ÉMISSION SPÉCIALE 5 DÉCEMBRE : LE PEUPLE FACE À MACRON
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 15 %Attaque 60 %Défensif 25 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 92 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 7:54OuverteRéponse directe
Est-ce qu'il est pertinent de comparer ce qui se passe aujourd'hui avec celui de 1995 ?
- 12:10OuverteRéponse directe
Les Français sont-ils attachés au système de retraite par répartition ?
- 16:50OuverteRéponse directe
Quelles sont les preuves qu'il y a lieu de s'inquiéter de cette réforme des retraites ?
- 25:36OuverteRéponse directe
Pourquoi les étudiants s'engagent-ils dans ce mouvement alors que leur retraite est lointaine ?
- 29:31OuverteRéponse directe
Cette manière d'envisager les choses de manière systémique est-elle le principal frein à la stratégie du gouvernement ?
- 34:45OuverteRéponse directe
Vous étiez en manif aujourd'hui. Est-ce que vous pouvez nous raconter ce qui s'est passé ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 4:00InvitéFait
« On a marre de Macron qui nous prend pour des cons et qui nous fait passer pour des privilégiés, monsieur. »
- 4:25InvitéFait
« Je ne veux pas d'une retraite à points qui va faire encore plus baisser. »
- 20:26InvitéFait
« Pour les fonctionnaires, on leur dit, ça sera 75% de votre dernier salaire indiciaire, c'est une garantie. »
- 21:04InvitéChiffre
« Pour beaucoup de gens, notamment les régimes spéciaux, les enseignants, ils voient tout de suite que ça fait une perte de 20 à 30% de leur retraite. »
- 22:04InvitéFait
« La réforme est scandaleuse, on va baisser nos retraites, on ne va plus avoir aucune garantie. »
- 22:19InvitéFait
« Les cheminots, les conducteurs de trains de la RATP, c'est des privilégiés dont il faut absolument réduire les privilèges pour économiser des milliards et des milliards. »
- 34:05InvitéFait
« Toutes les charges de police, elles ne servent à rien. »
- 35:40InvitéFait
« On voyait les nuages de gaz lacrymo. »
- 35:45InvitéFait
« Les détonations des grenades des encerclantes qu'on connaît malheureusement par cœur maintenant. »
- 36:31InvitéFait
« Il subissait en fait une nasse puis une attaque policière. »
- 38:40InvitéFait
« L'objectif de la police maintenant n'est plus de laisser les gens manifester, c'est tout à fait clair. »
- 39:30InvitéFait
« La nomination de M. Lallemand, c'est tout à fait ça. On prend quelqu'un dont c'est tout à fait l'objectif qui est de briser les manifestants. »
- 40:29InvitéFait
« On peut observer depuis minimum la loi travail. »
- 40:52InvitéFait
« Il y a déjà eu au moins une morte du fait de l'usage des armes de la police en France. »
- 41:20InvitéFait
« Tolbiac a été fermée mardi dans la journée. »
- 42:06InvitéFait
« La présidence a annoncé hier une fermeture de la faculté jusqu'à samedi. »
- 42:21InvitéFait
« Il n'est pas mentionné le fait que c'est une demande qui a émané de l'AG des personnels. »
- 42:42InvitéFait
« Il y a de plus en plus de personnels qui sont précaires et vacataires à l'université dans l'enseignement supérieur en France. »
- 50:50InvitéFait
« La retraite par répartition, c'est un plus, parce que ça ne dépend pas des marchés financiers. »
- 55:54InvitéChiffre
« Il y a 80% des précaires sont des femmes. »
- 1:02:51InvitéFait
« donc il y a des grèves féministes qui s'organisent »
- 1:02:55InvitéFait
« ça a commencé en Argentine »
- 1:02:58InvitéFait
« ça a été repris en Espagne en 2017 »
- 1:03:03InvitéFait
« le 14 juin en Suisse où il y a eu une énorme grève féministe »
- 1:03:23InvitéFait
« la question du travail domestique elle est présente, la question de revendiquer un autre partage du travail domestique et du coup une socialisation des tâches domestiques c'est ça l'enjeu »
- 1:04:51InvitéFait
« il y a une urgence et il y a une urgence et il y a un besoin »
- 1:06:58InvitéFait
« les luttes locales sur ces questions-là elles sont primordiales »
- 1:07:47InvitéFait
« dans notre syndicat ça fait partie de nos luttes donc on a des mots d'ordre c'est l'anticapitalisme c'est l'antisexisme c'est l'antiracisme l'écologie »
- 1:08:11InvitéFait
« nous on a eu des cas d'agression sexiste qui n'ont pas été du tout traités par la présidence et qui amènent à des arrêts d'études pour des jeunes femmes »
- 1:12:55InvitéFait
« la tactique policière c'est quelque chose qui m'a beaucoup étonné »
- 1:13:42InvitéFait
« la police intervenait à intervalles réguliers en essayant de couper la manif en plusieurs morceaux »
- 1:15:37InvitéFait
« tous les mouvements sociaux ont une partie plus amoutière et une partie plus institutionnelle revendicative politique »
- 1:18:39InvitéFait
« j'ai fait l'expérience plusieurs fois avec cette police franchement j'ai beaucoup moins peur à Hong Kong qu'aujourd'hui dans l'Eau de Paris »
- 1:20:44InvitéFait
« notre camarade s'est immolé le 8 novembre »
- 1:21:50InvitéFait
« on a eu le directeur de cabinet au téléphone samedi à 18h à plus de 24h de l'événement qui est venu nous partager sa peine »
- 1:23:20InvitéFait
« je suis en colère je suis hyper en colère »
- 1:23:40InvitéFait
« il y a moins de morts au travail s'il y a moins de suicidés du fait de leurs conditions de travail »
- 1:25:31InvitéFait
« on sabote la protection sociale et de l'autre on sabote ce qui fait partie également de notre modèle social qui est la capacité des gens à venir manifester calmement »
- 1:26:21InvitéFait
« vous allez saboter la manif parce que vous allez bloquer les gens place de la République »
- 1:27:54InvitéFait
« quand il y a une nasse à République c'est évident enfin moi je comprends la colère le fait même de voir une nasse être complètement bloquée »
- 1:29:18InvitéFait
« dès qu'on arrivait c'était des fouilles pour tout le monde »
- 1:30:30InvitéFait
« la réforme des retraites telle qu'elle est elle est inacceptable pour un certain nombre de professions »
- 1:30:49InvitéChiffre
« on dit ça va baisser votre retraite de 25 ou 30% »
- 1:30:49InvitéChiffre
« une mesure dont on dit ça va baisser votre retraite de 25 ou 30% »
- 1:33:34InvitéFait
« je préfère perdre 800 euros maintenant que perdre 800 euros tous les mois pendant je sais pas combien d'années »
- 1:43:28InvitéChiffre
« près de 40% des aides-soignants qui quittent le travail dans un état de santé dégradé »
- 1:43:54InvitéChiffre
« obtenir des salaires une augmentation de 300 euros nette pour chacun entre nous »
- 1:48:09InvitéFait
« cette réforme est profondément injuste inégalitaire et elle va créer beaucoup de misère à terme pour nos anciens »
- 1:48:47InvitéFait
« il y a une réforme qui réunit tout le monde en France c'est le système actuel de retraite qui doit effectivement être sans doute amélioré »
- 1:49:31InvitéFait
« la France est un pays riche il y a beaucoup d'argent dans ce pays il suffit d'utiliser autrement »
- 2:07:15InvitéFait
« ils me l'ont pris »
- 2:07:32InvitéFait
« mais ils m'ont pris le masque à gaz que j'avais »
- 2:11:13InvitéChiffre
« même la police reconnaît qu'il y avait plus de 200 000 manifestants à Paris »
- 2:11:26InvitéChiffre
« on peut estimer sans du tout gonfler les chiffres qu'il y avait un million de manifestants en France »
- 2:26:31InvitéChiffre
« 70% des français sont inquiets »
- 2:26:44InvitéFait
« la retraite à point, à chaque budget tous les ans, on peut fixer le taux du point indifféremment »
- 2:29:43InvitéChiffre
« les régimes dérogatoires ne concernent que 6% de la population »
- 2:30:45InvitéChiffre
« que 1000 euros de retraite seraient assurés »
- 2:31:06InvitéFait
« vous avez travaillé jusqu'à 61 ans et vous aurez 1000 euros »
Temps de parole
- Invité22 %
- Présentateur19 %
- Invité 216 %
- Invité 314 %
- Invité 413 %
- ?7 %
- Invité 55 %
- Invité 63 %
≈ 35 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
de ses sociaux et par les dons de ceux qui l'aiment. Nous sommes en direct de Montreuil et nous sommes le 5 décembre 2019. 5 décembre 2019, cette date entrera peut-être dans l'histoire des mouvements sociaux en France. Imagine déjà
qu
'elle figurera dans les manuels de nos petits-enfants comme la journée du grand réveil de classe populaire à qui on avait trop longtemps enlevé le pain de la bouche au nom de concepts comme la modernité, l'adaptation à la mondialisation, la flexibilité et même, ces derniers temps, l'équité et l'universalité. Un grand réveil né de la nébuleuse réforme des retraites préparée par l'exécutif Macron
et
dont une certaine idée nous est donnée par le rapport de Jean-Paul Delevoye. Mais bon,
ce
n'est pas encore gagné et pour l'instant,
nous
sommes ensemble pour plusieurs heures de direct
que
j'animerai alternativement avec Denis Robert, notre directeur de la rédaction. Nous aurons des reportages de terrain, des moments de vie, des inattendus. Des inattendus parce que quand même, en ce moment, nous lançons l'antenne, mais Paris est dans une sorte de chaos. Donc l'actualité de la rue entrera dans ce studio. Il y aura du désordre, il y aura des imprévus. Il y aura aussi plusieurs invités dont certains se trouvent sur ce plateau ici avec moi. Alors parmi ces invités,
il
y a Sophie Laploi. Elle n'est pas tout à fait sur le plateau. Elle est encore au maquillage, elle est étudiante en Master 2 de sciences politiques et membre du syndicat solidaire étudiant qui est en première ligne dans le mouvement social en cours. Elle arrivera, Fanny Gallo, qui est déjà sur le plateau. Vous êtes historienne, maîtresse de conférences à l'Université de Paris Est-Créteil, spécialisée notamment dans l'histoire du mouvement ouvrier français vu du côté des femmes. C'est ça
? – Tout
à fait. – Bonsoir.
–
Bonsoir.
–
Et on est content que vous soyez arrivés malgré l'absence de transport en commun. Vous avez pris votre vélo, c'est ça ? –
Non, je suis venue à pied.
– Ah ben, donc c'est toujours le
moyen de
locomotion le plus sûr.
–
Voilà, tout à fait.
–
Henri Sterlignac, vous êtes économiste à l'Observatoire français des conjonctures économiques, membre des économistes atterrés, chroniqueur aux médias. Votre dernière chronique d'ailleurs a été intitulée « Retraite, un déficit imaginaire pour justifier la réforme
». On
en parlera plus en profondeur avec vous ce soir. D'ailleurs, il est possible d'envoyer d'ores et déjà vos questions pour ce que vous ne comprenez pas ou ce que vous avez envie d'approfondir sur la question des retraites. Il y aura aussi Bernard Friot qui n'est pas encore là, qui est en train d'essayer d'arriver jusqu'au studio. On espère qu'il arrivera, mais s'il n'arrive pas, en tout cas,
il
aura été prévu. Il est économiste et sociologue, professeur émérite à l'Université de Paris-Dix-Nanterre, fondateur du réseau Salaria. Le réseau Salaria, c'est une association d'éducation populaire. Il est l'avocat
du
salaire à vie pour aller un peu vite et il nous expliquera, s'il finit par arriver, la bataille de la réforme des retraites, que cette bataille est un peu la mère des batailles parce que c'est un peu, disons, le système qu'on veut faire disparaître, c'est un peu le système qu'il voudrait généraliser. Alors que nous lançons ce direct, tu disais, donc, les manifs ne sont pas finis et c'est à Paris, c'est le bordel, c
'est
un peu le chaos. Et bien entendu, les polémiques sur la méthode de
l
'Allemand, du nom de notre bien-aimé préfète police, et pourtant, les choses avaient bien commencé, dans la bonne humeur et la combativité, comme peut en témoigner un reportage d'Hirving Magier et Philippe Hortona. Je ne
sais
pas s'il est déjà disponible. S'il n'est pas disponible, on l'aura plus tard, mais c'est disponible. Magnéto.
Après, bon, je pense qu'il y a un flux de milieu à garder.
Donc
c'est très bien qu'on est archi sur... Aujourd'hui, on fait grève contre la réforme des retraites, voilà, pour défendre les retraites solinaires, parce qu'en vrai, il n
'y a
pas de problème de financement des retraites. Il y a juste des rapaces, divers et variés, des assurances, des fonds de pension, des boursiers, qui veulent récupérer le pacte de la sécurité sociale. Et bien, nous, on veut défendre notre sécu,
qu
'elle reste aux mains des salariés et qu'elle échappe
à
tous ces voraces qu'elle éteintes, voilà. On a marre de Macron qui nous prend pour des cons et qui nous fait passer pour des privilégiés, monsieur. Moi, je suis un simple agent cheminot, je suis agent commercial sur la Yardse. Vraiment, on travaille en 3-8, on nous fait passer pour des privilégiés, alors prenez tout sauf des privilégiés.
Alors,
moi, je m'appelle Valérie, je suis infirmière depuis 30 ans et je vais gagner, après 42 ans de bons et loyaux services, je vais gagner une misère. Et je ne veux pas d'une retraite à points qui va faire encore plus baisser. On n'est pas des privilégiés. Moi, par exemple, même si on calcule ma retraite sur les six derniers mois, est-ce qu'on regarde la pénibilité de mon métier ? Je suis infirmière, je peux attraper toutes les maladies de la création, je soulève des gens, j'ai droit à l'agressivité, j
'ai la
mort en face tous les jours, j'ai une certaine pénibilité qui n'a jamais été prise en compte. C'est pour ça que je suis en grève. Déjà que les salaires, notamment des jeunes professeurs, lorsqu'ils commencent, sont vraiment en dessous de ce qu'il y avait. On a perdu beaucoup en pouvoir d'achat. En plus, on a des conditions de travail de plus en plus difficiles avec cette réforme. Moi, par exemple, l'année dernière, j'avais des classes de première où on pouvait avoir 25 élèves par classe. Maintenant, on en a jusqu'à 32. Ce n
'est
pas une mesure d'égalité du tout. Ce qu'il y avait avant, le fait que des gens, des fonctionnaires qui font fonctionner la nation, la société, on avait justement une paie au
niveau
d'études et par rapport à nos compétences,
toute
notre vie. C'est une mesure d'équité, pas une mesure d'inégalité, une mesure d'équité. Et là, ce qu
'ils
sont en train de faire, c'est vraiment une mesure
d'inégalité.
Des gens qui chantent, des gens qui dansent, des gens qui revendiquent surtout.
Retour sur le plateau, c'était un reportage, je le rappelle, de Filippo Ortona et de Irving Maggi.
Et
je voudrais lancer un appel à témoins parce qu'effectivement, aujourd'hui, il s'est passé quelque chose à pari. Et il y a eu, comme souvent dans les manifestations, une énorme menace, une manifestation qui n'a jamais commencé, des violences qui s'en sont suivies. Et on ne sait pas comment ça va se terminer. Jusqu'à présent, c'est le désordre dans les rues de Paris. Tous ceux qui étaient dans cette nasse et qui peuvent venir jusqu'au studio du Média au 94 rue des Sorins, qui ont vu des choses, qui veulent témoigner, qui veulent parler, et bien, c'est le plateau libre. Vous pouvez venir, vous venez comme vous pouvez, à vélo, en taxi, à pied, et vous nous racontez ce que vous avez vu.
C'est très important de dérouler ce récit en direct parce que je suis persuadé que certains autres dérouleront un récit alternatif qui minimisera en fait la responsabilité centrale de la préfecture de police, du gouvernement, dans ce qui a été une manifestation avortée, alors que partout en France, en tout cas dans beaucoup d'endroits en France, il y a eu des manifestations qui sont déroulées pacifiquement. Alors n'hésitez pas à venir nous rejoindre. Nous avons également demandé aux membres de nos équipes, à nos nombreux correspondants sur le terrain, de venir, de quitter les lieux pour venir nous raconter. Et on vous attend.
On sera également, il y aura des moments où on va basculer sur le direct de Gamin Formon, qui est un de nos collaborateurs qui travaille pour VQ et pour le média. Et donc on pourra voir des images en direct quand mon oreillette me le dira.
Mais
je voulais d'abord commencer avec vous, Fanny Gallo.
Vous
êtes historienne du mouvement social, comme je le disais. Est-ce qu'il est pertinent de comparer ce qui se passe aujourd'hui, qui est quand même grand, c'est une belle manif, c'est une belle réussite. Et nous
n
'allons pas nous cacher derrière nos deux petits doigts. Nous sommes contents que ça fonctionne, que ce peuple se lève. Alors est-ce qu'on peut dire, est-ce qu'on peut comparer, est-ce qu'il est pertinent de comparer le mouvement qui commence à celui de 1995 ? Moi, personnellement, c'était mes premières manifestations. Est-ce qu'il est pertinent de comparer les deux phénomènes et d'imaginer la suite, c'est-à-dire un gouvernement obligé soit de céder,
soit
de concéder le fauteuil
?
Ben oui, je crois qu'il est pertinent de comparer avec 1995. Alors en fait, déjà, le premier élément de comparaison sur lequel je voulais revenir, puisque vous le disiez, j'ai travaillé sur les femmes, en particulier sur les ouvrières, mais c'est le fait que la manifestation du 23 novembre a été absolument monstrueuse contre les violences sexistes et sexuelles.
Et
ça s'était produit de la même manière lors de la manifestation du 25 novembre 1995, qui était jusqu'à la manifestation de la semaine dernière, la plus grosse manifestation féministe, une des plus grosses manifestations féministes que
la
France ait connue. C'était déjà contre les violences faites aux femmes, en 1995. Et ça,
c
'était enchaîné, et ça s'inscrivait dans un mouvement qui était en train d'émerger, de s'organiser, avec du coup un certain nombre de secteurs impliqués et reconduisant quotidiennement la grève. Et donc, de ce point de vue, moi, je pense qu'effectivement, c'est comparable, puisque là, on s'oriente vers des reconnus
de
reconductions très nombreuses, demain, voire jusqu'à lundi pour la RATP. Donc, du point de vue des reconductions qui s'annoncent, on est effectivement dans cette dynamique-là. Donc, avec un certain nombre de secteurs mobilisés, je le disais. Et un autre élément qui était absolument intéressant, à mon avis, sur novembre-décembre 1995, et par rapport auquel on pourrait comparer aussi la mobilisation d'aujourd'hui, c'est le début, en fait, d'Assemblée Générale, qui réunissait des grévistes, soit par secteur, mais surtout d'Assemblée Générale, même interprofessionnelle.
Je voulais donner un exemple, puisque c'est là d'où je viens, mais c'était les Assemblées Générales qui se réunissaient dans la fosse à Rouen, dans le dépôt de Quatre-Mars,
en
fait, le dépôt de train, qui réunissaient... Bon, je n
'ai
pas participé à ces Assemblées Générales, mais je sais qu'elles existent, enfin, qu'elles ont existé, et où, du coup, il y avait un certain nombre de secteurs qui commençaient à discuter de la suite de la mobilisation, de comment se coordonner, etc.
Et
c'est ce qu'on commence à retrouver déjà dès ce matin, puisque moi, j'ai participé, par exemple, à l'Assemblée Générale du secteur de l'éducation à Montreuil, qui s'est poursuivie ensuite par une Assemblée Générale interprofessionnelle. Donc,
il
y avait déjà des embryons de choses qui, entre-temps, quand même, depuis 1995, et ça, je pense que c'est important, on est au quatrième mouvement social de masse sur les retraites, puisqu'il y
a
eu aussi 2003, puisqu'il y
a
eu aussi 2010, avec des secteurs qui étaient différemment impliqués, avec aussi une implication des directions syndicales différentes, puisqu'en 1995,
il
y avait une implication très forte de la CGT et de FO, en particulier. La CFDT avait, à ce moment-là, renoncé à mener le combat.
– Ça n'a pas
beaucoup changé.
– Voilà. –
On
ne va pas pouvoir émiquer,
mais bon, voilà. –
En 2003 et en 2010, les organisations étaient, les directions, en fait, parce que, bien sûr, à la base, c'était très différent, mais étaient moins impliquées, en fait, contre les différentes contre-réformes sur les retraites, puisque, voilà, on est vraiment dans une suite logique de contre-réformes sur les retraites.
et donc, voilà, c'est aussi pour ça que se sont développés, en particulier en 2003, encore plus forts qu'en 1995, des assemblées générales interprofessionnelles, avec beaucoup de liens entre les étudiants, les étudiantes, entre, voilà, tous les transports, de manière générale, les hôpitaux, qui appelaient à des manifestations à Rouen ou à Toulouse, par exemple, qui étaient vraiment massives à ce moment-là. Donc, une forme d'auto-organisation du mouvement qui a commencé à émerger vraiment en 1995 et qui s'est encore développée en 2003. Et là, voilà, peut-être que c'est ce qui va se passer.
Alors, après, évidemment, on n'en sait pas grand-chose pour le moment, mais en tout cas, c'est assez bien parti pour.
Alors, ce que je note, c'est que la question des retraites, c'est une question sur laquelle les Français ont un avis majoritaire très tranché. Ils ne veulent pas qu'on leur enlève cet acquis social, cette forme de retraite, la retraite par répartition, la retraite conçue en fait comme un élément finalement de protection des personnes qui ne travaillent plus et qui ne doivent pas sombrer dans la pauvreté. La philosophie de cette politique de retraite, les Français sont attachés au système de retraite
et
aussi, quelque part, la lente érosion des têtes des organisations syndicales. Est-ce que ces deux points vous semblent en fait des points
de
continuité
?
Oui, bien sûr. Je pense qu'effectivement, il y
a
un attachement absolument essentiel au système de retraite par répartition qui a commencé à s'éroder petit à petit. Et je crois que là, on est aussi dans ce mouvement social-là après une année de mobilisation. C'est-à-dire qu'il y
a
eu non seulement les Gilets jaunes mais aussi des mobilisations massives chez les hospitaliers mais aussi des mobilisations contre la loi Blanquer dans le secteur de l'éducation. Et du coup,
il
y a aussi là, dans ce qui se passe, non seulement effectivement un refus d'avoir travaillé toute sa vie pour ensuite se retrouver sous le seuil de provoté. On pourra revenir après
sur
les femmes en particulier. Mais il y a évidemment un refus de ça, d'avoir ce que disait l'infirmière tout à l'heure sur le fait que les travaux pénibles au quotidien et qui ne sont pas reconnus. Et donc, il y a effectivement une volonté de quand même pouvoir s'arrêter. C'est d'ailleurs un enjeu très fort chez les infirmiers et les infirmières en particulier de pouvoir s'arrêter suffisamment tôt, etc. Parce que c'est quand même un travail très difficile, très pénible. Et donc ça, c'est sûr que je pense qu'il y a un enjeu particulier sur la question des retraites.
Mais il y a aussi là un ras-le-bol du mépris général du gouvernement et qui fait qu'il y a des mobilisations qui depuis plus d'un an qui sont en fait très massives. Il y a l'année dernière en particulier et encore là même depuis la rentrée. Puisque je pense que du coup, c'est ça aussi qui est en train de s'exprimer là.
C
'est-à-dire une sorte de ras-le-bol général de ce mépris de toutes ces contre-réformes, etc.
Alors ça, c'est la première grande épreuve de force qui est ouverte depuis le début du mouvement des Gilets jaunes parce que quelque part, les Gilets jaunes poussent un peu dans le dos les têtes des centrales syndicales. Elles sont une autre forme de légimité populaire disons immanente. Et est-ce que vous pensez que
les
leaders des centrales syndicales en présence des Gilets jaunes ont une contrainte de plus et que ça va modifier forcément la réaction
syndicale ?
Oui. Enfin, je pense qu'en tout cas, il y a beaucoup de jeux dans les organisations syndicales. Je pense qu'à la base, il y a vraiment beaucoup de collègues de tous les secteurs qui sont très impliqués et que du coup, ça pousse aussi les directions syndicales à avancer, à faire des propositions. Là, par exemple, je ne sais pas où ça en est, mais il y avait l'idée qu'il
y ait
une date le mardi, je ne sais pas où ça en est finalement, s'il y
a
une date qui a été proposée mardi justement pour aussi, c'est ça l'enjeu en fait, les directions syndicales devraient pouvoir, du coup, pour que vraiment on gagne sur ce mouvement, il me semble, proposer des dates relativement rapprochées pour faciliter aussi la reconduction, le fait de continuer en fait, et puis le fait que les secteurs restent impliqués, je pense que ça,
c
'est vraiment un enjeu. Donc je pense que les Gilets jaunes poussent,
bien
sûr,
je
pense que la base pousse, je pense que le ras-le-bol
généralisé
de ce gouvernement de manière générale pousse aussi, mais
après,
on verra, c'est toujours un peu ça, c'est
-à
-dire en 1995,
c
'était ça aussi, il y avait quand même eu, enfin les organisations, les directions syndicales avaient quand même été aussi très largement poussées par la base, et du coup, voilà, avaient appelé régulièrement, mais même si ça s'était arrêté finalement, pour le coup, un peu, enfin ça s'était interrompu, parce que ça aurait pu encore aller plus loin, en fait, en 1995, et les directions syndicales avaient interrompu à un moment donné le mouvement, je crois que c'était mi-décembre, enfin bon, voilà, alors que ça pouvait encore continuer, bon, c'est sûr que c'est absolument essentiel que les directions syndicales prennent leurs responsabilités aujourd'hui par rapport à l'enjeu auquel on est confrontés, oui.
En
tout cas, il y a des AG Interpro aujourd'hui, ce soir,
il
y a notre journaliste Rémi Kenzo-Pagès qui s
'y
trouve, qui essaiera de nous envoyer du frais là-dessus, de l'information fraîche, effectivement, on a mille et un problèmes logistiques, donc je ne promets rien, mais en tout cas, nos journalistes sont tous sur le terrain pour nous apporter l'information, toutes les informations qui comptent en ce moment, alors Henri, vous êtes dans le studio que vous connaissez, où vous faites régulièrement vos chroniques, la chronique éco bien connue du Média et qui fonctionne très bien, alors en tant qu'économiste, vous devez nous parler d'une réforme des retraites et analyser une réforme de retraite qui se cache, qui n'a pas encore montré le bout de son nez, parce que finalement, on a des bribes d'informations, des concepts comme la retraite par points, le rapport de Levoy, il y a plein de choses, mais
c
'est flou, on sent qu
'il
y
a
un loup, mais est-ce que vous pouvez nous confirmer qu'il y
a
un loup et comment, quelles sont, disons, les preuves qu'il y a de quoi s'inquiéter de cette réforme qui n'a pas encore montré toute sa teneur
? Pour parler
d'autre chose, il faut dire que
Macron a
été mis en place par les classes dirigeantes pour
mettre
en cause le modèle social français. Fondamentalement, c'est son but, il est là pour ça, et on l'a vu, il y a eu des mesures contre les chômeurs,
il
y a eu des mesures contre le statut de la SNCF, il y a eu des mesures contre le droit du travail, tout ça, c'est un ensemble, et là, on attaque
un
noyau dur qui est le système des retraites, donc c'est dans la continuité, et naturellement, le mouvement social, il est aussi dans la continuité, c'est-à-dire qu'il y a un certain nombre de services publics qui sont directement atteints par la politique de Macron, on a dit l'éducation,
les
hôpitaux, et qui naturellement ont toute raison de s'associer au mouvement. Ensuite, le projet de Macron en matière de retraite, on le connaît, il a été,
c
'est clair, je veux dire, bon,
l
'idée, c'est de dire, on va
contrôler
l'évolution des retraites, on va sans pas, au lieu qu'il y a des possibilités aux organisations syndicales, aux partenaires sociaux, qu'on n'aime pas trop ce terme, d'intervenir, maintenant, ça va être la technocratie, ça va être l'État qui va fixer les paramètres, comme il l'a fait en matière de chômage, et ils vont fixer les paramètres avec un objectif,
l
'objectif, c'est, il faut faire baisser la part des retraites dans le PIB, c'est ça l'objectif, ensuite, il y
a
des moyens techniques
qui
sont la retraite par point, parce que l'avantage de la retraite par point, comme l'a dit François Fillon, c'est que, on peut faire varier facilement la valeur du point, et qu'on peut dire à un moment donné, désolé, on n'a pas d'argent, et bien le point, il ne va pas augmenter cette année, comme on dit aux fonctionnaires, il faut rappeler que le point d'indice de la fonction publique, il ne bouge pratiquement pas depuis 18 ans, et bien demain, on pourra faire pareil pour les retraites, donc la grande idée, c'est, on va passer à un système par point, et ce système par point, la valeur du point,
enfin,
la valeur de
service
du point, on va pouvoir la régler à notre guise, il n
'y a
aucune garantie, et quand vous lisez le rapport de Levoix, on vous dit, ben oui, ça va dépendre de l'équilibre macroéconomique, c'est-à-dire que, si un jour Bruxelles nous dit, vous avez trop de déficit, et bien, il n
'y a
aucun problème, on fera baisser la valeur du point, et donc, c'est extrêmement dangereux, pour parler dans notre jargon, c'est-à-dire qu'on passe d'un système à prestations définies, c'est-à-dire un système où les travailleurs, les salariés, ils ont des garanties,
en
particulier, pour les fonctionnaires, on leur dit, ça sera 75%
de
votre dernier salaire indiciaire, c'est une garantie,
dans
le régime général, on dit, ça sera 50% de votre salaire des 25 meilleures années,
c
'est une garantie, tandis que là, on passe dans un système dans lequel on dit, ça sera des points, et ces points,
c
'est nous qui fixerons la valeur, ça sera voté au Parlement, où nous avons la majorité, donc, ensuite, il peut y avoir, le problème de Macron, c'est que naturellement,
pour
beaucoup de gens, notamment, les régimes spéciaux, les enseignants, ils voient tout de suite que ça fait une perte de 20 à 30% de leur retraite, il y a des gens qui
ont
fait leur calcul, et bien là,
ça
va avoir du mal, ça va avoir du mal à passer, et donc, naturellement, de nombreux secteurs vont se mobiliser, et il faut bien voir que tous les secteurs sont plus ou moins atteints.
Alors,
est-ce que c
'est
le plus grand commun des nominateurs, finalement, la question de la retraite, est-ce que c'est justement le thème qui, naturellement, agrège et agglomère un certain nombre de forces sociales qui, finalement, avaient du mal à se mettre d'accord sur quelque chose ? Parce
que
le gouvernement, dans ses éléments de langage, parle également de privilèges, d'universalité, mais malgré tout, ça ne prend pas cette rhétorique comme si, finalement, la retraite demeurait un point de confluence plutôt qu'un point de divergence.
– Oui, d'abord, c'est très frappant.
J
'étais, il
y
a deux jours, au téléphone sonne à France Inter,
et
quasi-totalité des auditeurs étaient effectivement sur la ligne, la réforme est scandaleuse, on va baisser nos retraites,
on
ne
va
plus avoir aucune garantie, et il y a eu très peu d'auditeurs sur la ligne que voudrait le gouvernement en disant c'est épouvantable. Les cheminots, les conducteurs de trains de la RATP, c'est des privilégiés dont il faut absolument réduire les privilèges pour économiser des milliards et des milliards. Ce discours a beaucoup de mal à passer parce que les gens se rendent bien compte que conducteurs de métro ou conducteurs de trains, avec les contraintes que ça représente en termes de disponibilité, en termes de responsabilité, on ne
peut
pas considérer que c'est des privilégiés par rapport aux gens qui ont bénéficié de la suppression de l'ISF et apparaissent quand même un peu plus privilégiés.
Donc,
jusqu'à présent,
le
discours du gouvernement ne mord pas trop.
Et l
'important, c'est d'un côté, on a beaucoup de gens qui sont préoccupés par cette réforme qui, effectivement, concerne tout le monde. Et puis, d'autre part, on a des gens qui sont préoccupés par la dégradation du service public.
C
'est-à-dire, il y
a
l'hôpital, il y a les enseignants à qui on fait des réformes successives et qui voient que ça met un chaos pas possible. donc, il y a tous les ruraux, les périurbains qui voient disparaître les services publics. Tout ça, ça fait des mécontentements qui, effectivement, il faut dire clairement, il y a une cause principale, c'est le fait que Macron veut un tournant néolibéral à la société française, sachant que le néolibéralisme, c
'est
réduire les dépenses publiques et sociales et c'est mettre l'État au service
des
grandes entreprises.
Et
donc, voilà.
En tout cas, il y en a qui sont en colère, qui ne sont absolument pas privilégiés, ce sont les étudiants. Et sur le plateau, il y a Sophie Lapoie qui va bientôt s'installer à côté de vous, Henri. Alors, comme je le disais au début de l'émission, elle est membre du syndicat solidaire étudiant. Elle est étudiante elle-même en master 2 de sciences politiques, c'est-à-dire qu
'elle
travaille sur la chose publique. Alors, solidaire étudiant, c'est le mouvement étudiant qui a été endeuillé ces dernières semaines par le décès de Anas, qui était un de ses membres à Lyon. –
Il m'a permis juste de vous
couper, parce qu'il n
'est
pas décédé.
– Oui, par le… –
Anas est
toujours…
–
Oui, c'est une grosse erreur, parce qu'en fait, par le fait qu'il… enfin, les graves brûlures à 90%, je pense, qu'il a. Et aujourd'hui, il est dans une situation de péril réel, de péril grave. Donc, solidaire étudiant n'est pas endeuillé, je m'excuse là-dessus. Mais, en tout cas, sa vie est vraiment en danger. On n'est pas sûr du tout qu'il la recouvrira. Donc, cette histoire, cette triste histoire a mis en lumière la précarité étudiante. Donc, les étudiants, notamment votre syndicat, sont en première ligne dans ce mouvement. Pourtant, la retraite des étudiants d'aujourd'hui est très loin, mais quelque part, vous sentez déjà l'urgence de se mobiliser.
Est-ce que vous pouvez nous raconter un peu, nous expliquer déjà comment va votre camarade et nous raconter pourquoi solidaire étudiant estime que sa place est tout à fait et estime dans ce mouvement ?
Alors, excusez-moi pour ma voix, j'étais à la manifestation,
d
'où, de un, mon retard et de
ma
voix, du coup. Donc, concernant notre camarade, écoutez, il est toujours à l'hôpital.
On
n'a pas de nouvelles vis-à-vis de sa santé, donc il est toujours dans un état grave. En effet, brûlé à 90% et plongé dans un coma artificiel. Donc,
on
attend de ces nouvelles, on pense fort à lui, à lui, à sa famille, et à ses amis proches, ses camarades. Concernant le mouvement en cours, alors, en fait, la retraite des étudiants, elle est loin, des étudiants et des étudiantes.
Elle
est loin, mais en fait, on se demande même si elle va arriver un jour. Je pense que c'est la première raison de notre investissement plus fort
dans
ce mouvement. Par ailleurs, nous, donc, depuis le 8 novembre, on est mobilisés dans toute la France, dans toutes les facs où on est, en fait,
pour
dénoncer la précarité étudiante. Et la précarité étudiante, c'est des problèmes d'accès au logement, d'accès à la santé, aussi des problèmes de vie quotidienne, de comment se nourrir, comment se vêtir. Mais en fait, la précarité,
c
'est aussi de la précarité mentale. Il n
'y a
pas que la précarité économique. Il y a aussi la précarité de savoir, en fait, qu'est-ce qu'on va devenir, dans quel monde on va évoluer. Donc, en fait, cette question des retraites, elle recoupe ça. Elle recoupe ça, elle recoupe de savoir, nous, jusqu'à où on ira, à quoi ça sert qu'on travaille et qu
'on
cotise, en fait. Est-ce qu'un jour, on aura une retraite ? Est-ce qu'on l'aura avant
nos
85 ans ? C'est des vraies questions qu
'on
se pose. On est sur ces réalités-là. Par ailleurs, la précarité étudiante qu'on dénonce,
ce
n
'est
pas un cas isolé. C'est-à
-dire
que nous, on est très concentré
en
effet sur l'enseignement supérieur et la recherche, sur les CRUSS.
On
est dans un mouvement global de casse du service public, de casse du service public qui n
'est
pas récente. Elle date d'avant ma naissance. La casse du service public, elle a commencé dans les années
70,
80.
Elle
se poursuit.
Moi,
j'étudie ça aussi en cours.
Et
donc là, avec le gouvernement actuel,
on
a une casse du service public
qui
se poursuit très, très bien, mais qui
va
très vite,
qui
va très vite et qui ne fait même plus semblant d'écouter les gens.
qui
fait même plus semblant d'écouter les gens. Et en fait, c'est aussi pour ça que nous, on veut être là sur les retraites et qu
'on
veut être massivement mobilisés. Parce que d'une part, ça concerne toutes et tous,
mais
que par ailleurs, tout ça, nous, ce qu'on cherche à montrer,
on
est pour un service public de qualité, on est pour un service public gratuit, pour l'université,
on
est pour un enseignement supérieur qui soit gratuit, accessible à toutes et tous, émancipateur, critique.
Donc
on a des ambitions et en fait, ces ambitions-là, nous, on les centre nécessairement sur l'enseignement supérieur et la recherche, mais elles concernent tout le service public et en général, d'ailleurs, les casses des régimes sociaux en ce moment, qu'on voit un peu partout, pareil avec la réforme du chômage.
–
Alors, j'ai l'impression que finalement, pour bien comprendre la colère qui vient, qui monte et qui n'est pas prêt de redescendre, il faut sortir des questions purement techniques sur la réforme des retraites, la question des points, la question, toutes ces questions un peu absconces et finalement, admettre qu'on s'inscrit dans une forme de logique et que c
'est
la logique politique en fait, qui transparaît, qui crée la colère plus que des calculs d'apothicaires qui pourraient, disons, susciter des réactions d'un sens ou dans un autre, d'autant plus que le gouvernement a eu l'idée géniale de ne pas montrer la réforme et de la cacher aux yeux critiques de la population. Est-ce que finalement, cette manière d'envisager les choses, comme d'abord de manière systémique, d'abord de manière fondamentalement politique avant de penser aux détails techniques, est-ce que c
'est
finalement le principal frein, ce qui va empêcher le gouvernement de dérouler sa stratégie de communication et peut-être c'est ça qui solidarise le peuple au-delà des corps de profession ? Qu'est-ce que vous en pensez, Fanny Gallo
? Oui,
mais je pense qu'effectivement, je pense que, bon déjà, je crois que c'est une technique maintenant qui est assez coutumière de ne pas forcément rendre compte précisément de à quelle sauce on va être mangé puisque l'année dernière, la loi Blanquer, donc moi, je suis formatrice en ESPE, donc maintenant, ça s'appelle INSP, donc la formation des enseignants. Il y avait quelques lignes dans la loi Blanquer, il n'y
avait
quasiment rien. C'est finalement tombé, il y a 15 jours, la professionnalisation du concours, le concours au niveau du M2, etc. Du coup, il y avait un gros flou qui planait. Dans l'enseignement supérieur et la recherche en ce moment, on a entendu parler de la loi de programmation pluriannuelle de la recherche qui va...
Alors,
je suis désolé de vous interrompre un peu.
On
va reparler donc de ce flou qui caractérise un peu les annonces du gouvernement Macron, mais en ce moment, à Nation, c'est, disons, une situation assez chaotique. Ce que le gouvernement et la préfecture de police a prévu arrive. Donc ce sont des images qui nous arrivent directement du terrain. Ce sont donc des images de guerrières urbaines, comme vous pouvez s'imaginer. nous les regardons donc. En fait, ce sont des images qui nous ont été envoyées par un de nos correspondants
en
direct par Gabin Formand. Donc ce qu'on va faire, c'est qu'on va baisser notre volume et on va laisser le volume de ce qui se passe en ce moment. On va regarder ça pendant quelques minutes et on va revenir sur le plateau. Ne quittez pas.
On regarde. Je
vous invite
à
partager ce live. Ils ont trop mutilé de personnes. Et une haine du flic. Arde, arde.
Ils
ont éclairé. Ils ont
éclaté
par terre. Petite place de la nation à Paris. Gros
affrontements
entre les manifestants et la police
qui
reculent.
Les
gens ne reculent pas. Pas aujourd'hui. Ils ont reculé pendant un an et là, ils ne reculent plus. J'ai l'impression, c'est l'impression que j'ai. Toutes les charges de police, elles ne servent à rien. Les gens ne bougent pas. Résistent. N'hésitez pas à partager ce direct à fond. On est
de
retour sur le plateau, je crois. On est de retour sur le plateau. Vous étiez en manif aujourd'hui. Et en fait, la dégradation à laquelle on assiste aujourd'hui, vous avez vu le début. Est-ce que vous pouvez nous raconter ce qui s
'est
passé
?
Écoutez,
du
coup, avec nos camarades de Solidaires étudiants, enfin une partie,
on
était au sein du cortège du coup de l'union syndicale solidaire. Donc notre
union
interprofessionnelle
qui
avait pour point de départ 14 heures à Gare de l'Est. Donc on s'est rejoint là-bas aux alentours d'entre midi et demi et 13 heures. Donc au début, tout se passait bien. Et en fait, on n'a
pu
quasiment pas avancer.
En
gros, je pense que moi, j'ai à peine fait un kilomètre
entre
14 heures
et
17 heures, le moment où je suis partie pour me rendre ici. Donc le long du boulevard Magenta, je pense qu'on a à peine fait la moitié du chemin entre Gare de l'Est et où on était. On sentait déjà, donc on voyait les nuages de gaz lacrymo. On voyait également les détonations des grenades des encerclantes qu'on connaît malheureusement par cœur maintenant.
Et
on sentait aussi les gaz lacrymoins. Donc c'était quand même assez loin. Donc ça donne une petite idée de l'intensité du...
Enfin
du nombre de palais peut-être qu
'on
peut être relancés, etc.
Et
donc avec ma camarade, quand on est sortis du cortège pour rejoindre la nation le plus vite possible,
on
est passés le long de la place de la République et en fait, il y avait vraiment l'endroit d'arrivée du boulevard Magenta sur la place
qui
était entièrement en fumée avec usage massif
de
grenades des encerclantes et surtout de gaz lacrymoins.
Il
y avait toute une partie de la place quasiment vide mais le point d'arrivée du cortège était complètement en bas. Il subissait en fait une nasse puis une attaque policière
et
ensuite, en remontant, en continuant vers la nation, il y avait énormément de gens en fait qui ont
qui
ont contourné la place de la République qui continuent à avancer.
On
a vu le cortège des pompiers qui ouvraient arriver à la nation
mais
du coup, je ne sais pas, moi je devais y être il y a une heure, ce n'était pas du tout comme ça. Donc là, je pense que c'est les personnes qui étaient dans un premier temps bloquées à République mais aussi derrière République qui sont arrivées
et
en fait, qui en ont marre de subir le harcèlement policier et les violences policières.
Donc
en fait, si on comprend bien, c
'est
ce que nous pensons aux médias en fait, c'est que c'est une sorte de tactique en fait du pire qui consiste
à
énerver les manifestants au maximum pour radicaliser un certain entre eux, les énerver au point qu'ils commettent des actes de violence, répondre à ces actes de violence par des violences encore plus grandes et finalement, on se demande est-ce qu'il est encore possible de faire une manifestation à Paris parce que ça devient régulier, ça devient la règle en réalité
des
manifestations qui ne commencent même pas
? Alors,
il faut revenir, je pense que
déjà,
l'usage de la NAS, la NAS,
c
'est
une
technique policière qui vient d'Angleterre
et
en fait, quand elle était utilisée, ce n'était pas pour calmer,
ce
n
'était
pas du tout pour calmer et au contraire, elle a été théorisée, théorisée, vous voyez, les lapsus sont révélateurs, elle a été théorisée afin en fait d'énerver, de faire littéralement monter l'énervement au sein des cortèges militants
pour
ensuite donner des raisons, des justifications à la police pour attaquer énormément et terroriser la population afin de diminuer ensuite la venue des manifestants et des manifestantes. Enfin, vous me corrigez si je ne
me trompe.
Donc voilà, et deuxièmement, en effet, le droit de manifester, il y a un vrai problème et je pense que
c
'est
quelque
chose qui est idéologique et qui est politique
qui
est en train de se passer
et
qu'on ne peut pas y couper. Enfin, nous,
c
'est des discussions qu'on a régulièrement avec des camarades là sur est-ce qu'on peut encore parler d'un droit de manifester
en
France qui est correctement respecté
à
titre personnel, je dirais.
Parce
que l'objectif de la police maintenant n'est plus de laisser les gens manifester, c'est tout à fait clair.
C
'est
-à-dire
que normalement, à une police républicaine, on dirait votre mission,
c
'est de permettre à la foule, aux gens, de venir manifester. Alors là, on voit très bien que l'objectif maintenant, c'est l'inverse, c'est de montrer aux gens que la manifestation, c'est dangereux et donc qu'il ne faut surtout pas venir, et surtout pas venir en famille, et surtout pas venir avec ses enfants et de réserver en quelque sorte la manifestation, de transformer les manifestations en un numéro de gladiateurs en quelque sorte entre la police et quelques manifestants décidés à se battre. Mais c'est pas...
c
'est de briser la manifestation comme mouvement populaire.
Et
là, c'est très clair. Et la nomination de M. Lallemand, c'est tout à fait ça. On prend quelqu'un dont c'est tout à fait l'objectif
qui
est de briser les manifestants. Et on a pu entendre ce monsieur dire à une manifestante que nous ne
sommes
pas dans le même camp. Alors que normalement, si, la police et les manifestants, ils doivent être dans le même camp. L'objectif doit être le même. Ça doit être de permettre, le camp de la République,
ça
doit être de permettre aux gens de donner leur opinion, d'exprimer leur opinion de manière paisible. Oui, je
vais vous dire. Non,
simplement, je voulais rebondir parce qu'il y a le droit de manifester, mais il y
a
aussi le droit de se rassembler en assemblée générale. Et je pense que vous pouvez revenir un peu sur les derniers éléments de cette semaine puisque dans un certain nombre d'universités, il y a des universités qui ont été fermées pour ne pas permettre des assemblées générales,
en
fait.
Alors,
déjà, sur le droit de manifester, je voulais juste insister sur le fait que c'est quelque chose qui,
là,
s'étend sur la durée puisque c'est des techniques et des tentatives de dissuasion
qu
'on peut observer depuis minimum la loi
travail.
Donc, c'est aussi pas...
2016.
2016, oui. Donc, c'est aussi pas uniquement le gouvernement Macron et je pense que c'est important de le dire parce qu'il y a quand même une unité, là, des personnes dirigeantes,
en
fait,
des
personnes qui sont élues à la tête du gouvernement qui va dans ce sens. Donc, ça s'accélère, ça s'aggrave. Il y a des mutilés, il
y
a des morts. Enfin, il y a déjà eu au moins une morte du fait de l'usage des armes de la police en France. Donc, voilà. Et d'ailleurs, on pense à sa famille.
– Zineb
Rédoine.
–
Zineb Rédoine, exactement, à Marseille, l'année dernière. Donc, déjà, je pense que c'est important de remettre ça dans le temps long aussi. Voilà. De deux, en effet, Fanny, comme vous le dites, là, il y
a
eu des tentatives de dissuasion en donnant énormément de facs en France. On peut citer, par exemple, la fermeture de Tolbiac qui a été annoncée dès mardi soir, il me semble. Alors, je ne me souviens plus. Mais donc, Tolbiac a été fermée mardi dans la journée.
– Mardi, oui. –
Donc,
on
est quand même sur quelque chose.
– Pour
éviter que ça devienne une sorte de QG de la colère étudiante, en gros.
–
Je pense qu'il y a le souvenir de Tolbiac
occupé
pendant les manifestations contre la loi ORE.
Mais
il y a eu plein, plein de tentatives comme ça dans d'autres facs en France aussi. Enfin, Lyon, par exemple. Donc, en effet, il y
a
une volonté d'empêcher les étudiants et les étudiantes de se rassembler, de s'organiser. Par ailleurs,
il
y a aussi… Par exemple, moi, je viens de la fac de Saint-Denis.
Nous,
la présidence a annoncé hier une fermeture de la faculté jusqu'à samedi. Donc, en fait, jusqu'à lundi parce que ça ne veut rien dire. Bref. Et donc, en fait, cette fermeture dans le mail justificatif envoyé, c'est du fait des difficultés de transport.
Il
n'est pas mentionné le fait que c'est une demande qui a émané de l'AG des personnels. Donc, ça, ce n'est pas mentionné.
– C
'est dans les personnels de
l
'université qui ont voulu que…
– Si on
demandait pour permettre une égalité de tous les personnels précaires ou non pour établir leurs droits
de
grève et de manifestation. Parce qu'il y a de plus en plus de personnels qui sont précaires et vacataires à l'université dans l'enseignement supérieur en France.
Et
en fait, ça,
ça… Enfin,
voilà, la précarisation, en fait, des salariés, que ce soit de la fonction publique ou de la fonction privée, c'est un super bon outil aussi pour éviter d'avoir des grèves massives.
Parce
que,
quand
on perd des parts importantes de salaire sur des salaires qui sont déjà pas très élevés, bon, nécessairement, ça aussi, c'est un outil de dissuasion.
Il
n
'y a
pas que la police. Mais, donc, voilà, pour en revenir à ça, dans le mail de la présidence, ce qui est mentionné, c'est les difficultés de transport. J'imagine,
enfin,
je pense,
en fait,
personnellement, qu'il y a d'autres choses qui sont pointées et notamment,
voilà,
le risque, la crainte de potentiel blocage, de potentiel occupation. Ça, c'est des vraies choses
qui,
à mon avis, passent, là, à l'heure actuelle, parmi les têtes des présidents et des présidents de l'université.
Alors,
on m'annonce qu'on a d'autres images, des images de Bordeaux où les manifestations avaient lieu aujourd'hui aussi, une forte mobilisation, quelques charges policières, bon, bien entendu, pas du tout dans la même mesure que ce qu'on a pu voir à Paris. Donc, on peut les regarder. Donc, ça, c'est...
C
'est Bordeaux, cet après-midi.
Ce
sont les images que vous avez vues. Nous ne les avons pas vues parce qu'en fait, sur le studio, nous n'avons pas le bon retour. Il serait bien le bon retour pour être un
peu
rassuré quant à ce que vous regardez. Donc, espérons que vous mettrez le bon retour en place, notamment le retour plateau aussi. Donc, on a vu ces images de Bordeaux.
Ce
que je retiens de ce que nous avons dit depuis le début, c'est qu'en fait, pour bien analyser les choses, il faut les analyser en termes de système. C'est-à-dire, au lieu de s'époumonner à expliquer que c'est les policiers qui ont commencé, ce ne
sont
pas les manifestants. cette fois-ci, on peut voir la cohérence qui se dégage d'un certain nombre de choses historiquement, en tout cas, ces derniers mois et ces dernières années. Pareil pour la réforme des retraites. Au lieu d'essayer de convaincre qu'en fait, il y a un loup, il
y
a des choses qu'on cache, on peut tout à fait dire et assumer le fait que la mise en cohérence d'un certain nombre d'actes du gouvernement montre très bien qu'effectivement, ce qui est cher, c'est diminuer le poids des retraites dans le PIB et la revendication serait d'empêcher qu'il diminue le poids des retraites dans le PIB et d'évoquer peut-être l'éventuelle diminution du poids des revenus du capital dans le PIB. Quelque chose de plus clair qui permet de souder aussi disons les colères de manière intelligible face à
ce
que vous disiez, Fanny Gallo, c'est une sorte de systématisation de la complexité, des éléments de langage toujours plus fins
pour
éviter de confronter le problème de fond.
Oui, effectivement. Moi, je crois que maintenant, il faut un peu qu
'on
s'attende à ce qu'on doive se baser sur des rapports pour comprendre ce qui se joue.
C
'est-à-dire que... Et du coup, se mobiliser à partir des rapports où on peut se dire... Enfin là, par exemple, sur la loi de programmation pluriannuelle de la recherche, donc, on a eu une assemblée générale lundi, où, bien sûr, il a été absolument tout le temps question de la manifestation d'aujourd'hui et on a construit un cortège, etc., et la réforme des retraites, mais on a aussi évoqué... Et c'est pour ça que je dis que tout à
l
'heure, je disais qu'il
y
a mille raisons, en fait, de se mobiliser aujourd'hui et du coup, on s'approprie la question des retraites tout en rendant compte aussi d'un ras-le-bol généralisé de toutes les contre-réformes qu'on subit depuis des mois, des années, etc. Et donc, cette loi de programmation pluriannuelle, elle n'est pas encore écrite. On a juste des textes, mais en fait, je crois qu'il faut qu'on se dise, ben voilà, ce qui est dans ces textes, c'est ce qui va nous... Enfin, c
'est
ce qui va nous arriver, en fait, parce que c'est pareil que dans l'université, on a une grosse loi, la LRU, qui a complètement cassé... Enfin, qui a mis en place l'autonomie des universités, etc. Et là, en fait, c'est la suite logique de ça. On est confrontés en permanence à beaucoup de précarité, bien sûr, énormément de précarité, très peu de financement pour la recherche aujourd'hui, récurrents. En fait, il faut faire maintenant répondre à des appels à projets d'envergure, etc. Enfin bon, tout un tas d'enjeux, en fait. Et voilà, ça apparaît dans les rapports. Et comme la loi Blanquer, il y avait plein d'éléments capables.
Il y avait aussi des choses dans la loi, un petit peu, mais je parlais surtout de l'ESPE, enfin, de là où j'étais moi, où il y avait des petites choses dans la loi. On apprenait qu'on allait être étudiant, contractuel, sans avoir appris notre métier d'enseignant
ou
d'enseignante et qu'on allait se retrouver dans des classes. Bon, ça, on l'apprenait déjà dans la loi. Mais là, voilà, on a eu les informations un peu plus précises sur vraiment qu'est-ce qui va se passer en définitive et ça arrive après, en fait. Et donc, je pense que ça, c'est une technique qui est, bon, ben voilà, à laquelle il faut que nous, on se dise, enfin, qui se généralise, quoi. Et voilà. Et après, au fond, moi, je crois effectivement, du coup, on parlait de l'enjeu systémique. Je pense qu'effectivement, derrière tout ça, il y
a
un enjeu systémique. On parlait du néolibéralisme, on parlait des services publics, etc. Enfin, ce qui arrive, c'est véritablement, ben voilà, c'est ce qu'on appelle la nouvelle gestion publique, ce qui se passe à l'hôpital, etc., qui a des effets absolument délétères sur l'ensemble des salariés, etc. Enfin bon, et beaucoup, beaucoup la généralisation de la précarité. tout ce qui a déjà été dit aussi, d'ailleurs, et qui a été dit tout à
l
'heure dans le reportage.
–
Henri Sterdiniak, alors la question qu'on peut vous poser, c'est quel contre-projet, notamment sur la question spécifique des retraites ? Le projet du gouvernement n'est même pas clairement articulé, mais qu'est-ce qu'on peut, disons, lui opposer, c'est-à-dire opposer à l'esprit de cette réforme, qu'est-ce qu'on peut opposer comme autre esprit ? Parce qu'effectivement, le gouvernement nous dit, ben en fait, on n'est plus dans la première moitié du XXe siècle, où le système français, le système social et ses acquis ont été mis sur papier, il faut changer, parce que les choses ont changé.
Qu
'est-ce qu'on peut opposer à cet esprit réformateur ? Est-ce qu'il
y a
un contre-esprit réformateur qui peut émerger du peuple et être opposé à la vision du gouvernement
? Oui,
c'est une
bonne question.
Je
pense que l'idée
qu
'il faut maintenir une société mixte avec un fort secteur public, un secteur public efficace, qui fonctionne bien, qui irrigue l'ensemble de la société, n'est pas une idée périmée. Je pense que, domaine par domaine, on a besoin d'une éducation publique gratuite, de qualité, on a besoin d'hôpitaux publics, gratuits, de qualité, on a besoin de protection sociale, on a besoin de maintenir un système de protection sociale, et il faut refuser cette dérive néolibérale où, petit à petit, on va
diminuer
la part du public pour laisser le champ libre aux grandes entreprises.
Et
donc, domaine par domaine, il faut résister, il faut dire clairement, la retraite par répartition, c'est un plus, parce que ça ne dépend pas des marchés financiers, parce que les gens n'ont pas à épargner pour leur retraite. Mais par exemple,
on peut rappeler.
Et il faut dire aux jeunes, si on peut dire, vous aurez une retraite, c'est la retraite, c'est garantie, et il y a des défauts dans le système actuel, dont une grande partie des défauts, c'est dû aux réformes qui ont été mises en place par les gouvernements précédents, mais il faut défendre l'idée que les retraités ont droit à une retraite qui leur assure un niveau de vie équivalent à celui des actifs, à un âge raisonnable, c'est-à-dire un âge qui permette une période de retraite active, heureuse.
Il
faut se battre en disant, les gens,
les
personnes que les entreprises refusent d'embaucher parce qu'elles ont 58, 59 ans, ils ont droit à une retraite au taux plein.
Et puis,
voilà. Et il faut garantir, effectivement, la parité de niveau de vie entre les retraités et
les
actifs. Et par ailleurs, il y a des métiers pénibles, il y
a
des métiers qu'on ne peut pas faire après un certain âge. Ces gens-là, il faut leur permettre
de
partir plus tôt et en même temps, il faut se battre à l'intérieur des entreprises pour diminuer la pénibilité de certains emplois. Dire, voilà, il faut assurer à chacun
une
carrière satisfaisante, même si, effectivement, des jeunes de 25, 35 ans, ils peuvent avoir éventuellement des conditions un peu pénibles. il faut absolument qu'ils aient une carrière qui fait que, petit à petit, ils accèdent à des postes moins exposés, mieux rémunérés. Et donc, il y a toute une prise de conscience au niveau des entreprises. Et cette prise de conscience, elle nécessite qu'au niveau des entreprises,
les
pouvoirs soient répartis différemment, c'est-à-dire qu'on donne plus de pouvoir aux salariés, plus de pouvoir aux syndicats et qu'on diminue assez largement
le
pouvoir des actionnaires. Parce qu'il faut dire clairement, l'entreprise,
c
'est
pour
90% les travailleurs et les actionnaires,
c
'est tout à fait la dernière route du carrosse. Il n
'y
a aucune raison qu'on dise que l'objectif des entreprises, c'est d'assurer du profit aux actionnaires. Non, le but des entreprises,
c
'est d'un côté
d
'assurer
des
produits de qualité pour les clients qu'il faudra rendre compatibles avec les contraintes écologiques et puis de l'autre côté de fournir un emploi stable, correct, avec une évolution de carrière correcte aux
salariés.
Il y a des projets alternatifs et il faut
se
battre sur le plan idéologique pour qu'effectivement ça devienne la norme qu'on ne dise pas
telle entreprise c'est génial
parce que c'est une start-up.
Il
faut dire telle entreprise c'est génial parce qu'il y a des salariés qui sont traités correctement et il y a des produits qui sont robustes et non pas des produits bidons, innovants à faible durée de vie.
Oui,
alors Fanny je voulais justement évoquer avec vous la question des retraites appliquées aux femmes parce que la retraite à point telle qu'elle est définie c'est quand même quelque chose qui disons jouera contre ceux qui ont des carrières un peu hachées des processus de carrières un peu hachées les métiers les plus précaires sont souvent féminisés et de manière générale aussi les femmes sont souvent contraintes de s'arrêter au cours de leur carrière parce que en fait pour l'instant pour continuer l'espèce humaine il faut avoir des enfants et ce sont les femmes qui font des enfants est-ce que vous pensez que cette question quasi-anthropologique en fait soulève les femmes et justifie leur plus grande présence enfin une plus grande présence attendue dans ce mouvement-là en tout cas une présence déjà vue dans le mouvement des gilets jaunes
oui
alors il y a beaucoup de questions votre question mais déjà bon effectivement je pense que dans l'état actuel des choses la retraite pour les femmes c'est déjà très difficile en fait puisque effectivement c'est pas je pense pas que ce soit anthropologique le fait que que ce soit que les retraites soient difficiles parce qu'en définitive et je vais y revenir juste après mais
c
'est finalement comment la société aussi
et
comment enfin comment la société elle fonctionne et sur qui repose le travail domestique mais je vais y revenir juste après mais
en
réalité déjà actuellement c'est très difficile parce qu'effectivement les carrières sont hachées parce que le temps partiel et la précarité
est
quand même très largement répandu chez les femmes enfin il y a 80% des précaires sont des femmes donc dans le travail dans le service à la personne dans tout un tas de métiers qui sont très peu valorisés totalement dévalorisés etc et donc très peu payés et donc du coup des carrières donc beaucoup de précaires
et
aussi des carrières effectivement hachées voilà avec éventuellement les maternités mais aussi après voilà le fait le soin aux enfants et la prise en charge dans le cadre du travail domestique du soin aux enfants encore par les femmes donc déjà actuellement c'est assez inégalitaire c'est à dire les 24% de salaire en moins se répercutent et s'accentuent dans les retraites c'est déjà le cas donc déjà il y
a
un problème et là en fait avec effectivement ce qui s'annonce dans la mesure où toute la donc c'est Christiane Marty qui a un peu travaillé précisément sous cet angle la réforme des retraites et ses effets sur les femmes c'est qu'en fait dans la mesure où l'ensemble de la carrière est prise en compte on est absolument certain que du coup ça va les pénaliser davantage et puis il y
a
aussi un truc qui saute c'était la question des trimestres qui étaient attribués du coup aux maires et qui leur permettait de partir plus tôt avec la majoration des 5% mais sans doute que peut-être tu pourras préciser tout à l'heure mais dès le premier enfant en fait ça va remplacer finalement cette compensation sur les trimestres et donc du coup ça risque aussi de pénaliser les femmes et alors je pense qu'effectivement ça joue dans leur présence là mais ce qui joue dans leur présence là c'était aussi d'ailleurs dans leur présence dans les gilets jaunes on en a beaucoup parlé surtout là dans la dernière période alors avec ce petit truc de déni d'antériorité c'est à dire l'idée qu'on est toujours surpris et surprise de voir des femmes comme si c'était tout à fait nouveau alors qu'en réalité elles se sont toujours mobilisées elles se sont toujours mobilisées mais effectivement je pense qu'elles étaient très présentes dans les gilets jaunes et je pense qu'en partie les femmes qui sont présentes là c'est aussi des femmes d'ailleurs qui étaient présentes dans les gilets jaunes en partie enfin c'est difficile à dire ça on ne peut pas trop savoir il faudrait mener des enquêtes plus approfondies mais en tout cas c'est aussi voilà les femmes gilets jaunes c'était justement dénoncer cette précarité dénoncer les conditions enfin toutes les conditions dans lesquelles elles vivent et surtout aussi alors sans le dire comme ça elle ne le disait pas comme ça mais dénoncer la difficulté à joindre les deux bouts donc la difficulté à joindre les deux bouts encore aujourd'hui elle incombe aux femmes en fait dans la répartition dans l'inégale répartition du travail domestique et donc du coup forcément c'était même si elle elle ne disait pas on en a marre d'assumer le travail domestique il faut que ce soit pris en charge collectivement alors même qu'on est en train de supprimer des crèches etc etc etc bon elle ne le disait pas comme ça mais cela dit derrière ça dans la mesure où il y
avait
un problème de joindre les deux bouts le pouvoir d'achat la consommation finalement c'était toujours elle qui essaye de tenir les cordons de la bourse et c'est
aussi
pour ça qu'elles étaient mobilisées je pense que c'est absolument essentiel enfin effectivement on est dans la continuité elles sont très présentes et d'ailleurs votre reportage le montre très bien elles sont très présentes ici elles sont très présentes dans de nombreuses grèves et je tenais à parler ce soir justement de cette grève de l'ibis des batignols de femmes de chambre dans les hôtels on est dans une dynamique depuis plusieurs années de grèves dans les hôtels qui sont des grèves victorieuses d'ailleurs et là qui dénoncent justement l'absence de la déshumanisation et qui revendiquent en fait une forme de dignité la fin de enfin c'est plus le salaire aux pièces mais c
'est
à la chambre en fait la tâche voilà à la tâche et du coup qui voilà se mobilise depuis plusieurs mois pour demander à avoir les mêmes acquis sociaux que les autres salariés de l'hôtel à être internalisés et ça je pense que c'est bon voilà j'en parle aussi pour dire qu'il y
a
une caisse de grève et que si on peut c'est important d'y contribuer parce que c'est aussi comme ça qu'elles continuent leur lutte et
d'autant plus que ça marche elles obtiennent des victoires
elles
obtiennent des victoires
par leur
persévérance
mais
voilà parce que c'est des mois c'est des mois des mois de lutte en fait et elles tiennent grâce à la caisse de grève et du coup il y
a
d'autres grèves qui se déclenchent ailleurs et ça c'est important de le souligner c'est des grèves très difficiles et qui peuvent être victorieuses tout ça pour dire que les femmes aussi sont là en tout cas enfin ont toujours été présentes mais voilà en grève
avec
tout le monde
Alors j'ai l'impression qu'en fait un des problèmes auxquels on fait face c'est qu'en réalité le néolibéralisme veut adapter veut que la société s'adapte au profit d'une minorité alors que c'est l'économie qui doit s'adapter aussi aux évolutions sociales notamment la question en fait de la transition disons la transition vers plus d'égalité hommes-femmes elle est quasiment entravée par le refus de mettre en place un congé paternité conséquent parce que ça coûte cher le refus de mettre en place enfin de renforcer les crèches et de répondre en fait au dynamisme démographique de la société française parce que ça coûte cher et finalement ce qui coûte le moins cher c'est de de précariser encore plus les femmes et quelque part aussi de leur ajouter une sorte de fardeau de culpabilité étant donné que structurellement la société les enfants se tournent vers la maman quand ils ont faim la société se tourne vers les mères pour les accuser de tout et de n'importe quoi dès qu'il s'agit des enfants je ne
sais
pas je
ne sais pas
si ce sentiment qui est vague en fait qui est empirique en tant que chercheuse comment vous voyez tout ça
en tant que chercheuse donc j'ai aussi effectivement travaillé un peu sur l'histoire des féminismes mais ce dont je voulais parler là c
'est
aussi dans la dernière période justement cette question là elle apparaît au niveau international par l'intermédiaire de grèves féministes
en
fait la question de mettre au coeur justement et de demander à ce que dans des politiques néolibérales en fait demander à ce que tout ce qui est pris en charge par les femmes soit socialisé depuis là le début des années 2010 bon je pense que vous l'avez remarqué aussi lors de la manif du 23 novembre en France aussi on commence à être en nouvelle vague féministe il y a une vraie dynamique féministe là qui est en cours contre les féminicides suite à MeToo etc et je pense que ça alimente ça alimente les gilets jaunes ça alimente ce mouvement puisque dans l'histoire
ça
a toujours été un peu comme ça c'est à dire à chaque mouvement chaque mouvement social de masse s'accompagne du développement aussi de revendications féministes ça a été le cas en 68 ça a été le cas en 95 ça a été le cas même bien avant en 1848 en 1789 c'est des dynamiques c'est concomitant en fait
et
c'est assez logique finalement mais là en gros sur cette question de la prise en charge du travail domestique de rendre visible ce travail domestique donc il y a des grèves féministes qui s'organisent donc ça a commencé en Argentine ça a été repris en Espagne en 2017 puis l'année dernière le 14 juin en Suisse où il y
a
eu une énorme grève féministe ça a été il y
a
eu aussi des choses qui se sont passées en Italie et en Belgique et je pense qu'on est en fait dans ce contexte-là aussi en France et ça alimente aussi ce mouvement social-là ou en tout cas ça en fait partie la question il y a eu là une multiplication aussi d'articles sur justement les conséquences de cette réforme sur les femmes des retraites et du coup la question du travail domestique elle est présente la question de revendiquer un autre partage du travail domestique et du coup une socialisation des tâches domestiques c'est ça l'enjeu et ça pose un problème plus global justement sur ce que vous disiez le système néolibéral enfermant des crèches en tout un tas d'éléments comme ça en privatisant toutes sortes de questions ça va à l'encontre de cette logique de la grève féministe qui du coup est directement finalement politique et aussi contre le néolibéralisme en définitive
Alors Sophie je suis curieux de savoir en fait ce que vous en pensez en tant qu'étudiante en tant que femme de cette disons de cette violence en fait qui ne s'exprime pas forcément mais qui justement en assujettissant la société à l'économie précarise encore plus les femmes mais encore plus d'autres catégories de la population
Alors
pour moi elle s'exprime beaucoup en fait
en fait
c'est marrant parce que moi je suis en master de sciences politiques comme vous l'avez dit mais en fait je suis un peu spécialisée dans la question d'études de genre à l'université de Saint-Denis enfin il y a un département d'études de genre le plus ancien en France voire le seul
parce
qu'il y a des il y a des formations ailleurs mais bref et donc moi ça fait aussi partie de mes sujets d'études du coup je suis ravie
que
vous soyez là enfin bref ça tombe bien moi j'ai commencé le militantisme entre autres par le militantisme
féministe
parce que
parce
qu'en fait il
y a
un moment il y a une urgence et il y a une urgence et il
y a
un besoin je pense que c'est là où je dis que pour moi cette violence elle s'exprime complètement c'est parce qu'en fait elle s'exprime les personnes n'ont pas toujours les mots à mettre dessus parce que après c'est aussi de la formation de la culture politique comment on vous a parlé de ça enfin comment et quelles personnes vous rencontrez sur votre chemin
donc toutes
les femmes n'ont pas nécessairement ces mots là à mettre dessus les mots féministes
les
mots oppression les mots enfin voilà tout ça c'est beaucoup plus compliqué ça va loin
mais
en fait on ressent et on a bien vu après MeToo et encore maintenant donc deux ans plus tard en fait dès qu'on est dans une pièce où il n
'y
a que des femmes enfin voilà c'est un peu comme le point Godwin on reste et
puis
au bout d'un moment enfin il
y a
un moment on va parler de violence on va parler de violence machiste
on
va parler de violence sexiste on va parler de violence sexuelle
c
'est aberrant c'est effarant c'est consternant
en fait
de se rendre compte à quel point
toutes
sont concernées
mais
vraiment à des degrés divers dans des positions diverses aussi parce que en fait
subir
la violence sexiste
c
'est aussi par exemple pouvoir être
un
enfant témoin d'une maman qui est battue d'une maman qui subit des violences sexistes des insultes etc ça aussi c'est subir la violence sexiste
je
pense à cette mère de famille voilée qui avait accompagné une classe dans un conseil municipal qui s
'est
fait prendre un parti devant son enfant en fait
qui
s
'est
fait prendre et pour moi
les
violences islamophobes spécifiquement islamophobes envers les femmes voilées c'est aussi des violences sexistes en fait
et
donc tout ça ça s'exprime énormément et donc en fait on se rend compte que là donc il y
a
plein de personnes qui décident consciemment de se rejoindre de se regrouper et d'en parler ensemble le week-end de la marche du 23 donc il y
a
eu cette marche du 23 et le 24
dans
la ville de Saint-Denis il y avait une marche locale
une
marche locale
qui
mettait en évidence le fait que les luttes locales sur ces questions-là elles sont primordiales
elles
sont primordiales parce qu'on parle d'intime
on
parle de choses qui sont honteuses qui ne sont pas assumées parce que les violences sexistes ça reste encore le seul crime dans lequel donc on a des personnes des coupables en fait qui ne
se
rendent même pas compte qui sont coupables et ça c'est ça encore une fois enfin moi ça me met beaucoup en colère donc donc en
fait
les luttes locales c'est vraiment important pour ça et donc je suis à cette marche il y
a
eu une AG
et
en fait voilà on se retrouve entre plein de femmes qui habitent qui travaillent vivent dans dans la même municipalité ou bon
les
villes à l'entour
et
en fait on se rend compte que ben voilà et en fait
d
'un point de vue bon nous dans notre syndicat ça fait partie de nos luttes donc on a des mots d'ordre c'est l'anticapitalisme c'est l'antisexisme c'est l'antiracisme l'écologie donc ça fait partie de nos luttes et on est beaucoup là-dessus en ce moment
on
est beaucoup là-dessus pourquoi ? parce que dans toutes les facs en France il y
a
des problèmes l'année dernière il y a encore eu d'énormes problèmes à Paris d'Hydro Paris 7 avec l'UFR de psychanalyse sur la fac de Saint-Denis nous on a eu des cas d'agression sexiste qui n'ont pas été du tout traités par la présidence et qui amènent à des arrêts d'études pour des jeunes femmes
des
jeunes femmes qui nous disent qu'elles veulent poursuivre en master et qui s'arrêtent en licence
alors
qu'elles aimaient cette fac qu'elles voulaient y continuer de fait il n'y
a
aucun endroit dans cette société qui est safe par rapport aux questions de sexisme je pense que les milieux militants même très à gauche même très militants même très au courant très formés ne sont pas non plus safe c'est une bataille quotidienne
ok alors la question de la violence elle est dans l'actualité encore à Paris en ce moment ça bouge ça chauffe la manifestation d'aujourd'hui finalement elle n'a jamais eu lieu quelque part la violence est dans toutes les rues je ne
sais
pas si on peut regarder les images de Paris ce qui nous permettra de faire entrer sur le plateau notre collègue Philippo Hortona qui était dans cette manif qui nous expliquera comment elle a été enfin comment elle a été entravée par les autorités je ne
sais
pas si on a déjà à l'image les images enfin à l'image
les
images de Gabin
est
-ce que c'est déjà disponible est-ce que ces images peuvent être regardées par
donc
en tout cas nous en tout cas oui oui donc le direct de Gabin il est là et donc on va regarder en attendant que Philippo vienne sur le plateau on va peut-être augmenter le son du direct de Gabin
de
retour sur le plateau avec Philippo Hortona qui est un de nos journalistes sur le terrain il était à République il était à Paris en fait à la manif qui finalement n'a jamais eu lieu Philippo est-ce qu'on peut dire que cette manif n'a pas eu lieu
non
moi je ne
suis
pas du tout d'accord je pense qu'elle a eu lieu c'était
assez impressionnant c'était un grand en foule un nombre de chiffres de personnes vraiment incroyable
et
la tactique policière c'est quelque chose qui m'a beaucoup étonné par contre moi j'ai fait j'ai attendu un peu la tête à République puisque finalement le lieu de départ c'est vrai c'était Gare de l'Est mais il y avait tellement de monde que déjà à 14h il y a la tête était déjà à République et ce qui s'est passé c'est que la police a créé un espèce d'entonnoir à République il y a les boulevards de Magenta qui arrivent des Gares de l'Est
qui
rentrent dans la place de la République
et
c'est là qu'il y avait un dispositif policier énorme et très agressif
qui
faisait vraiment un ton noir pour les restes du cortège et ce qui s'est passé c'est que la police intervenait à intervalles réguliers
et
ça non seulement en République mais aussi après aussi à l'entrée de la place de la Nation moi j'ai quitté la manif quand ça commençait un peu à péter la Nation
et
ce qui s'est passé c'est que la police intervenait à intervalles réguliers en essayant de couper la manif en plusieurs morceaux
à
un moment ils ont coupé en face des pompiers à un moment ils ont coupé en face du cortège de la CGT à un moment ils ont essayé de rompre les liens qu'il y avait entre la partie plus en tête plus on va dire indépendante en tout cas les cortèges de tête
et
les restes du cortège et c'est une tactique qui carrément est une tactique déjà un peu suicidaire qui n'a strictement rien à voir avec le maintien de l'ordre
mais
qui a tout à voir avec faire monter la tension et en tout cas être très agressif dans la façon dont on intervient aujourd'hui
et
t'as vu la tension
monter progressivement ? je pense que la journée était déjà très tendue à la base et je pense moi ce que j'avoue qui est très intéressant pour moi
si
vous voulez depuis 2016 on avait la dynamique du cortège de tête donc de cette partie qui est en tête de la manifestation qui est très radicale et qui est prête aussi à se défendre face à une police très très très très très oppressive
puis
on a ou les gilets jaunes donc on a une autre dynamique encore en tout cas très très radicale elle aussi
et
aujourd'hui on a une dynamique qui est en plus qu'on a vu lors du dernier 1er mai c'est à dire il n
'y a
plus de cortège de tête il n'y a plus de black bloc ça n'existe plus les black bloc moi aujourd'hui je ne l
'ai
pas voulu en tout cas
ce
qui existe c'est qu'on foule des gens
qui
sont très très conscients de ce qui va se passer dans la rue et qui sont très très prêts très très organisés pour se défendre
et
quand vous avez toute la manif qui dit ça va péter
et
bien ça c
'est
le résultat et c'est peut-être aussi pas une mauvaise chose
alors
tu dis que
ce
n
'est
pas une mauvaise chose quelque part on se dit les autorités la préfecture le ministère de
l
'intérieur le gouvernement veut que ça pète et toi tu dis finalement ça a pété mais ce n
'est
pas une mauvaise chose pourquoi finalement parce que comme ça a pété la manif n
'a
pas pu s'étendre comme c'était prévu c'est un désordre assez affolant mais toi tu ne
vois
pas de problème tu penses que quand même malgré tout ça il
y a
une démonstration de force
moi
je pense que tous les mouvements sociaux ont une partie plus amoutière et une partie plus institutionnelle revendicative politique en tout cas comme on voit en parler
et
que la richesse des mouvements et leur puissance et aussi la capacité à atteindre des résultats vient souvent de tenir ensemble ce doux bout
la
confrontation dans la rue c'est-à-dire accéder aussi à la dimension du spectacle faire parler de soi occuper les médias aussi grâce à cette stratégie mais à la fois n'est pas loupé la partie plus politique revendicative etc et je pense qu'aujourd'hui ce qu'on avoue en tout cas moi ce que j'avoue dans la rue c'est
une
foule de gens au moins à Paris
qui
étaient prêts à tenir tout ça ensemble à revendiquer tout ça ensemble et personne ne dissociait des personnes
et
donc les manifestants qui étaient qui se défendaient face à la police étaient aussi soutenus par ceux qui étaient derrière qui n'avaient pas envie forcément de se mettre à se confronter avec la police
et
je pense que c'est d'ailleurs ça qui a fait la richesse des Gilets jaunes et c'est d'ailleurs ça qui a permis aux Gilets jaunes d'obtenir des concessions de la part du gouvernement
Alors
quelque part tu nous as livré un reportage d'excellente tenue sur Hong Kong sur la colère à Hong Kong où on voit qu'en fait à la répression policière répond une organisation de plus en plus forte des forces sociales
ce
que tu imagines c'est que quelque part finalement à ce petit jeu
de
la violence systémique et systématique le pouvoir n'est pas sûr de gagner tout le temps
Les
pouvoirs n'est pas sûr de gagner tout le temps parce que bien
sûr jusqu'à très récemment et on l'a vu encore en 2016 lors des manifs contre la loi travail
à
ce moment-là la violence était encore une arme qui permettait de discréditer un mouvement est-ce que celle-là toujours aujourd'hui moi je pose la question je ne pense pas que la réponse soit forcément un oui je pense que plein de gens ont envie que ça pète et ne réchignez pas devant des vitrines brisées plutôt que des grains d'acrymogènes etc. Je pense qu'il faudrait qu'on réfléchisse aussi en tant que journaliste est-ce que c'est la violence est-ce que c
'est
la violence dans une manifestation est-ce que c'est une vitrine brisée est-ce que c'est vraiment de la violence il faudrait qu'on se pose ces questions parce que je pense que les gens qui sont dans la route aujourd'hui ont déjà des réponses que nous en tant que journaliste souvent nous n'apportons
plus C
'est pour moi jusqu'ici une manifestation c'est quelque chose qui part d'un point A à un point B qui se déroule bien où il
y
a beaucoup de monde beaucoup de slogans mais il faudrait peut-être changer de vision
Surtout face au fait que désormais en France n'importe quelle manifestation on l'avoue même avec Extinction Rebellion plutôt que des manifs aussi très non-violentes ou des jeunes lycéens etc. N'importe vous sortez à 100 dans la roue vous vous faites gazer donc face à cette situation qu'est-ce qu'on fait en tant que citoyen qui voulait manifester ou en tant que journaliste qui voulait filmer des manifestations il y
a
des questions à se poser les pouvoirs d'en face je pense qu'il a déjà ses réponses alors que nous on est en train encore de réfléchir est-ce que c
'est
de la violence ou est
-ce
que c'est pas de la violence je pense que c'est un débat qu'il faut dépasser et je pense que c'est désormais très très dépassé par l'effet de
ce
qui se passe aujourd'hui pour revenir à ta question sur Hong Kong je pense que c
'est
une situation très différente qui est difficile on peut faire difficilement de comparaison
par
contre ce qui est étonnant c'est qu'un donné à Hong Kong et en face de soi une police
qui
est réputée pour son agressivité dans le monde alors moi je vous dis j'ai fait l'expérience plusieurs fois avec cette police franchement j'ai beaucoup moins peur à Hong Kong qu'aujourd'hui dans l'Eau de Paris après il y
a
un autre discours c'est à dire qu'il est arrivé que la police hongkongaise tire à balle les rails ça c'est une chose qu'on doit prendre en compte il y
a
des disparitions forcées
ça
c
'est
une chose qu'il faut prendre en compte mais en termes de maintien de l'ordre
aujourd
'hui Paris ça craint Hong Kong ça craint beaucoup moins
oui
mais le but d'une manifestation et notamment d'une manifestation pour les retraites c'est de montrer qu'il y a une unité parmi une large cause de la population pour défendre le système des retraites
et
quand effectivement les gens ne peuvent pas aller manifester parce que ils se disent si on va manifester on court des risques on peut pas on peut pas
on
peut pas courir ces risques parce qu'on a un certain âge ou etc et ben c'est quand même une atteinte à la démocratie et c'est quand même extrêmement préoccupant je veux dire on peut pas on peut pas se réjouir en disant ben le fait qu'il
y
a eu
le fait le fait qu'il y a eu le fait qu'il y a eu
le fait qu'il
y
a eu des des brisines des victimes des vitrines des vitrines brisées ou des camions en feu ben c'est sympa parce que ça va faire la une de BFM ou du
Parisien libéré la manif par exemple des femmes
la manif de MeToo ça a quand même été un succès parce que il y avait beaucoup de monde beaucoup de femmes et que effectivement ça
s'est passé ça s'est passé dans le la manif de
septembre sur le climat par contre ça a été en faillite parce qu'il y
a
eu des affrontements la
faillite
de septembre sur le climat il n'y a pas eu d'affrontements
et là
aussi
moi je vais vous donner un exemple
très très
clair il y a un mois ce qui est intéressant
c'est qu'on est dans un débat de fond en fait face à la violence policière face à la répression de l'état faut-il assumer un certain niveau de violence ou faut-il réclamer à l'état des conditions de manifestation normales voilà je pense que
ça avait quelque chose à dire j'aimerais juste donner
un exemple parce que c
'est
un exemple très très récent et donc notre camarade s'est immolé le 8 novembre d'accord le 9 novembre au matin à 9h donc Frédéric Vidal la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche est allé à Lyon 2 elle s'en est vantée qui est-ce qu'elle a prévenu la présidence de l'université qui est-ce qu'elle a complètement oublié de prévenir nos camarades qui étaient donc à l'hôpital pour soutenir notre camarade qui s'est immolé
quand
tu dis qu'elle s'en est vantée
elle l
'a revendiquée en fait quand on lui disait qu'elle ne faisait rien qu'elle ne nous a offert que du mépris une absence de réponse et de l'irrespect elle a revendiqué le fait d'être venue immédiatement sur les lieux de la fac de Lyon 2 donc voilà ça c'était la réaction de la ministre qui est ensuite allé inspecter les pingouins en Antarctique nous c'était une blague en interne
quand
on n'avait pas de nouvelles on pensait que c'était une blague non c'était la vraie vie c'est-à
-dire
qu'elle est vraiment allée en Antarctique pendant 5 jours était-ce la priorité ?
je
n'en sais rien bon
tout
ce que je peux vous dire c'est qu'on a eu absolument aucune réponse
du
ministère de l'enseignement supérieur que ce soit de la ministre ou ah si on a eu le directeur de cabinet au téléphone samedi à 18h à plus de 24h de l'événement qui est venu nous partager sa peine donc ça nous a fortement enfin ça nous a fait rire jaune
ça
nous a fait rire jaune aucun communiqué de la part de la présidence non de la part du ministère d'enseignement supérieur en revanche mardi rassemblement devant le Crous de Paris à Port-Royal
toujours
aucun communiqué toujours aucune réponse de la ministre mardi soir 19h
face
à la pression des manifestants et des manifestantes
ah
bah là on a eu un communiqué il est arrivé hyper vite
il
est arrivé dans les 1h30 donc en fait est-ce qu'on se réjouit qu'il y
ait
de la violence moi je voudrais reprendre ta question tout à l'heure est-ce que c'est encore de la violence mais en fait moi j'ai noté sur mon cahier c'est pas tellement ça la question c'est est-ce que cette violence elle est politique et en fait il faut remettre le fait qu'il y
a
des actes qui sont politiques c'est ce qu'on a refusé c'est ce qu'on a refusé au plus haut niveau de l'état à notre camarade ça a été dit à l'Assemblée nationale ça a été dit par différents ministres en disant que son acte n'était pas politique que c'était un craquage individuel que c'était un désespoir personnel donc on lui a refusé l'acte politique qu'il avait posé pourtant par des mots avant de le faire et en fait là on refuse la qualification de politique à des expressions d'un énervement d
'un
ras-le-bol et d'une colère d'une colère
d
'une colère et personnellement je suis en colère je suis hyper en colère en fait
je
commence mes journées en étant en colère je l'ai fini en étant en colère aujourd'hui j'ai remonté la manifestation de voir oui tous ces Robocop qui sont là et qui surveillent des banques en fait quand ces mêmes personnes si on doit revenir aux violences sexistes ces mêmes personnes elles ne laissent même pas les femmes victimes de viol rentrer dans les commissariats
c
'est ce qui se passe au commissariat de Saint-Denis il y a des personnes à qui on refuse l'entrée dans le
commissariat
oui les voir surveiller des vitrines
en
fait
ça
me met en colère mais dans une colère profonde
parce
que les familles des vitrines en fait
on
entend beaucoup plus parler que les familles des vraies personnes qui souffrent qui meurent qui meurent du travail qui meurent de ces politiques en fait
moi
je m'en fous qu'il y ait du verre brisé
s
'il y a moins de morts au travail
s
'il y a moins de morts au travail s'il
y a
moins de suicidés du fait de leurs conditions de travail et de vie indignées bah oui désolé à titre personnel je m'en fous du verre brisé
voilà
oui d'accord mais c'est pas la question la question la question c'est à un moment donné que faut-il faire dans un certain rapport de force pour modifier le rapport de force donc à certains moments effectivement on peut dire on a besoin de faire des actes violents etc etc parce que on a une situation particulièrement désespérée il faut il faut la faire éclater par contre lorsque on est dans la situation actuelle où effectivement l'objectif c'est de montrer que l'ensemble de la population l'ensemble des salariés est opposé à une mesure qui va effectivement les atteindre qu'en plus il y a une convergence des luttes avec les hôpitaux l'éducation etc etc ce qui est important c'est d'avoir une manifestation calme résolue tranquille et le rôle et
d
'exiger
et
d'exiger du gouvernement qu'effectivement il assure que cette manifestation puisse avoir lieu et je dis il y a exactement
c
'est exactement le même état d'esprit d'un côté on sabote
la
protection sociale et de l'autre on sabote ce qui fait partie également de notre modèle social qui est la capacité des gens à venir manifester calmement c'est la même histoire donc en fait vous mettez en regard les politiques antisociales du gouvernement qui
sont en train de foutre les gens
dans la merde et qui sont en train de pousser des gens au suicide et les manifestants qui selon vous cassent des
vitrines non en fait si je veux
jouer le médiateur je pense qu'en
fait
Henri est en train de dénoncer la partie où le gouvernement la préfecture de police sabote la manifestation et pas forcément la réaction des manifestants dans cet engrenage qui a été finalement mis en place en amont selon lui par le gouvernement quand
le
gouvernement dit quand on donne des ordres au préfet de police en disant en fait vous allez saboter la manif parce que vous allez bloquer les gens place de la république etc etc c'est une stratégie qui effectivement fait que la manif n'a pas l'ampleur souhaitée et que du coup les gens hésitent à venir il
faut être lucide c'est
ça
l'objectif
je veux dire on peut toujours être content parce qu'on se dit ah ben c'est vachement chic on a brisé une vitrine mais je veux dire c'est pas l'objectif de briser
une vitrine je pense que certains se disent ah malin malin et demi le gouvernement joue le jeu de la violence on lui répond sur le terrain qu'il a choisi lui-même ce qui est intéressant c'est de voir quand même une forme d'évolution en fait de notre rapport disons à la violence entre guillemets révolutionnaire et c'est là que je me tourne vers Fanny qui peut jouer un peu les arbitres dans ce débat qui s'annonce ardu alors est-ce que quelque part
cette
dispute dit quelque chose de notre société telle qu'elle est en train de partir
bah
non mais c'est difficile de répondre à cette question mais moi je crois qu'effectivement là depuis plusieurs années enfin il y
a
eu une évolution et il y
a
eu un changement dans la manière de gérer les manifestations par le gouvernement depuis la loi travail en particulier mais même
ça
avait commencé un petit peu avant et les manifestations du début des années 2000 de la fin des années 90 et même des époques antérieures étaient quand même plus enfin des époques des années 90 on va dire étaient quand même enfin enfin il y avait un droit à manifester qui était respecté après la question de la violence dans les manifestations c'est aussi une question qui s'est toujours posée mais la question c'est qui est à l'initiative de la violence et qui produit la violence c'est-à-dire que quand il y a une nasse à République c'est évident enfin moi je comprends la colère le fait même de voir une nasse être complètement bloquée etc.
c'est pas possible c'est un guet-apens en définitive donc c'est une politique et donc effectivement par rapport à cette politique aujourd'hui je pense que voilà on se retrouve dans une situation enfin moi je me suis retrouvée par le plus grand des hasards à Nation à la fin de la manif des pompiers j'ai halluciné de ce qui était en train de se passer je sais c'était il y avait des gaz partout dans le métro c'était alors que c'était une manif assez tranquille enfin qui était pas censée enfin
et
c'est vrai que maintenant c'est absolument systématique et donc moi ce que je me dis par rapport à aujourd'hui c'est que malgré ça il y avait justement alors je sais pas si on a les chiffres là mais il y avait à mon avis enfin dans les chiffres que moi j'ai vu aujourd'hui au moins je sais pas un million peut-être deux millions de personnes en manifestation j'en sais rien peut-être que j'exagère mais
je
sais pas si on a les chiffres mais j
'ai
vu qu'il y avait 10 000 personnes à Bayonne 100 000 personnes à Toulouse je sais pas à Paris combien il y
avait
de personnes bon c'est des manifs de l'ampleur du CPE qui était voilà et c'était 3 millions de personnes au moment du CPE bon il y avait malgré justement cette violence-là étatique et du coup la réponse c'est comme ça que tu le posais aussi au départ c'était se défendre c'est ça l'idée c'est aussi se défendre là par exemple moi aujourd'hui j'ai appris que dès qu'on arrivait c'était des fouilles pour tout le monde c'est quand même c'est quand même une sacrée ambiance en fait d'arriver je sais pas si c'était guerre du Nord ou guerre de l'Est tout le monde était fouillé enfin c'est quand même
c
'est quand même hallucinant donc la question c'est qui c'est qui empêche la manifestation enfin bon voilà moi je
en
tout cas
il y
a
la question des manifestations mais il y a surtout la question de la grève la grève générale et de sa reconductibilité je pense que le rapport de force s'établit d'ailleurs plus pendant la grève que pendant la manifestation là on a Esther Venvassa qui est autour de nous et qui va participer à la deuxième partie qui commencera dans quelques minutes avec Denis Robert mais en tout cas la question de la grève est-ce que vous pensez qu'il est souhaitable que cette grève générale se reconduise pendant longtemps pour établir un rapport de force au-delà des manifs
les travailleurs l
'ont déjà décidé ils ne nous ont pas attendu pour à la RATP à la SNCF je pense que ça a déjà été décidé qu'effectivement la grève est reconductible donc le problème c'est que
il
faut être clair je veux dire
la
réforme des retraites telle qu'elle est elle est inacceptable pour un certain nombre de professions et donc on ne peut pas quelle que soit notre bonne volonté on ne
peut
pas l'accepter on ne
peut
pas accepter quand on est infirmière quand on est enseignante quand on est conducteur de métro on ne peut pas accepter une mesure dont on dit ça va baisser votre retraite de 25 ou 30% je veux dire ce n
'est
pas acceptable donc naturellement
il
faut que la grève soit reconductible et il faut que le gouvernement dise c'était une erreur c'était une erreur finalement Henri Stardiniac vote la grève reconductible
je dis
qu'ils ont décidé sans me demander heureusement mon avis
et
votre avis est positif alors Sophie vous pensez que la capacité de reconduire la grève parce que ça coûte quand même cher c'est dur une grève qui se reconduit dans ce type d'épreuve de force vous pensez que la clé c'est dans cette capacité de reconductibilité ?
je pense que c'est très important ce matin j'étais à l'agent à professionnels de Saint-Denis où il y avait notamment beaucoup de personnel de l'éducation nationale qui prenait la parole et on voit bien qu
'il
y
a
une forte détermination une forte détermination à poursuivre le mouvement
à
essayer de discuter stratégiquement justement aux possibilités matérielles de poursuite du mouvement parce que
en
fait les gens malgré la grève générale illimitée on continue à payer les loyers globalement c'est
un
peu ça l'idée donc c'est des vrais questionnements moi à titre personnel j'y crois à côté de mes études je travaille dans un collège je suis surveillante moi je me suis déjà mis en grève pour demain donc à titre personnel j'y crois et comme vous le disiez c
'est
pas à nous de décider ce qu'il est bon ou pas de faire je pense qu'en effet il y
a
une détermination dans des domaines très très différents de travail de rester là dessus et en fait le gouvernement est très très fort parce qu'il a quand même réussi à donc créer les conditions d'une unité sur une question donc voilà il a créé les conditions d'une unité des étudiants il y a quelques semaines on a réussi à faire un tract intersyndical à 5 c'était pas arrivé depuis le CPE
bon
là il réussit à créer les conditions d'une unité dans la grève générale bon bah écoutez on verra moi j'ai bon espoir en tout
cas
Fanny vous votez la reconduction
oui
moi je vote la reconduction mais après effectivement je pense que c'est parti voilà au niveau de la RATP c'est jusqu'à lundi inclus dans les établissements scolaires
c
'est bien parti après
oui
enfin je sais pas si j
'ai
grand chose à dire
oui
mais quelque part est-ce que vu la radicalité à laquelle ce gouvernement nous a habitués est-ce qu'on peut pas imaginer qu'il joue les preuves de force pour affamer ceux qui perdent de l'argent dans cette grève en se disant que comme Margaret Thatcher l
'a dit il
va finir par triompher
il
y avait justement alors je sais plus dans quel média mais une enseignante qui disait
je
préfère perdre 800 euros maintenant
que
perdre 800 euros tous les mois
pendant
je sais pas combien d'années
et
c'était ça le titre de l'article je trouve que c'est assez je pense qu'il y a un peu de ça parce que c'est quand même ça c'est quand même ça l'enjeu donc après évidemment c'est difficile mais
enfin
c'est sûr que voilà mais
en
tout cas ce qui est certain c'est que enfin ce qu'elle s'a montré même en novembre décembre 95 ou dans d'autres luttes qui ont été victorieuses c'est quand on réussit aussi à tenir le plus longtemps possible là peut-être qu'on pourrait recommencer à discuter de la question des caisses de grève puisque c'est quelque chose qui est dans l'air du temps notamment via l'Ibis des Batignolles il y
a
des caisses de grève qui sont qui reviennent un petit peu alors que c'était des pratiques qui étaient très utilisées au 19ème siècle et puis après un peu moins
en
définitive c'est quelque chose qui peut-être revient et peut-être qu'on peut commencer aussi à penser à ça enfin j'en sais rien moi je dis ça c'est voilà
comme ne le dit pas
monsieur Friot puisqu'il n'est pas là justement
Bernard
Friot est arrivé c
'est la reine
des batailles pourquoi c'est la reine des batailles
parce que pourquoi c'est la
reine des batailles parce que ça fait partie du projet
du
gouvernement de Macron des classes dirigeantes de petit à petit détruire ce qui fait le modèle social français donc c'est la reine des batailles après la bataille sur le droit du travail la bataille sur le statut de la SNCF la bataille sur
la
prise en main de l'assurance chômage par le gouvernement
ça
fait partie de cette bataille effectivement sans prendre aux
retraites
et voilà pourquoi c'est important que cette bataille soit gagnée
alors
Philippe bientôt tu vas laisser ta place à Bernard Friot qui va venir qui va se maquiller qui va venir sur le plateau pour le temps qui nous reste en fait on va lui consacrer un peu de temps pour qu
'il
nous explique en quoi cette réforme des retraites c'est la mer des batailles mais toi qui as un peu représenté le camp de la radicalité sur ce plateau selon toi comment faire pour avoir une lutte victorieuse est-ce qu'il faut continuer à manifester est-ce qu'il faut affronter la violence de l'état
j'ai l'effusse de répondre à ta question parce que je ne représente rien à personne en plus je suis journaliste donc c'est vraiment pas mon rôle mais par contre
ce
qu'on peut dire c'est par rapport à l'évolution des formes de mouvement c'est-à-dire on a beaucoup parlé d'une gilégionisation de la grève et en quelque sorte ça s'évoit un peu dans la rue aujourd'hui
c
'est-à-dire désormais la manif un peu la forme de la manif syndacale très encadrée très tranquille etc ça n'existait plus ça n'existait plus aussi parce qu'en face
il
y
a
une répression assez folle et assez absurde pour laquelle chaque pas qu'on prend c'est toujours des gaz lacrymaux qu
'on
se prend à la gueule
et
donc face à ça il y
a
toute une nouvelle pratique toute une nouvelle série de pratiques qui se mettent en place et en quelque sorte cette gilégionisation ça s'est produit aujourd'hui il n
'y a
plus les cortes de la tête il n'y
a
plus le black bloc il y a juste une foule qui est prête quand même et qui sait aussi qui a appris aussi à se défendre et ce qu'il faudra voir selon moi au cours des semaines s'il y aura des semaines de grève qui viendront en tout cas dans les cours de cette mobilisation ce qu'il faudra observer selon moi dans ce domaine
c
'est est-ce que cette forme va être reprise par les centrales syndicales est-ce que ça va rentrer dans l'ordre
ou
est-ce que ça va donner en quelque sorte ça va donner des nouvelles formes d'organisation des nouvelles assemblées des nouvelles formes de faire politique aussi qui vont se jouer aussi dans la roue et c'est ça que selon moi en tant que journaliste un peu des roues qu'on devra observer
ok
ben c'est intéressant alors on attend Bernard Friot qui a priori devrait bientôt être présent sur ce plateau en tout cas Henri Sterdiniak va nous permettre de l'introduire un peu je voudrais que les minutes qui nous restent on travaille vraiment on réfléchisse en fait et on parle de la question de fond de cette bataille pour la réforme de la retraite qui serait la mère des batailles qui disons de laquelle découleraient les autres c'est un peu ce que vous disiez
est
-ce que vous êtes d'accord avec Bernard Friot quand il considère que finalement c'est ce système en fait d'organisation de répartition de la valeur le salaire à vie pour les retraités qu'il faudrait généraliser plutôt que faire disparaître
absolument
pas
vous
n'êtes pas d'accord et donc vous aurez le temps d'en parler quoi ? vous aurez le temps d'en parler
faut
-il en parler
je
veux dire voilà
le
système des retraites c'est un système dans lequel social salarial dans lequel on garantit aux retraités le même niveau de vie que celui des actifs
c
'est pas un salaire les retraités n'ont pas un salaire en ce sens qu
'ils ne
contribuent plus à la production mais simplement
les
actifs ont décidé que leur
production
ils souhaitaient que ce soit socialement organisé qu'une partie soit donnée aux retraités qu'une partie
soit
gardée pour eux
et
on peut regretter mais peut-être que ça viendra qu'on oublie aussi les jeunes les étudiants et que peut-être aussi une des questions de notre société c'est qu'il faudrait que les jeunes en formation eux aussi aient droit à la même solidarité disant ben voilà
dès
je sais pas dès 21 ans ou dès 18 ans ben déjà ils ont droit à une part du gâteau si on peut dire et
puis et puis et
puis ils sont voilà mais c'est pas un salaire en ce sens que les étudiants ni les retraités ne produisent rien c'est une je
suis pas d'accord
vous êtes pas
d'accord je veux
bien mais ce que je veux dire c'est c'est un choix social
voilà ce
sera un débat très intéressant malheureusement Henri finalement il n'est pas il n'a pas pu venir Bernard c'était une fausse alerte il n'est pas là donc voilà c'est une journée de grève bien particulière mais
du
coup
je
peux
vous
répondre dans
l'Orient on m'a expliqué oui oui
ok super alors
non
mais parce que moi comme je vous disais tout à l'heure nous on est dans un syndicat qui est anticapitaliste alors en dehors même d'aller jusqu'au néolibéralisme
on
essaye de travailler même en amont sur la conception capitaliste capitaliste pardon et donc du coup il y a vraiment une question de redéfinition du travail et de qu'est-ce qu'on considère comme le travail et nous vu qu'on est anticapitaliste bon le travail salarié du coup c'est pas trop notre tasse de thé et on est plutôt sur ce qu'on peut appeler une approche anthropologique pour le coup du travail donc le travail c'est quoi c'est globalement toutes les actions qui nous permettent de
faire
bouger en fait le monde autour de nous d'avoir un impact une influence sur notre environnement au sens large que ce soit notre environnement naturel, social etc. et donc du coup alors je suis pas d'accord sur le fait que les retraités et les étudiants ne produisent rien déjà pour une bonne raison moi j'ai produit un truc l'année dernière et ça m
'a
même permis de valider ça s'appelle un mémoire et les mémoires c'est la production de connaissances les thèses et les doctorats c'est la production de connaissances et la connaissance c'est
j
'aime pas dire un bien mais la connaissance c'est pas rien c
'est
de la valeur
malheureusement on sera obligé
d'interrompre
ce débat on va y revenir en tout cas pendant c'est
un
domestif d'ailleurs le
travail domestique aussi on sera obligé de conclure cette première partie parce qu'il
y a
une deuxième partie qui commencera dans 15 minutes mais en tout cas entre temps on aura là un long entracte où on aura des images de la journée et donc restez avec nous on continue jusqu'au moins à 22h et peut-être même jusqu'au bout de la nuit en tout cas puisque la grève est reconductible c'est une bonne raison de dormir tard et regardons ce long résumé de la journée
les
contrôles de police qui ont lieu ils sont comme ça par groupe à tous les coins de rue quasiment
t
'es jeune aussi t'as 20 ans je crois
18
ans putain incroyable
je
m'estime chanceux je pense plus à d'autres blessés
t'aurais pu perdre un
oeil aussi j 'ai vu Manuel par exemple dans les urgences et
il
m'a quand même un petit peu choqué David comment tu vas ça va
on essaye
ouais c'est dur t
'as ton nouvel oeil là
ouais c'est pas l'officiel c'est la provisoire merci d'accord
donc
tu vas la refaire parce qu'en fait vu qu'il est enfoncé
du
coup ça se barre des fois sur la gauche
on
dirait
ouais
ouais d'accord ouais je vois je vois mais c'est déjà bien ça
doit te faire du bien psychologiquement
ok pas pour longtemps mais ça fait du bien
ouais
tu te rappelles vite que tu vois pas quoi voilà mais dans le miroir c'est un peu mieux c'est mieux c
'est un peu mieux tu
peux te regarder dans le miroir
les
paupiers avec la police
ils
ont des caméras embarquées
près
de 40% des aides-soignants qui quittent le travail
dans
un état de santé dégradé le dos, le bt, les burn-out,
les
maladies qui sont notre quotidien donc les retraites c'est au coeur de nos problématiques la reconnaissance de la pénibilité de nos métiers de nos métiers doit être reconnue autrement que ce qui est proposé dans cette réforme obtenir des salaires une augmentation de 300 euros nette pour chacun entre nous des lits pour pouvoir accueillir correctement les patients et des lits en fonction des besoins de la population et des effectifs parce qu'il faut des gens à l'hôpital pour prendre en charge correctement les patients
c
'est nécessaire et qu'on puisse partir à la retraite aussi il faut embaucher à travers les revendications que l'on porte c'est tout simplement un autre monde que l'on souhaite les retraites en sont un exemple mais quand on discute un autre budget pour l'hôpital c'est forcément une autre société c'est une société où l'humain serait au coeur de nos problématiques et pas forcément la finance et la rentabilité la santé est malade on est maltraité
les infirmières sont maltraitées ce qui compte c'est que l'argent mais c'est la fonction
publique
où il y a le plus de risques psychosociaux on en parle très peu on a un ministère qui est une vraie chatte de plomb
quand
vous avez un policier qui se suicide on en parle dans tous les journaux quand c'est une infirmière ou un aide-soignant c'est caché par le ministère
sans les passagers excuse-moi excuse-moi est
-ce
que tu peux m'expliquer ce qui s'est passé ?
c
'est
normal
c'est normal c
'est normal c'est
normal
parce
que vous allez être concerné par les retraites également
ah
non moi je ne
suis
plus concerné moi j'ai vous
avez déjà fait vos
annuités c'est
pour ça que vous ne faites
pas grève
pourquoi
vous ne soutenez pas les autres en faisant grève parce que j'ai fait assez grève avant et maintenant je pense que c'est
plus c
'est plus de mon ressort c'est aux jeunes agents de le faire
d
'accord merci pour votre réponse
monsieur
vous aussi monsieur
alors
on vient d'à côté d
'Evreux d
'accord donc on est parti à 4h30 ce matin on convoie de 3 voitures on est arrivé de bonne heure à 7h30 on était là donc on patiente on patiente et on est impatients aussi là ça commence à se regrouper un petit peu on suit un peu aussi les lives sur Rouen tout ça ou depuis 8h30 ce matin ça cartonne énormément il
y
a du monde un peu partout et ça cartonne voilà
le
rond-point des vaches ils ont été chargés dès 9h moins le quart ce matin
donc
plutôt plutôt violemment plutôt sportif voilà ça a gazé tout ça et sur Rouen ça bouge énormément on
sent qu'il y a une
très très grosse mobilisation
cette
semaine et il faut espérer que ça bouge grâce à tout ça les retraites c'est bien l'offensive c'est mieux
on
voit pas la masse mais on va la voir d'ici quelques temps
vous
la trouvez pas normale cette réforme ? non je la trouve injuste profondément injuste elle casse un système de notre société un système solidaire et quoi qu'en disent aujourd'hui les médias
les
médias dépendants et bien cette réforme est profondément injuste inégalitaire et elle va créer beaucoup de misère à terme pour nos anciens pour les gens qui auront cotisé toute leur vie bien sûr et quand on voit le climat depuis un an avec quand même le peuple qui est sorti qui s'est fait réprimer très fortement est-ce que finalement on
ne
pouvait pas espérer mieux qu'une réforme qui puisse réunir tout le monde en France pour
réellement
être
tous dans la rue
? il y a une réforme qui réunit tout le monde en France c'est le système actuel de retraite qui doit effectivement être sans doute amélioré et prendre en compte un certain nombre d'évolutions de la société mais en tout cas je
veux
dire réunir pour lutter pour lutter contre ce système politique c'est une excellente réforme pour réunir les gens mais contents c
'est ça oui on est d'accord
mais c'est ce qu'on attendait donc finalement est-ce qu'aujourd'hui vous pensez que la convergence va vraiment se faire et que la
grève générale va
pouvoir jurer ? j'espère que la convergence des luttes va pouvoir se faire et qu'on se retrouve à la fois dans les luttes mais je crois qu'il faut aussi construire une alternative politique à ce système et c'est je crois le grand défi qui est posé aujourd'hui au mouvement social et aux forces politiques notamment de gauche pour qu'on puisse construire une alternative à ce qui se fait aujourd'hui dans le pays et il y a moyen de le faire de l'argent la France est un pays riche il y
a
beaucoup d'argent dans
ce pays
il suffit d'utiliser autrement mais est-ce que finalement aujourd'hui un gauchot comme on dit enfin un politique de gauche il rentre dans le système capitaliste il ne devient pas libéral lui aussi est-ce que finalement c'est pas le capitalisme qui on est arrivé peut-être au bout d'un système non
?
le capitalisme a une forte capacité de régénération mais pas la nature
non
d'accord non mais ce que je veux dire par là c'est qu'effectivement on a affaire à une force idéologique très forte on a un courant idéologique qui est fort aujourd'hui et qui commence et qui a marqué des points dans la société c'est clair mais il faut pour nous maintenant faire la démonstration que notre solution est possible que d'autres solutions sont possibles
c'est ça
et voilà je crois que c'est et ça passe notamment et peut-être même surtout par les luttes parce que c'est aussi dans les luttes qu'on peut prendre le temps du débat de la discussion et de l'élévation du niveau de conscience
les liens sociaux
se reforment aussi pour se dire qu'il est possible de faire autrement et
qu'ensemble on est
beaucoup
plus fort
merci beaucoup monsieur je peux avoir vos coordonnées ouais Didier Mignot conseiller régional communiste d'Île-de-France ok merci Didier
alors
là c'est une délégation des pompiers des Yvelines
on
est à peu près 80 personnes
l
'idée c'est de rejoindre le mouvement des retraites mais également de faire un appel sur nos mouvements nationaux à savoir toutes les problématiques que l'on a en effectif un gros problème d'effectifs
la
reconnaissance de notre métier la revalorisation de notre prime de feu tous ces facteurs là et bien sûr on est solidaires du mouvement
national
des citoyens qui s'inquiètent énormément pour la retraite puisque également nous nous allons être touchés nous n'avons pas encore de réponse claire à nos questions on est contre un système en disant
les
femmes elles ne sont pas mises en avant donc il faut changer la retraite il y a des privilégiés il faut leur enlever leurs privilèges par contre on essaie toujours encore une fois de monter les uns contre les autres c 'est ça et encore une fois on n'est pas dans cette dynamique là et notre profession est loin dans cette dynamique là on n'a pas peur on n
'a
pas peur on n
'a pas
peur ils m'ont pris mon masque j
'avais
un masque à gaz ils me l'ont pris je ne savais pas que tu filmes en live je ne savais pas
non
mais la police m'a pris mon masque à gaz masque à gaz ils me l'ont pris
alors
que j'ai la carte de presse j'ai même le brassard tu vois
qui
normalement les empêche de me de confisquer mon matériel mais ils m'ont pris le masque à gaz que j'avais c'est pas top top mais t'as un élément louche toi position et puis les CRS font le barrage statique
et
de l'autre côté vous avez la manifestation
alors
du côté des CRS
et
bien on a le bouclier posé sur le sol on est vraiment dans la configuration d'un barrage statique
il
n
'y
a pas de tension particulière pour l'instant et des forces de l'ordre
alors
les explosions que vous entendez ce sont des explosions de pétards visiblement
pour
l'instant il n
'y
a pas de tir de grenade lacrymogène c'est toujours à proximité des feux tricolores qui sont en train de se consumer
un
petit peu de
une
très légère tension mais
qui
ne compromet absolument pas
le
déroulé de la manifestation pour l'instant
alors
c'est quelque chose d'apparemment nouveau c'est à dire qu'un petit groupe de pompiers est prépositionné derrière le cordon de police visiblement de façon à pouvoir intervenir très rapidement sur un départ de feu comme un feu de poubelle par exemple
non
mais maintenant il faut se dépêcher
nous
sommes place de la république la manifestation syndicale est en train de se disperser les forces de l'ordre ont entrepris le ratissage de la place de la nation donc il y
a
encore des mouvements il y
a
eu quelques affrontements à l'arrivée l'essentiel des affrontements est cependant resté circonscrit à la zone de la place de la république tout est parti d'une tentative d'incendie des feux rouges pour saboter les caméras qui permettaient aux forces de police d'avoir une physionomie de la place donc il y
a
eu un petit incendie allumé auprès d'un premier feu rouge avec des poubelles un deuxième et puis une baraque de chantier a été incendiée et c'est à ce moment là que les forces de l'ordre sont intervenues à plusieurs reprises assez violemment de manière un peu désordonnée donc stoppant bloquant pendant de longues heures le cortège syndical qui n'arrivait pas à avancer puisque devant il y avait des individus en train de s'affronter à la police alors parmi ces individus il y avait bien sûr des black blocs mais pas que des black blocs il y avait aussi des éléments radicalisés et puis il y avait des gens tout simplement qui étaient là parce qu'ils ne souhaitaient pas marcher à l'intérieur d'un cortège et qui se sont retrouvés au milieu de ces escarmouches qui ont fait quand même quelques blessés nous en avons vu certains des journalistes ont également été blessés il y
a
eu des charges des contrecharges les pompiers ont tenté d'intervenir ils sont intervenus ensuite pour éteindre la fameuse baraque de chantier et finalement après avoir été bloqué pendant de longues heures le cortège syndical a pu s'avancer franchir la place s'engager sur le boulevard Voltaire et parvenir à la place de la nation où cependant des heurts sporadiques se sont produits avec les forces de l'ordre et encore pour l'instant il y
a
encore quelques escarmouches assez limitées avec des petits groupes qui tentent de rester mais qui sont repoussés par les forces de l'ordre
voilà
c'est ce qu'on peut dire sur cette manifestation qui a été d'un niveau de violence finalement moins important que ce que l'on pouvait envisager c'est une bonne nouvelle et ce cortège s'est montré extrêmement dynamique jusqu'à la fin jusqu'à l'arrivée de la place de la nation on a vu les services d'ordre syndicaux encadrés les manifestants et des manifestants extrêmement combatifs malgré les gaz lacrymogènes malgré les interventions de la police en plein milieu du cortège et bien le cortège est resté constitué et est arrivé sur la place sans vraiment être désorganisé c'est déjà une première victoire pour cette journée de mobilisation
vous
avez raison vous
avez
raison et
pour
la retraite comment ça va se passer
? j
'en sais rien monsieur j'en sais rien je ne suis pas le gouvernement non mais
quand
même pour la retraite il faut que ça
je
ne
sais
pas comment ça va se passer parce que
nous
on a presque que ça s'entend et tout voilà voilà on me signale qu'on est encore en direct ça tombe bien monsieur que vous êtes venu manifester vous ? oui je suis venu j'étais déjà et alors quel est votre sentiment à
l
'issue de cette journée de manifestation
?
c'était bien ça va mais quand même c
'est
quand même on voit les pauvres gens qui prennent le train le métro il n'y
a
pas de transport voilà c'est normal parce que la SCF veut prendre la retraite à 57 ans vous avez quel âge ? moi 60 ans je vais avoir
donc
vous prenez votre retraite dans combien de temps ? dans deux ans 62 ans mais je ne
suis
pas encore sûr
parce
qu'avec un gouvernement ce
n
'est pas ce qu'il nous a donné la retraite il ne nous a donné jusqu'à 67 ans 70 ans
10
ans mais encore
alors
qu'est-ce que vous avez pensé de la manifestation aujourd'hui ?
aujourd
'hui ça a été très bien monsieur les incidents de la place de la république ça ne vous a pas ?
ça
m'a choqué un petit peu mais ça va mais quand même ça a été parce que les gens ont bougé il y avait des mots quand même
il
y avait beaucoup de mots
alors
vous êtes en grève aujourd'hui vous avez pris un jour de congé ? non nous sommes en grève mais je travaille je
travaille
moi je suis
vous
travaillez où vous ? moi je travaille à
la
nation
ah oui donc
voilà
et
demain qu'est
-ce
que vous ferez ?
vous
serez
en grève
? demain non je continue je travaille je sais moi j
'ai
besoin de travailler on a besoin d'argent c'est vrai il y en a qui les gens qui sont en grève qui se font toucher comme argent ils ne vont rien toucher
le
gouvernement il ne
va
pas payer le gouvernement qu'est-ce
qu'il
va faire ? il va mettre sur tomber il va dire démerdez-vous il va dire voilà c'est tout c'est ça qu'il va dire le gouvernement
bon
c'est ça qu'il
va dire parce
que le gouvernement il va parler il va parler il va donner son opinion il va dire moi je ne
suis
pas d'accord pour les gens qui sont en grève je ne suis pas d'accord que les gens qui sont les gens qui veulent travailler comme on a été travaillé ne
sont
pas payés
mais
parfois ils ne payent pas nous
nous
on n
'est
pas payés parfois qu'ils se vont faire rester chez vous et c'est tout
d
'accord voilà un jour ça va venir comme ça
on
va tous virer et puis ça va être la crise ça va être la crise comme en Espagne comme personne va travailler il va y avoir des casseurs partout
c
'est comme ça ça va être comme ça
merci
de nous avoir répondu
on
va arrêter là puisque là il y a les sommations de la police et donc on va être obligé de rendre l'antenne si l'on peut dire pour reprendre l'expression consacrée et là les forces de police ont complètement bouclé la place de la nation et sont en train vraiment de ratisser et de chasser les derniers manifestants qui profitent de ce que la ligne 1 est ouverte pour rentrer chez eux c'est un coup de
chouette
on va dire puisque quand même le cortège a été assez long il ne fait pas très chaud et la plupart des manifestants sont quand même assez fatigués par cette journée qui a été je vous le répète marquée par une longue station du cortège syndical en raison des affrontements place de la république affrontements qui sont quand même restés d'une violence assez limitée par rapport à ce qu'on a pu connaître lors des samedis des gilets jaunes par exemple l'intensité de la violence était quand même assez mesurée peut-être que le gouvernement a réfléchi à deux fois avant de les forces de police faire tout et n'importe quoi comme à l'habitude
voilà
c'est la fin de cette retransmission
on
coupe
on
n
'a
pas peur on n
'a
pas peur on n
'a
pas
peur on
n
'a
pas peur
on
n'a pas peur j 'ai
pris
mon masque j 'avais un masque à gaz ils me l'ont pris je savais pas que tu filmes en live je savais pas
non
mais la police m'a pris mon masque à gaz
j'ai pris
mon masque à gaz ils me l'ont pris
alors
que j'ai la carte de presse j'ai même le brassard tu vois
qui
normalement les empêche de confisquer mon matériel mais ils m'ont pris le masque à gaz que j'avais c'est pas top top mais t'as un élément louche toi Martin position et puis les CRS pour le barrage statique
et
de l'autre côté vous avez la manifestation
alors
du côté des CRS
et
bien on a le bouclier posé sur le sol on est vraiment dans la configuration d'un barrage statique
il
n
'y
a pas de tension particulière pour l'instant et des forces de l'ordre
alors
les explosions que vous entendez ce sont des explosions de pétards visiblement
pour
l'instant il n
'y
a pas de tir de grenade lacrymogène c'est toujours à proximité des feux tricolores qui sont en train de se consumer
c'est
un petit peu de
une
très légère tension mais
qui
ne compromet absolument pas
le
déroulé de la manifestation pour l'instant
alors
c'est quelque chose d'apparemment nouveau c'est-à-dire qu'un petit groupe de pompiers pré-positionnés derrière le cordon de police visiblement de façon à pouvoir intervenir très rapidement sur un départ de feu comme un feu de poubelle par exemple
je suis
un peu plus
je
suis un
peu
plus spécialiste des familles des plus riches et je suis là aujourd'hui dans la manifestation pour des rebelles marques de l'individualisme négatif vous la sentez joyeuse la manifestation on espère aussi bonne journée à vous bonne manif je suis ravi de retourner sur une émission en direct parce que j'aime plutôt ça moi je me suis lancé dans le bain du direct il y a 7 mois on m'a dit vas-y et là voilà on peut faire tout ce qu'on veut on peut faire n'importe quoi on peut non c'est vrai
on
peut s'arrêter de parler on peut on a passé une journée enfin moi j'y étais une journée enfin c'est toujours intéressant d'être dans ces manifs je ne fais pas toutes les manifs mais j'étais à celle du 1er mai j'étais à celle d'aujourd'hui ça n'avait rien à voir aujourd'hui c'était beaucoup plus fort beaucoup plus intense il y avait il y avait énormément de monde enfin moi j'étais boulevard magenta là je suis monté descendu près de la gare il y avait donc là même même la police reconnaît qu'il y avait plus de 200 000 manifestants à Paris donc on peut on peut estimer sans du tout gonfler les chiffres qu'il y avait un million de manifestants en France
c
'est vraiment une base et je pense qu
'il
y
en
avait sans doute plus
il
y
a
eu plus de 250 manifestations donc on est on est dans un moment que je peux qualifier d'historique
sur
l'histoire des 20 dernières années il n
'y a
pas eu de on parle toujours des manifs de 95 etc il se passe quelque chose et quand on est au coeur des foules on sent qu'il y a
il
y a de la colère mais il y
a
aussi il y a une sorte de aujourd'hui j'ai ressenti ça comme une sorte de communion c'est un mot un peu catho mais c'est pas ça mais il y avait quelque chose de l'ordre de l'engouement les gens étaient contents de se voir aussi nombreux enfin il y avait quelque chose de cet ordre là
donc
je voudrais dans ce débat
qu
'on puisse parler ensemble on a le temps qu'on veut enfin je sais qu
'ils
vont me dire qu'on a une heure on a deux heures en gros mais on peut il y a des invités si c'est le bordel c'est pas grave s'il y a des problèmes de son les gens peut-être ne m'en voudront pas je voudrais qu'on parle très librement alors je voudrais dire à Esther que je suis profondément désolé donc Esther Benassa qui est députée qui
est sénatrice ça commence bien monsieur
non non mais je suis pas un animateur professionnel qui est sénatrice écolo et qui suit les gilets jaunes depuis le début et qui ce soir à un dîner
chez
elle
avec
plein d'amis et qui râle parce que bon elle est avec nous tu râles vraiment non je j'ai
la colère facile
mais elle passe très vite je suis méditerranéenne
à
côté de toi un militant du rassemblement national Eric Bezou
je
ne pensais pas que tu l'as fait non c'était la blague qu'on avait préparée Eric tu es tu es militant à Sudraï tu es cheminot tu viens de Mante la Jolie et toi tu es gilets jaunes aussi depuis le début en face de toi Nicolas Cazolias qui était médecin urgentiste où je me trompe non être soignant et voilà tu es être soignant mais je savais que j'allais me planter donc c'est pas grave mais tu es donc tu fais partie du collectif Interurgence et tu étais aussi à la manif aujourd'hui et à côté de toi Gérard Filoche mon vieux copain Gérard que je n'avais pas vu depuis très longtemps inspecteur du travail
qui
était le plus ancien militant du parti socialiste qu'il a quitté
il
y a deux ans
pour
créer un groupuscule
la
gauche démocratique et sociale non
mais je
plaisante
oui mais c
'est un réseau qui veut l'unité de la gauche alors comment dire on essaie de rassembler et le jour où on est rassemblé on se dissout quoi
non
mais on va parler ensemble donc il y a plein de questions qui se posent est-ce qu'aujourd'hui c'est un moment bascule est-ce qu'il s'est passé quelque chose qui va réellement nous faire entrer dans une autre dimension dans le combat à mener évidemment pour et contre les retraites mais aussi au-delà pour toutes les réformes qu'a lancées Macron et son gouvernement quand je l'ai entendu ce soir enfin j'ai entendu à la fois Édouard Philippe qui fait une sorte de fin de non-recevoir sur ce qui s'est passé genre on va tenir et Macron a dit il ne faut pas sous-estimer cette manifestation donc on sent que dans ces mots
quand
on décode le Macron dans la langue on se dit bon il est en train peut-être de fléchir mais avec lui c'est toujours un coup en avant un coup en arrière donc on va parler
de tout ça Vous n'avez pas de confiance
vous ? Je n'ai aucune confiance
Ah bon tant
mieux Et donc à ma droite mon bien-aimé président plénipotentiaire président de la société de presse Julien Théry historien et avec Julien donc je vous explique parce qu'on a eu cette semaine au Média une chronique qui cartonne voilà c'est Julien pas Julien le stagérite qui est un chroniqueur a décrypté et décodé le discours sur BFM et alors il y a des mots qui reviennent tout le temps grogne réforme nécessaire corporatisme enfin tu et donc BFM LCI France
Info
etc les radios et les télés gouvernementales les radios et les télés patronales il
y a
une grande différence entre les deux Denis et donc bonjour
alors
vous êtes chanteuse Sabrina Ali Ben Ali donc je suis ravi parce que j'ai excuse-moi Julien je t'en
prie je comprends très bien
que tout de suite ton attention était attirée non
non parce qu'elle
est mûle c'est ça être président aux médias quand on
m'a proposé de devenir président avant
qu
'on
s'en sort en coopérative je me suis dit que j'allais donner des ordres que j'allais pouvoir un peu faire le chef et le résultat c'est que
j
'ai proposé de faire les toilettes plutôt que de regarder BFM ce soir et de faire le commentaire de ce qui va se dire c
'est ça
l'idée donc donc Julien va regarder entre autres BFM tu zappes pas t'es que sur BFM
on
n'est que sur BFM on n
'a
pas les moyens de faire un multiplexe entre BFM CNews et LCI et but à chaque fois qu'il y en
a
un qui dit le mouvement s'essouffle
les
égoïsmes les corporatismes et les privilèges en France pose problème etc donc
voilà on fait une sorte de
bingo du 5 décembre pour voir et
l
'interrompre
là c'est
Eric Brunet en ce moment il parle de schizophrénie française et de peuple paradoxal vous savez Eric Brunet c'est le gars qui avait pronostiqué longtemps à
l
'avance la victoire de Sarkozy au présidentiel de 2012 pour renouveler son mandat c'est l'un des idératistes de BFM et là ils sentent quand même qu'il y a un soutien à la grève ils ont du mal c'est compliqué de dire le contraire donc ils se perdent dans des affres de disons de perplexité et il est question en ce moment de la psychopathologie du peuple français sur BFM
donc
on viendra on
viendra régulièrement de manière de gérer le
fait que la journée est une réussite
donc
je reviens sur Sabrina il nous a interrompu alors que je non Sabrina je te tutoie on ne
se
connait pas mais j'ai l'habitude de tutoyer je ne
sais
pas dans la vie privée je ne tutoie pas je t'aurais vouvoyé mais là je ne sais pas il y a comme bon je te tue je te tutoie donc tu es médecin urgentiste
aux
urgences médicales de Paris
aux
urgences médicales de Paris et donc tu as fait enfin moi je t'ai découvert avec cette chanson qui a fait un carton sur les réseaux sociaux enfin ce clip qui était qui c'était balance ton
plan balance
ton plan tu peux là chanter un peu non non c'était une blague
bon
voilà les présentations et en fait d'autres invités vont venir on va un peu là j'ai un peu monopolisé la parole maintenant on va on va discuter ensemble donc la question pour lancer le débat que je vais poser à Esther c'est est-ce que vraiment on est à un moment bascule de de de de ce gouvernement Macron est-ce qu'il s'est passé quelque chose aujourd'hui d'extraordinaire et est-ce que après on se posait la question de l'après mais là pour l'instant si on fait le bilan comment toi tu étais dans les manifestations etc je vais un peu poser la question à tout le monde est-ce que comment tu analyses cette journée est-ce que c'est un moment bascule ou pas
je
ne
suis
pas devin donc je ne peux pas le savoir il y avait beaucoup de monde et c'était réjouissant de se dire voilà on n'est pas seul il y a beaucoup de monde il y avait une certaine frivolité dans le sens où il y avait de la joie il y avait des ados il y avait des élèves il y avait des étudiants des personnes plus âgées on va les gens parler beaucoup entre eux et ça m'a rappelé les premières manifestations des gilets jaunes où tout le monde se parlait il y avait des gens sur les trottoirs ils descendaient ils discutaient d'ailleurs on a vu nos amis gilets jaunes qui étaient aussi parfois par groupe parfois éparpillés et je ne sais pas avec ce gouvernement on ne sait jamais ce qui va se passer c'est ça le problème
parce
que je crois qu'il n'y a pas de respect pour la parole donnée pas de respect à l'endroit de la population pas de respect pour ceux qui luttent pour que nos droits sociaux ne disons restent encore un peu de temps comme ils le sont pour qu'on puisse même quand on est pauvre pouvoir se soigner par exemple ou toucher une retraite peut-être modeste mais quand même avec une disons une certaine pertinence une certaine continuité parce que ce que le gouvernement propose à point une retraite à point vous avez vu dans les sondages 70% des français sont inquiets ce chiffre a attiré mon attention
parce
que la retraite à point à chaque budget tous les ans on peut fixer le taux du point indifféremment alors vous pouvez vous ruiner à la fin il peut y avoir un crash comme celui de 1929 et alors vous vous retrouvez sans rien c 'est ça les points est-ce que selon toi le mouvement d'aujourd'hui c'est uniquement les retraites ou s'agglomère sur cette question des retraites la question de la médecine la question des hôpitaux la question des précaires on voit bien que s'il n
'y
avait que la retraite il y aurait sans doute moins de monde dans les rues je ne
sais
pas ça a été quand même un élément
unificateur
oui parce que moi j'ai été à la manifestation du corps médical à Montparnasse bon c'était ils étaient nombreux ils étaient joyeux ils discutaient avec les gens mais là c'était plus par corporation
et
puis les
moments
basculent ou pas
?
ça je ne saurais pas le dire ça peut basculer comme ça ne peut pas basculer dans le gouvernement précédent aussi la loi travail ça n'a pas les manifestations n'ont pas fait basculer sous Hollande alors est-ce que ça va basculer maintenant je n'en sais rien mais voir ce peuple de gauche dans la rue gauche disons dans le sens le plus large que
ce que c'est la gauche la même femme a
appelé à manifester donc il y avait peut
-être oh oui
mais en fait je n
'ai
pas vu moi il
est
là à côté
de moi
non mais
écoutez moi je n'ai pas vu beaucoup
j'explique aux gens que c'était une blague c
'était vraiment une blague il
est
militant
non mais si on insiste à la fin
non
mais je ne
sais
pas moi je ne sais pas distinguer les extrémistes moi
j'ai vu quelque chose de
transpartisan moi j'ai vu des gens de génération des gens des syndicalistes je vous ai dit des élèves des étudiants enfin
est
-ce que ça va basculer je ne sais pas mais c'est un un avertissement quand même fort à l'endroit du gouvernement à savoir on peut demain descendre et on peut continuer la grève moi je connais des gens modestes qui aujourd'hui se sont déclarés grévistes
ils
perdaient de l'argent quand même il faut dire à nos auditeurs que ces gens-là perdaient de l'argent et que lorsqu'on a on nous a sériné toute la semaine comme quoi c'était les privilégiés qui descendaient dans la rue pour sauvegarder leurs privilèges on a eu la télé qui est venue nous voir vous gagnez comment combien est-ce que vous avez une retraite plus élevée que les autres c'était une sorte enfin moi j'ai eu cette impression une sorte de division qu'on voulait créer entre les privilégiés vous savez les régimes dérogatoires ne concernent que 6% de la population donc franchement même s'ils ont des privilèges ils sont privilèges entre guillemets ce sont des caisses non excédentes et non déficitaires c'est déjà quelque chose puisque les caisses du régime général sont déficitaires bon on nous a dit tout ça et
j
'ai cru que les gens allaient être convaincus et ne
pas descendre dans la
rue voilà et ça n
'a
pas été le cas les gens discutaient de toutes sortes de sujets mais ils discutaient beaucoup de la retraite et une autre chose aussi qui m'a semblé assez intéressante c'est les gens parlaient des lettres qu'ils ont reçues à la maison
et
nous enseignants on a reçu une lettre il paraît que les autres corps de métier ont reçu aussi
et
cette lettre disait
aux
enseignants par exemple que 1000 euros
de
retraite seraient assurés écoutez vous dites ça à un agrégé qui a avalé deux bibliothèques pour avoir l'agrégation et qui est nommé à moins de 2000 euros pour son premier poste et vous lui dites écoutez vous avez travaillé jusqu'à 61 ans et vous aurez 1000 euros non écoutez c'était de la provocation et d'autres corps de métier me parlaient aussi de la même chose ils ont reçu des lettres
c
'est même pas ça c'est soumis à condition c'est 1000 euros pour une
carrière complète complète c'est ce qui est écrit dans le mail de bancaire qu'il a
envoyé
les gens
me disaient mais tu comprends t'as été enseignante j'ai enseigné 44 ans
ça
peut être moi 1000
euros
excuse moi Esther sur la journée d'aujourd'hui est-ce que toi qui fais les manifs depuis un moment tu as
quelque chose