Pouvoir d'achat : «Les Français sont à l'euro près», alerte Dominique Schelcher
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 35 %Attaque 25 %Défensif 40 %
Questions et réponses
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- 0:20OuverteRéponse directe
Quel est le bilan pour vous, pour les commerces qui, dans votre enseigne, ont été attaqués ?
- 1:29RelanceRéponse directe
C'est ça la France de 2026 ? Vous vous en étonnez ? Vous vous en inquiétez, Dominique Schelcher ?
- 1:49OuverteRéponse directe
Et quel dispositif il faudrait prendre selon vous ? Il faut plus de force de l'ordre ?
- 2:37RelanceRéponse directe
Est-ce qu'on est en train de s'habituer à la violence ? Est-ce qu'on est dans un confinement sécuritaire, Dominique Checher ?
- 3:11RelanceRéponse directe
D'accord, mais donc qu'est-ce qu'il faut faire encore une fois ? Vous dites qu'il faut sortir de cet impasse, c'est une urgence absolue.
- 3:26OuverteRéponse directe
Vous redoutez le pire encore sur ces journées ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:31InvitéFait
« Ce à quoi on a assisté, c'était du jamais vu. C'était d'une violence inimaginable. »
- 1:04InvitéFait
« Absolument. Ils étaient enfermés dans les magasins, y compris en province, y compris en province, enfermés dans les magasins. »
- 2:00InvitéFait
« Je pense qu'une des mesures les plus importantes, c'est ce qu'on a vécu ce week-end, c'est que les cortèges ne passent plus dans les centres-villes au cœur de la concentration des commerces. »
- 2:18InvitéFait
« Deuxième mesure, c'est des forces de l'ordre en nombre suffisant pour faire face et pouvoir réagir. »
- 4:08InvitéFait
« Les centres-villes de France, beaucoup, sont en grande souffrance, en grande difficulté. »
- 4:14InvitéChiffre
« La vacance commerciale en centre-ville n'a jamais été aussi importante en France. »
- 6:15InvitéChiffre
« Mais complètement. À l'euro près. De toute façon, 46% des Français ont des fins de mois difficiles. »
- 6:24InvitéChiffre
« Un Français sur 10, c'est même en réalité 13% aujourd'hui, sont en précarité alimentaire. »
- 6:46InvitéChiffre
« Chez Coopérative U, c'est moins 10 de volume depuis le début de l'année. »
- 6:53InvitéChiffre
« Et là, on a des stations au mois d'octobre, c'est jusqu'à moins 40% de volume de consommation. »
- 12:54InvitéFait
« On l'a fait déjà au mois de juin. »
- 13:15InvitéChiffre
« Et l'ensemble des dispositions dont on parle, c'est un coût de 11 milliards pour les entreprises en plus. »
- 14:51InvitéFait
« Avec les niveaux de taux d'emprunt de la France actuellement, le coût du remboursement seulement des intérêts sera équivalent aux impôts prélevés en France l'année prochaine. »
Temps de parole
- Invité77 %
- Présentateur21 %
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Grande interview Europe 1 CNews, Laurence Ferrari.
Notre
invité ce matin dans la grande interview sur CNews et sur Europe 1, c'est Dominique Schellcher. Bonjour à vous, bienvenue.
Bonjour
Laurence Ferrari.
Prédégé de Coopérative U, comme tous les commerçants, vous avez été impacté par les manifestations qui se sont déroulées samedi après samedi. On va évoquer dans un instant le Président de la République qui dit qu
'il
n
'y a
pas besoin d'état d'urgence et que l'ordre va revenir. Mais d'abord, quel est le bilan pour vous, pour les commerces qui, dans votre enseigne, ont été attaqués ?
Le
bilan est très dur. La journée du 17 octobre a été absolument dramatique. Ce à quoi on a assisté, c'était du jamais vu. C'était d'une violence inimaginable. Donc on a, nous aussi, eu des magasins pillés, saccagés, mais des magasins simplement parfois attaqués. Avec les équipes desquelles on a dû déclencher notre cellule de soutien psychologique. Tant elles étaient affectées ? Tant elles étaient bouleversées ? Tant elles avaient du mal à revenir même au travail ? C'était pour nous absolument du jamais vu.
Parce
qu
'ils ont eu peur pour leur vie, vos
personnels ? Absolument.
Ils étaient enfermés dans les magasins, y compris en province, y compris en province, enfermés dans les magasins. Les vitrines ont été, comment dire, vandalisées. Ils étaient à l'intérieur. Ils ont eu très peur. On a déclenché notre cellule interne de soutien et qui a beaucoup travaillé ces derniers jours.
Il
y a eu des vitrines barricadées, vous dites, parfois des murs de parpaings érigés pour se protéger. C'est ça la France de 2026 ? Vous vous en étonnez ? Vous
vous en inquiétez, Dominique Schellcher
? Mais j'en ai fait un post ce week-end en disant, mais est-ce que c'est ça la façon de faire du commerce ? Moi j'ai des collègues à Lyon ce week-end, c'était plus des planches en bois, c'était des plaques de tôle pour éviter le maximum de dégâts.
Et
heureusement, ce week-end, samedi, il y a eu moins d'impact.
Et quel dispositif il faudrait prendre selon vous ? Il faut plus de force de l'ordre ? Il faut que tous les magasins soient désormais équipés par brise en tôle, enfin de cash en tôle
?
Je pense qu'une des mesures les plus importantes, c'est ce qu'on a vécu ce week-end, c'est que les cortèges ne passent plus dans les centres-villes au cœur de la concentration des commerces. Et sauf erreur, je crois que le Président de la République, c'est ce qu'il a dit hier, il a dit qu
'il
ne
faut
plus qu
'on
passe en centre-ville. Ça, ça me paraît déjà une première mesure. Deuxième mesure, c'est des forces de l'ordre en nombre suffisant pour faire face et pouvoir réagir. Parce que je me souviens très bien que le 17, justement vous appelez le numéro 17 des secours, ils étaient débordés.
Est-ce qu'on est en train de s'habituer à la violence ? Est-ce qu'on est dans un confinement sécuritaire, Dominique Checher ? Et on va parler de
l
'impact sur la consommation.
Il ne faut pas qu
'on
s'habitue à la violence, ça ce serait un drame de s'habituer à la violence, et c'est le risque. Derrière votre question, il y a le risque de s'y habituer. Nous, on refuse de s'y habituer, et il faut prendre toutes les mesures. Manifester est un droit incontestable, mais travailler est un droit aussi. Et les commerçants et les travailleurs, nos collaborateurs, ils veulent pouvoir travailler librement et en sécurité.
D'accord, mais donc qu'est-ce qu'il faut faire encore une fois ? Vous dites qu'il faut sortir de cet impasse, c'est une urgence absolue. L'état d'urgence non, dit le Président de la République. On annonce des journées difficiles encore ce samedi et le 5 novembre, où là ce sera une grosse manifestation avec les syndicats. Vous redoutez le pire encore sur ces journées ?
On est très préoccupés et très inquiets. Donc, il faut... Moi, je reprends les paroles du Président de la République hier aussi. Il a dit quoi ? Il a dit que le premier samedi, les effectifs étaient insuffisants. C'était le premier point. Et on n'a pas assez anticipé. Donc cette fois, il faut anticiper les effectifs suffisants, changer les parcours pour éviter les centres-villes où il y a plein de commerces, et nous, être très précautionneux, et puis au moindre mouvement, réagir évidemment.
Il en va de la survie de certaines entreprises ?
Mais bien
évidemment ! Mais bien évidemment ! Vous savez, il
y
a un an, j'ai rendu à deux ministres de ce gouvernement un rapport sur l'avenir des centres-villes. Et donc, je connais bien ce sujet. Les centres-villes de France, beaucoup, sont en grande souffrance, en grande difficulté. La vacance commerciale en centre-ville n'a jamais été aussi importante en France. Et on rajoute une nouvelle crise à tous ces commerçants, qui est cette crise de la fréquentation. Parce que même s'il n'y a pas eu de cas ce samedi, il y a eu quoi ? Des rideaux fermés, beaucoup moins de clients en ville parce que les gens avaient peur de se déplacer. Et donc, c'est du chiffre d'affaires en moins, au moment où démarre la période commerciale la plus importante de l'année.
Donc, face à tout ça, et notamment dans le non-alimentaire, les confrères du non-alimentaire, beaucoup ne tiendront pas si les samedis se répètent. Ça, c'est évident. C'est évident.
Donc, c'est une crise de la consommation. Il y
a
un impact que vous voyez d'ores et déjà dans vos magasins ?
Dans
les cœurs de ville, il y a un impact direct avec une baisse de chiffre d'affaires le premier samedi, le deuxième samedi. Donc, même s'il n
'y a
pas de casse, il y
a
un impact maintenant qui est économique. Et donc, il faut résoudre la situation pour éviter qu'on s'enfonce économiquement.
Quand vous parlez, Dominique Churchill, d'une période stratégique, c'est Noël, c'est le Black Friday,
c
'est toutes ces périodes
où les
Français commencent déjà leurs achats. C'est bien ça ?
Normalement,
ils le commencent maintenant. Je veux dire, le coup d'envoi, c'est un peu la Toussaint. En fait, les achats de Noël vont commencer. Voilà, les magasins sont prêts maintenant, sont décorés. Ça va commencer maintenant. Donc, si la période est perturbée, 31 octobre, 5 novembre, ça risque d'être compliqué et de mettre vraiment certaines entreprises en grande difficulté. Vous savez qu'il y a plein de chaînes d'habillement qui ont mis la clé sous la porte depuis 2-3 ans. Je crains que ça puisse encore être le cas si la situation perdure.
Sur les achats de Noël, est-ce que vous avez déjà des tendances ?
Vous
savez,
est
-ce que privilégient les consommateurs ? Est-ce qu'ils ont déjà fait leur préférence
?
Non, c'est trop tôt. C'est trop tôt. Par contre, ce qu'on peut dire, les Français sont terriblement inquiets. Ils sont dans un attentisme et dans un arbitrage que j'ai rarement vu. À
l
'euro
près
? Mais complètement.
À
l'euro près. De toute façon, 46% des Français ont des fins de mois difficiles. 46%, je n
'ai
pas le souvenir d'un chiffre aussi important. Un Français sur 10, c'est même en réalité 13% aujourd'hui, sont en précarité alimentaire. C'est un niveau de difficulté qu'on n'a jamais vu. Et j'observe, alors là, c'est pour moi la chose la plus frappante actuellement, un véritable effondrement de la consommation de carburant.
Je dis ce
mot sciemment, effondrement au mois d'octobre. Chez Coopérative U, c'est moins 10 de volume depuis le début de l'année. C'était déjà très fort en baisse au mois de septembre. Et là, on a des stations au mois d'octobre, c'est jusqu'à moins 40% de volume de consommation. Les gens ne bougent plus. Les gens restent à la maison, sacrifient beaucoup de choses. Le sport, l'activité sportive des jeunes, ils ne bougent plus parce que le prix du carbone, c'est trop lourd, pèse trop sur leur budget
à
date. Le geste du gouvernement qui a libéré les stocks stratégiques, a donné une toute petite bouffée d'air sur le gasoil, mais jusqu'à quand ?
Va le
donner à
partir de la semaine prochaine.
Dans des modalités qui doivent encore être travaillées cette semaine, il y
a
plusieurs réunions avec le gouvernement pour caler le sujet. Ça donnera une petite bouffée d'oxygène à partir de la semaine prochaine, mais ce ne sera pas tous les jours et pas tout le temps parce que ce n
'est
qu'une part de la consommation qui est concernée à partir du 2 novembre exactement.
D'autant que vous l'avez noté, le prix du baril de pétrole continue d'augmenter à refrancher des niveaux.
Il était
au plus haut la semaine dernière depuis le début de la guerre à 115 dollars le baril la semaine dernière. Donc pour l'instant, on n'a aucun signal d'amélioration sur le plan du carburant qui, encore une fois, conduisent à un véritable effondrement de la consommation de carburant.
L'inflation, où est-ce que vous en êtes ? Aujourd'hui, on avait Michel-Edouard Leclerc qui l'a prévoit à près de 4% pour la fin de l'année. Vous confirmez ce qu'il disait ?
Alors, à date, l
'inflation est à 3
,1% essentiellement à cause des prix de l'énergie. Sur l'alimentaire, c'est plutôt flat actuellement, ça ne bouge pas. Par contre, le sujet,
c
'est que va-t-il se passer après les négociations commerciales qui se termineront le 28 février prochain. Et là, effectivement, après l'année qu'on a connue, après tous les impacts pour les entreprises qu'on a connues, il faut s'attendre, effectivement, à de l'inflation à l'issue des négociations, donc au printemps prochain, au printemps
prochain.
Ça veut dire qu'il y
aura
forcément un impact sur les prix au printemps prochain
?
Absolument, ça, tous les signes vont dans ce sens. La question,
c
'est dans quelle ampleur il y aura plusieurs points d'inflation alimentaire après les négociations pour tenir compte d'une réalité. Payer justement les agriculteurs, ça, c'est une cause à laquelle on tient chez Coopérative U, donc ça, c'est par exemple nécessaire. Les fruits et légumes ont augmenté cette année, c'est pour juste bien rémunérer les producteurs.
Vous êtes aussi étonné de certains comportements. Vous dites que certains préfèrent ne pas manger et se payer, ou faire un crédit à la consommation pour se payer le dernier téléphone portable. C'est les arbitrages qu'aujourd'hui font les Français, Dominique Schacher ?
Mais de plus en plus, si vous voulez, c'est vrai que ça, c'est un petit coup de gueule que j'ai partagé sur les réseaux sociaux et qui a été assez largement repris, parce que parfois, il y
a
une inversion de valeur. Les mêmes clients qui ont un téléphone dernier cri dans la poche viennent nous voir en se plaignant de l'augmentation des tomates dont l'augmentation est justifiée pour rémunérer justement le producteur. Donc, derrière ça, la question est, quelle est la juste valeur qu'on veut donner à l'alimentation ? Et je crois que parfois, les valeurs sont inversées et c'est un débat qui mérite d'être posé. Donc, il y
a
un problème de hiérarchie des valeurs. Tout
à fait, de hiérarchie des valeurs. Une société de
consommation qui est devenue folle, c'est
ce
que vous nous dites ? Qui est parfois allée un peu trop loin. Et je rappelle ces chiffres. Il y a 50 ans, l'alimentation représentait un peu moins de 30% dans le budget d'un ménage. C'est encore 13% aujourd'hui. C'est devenu une variable d'ajustement par rapport à beaucoup d'autres dépenses, dont le logement, qui pèse énormément, dont les dépenses précontraintes, mais aussi la technologie et les abonnements. Et à un moment, qu'est-ce qui est plus important ? Est-ce qu'il vaut mieux d'abord payer son abonnement à Netflix ou payer une alimentation de qualité ? C'est ça la question que je pose.
Ça veut dire qu
'il
y a un problème sur la valeur de l'alimentation. Or, vous dites derrière l'alimentation, ce sont les territoires, ce sont nos paysans et c'est notre santé au fond.
Mais bien évidemment. Et c'est tout cet enchaînement-là, jusqu'à la santé, mais à court terme par exemple, c'est la survie de nos agriculteurs. Donc, payer le juste prix de l'alimentation, c'est assurer une alimentation de qualité en France pour les années qui viennent et rien n'est moins sûr aujourd'hui.
Dominique Schellcher, on est sur CNews et sur Europe 1. Votre grand combat, c'est les salaires. Vous dites, la prochaine présidentielle, le combat central, c'est améliorer les salaires pour les Français, donc rapprocher le brut du net. Qu'est-ce qu'il faut faire à votre avis ? Vous avez regardé toutes les propositions des différents candidats, elles sont nombreuses, variées.
Très nombreuses. Est-ce qu'il y en a qui vous conviennent ? Écoutez, rappelons déjà ce chiffre. Il y a 50 ans, les Français touchaient 70% de leur super brut,
c
'est-à-dire toute charge comprise, patronale et salariale. Aujourd'hui, c'est encore 52%. Pourquoi ? Parce qu'on fait trop porter au travail, le coût de la protection sociale, c'est devenu trop lourd. Donc, quelle solution ? Moi, je propose, première chose, de réduire, de revoir le coût global de cette protection sociale. À un moment, il faut revisiter le volume de dépenses et le
baisser. Donc, on peut
des prestations sociales, Dominique Schellcher
?
En faisant
des choix. Mais oui, absolument. Il faut revisiter les choses. Peut-être qu'on va dans certains domaines trop loin. Donc, revisitons ça. Mais la deuxième mesure que je vois, et certains, effectivement, candidats le proposent, je propose de déplacer une partie de cette charge sur la TVA la plus élevée.
La
TVA la plus élevée, pas la TVA de première nécessité, celle-là, on ne
la
touche pas, ce n
'est
pas possible dans le contexte actuel, mais la TVA la plus élevée, on déplace. Donc, il y aurait un gain de salaire significatif d'un côté,
une
petite augmentation de prix sur certains produits à la TVA la plus élevée, mais l'augmentation de salaire doit compenser, comment dire, la charge de l'autre côté. Et si on ne fait pas ça, je ne vois pas comment on peut résoudre le problème des salaires qui sont aujourd'hui trop serrés en France.
Et le gouvernement, justement, une des pistes envisagées par le gouvernement, c'est revaloriser le SMIC d'ici la fin de l'année. Bonne ou mauvaise piste, selon vous ?
Alors, il
n'y a pas de souci pour, évidemment, continuer à augmenter le SMIC. On l'a fait déjà au mois de juin. Mais ce qui se passe actuellement, c'est qu'on veut faire porter exclusivement aux entreprises la charge de toutes ces augmentations parce qu'on parle du SMIC, mais dans le projet de budget qui est en discussion actuellement, on veut, en même temps, revenir sur l'allègement des charges sur le travail. Et l'ensemble des dispositions dont on parle, c'est un coût de 11 milliards pour les entreprises en plus. Écoutez, depuis le début de ces deux quinquennats, il y avait une mesure qui était bonne, comment dire, saluée par le monde de l'entreprise, c'était l'allègement des charges.
Pour faire quoi ? Ce n'est pas des cadeaux aux entreprises, comme le disent un certain nombre d'interlocuteurs. C'était simplement pour ramener le coût du travail au niveau le plus élevé en Europe, au niveau le plus élevé en Europe. Et là, dans la dernière ligne droite du deuxième quinquennat, on fait quoi ? On revient sur cet allègement. Franchement, les entreprises ne le comprennent pas. Ne le comprennent pas. Donc, nous demander d'augmenter le SMIC alors qu'en même temps, on veut augmenter le coût du travail de l'autre, là, ça va coincer.
Ça veut dire qu'il y aura des emplois qui seront menacés. Et le patron du MADEF dit, voilà, ça va avoir un coût pour les entreprises en termes d'emploi.
Les entreprises ne pourront pas tout prendre en charge, à la fois avoir moins d'allègements et donc, comment dire, un coût du travail qui sera en chéri et qui est, je le rappelle, au plus élevé en Europe. Et de l'autre, augmenter tout de suite encore les salaires. On ne pourra pas tout faire en même temps. Beaucoup d'entreprises n'en ont pas les moyens.
Et
dans cette faible croissance actuellement, beaucoup d'acteurs ne pourront pas le faire.
Avec une crise financière qui plane sur nous, une inquiétude sur la dette. Ce qui est très intéressant dans les enquêtes que nous faisons, c'est que les Français comprennent maintenant le poids de la dette et ce qu'il veut dire pour eux et pour leurs enfants. Ça, ça vous surprend ? Jusqu'à présent, c'était très abstrait. Les 3 600 milliards de dettes, là, ils ont compris ce que ça veut dire.
Je pense que les gens l'ont compris. Et moi, je le résume par un chiffre qui est très intéressant. Avec les niveaux de taux d'emprunt de la France actuellement, le coût du remboursement seulement des intérêts sera équivalent aux impôts prélevés en France l'année prochaine. Voilà où on en est. Donc ça, ce sont des chiffres, je pense que tout le monde peut comprendre, qui expriment la gravité des choses et qui disent qu'il faut absolument réagir maintenant. Alors, quelle mesure ? Une mesure que vous demandez aujourd'hui
?
Une mesure, c'est revoir nos dépenses. Et là, je suis très inquiet quand je vois les débats au Parlement, puisque toutes les mesures proposées pour baisser justement les dépenses publiques, revoir, sont à chaque fois revues. Et on rajoute plutôt des dépenses. Et ça, ce n
'est
pas possible.
Et pareil dans les programmes des candidats pour la présidentielle
?
On ne voit pas assez, notamment sur le sujet du travail. Et donc, trouver d'autres façons de financer, mais trouver des économies, on ne les voit pas assez dans les projets dont on nous parle actuellement.
Dominique Schellcher, il y a aussi ce malaise de la jeunesse, des lycéens qui vont poursuivre leur mobilisation malgré les annonces faites par le gouvernement. Quel message vous pouvez leur transmettre ce matin ?
Ils
sont inquiets de rentrer sur le marché du travail, de l'impact de l'IA qui est en train de ravager et renverser complètement le monde de l'emploi
?
Alors, tout d'abord, les hommes politiques ont une grande responsabilité dans cette campagne de s'adresser aux jeunes. Je le disais, je ne savais pas que les jeunes sortiraient dans la rue, mais je le disais dans les interviews depuis un certain temps. Parce que beaucoup de parents nous disaient on a peur pour l'avenir de nos enfants. Et les jeunes le disaient, on est préoccupés par tout ça. Donc, déjà, il y a une parole politique nécessaire avec un projet politique. Après, les entreprises ont leur rôle à jouer de leur dire qu'il y
a
encore des belles carrières à faire. C'est le cas dans la grande distribution où l'escalier social existe encore. On peut rentrer sans grande formation. Et quand on est motivé, quand on travaille, on peut progresser et avoir à la fin de grandes responsabilités et même être propriétaire d'un magasin. Donc, c'est une période de bouleversement. Il y
a
l'intelligence artificielle qui arrive, mais il y
a
encore de quoi faire des belles carrières pour les gens très motivés et qui ont envie de s'engager. Ça, vraiment, c'est aussi notre responsabilité de le dire aux jeunes.
Et de dire peut-être aux jeunes, il ne faut pas forcément tous aller en faculté, en université. Il y a des métiers professionnels qu'on peut faire beaucoup
plus tôt. vive l'apprentissage. Vive l'apprentissage. Il y a toujours dans notre profession des postes de boulanger que nous recrutons, des postes de boucher. Et ça, les parents, parfois, oublient que la voie de l'apprentissage est une tellement belle voie pour tous les jeunes. Donc, voilà. Donc, une parole gouvernementale ou une parole de nos hommes politiques, des candidats pour redonner de l'espoir avec une vision pour les jeunes. et puis, un engagement des entreprises à continuer, bien sûr, à les recruter, à les former et à leur proposer de belles carrières et des belles progressions dans le temps. Il y a de l'espoir. Il y
a
de l'espoir.
Dominique Chercher, une dernière question concernant la cybersécurité. Oui. Certains de vos magasins ont été impactés par des attaques informatiques qui ont impacté la température des frigos. Est-ce que, un, vous pouvez nous dire que c'est derrière vous et, deux, comment se prémunir à l'avenir pour d'autres types de cyberattaques
?
Très bonne question. Tout d'abord, l'attaque des frigos, elle est aujourd'hui sous contrôle. On a pris toutes les mesures qu'il fallait pour que ça ne se reproduise pas et on va encore en prendre dans les...
Parce que c'est gravissime
pour la
consommation.
C
'est
évidemment gravissime. C'est du jamais vu. Je rappelle qu'une chaîne de magasins hollandais a subi une attaque encore plus forte puisque là, les magasins étaient vides puisque les entrepôts ne pouvaient plus livrer. On n
'est
pas arrivé jusque-là en France. Donc, il faut prendre des mesures drastiques pour se protéger. à un moment où
on
nous dit que l'intelligence artificielle développe le nombre d'attaques, la gravité de ces attaques, etc. Donc, nos équipes de cybersécurité sont sur le pont 24 heures sur 24. On continue les investissements très lourds pour se protéger, protéger nos entreprises et faire en sorte que la chaîne alimentaire soit protégée, préservée, évidemment.
Mais c'est une menace pour l'avenir, pas seulement pour le secteur de la consommation, pour tous
les secteurs d'activité de notre
pays ? Je
pense que
c'est une menace globale et vous savez ce qu'on a appris hier. On a appris hier qu'il y
a
des enquêtes ouvertes au niveau de la France pour connaître les origines de cette cyberattaque des frigos. Les Etats-Unis s'associent à l'enquête parce qu'ils ont eux-mêmes été touchés, les frigos de l'armée aux Etats-Unis ont été touchés l'été dernier par le même phénomène. Et donc maintenant, tout le monde veut savoir d'où ça vient et qui cherche à déstabiliser quoi ? La chaîne alimentaire, l'approvisionnement des militaires d'un côté, des Français de l'autre. Qui est derrière ça ? Qui veut déstabiliser ça ? Il faut avoir la réponse.
Vous
avez raison. Merci beaucoup Dominique Schellcher
d'être
venu ce matin sur CNews et sur Europe 1. Bonne journée à vous.
Merci Laurence Ferrari. Merci Dominique Schellcher.
Dans un instant, la suite d'Europe 1 Matin avec vous, Alexandre Lemaire, les infos, la météo et les signatures d'Europe 1.
A tout de
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de suite sur Europe
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