Perte de poids spectaculaire, effets secondaires… Que valent les nouveaux médicaments contre l’ob...
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Pendant longtemps, [musique] elle était considérée comme une simple question de volonté. Aujourd'hui, l'obésité est reconnue comme une maladie chronique complexe. [musique] Dans le monde, plus d'un milliard de personnes sont concernées.
En France, cela touche près d'un adulte sur 5, [musique] soit près de 10 millions d'habitants. Et depuis quelques années, une nouvelle génération de médicaments fait beaucoup parler d'elle. Les traitements [musique] médicamenteux de l'obésité ou des noms qui vous disent quelque chose, GLP1aglutide.
Initialement développé [musique] pour traiter le diabète, ces traitements permettent une perte de poids parfois spectaculaire jusqu'à 15 voire 20 [musique] % du poids corporel dans certains essais cliniques. Résultat, un engouement mondial, des ruptures de stock et aussi des dérives. Des produits frauduleux circulent désormais sur internet [musique] sous forme de patch ou de pseudoinjection.
L'agence du médicament vient même de prendre plusieurs mesures de police sanitaire contre [musique] des sites de vente illégale. Alors, ces médicaments représentent-ils une révolution médicale dans la prise en charge de l'obésité ? Qui peut en bénéficier ?
Quels sont leurs risques ? Et peuvent-ils vraiment remplacer les changements de mode de vie ? Vous entendrez le témoignage de Jeanne, 38 ans.
Elle est passée de 103 à 82 kg en 9 mois. [musique] Pour nous éclairer également Anne Sophie Jolie, présidente du collectif national des associations d'Obèse, [musique] auteur de "Je n'ai pas choisi d'être grosse" chez Solar. Sans oublier la consultation du professeur Sébastien [musique] Ternikov, chef du service de nutrition à l'hôpital européen George Pompidou, co-auteur [musique] notamment de Arthrose Arthr, je me soigne en mangeant aux éditions Solar.
Il est également coordonnateur du réseau de recherche Force. Je suis Margaot de Frubille, chef du service santé de BFM TV. À ses côtés Alain Ducardon médecin consultant santé BFM TV.
Vous écoutez le podcast santé, [musique] le podcast qui prend soin de vous. Sébastien Chernikov, bonjour. Bonjour.
Alors, si on s'en réfère à l'OMS parce que c'est toujours un peu notre référence, le surpoids et l'obésité sont définies comme une accumulation anormale ou excessive de graisses corporelles qui représente un risque pour la santé. C'est la définition ou il y en a une plus moderne ? C'est la définition.
Elle est vague mais elle est réelle. Et ces nouvelles recommandations de la haute autorité de santé nous disent depuis maintenant 3 ans que cette maladie chronique quelle obésité doit être perçu au travers d'une dimension un peu plus large et elle nous indique, elle nous permet de mieux classifier des patients en fonction du retentissement de la maladie. Ce retentissement, il peut être bien sûr physique.
Les comorbidités comme on dit. Est-ce que les patients ont du diabète, les maladies cardio-vasculaires, un cancer et cetera, mais aussi le retentissement fonctionnel. Est-ce que je suis capable de marcher 100 m, 200 m ?
Est-ce que j'ai un essoufflement ? Est-ce que l'origine de mon obésité est génétique ou pas ? Est-ce que j'ai un trouble du comportement alimentaire ?
Et contrairement à ce que pense souvent le grand public, les troubles du comportement alimentaire, ils sont pas du tout systématiques chez les patients qu'on voit en consultation. Donc cette vision un peu plus large avec différentes dimensions, elle nous permettent de mieux prendre en charge les pati les patients parce qu'on a une vision bien plus complète du retentissement et des causes de cette obésité. Et ça nous permet justement à la fois vis-à-vis des patients mais aussi de leur de leur entourage et du grand public d'avoir une vision un peu moins catégorique, un peu moins binaire de comment vit un patient avec une obésité, quel est le retentissement dans son quotidien et comment on va pouvoir l'aider justement avec quel traitement, quelle approche ?
On raisonne toujours en terme d'un d'indice de masse corporelle. L'IMC ? Oui, l'IMC est toujours pris en compte parce que ça reste quand même un bon indicateur populationnel pour voilà poids sur la taille en en en mètre au carré.
On a parlé de de du surpoids 25 à 30 et au-delà de 30 pour l'obésité. C'est un bon indicateur, il est simple ou simpliste, mais vraiment le message de la haute autorité de santé, c'est de dire on ne résume pas tout à indicateur et un patient ne va pas se résumer à son obésité et notamment tout le langage, toute la termin terminologie qu'on va employer pour caractériser les patients et s'adresser à eux va avoir un rôle extrêmement important. On en reparlera avec Anne Sophie.
Oui, parce que il y a quand même la composition corporelle peut être variable d'un sujet à l'autre. Je veux dire Teddy Riner, il a pas la même composition que d'autres. Oui.
Donc je veux dire la masse grasse, la masse MAC, tout ça, c'est un peu différent. Donc résumé à un chiffre, ça paraît un peu compliqué, non ? C'est c'est exact.
La composition corporelle, donc le pourcentage de masse grasse, pourcentage de masse maigre, mais aussi la répartition du tissu adipeux de cette graisse. Est-ce qu'elle est sur le bassin, sur le ventre ? Tout ça a [raclement de gorge] un impact bien sûr visuel, mais ça n'est pas le sujet, ça a un impact métabolique.
Et sur le retentissement du diabète, par exemple, des maladies cardio-vasculaires ou de de des troubles fonctionnels. On prend un exemple tout bête. Si vous avez beaucoup de graisse accumulée sur la partie basse du corps, sur les cuisses par exemple, votre difficulté à marcher va pas être la même que si elle est sur le ventre.
Mais au-delà de ça, finalement, on se rend bien compte qu'au travers de cette consultation d'obésité qu'on peut avoir, et bien le retentissement au-delà de l'IMC va être très important à analyser et à prendre en compte pour choisir les traitements, l'approche, les types de médicaments et de dire si par exemple c'est une bonne idée ou une mauvaise idée par exemple de débuter un traitement médicamente de l'obésité ou de même de proposer une chirurgie de l'obésité chez un patient qui n'a plus aucune masse musculaire. Et bien ça se discute. Le bénéfice risque, il est pas si évident.
Anne Sophie Jolie, ça fait euh 23 ans que le collectif national des associations d'OBES existe. Vous vous œuvrez depuis un peu plus. Qu'est-ce qui a changé euh ces dernières années notamment dans le regard du du grand public ?
On a arrêté de croire que l'obésité était une question de volonté. Est-ce pour vous c'est révolu ? Non, pas encore.
Pas encore. Alors, c'est vrai que on a commencé à la néandertalien de la prise en charge de l'obésité. C'est vrai que là-dessus les patients avec les sociétés savantes, j'ai envie de dire, ont mis le pied à l'étrier face à des urgence he qu'il fallait absolument gérer. [souffle coupé] Euh le premier fait d'arme a été effectivement d'avoir des recommandations de bonne pratique à la haute autorité de santé.
C'était une urgence capitale. Euh maintenant, on a évolué alors évidemment pas assez vite à mon goût au vu de l'urgence aujourd'hui et celle qui est en train d'arriver, c'est-à-dire l'OMS nous projette là aujourd'hui, on est à 10 millions de personnes qui souffrent que d'obésité en France. L'OMS nous dit qu'en 2030, donc dans 4 ans, c'est plus 100 millions, c'est 20 millions.
À ça, faut rajouter le surpoids. Donc euh on avance mais sur la stigmatisation, sur la grossophobie, euh on reste encore très ancré sur certaines personnes qui partent du principe qu'il suffit d'arrêter de manger, il suffit d'aller courir et puis le problème est réglé parce que ils ne sont pas impactés par cette problématique-là. chance à eux, mais on est dans une inégalité métabolique.
Et euh ça a effectivement des conséquences, professeur Tikov lesit sur sur le métabolique mais aussi sur le psychologique et sur le social euh et sur l'affectif ça va toucher toutes les tranches de votre vie à tous les niveaux. Donc on est sur une 4e cause de mortalité dans le monde évitable. Euh et pour autant j'ai la sensation que finalement l'urgence face à cette problématique qui est quand même 18 pathologies associées Covid en fait la 19e.
On est très très loin du compte de ce qu'il faut faire en fait. Alors en fin de compte, est-ce que la prise en charge par rapport à l'évolution que vous dites de de la perception, est-ce que la prise en charge des médecins et de l'ensemble des professionnels de santé a changé ? C'est-à-dire est-ce qu'en fin de compte, on a vraiment pris conscience que c'était une maladie et est-ce que la démarche diagnostique, la démarche de prise en charge a changé ces dernières années ?
Alors, qu'est-ce qui a changé ? Bon, on est parti du néandertal peut-être. Ce qui a changé, c'est beaucoup de choses.
Premièrement, des plans de santé publique qui se sont enchaînés depuis presque 15 ans maintenant. Il y en a eu un tout récemment, voilà. et plus récemment la feuille de route annoncée par la la ministre de la santé dont on attend bien sûr des annonces très fortes sur plusieurs sujet pour moi la l'accès au traitement et quand je dis l'accès c'est une prise en charge de ces traitements comme vous le savez aujourd'hui qui ne sont pas accessibles avec un une prise en charge sécurité sociale.
Vous parlez des un peu nouveaux médicaments TMO des traitements médicamenteaux de l'obésité. dit pas GLP1. Non, on dit TMO, ça fait plus plus moderne.
Ouais. Euh et puis ça permet de comprendre parce qu'en fait c'est un des sujets qu'on peut qu'on peut aborder, c'est qu'aujourd'hui on est face à à l'arrivé de très très nombreux essais cliniques qui sont prometteurs et qui sont pour nous vraiment encourageants sur le fait de pouvoir diversifier les l'accès à ces médicaments. Mais encore faut-il qu'ils puissent être accessible aux patients et comme vous le savez à l'hôpital on voit surtout des patients qui sont en situation peut-être les les moins les moins favorisés en moyenne.
Et puis deuxièmement, dans cette feuille de route de l'obésité, 2e message, euh pour pouvoir délivrer des programmes de santé publique, on a besoin de médecins spécialisé en endocrino, diabétonutrition et on a un manque cruel de ces médecins. Donc on attend des annonces fortes de la part du ministère de la santé. Donc des plans de santé publiques, des recommandations de la haute autorité de santé qui permettent aux médecins d'être guidé et puis la formation. on doit améliorer la formation à la fois vis-à-vis du du grand public, c'est de l'information et on doit améliorer la formation des médecins, des professions de santé non médicales.
Et puis dernier point, on a publié avec le groupe de coordination des centres obésité fin novembre un document qui permet à la fois d'informer les patients, tout est téléchargeable sur le site obésitéfrance.fr fr et surtout des des recommandations pour aider les médecins non spécialistes à manier ces différents traitements médicamentaux de l'obésité et à bien comprendre un point essentiel. Ces médicaments sont des révolutions thérapeutiques mais ne le sont pas si elles sont exclues d'un parcours de soins.
Les patients en première intention, pas en première intention. Ça c'est clairement indiqué dans les recommandations de du de la RCP du produit comme on dit. Euh c'est des recommandations qui sont valables dans le monde entier, mais par ailleurs, le patient doit être pris en charge dans un parcours de soins qui va impliquer différents intervenants, diéticiens, enseignant en activité physique, médecin spécialistes, cetera.
Et donc c'est au prix de cette prise en charge queon va pouvoir avoir une efficacité sur le long cours puisque ces médicaments, ils sont clairement euh suspensif comme on dit. C'est-à-dire que l'effet qui est induit, il va avoir une certaine limite certes importante, mais une certaine limite malgré tout. On peut pas en attendre des miracles.
Et deuxièmement, comme un antihypertenseur, comme unipémiant, le médicament pour le cholestérol, on les arrête, la tension remonte, le cholestérol remonte. Ça va être exactement la même chose à la fois sur le poids et sur les effets métaboliques. Pourqui ?
Pourquoi ces médicaments qui en fait sont fait pour le diabète au départ et qui fonctionnent bien dans le diabète, pourquoi est-ce qu'ils font perdre du poids ? Quel est le mécanisme en fait ? Alors le mécanisme, il est central.
Qu'est-ce que ça veut dire central ? Ça veut dire que le cerveau va être positivement influencé par ses médicaments dans le comportement alimentaire. Ça induit une satiété précoce, c'est-à-dire que vous vous avez moins envie de manger relativement tôt après le début du repas. vous allez avoir moins envie de grignoter entre les repas.
Et troisièmement, on sait qu'aujourd'hui ça va un peu rerouter comme on dit, un petit peu modifier vos préférences alimentaires. Étonnamment, c'est quelque chose qui n'est pas très bien décrit dans la littérature scientifique mais les quelques publications qui existent nous disent tiens ces médicaments donnent moins envie de manger des aliments gras, moins envie de manger des aliments sucrés et peut-être aussi des effets sur la consommation d'alcool. C'est ce que nous décrivent les patients.
Mais là où je voudrais revenir sur un point pour moi très important, c'est qu'on est face à un modèle de maladie chronique et ça, il faut bien que les auditeurs le comprennent. C'est-à-dire que c'est des médicaments qui vont être pris sur le long cours. Mais par ailleurs, on sait aussi qu'un certain nombre de patients, et je vais aussi euh donner la parole après à ma Anne Sophie Jolie, c'est que les patients nous disent après 1 an, 1 an et demi de traitement, tiens, j'ai cette petite musique qui revient, ce qu'on appelle le food noise, les on va dire les des pensées alimentaires qui chez certains patients peuvent revenir et nous disent "Bon, je sais maintenant ce qu'il faut faire.
J'ai les outils pour le faire parce que je suis aidé par ce médicament, mais si je tente de manger plus, peut-être que je peux y arriver. Et donc, il y a tout ce travail de fond autour de l'accompagnement du comportement alimentaire qui est essentiel avant la prescription de ces médicaments. Vous voulez réagir à Sophie Jolie ?
Euh, maladie chronique et je rajouterai incurable. C'est que on peut soigner, accompagner une personne qui est en situation d'obésité, on se débarrassera jamais de l'obésité. Euh c'est malgré une perte de poids de 20 %, c'est à vie.
Enfin, c'est c'est marqué au plus profond de nous-même dans les cellules et c'est pour ça que c'est hyper important d'une so de soigner ceux qui en ont le plus besoin. Donc là, ça a été très bien dit, on a un besoin d'égalité aux chances de traitement, ça veut dire une prise en charge par l'assurance qui soit remboursé par l'assurance maladie. He aujourd'hui, ça coûte combien ?
C'est environ 300 € par mois. Alors après ça dépend des des molécules, mais les personnes les plus défavorisées sont les plus impactées, donc on est on est carrément sur une inégalité. Euh et là je rappelle effectivement que il y a plein de choses hein pour certaines personnes.
S'il y a pas de médicament, c'est pas une maladie. Et puis d'un autre côté, enfin on n'est pas on n'est pas en train de gérer de l'esthétique, on est en train de gérer de l'année d'espérance de vie et essayer de pas développer de comorbidité ou d'aggraver un état de santé qui existe déjà. Euh chez certains patients euh c'est 10 ans qui peuvent être gagnés euh avec le traitement et puis surtout faire en sorte qu'il ne déclenche pas d'autres pathologies derrière.
Là, il y a un problème de Alors, moi ce qui m'intéresse le plus, c'est l'aspect humain de l'individu. Comment on peut améliorer son état de santé mais aussi sa condition de vie au point de vue sociétal, familial, trouver du travail et cetera. C'est c'est tout ça l'obésité. ce n'est pas que du métabolique, donc l'aspect sociétal.
Et puis de l'autre côté euh se dire que ben c'est un médicament qui va falloir euh de près ou de loin avoir un traitement à vie. Ah, vous savez pour pour rebondir sur ce que tu dis, euh on a on a des patients qui en après avoir perdu du poids nous dis tiens c'est rigolo, des collègues m'adressent la parole. Ouais.
Mais c'est catastrophique. Voyez, c'est des choses qui sont quand même importantes peut-être à dire. Ça vous paraît ou mais ça vous paraît banal mais ou un peu bête mais en fait c'est que le regard de la société extrêmement réexister en fait.
C'est ça c'est que finalement je le veux bien ben c'est pas si évident que ça. C'est que si on rerentre dans les standards de la société qu'elle nous impose avec un carcan excessivement serré et ben en fait on a le droit où on n pas le droit d'exister. Et là, en rerentrant dans des dans finalement dans un cadre de acceptabilité morphologique, et ben oui oui, bah finalement tu as récupéré des amis que tu méconnaissais.
On va te tenir la porte quand tu veux rentrer quelque part et puis on va trouver du travail. Enfin, tout. Alors, il y a un truc, je comprends pas.
Là, vous êtes en train de nous dire, on a des médicaments qui dans les études ont montré que c'était efficace, qui permettent en fin de compte de sauver des personnes, qui permettent aujourd'hui de diminuer les maladies qui peuvent survenir quand on est en situation d'obésité. Et vous nous dites et ben en fin de compte les patients qui sont reconnus comme des malades, ils doivent payer de leur poche. Qu'est-ce qui fait qu'aujourd'hui la sécurité sociale ne prend pas en charge ?
Bah, on n'est juste pas une maladie orpheline. C'est c'est Mais le diabète est pas une maladie orpheline non plus. Ouais, mais on est encore on est plus nombreux.
On est plus nombreux. On est quand même 100 millions aujourd'hui. Donc, vous nous dites aujourd'hui la la sécurité sociale n'aurait pas les moyens d'eux.
Alors, c'est en discussion avec c'est en discussion effectivement Bercy avec les laboratoires et pas que hein. Enfin, ça va ça va même plus haut niveau que Bercy. C'est juste qu'effectivement on est très nombreux.
Donc nous on a on a répondu à des cases. Dans un premier temps, qui devrait être prioritaire sur un remboursement ? qu'on est sur un rapport bénéfice risque des urgences médicales à gérer.
Donc qui devrait en avoir en premier lieu le plus urgence pour pouvoir bénéficier sur une prise en charge assurance maladie. Mais de l'autre côté si on regarde ce qui se passe aujourd'hui et on voit les perspectives de demain, c'est ça c'est aujourd'hui on peut prendre qui, demain on prend qui et après-demain on prend qui ? C'est ça le truc.
D'où l'intérêt et je vais m'arrêter là, d'où l'intérêt de faire du curatif mais aussi essentiellement du préventif. Je voudrais qu'on écoute le témoignage de de Jeanne qui a 38 ans. Elle souffre du syndrome des overpycistiques.
Elle a une mauvaise hygiène de vie qui a entraîné une importante prise de poids ces dernières années jusqu'à atteindre 103 kg l'été dernier et son médecin lui a prescrit du vegovi en en juin. Écoutezla. Je suis passée de 103 kg à 82 kg.
Globalement, moi j'ai pas eu d'effet secondaires. J'ai vaguement eu un peu de constipation au début de la prise du traitement. J'ai fait une visite de contrôle avec le médecin la semaine dernière.
Euh le médecin m'encourage à poursuivre sur ce chemin qui est euh ce traitement qui apporte des résultats assez spectaculaires mais tout en gardant une vigilance très précise sur euh le rééquilibrage alimentaire et euh l'activité physique qui aujourd'hui encore une activité physique adaptée pour pouvoir éviter de perdre du muscle. Maigrir c'est bien mais il faut maintenir le muscle. Plus on a du muscle, plus notre métabolisme fonctionne bien.
Donc il est très positif. Après, il y a des questions qui se posent derrière ce traitement. La durée, c'est à vie.
J'ai mis du temps à l'accepter en fait. Et l'autre sujet, c'est la question du coût. Ça passe quasiment du simple au double.
Donc en fait, il faut pouvoir repérer les pharmacies qui vendent le traitement au prix le plus bas. Donc il y a des forums notamment sur Facebook où les patients s'échangent les bons plans. Donc on voit bien quand même que Jeanne le le précise.
Il y a un certain nombre d'éléments qui sont des éléments de choix qui sont des éléments de changement de vie car ça c'est quand même la la motivation et d'effets indésirables. Effet indésirable il y en a beaucoup. Le choix de telle ou telle molécule va se faire sur plusieurs niveaux.
Premièrement, l'efficacité [raclement de gorge] en terme de poids, mais deuxièmement l'efficacité démontrée dans les essais cliniques sur les maladies associées. Est-ce que vous avez une stéatose du foie, de l'apné sommeil, un antécédent cardio-vasculaire ? Et c'est ce [raclement de gorge] choix-là qui va déterminer la molécule.
Ensuite, l'évaluation initiale, c'est le statut nutritionnel, la force musculaire, l'état psychologique, des addictions éventuelles. Et puis c'est c'est c'est inhabituel pour nous en France la capacité du pays du patient à accéder à ces traitements. Alors, on espère, on l'a déjà dit plusieurs fois, que que il va y avoir des changements, mais ça fait partie des vraiment des points essentiels.
Et puis, on a eu des annonces, une annonce ministérielle récente sur les PCR, les programmes coordonnées renforcés. Donc, ils sont ces dispositifs pris en charge par l'assurance maladie qui vont se déployer en 2026 27 j'espère qui vont être des structures de prise en charge des patients au long cours diététique, activité physique, psychologique. C'est des choses qu'on qu'on attendait depuis des années.
C'est assez révolutionnaire. On espère que la mise en œuvre euh va être accessible aux différents aux différents patients et aux différents soignants euh et au ministère bien sûr, mais c'est quelque chose d'essentiel parce que les patients qui sont opérés d'une chirurgie de l'obésité ou qui ont accès à un traitement médicamente de l'obésité doivent pouvoir accéder à une prise en charge pluridisciplinaire au long cours prise en charge par le l'assurance maladie, on est on est très en retard sur la prévention primaire ou secondaire. on est dans le secondaire ou dans le terrière dans le le sujet qu'on évoque aujourd'hui.
Et les patients, on peut pas leur demander d'accéder à ces consultations répétées de diététique qui coûte relativement cher mais qui sont indispensables pour les patients. On sait que même avec la chirurgie de l'obésité, il y a à peu près un patient un patient sur trois qui sur le long cours va être en échec de cette chirurgie parce qu'il n'a pas accès à ce parcours de prise en charge. Donc pour nous, c'est vraiment une lutte très importante sur les effets secondaires.
C'était très léger chez Jeanne mais pourtant on en prend d'autres son cloches parfois. Alors bien sûr bénéfice risque toujours. Donc effet secondaire digestif important nausé constipation diarrée reflux.
Ça c'est vraiment fréquent et bénin la plupart du temps. Le risque de calcul dans la vésicule c'est un risque qui existe parce qu'on perd du poids beaucoup et très vite. Et c'est vraiment les deux principaux sujets sur lesquels on a de la vigilance.
Après, il y a des zones d'ombre qu'on connaît un petit peu moins bien, l'effet sur l'os, l'effet sur le muscle, sur la réapparition des troubles alimentaires. On connaît mal tout ça. Et bien entendu, on a besoin de de beaucoup d'études en population pour réussir à à capter ces signaux qu'on connaît mal au long cours.
Donc juste pour terminer, euh bien entendu, c'est pas du tout des médicaments de l'esthétique, c'est pas des médicaments de l'apparence, c'est des médicaments, par définition qui doivent être réservés à des patients qui ont une maladie chronique qu'on appelle l'obésité. Pour terminer, ça vous met en colère Anne Sophie Jolie quand on voit les les influenceurs sur les réseaux sociaux qui prennent ces médicaments à des buts purement esthétiques. Alors le le CNAO a la chance de faire partie de la charte alimentaire de l'ARCOM depuis sa création, donc depuis 2010.
Lumique qui gère effectivement les influenceurs et signataires de la charte alimentaire. Et effectivement, c'est un point de vigilance sur lequel on a discuté plusieurs fois avec eux sur attention au cadrage, des influences sur des produits. Oui, mais mais quand il s'agit de santé, c'est un travail qui doit être fait par des médecins, pas par des influenceurs.
Là, je dis à la population qui est en train d'écouter le podcast, il s'agit de votre santé. Vous n'en avez qu'une et vous n'avez qu'une vie. Donc partons de ce principe-là, l'impératif c'est vous et rien d'autre.
J'aurais quand même vous une petite question. On a aujourd'hui par rapport à cette maladie chronique beaucoup d'armes disponibles. Est-ce que vous diriez que en rêvant dans 10 ans, 15 ans, 20 ans, 30 ans, l'obésité sera vaincue ? [grognement] Alors on se revoit d'ici là.
Avec plaisir, hein, on se prend un café, on en reparle. [souffle coupé] Euh alors moi ce que je vois c'est qu'effectivement si on veut être efficace sur la prise en charge de l'obésité, c'est pluridisciplinaire à 360° sur des décennies. Des décennies.
C'est-à-dire que là, il faut parler alors on a parlé alimentation mais alimentation ultra transformée. Il y a des cadrages à faire. Est-ce qu'on a besoin de tous les perturbateurs endocriniens ou le du sel ou du sucre qui qui sont rajoutés à plein de niveaux ?
Enfin voilà, moi enfin je pose une question très naïve, mais est-ce qu'on en a vraiment besoin ? Est-ce que c'est un un intérêt purement marketing de vente ou est-ce que c'est un intérêt de conservation ? Là, il y a absolument pas de transparence sur la population générale et ça c'est un travail qui doit être fait au niveau national, européen et international.
Et de l'autre côté, ben l'obésité ce n'est pas que manger que de l'activité physique. C'est des polluants. C'est là les perturbateurs endocriniens.
C'est la société qui est très obés de plus en plus dans le dans les dans les rues ou dans les villes où on arrive. J'entends des fast food qui me disent "Nous, de toute façon, on aura un restaurant entre guillemets à moins de 10 minutes de chaque français. Euh est-ce que dans les fast food, on est sur une priorité de cinq fruits et légumes ?
Par contre, il faut être en capacité de se faire plaisir. Maintenant, c'est là, il doit y avoir de la connaissance et de la transmission d'information à la popul population générale à tous les niveaux de tous les âges, de ce que l'on peut faire, ce que l'on peut faire moins et sur quelle fréquence et à quelle dose parce qu'il y a ça aussi, [rires] c'est quelle dose pour quel produit, à quelle fréquence, sur quelle année, à quel niveau et sur toute la vie en fait. Donc euh j'aimerais être aussi optimiste, mais là il va falloir une volonté politique très puissante et je le redit, ça doit se passer au niveau du président de la République.
Il a fait les États généraux sur les 6 premiers mois son premier mandat. Moi, je suis complètement preneuse pour qu'on se prenne un café à l'Élysée et qu'on parle effectivement des 6 derniers mois de sa mandature avec la fin des États généraux avec un plan interministériel sur 10 ans sur l'obésité. Merci beaucoup Sébastien Ternikov.
On rappelle que vous êtes chef du service de nutrition à l'hôpital européen George Pompido et merci à Anne Sophie Jolie, présidente du collectif national des association d'Obè. Et puis nous on se retrouve la semaine prochaine et d'ici là prenez soin de vous.
Alain Pompidou