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interviewLCP (sur YouTube)· 3 juillet 2026 54 min

Florence Portelli | Politiques, à table !

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Générique --- --- Bonjour à tous, bienvenue dans Politiques à Table, l'émission où l'on met les petits plats dans les grands et on a le plaisir d'accueillir Florence Portelli. -BONJOUR. -Bonjour Elsa. -Florence Portelli, née dans le Val d'Oise, père pied noir, mère italienne de Toscane.

Vous vous passionnez pour le piano avant de tomber dans la marmite de la politique. Maire Les Républicains de Taverny, dans le Val d'Oise toujours depuis plus de dix ans. Vous êtes première vice-présidente au Conseil régional d'Ile-de-France, responsable de la culture, du patrimoine et de la création.

On peut dire que vous n'avez pas votre langue dans votre poche. Vous n'hésitez pas à critiquer parfois votre propre parti sur la question de l'écologie, des moyens pour l'école ou de la lutte contre les violences faites aux femmes. On va voir ici si vous êtes aussi cash en matière de cuisine et d'alimentation.

Vous nous proposez un menu en version franco-italienne. -Exactement, Elsa, avec des pâtes toscanes, des tordellis, attention, avec un "d" de la ville de Lucca et en dessert, une tarte au citron. -Dans Le dessous des plats, on revient sur le cadmium, ce métal présent dans les engrais phosphatés et qu'on retrouve partout dans l'alimentation, les pâtes, le pain.

Quel danger, quelle solution ? On en repart. -Ensuite, comment la nourriture végétarienne gagne peu à peu du terrain et transforme nos habitudes.

Reportage au festival "We Love Green", où la cuisine proposée est 100 % végétarienne. Adieu chipo et merguez. -Voilà pour le menu Florence Portelli.

On va commencer en écoutant le Cuisine et confidences de Jean-Pierre Montanay. Jingle -Je sais, Florence Portelli, qu'il suffit d'un peu de sang italien dans les veines pour maugréer, voire parfois un peu plus contre ces Français, non seulement incapables de faire cuire les pâtes al dente, mais surtout bien incompétents au moment de les identifier, comme si, sacrilège, les "pastas" étaient au fond toutes pareilles. Ca passe encore pour les penne, les spaghettis, les rigatoni, mais qui sait reconnaître, dans cet immense inventaire, les forchietti ?

Les radiatori, ou encore les gigli, quant au rayon de la "pasta ripiena", la pâte farcie. Lundi, c'est ravioli, alors tout le monde a la ref, mais à part celui-ci, universel, qui a entendu parler des marubini, les anolini, ça ressemble à quoi ? Même vous, je suis en train de vous perdre, peut-être.

Pas sûr, car vous êtes très forte, et oui, vous avez réussi à nous dénicher une pâte confidentielle, que seuls les Italiens connaissent, et encore pas tous, les tordelli. Attention, pas les "tortelli", les plus fameux sont fourrés à la courge de Mantoue, non, les "tordelli", avec un "d" habile, une façon de nous vendre à la fois la Toscane secrète, dont est originaire une partie de votre famille, et la "pasta" sans tomber dans le passe-partout. Et oui, celles-ci, se dégustent depuis le Moyen-âge, qu'en Toscane, et en particulier dans l'une des plus belles et plus charmantes cités italiennes, Lucca.

Ce sont vos pâtes préférées, Florence Portelli ? -Ca fait partie de mes pâtes préférées, il y en a beaucoup. Il y a une condescendance un peu française quand même.

Bon, condescendance et français, souvent ça va ensemble. On est arrogants parfois. -En matière de cuisine. -Pas que.

Quand on parle de l'Italie, ça m'agace toujours d'entendre un journaliste faire un faux accent. Et parler des Italiens comme si c'était des ploucs. -Moi, je n'ai pas été condescendant. -Pas du tout. -On est fan de pasta. -Tout à fait. -En fait, déjà, bon, outre la Renaissance, c'est grâce à l'Italie qu'il y a eu la Renaissance, qu'on a eu Leonardo Da Vinci en France, qu'on a eu aussi la brosse à dents, qu'on a eu la fourchette, etc.

Mais c'est un très grand peuple, une très grande littérature, un très grand cinéma, un très grand pays. Et en matière culinaire, même les pâtes, c'est quelque chose de noble et de sacré. C'est extraordinaire.

Ce n'est pas, tiens, je vais jeter des pâtes dans l'eau et puis c'est terminé. En fait, c'est un art, c'est quelque chose de noble. Comme d'ailleurs en France, on a des traditions culinaires diverses qui, même quand elles viennent du plus profond du terroir, sont nobles par leur art. -Vous avez raison, c'est bien ce qui différencie les Italiens qui sacralisent les pâtes et les Français qui considèrent que ce sont des nouilles toutes pareilles. -Alors que les nouilles, ça n'a rien à voir.

Ma mère a failli nous faire descendre de voiture pour avoir dit "nouille" pour la narguer. Sacrilège. Furieuse. -Goûtons ces tordelli, Florence Portelli.

Et vous nous direz si elles sont... -Elles sont très très bonnes. -A votre goût. -Très très bonnes. -Rendons hommage à Elsa.

C'est Elsa qui les a trouvées dans Paris. J'étais assez circonspect sur trouver des tordelli à Paris. C'est une pâte très pointue. -La différence avec les tortelli, c'est que les tortelli, ce sera plus carré.

Les tordellis, c'est rond. -Dites-nous un peu tout pour nos téléspectateurs qui n'ont pas la chance de goûter. -C'est si bon ! -Elles sont bonnes ?

Elles vous rappellent un petit peu ? -Elles sont très très bonnes. Plus vers chez ma mère, à Massa-Carrare, ils mettent aussi plus peut-être de mortadelle avec les mélanges.

En fait, en Italie, souvent il y avait, mais comme en France, les plats des gens qui récupéraient les restes. Et là, on mélange à l'intérieur, dans la farce, du boeuf, du porc. Les Italiens peuvent mettre aussi de la mortadelle, de la mie de pain, des choses comme ça.

Et on fourre à l'intérieur. Et puis, par-dessus, on fait une sauce au ragoût ou une sauce tomate. -Et pourquoi ces pâtes-là en particulier vous ont marquées ? -Déjà, il m'est arrivé d'en faire moi-même, avec mes cousines.

Et c'est vrai qu'à chaque fois que je vais en Italie voir mes cousins, ils me disent : "Bon, on va commencer par des tordelli", parce que voilà, c'est une petite tradition. -"On les fait nous-mêmes", vous achetez déjà faits... -Non, non, non, on prépare la pâte. -Vous faites la pâte, vous les tendez, vous avez la machine à raviolis, vous les fourrez, etc. -J'ai des cousins et cousines qui sont très doués, mais c'est vrai qu'ils m'avaient appris aussi à faire les Gnocchi ou les pâtes fraîches. -C'est avec les patates, ça n'a pas grand-chose à voir. -Oui, mais qu'on roule avec les doigts, etc.

Et en plus, quand on est enfant, qu'on apprend à faire ça, c'est ludique. Et c'est de l'artisanat, c'est quelque chose de chouette. -C'est une cuisine, on dit que c'est la cuisine pauvre en Italie, comme vous disiez, en tout cas à l'époque, c'était où on avait les restes de viande, etc.

Maintenant, ce n'est plus le cas, la viande c'est plus cher. -La pizza à Naples, à la base, c'était un plat fait pour nourrir avec des ingrédients peu chers. Les gens, les moins fortunés alors que la pizza, c'est pareil.

La vraie pizza, en France, je suis furieuse à chaque fois parce que beaucoup disent qu'ils vendent de la pizza. En fait, c'est dégoûtant et ce n'est pas de la pizza. -Pourquoi ?

C'est quoi la vraie pizza, d'après vous ? -La vraie pizza, déjà, il faut cuire et préparer la tomate d'une certaine façon pour qu'elle ait du goût. Vous ne mettez pas 50 000 trucs dedans.

D'ailleurs, souvent, il n'y a pas grand-chose dessus. -Un peu d'huile d'olive, un peu de tomate. -Un peu de basilic, on peut mettre de la mozzarella.

On ne va pas rajouter, il y en a qui rajoutent de l'ananas ou je ne sais pas quoi. C'est infâme, ce n'est pas de la pizza. -Tout à l'heure, vous disiez que la pâte, c'est sacré.

C'est votre religion, Florence Portelli ? -Non, j'en ai plusieurs en cuisine. -Vous avez une addiction. -Quand on est italienne, on en mange combien de fois par semaine ? -Non, alors pas tout le temps.

Je suis quand même franco-italienne. -Un jour, c'est boeuf bourguignon et puis le lendemain... -Et en plus, j'ai un mari argentin.

On va parler des végétariens. C'est très bien d'être végétarien. Nous, on n'est pas très végétariens parce que j'ai un mari.

Lui, la viande...

Mais on équilibre. C'est-à-dire qu'il peut y avoir des pâtes, du poisson, de la viande, ou tout simplement des salades. Je varie.

Et d'ailleurs, je pense qu'il ne faut pas être radicale. Même sur une approche environnementale de la cuisine, mais qu'il faut apprendre à varier. Et c'est vrai qu'aujourd'hui, le fait de ne pas aimer cuisiner provoque quelque part des ravages.

Des ravages sur la malbouffe, sur le fait parfois d'acheter des produits fabriqués qui sont dangereux pour la santé, qui ne sont pas forcément moins chers que quand on fait soi-même, et qui déshabituent aussi nos enfants à aimer les goûts naturels des choses. -On va revenir sur ce sujet. Sur le choix des pâtes, par exemple, vous êtes intraitable en fonction de la sauce.

Est-ce que les novices pourraient dire : "Je prends le premier paquet qui tombe ?" Non, si c'est une sauce au pesto, il faut des pâtes particulières. -J'ai eu la chance d'être allée très souvent dans le Golfe de Gênes dans un village de pêcheurs qui s'appelle Camogli, qui est très beau.

Parce que mon père était professeur invité à l'université de Gênes pour faire des cours de droit constitutionnel. Donc on l'attendait à Camogli, et lui il allait faire les cours et nous on en profitait. C'est là que j'ai découvert le vrai pesto.

Il y a le pesto qu'on connaît et il y a le pesto aussi qu'ils font là-bas où ils rajoutent parfois aussi des pommes de terre, des haricots. -Dans quelle région ? -De Gênes. -Oui. -C'est en Ligurie, de toute façon.

Au nord de la Toscane, en réalité. Et souvent, les pâtes qui sont mises avec, c'est les trofie. C'est des espèces de petits zigouigouis.

C'est des pâtes fraîches. -C'est la pâte iconique de Gênes, c'est de Ligurie. -Tout à fait.

Et ça se marie honnêtement très bien. Mais c'est comme si je fais une sauce avec un peu de tomate et du poisson. J'aime bien mettre des paccheri qui sont des pâtes un peu plus grande, etc.

C'est vrai que la forme de la pâte, ou même le fait qu'elle puisse absorber de la sauce, ou pas, parfois quelque chose de plus léger, si vous faites une sauce au beurre avec de la sauge, j'aime bien prendre des raviolis au citron, ça fait des mélanges assez sympathiques. Donc le choix est important. -Florence Portelli, on parle de politique et de nourriture ici.

Maintenant, c'est un sujet presque incandescent, la politique et la bouffe. -Ca l'a toujours été. -Vous dites : "Je suis franco-italienne" et vous nous faites des pâtes.

Donc, vous choisissez radicalement d'annoncer la couleur. Vous préférez l'Italie à la France ? -Non pas du tout, vous me demandez des choix impossibles. -Cornélien, mais oui. -C'est le signal envoyé.

Je préfère la culture italienne à la française. Si on veut interpréter votre assiette. -C'est vous qui dites ça, c'est n'importe quoi. -Je m'en réfère au débat qui est aussi très épidermique.

Je fais l'avocat du diable bien entendu. -Non pas du tout, au contraire c'est des cultures d'ailleurs extrêmement proches et cousines. Les Italiens et les Français, c'est des peuples extrêmement liés.

Et il y a des plats français que je trouve extrêmement bons. C'est juste que là...

En plus, comme j'ai vu ma famille il n'y a pas très longtemps, j'étais encore dans l'atmosphère. Et comme les beaux jours sont là, je pense à l'Italie. -Est-ce que vous cuisinez chez vous ? -Enormément. -Qu'est-ce que vous aimez faire ?

Le temps...

Les politiques nous disent souvent, qu'on n'a pas vraiment le temps. On court toujours après le temps. C'est important de sacraliser un moment dans la cuisine ? -J'ai une vie lourde.

Je suis vice-présidente de la région Ile-de-France. Présidente du groupe majoritaire, 103 élus. Maire de Taverny, vice-présidente de l'agglo, présidente d'un orchestre.

Ma vie est très occupée. Comment on fait ? En fait, c'est très simple.

Quand on aime cuisiner, on trouve le temps parce qu'en fait, il y a des tas de choses qui ne sont pas si longues que ça à faire. Déjà, des choses qui peuvent se préparer même le soir. Il peut m'arriver d'être en réunion avec mes oreillettes et puis de préparer, par exemple, mes artichauts si je veux faire...

Vous savez, il y a un plat, d'ailleurs, désolé, chez nous encore, mais qui est très bon. C'est avec les poivrades, ces petits artichauts qui sont très bons, où vous enlevez tout ce qui est en trop, les feuilles, etc. Vous revenez un peu vers le coeur et puis vous coupez en lamelles très fines et avec de l'huile d'olive, du citron et des copeaux de parmesan. -Une espèce de carpaccio d'artichaut. -Ce n'est pas si long que ça.

Préparer une sauce bolognaise quand on a l'habitude, ce n'est pas ça qui est long. Ce qui est long, c'est de la faire mijoter. -Une fois que tout est dans la poêle, on peut laisser... -Quand Florence Portelier est en zoom, elle a les mains... -Ca peut m'arriver.

Mais après, il y a des choses toutes simples qui sont très très bonnes. C'est même, je vais dire tout simplement, faire cuire, je ne sais pas moi, une cuisse de poulet au four avec de la sauge, du romarin, ce n'est pas très compliqué. Donc en réalité, c'est une question d'envie.

Et c'est vrai que je ne me suis jamais dit que j'allais sacrifier cet exercice ou même tout simplement une salade, une salade avec de l'huile d'olive et du citron et puis du poisson à la poêle, de la sole par exemple, ça prend très peu de temps. Ca prend cinq minutes. -Et justement, là, vous nous faites découvrir une partie de la cuisine toscane.

Vous avez aussi d'autres...

Je me suis renseignée un peu. Je connais quelques recettes de cuisine italienne, mais vous aimez d'autres spécialités de cette cuisine toscane ? -Le problème de la cuisine Toscane, c'est que j'aime tout.

C'est extrêmement dangereux. Quand on va là-bas, c'est...

En plus, c'est ça que j'aime bien, c'est qu'il y a une culture généreuse. L'art de la table est sacré. J'ai été élevée comme ça, par ma mère et par ma grand-mère aussi, où il était inconcevable de recevoir, et quels que soient d'ailleurs nos moyens financiers, il était inconcevable qu'il manque dans l'assiette quand on reçoit quelqu'un. -Et souvent il y a deux plats en Italie. -Surtout quand on reçoit les autres, parce qu'après, heureusement, on se calme.

Mais en Toscane, tout est bon. Mais je vais dire, dans toutes les régions d'Italie, c'est extraordinairement varié et c'est délicieux. Il y a des plats, d'ailleurs, que j'aime énormément.

Même dans les Pouilles, là, on va peut-être...

Parler de ce vin des Pouilles, mais c'est aussi une région comme la Calabre ou la Sicile, la Caponnata sicilienne que beaucoup doivent connaître en regardant cette émission. C'est un plat délicieux. -Caponata, une ratatouille aigre douce.

On connaît la Sicile, Reggio Emilia, Naples avec la pizza. Mais c'est vrai que pour les profanes, identifier une recette typique de Toscane, ce n'est pas évident. Pourquoi cette région, par rapport à d'autres, est un peu, pas sous-cotée, parce que la cuisine Toscane est très bonne, mais en termes de marketing, se fait moins remarquer que les pouilles, que la Calabre, que la Sardaigne, qui ont des recettes identifiables.

Et moins en Toscane, je trouve. -Je ne peux pas me rendre compte parce que j'ai baigné dedans. Je suis un très mauvais interlocuteur là-dessus.

Pour moi, c'est quelque chose de naturel. Donc je ne me rends absolument pas compte. Après, c'est peut-être parce que des plats d'autres régions étaient en plus remis à la sauce française quelque part.

Je vous disais tout à l'heure, la pizza en France, c'est rarement de la vraie pizza. On est très très loin de la pizza napolitaine. Je pense que beaucoup ne connaissent même pas la tête d'une vraie pizza napolitaine. -Au niveau de la pâte, la pizza napolitaine, c'est quoi ?

Soit c'est la pâte très fine, soit un peu gonflée. -Par exemple, en Ligurie, la pâte, elle est très très fine. Ou là, je vois qu'il y a de la focaccia là-dessus, que moi, je cuisine aussi.

La focaccia, elle va être, selon les endroits, épaisse ou pas. Ou en Ligurie, dans une ville qui s'appelle Recco, la focaccia, elle est avec du fromage à l'intérieur. -Elle est un peu fourrée. -Oui.

En Toscane, on va la prendre un peu comme ça. Et puis, dedans, on peut mettre de la mortadelle, du jambon de parme, de la copa. -Alors, vous adorez cuisiner.

Vous avez un agenda surchargé. Est-ce que vous enviez parfois, certains jours, votre soeur Maria... -Laura. -Laura, pourquoi j'ai dit Maria ? -C'est le nom de son restaurant ? -C'est Marietta, son restaurant. -Oui, son restaurant s'appelait Marietta.

Elle l'a changé. Marietta, c'était notre arrière-grand-mère. -Donc, Laura, pardon pour elle, fait vraiment de la cuisine 24 heures sur 24.

Vous l'enviez de temps en temps ? -Non, pas du tout, mon beau-frère est un grand chef cuisinier français, qui est chef chez Ducasse, il est à Baccarat, à Paris. C'est vraiment un métier à part entière.

Moi, je serais incapable, par exemple, de doser, de me rendre compte des quantités qu'il faut, de comment anticiper. C'est un art. -C'est à la fois un art et une science, en fait. -Voilà, faire trois couverts tous les jours, je pense que c'est à la portée de pas mal de gens, et encore.

Mais avoir un vrai restaurant, gérer aussi...

Aujourd'hui, c'est difficile d'avoir des salariés, d'avoir des personnes qui restent, un personnel qui reste. C'est un métier en grande difficulté. Je ne sais pas si j'aurais ce courage.

Et ce talent, c'est un talent aussi de chef d'entreprise. -Donc vous êtes admirative devant le travail de votre soeur ? -Admirative de mes frères et soeurs, de ma famille, dont Laura, évidemment.

Surtout, pardon, c'est une chef-femme, et il n'y en a pas tant que ça. -C'est vrai. -Et c'est en plus très particulier.

On dit souvent que la politique l'est pour les femmes. Mais en cuisine, ce n'est pas de la tarte non plus. -Oui, et on en a parlé plusieurs fois dans cette émission.

Vous disiez que ce n'est pas parfois plus compliqué de faire des bonnes choses, il faut des bons produits. Comment vous faites vos courses ? Comment vous choisissez ?

Il y a le local, il y a le bio. Comment vous faites pour être sûre que c'est un produit, un bon produit, bien cultivé ? -Déjà, j'ai la chance d'avoir dans ma ville un excellent marché. et qui en plus est ouvert trois fois dans la semaine, le mardi, le vendredi et le dimanche.

Donc ça me permet, ou sinon je délègue, mais mon mari, enfants, et ça me permet en tous les cas de choisir mes produits. Et c'est vrai que c'est un luxe auquel je tiens parce que c'est des maraîchers qui sont en circuit court ou bio. En tous les cas, je sais que sur la provenance, je n'ai pas de questions à me poser.

Ce sont d'excellents poissonniers, de volaillers, j'ai la traçabilité. J'ai aussi d'excellents bouchers dans ma ville. C'est une vraie chance quand on veut cuisiner.

Sans ça je ne sais pas comment je ferais. Il m'est arrivé d'aller à l'étranger ou louer un Airbnb ou un gîte et il n'y a pas cette culture culinaire en dehors du restaurant, et c'est difficile de trouver des endroits pour manger correctement. -Et là, c'est la confiance envers les producteurs ou les commerçants qui vous guident. -Oui, et en France, pour le coup, on a une culture là-dessus qui est extraordinaire.

Sincèrement, ce n'est pas le cas de tous les pays, même en Europe. -Si vous salivez devant ces tordelli, prenez votre cahier de recettes. On va noter ensemble les trois choses à savoir de Jean-Pierre Montanay. -Un, ne pas confondre, on l'a déjà dit, les tortelli, qui constituent une famille à part de pâtes farcies, comme on dit en Italie, pasta ripiena, et ces fameux tordelli avec un d, des pâtes farcies apparues dès le Moyen-Age dans les campagnes de Toscane, lorsque les agriculteurs, je rejoins ce que Mme Portelli disait, recyclaient les restes après les périodes de mauvaise récolte, donc tout était bon pour fabriquer ces pâtes de forme rectangulaire, j'ai lu, mais effectivement, celles-ci sont un peu rondes, qui nécessitent une très longue préparation.

Aujourd'hui, si l'esprit des tordelli reste le même, la recette s'est un peu embourgeoisée, avec des produits plus nobles. La pâte se prépare avec de la farine, des oeufs et un peu d'huile d'olive. Pour la farce, du rôti de boeuf, du porc, de la mortadelle, du vin rouge, un oeuf, du thym, du romarin, de la sauge, de la cannelle, de la noix de muscade, du fromage, de la chapelure.

Et pour la sauce, porc et boeuf haché, une tête de lapin, pour la recette traditionnelle. Vous saviez ça, Florence Portelli ? Et du bouillon de viande, des tomates mûres, carottes, céleri, laurier, vin rouge, huile d'olive.

Après avoir étalé la pâte comme vous le faisiez avec votre grand-mère en longue bande sur la table avec de la farine, on fait des longues bandes et puis on met un peu de farce et on recouvre comme ça et on coupe et avec un peu d'eau, on permet de fermer ces pâtes farcies et puis on les plonge quelques minutes dans l'eau bouillante salée et ensuite on les sert dans cette sauce saupoudrée de parmesan. Pas mal, hein ? -On vous a bien écouté, mais on en a profité, pour déguster ces tordelli.

C'est très bon, parce que c'est fondant à l'intérieur et croustillant aussi. En famille, vous les faites vos pâtes, mais à Taverny, vous les faites encore ? -Non, non, non, j'ai pas le temps.

Ca m'est rarement...

Ca m'arrive maintenant plutôt rarement. Après, j'ai mes marques de pâtes. Il y a des marques que je prendrai jamais.

Mais c'est comme le café. Je suis pénible sur le café. Je l'aime très court, très fort, très serré.

Et voilà, avec... -Vous avez plus de sang italien que français. -Non, ça dépend pour quoi. -On va voir au fil de l'émission.

On dira à la fin de quel côté votre coeur penche. Vous en aviez parlé. Vous nous proposez aussi ce vin qui est un vin des Pouilles.

Le Salento. Dites-nous pourquoi vous l'avez choisi. -Il se marie particulièrement bien avec un plat comme ça.

Pour nos auditeurs, ça se marie bien aussi quand c'est un plat de viande. C'est assez fort. Très fruité, en fait.

Plutôt très, très fruité. On sent vraiment les...

C'est Syrah, donc on sent vraiment la framboise. -Oui, c'est vrai. -Il est extraordinaire. -Il est très bon. -La première gorgée est agréable, et l'arrière-goût est vraiment fabuleux.

On va le goûter en rappelant, qu'on consomme de l'alcool avec modération. Pour vous, un bon plat, Florence Portelli, c'est avec un bon verre de vin ? -En effet avec modération parce que la consommation abusive d'alcool c'est extrêmement dangereux.

Moi je bois très rarement mais quand je bois j'aime bien que le vin soit vraiment bon et qu'il soit adapté au repas parce que ça peut tuer un ensemble je trouve...

Et pour le coup en France on a quand même cette culture-là. Et oui, un très bon vin comme un très bon champagne. Mais après, ce qui compte aussi, c'est la forme du verre.

J'ai appris il y a quelques temps, j'ai sur ma liste municipale un ami qui est oenologue. Très important sur une liste municipale. A Taverny, c'est des pocherons, c'est pour ça que ça s'appelle Taverny comme taverne.

Mais normalement, le champagne, ce n'est pas dans des flûtes. -Oui, c'est dans les coupes. Et la forme du verre... -Mais c'est comme pour le café.

La forme de la tasse de café. Moi, je ne prends jamais une tasse qui est trop large sinon, ça se dilue trop et ça devient de la flotte. -Le contenant donne toujours du sens à ce qui est dedans. -Oui, c'est comme en politique. -Oui.

Et vin rouge, vin blanc, champagne, ça dépend en fonction des occasions, des plats ? -Je suis fan de champagne. Je trouve le champagne extraordinaire.

Mais pareil, le champagne, j'aime bien quand la bulle est vraiment très serrée et ni trop vert, ni trop sec, ni trop sucré non plus. Donc, trouver le bon champagne n'est pas évident. Mais en France, en plus, on a des petits producteurs qui font des merveilles.

Et le champagne, c'est extraordinaire. -On voit qu'on sert ces pâtes avec de la focaccia. Dans la cuisine toscane il y a beaucoup de choses avec du pain.

On se sert aussi beaucoup du pain rassis, j'ai lu, dans beaucoup de recettes. -Oui, c'est intéressant parce que, le pain, en Italie, je ne l'ai jamais trouvé très bon. -Ah non ! -En France, il est bien meilleur. -Il n'est pas salé, le pain italien. -C'est vrai que c'est surprenant. -Là-bas, je ne prends pas de pain, je prends de la focaccia.

Parce que c'est une pâte qui est avec de l'huile d'olive et du sel. Mais c'est extraordinaire, c'est super bon. -Mais comme disait Coluche, je ne mange plus de pain avec les pâtes.

Mais on mange la focaccia avec les pâtes ? -Non. -Ah oui. -Là, c'était pour nous faire plaisir. -Non, c'était pour faire découvrir des choses, parce que là, déjà que les tordelli, c'était pas facile à trouver, mais j'avais pensé, sinon, il y a un plat qui s'appelle...

Dans le coin de ma mère, ça s'appelle la Calda Calda, mais sinon, on appelle ça la farinata ou la ciaccina -Oui, Farinata au pois chiche. -C'est de la farine de pois chiche en crêpes...

A faire venir, c'était compliqué. -C'est une tuerie. C'est grâce à vous qu'on a découvert, dans Politiques à Table, ce plat.

Moi, je veux l'adresse de ce restaurant, parce que c'est des cadors. C'est très, très bon. Et ceux qui veulent goûter ça, parce que c'est unique à Paris. -C'est un restaurant dans le 15e arrondissement et je vous donne l'adresse tout de suite après.

Je vous propose avant tout, puisque ça c'est sans modération... -C'était mon quiz à vous. -Oui, vous m'avez eue, très bien, devant tout le monde.

Je vous donne l'adresse juste après. On va passer au quiz. Jingle -Avec vos racines toscanes, Florence Portelli. -C'est le moment du ridicule. -Non, jeu de mots, l'art et le lard.

Sauriez-vous nous dire si ces affirmations sur le lard de Colonnata sont vraies ou fausses ? Vous connaissez ? -Pour tout vous dire, Colonnata... -Attendez, vous allez spoiler toutes les questions.

Colonnata est situé sur la commune de Carrare qui abrite les célèbres carrières de marbre. Vrai ou faux ? -Vrai. -Vrai.

Le lard provient uniquement de porc noir de Toscane. Vrai ou faux ? -Faux. -Faux.

Il provient aussi des porcs blancs de la vallée du Pau et donc le noir s'appelle le cinta senese. -Sans faute et hyper rapide à répondre. -C'est ses racines françaises.

Les morceaux de lard sont assaisonnés avec des épices, notamment de la coriandre en graines et du gingembre en poudre. Vrai ou faux ? -Ah, le gingembre, ça me paraît bizarre.

Faux. -Oui, exact, faux. Clou de girofle, noix de muscade, anis étoilé et cannelle.

Ce lard blanc bénéficie d'une IGP depuis 1990. Faux ou vrai ? -Vrai. -Faux. 2004. -Après, d'accord. -C'était la question la plus compliquée. -C'est vrai que...

Colonnata, c'est dingue. C'est vraiment...

Vous dites quand même...

Le lard de Colonnata, c'est le plus prestigieux dans les très bons restaurants. -Pour ceux qui ne connaissent pas, c'est du lard blanc. Il n'y a que du gras. -Et en fait, vous allez dans un trois macarons, vous pouvez avoir du lard de Colonnata.

Et pourtant, il y a 20 personnes dedans. C'est vraiment le hameau dans la montagne. -Il y a sa spécifique idée propre. -Oui, mais c'est fou de se dire que "l'or du lard", est dans vraiment le bled, où serait née d'ailleurs l'anarchie.

Il y a une plaque en hommage à l'anarchie. Et ma mère est de ce coin. -Les deux sont liés ? -Pourquoi pas ? -Ce n'est pas un produit de grande consommation.

Peu de traiteur parisien sert du lard de Colonnata. -Non, je parle plutôt justement des grands restaurants, et c'est assez drôle de se dire que ça vient d'un tout petit hameau. Et il y a des pâtes qui se font aussi au lard de Colonnata. -On va passer à une autre spécialité italienne qui vous est doublement chère, le vitello tonnato.

C'est aussi un plat national en Argentine, c'est la terre de votre époux. Pareil, vous me dites si ces affirmations sont vraies ou fausses. Les premières traces de ce plat remontent au XVIIIe siècle en Ligurie. -Pour moi, c'est du Piémont, c'est faux. -Il y a à la fois la réponse et la précision.

C'est faux. Vous avez raison. Je continue à noter.

Je pense que pour le lard... -A l'origine, il n'y avait que du veau dans la recette. -Vrai. -C'est vrai.

Tout à fait. Ecoutez, là, pour l'instant, on est très, très bien. Le thon s'invite dans cette recette grâce à l'arrivée massive au XIXe siècle de travailleurs siciliens dans les vignes du Piémont. -Je n'ai sincèrement aucune idée.

Vrai, mais je n'en sais rien. -C'est faux. C'est lié plutôt à la démocratisation du thon, en boîte notamment.

C'est l'ouvrage de référence de la cuisine italienne "La Cuillère d'Argent", publié en 1950. Qui, pour la première fois, recommande une mayonnaise au thon en guise de sauce. -J'irais vrai. -Eh bien, c'est vrai. -En plus, je l'ai, le livre.

Voilà, c'est vrai. Six sur huit. -Sachant qu'on a...

Oui, puis il faut mettre aussi des capres et des anchois. -Et c'est vrai que c'est terre-mer. C'est particulier comme spécialité.

Ca ne vous dérange pas, ce mélange ? Au contraire ? -Ce n'est pas ce que je préfère. -Vous n'êtes pas une fan de ça ?

J'allais vous donner une petite astuce. -Vous ne pouvez quand même me la donner. -Vous faites une mayonnaise à côté sans moutarde.

Si vous mettez du thon à l'huile, c'est un peu gras. Moi, je vous suggère de pocher une vraie tranche de thon dans le bouillon et de la mixer avec l'huile et cette mayonnaise sans moutarde. C'est un peu plus léger. -Bon à savoir. -Peut-être que ça vous convertira au vitello tonnato.

On va passer à la Brève de comptoir. Jingle Alors, on demande dans cette émission à chaque invité de se remémorer une anecdote autour d'un plat, d'un repas. Qu'avez-vous choisi de raconter ? -Ce n'était pas si évident que ça, mais il y a un petit bout de temps, je crois que c'est en 2012, il me semble, on me dit, dans le Val d'Oise, il y avait un événement politique, et vient François Fillon, qui n'était plus premier ministre, mais qui était encore très, populaire, honnêtement.

Et on me dit : "Toi, tu vas aller t'asseoir à côté de lui." Et en fait, je suis quelqu'un de maladroit, parfois. Et j'avais peur de faire tomber un truc sur sa chemise ou je ne sais pas.

Et comme je voulais lui dire que j'allais me présenter à Taverny, je me suis dit que je n'étais pas crédible. Déjà, dans mon parti politique, on m'avait dit que je ferais un bide, bon, j'ai gagné. Mais je me suis dit, là, je serais encore blonde, femme, bon...

Et en plus, je lui renverse un truc. L'horreur. Donc, du coup, j'étais comme ça.

Et comme il était très polis, il me dit : "Vous ne mangez pas ? Vous n'avez pas faim ?" Je dis : "Si, si.

J'ai un peu faim quand même." Je n'osais pas lui dire que j'allais lui en mettre partout. Et on s'est mis à parler cuisine.

Et en fait, mon premier contact avec François Fillon, c'est sur les linguine aux palourdes, qui sont un de ses plats préférés. Il va aussi très souvent en Toscane. En tout cas, quand je l'ai connu, il y allait.

Et on a parlé, après, de cinéma italien, parce qu'il y a un film qu'on aime tous les deux beaucoup, qui est "Riz amer", qui est un très beau film. Victoria Gassman, etc. Et après, on a parlé politique.

Il faisait un 20 Heures de TF1 et je lui ai donné mon avis. Et je lui ai demandé s'il viendrait me soutenir à Taverny. Il s'y est engagé et il est venu alors que personne n'y croyait à l'époque.

Mais donc, c'est parti du fait que j'étais comme ça, et qu'on a parlé des linguine aux palourdes, je lui expliquais que je m'appelais Florence parce que ma mère était toscane. -C'est l'Italie qui vous a finalement... -Fillonisée, oui, c'est assez...

C'est pas du tout...

Autre chose, à l'époque, je venais de chez Philippe Séguin. Et quand on était séguinistes, que je suis, moi, à la base, un gaulliste social, on atterrissait naturellement après Philippe Séguin, chez François Fillon. C'était l'héritier spirituel, un peu, de Philippe Séguin.

Moi, je viens de ce courant-là. Mais disons qu'après, ce qui a facilité le contact, c'est l'Italie. -Mais parler de nourriture, ça permet toujours de décontracter. -Je me méfie toujours des gens qui n'aiment pas manger, je trouve ça sinistre.

J'en connais, hélas, même dans ma famille politique, mais bon, c'est pas marrant. -On peut plaisanter, mais on peut se fâcher aussi autour d'un repas. On a l'habitude des grandes discussions. -Attendons de parler de la cuisine végétarienne. -Vous êtes parfois critique sur la question écologique par votre famille politique.

On en parle dans Le dessous des plats. Jingle Parlons du cadmium, ce métal lourd présent dans les engrais phosphatés qu'on retrouve partout, céréales, pains, gâteaux. Dans certains départements, les seuils dépassent largement les limites autorisées.

Reportage en Charente-Maritime, Maïté Frémont et Raphaël Lizambard. -On ne peut plus utiliser la terre, c'est fini. -Gérard vit ici depuis 26 ans.

Il adore jardiner, mais depuis trois ans, c'est terminé. -J'ai mis tout sur table, sur du terreau et de la terre saine. Persil, sarriette, origan. -Ce retraité ne peut plus manger aucun fruit et légumes de son potager car sa terre est contaminée, elle affiche des taux en cadmium bien au-dessus de la normale. -J'avais quatre, cinq poules.

On a été obligé de les donner parce qu'on ne peut pas consommer les oeufs. C'est terrible. -Pendant des années, une usine d'engrais phosphatés était installée juste à côté de sa maison. -Les vents nous ramenaient très souvent des odeurs malsaines, d'oeufs pourris.

C'était très désagréable. -Face au taux de contamination dans sa terre, l'Etat a recommandé à Gérard de rapidement faire une prise de sang. Après analyse, son taux de cadmium s'élève à 0,8, au-delà du seuil maximal de 0,25. -Et là, ma femme, 1,5.

Très élevé. Alors vous recevez ça, vous vous dites. Bon, là, il y a vraiment un problème.

On vous dit que ça va être difficile de vivre là où vous avez mis 20 ans pour construire votre maison et la payer. C'est fou, c'est fou. -Gérard et un collectif de riverains ont décidé de porter plainte contre l'Etat.

Son département est l'un des plus touchés par la contamination au cadmium. Sur ces cartes, les teneurs de la Charente-Maritime explosent. Dans ces champs, on a déversé des engrais phosphatés en grande quantité pour doper les cultures.

Mais au-delà de la Charente-Maritime, c'est bien toute la France qui est contaminée, car elle se fournit en engrais à 80 % au Maroc, un pays dont le sol est très riche en cadmium. Perturbateur endocrinien, ce polluant agit sur les reins, le foie ou encore le pancréas. -Je rappelle que l'Anses, l'agence de sécurité sanitaire, précise que, comme Maité Frémont le dit dans le reportage, c'est cancérogène, mutagène et toxique pour la reproduction.

C'est un scandale sanitaire le cadmium ? -Oui. Et moi je suis toujours gênée quand, à droite, on a du mal à le dire.

Je vais vous dire, à mon avis, pourquoi on a du mal à en parler. On a du mal à en parler parce qu'en face, souvent, l'écologie a été associée à la haine des agriculteurs. Et notamment chez les Verts, je suis désolée, mais il y a eu des discours anti-agriculture qui ont fait que la stigmatisation du monde agricole a fait qu'à droite, on défend le monde agricole et à raison.

Du coup, il y a une frilosité à dénoncer des scandales sanitaires... probables, on va dire, parce que là, c'est probable.

Et en réalité, nos agriculteurs, ils ne sont pas responsables. Et ce, pour deux raisons. Déjà, ça a été peu dit, mais le cadmium, il est très présent dans le chocolat.

Et là, ce n'est pas de l'agriculture céréalière. Le chocolat noir, notamment, qui en contient beaucoup. C'est aussi présent dans le tabac. -Dans la cigarette aussi, on ne le rappelle pas assez souvent. -Et pour ce qui vient, et ça a été très bien dit dans votre reportage des engrais, le problème, c'est notre souveraineté, ce n'est pas nos braves agriculteurs.

Le problème, c'est qu'aujourd'hui, ils n'ont plus d'engrais. Et l'engrais coûte horriblement cher. Donc, on a, en fait, une question de souveraineté.

Mais c'est vrai que je suis frappée par la recrudescence des cancers du sein, et notamment chez, parfois, des jeunes femmes qui n'ont aucun antécédent, qui ne favorisent pas, on va dire, par des comportements, cigarettes, etc., l'arrivée d'un cancer, et qui se retrouvent de manière complètement inopinée atteintes par des cancers. On en voit de plus en plus.

J'en parle avec des médecins. C'est pareil, le cancer du pancréas. Je dis : "C'est pas possible.

Soit on est le pays où on picole le plus et ça expliquerait qu'il y ait beaucoup de cancers du pancréas, même si ça reste encore contenu, et heureusement." Et en réalité, non. On n'est pas le pays qui boit le plus.

Mais on est le pays, je crois, qui a connu l'augmentation la plus importante, en Europe, du cancer du pancréas. Donc, à un moment, ça pose question. Et en tant que femme politique et en tant que mère, M-E-R-E, je trouve dégueulasse, honnêtement, de ne pas aller creuser les dangers qu'il peut y avoir derrière ça.

Parce qu'encore une fois, ce n'est pas contre l'agriculture française. -Mais justement, vous le dites, dans le débat public, il y en a certains qui relativisent toujours les risques quand on parle de cadmium, quand on parle d'autres pesticides, etc. Il y en a beaucoup qui disent : "Non, mais ce n'est pas sûr, c'est pas certain, il y a des études qui se contredisent, etc." -Ce qui est vrai. -Oui, mais vous me dites qu'il faut creuser côté alimentation, environnement. -On le doit à nos enfants.

Vous savez, il y a eu aussi une génération qui a bénéficié du rallongement de l'espérance de vie. Seulement, là, c'est en train de se stabiliser. Et la question, ce n'est pas simplement l'espérance de vie, c'est comment on vit vieux.

Et de quelle façon. -Comment on vit mieux vieux. -Bien sûr.

Et même, puisque nous, à droite, on aime bien les questions, aussi, de dette et de déficit public, la question de la sécurité sociale, c'est aussi une question de médecine préventive. En France, on ne fait pas de médecine préventive. On ne fait pas de sport santé.

On est dans la médecine curative. C'est une vraie question d'économie, et d'écologie aussi, la santé. Donc là-dessus, moi j'appelle vraiment à un choc de culture à droite.

Et encore une fois, ça ne mettra pas nos agriculteurs en danger car ils ne nous demandent que ça, d'avoir une solution à leurs problèmes d'engrais, qui est une vraie réalité. Mais on ne peut pas nier une réalité. Alors, à côté de ça aussi, qu'est-ce qui fait que culturellement ça peut bloquer ?

A cause du principe de précaution, d'un côté, vous avez le principe de précaution et pourtant le problème du cadmium, et de l'autre côté, vous avez une surabondance de normes complètement folle. Je donne un exemple tout bête. Un collègue m'expliquait que maintenant, il était restreint sur les restaurants de plage qu'il installe l'été.

Il y en a un qui est installé. Les gens sur les transats ont droit de manger les plats du restaurant sur leurs transats s'ils vont chercher les plats. Mais le serveur n'a pas le droit de leur apporter le plat.

Il y a des gens qui vont pour des décisions comme ça. -Mais des normes, c'est aussi des taux maximum de cadmium, etc. Les normes, ça peut nous sauver, également. -Bien sûr, mais on mélange tout.

On sur-bureaucratise même l'écologie. On dégoûte les gens, en réalité, avec des règles complètement idiotes. Et puis, de l'autre côté, vous avez des scandales sanitaires qui sont probables et, en tous les cas, qui vont un jour, quand même, littéralement exploser.

Et là, on est muselé. Ce n'est pas normal. -Vous êtes une politique, vous avez peut-être des leviers à actionner.

Comment ce sujet est-il traité par le Conseil régional de l'Ile-de-France, sachant que sur ce territoire, il y a beaucoup d'agriculteurs, donc d'engrais phosphatés dispersés à l'origine de la contamination des sols ? -La région Ile-de-France, on le sait peu, mais c'est une région qui est à moitié rurale, en réalité, même dans mon département, tout le reste du département, c'est rural. Donc nous, on accompagne les agriculteurs aussi dans leur conversion, par exemple, au bio.

On les subventionne quand il y a des conversions au bio. Mais on ne peut pas passer au tout bio, il n'y a pas que ça. On les accompagne aussi sur leur matériel, sur...

Il y a une aide très puissante de la région Ile-de-France sur tout ce qui est agriculture et aussi circuit court. On a lancé toute une filière... -Vous détournez le problème.

Si c'est bio, ce n'est pas forcément le cadmium. Mais c'est une obsession, quand même ? Tous les jours, ça revient dans la conversation quand vous parlez d'agriculture en Ile-de-France ?

On vient de l'entendre et vous l'avez dit, c'est un scandale de santé publique. -Bien sûr, c'est un des grands sujets de préoccupation de la région et Valérie Pécresse est très investis là-dedans. Mais sur la question de l'engrais, ça va bien plus loin que la région.

Ca concerne l'Etat et ça concerne l'Europe. C'est comment on arrive à... -Les contrôles... -Mais aussi à une souveraineté.

Comment on produit de l'engrais qui ne vient pas du Maroc ? Parce que vous avez parlé du Maroc, ça ne vient pas que du Maroc, mais au Maroc, il y a encore plus de cadmium dans ces sols. -Vous aviez parlé des agriculteurs et pour le consommateur, parce que pour l'instant, ce qu'on nous dit, c'est qu'il faut manger moins de pâtes, moins de riz, prendre des légumineuses, qu'il ne faut plus manger de céréales au petit déjeuner.

Le consommateur, il a l'impression que peu importe ce qu'il fait... -Il doit manger varier. -C'est dur de manger correctement. -Non, mais surtout varié.

Il faut retrouver le plaisir des bonnes choses. Il faut retrouver le plaisir de cuisiner. Même parfois, une chose toute bête, il m'arrive d'avoir des enfants dans nos cantines à Taverny qui n'aiment pas les carottes bio parce qu'elles baignent pas dans les sauces qu'ils achètent au supermarché.

Donc il faut retrouver le bonheur du produit. Et ça, c'est un vrai sujet. Mais c'est aussi le rapport à la table.

Et je pense que l'écologie, si elle parlait aussi un peu plus de la gastronomie, du terroir, de notre patrimoine culinaire, elle donnerait envie. Il faut refaire de l'écologie qui donne envie, pas que de l'écologie à la Greta Thunberg, pardon, mais qui vous donne envie de vous jeter dans l'eau. Il y a des problèmes qui sont évidemment terribles... -Il faut alerter aussi. -Il faut alerter, mais il faut trouver des changements de comportement qui passent aussi par des changements de paradigme joyeux.

L'écologie, ce n'est pas quelque chose d'effondrant, de déprimant. Ca peut être quelque chose qui fédère. -Un peu flippant, quand même.

Vous vous êtes dépistée au cadmium, déjà ? -Non, pas encore. Non, mais pas que le cadmium.

Par exemple, la question du plastique. Moi, je suis allée, il n'y a pas très longtemps, au Royaume-Uni, visiter une entreprise extraordinaire qui s'appelle NotPla, comme "not plastic". Ils arrivent, en fait, à convertir, à changer des algues en équivalent du plastique.

Vous savez qu'aujourd'hui, le plastique, c'est ce qui tue nos mers et nos océans, la nature. -L'océan plastique... -C'est dramatique.

Et d'ailleurs, ça nous contamine. Si vous faites des analyses du taux de plastique que vous avez dans le corps, vous allez être effondrés. Eux, en plus, ils pourraient même changer la sargasse, qui est cette algue qui pourrit... -La Martinique, la Guadeloupe. -Oui, et les Antilles, et même économiquement et touristiquement.

Vous voyez, moi, je préférais qu'on investisse dans la production, dans l'outil de production. Et là, d'ailleurs, ça va contre l'écologie de la décroissance. C'est de l'écologie de la croissance.

C'est une vraie écologie de droite. C'est une écologie qui remplace par l'algue le plastique et qui, en même temps, n'utilise aucun procédé chimique. -On va parler, de vos deux passions.

On verra si c'est vos deux passions, la musique et la nourriture. C'est "Les pieds dans le plat". Jingle -Réputée, Elsa, pour ses concerts, ses conférences sur le climat, ses expos, le festival écolo, We Love Green a aussi fait de son rendez-vous un laboratoire pour l'offre de restauration.

Comment réussir une "street food" plus responsable, plus locale, moins chère, plus créative et surtout, 100 % végétarienne. C'est un reportage à Vincennes d'Alicia Rogge et d'Eva Billion. -Un festival aux allures classiques et pourtant, ici, les stands de nourriture sont 100 % végétariens et tous les festivaliers ne sont pas forcément au courant. -Végétarien ?

Il n'y a pas de viande ? -Non. -Nulle part ?

C'est faux. Je vous crois pas. -Si certains pensent d'abord à une plaisanterie, d'autres saluent l'initiative. -C'est une bonne surprise, ça change et c'est très bien. -C'est un concept qui est intéressant et à mettre en place à une échelle comme ça, ça passe un message qui est fort, aussi. -Et en plus peut-être ça incite les gens à manger végétarien.

Mon copain par exemple, je sais qu'il n'est pas végétarien, là, il va se rendre compte que c'est pas si mal. -Il y en a pour tous les goûts. Plus de 40 stands sont installés sur le site.

Pour Mathilde, restauratrice, c'est une première et un défi. -Les deux dernières années, j'avais posé ma candidature. Je n'avais pas été prise parce qu'ils se disaient que peut-être je n'étais pas prête.

Donc, c'est vraiment un challenge, cette année, pour le coup. -A la carte de Mathilde, deux spécialités au nom des stars du festival. Le sandwich BBL pour Théodora et le Oklou's Garden.

On y retrouve halloumi, champignons, radis ou encore pickles de concombre. Pour elle, travailler le légume, une évidence. Les clients peuvent même consulter l'empreinte carbone de chaque plat. -Il fallait faire le bilan carbone de chaque recette.

Du coup, il faut noter les ingrédients, d'où ils viennent, comment ils sont conservés, combien de grammes, évidemment, s'ils ont un label bio, AOP. Je ne travaille qu'avec des trucs de saison. Après, je n'ai pas pu faire 100 % bio et de toute façon, en boutique, je ne le fais pas.

Donc voilà, il a fallu que je cherche un peu plus pour le bio, notamment pour les laitages. -Pour respecter son engagement sur l'alimentation durable, l'organisation du festival a dû s'adapter aux réalités. -On s'est rendu compte, déjà, il y a une conjoncture économique pour les restos qui est de plus en plus compliquée, donc on l'a un peu allégé, on s'est adapté au "sourcing".

A la base c'était 150 kilomètres autour de Paris, il y a 4 ans. Et là, on l'a un peu élargi à la France, où on demande quand même du bio, mais on est conscient qu'en fait c'est pas non plus très facile d'avoir que du produit d'Ile-de-France. -En fin de journée, bilan positif pour Mathilde.

Tous ses sandwiches ont été vendus. De quoi envisager un retour pour la prochaine édition. -Elsa l'a dit, vous aimez la nourriture, la musique.

Alors, une nourriture 100 % "frangétarienne", avec des carottes râpées, c'est une bonne raison pour vous faire venir, ou au contraire, vous dissuadez d'aller à We Love Green ? Parlez franchement. -Franchement, non, si on ne me l'impose pas vitam aeternam, je ne pourrais pas... -C'est bien parti pour. -Non, je ne pense pas.

Au contraire, l ne faut surtout pas opposer. S'il y a des gens végétariens ou véganes, c'est très bien. Mais quand ça devient une religion, un intégrisme, je trouve ça stupide.

C'est une forme de totalitarisme qui est insupportable. En revanche, interpeller aussi sur la consommation de viande rouge qui, évidemment, est beaucoup plus polluante, c'est important. La viande rouge provoque plus le cancer.

Mais vous ne m'interdirez pas de manger une entrecôte saignante. Donc, il faut juste doser. Et de temps en temps, manger des légumes, c'est évidemment très sain.

Le problème, c'est qu'en France, on ne sait plus cuisiner des légumes. Et là, je vais revenir à mes origines italiennes, mais même la taille des légumes. Les courgettes, je les aime quand elles sont très petites.

Parce que quand elles sont petites, elles ont un goût presque de noisettes. Elles ont un goût très fin. Quand elles sont très grosses, elles sont en plus souvent gorgées d'eau et c'est vrai que le goût est moins bon.

Si vous ne les cuisinez uniquement...

La vapeur, on peut aimer ça, mais c'est pas pareil que de les cuisiner avec de l'huile d'olive à la poêle, avec de l'oignon, etc. Donc, la saveur du légume compte énormément aussi dans votre référentiel que vous avez enfant. Et si, dès le début, on vous cuisine mal le légume ou si vous avez de l'aubergine qui est tellement mal cuisinée que vous avez l'impression de manger du caoutchouc, c'est terrible.

Et ce qui est dramatique aussi, c'est dans les menus végétariens, c'est quand vous avez des menus végétariens qui essayent de copier le goût de la viande. Genre le steak au soja, le steak végétarien qui ressemble à un goût de steak. Il n'y a rien de pire.

Parce que ça veut dire quelque part que le légume en soi ne peut pas être une source de goût satisfaisante. Donc, je pense que là-dessus, il y a un travail à faire qui est culturel parce qu'à la base, on est un pays qui a su cultiver les légumes. On a même, depuis quelques temps, ressorti des produits qui étaient plutôt des produits phares médiévaux.

Je pense au topinambour. -Exactement. -C'est extraordinairement bon. -Mais si vous dites "pas ad vitam aeternam", "totalitarisme", mais c'est quand même... pas, à vos yeux, inéluctable que cette cuisine-là devienne de plus en plus végétarienne dans les festivals, dans les restaurants et partout, à cause du contexte climatique ? -Vous savez, je pense que le contexte climatique...

Ce qui est vraiment très important, c'est qu'on décarbone aussi au niveau des transports, c'est qu'on retire le plastique qui est en train de tuer la planète. -Il y a ça aussi dans le festival, c'est des produits sourcés, pas très loin. -Tout est anti-déchets.

Je crois que les contenants étaient compostables, etc. -Moi, je suis très admirative de ce festival. Juste, vous voyez, il y a toujours des gens pour critiquer.

D'autres vont vous dire que le bruit n'est pas très bon pour la biodiversité du bois de Vincennes qui est à côté. Vous n'arriverez jamais à une formule...

Vous voyez, c'est pour ça que je fais attention à tous les intégrismes. Vous n'arriverez jamais, même pour un festival écolo, à satisfaire toute la doxa écologiste. Donc, il y a un moment, il faut aussi choisir ses cibles.

Et il faut aussi que ce soit adapté. Et je trouve que là-dessus, les maires, M-A-I-R-E-S, on est très pragmatiques. Aujourd'hui, les maires font beaucoup d'écologie.

Bientôt, je vais lancer un grand rassemblement des maires à Amboise, avec Ferréol Delmas, qui est un think tank d'écologie, Ecologie responsable. On veut montrer que même à droite et au centre, il y a des vraies préoccupations en matière écologique, mais que ce n'est pas forcément décroissant, que ce n'est pas forcément contre l'agriculture, mais que ça traite des problèmes qu'aujourd'hui la droite ne traite pas forcément. C'est vrai. -Une petite question un petit peu plus politique.

Depuis un an, c'est le milliardaire classé à gauche, Matthieu Pigasse, qui a racheté We Love Green. Donc, plus de subventions de la région. On va arriver à un moment où les collectivités de droite subventionneront la musique, la culture de droite, et à gauche... -En fait, c'est l'inverse.

Vous savez, chez la culture, je finance surtout, avec Valérie Pécresse, des artistes de gauche. Pardon, et on ne fait pas de censure, ce qui nous vaut d'être attaquées à chaque séance par le Rassemblement national, dont je suis la bête noire, et c'est une fierté, parce qu'on ne fait pas de censure. Mais en revanche, M.

Pigasse en fait. Et M. Pigasse nous a littéralement insultés, avec Valérie Pécresse dans un article dans "L'Humanité", disant qu'en gros, comme on était la droite, on était la droite villiériste.

Alors, je ne veux pas fustiger la droite villiériste, mais en tous les cas, en nous caricaturant. Donc ce monsieur est sectaire, et en plus, outre le fait qu'il est sectaire, ce n'est pas parce que c'est un révolutionnaire de salon qui boit du champagne, c'est pas pour ça, ça, ça le regarde. C'est aussi parce que, est-ce que la région doit financer, et là, vous allez voir, je vais prendre ma casquette de gauche, en caricaturant, est-ce qu'on doit financer des grands groupes ?

Est-ce qu'on doit financer des majors américaines, par exemple ? Non. Et du coup, je préfère financer Solidays, qui va démarrer vendredi, qui lutte, d'ailleurs, aussi contre tout ce qui est homophobie, tout ce qui est... -La lutte contre le sida. -Bien sûr, et la lutte contre le sida.

Et c'est un festival à 100 % indépendant. Ce n'est pas une question de gauche et de droite, c'est une question d'éthique. -On va passer, et là, ce n'est pas politique, au "Péché mignon".

Jingle -Alors, on s'attendait, vu vos origines 50 % italiennes à de la panna cotta, du tiramisu. -J'ai aussi des origines alsaciennes. -Mais on a une tarte au citron meringuée.

C'est la surprise, parce que moi je m'attendais à une tarte au citron normale, mais elle est meringuée. Aujourd'hui, c'est plus courant que la tarte au citron. Alors, c'est pas franchement un dessert très frais avec des tranches de citron, c'est quand même un mélange de beurre, de jus de citron.

C'est très bon. Les Anglais l'appellent "lemon curd". C'est comme ça qu'on le nomme chez les "british".

Mais ça reste un très bon dessert et un des "must" de la pâtisserie française. C'est votre dessert préféré pour nous l'imposer aujourd'hui ? -Avant votre réponse, on remercie Le Bourbon et pour les magnifiques tordelli, la Trattoria Toscana dans le 15e arrondissement.

Goûtez cette tarte au citron et dites-nous ce que vous en pensez, Florence Portelli. -J'adore la tarte au citron. Je ne suis pas très dessert.

Je vous avoue, je suis plutôt salée. J'aime beaucoup cuisiner des desserts, même ceux que je ne mange pas. Mais c'est vrai que la tarte au citron, j'aime aussi beaucoup la mousse au chocolat et la tarte aux quetsches que faisait ma grand-mère alsacienne.

La tarte aux quetsches, c'est extraordinaire. Surtout, moi, je fais la pâte sablée, j'adore ça. Et... la tarte aux mirabelles, j'aime beaucoup aussi.

Mais au citron... -C'est une pâte sablée, j'imagine.

Et la meringue est très bonne. Elle est très bonne, très délicate. Pas trop sucrée.

Cette meringue très souple au-dessus est très, très bonne, onctueuse. C'est un bon dessert. -Oui, et Jean-Pierre disait, vous l'aimez meringuée ou pas ? -Plutôt pas meringuée.

Mais là, ça ne me gêne pas parce que c'est une meringue très légère. Elle est très bien faite. Elle est aérienne, elle est très bonne. -Et la pâte est très bonne aussi. -Une bonne pâte sablée... -Parfois, juste des petits sablés. -Dans le match pasta l'Italie, un.

Dans le match pizza, l'Italie, deux. Dans le match pâtisserie, c'est un peu plus compliqué. Les Français sont un peu meilleurs ou vous défendez encore vos 50 % de racines toscanes ? -Les pâtes, on sera peut-être meilleurs... -Je parle des desserts. -Même sur le salé, il y a des choses en France qui sont extraordinaires.

Un boeuf bourguignon. -Mais comme on est au dessert, pour la pâtisserie, vous pensez quand même que la pâtisserie française... -Il y a des pâtisseries italiennes qui sont assez fabuleuses.

Et tout ne se réduit pas, même si j'adore ça, à la panna cotta ou au tiramisu. -Quelles pâtisseries italiennes appréciez-vous particulièrement ? -Oh, il y a des pâtisseries...

C'est un biscuit qui se trempe dans du vin, qui se fait beaucoup en Toscane. Mais il y a tout type de pâtisserie. Après, moi, je ne suis pas une très bonne cliente, je ne suis pas très sucrée, à part les quelques exceptions que je vous ai dites. -Oui, je vois, ces petits gâteaux aux noisettes, qu'on trempe dans un vin un peu sucré c'est très bon. -Beaucoup de gâteaux secs. -Ca termine un peu un dessert. -Oui. -La pâtisserie française, c'est le Saint-Honoré. -Mais c'est vrai que là, j'aurais plutôt une préférence pour la pâtisserie française. -Qu'est-ce que vous cuisinez, en dessert ? -Ca dépend qui me le demande, mais je peux faire du gâteau au chocolat, des tartes, je fais ça facilement, des clafoutis, des tiramisus, des flans...

Je ne sais pas. -An Alsace, à Noël, il y a une tradition avec des petits gâteaux. -Ah oui, avec de la cannelle. -Oui, et puis en forme...

Je ne sais plus comment ça s'appelle, mais...

Et c'est en forme d'étoile, de coeur, etc. -Et dans votre enfance, vous avez le souvenir d'une zuppa inglese, ce dessert italien qui revient à la mode. -Oui, mais c'est pareil, je ne suis pas très...

Mais en revanche, la tarte au citron, j'adore ça. -Alors, on a fini avec une note sucrée, mais on va finir également en note de musique avec la chanson que vous avez choisie, Florence Portelli. On écoute, on en parle juste après. -Si je sais que tu mènes la vie que tu aimes au fond de moi Me donne tous ses emblèmes Me touche quand même Du bout de ses doigts Même si tu as des problèmes Tu sais que je t'aime Ca t'aidera Laisse les autres totems... -Vous avez reconnu Véronique Sanson.

Pourquoi cette chanson ? Ca fait partie des chansons, si je devais partir au bout du monde, que j'emmènerais. -La chanson. -Elle est à la fois simple et compliquée en réalité, la façon dont elle l'a écrite.

Mais j'aime énormément Véronique Sanson et cette période-là où elle a...

En plus, elle a un vrai talent de compositrice, de pianiste. Et elle est une anomalie heureuse dans le paysage français en tant que compositrice, artiste, parolière, etc. Elle est incroyable.

C'est une très jolie chanson. Mais c'était très dure de choisir. J'aime énormément, aussi, le rock anglo-saxon.

En ce moment, je suis dans une période très Muse. -Muse, du rock alternatif. -J'aime beaucoup Barbara, Brassens... -C'est bien, des goûts éclectiques en musique comme en cuisine. -Véronique Sanson, c'est très bien pour terminer.

Merci. -Merci beaucoup, d'avoir accepté l'invitation de "Politiques, à table !".

Merci. -Merci, Elsa, à bientôt. -Merci à tous.

A très vite sur LCP. -...des problèmes Tu sais que je t'aime Ca t'aidera...