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InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 27 mars 2012 11 minContradictoireActualité / polémiqueTravail & emploiÉconomie & entreprisesSécuritéRetraites

Martine Aubry

Source d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 65 %Attaque 25 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 88 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:12OuverteRéponse directe

    les Français placent d'abord l'emploi et le pouvoir d'achat en tête de leurs préoccupations, ça vous rassure ?

  • 0:39RelanceRéponse directe

    Vous êtes certaine qu'un gouvernement socialiste ferait mieux en matière de chômage ?

  • 1:06RelanceRéponse directe

    Éviter de casser la croissance, avez-vous dit, le gouvernement d'aujourd'hui casse la croissance, comment ?

  • 1:59RelanceRéponse directe

    Pardon, mais il y a quand même de l'austérité dans le projet de François Hollande.

  • 3:33OuverteRéponse directe

    l'attentat de Toulouse, c'est une dérive individuelle à vos yeux ou c'est le symptôme d'une société malade ?

  • 4:15RelanceRéponse partielle

    Et donc y compris la hiérarchie policière parce que c'est elle qui donnait les ordres aussi.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:36Invité politiqueFait
    « le chômage, le pouvoir d'achat, l'accès au logement et la santé. »
  • 0:46Invité politiqueFait
    « Il faut simplement éviter de casser la croissance, relancer la politique industrielle »
  • 0:51Invité politiquePromesse
    « les contrats de génération, les emplois d'avenir pour les 150 000 jeunes qui viendront d'abord des quartiers »
  • 1:15Invité politiqueFait
    « il faut certes réduire les déficits financiers et budgétaires, la dette, mais qu'il faut en même temps diminuer le déficit d'emploi et de croissance. »
  • 1:24Invité politiqueFait
    « au lieu de ça le gouvernement fait plan d'austérité après plan d'austérité. »
  • 1:28Invité politiqueFait
    « Augmentation de la TVA, augmentation de tout, de toutes les taxes, de tout. »
  • 1:32Invité politiquePromesse
    « annonce par le président sortant que s'il était réélu, il augmenterait encore la TVA de 2%. »
  • 1:42Invité politiqueFait
    « l'accord Merkel-Sarkozy, c'est des plans d'austérité. »
  • 1:52Invité politiqueFait
    « La Grèce à qui on a imposé ces plans d'austérité, des réductions de salaires, des réductions de fonctionnaires, une privatisation bâclée »
  • 1:57Invité politiqueChiffre
    « la Grèce a augmenté son déficit et sa dette de 100 milliards d'euros. »
  • 2:22Invité politiqueChiffre
    « nous sommes en quasi-récession, entre 0 et 0,5% de croissance. »
  • 2:32Invité politiqueFait
    « en supprimant les fonctionnaires, c'est ce qu'a fait Nicolas Sarkozy »
  • 6:36Invité politiqueChiffre
    « le fait d'avoir abandonné la sécurité d'avoir supprimé 12 000 policiers »
  • 8:57Invité politiquePromesse
    « mon premier acte ça sera de donner la retraite à 60 ans à ceux qui ont commencé à travailler tôt »
  • 9:01Invité politiquePromesse
    « je mettrai une taxation à 75% pour ceux qui gagnent plus d'un million d'euros »
  • 9:07Invité politiquePromesse
    « j'augmenterai les moyens de l'éducation nationale 60 000 postes éducateurs enseignants psychologues »

Temps de parole

  • Invité politique82 %
  • Présentateur18 %

1,9 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:02
Présentateur

Bonjour Martine Aubry, les derniers sondages, l'enquête Ipsos que nous publions ce matin montrent qu'il n'y a pour l'instant pas d'effet Toulouse, que les Français placent d'abord l'emploi et le pouvoir d'achat en tête de leurs préoccupations, ça vous rassure ?

0:17
Invité politique

Ça ne me rassure pas, je crois que c'est surtout la réalité de ce que vivent les Français et de leurs difficultés. Et si aujourd'hui il y a une question à se poser avant d'aller voter, c'est bien qui non seulement peut battre Nicolas Sarkozy, mais qui a les réponses pour apporter véritablement des solutions à ce qui changera ma vie, c'est-à-dire le chômage, le pouvoir d'achat, l'accès au logement et la santé.

0:39
Présentateur

Vous êtes certaine qu'un gouvernement socialiste ferait mieux en matière de chômage ?

0:43
Invité politique

Écoutez, je crois que pour faire mieux, il n'y a pas besoin de faire beaucoup de choses. Il faut simplement éviter de casser la croissance, relancer la politique industrielle et prendre des mesures immédiates, comme par exemple les contrats de génération, les emplois d'avenir pour les 150 000 jeunes qui viendront d'abord des quartiers, l'a dit François Hollande, pour pouvoir effectivement redonner du pouvoir d'achat, redonner l'espoir et faire repartir la machine.

1:06
Présentateur

Éviter de casser la croissance, avez-vous dit, le gouvernement d'aujourd'hui casse la croissance, comment ?

1:09
Invité politique

Bien évidemment, cela fait maintenant trois ans que nous disons qu'il faut certes réduire les déficits, financiers et budgétaires, la dette, mais qu'il faut en même temps diminuer le déficit d'emploi et de croissance. C'est ce que nous disons en France, nous l'avions proposé dès le premier point de relance, au lieu de ça le gouvernement fait plan d'austérité après plan d'austérité. Augmentation de la TVA, augmentation de tout, de toutes les taxes, de tout. Et annonce par le président sortant que s'il était réélu, il augmenterait encore la TVA de 2%. En Europe, de la même manière, ce qu'on nous demande aujourd'hui, l'accord Merkel-Sarkozy, c'est des plans d'austérité.

Et pourtant, il suffit de regarder la Grèce aujourd'hui. La Grèce à qui on a imposé ces plans d'austérité, des réductions de salaires, des réductions de fonctionnaires, une privatisation bâclée, la Grèce a augmenté son déficit et sa dette de 100 milliards d'euros.

1:59
Présentateur

Pardon, mais il y a quand même de l'austérité dans le projet de François Hollande. Il est bien question de revenir à l'équilibre des comptes publics, de réduire des dépenses.

2:05
Invité politique

C'est absolument ce que je vous dis. Il faut avancer sur les deux chemins en même temps. Réduction des déficits budgétaires et de la dette, et réduction du déficit de croissance et de l'emploi. Notre conviction, mais encore une fois, il n'y a pas que la situation de la Grèce qui le montre, celle de la France qui est beaucoup moins grave le montre aussi, puisque nous sommes en quasi-récession, entre 0 et 0,5% de croissance. S'il n'y a pas de croissance, ce que nous gagnons d'un côté, en fermant les robinets, en supprimant les fonctionnaires, c'est ce qu'a fait Nicolas Sarkozy, est perdu par le fait qu'il y a moins de rentrées fiscales. Je ne parle même pas de la situation sociale.

Les Français, qu'est-ce qu'ils nous disent ? Moi, je suis dans les quartiers. Je fais une campagne dans les quartiers populaires. Je vais dans des centres sociaux où 300-400 personnes descendent sur une place, comme la semaine dernière, à Nîmes ou à Carcassonne. Et je parle avec les Français, simplement, de ce que nous allons leur proposer. Leur dire, l'essentiel, dans le fond, c'est dans quelques jours, vous allez choisir à qui vous allez remettre les rênes de la France.

Qui va vous donner les solutions pour sortir de la crise, pour remettre la justice, c'est-à-dire créer des emplois, donner un avenir à vos enfants par l'éducation, vous permettre à nouveau d'avoir accès au logement, d'avoir accès aux soins. Voilà les seules questions qui intéressent les Français. Et voilà les seules questions sur lesquelles, depuis le début de cette campagne, François Hollande parle, tous les jours, en allant à la rencontre des Français.

3:26
Présentateur

On va revenir sur les questions économiques et sociales. Il y a les questions d'auditeurs sur le projet du PS et de François Hollande. Martine Aubry, l'étuerie de Toulouse, c'est une dérive individuelle à vos yeux ou c'est le symptôme d'une société malade, comme le dit François Bayrou ? C'est l'action d'un fou ? C'est un fait de société duquel on doit tirer des leçons politiques ?

3:43
Invité politique

Je croyais qu'il ne faut jamais caricaturer une horreur comme celle-là. C'est à l'évidence, un homme qui agit seul, en tout cas c'est ce qu'on nous dit pour l'instant, c'est à l'évidence aussi des dérives dangereuses qu'il faut arrêter de manière collective. Cette affaire de Toulouse, d'abord je crois qu'il faut redire que la France a été dans l'effroi, pas seulement la France, par rapport aux victimes, à leur famille. Je crois qu'il faut féliciter à nouveau les policiers qui ont quand même leur vie pour sauver les nôtres et pour certains qui ont été blessés.

4:15
Présentateur

Et donc y compris la hiérarchie policière parce que c'est elle qui donnait les ordres aussi. On a entendu à gauche des demandes de démission de M. Squarsini, de M. Pechenard, de la part des Vajoli. Quand vous dites les policiers, est-ce que ça comprend les chefs policiers ?

4:26
Invité politique

Non, je parle de ceux qui sont intervenus. Ah bon ? Pas les donneurs d'ordre. Après cela, je crois qu'il faut sortir de cela comme l'a fait François Hollande. Il est resté d'abord dans une grande dignité pendant toute cette période. certaine duplicité. Le président était le rassembleur et pendant ce temps-là on avait des snipers qui attaquaient y compris pendant la prise d'assaut si je puis m'exprimer ainsi. Mais lui, Nicolas Sarkozy

4:48
Présentateur

a joué correctement son rôle.

4:50
Invité politique

Oui, il a joué son rôle de président de la République mais enfin qui n'aurait pas fait la même chose. En revanche, il y a des questions qui se posent et nous devons les poser. Comment se fait-il qu'un homme revenant d'Afghanistan ayant été condamné plusieurs fois dont le frère est connu comme djihadiste, dont une voisine a porté plainte parce qu'il a essayé d'embrigader son fils ? Comment se fait-il qu'un homme a pu avoir un tel arsenal militaire alors qu'il vit là depuis plusieurs mois même plusieurs années ? Comment cela est-il possible ? Cela, dans tout pays démocratique la justice, le Parlement pourquoi pas dans une commission d'information doivent savoir ce qui s'est passé.

Donc les explications publiques

5:27
Présentateur

des responsables policiers ne vous suffisent pas ? Vous voulez une enquête parlementaire ?

5:31
Invité politique

Nous verrons ce que nous voulons mais nous voulons la vérité et nous le devons je crois aux familles aux victimes et nous le devons aussi pour continuer à poursuivre cette lutte implacable qui doit être la nôtre contre le terrorisme avec des éléments importants. Alors, y a-t-il eu un problème entre les services ? Y a-t-il eu une insuffisance d'effectifs pour pouvoir surveiller Mohamed Merah ? En tout cas, il faut répondre à ces questions. Je pense que leurs victimes, leurs familles et même nous tous qui voulons faire de la lutte contre le terrorisme un objectif majeur devons tirer les leçons de ce qui s'est passé.

6:01
Présentateur

L'EPS n'aime pas la police disait l'UMP Éric Ciotti hier dans Le Figaro.

6:06
Invité politique

Écoutez, Éric Ciotti c'est quand même dramatique je veux dire la police vous connaissez les ministres de l'intérieur vous connaissez les ministres de l'intérieur de la gauche vous connaissez les policiers demandez-leur qui ont été les grands ministres de l'intérieur M. Jox M. Chevènement M.

Vaillant regardez comment nous travaillons tous maire, moi je le vois je suis avec mon directeur de la sécurité publique une fois tous les 15 jours nous travaillons avec eux main dans la main nous savons qu'aujourd'hui et moi c'est une des grandes critiques que je porte à Nicolas Sarkozy le fait d'avoir abandonné la sécurité d'avoir supprimé 12 000 policiers d'avoir supprimé la police de proximité de leur imposer une culture du chiffre du chiffre c'est peut-être pour ça d'ailleurs que cette dame qui a porté plainte contre Mohamed on n'a pas accepté que ce soit une plainte ça a été une main courante parce qu'on ne veut pas que ça compte dans la sécurité en revanche ça compte dans les actions de la police est-ce que vous croyez vraiment que celui qui a créé un problème entre la police et la population n'est pas Nicolas Sarkozy quand il a supprimé la police de proximité moi je le vois dans ma ville il y avait je ne dirais pas une connivence mais une proximité on avait confiance dans ces policiers qu'on voyait tous les jours qui nous protégeaient on leur parlait on les aidait sur leurs enquêtes aujourd'hui nous avons lorsqu'il y a un incident grave parce que pour le reste personne n'est là nous avons l'arrivée de policiers qui arrivent de manière brutale et rapide ils ne peuvent pas faire autrement ils n'ont pas de moyens et la population se met contre eux voilà ce qu'a fait Nicolas Sarkozy il a fini par opposer la police et la population cette police républicaine dont nous avons tant besoin et que nous nous voulons remettre justement dans les quartiers et dont nous voulons d'ailleurs augmenter les effectifs parce qu'autrement on sera aussi dans ce fiasco de la sécurité qui est celui de Nicolas Sarkozy

7:49
Présentateur

là aussi on y reviendra tout à l'heure Martin Obré Jean-Luc Mélenchon sera en meeting aujourd'hui chez vous absolument au Grand Palais 12 000 personnes attendues des sondages en hausse si vous gagnez début mai on se dit que ça va être compliqué un gouvernement de gauche une gauche au pouvoir avec un Mélenchon à 14 ou 15% non ?

8:04
Invité politique

d'abord on n'en est pas là je pense que on n'en est pas loin on n'en est pas là pour moi la seule chose qui compte c'est le vote finalement comme François Hollande Jean-Luc Mélenchon parle des problèmes qui intéressent les français et il faudrait que ces dernières semaines nous ne parlions que de cela c'est-à-dire de l'emploi du pouvoir d'achat de la santé du logement et la question qui se pose aux français elle est simple qui est le mieux à même de régler cette question qui est le mieux à même de ramener la croissance dans notre pays qui est le mieux à même de taper comme il l'a fait du poing sur la table pour changer cette politique d'austérité en Europe vous voyez j'étais hier à Bruxelles

8:38
Présentateur

qui est le mieux à même de peser pour que la politique soit un peu plus à gauche c'est ça l'argument de Mélenchon

8:44
Invité politique

le problème n'est pas d'être un peu plus ou un peu moins à gauche le problème est de pouvoir avec sérieux gérer notre pays tout en créant des emplois tout en étant plus juste dans la répartition des richesses quand même quand François Hollande dit mon premier acte ça sera de donner la retraite à 60 ans à ceux qui ont commencé à travailler tôt et ça c'est seulement un décret je mettrai une taxation à 75% pour ceux qui gagnent plus d'un million d'euros j'augmenterai les moyens de l'éducation nationale 60 000 postes éducateurs enseignants psychologues c'est pas un programme de gauche je ferai une grande réforme fiscale une grande décentralisation je rendrai l'indépendance à la justice et aux médias c'est pas un programme de gauche voilà alors c'est cela dont nous devons parler dans les 4 semaines qui restent et je crois que les français se diront il faut être sûr il faut donner le maximum de poids au premier tour à François Hollande pour qu'il ait le maximum au second et qu'ensuite il ait le poids nécessaire pour changer la France

9:37
Présentateur

et quels que soient les scores de la présidentielle l'accord entre le PS et Europe Écologie Les Verts il sera strictement respecté appliqué pour les législatives il n'y aura pas de bavure

9:48
Invité politique

il y a toujours des bavures mais on en tire les conséquences des dissidents socialistes qui ont envie de la place réservée bien sûr nous les excluons comme nous excluons des camarades qui se présentent contre d'autres mais l'accord entre le PS et Europe Écologie Les Verts sera tenu comme les autres accords avec les radicaux avec la citoyenne avec le MUP puisqu'aujourd'hui nous avons quand même un accord avec la plupart de nos partenaires

10:13
Présentateur

le MUP c'est le mouvement de Robert Huss il n'est pas souvent cité donc je précise

10:18
Invité politique

à nos auditeurs

10:20
Présentateur

qui ne connaissent pas l'ensemble des acronymes qui appartiennent à la gauche à la grande famille de la gauche merci Martine Aubry on vous retrouve dans quelques minutes dans un instant la revue de presse c'est un instant