancien. Et ce qui s'est passé aussi c'est que à l'intérieur d'Israël, côté est, la bande de Gaza, vous allez avoir le développement d'une grosse agriculture industrielle.
Sachant que là-bas, tous les jours, les agriculteurs utilisent israéliens comme Palestiniens, 122 produits chimiques totalement proscrits dans l'Union européenne, sachant que nous, on n'est même pas capable d'interdire le glyphosate, hein. Donc c'est c'est vous dire. Et du coup, on a venant depuis l'est une pollution chimique d'intrans chimique qui pénètre dans l'aciifère de Gaza.
On a l'eau de mer depuis la la mer et la intrimi depuis l'est. Là, je reste là, on est avant 67 hein, c'est déjà en train de se faire. On revient à la 6 Jourdanie parce que c'est on va couler, on va à partir de la biographie de la goutte d'eau.
Ça tombe d'abord en six Jordanie avant de faire tout le chemin. Là, c'est un acouffer complètement différent. À Gaza, vous avez un accioufer sableux. et l'eau souterraine traverse un un sol poreux.
En 6 Jordanie, c'est un acouffer carstique. Donc c'est une roche imperméable avec des craqus ici et là. Donc vous avez un aquifè superficiel qui va nourrir les sources, source qui avait déjà été gérée depuis des siècles par les villageois et et qui des euh des zones de terre imperméables, de sol, de roches imperméables qui les qui séparent l'acquouifère superficielle d'acquouifère souterrain pressurisé.
Cette fois-ci, la couffère superficielle n'est pas pressurisée et vous en avez plusieurs comme ça superposés, hein. C'est comme 1000 feuilles qui aurait été à moitié crabouillé parce que c'est pas horizontal, c'est voilà comme ça. Et et du coup euh qu'est-ce qui va se passer ?
À partir de 67, Israël occupe Jérusalem S, tout le reste la si Jordanie, le Golan, le Sinaï, la bande de Gaza, mais ne les n'annexe que Jérusalem Est en 67 et puis ne va annexer le Golan que des années plus tard. n'a toujours pas la Knesset n'a toujours pas annexé la SJdanie ou la bande des Gaza. Alors parce qu'il n'annexe pas, la loi de l'eau israélienne ne va pas être appliquée dans ces territoires là.
Donc le droit ancien va continuer pour toutes les sources et tous les puits existants. C'est une c'est une occupation de style impérial. On va pas se mêler des affaires entre indigènes.
Donc on va laisser les Palestiniens gérer leurs sources, gérer leur puits et on va imposer des ordres militaires par-dessus. Donc on va soumettre le forage de tout nouveau puit par exemple à l'obtention préalable d'un permis. Forer un puit à Gaza, c'est très très facile.
C'est beaucoup plus compliqué en si Jordanie parce qu'il faut forer dans du de la roche. Alors à partir des années 50 60 agriculteurs au autour de Tolkarem et Calquilia, j'avais commencé trop vite à vous en parler, avait commencé à pouvoir rassembler et leurs épargnes et la technologie nécessaire pour forer des puits. Donc là, vous avez pas mal de puits agricoles qui appartiennent à ce qu'ils appellent des chirketel bear, c'est-à-dire que c'est des associations que les agriculteurs qui mettaient en commun leurs épargnes pour les les les forêts créait avec des statuts écrits.
Donc quand Israël arrive en 67, on a des puits qui ont des statuts écrits et des sources qui n'ont pas de statut écrit euh et qui ont une forme de tenure de l'eau très stricte. Ils vont laisser ça perdurer. Ce qu'ils vont faire, c'est que la compagnie nationale de l'eau au macarrot va forer des puits profond pour utiliser l'aciifère profond pressurisé.
Et Israël va dire nous donc nous n'affectons pas les eaux palestiniennes puisque nous utilisons d'autres masses d'eau. D'accord ? Ceci dit, ils vont dès la première année en 67 mettre des compteurs sur les puits agricoles et ils vont comptabiliser sur un an ce qui est prélevé.
Ensuite, ils vont dire à la à chiretel bear, ça c'est votre quota pour l'an prochain, vous pouvez pas excéder ça. Et au début, ça cause aucun problème parce que au début, c'était plus rentable pour les agriculteurs d'aller travailler comme ouvrier journalier en Israël. Donc il y a une déprise agricole et parce qu'il y a une déprise agricole, on se met à construire des maisons sur les terres agricoles qui avaient été irriguées à partir de ces puits-là.
Sachant que chaque terrain est relié à un seul puit. Et à partir de la première Antifada, là ça devient de plus en plus difficile d'aller gagner sa vie en Israël. Donc les gens commencent à revenir au village, veulent se remettre à l'agriculture pour gagner leur vie et là tout à coup boum, on a le problème du quota sur le puit et le problème des maisons qui ont été construites sur les terres agricoles.
Al pourquoi c'est un seul problème ça ? C'est qu'un c quota, il est pas transférable d'un puit à l'autre. Alors un puit qui est par exemple sous-pompé parce que on a construit que des maisons de sur les terres qui étaient liées à ce puit-là, il peut pas transférer son quota à un autre puit qui lui est environné de terre qu'on peut encore cultiver.
Donc on va avoir des puits sous-pompés et les Israéliens évidemment vont faire remarquer ça. Vous savez, vous utilisez pas tout votre quota, n'est-ce pas ? Ben oui, parce que l'utilisation domestique de l'eau, ils peuvent utiliser cette eau pour alimenter les maisons, c'est toujours beaucoup beaucoup moins que l'utilisation pour l'irrigation.
C'est des volumes beaucoup moindres. Alors euh on a le problème que tout le monde essaie de se rabattre alors à cultiver des terres proches des puits euh qui ont encore des des quotas qui sont encore utilisables et on arrive vite à saturation. D'accord ?
Et ça c'est la situation en six Jordanie. Donc arrivent les accords de SLOT. Les accords de Slot n'ont traité que l'eau en Sianie.
Ils ont pas traité l'eau à Gaza. Et on va revenir à Gaza après hein. C'est une seule histoire.
Je vous balance d'un à l'autre mais c'est vraiment une seule histoire. C'est pour ça que je la raconte comme ça. Alors, qu'est-ce que les accords d'eau vont faire ?
Ils vont traiter l'eau comme un gâteau immobile, comme si l'eau ne coulait pas. Ils vont comptabiliser l'util les prélèvements totaux faits par les Palestiniens en 92 et les prélèvements totaux faits par les Israéliens en 92 dans les trois zones de ruissellement que je vous ai décrites plus tôt. Vous vous rappelez Est, Ouest et nord.
Ils vont appeler ça dans le traité des acquifères. Ce ne sont pas des acquifères, ce sont des ondes de ruissellement. Ils appellent ça aquifè dans la dans le traité.
Et ils additionnent ces quantités et ils disent ben voilà dorénant pendant la période intérimaire parce qu'on était supposé avoir les accords finaux 5 ans plus tard hein dans pendant la période intérimaire qui dure toujours. Euh vous voici la quantité que les Palestiens pourront continuer à utiliser. Voici la quantité que les Israéliens pourront continuer à utiliser.
Mais ils appellent pas ça utilisation, ils appellent ça consommation. Maintenant, je vous avertis hein, utilisation consommation c'est pas la même chose mais eux ils appellent ça consommation. Ils se sont donc basés sur les chiffres de 92 années pluvométrique exceptionnelle qu'on a jamais revu depuis lor.
Autrement dit, on a un traité qui oblige la nature. C'est pas donner les droits à la nature, c'est obliger la nature à à le respecter. C'est un peu optimiste.
Et donc les c'est et ce n'était que l'utilisation donc c'est la comptabilité frauduleuse parce que chaque goutte des mètres cubes utilisé par les Palestiniens va être probablement utilisé plusieurs fois et par des Palestin et des par Israéliens. Ce qu'ils ont comptabilisé c'était les prélèvements, c'était pas la consommation même s'il l'ont appelé consommation. Donc c'est une absurdité les accords de de slow et l'eau.
Et en terme quantitatif, c'est à peu près 20 % pour les Palestiniens de ces quantités-là et 80 % pour les Israéliens. Euh mais et ça ça a été évidemment relevé, mais c'est pas le pire dans cet accord. Le pire dans cet accord, c'est que c'était une absurdité du point de vue de la réalité physique de l'eau.
Et et on en est toujours là. Mais ce son c'est devenu à partir des ans de l'année 2000, c'est devenu un accord historique parce que à partir de l'an 2000, Israël va développer un programme de dessement massif d'eau de mer le long de sa côte. Ils vont construire d'abord à Hkelon une première première station de dessement d'eau de mer et puis un total de 6 le long de la côte et ils vont renverser la situation amant aval.
Avant, on avait vu l'eau ruisselit euh le le le l'eau venait de Si-juranie vers Israël. Maintenant, à partir des années 2000, on va avoir l'eau de la côte qui est dessée et qui monte qui va être distribué dans tout Israël et en Palestine aussi parce que vous avez 59 % de l'eau aux robinets des villages et villes palestiniennes qui est acheté à Mécorotte, la compagnie israélienne de l'eau qui est de l'eau de mer des salées. Et ça ça varie énormément d'une ville à l'autre.
Naplouse possède ses propres puits. Ce n'est pas l'autorité palestienne de l'eau qui les possède, c'est naplouses hein et qui les gère toutes seules. Et par contre, Hébron dépend beaucoup plus de l'eau des salées d'Israël.
Donc c'est une situation qui varie énormément d'un lieu à l'autre. Mais ce qu'il faut comprendre c'est que c'est une interconnexion complète et une dépendance complète maintenant. et euh et et donc la situation de dépendance est créée de fait euh dépendance des Palestiniens par rapport à l'eau des salées israéliennes.
Euh vulnérabilité évidemment très grande. Là on va revenir à Gaza. Et là ça devient cauchemaresque he je vous avertis.
Donc Gaza avait trois pipelines qui amenaient de l'eau depuis mes corottes. Effectivement, c'est vrai, mais ça n'a jamais même été 10 % de l'eau qui était utilisé à Gaza. L'essentiel de l'eau qu'on utilisait à Gaza provient de plus de 4000 puits à l'intérieur de Gaza.
Mais vous vous rappelez la soupe qu'ils ont comme eau souterraine mélange d'eau de mer et d'intrant chimique venant de l'agriculture, c'est totalement impropre pour la consommation humaine. Si vous buvez cette eau sans la traiter, sans sans la filtrer par osmose inverse, vous détruisez vos reins. Et donc ils avaient ils ont construit deux petites stations de dessement d'eau de mer.
Rien à voir avec les immenses stations israéliennes. Elles sont toutes petites, une à Derel Bala, une à Ranunis. Et ces ces stations prenaient de l'eau de mer, la dessaiit et la distribuait.
Mais c'était du made in Gaza et puis on avait équipé beaucoup de puits qui pompaient l'eau de la cuifère mais c'était de l'eau somatâtre et qui pratiquait l'osmose inverse sur cette eau somâre et distribuait de l'eau potable. Alors maintenant, j'ai dit c'est made in Gaza. Mais attention, rien n'est simple là-bas.
C'est le ministère de le Palan Water Authority qui a été créé par les accords d'Oslo qui est resté l'autorité responsable de l'eau dans Gaza. Alors c'est pourquoi ? Parce que les infrastructures concernant l'eau, ça demande énormément d'argent.
Une municipalité souvent c'est son plus gros budget hein, c'est l'aduction d'eau et la traitement des eaux usées. Et euh et alors ils avaient besoin d'aide des bailleurs de fond. et il savait que les bailleurs de fond n'allaient pas donner l'argent au Hamas.
Par contre, on donnait l'argent à l'autorité palestinienne à Ramala. Donc l'autorité palestienne de l'eau est toujours restée active à Gasin. Votre argent au travers de l'Agence française de développement a largement contribué à construire, la plus grande station d'épuration qui traitait toutes les eaux usées de Gaza par exemple.
Et euh et enfin, il y aurait beaucoup à dire, mais je crois que j'arrive déjà à la limites de mon temps, donc on peut avoir des questions là-dessus sur Injas plus tard. Euh mais ça c'était de l'argent qui transitait qui qui était donné à l'autorité pacienne de l'eau à Ramalin. Et d'ailleurs, quand vous alliez à Gaza à cette époque-là, euh vous franchissiez d'abord le le la le checkpoint des RS qui était tenu par les Israéliens.
Après vous franchissiez le checkpoint tenu par Amala et puis après vous franchissiez le checkpoint tenu par le Hamas. Vous en aviez trois à franchir et euh et c'est celui d'ha surnommait Arba Hamsa. Mais bon, ça c'est une c'est un détail mais c'est un détail rigolo.
Euh et et du coup c'est ce qui s'est passé c'est que on a eu une grande dépendance envers l'électricité. Donc on dessalinisait l'eau à l'intérieur de Gaza avec de l'électricité qui venait quasi entièrement depuis Israël. Alors un des problèmes qu'on a eu pour mettre en route la station d'épuration NGS, c'est qu'il y avait pas assez d'électricité pour la faire fonctionner.
Donc la FD non pas pas la FD allemande, l'agence française de développement avait équipé la station d'un grand champ de panneau solaire. Si vous regardez les images de satellite maintenant, vous verrez plus un seul panneau solaire. Pourquoi ? parce que dès le début, dès le lendemain du 7 octobre 2023, Israël a coupé l'électricité à Gaza et c'est ça qui a couper l'accès à l'eau propre à la consommation à Gaza.
Et alors les gens sont venus chercher les panneaux solaires pour les les fixer sur les puits pour continuer à avoir de l'eau potable. J'aurais fait la même chose si j'avais été eux. Mais qu'est-ce que ça veut dire ?
Ça veut dire qu'il y a plus aucun traitement des eaux usées à Gaza depuis le 7 octobre, hein. Et voilà, les maladies hydriques sont responsables d'un grand nombre de morts déjà actuellement, sans compter le fait que le pilonnage par les bombes a détruit les réseaux d'égût, ce qui fait que on patoge dans des eaux usées non traitées. Euh alors, mais c'est le début seulement du cauchemar, hein.
Euh alors, qu'est-ce qui se passe quand vous êtes pilonné, pilonné, pilonné ? Dans les trois premiers mois après le 7 octobre, ils avaient déjà eu plusieurs fois Hiroshima en puissance de bombe. Donc beaucoup de ces panneaux solaires ont été détruits et c'est un général israélien qui a insisté pour qu'on remette suffisamment d'électricité pour permettre de traiter l'équivalent de 2,5 L d'eau par personne par jour parce qu'il a dit sinon on va être accusé de crime de guerre.
Et mais ça c'est simplement quand on parle des 2,5 L par personne par jour à Gasin, ce n'est pas ce que les gens accèdent, c'est la quantité d'électricité qui rentre et qui pourrait en théorie permettre ça. Mais si vous êtes dans une zone où vous avez pas accès à un puit, où ils ont accès à de l'électricité, vous êtes vous avez un grand problème. les dirigeants des stations des de des salements d'eau de mer et cetera ont essayé d'organiser des camions citternes et il les faisait rouler avec de l'huile de friture usagée.
Ils ils envoyaient des camions citernes et les gens faisaient la file avec des bidons et remplissaient des bidons d'eau qui avaient été filtrés. Tout ça évidemment est devenu de plus en plus difficile au fur et à mesure que tout était détruit, que les les Nations- Unies dans un premier temps ont pu apporter du carburant aux deux stations de dessement d'eau de mer, n'ont plus pu après un certain temps parce que les restrictions sont devenues de plus en plus grandes. Et du coup, qu'est-ce que les gens font ?
Ben, on veut toujours survivre aujourd'hui, hein. Demain est un autre jour. On voudrait bien que demain chante mais bon le premier combat c'est survivre aujourd'hui.
Donc les gens ont vont sans électricité puis de l'eau parce que vous et moi avec une pelle on peut creuser un puit à gazain. C'est du sable c'est et l'eau et la la vous allez toucher de l'eau très vite parce que la mer remplit la nappe hein. Donc et donc les gens vont puiser de l'eau même sans électricité vont la faire bouillir parce qu'ils sont bien conscients hein.
Tout le monde voit le les eaux usées partout. Ils sont bien conscients qu'à des pollutions biologiques. Donc il facile de trouver des débris à brûler à Gaza, du plastique, du bois, ce que vous voulez.
Alors, ils font des feux pour faire bouillir l'eau. Donc il ils éliminent la pollution euh biologique, mais ça n'élimine pas le sel, ça n'élimine pas les intrans chimiques qui sont dans l'eau. Si vous la consommez pendant un certain temps, vous détruisez vos reins.
Sans rein, vous allez pas vivre très longtemps. Ça c'est une bombe à retardement. C'est une catastrophe sanitaire qui n'est pas visible immédiatement.
Euh mes collègues qui travaillent là-dessus et moi, on on est très horripilé quand les gens nous disent 61000 morts à Gaza. Ça c'est 61000 morts directs aujourd'hui à cause d'un des bombardements. C'est parce qu'on compte les lins seuls en fait.
On ne compte pas les gens qui sont ensevel sous les bâtiments et on ne compte pas les gens dont la vie est condamnée parce qu'ils sont en train de se détruire les reins. Et euh et là on parle d'une d'à peu près d'une grande partie de la population. Je peux pas dire tout le monde parce qu'il y a encore ici et là euh des gens qui arrivent à accéder à l'électricité et voilà.
Et euh et donc pour l'instant, c'est ça la situation de l'eau à Gaza. Euh la majeure partie de ces puits c'était des puits agricoles. Ils ont été largement détruits, ils ont pas d'électricité.
Euh les châteaux d'eau que les agriculteurs avaient construits pour pouvoir irriguer leur champ ont été détruits. Ça a été des cibles de bombardement. Les réseaux d'irrigation dans les champs ont été détruits.
Alors, à nouveau le le jour euh j'ai en tête par exemple le projet qui était ce qui est encore soutenu par l'Union des Juifs progressistes de France euh qui financent encore cette association. Euh le jour où les soldats sont venus pour ils ont mis le feu et ils ont tout détruit la récolte et le réseau d'irrigation en même temps, ils ont demandé aux agriculteurs de se mettre de côté. Donc, ils ont fait aucun mort ce jour-là, mais ils ont détruit la capacité de produire de la nourriture.
D'où la entre autres d'où la famine à Gaza ? Gaza n'était pas autosuffisant en production alimentaire, mais ça contribué à la famine qu'on voit aujourd'hui à Gaza. Euh alors à Gaza c'était la vulnérabilité venait de la dépendance à l'électricité israélienne.
En si Jordanie, c'est aussi une situation où toute l'électricité vient d'Israël. On n pas de production d'électricité à l'intérieur de la S Jordanie. On a des puits qui ont été forés par l'aide internationale pour que l'autorité palestienne puisse enfin avoir de l'eau.
Parce que vous imaginez les accords de SL créent l'autorité palestinienne de l'eau. C'est bien gentil mais d'un côté il y avait l'eau qui était gérée par les Palestiniens, c'était par des institutions locales paysanes qui eux disaient à l'autorité palissienne, "Bah, votre boulot, c'est de récupérer l'eau que les Israéliens nous piquent." Et Israël contrôlait le reste de l'eau.
Et Israël disait à l'autorité palestinienne de l'eau, bah non, votre boulot c'est de contrôler l'eau qu'on vous a attribué dans les accords d'Oslo qui est déjà géré par des institutions locales, hein. Donc l'autorité palestienne de l'eau était prise entre le marteau et l'enclume. et et du coup pour lui donner de l'eau qu'elle pouvait gérer, les bailleurs internationaux ont foré des puits de parfois 900 m de profondeur pour qu'elle puisse enfin avoir de l'eau, qu'elle puisse gérer et surtout ils ont développé à partir du moment où il y a eu le dessinement d'eau de mer, ils ont développé l'achat d'eau auprès d'Israël.
Alors comment est-ce que l'eau est payée ? Ça mérite d'être mentionné. On a les accords de Paris de 1994 qui disent que tous les droits de douanes sur les marchandises qui entrent en Si-Jordanie et dans la bande de Gaza sont prélevés par les douanes israéliennes.
Et ensuite Israël rend cet argent à l'autorité palestinienne, mais elle le rend après avoir déduit la facture d'eau et la facture d'électricité. Donc c'est pour ça que cette dépendance a pu se créer aussi. Mais même pour les puits qui sont contrôlés par l'autorité palestienne de l'eau, lorsque vous avez un puit qui fait 900 m de profondeur, je vous garantis que c'est pas avec une petite manivelle et un saut qu'on sort l'eau.
On a besoin d'électricité et on a cette situation de dépendance totale à l'électricité israélienne. D'où la même vulnérabilité en 6 Jordanie malgré une configuration hydrologique totalement différente que ce qu'on a trouvé à Gaza. Je vais quand même terminer sur une note d'espoir.
Il y en a pas beaucoup mais pendant 18 mois, je me suis battu pour faire venir mon collègue de Gaza avec sa famille. Ils sont arrivés le 25 avril. 7 vie, 18 mois de travail à la sable, du harcèlement auprès de des députés de l'Assemblée législative comme j'avais jamais fait pour cette pour cette vie.
Donc c'est une vie n'a pas de prix mais on se dit on aurait pu mieux faire quoi. Mais il faut quand même terminer avec une note d'espoir. Deux choses c'est que les gens là-bas ont une volonté de vivre farouche.
Il récupère tous les bouts de tuyaux d'irrigation qui qui restent. Ils récupèrent quatre pompes et ils en reconstituent une quatre pompes cassées par les bombardements. Ils en reconstituent une.
Ils font tout pour survivre. C'est une population très éduquée, beaucoup d'ingénieurs, ils sont et ils font tout ce qu'ils peuvent à l'intérieur déjà. Maintenant, juste en face, il y a plein d'entrepôts plein du côté du côté égyptien de de la c'est pas une frontière hein, c'est c'est une ligne d'armistice entre l'Égypte et Gaza.
Vous avez là des unités qui attendent d'être posées. Ce sont des unités dont je les approuve totalement en temps normal. Ce sont des pompes euh qui sont reliées à des panneaux solaires et pour des systèmes d'irrigation.
Et la raison pour laquelle je désapprouve en temps normal, c'est que c'est tellement facile d'irriguer comme ça que les agriculteurs laissent le bouton on toujours allumé. Donc le soleil se lève, la pompe se met à pomper, le soleil se couche et elle arrête de pomper à ce moment-là. Et donc ça contribue à la surexploitation de la nappe et à une augmentation de l'infiltration d'eau de mer.
Euh donc c'est pour ça, mais là la situation est quand même pas normale. On a un besoin urgent de fournir de l'eau euh potable à une population qui n'en a plus. Euh donc ces pompes solaires sont là.
L'urgence absolue, c'est de les faire entrer et de les poser. Et ça pourrait se faire extrêmement rapidement. Et et là et là on pourrait c'est chaque pome peut fournir facilement 200 m³ par jour.
C'est pas grand-chose pour l'agriculture, mais ça aide vraiment beaucoup pour l'eau potable. Et euh et le pour l'instant depuis le 7 octobre 2023, on ne peut pas faire entrer un seul panneau solaire ou une seule de ses unités dans Gaza. C'est interdit par Israël.
Donc si nos députés veulent harceler Israël comme je les ai harcelé pour essayer de faire sortir ma famille, pour moi, il faudrait qu'on se focalise, qu'on focalise toute notre énergie sur cette mesure d'urgence qui n'est pas une mesure à long terme. On peut avoir tout un débat pendant très longtemps si vous voulez. Le dessinement d'eau de mer n'est pas une solution face au changement climatique et ne le sera jamais.
Mais ça peut être une solution d'urgence pour sauver des vies en attendant de reconstruire un système viable et durable. Merci. Merci.
Et et et et cela méritait que on y consacre le temps qui s'est écoulé. Je vais en quelques minutes à mon tour vous faire un point comme je m'y suis engagé tout à l'heure sur la situation à la fois du droit à l'eau et et la question euh de des chantiers. qu'on pourrait ouvrir ensemble sur cette question des entités naturelles juridique.
D'abord, vous redonner des éléments que vous pourrez trouver plus affinés ou ou en tout cas plus détaillés dans le nouveau manifeste pour le droit à l'eau et l'assainissement qui est disponible à l'espace du livre qui est sorti à l'occasion de de ses enfis. Euh d'abord pour euh vous dire que nous sommes en train de perdre énormément de temps euh parce que bien entendu euh depuis euh le 7 juillet euh 2024, date à laquelle le Nouveau Front populaire a gagné les élections, euh nous euh n'avons pas pu avancer sur un certain nombre de réponses concrètes aux défaillances de droit à l'au en France hexagonale et d'aoutre ma pour la simple et bonne raison, c'est que il y a des députés de manière transpartisane qui sont capables au-delà de nos rangs de converger sur cette question du droit à l'eau. La preuve, on a déposé une proposition de loi constitutionnelle ensemble.
La preuve, on va examiner de manière transpartisane à la à la Commission des affaires européennes fin euh septembre début octobre de cette année, une résolution euh qui euh vise à demander à ce que euh le droit à l'eau soit érigé au niveau des droits fondamentaux de la charte ADOC ou de tout autre document intermédiaire dans la mesure où aujourd'hui réviser la charte des droits fondamentaux en Europe pose problème. parce que bah le niveau européen, le continent et son Parlement sont tellement réactionnaire et l'extrême droite qu'on pourrait ressortir avec une charte des droits fondamentaux. J'assume cet aspect tactique qui soit ensaxte en vigueur.
Donc on choisira vraisemblablement par la voie de la France et d'autres pays qui viendraient nous rejoindre en faisant voter cette résolution, je l'espère fin septembre, début octobre. euh et bien euh à choisir d'autres textes à l'agenda européen pour essayer de consacrer dans l'esprit de la résolution des Nations- Unies de 2010 cette question du droit à l'eau et à l'assainissement de qualité comme un droit essentiel et préalable à l'exercice de tous les autres droits pour être dans l'esprit pour pas dire la lettre de la résolution des Nations- Unies de 2010. Pour autant, dans le droit français et on l'explique dans je l'explique dans le manifeste, je rentrerai malheureusement faute de temps, pas dans le détail à cet instant.
Euh nous ne sommes pas en situation de le garantir et de faire en sorte que chacune et chacun puissent le faire valoir pour être en vie et en bonne santé. Et euh ceci n'est pas du discours politique ou du supplément d'âme qui viendrait à nous engager sur la voie de la reconnaissance de ce droit fondamental, c'est qu'il y a des chiffres là pour en attester. Et en 2024, la coalition E qui regroupe une quarantaine d'ONG françaises euh auditionné à l'Assemblée nationale nous confirme des chiffres que certains d'entre nous connaissent déjà mais que on avait plutôt daté de 2021 et qui se confirme ou se consacre voire s'amplifie en 2024.
Nous avons toujours plus de 890000 de nos concitoyens qui ont un accès limité à des sanitaires en France. Nous avons 150000 personnes sans abri, sans domicile fixe qui sont donc concernées par une exclusion dans leur accès à l'eau et à l'assainissement de qualité sur le territoire national. Nous avons bien sûr les 20000 personnes qui sont en bidonville ou en village précaire qui rencontrent des difficultés quant à l'exercice de ce droit fondamental parce que c'est un droit à la vie.
Je rappelle que 3 jours sans eau et nous sommes tous morts. Euh et nous avons 117000 personnes qui n'ont pas de douche. Nous avons 173000 personnes qui n'ont pas de WC dans un logement, enfin dans leur logement, ce qui n'est pas la même chose et donc qui est important.
Nous sommes donc dans le contexte que pour les outres mères, vous savez que Mayotte se voit imposé et pas seulement du fait du cyclone mais du fait de l'absence de protection, de distribution sur une île qui euh a peu de capacité à renouveler une eau en qualité et en quantité. des tours d'eau qui peuvent aller de 1 à 3 jours euh pour avoir un accès à l'eau. à la Guadeloupe, c'est 400000 habitants qui subissent des coupures quotidiennes dans l'approvisionnement en eau potable et la majeure partie du territoire du bassin de vie pardon de ou des bassins de vie de Martinique sont à 60 ont des réseaux de d'eau potable qui sont fuillards à 70 % c'est-à-dire que 70 % de l'eau prélevée en eau douce à la nature et bien part en fuite avant d'être utilisé ce qui a amené lors de mon déplacement en Martinique dans le cadre de la tournée nationale pour la gestion publique de l'eau de la France insoumise à aller à la rencontre de populations qui se sont organisées pour protéger, préserver et réhabiliter des puits qui euh avait été abandonné auparavant euh notamment du fait de pollution émergente et pour lesquels ils ont décidé de manière collective et communautaire euh de les protéger et de faire reculer euh les sources de pollution.
Après, bien sûr, avec la pollution au clur de conne, les vérifications euh sanitaires nécessaires pour s'assurer que il n'allait pas s'empoisonner empoisonner les habitants autour de ces sources bien entendu, mais que ça a été à des moments de l'année en 2022 et 2023 les seules possibilités d'avoir de l'eau potable quotidienne et nous sommes là. En tout cas, nous depuis l'hexagone, nous prétendons que c'est la République française quoi que soit pour ce qui nous concerne notre euh notre sensibilité euh et notre compagnonnage avec des forces politiques indépendantistes dans les autres mers. Euh donc je veux pouvoir ici ramener des témoignages qui euh démontre que ceci n'est pas le résultat d'une incurie de gestion comme certains voudraient le laisser penser ou que les élus locaux auraient été incapables.
Ce n'est pas vrai. On ce qui est vrai, c'est qu'on a une population extrêmement modeste qui n'a pas été en mesure de financer au prix où les opérateurs privés ont voulu leur faire payer ou faire payer à leur collectivité les infrastructures ces 50 dernières années. et notamment Véolia ou Suè n'y sont pas pour rien à la Guadeloupe ainsi qu'à la Martinique.
À la Martinique, on voit aussi les conflits entre bassin de vie où il y a des opérateurs privés et le bassin de vie Fort de France notamment où c'est un opérateur public puisque c'est une régie publique. Et on voit aussi des conflits que l'État macroniste ne sait pas ou ne veut pas régler autre affaire du préfet local pour que ce qui existe en République de partout chez nous, c'est l'entraide, la coopération et l'interconnexion entre tous les réseaux en France, sauf quand il y a une montagne pour les empêcher à court terme. Mais sinon, l'ensemble du territoire national est maillé.
Et ben, la Martinique, le maillage, je suis allé voir les tuyaux. Ils s'arrêtent et ils sont pas raccordés les uns aux autres. Le préfet aurait juste à réquisitionner pour les faire se brancher.
Il ne le fait pas à l'heure où je parle. Je vous parle là de il y a quelques mois, quelques semaines. Euh et donc nous voyons là que nous avons à réhabiliter aussi l'autorité de l'État par rapport à des enjeux non pas politiciens ou politiques, mais entre des majors privés qui ont la main sur des bassins de vie et un opérateur public.
Euh et ça marcherait même parfois dans les deux sens, c'est-à-dire que l'opérateur public a beaucoup d'eau et qui pourrait très bien en partager avec ses voisins moyennant des conventions et des règles et viceversa à d'autres parties et à d'autres moments de l'année. Bref, vous voyez là que la question de la garantie du droit à l'eau comme un droit fondamental est pas seulement acquis parce qu'il y a quelques textes en droit français qui viennent à dire que l'accès à l'eau est possible au nom de règles sanitaires ou aux règles au nom de texte à ce que tout le monde ait accès à une vie digne et à une vie saine. Donc il y a un enjeu pour nous parlementaires nationaux, c'est de faire avancer la question de faire rentrer le droit à l'eau dans la Constitution ou en tout cas dans le bloc constitutionnel et nous avons choisi de le faire.
Nous sommes une dizaine de députés issus de h groupes différents de l'Assemblée nationale et nous allons tâcher de d'ouffiler après la résolution européenne pour faire avancer cette question pour que chacun de nos concitoyennes et concitoyens puisse faire valoir leur droits à l'eau auprès de leur opérateur et de leur autorité organisatrice du service de l'eau potable. Ça ne règle pas tout. Mais dans un pays qui prétend être le texte le pays de la déclaration des droits de l'homme, mais pas des droits de l'homme, il faut jamais l'oublier.
Et bien, il serait peut-être temps que un droit indispensable et essentiel pour être vivant dans 3 jours soit enfin protégé et que chacune et chacun puisse faire valoir un texte et queil soit évident, naturel qu'on ne peut priver personne d'eau même temporairement et que la puissance publique doit mettre tout en œuvre pour que l'eau soit acheminée et que les lois de la République en la matière soient respectée. Ensuite, un autre point sur lequel je veux pouvoir vous faire un point d'étape, c'est sur le fait que beaucoup de textes sont intervenus ces dernières années pour protéger notamment la mer méditerranée, la convention de Barcelone, la question des ruissellements d'eau venant du continent européen et cetera. des lois euh ont interpellé sur les pollutions non domestiques, ont commencé à avancer sur les plastiques et le retraite d'utilisation des plastiques, même s'il y a encore quelques auries à l'Assemblée nationale pour euh lire des notes blanches de la filière euh de la pétrochimie pour raconter que toutes sortes de sornettes sur la vertu des plastiques. forcé de constater que la mer méditerranée se réchauffe 20 % plus vite que le reste des espaces maritimes au niveau mondial que bien qu'il y ait depuis 2018 un certain nombre de textes qui viennent légiférer sur la question des plastiques, le trophisation et les plastiques progressent à grand pas.
Nous avons plus de 2 millions de fragments par kilomètre carr 2 millions de fragments de plastique par kilomètre carré en mer, c'est-à-dire deux fois plus qu'en 2018. Et donc je veux pouvoir dire là qu'il y a un autre enjeu au travers de l'exemple de la Méditerranée pour les pays de la Méditerranée, Méditerranée centrale, les pays du Golfe, de l'Adriatique et de la mer Noire, puisque nous les incluons dans notre espace de diplomatie politique et et de travail interparlementaire euh sur le fait que euh il suffit suffit pas d'avoir euh constitutionner constitutionnaliser le droit à l'au demain. La Slovénie l'a fait et ça produit des effets extrêmement intéressants à son échelle pour protéger le vivant, pour protéger le droit à l'eau des populations, pour faire reculer des des implantations industrielles prédatrices sur les milieux naturels indispensables à la vie.
Donc on a vu des conséquences positives euh bien sûr, mais si on distribue finalement à l'arrivée une eau euh qui contient des molécules cancérogènes, euh on aura rien gagné. Et donc le chantier que nous avons ouvert à l'initiative de la représentation nationale française au sein de l'Assemblée parlementaire de la Méditerranée, enfin la représentation nationale s'est résumé ces trois dernières années essentiellement à mon assiduité parce que la Macronie est venue de manière épisodique, le euh le le RN pas du tout dans la mandature d'avant et commence à pointer le nez maintenant et quand à la Macronie Maintenant, elle est représentée par madame Yadan qui se préoccupe de ces obsessions quotidiennes et inconditionnel vis-à-vis de la politique de monsieur Netaniaou et pas franchement des enjeux humains pour les peuples riverins de cette mer commune berceau de de nos civilisations. Et donc, j'avance assez seul mais avec des interlocuteurs sensibles puisque nous avons réussi à faire adopter une résolution en février dernier qui vise à demander aux États-nations de constitutionnaliser et de faire rentrer dans leurs droits nationaux le droit à l'eau dans les termes de la résolution des Nations-Unies.
ça a été adopté à l'unanimité des représentants de des 34 parlements membres de cette assemblée parlementaire et puis euh de constituer un état des lieux quant aux pollution non domestique et à l'émergence notamment des pollutions induites par l'épace et j'ai voulu interpeller les pays moins peut-être en tout cas de ce que j'en sais à ce jour exposé que les pays riverins de la Méditerranée d'Europe qui sont exposés comme nous-mêmes aux pollutions généralisées au piface engendré par les productions, les utilisations des polluants éternels, c'est-à-dire de molécules persistantes dans le temps qui sont principalement utilisés par l'agriculture chimique. Et donc quand on obtient une petite victoire parce que on a sorti la cosmétique et certains textiles et cetera et cetera, bon c'est bien, on prend, on a signé le texte, on s'est battu pour des résolutions, on a fini par avec nos camarades écologistes par faire adopter le texte, mais on est à la marge de la question de la pollution généralisée qui est le produit d'une volonté court termiste du capitalisme qui engendre une épidémie de cancer. C'est de ça dont on parle.
Et c'est puis face arrive par les légumes, par la viande si on en mange, par les poissons, par les œufs. La contamination est généralisée et il suffit pas seulement de protéger des puits ou des captages sensibles. On a, on parlait avec Julie Trotier tout à l'heure, de l'eau à l'état gazeux.
On peut imaginer que du coup les rejets atmosphériques des productions en question et bien contamine aussi l'air que l'on respire ou en tout cas au moment où ces molécules repassent à l'état liquide avec la pluie. Donc on a là un enjeu considérable sur lequel ils sont volatiles, ils se dissolvent dans les gouttes de pluie. Voilà.
Et et leurs métabolites sont toutes aussi cancérogènes euh du reste. Donc je voulais dire ça pour dire qu'on avait ouvert ce chantier au niveau de l'Assemblée parlementaire de la Méditerranée, que en France bien entendu la France insoumise porte un certain nombre de textes et on va voir comment on peut avancer dès cette mandature mais nous avons nous sommes outillés pour non seulement interdire mais aussi pour identifier remplacer par des éléments naturels dans tous tous les domaines où on peut se passer de ces molécules. On a compris qu'on pouvait pas s'en passer dans les batteries de voiture.
On a compris qu'on pouvait pas s'en passer pour protéger nos pompiers en intervention par haute température. On a compris qu'il en faut dans les haut fourneaux de pont à mousson pour faire des tuyaux pour transporter l'eau potable des vêtements qui ont des molécules comme ça. Et de là à pour rendre des pesticides plus pérennes dans les l'agriculture, enfour de partout dans notre alimentation et dans ce qu'on dans ce qu'on mange.
De là à finalement sans vouloir voler la vedette à Génération Future qui va sûrement confirmer ça dans les semaines et les mois qui viennent mais avoir 90 % des captages d'eau potable de France qui sont contaminés au Biface. Je veux dire, il y a peut-être là euh quelque chose qu'il faut faire immédiatement et puis surtout, il va falloir les détruire maintenant qu'ils sont en circulation. Et le problème c'est que quand vous interpellez les gouvernements successifs et les ministres de la transition écologique successif, il vous ils admettent qu'il n'y a pas de filière de destruction euh d'épiface en France, que quand on les attrape avec les charbons actifs, bah dans 8 cas sur 10, je suis en ce moment rapporteur d'une mission d'information sur les conséquences de la directive européenne sur l'eau pour les collectivités locales et tous ceux que j'auditionne dans 9 cas/ 10 me disent qu'ils savent pas ce que deviennent les charbons actifs chargés en piface.
Ceux qui savent disent dans le meilleur des cas on les envoie en Belgique en en régénération et les autres disent ils sont enfouis. Comment où on sait pas. Et quant à ceux qui font des sauts de cabri avec l'osmose inverse et tous les trucs super énergivor, ils viennent vous expliquer que eux ils ont trouvé la solution qui à 98 ou 99 % va retirer l'épipace de l'eau du robinet.
Quand vous leur dites "Ah d'accord et alors avec le macérate concentré là qui va y avoir à la sortie de vos membranes, vous allez en faire quoi ? Ah bah c'est pas notre affaire, on les rend la nature, c'est elle qui nous les a amené." Voilà la réalité de ce qu'on nous répond à l'Assemblée nationale en audition dans une mission d'information.
Et quand on dit au ministre donc il y a bien un problème, il faut une filière pour détruire l'épace. Oui, oui, vous avez raison, mais on attend toujours. Moi, je peux vous dire une chose, c'est qu'on nous euh donne la situation d'avoir un haut commissariat à l'eau avec les agence de l'eau euh existante, on a les moyens d'avancer extrêmement vite pour avoir un établissement public, au moins un premier pilote pour aller vers euh des euh des des pyrolyses, bref, de faire avancer toutes les expérimentations qui commencent à bien démontrer que on peut trouver des solutions.
Il y a même des scientifiques qui commencent, mais j'en parle pas encore, à dire qu'il y a des choses bien plus naturelles que seulement les dispositifs de qui nous obligerait à monter à 1400°, ce qui en terme de de contexte de dérèglement climatique est pas forcément la solution à privilégier. Mais si on n'a pas le choix pendant 10 ans et qu'il faut organiser la destruction d'épiface parce qu'on les aura interdit à un bout mais qu'on va pas les laisser pour des millénaires dans les dans le verre d'eau d'eau euh des générations futures, et ben on en passera par ce qu'il faut pour arriver à réparer et à détruire cette euh cette réalité produite par le capitalisme de de notre temps. Je voudrais aussi pouvoir dire que par rapport à l'interdiction, il y a pas il y a pas de prétexte européen que on ne pourrait pas le faire seul euh et ou qu'il faudrait attendre une évolution d'une réglementation européenne.
La France insoumise gouverne le pays demain. Elle utilise la clause 129 du règlement rich actuel sans attendre la révision de n'importe quel texte. Parce que pour une fois, il y a un texte européen qui qui est utile et qui dit que au nom d'un principe de protection de la population et de la santé de des citoyens des pays euh de l'Union européenne, il est possible d'interdire toute production qui est de nature à mettre en danger la santé des citoyens d'un seul état nation.
Nous avons cette clause, nous la connaissons, nous pouvons agir concrètement et appliquer ce principe de protection pour protéger nos concitoyens. Ça ira de pau pas avec l'évolution au niveau européen pour que tout le monde en fasse autant. Et il y a déjà des pays qui avancent sur ce terrainl avec les fonctionnaires de l'Agence européenne des produits chimiques, même s'ils ont pas utilisé la clause 129.
Ça passera aussi par des mesures de protectionnisme aux frontières de l'Europe mais aussi aux frontières de la France dans un premier temps parce que on a bien vu ce que ça fait les thèses des macronistes à BF dans le Rône qui est en train de produire une molécule qui part à l'exportation alors qu'elle est interdite à la production en Europe. On vient de le découvrir le mois dernier et vous croyez que ces molécules ne reviennent pas par l'alimentation à l'importation bien entendu. Il va bien falloir aussi protéger nos concitoyens.
Et donc il est l'heure que les têtes dures et les courageux gouvernent ce pays pour que on puisse avancer en la matière. Je finis parce que je fais avec le temps dont je dispose un peu en guise d'interpellation de nos invités. Euh je veux pas les prendre au piège euh et puis ce serait pas vrai puisque ils sont déjà venus à l'Assemblée nationale intervenir à l'occasion de la journée mondiale de l'eau et que nous avons déjà posé des jalons pour des auditions dans le cadre des travaux du parlement.
Mais comprenez bien que autour de cette articulation que nous cherchons, hein, on tâonne, on n'arrive pas avec un prête à penser là, on tâonne, mais si on se retrouve tous les trois, c'est quelque part parce que on essaie de faire des ponts entre le fait que l'eau est un enjeu de géopolitique de domination des des uns sur les autres. Et là, on a eu le dramatique et et et dégoûtant euh point sur la situation bien préparée et sav organisé depuis des décennies en Palestine. Mais on a tout cet enjeu là qui est que on peut faire des choses pour nous les humains certes, mais on ne doit pas perdre de vue que c'est un commun au vivant et que l'eau compose à 80 % pardon mesdames et messieurs les scientifiques, je vais dire des bêtises mais à 70 ou 80 % compose un arbre, le moindre végétal mais tout autant que nous des animaux humains et non humains qui ne peut pas vivre sans eau.
Et donc c'est un commun du vivant avant d'être un bien. Ce n'est surtout pas un bien. Et finalement l'idée de cheminer ensemble de la reconnaissance de la personnalité juridique d'un espace lacustre à la reconnaissance d'un statut particulier d'entité naturelle juridique, formule que je retiens.
Et bien c'est que peut-être nous sommes les êtres sociaux animaux non humains animaux humains en situation d'être ceux qui défendent les intérêts qui protègent ce ce commun qui doit être reconnu comme une entité juridique naturelle parce que l'ensemble du vivant et de la biodiversité dont nous sommes interdépendants dans le même jardin planétaire figure de Gilles Clément que j'aime bien rappeler d'ampidété en amphideté. avant de citer dans un instant André Chéedid qui a aussi de très belles paroles pour dire de manière très poétique ce que nous en pensons, et ben c'est de vous demander si on prend bien rendez-vous euh pour travailler à à cette convergence de pensée qui tiennent compte à la fois de l'enjeu du droit de l'eau euh pardon du droit à l'eau, des enjeux de la qualité parce qu'il s'agit pas que l'eau arrive ou que l'eau soit soit accessible sans conditions de ressource parce que les autres ont vite fait de vous dire "Ah mais qu'est-ce que vous plaignez, il y a de l'accès à l'eau." Sauf qu'il faut sortir de l'argent pour être vivant et en bonne santé.
Euh donc ça commence mal pour euh un droit fondamental indispensable à la vie et euh mais que cette eau soit euh potable ou qu'elle soit euh compatible avec la vie euh et et à l'état naturel, c'est bien mieux que d'avoir sans cesse une course folle énergivore euh productiviste qui serait que on doit toujours trouver la solution technique parce qu'on finira bien par la trouver pour régler le problème alors que la nature a fait depuis des millénaires des choses gratuites. ement et a fait queil y a de la vie sur terre hein sans avoir des épidémies de cancer que je sache. Donc la nature est ainsi bien faite que défendre ses intérêts peut nous conduire au passage à faire reculer des maladies capitalistes comme le cancer.
Et je voulais finir avec cette poésie que je dois dire tout bêtement, j'ai découvert accroché dans un parc à proximité du siège de la France insoumise il y a quelques années. Euh qui euh dit la chose suivante, c'est à la page 75 pour ceux qui l'ont. Euh j'ai mis ça en entrée d'un chapitre que j'ai appelé un hymne pour l'eau commun du vivant.
Il s'agit d'André Chedid. Terré sous notre peau, un fleuve nous habite. Il irrigue nos peines, nos clameurs, nos élans.
Il abreuve nos gestes. Il féconomte nos rêves. Ce fleuve sans repos recherche une mère sans fin.
André Chine, je vous remercie. [Applaudissements]
Gabriel Amard