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AutreFrance Culture — L'invité(e) des Matins (sur Site radio)· 16 mai 2026 19 minContradictoireMixte

Expos, galeries, ateliers : nos flâneries du samedi : À la découverte des compositions de Noa Eshkol

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Présentateur

Régulièrement au matin du samedi, nous vous invitons à flâner à travers les arts et ce matin une exposition qui vous donnera, je l'espère, l'envie de danser mais aussi de tisser et au fond, est-ce que ce n'est pas la même chose ?

Jusqu'au mois d'août, le MAJ, le musée d'art et d'histoire du judaïsme à Paris consacre pour la première fois en France une exposition à l'artiste israélienne Noah Echkol danseuse, compositrice de danse, artiste textile les oeuvres colorées de Noah Echkol sont aussi impactées par les guerres et les événements qui traversent l'histoire de l'état d'Israël voici donc notre nouvelle flânerie du samedi consacrée à la chorégraphe et plasticienne Noah Echkol et nous nous trouvons donc dans la magnifique cour de l'hôtel de Saint-Aignan dans le Marais à Paris devant l'escalier qui mène au musée d'art et d'histoire du judaïsme et où nous attend notre guide Pascal Samuel, bonjour Pascal

0:56
Invité

bonjour Mathéo

0:57
Présentateur

merci de nous accueillir ici, vous êtes conservatrice des collections d'art moderne et contemporain du musée d'art et d'histoire du judaïsme et commissaire donc de cette exposition Noah Echkol danse et composition que vous avez conçue avec il faut le souligner Dorotha Asniezek une exposition qui se compose de plusieurs types de matériel il y a des vidéos, des tapis muraux, plus étonnant peut-être des partitions de danse on va le voir, des photographies aussi et c'est vous qui avez croisé le fait que la chorégraphe d'avant-garde Noah Echkol était également plasticienne

1:29
Invité

alors effectivement c'est la première fois qu'on montre le travail de Noah Echkol en France elle est repérée à l'étranger, notamment en Allemagne, notamment en Israël mais on n'avait encore jamais exposé son oeuvre en France et c'est en le baladant si je puis dire à la FIAC que je vois sur le stand de la galerie Noguerim Schneider ses premières œuvres textiles alors voilà quand un conservateur flâne dans une foire, il est là un peu pour travailler, pour essayer de repérer je vois qu'elle est née en Israël, je vois que je ne la connais pas, je regarde un petit peu et là plus je fouille, plus je me rends compte que c'est une oeuvre extrêmement riche avec des dimensions très différentes la danse, le mouvement d'un côté et puis d'autre part l'art textile et donc voilà une découverte et l'envie d'aller plus loin et de la montrer et de la faire découvrir au public français

2:17
Présentateur

Alors on va découvrir la vie et l'oeuvre de Noëch Kohl, on peut peut-être commencer à entrer dans l'exposition mais ce qui est important et vous venez de le dire, de souligner, c'est qu'elle fait partie d'une des premières générations de ce qu'on appelle les Sabras Alors qui sont ces Sabras et qu'est-ce que ça raconte de la vie à venir de Noëch Kohl ?

2:36
Invité

Alors Sabra c'est un mot qui vient de l'hébreu, qui signifie fille de barbarie alors je ne sais pas si vous voyez ce qu'est une fille de barbarie donc c'est un fruit qui est plein d'épines, difficile à saisir et en même temps juteux et très coloré à l'intérieur donc c'est un peu ça cette double identité à la fois difficile mais dans un pays qui va devenir l'État d'Israël mais qui est encore sous mandat britannique, qui est un pays encore en construction et ce fruit est un peu à l'image de ces hommes et ces femmes qui vont construire le futur État d'Israël

3:08
Présentateur

Alors pour entrer dans l'exposition il faut traverser la librairie du musée et puis nous allons entrer dans la première salle de cette exposition consacrée à Noëch Kohl et la première chose qui frappe lorsqu'on rentre dans cette salle qui est composée donc d'une vidéo, il y a une projection sur un mur et puis des sortes de tapisseries en suspension et sur les murs qui l'entourent et vous l'entendez peut-être, le bruit d'un métronome qui marque le temps et c'est ça qui étonne, c'est qu'on voit des danseurs qui sont en train de danser mais il n'y a pas de musique

3:49
Invité

Effectivement, donc la première salle est vraiment là pour rendre compte, enfin immerger le visiteur dans l'univers de Noëch Kohl On a les deux faces de son travail, à la fois un travail sur la danse et le mouvement et d'autre part un travail textile, un travail textile qu'elle commencera dans la deuxième partie de sa vie et que dans la salle d'introduction on a envie de réunir pour en faire une salle immersive Effectivement, vous l'avez dit, les œuvres textiles sont à la fois sur les murs et suspendues ce qui amène le visiteur à déambuler, à tourner autour et à voir les œuvres textiles, pas simplement comme des tableaux textiles contre les murs mais comme des objets suspendus, donc vous pouvez en saisir la matérialité, le poids, le revers, voire la couture On peut déambuler, tourner autour et puis effectivement, l'œil est attiré au centre par ce film qui est fait en 1960 On voit Noëch Kohl avec deux autres danseurs de la troupe qu'elle va constituer qui s'appelle le Chamber Dance Group Elle est là avec notamment Noémie Polanyi Il danse, il n'y a pas de décor, il n'y a pas de costume Simplement, le son du métronome qui est là pour leur permettre de danser en rythme entre eux

5:01
Présentateur

Pourquoi est-ce que Noëch Kohl voulait se dépouiller à ce point de tout ce qui fait, a priori traditionnellement la danse et les arts de la scène en général ?

5:11
Invité

Justement, elle nous amène à regarder la danse dans sa plus simple expression Elle a réduit à son essence le mouvement dans le temps et dans l'espace L'œuvre est dépouillée, donc vous êtes concentré sur le mouvement Donc on a enlevé le décor, on a enlevé la musique, on a enlevé l'expression même Donc vous êtes absolument, elle amène notre œil à ne regarder que le mouvement et à être concentré sur le mouvement

5:36
Présentateur

Alors Noëch Kohl, on va le voir, développe toute une théorie de la danse jusqu'à développer un langage de la danse et du mouvement Mais peut-être il faut dire quelques mots sur sa formation Elle est née au bord du lac Tiberiade, dans un kibbutz Elle voyage à New York, à Londres Qui est-ce qu'elle rencontre ? Quels sont ses maîtres ? Quelles sont ses influences ?

5:58
Invité

Alors elle est née en 1924, donc elle aurait 102 ans aujourd'hui C'est quand même assez intéressant aussi de remettre ça en perspective Elle est formée par la première génération de danseurs venus d'Allemagne qui quittent l'Allemagne nazie dans les années 20, qui s'installent à Tel Aviv Donc elle, elle se forme auprès de Tilly Rossler Et Tilly Rossler appartient à cette famille de la danse qu'on appelle la danse d'expression Cette danse d'avant-garde née, développée en Allemagne que Tilly Rossler va emmener, entre guillemets, avec elle jusqu'en Palestine mandataire Et puis parce qu'elle est formée chez Tilly Rossler Elle complète sa formation chez un autre danseur d'origine allemande de la même génération que Tilly Rossler, qui s'appelle Rudolf Laban Et là elle part à Manchester, puis ensuite à Londres chez Sigourg Leder Donc elle est vraiment formée par cette première génération qui vient d'Allemagne de la danse d'expression, qui ouvre la danse moderne européenne

6:50
Présentateur

On voit ce qui est très beau, c'est que ces mouvements sont lents Est-ce qu'il y a aussi là quelque chose, une recherche d'un mouvement pur d'aller jusqu'à le mouvement presque atomique de ce qui fait le mouvement du bras ce qui fait le mouvement de la jambe ?

7:04
Invité

Et c'est exactement ça, revenir au geste le plus, l'essence Vous parliez d'atomique, moi j'aurais dit presque l'essence du mouvement Revenir, nous amener à nous concentrer et à être extrêmement précis, on va le voir sur son système de notation un peu plus loin, elle imagine le corps comme un orchestre où chaque segment du corps est un instrument

7:24
Présentateur

Alors justement, qu'est-ce que c'est que ce système de notation ? On vient de passer dans la seconde salle du musée Un long couloir nous dépeint un peu la biographie de Noah Eschkol aussi à travers l'actualité de l'histoire de l'État d'Israël Ce système de notation, lorsqu'on pense à un système de notation en général on pense à des partitions de musique Est-ce que c'est un moment de la danse où on est en train d'essayer de formaliser les choses ? Est-ce que la première a arrivé avec cette idée-là ? Qu'en pensez-vous, Pascal Samuel ?

7:55
Invité

Alors c'est intéressant parce qu'on a l'habitude de la partition de musique ça nous semble une évidence qu'on écrit la musique et pourtant ça nous semble presque étonnant qu'on écrive la danse Or, il y a des premiers systèmes qui se mettent en place dès le XVIIIe siècle et puis au XXe siècle, ça va notamment intéresser Rudolf Laban et Pibenech qui sont les deux systèmes principaux et aujourd'hui les plus développés mais après l'enseignement qu'elle reçoit de Rudolf Laban à Manchester elle va vouloir aller plus loin et elle va envisager de détailler encore davantage le système imaginé par Laban et de créer ce qu'on a appelé le système Eschkol-Wachman parce qu'elle le met en place avec un de ses collaborateurs qui s'appelle Abraham Brachman

8:35
Présentateur

Et justement, peut-être qu'on a un exemple devant nous physique de ce à quoi ressemble le système de Noah Eschkol est-ce que vous pouvez nous décrire ce qui se trouve devant nous, Pascal Samuel ?

8:45
Invité

Alors je vais vous le décrire mais avant je voulais juste revenir en disant elle se forme dans les années 40 à l'issue de la Deuxième Guerre mondiale et elle rentre en Israël en 1951 et c'est là qu'elle va chercher à mettre en place un système qui va plus loin que ce que lui a enseigné Rudolf Laban et donc pour aller plus loin, elle qui a une première formation en musique elle va essayer de partir comme sur une partition où elle va découper le corps en différents segments et à chaque segment il y a une ligne pour chaque type de mouvement, elle imagine des symboles et pour préciser l'angle du mouvement, elle donne différents chiffres donc il y a une combinaison à la fois de découpage du corps, de symboles et de chiffres

9:26
Présentateur

Alors comment est-ce qu'elle découpe le corps ? Est-ce que c'est la tête d'un côté, les mains de l'autre ?

9:30
Invité

Alors chaque segment se termine par une articulation et donc qui dit articulation dit la possibilité de faire un mouvement avec différents angles et une grande liberté et donc c'est ce corps-là découpé en 11 segments qui va lui servir de base de travail pour son système d'écriture

9:47
Présentateur

Alors quand on regarde, on voit donc qu'il y a la tête, les épaules, les coudes

9:52
Invité

Alors peut-être qu'on le voit encore mieux ici avec cette partition Partition, cette feuille de notation donc pour ange et angle où effectivement il y a la tête, le cou, le bras droit, le bras gauche, l'avant-bras, la cuisse Ben voilà, elle découpe et vous voyez il y a ces symboles

10:08
Présentateur

Qui se ressemblent à des flèches, des traits avec des courbes

10:12
Invité

Des points au-dessus, des points en dessous Et puis elle les combine avec des chiffres et ces chiffres vous permettent d'obtenir l'angle avec lequel le mouvement doit être réalisé Alors comme toute écriture ou comme tout langage, il faut l'apprendre pour pouvoir s'en servir Et c'est aussi là, Noa Echcol est à la fois une théoricienne mais une grande pédagogue Et qu'autour d'elle on n'en a pas encore parlé, c'est aussi lié à son histoire personnelle Il y a un groupe qui va se former, il y a un travail qui est très collectif C'est celui du Chamber Dance Group qu'elle forme donc dès les années 50, dès son retour en Israël Et qui va l'accompagner tout au long de sa vie avec un renouvellement de génération Puisque le Chamber Dance Group existe encore aujourd'hui

10:48
Présentateur

Comment est-ce que cette utopie à elle, communautaire, celle du kibbutz, d'une danse qui soit forcément collective On va le voir, l'expression plastique aussi est collective chez Noa Echcol Et les premières années de l'État d'Israël qui très vite s'enfoncent dans la guerre Dans les guerres qui lui ont succédé, Pascal Samuel

11:07
Invité

Alors le rapport au corps, le rapport à la danse est très présent dans la culture des premières années de l'État d'Israël Donc c'est pas du tout anodin que Noa Echcol choisisse ce matériau-là Le matériau du corps, le matériau de la danse, le matériau du collectif pour s'exprimer pendant Ça va être son mode d'expression principal jusqu'à la guerre de 73, jusqu'à la guerre de Kippour Donc c'est cette énergie-là qui la meut et qui est une énergie on va dire très positive Une énergie aussi qu'elle met pas simplement à créer des chorégraphies mais elle s'intéresse aussi à par exemple aux danses traditionnelles Elle est très ouverte aux autres cultures, elle s'intéresse aux danses traditionnelles syriennes, yéménites, palestiniennes Donc elle a un très large regard sur la danse et le mouvement

11:51
Présentateur

Et alors vous disiez 73, la guerre de Kippour parce que c'est une rupture

11:56
Invité

C'est une rupture à la fois personnelle, c'est une rupture aussi pour l'État d'Israël C'est un moment de doute, de bascule et c'est là que finalement cet optimisme qu'on voyait dans sa danse Ou qui est tourné vers la théorie, vers un système très universel Il y a un tournant, un tournant qu'elle prend et qui est un tournant qui est davantage de l'ordre de la... peut-être aussi de la réparation

12:18
Présentateur

Elle dit il n'est plus temps de danser, c'est ça ?

12:21
Invité

Voilà, elle dit no time to dance Donc elle, elle choisit en 73, quand un de ses danseurs est mobilisé sur le front, d'arrêter de danser Et c'est là qu'elle commence à récupérer dans les usines textiles qui entourent son domicile Différentes chutes qu'elle va assembler entre elles sur un support Et très souvent d'ailleurs ce sont des supports qui sont d'anciennes couvertures militaires Donc elle fait comme un patchwork, elle récupère ses éléments, comme un collage aussi On pourrait dire, parce que visuellement ça ressemble un peu à un collage mais c'est cousu C'est pas de la tapisserie, elle appelle ça des wall carpets Alors pourquoi elle appelait ça wall carpet ?

Peut-être parce qu'elle les faisait au sol, comme des tapis, mais qu'elle les présentait verticalement Et elle a toujours imaginé que ces wall carpets, enfin pour elle en tout cas c'était deux activités très distinctes Son travail de théorie très rigoureux sur le mouvement d'un côté Et son travail textile beaucoup plus libre de l'autre

13:13
Présentateur

Et bien justement, montons dans la deuxième partie de cette exposition qui est consacrée au wall carpet A ces tissus, ces patchwork plosés sur les murs

13:29
Invité

Deuxième niveau de l'exposition est consacrée à ces wall carpets Ici on est devant une des premières œuvres qui s'intitule Yom Kippour L'œuf est environ 2 mètres 50 de haut, 1 mètre 50 de large Donc elle est quelque part à l'échelle du corps humain Ce qui est intéressant c'est qu'elle travaille sans esquisse, de manière très spontanée Elle travaille, vous voyez, en appliquant ces différentes chutes qui ont des formes très étranges Puisque ce sont des chutes probablement là ici de l'industrie textile

14:01
Présentateur

Très différentes les unes des autres par ailleurs Il n'y a pas vraiment de cohérence dans les formes de la manière de la composition

14:07
Invité

Il n'y a pas de cohérence dans les formes, il n'y a pas de cohérence dans les couleurs, il n'y a pas de cohérence dans les matières Elle associe aussi bien des velours kaki ici qu'un tissu de coton, une cotonade avec, vous voyez, une sorte de plumetis noir et blanche Qu'un tissu là qui est rayé noir et blanc Elle les assemble à la manière effectivement d'un grand collage L'œuvre est verticale, elle est donc à peu près, un peu plus grande que l'échelle du corps Directement elle travaille à cette échelle-là qui est quand même une grande échelle Elle n'a jamais travaillé de petite forme Elle commence du jour au lendemain sans avoir au préalable s'être particulièrement intéressée à la question de la broderie Elle va coudre avec un point, vous voyez, qui est très simple Des œuvres qui, effectivement, relèvent très probablement d'une forme de réparation, d'occupation L'œuvre, c'est intéressant, elle s'appelle Yom Kippour Alors la guerre est déclarée au moment du grand pardon Elle donne ce titre à toute une série d'œuvres Donc toute cette première série d'œuvres de 1973 Et celle-ci tout particulièrement, elle va lui donner un sous-titre Qui est hommage à Dan Sapir Dan Sapir étant un des soldats morts pendant cette guerre de 1973 Donc c'est des œuvres qui relèvent vraiment, en tout cas dans cette première partie, du deuil de la réparation

15:20
Présentateur

Ce qui est intéressant aussi, c'est que comme dans la danse, elle ne va pas chercher à redécouper ses chutes de tissu Là aussi, il y a quelque chose de vouloir aller à l'essentiel de ne pas tricher ces noéges colles Que ce soit dans la danse ou dans la composition plastique

15:36
Invité

Effectivement, les objets sont assemblés tels qu'ils sont Et donc là, par exemple, on est devant trois grandes tentures Qui font 2,50 m, 2,80 m de côté Et qui sont trois pièces là qu'elle fait un peu plus tard en 1990 Au moment de la Guerre du Golfe Et une fois que l'œuvre textile est réalisée, elle leur donne des titres Donc celle-ci, elle va les intituler Guerre du Golfe Puisqu'elles sont réalisées à ce moment-là Et tout particulièrement celle devant laquelle nous sommes Qui est un fond rouge sur lequel elle vient appliquer différentes formes de tissus Qui sont dans des tons de noir, de bordeaux, de brun Avec, vous voyez, cette forme verticale, beaucoup plus claire Qui évoque un scud, donc le mouvement du scud qui tombe du ciel vers la terre Donc le scud étant le sous-titre de l'œuvre

16:27
Présentateur

Alors est-ce que Noége Colle est toujours en train de construire des images en relation avec l'actualité ? Est-ce qu'elle s'en libère parfois, Pascal Samuel ?

16:35
Invité

Alors elle s'en libère, je vais dire toujours C'est-à-dire que son travail textile, d'abord elle le fait sur une longue durée On commence en 1973, ça se termine au moment de son décès en 2007 Elle va réaliser plus de 1500 œuvres textiles, ce qui est beaucoup Et elle va pouvoir le faire également parce qu'elle travaille en collaboration avec la troupe du Chamber Dance Group Qui vient non plus seulement danser mais aussi coudre dans sa maison de Roland dans la banlieue de Tel Aviv Et le titre ne vient que dans un deuxième temps C'est-à-dire que le titre, tout comme dans la danse, le titre n'est jamais illustratif Le titre vient pour nommer un objet qu'elle a réalisé, qui lui fait penser à C'est une sorte d'association d'idées qui va donner le titre

17:19
Présentateur

Elle n'a plus jamais dansé après 1973 ?

17:22
Invité

Alors elle arrête elle-même de danser en 1960 pour se consacrer à la théorie du mouvement Et à la composition chorégraphique Donc finalement elle danse assez peu d'années Mais à partir de 1973, la majorité de son activité est consacrée sur les œuvres textiles Mais elle va néanmoins continuer avec le Chamber Dance Group De concevoir certaines compositions chorégraphiques Mais on va dire que l'équilibre n'est plus le même

17:44
Présentateur

Est-ce qu'elle est acceptée comme artiste plasticienne en Israël ? Est-ce qu'elle est acceptée par le monde de l'art contemporain dans lequel elle se lance ?

17:52
Invité

Alors historiquement, elle expose son travail au musée de Tel Aviv en 1978 La réception est assez mitigée, on est dans les années 70 Une artiste femme qui fait du textile, c'est pas vraiment le...

18:06
Présentateur

C'est pas l'époque ?

18:07
Invité

C'est pas l'époque, on va dire, elle arrive un peu trop tôt Mais aujourd'hui, puisqu'on le mentionnait en début de cette conversation Effectivement, elle est parfaitement intégrée au monde de l'art contemporain Elle a été montrée dans des musées comme le LACMA de Los Angeles Elle est valorisée par une galerie qui est la galerie de Neugheim Schneider à Berlin Donc elle est parfaitement intégrée à ce monde de l'art contemporain Qui est intéressée aussi par cette porosité entre le monde de la danse et le monde des arts visuels

18:30
Présentateur

Merci Pascal Semmel de nous avoir éclairé sur l'œuvre et la vie de Noa Echcol Je rappelle que vous êtes commissaire de cette exposition qui se tient en ce moment Hommage, le musée d'art et l'histoire du judaïsme Et nous vous laissons devant une vidéo de l'artiste Charole Lockhart Qui reprend aujourd'hui en 2026 les mouvements et les chorégraphies de Noa Echcol

18:51
Invité

Merci Mathéo

18:53
Présentateur

Et l'exposition Noa Echcol 1924-2007 dans ses compositions Se tient au musée d'art et d'histoire du judaïsme à Paris jusqu'au 30 août 2026 Voilà, c'est la fin des matins du samedi Préparé avec Margot Leridon et Victoria Géraud-Vellemont A la réalisation cette semaine, Jean-Christophe Francis A la technique Paul Guig, le journal dans un instant A la réalisation c'est un moment donné