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interviewC à vous· 13 novembre 2024 16 min

« L’Amour ouf » : film phénomène chez les jeunes - C à Vous

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Ce sont des oeuvres d'art. - A.-E.Lemoine: G.Lellouche est notre invité avec ses producteurs associés depuis le début à toutes ses aventures.

Une famille de cinéma dont fait partie E.Bouchez, qui a été 3 fois la partenaire de Gilles au cinéma. Elle incarne dans "L'Amour ouf" la mère aimante de Clotaire.

Les cheveux blonds...

Bonsoir. Salut, Hugo! Salut, Alain.

Une tournée de bisous pour célébrer le succès de "L'Amour ouf". On n'oublie pas, Gilles, que vous étiez aussi peroxydé que stressé sur notre plateau à quelques jours de la sortie. Un peu moins stressé, là. - A.Attal: C'est la 1re fois qu'on passe à la télé, quand même. - A.-E.Lemoine: Il ne fallait pas que le film marche! 4 millions d'entrées.

En route vers les 5 d'ici la fin du mois? - H.Selignac: On espère, avant Noël. - G.Lellouche: Moi, je ne dis rien.

Je dis que, tous les jours, c'est un régal, un bonheur. C'est assez magique. Je reçois des messages, des témoignages de gens, d'adolescents, comme vous l'avez montré, mais aussi des gens de notre génération, enfin, la mienne.

C'était un compliment que je lui faisais. - A.-E.Lemoine: Je suis plus vieille que vous. - G.Lellouche: C'est beau, magique... - A.-E.Lemoine: Vous n'avez pas 457 mots pour dire merci.

F.Civil cherche les 457 mots. - G.Lellouche: On les a écrits sur une feuille de papier, mais je les sortirai plus tard. - A.-E.Lemoine: Avec une passion du jeune public pour Jacky et Clotaire.

Les 14-25, qui représentent d'habitude 1 spectateur sur 10 au cinéma, sont venus en masse. Depuis, dans les cours de récré, les jeunes se demandent "tu as trouvé ton Clotaire ou tu te contentes d'un Jeffrey?" C'est le personnage avec lequel Jacky se console, faute de mieux, joué par V.Lacoste. - C'est l'amour ouf entre nous. - Je ne sais pas.

Tu m'aimes vraiment? Ils sont où, les 457 mots? Minimum tu m'aimes comme Clotaire aime Jacky, sinon rien. - A.-E.Lemoine: Elodie, vous avez 2 enfants qui ont l'âge de cette génération emballée par le film.

Sur eux aussi, la fascination de cette histoire d'amour des années 80 a fonctionné? - E.Bouchez: Complètement.

Ce que j'ai aimé...

Mon fils de 16 ans me dit aussi qu'il y a un truc incroyable pour eux qui se passe. C'est une vie et une époque sans réseaux, sans téléphone. On s'appelle dans les cabines téléphoniques.

On s'offre des disques. On colle des chewing-gums contre le mur. Pour eux, ça représente un truc hyper tangible et assez inédit. - A.-E.Lemoine: C'est concret, tout d'un coup.

C'était un monde où tout n'était pas virtuel. Alain et Hugo, certains décrivent le film comme le futur classique, "La Boum" de la génération 2000. C'est un film fait par un quinquagénaire.

Vous sentiez que ça allait à ce point captiver... - H.Selignac: On a compris avec les 1res projos qu'on a vues que les adultes aimaient le film, mais les 1ers spectateurs qui sont sortis avec les yeux rouges et qui avaient le sentiment d'avoir vécu leur 1re grande histoire d'amour à travers le film...

On a compris que c'était les jeunes. - A.-E.Lemoine: Ca fait mieux que les superproductions américaines, mieux que "La Planète des singes", sans doute mieux que "Deadpool et Wolverine", voire mieux que le 2e épisode de "Dune". - A.Attal: Tout à l'heure, j'évoquais un film qui s'appelle "28 jours plus tard". 28 jours plus tard, on regarde tous les jours notre box-office et on voit qu'on est à chaque fois surpris par cette tenue, par le film qui vit sa vie...

Les notes...

C'est un bonheur totalement inattendu. On ne croyait jamais qu'on puisse s'attendre à un succès. Jamais on ne s'attend à un succès!

On aimerait que ça plaise, on aimerait que ça touche. Nous, on a l'impression d'atteindre un truc, en plus avec cette 3e collaboration avec Gilles, mais jamais on ne sait. - A.-E.Lemoine: La 1re, c'était "Narco", mais que vous aviez coréalisé.

C'est une question de moyens, d'ambition...

On a souvent parlé du budget de "L'Amour ouf". Là, c'était 32 millions bien investis. Ca aurait pu être plus cher? - A.Attal: On fait avec ce qu'on a.

Ce film avait une exigence. On a annoncé, avec Hugo, ce qu'on désirait pour le film. Il y a eu un tel enthousiasme sur le script, sur le projet...

Il y a une alchimie. Il y a quelque chose de magique qui s'est passé autour de cette aventure qui démarrait. Il y a eu des partenaires très enthousiastes. - A.-E.Lemoine: Ca aurait pu être plus cher, parce que Gilles a notamment dû renoncer à un titre qui coûtait 750 000 euros rien que pour l'écouter.

Nous, on a le droit de l'écouter! On l'écoute! ...

C'est le seul titre qu'on n'entend pas dans la bande originale du film. Mais elle cartonne, cette BO. - P.Lescure: Vous avez quand même sorti vachement de blé, les producteurs, pour les autres demandes de Gilles, qui sont d'ailleurs extraordinaires.

En ce moment, quel est le groupe qui marche le mieux? The Cure. Vous avez rebalancé The Cure dans la tête des jeunes et des moins jeunes avec "A Forest".

On a la version de Prince de "Nothing compares 2 U", une chanson de Billy Idol. ...

C'est joli! Le choix de ces chansons...

Je me tourne vers Alain et Hugo. Elles étaient déjà comme des actrices et des acteurs dans le scénario... - H.Selignac: Oui, depuis le début.

C'est un projet qui a mis du temps. A chaque moment où le projet revenait vers Gilles, il venait dans le bureau et nous faisait lire les scènes. Depuis le départ, la musique accompagne le projet. - G.Lellouche: Très bien répondu! - H.Selignac: Merci. - A.-E.Lemoine: Pour une 1re télé, c'est bien! - H.Selignac: C'est une fierté de plaire aux jeunes.

Je ne suis pas le producteur le plus cinéphile ou le plus cultivé, mais j'ai un souvenir de moi à 11 ans qui découvre "La Haine". C'était un classique, un chef-d'oeuvre, mais d'un seul coup, je me sentais connecté, moi, enfant privilégié, avec un monde que je ne connaissais pas. Quand tu écoutes les jeunes sur les réseaux sociaux, il y a une connexion à leurs parents.

On a une génération qui a une vie différente, mais il y a une connexion avec ce que leurs parents ont vécu. - A.-E.Lemoine: Ils voient leurs parents jeunes à l'écran.

Vous recevez ce genre de messages, Gilles. - A.Attal: Ce sont des vecteurs.

Ils voient leurs parents voir le film. Il y a des militants, qui sont les jeunes qui découvrent le film, qui viennent influencer, qui viennent parler à leurs parents en disant: "Ca me fait penser à ce que vous me racontiez dans votre rencontre, quand vous nous parliez de comment vous êtes tombés amoureux." C'est très étonnant, la manière dont ce film se diffuse. - M.Bouhafsi: Il y a aussi quelque chose d'exceptionnel dans ce film: le casting.

C'est le feu d'artifice...

M.Wanecque et M.Frikah crèvent l'écran.

Ils sont tous les 2 présélectionnés pour la révélation des César. Il y a aussi A.Exarchopoulos, F.Civil, B.Poelvoorde, V.Lacoste, R.Quenard et vous, E.Bouchez.

Vous êtes aimante jusqu'au bout, même quand son fils s'enfonce dans la délinquance. Une des scènes les plus tendres et les plus puissantes de tout le film, c'est sans doute celle-ci. - Je vous assure, madame, vraiment... - Vous n'avez pas beaucoup changé.

Et ça me fait plaisir de vous voir en vrai. Après tout ce temps...

Il me tuerait s'il savait que je vous disais ça, mais quand il était petit, il dormait à côté de vous. Vous savez, mon fils, c'est un bon garçon. Il n'a jamais fait toutes ces choses. - Je ne sais pas si je vais avoir le courage de l'appeler.

Il va bien? - Je ne sais pas... - M.Bouhafsi: Cette scène, vous l'avez faite en une seule prise.

Tout le monde était en larmes à la fin. A Cannes, les gens la voyaient et pleuraient. Je l'ai vu en famille.

Mes nièces et mes neveux pleuraient aussi. Moi aussi. Où êtes-vous allée chercher cette émotion? - E.Bouchez: La 1re chose que j'ai envie de dire, c'est que dans l'écriture, sincèrement...

Quand on a du bon matériel, tout devient assez facile. Je ne sais pas...

C'est vrai qu'on n'a fait qu'une prise. Je t'ai fait confiance. Il m'a dit "on l'a".

Je lui ai demandé s'il était sûr. Il m'a dit oui. C'est tout ça, le regard, comment tu es accompagné, comment tu es porté...

Comment tu rêves un personnage que tu lis...

Cette scène, je crois que je l'avais rêvée comme ça. - M.Bouhafsi: On voit vos mâchoires bouger un peu, Gilles, comme si vous vous reteniez.

Il y a encore de l'émotion, aujourd'hui? - G.Lellouche: Oui.

Quand vous écrivez des dialogues, c'est une musique qui vous regarde, qui vous concerne, qui est interne. La musique d'Elodie, c'est une autre musique, c'est un supplément d'âme. On ne peut pas s'attendre à ce que, dès la 1re prise, le supplément d'âme soit aussi bouleversant.

A partir du moment où c'est là...

Je suis forcément un peu ému, car ce sont mes mots. Quand je constate ce qu'Elodie fait divinement bien...

J'ai besoin de regarder les autres pour que ce soit validé dans mon choix. Je vois que tout le monde est en larmes et que, à l'évidence, la scène est là, bonne, magnifiquement bonne, transcendée, qu'il n'y a pas besoin d'en faire une 2e. - A.-E.Lemoine: Ca arrive souvent, de ne faire qu'une prise? - G.Lellouche: Non.

C'est assez rare. Beaucoup de réalisateurs vous demandent aussi de refaire sans savoir pourquoi. En fait, ça ne sert à rien.

Quand elle est bonne, elle est bonne. Il y a une magie qui est là...

Elodie étant une immense actrice, elle aurait pu le faire 10 fois de suite, mais pour quoi faire... - A.-E.Lemoine: Vous avez déjà tourné 3 films ensemble, avec Gilles comédien.

Il y a 2 films de J.Herry produits par A.Attal et H.Selignac.

Il n'y a pas un film avec Gilles devant ou derrière la caméra sans vous, Alain. Hugo, vous étiez stagiaire, à l'époque. - H.Selignac: En lisant un article d'Alain qui annonçait le prochain film de Gilles, "Narco", qui annonçait que B.Poelvoorde était dans le film...

J'étais un immense fan de B.Poelvoorde. Je ne connaissais pas Gilles. - G.Lellouche: J'avais fait la pub Banco, moi. - A.-E.Lemoine: On la regardera tout à l'heure.

C'est vous qui avez encouragé Gilles à faire "Le Grand Bain"? - H.Selignac: Non, c'est lui qui avait l'idée de parler d'hommes de 50 ans dépressifs...

On cherchait tous ensemble l'arène et on ne la trouvait pas. On avait vu un documentaire sur des hommes de 50 ans qui font de la natation synchronisée. Je l'ai montré à Gilles.

La natation synchronisée, c'est l'arène. - A.Attal: C'était l'envie de parler de la dépression et de cet âge qui est parfois compliqué à porter, la cinquantaine.

Il y avait une arène juste avant, qui était différente. Il y avait un projet qu'on a mené assez loin. C'était un casting de vieux, ou de cinquantenaires...

On est partis là-dessus quand on a rencontré ce formidable sujet de ce formidable doc. - E.Tran Nguyen: Hugo, vous êtes aussi producteur des films de C.Jimenez.

Il y a en ce moment le biopic de J.Hallyday, dont la sortie est prévue pour les 10 ans de sa mort en décembre 2027 avec, dans le rôle de l'idole des jeunes, R.Quenard. - A.-E.Lemoine: Un choix validé par L.Hallyday, qui a voulu vous rencontrer.

L'occasion de raconter que vous aviez la même stature que Johnny, à 5 cm près. Vous vouliez tellement ce rôle que vous lui avez proposé de vous scier les tibias. - R.Quenard: Pour faire l'affaire et rentrer dans le costume.

Johnny, pour moi, c'est le paroxysme de la pureté artistique et d'une relation sans filtre entre un artiste et son public. Ce qu'il incarne, c'est titanesque. - A.-E.Lemoine: Vous allez l'incarner à tous les âges de sa vie? - R.Quenard: Oui, de 0 à 74 ans.

A 0, je ne vais pas me scier que les tibias! - E.Tran Nguyen: Ce jour-là, ça venait d'être rendu public.

R.Quenard nous a aussi confié qu'il allait devoir se plier à une transformation intense. Il va travailler avec un coach vocal.

Il va chanter? - H.Selignac: Oui. - A.-E.Lemoine: Il y a un mois d'octobre exceptionnel pour le cinéma français.

On s'en réjouit, autant que pour le succès de "L'Amour ouf". - H.Selignac: Il y a aussi le succès de "Un p'tit truc en plus", "Le Comte de Monte-Cristo"...

Le cinéma français va bien. Il y a aussi des films qui ne marchent pas, comme le film de C.Eastwood.

Le public français est exigeant. - A.-E.Lemoine: "Le Royaume" sort aujourd'hui.

On a beaucoup aimé. C'est produit par...

H.Selignac! - H.Selignac: C'est vrai.