SMART JOB - Emission du mercredi 23 septembre
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 20 %Défensif 50 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:56OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que ce dispositif EITI et est-il vraiment en danger ?
- 4:21OuverteRéponse directe
Comment les personnes accédaient-elles à cet accompagnement EITI ?
- 4:56OuverteRéponse directe
Avez-vous le sentiment d'être entendu par le gouvernement ?
- 5:47OuverteRéponse directe
Quels étaient les accompagnements faits à ces personnes ?
- 9:41OuverteRéponse directe
Quel est le regard que vous portez sur la position du président de la République sur les carburants ?
- 11:50OuverteRéponse directe
Est-ce que l'entreprise doit prendre des initiatives sur ce sujet des carburants ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:02InvitéFait
« Les EITI, ça a été créé. C'est une expérimentation menée avec l'État depuis 2018. »
- 3:06PrésentateurChiffre
« 54% des sorties vont vers un emploi durable. »
- 3:10PrésentateurChiffre
« 87% des bénéficiaires recommandent le dispositif. »
- 4:16InvitéChiffre
« Au total, c'est 10 000 personnes qui ont été accompagnées. »
- 4:19InvitéChiffre
« Chaque année, on en accompagne 4 000. »
- 5:15InvitéChiffre
« Plus de 100 parlementaires se sont prononcés en soutien et en faveur du maintien des EITI. »
- 6:24InvitéChiffre
« À l'issue du programme, il y a 72% qui se disent « Je sais que je peux être auto-entrepreneur, je peux y arriver. » »
- 7:03InvitéChiffre
« Actuellement, c'est une petite expérimentation en nombre de bénéficiaires. Mais aujourd'hui, les travailleurs indépendants, c'est 13% de la population active. »
- 10:02InvitéChiffre
« La crise, c'est une crise d'ampleur, on le sait, parce que non seulement les carburants en sont touchés, le gaz est également touché. Plus 6%. »
- 22:31InvitéChiffre
« Il y avait peut-être 3 ou 4 millions de travailleurs en France qui pourraient échanger leur emploi avec quelqu'un qui aurait un emploi plus proche de chez eux, mais à compétence identique. »
- 27:29InvitéChiffre
« Notre enveloppe d'augmentation générale, elle n'est pas énorme, elle est très contrainte. Les enquêtes de rémunération nous disent que c'est entre 1,6 et 2. »
Temps de parole
- Présentateur42 %
- Invité27 %
- Invité 217 %
- Invité 312 %
- ?3 %
≈ 19,7 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Bonjour
à tous, ravi de vous retrouver dans Smart Job, votre rendez-vous emploi RH management, débat, analyse, expertise et vos rubriques habituelles, évidemment. Bien dans son job, on s'intéresse aux entreprises d'insertion par le travail indépendant avec un dispositif très spécifique qui est en danger. On va faire le point d'ailleurs avec Anne-Laure Asbott, elle est directrice générale pôle économie circulaire, entrepreneuriat et conseil au sein du groupe SOS. Elle est notre invitée. Le cercle RH, c'est le débat des experts. Alors évidemment, c'est le sujet des carburants qui dominent l'actualité, qui n'est pas qu'un sujet économique, qui est devenu aussi un sujet politique.
C
'était la une du monde. Les carburants s'invitent dans la campagne présidentielle. On va en parler. Quelles sont les propositions, les mesures concrètes pour soulager les salariés, les artisans, les chefs d'entreprise ? C'est un sujet éminemment sensible et abrasif. On en parlera avec Alexandre Lamy. Il est avocat en droit social et Loïc Michel. Il est le CEO de 365 Talent. Talent avec un S. Voilà le programme. Tout de suite, c'est Bien dans son job.
Bien
dans son job pour s'intéresser à un dispositif. Alors peut-être morné puisqu'il a existé et risque de disparaître. En tout cas, c'est un projet dans le cadre du projet de loi de finances. Il peut disparaître. Un dispositif qui accompagnait des personnes en précarité ou en grande précarité. On en parle avec vous, chère Anne-Laure Asbott. Ravi de vous accueillir.
Merci beaucoup.
Directrice générale pour l'économie circulaire, entrepreneuriat et conseil au sein du groupe SOS. Vous êtes venue pousser un coup de gueule, disons-le simplement, à travers un dispositif, un acronyme un peu complexe EITI, qui ne sont pas des ETI mais des EITI. D'abord, qu'est-ce que c'est que ce dispositif
? Et
est-il vraiment en danger ? C'est une double question. Oui.
Alors, les EITI, ça a été créé. C'est une expérimentation menée avec l'État depuis 2018,
dont
l'objectif était de se dire, le travail indépendant, donc ce qu'on appelle l'auto-entrepreneuriat classiquement, c'est un moyen
pour
un certain nombre de personnes qui ne peuvent pas aller vers un salariat classique, de se remettre le pied à l'étrier et de retrouver une dynamique, soit entrepreneuriale, soit ensuite de retourner vers le salariat. Mais en fait, on a des personnes, et je pourrais vous parler des types de publics, qui ne peuvent pas aller sur un emploi classique,
un emploi
salarié. Des salariés, alors des mamans seules ?
Exactement, des mamans
solos, qui parfois ont des enfants en situation de handicap, et donc dont les horaires sont incompatibles avec un travail classique. Des seniors épuisés par des années de salariat, des personnes en situation de handicap, qui ne peuvent pas trouver de salariat classique. Et donc, c'est des personnes qui se disent, potentiellement, puisque le monde du travail classique ne veut pas de moi, je vais moi-même essayer de créer ma propre activité.
Alors, il y a quelques chiffres quand même qui sont intéressants et que vous allez porter, j'imagine,
et
vous allez, j'imagine, faire du lobbying, en tout cas exprimer, et sur ce plateau et ailleurs, 54% des sorties
vont
vers un emploi durable.
Exactement.
Et 87%, et c'est intéressant parce que beaucoup d'allocataires ou de chercheurs d'emploi se plaignent de la qualité des formations, 87% des bénéficiaires recommandent le dispositif. Exactement. Comment vous l'expliquez, si ce n'est qu'il faut faire des économies et qu'on touche à ce dispositif ? C'est ça le sujet, non
? C
'est exactement ça
le
sujet. C'est de se dire, en fait, dans le cadre du PLF 2027, l'État se dit qu'il faut couper, et donc il coupe
un
peu tout azimut. Nous,
ce
qu'on dit, c'est évidemment qu'il y
a
des économies à faire, mais ne coupons pas les dispositifs qui, en fait, produisent leurs fruits. Il est démontré, et c'est un cabinet indépendant, mandaté par le gouvernement, qui a démontré l'efficacité de ce système, et qui le dit bien, on vient combler un angle mort des politiques publiques. C'est-à
-dire
que les gens qu'on accompagne ne seront accompagnés par personne d'autre, de la même façon, parce qu'on a créé cet accompagnement spécifiquement pour eux. Et donc, du coup, c'est une perte d'expertise, et c'est aussi un investissement du gouvernement, depuis 2018, qui part à la poubelle.
On parle de... Alors, par ailleurs, c'est une niche, entre guillemets, c'est une expérimentation qui a porté sur 4 000 bénéficiaires.
Alors, au total, c'est 10 000 personnes qui ont été accompagnées. Chaque année,
on en accompagne 4
000,
exactement. Là, ça veut dire concrètement que les personnes étaient fléchées comment ? Comment elles accédaient à cet accompagnement EITI ? Est-ce que c'est vous qui alliez les chercher, je dirais, en sourçant, ou est-ce que France Travail ou d'autres institutions, les missions locales, je ne sais
pas ? Exactement. C'est le
réseau pour l'emploi qui nous les prescrivait, et justement qui nous les prescrivait de plus en plus, en voyant bien qu'on était le dispositif le plus adapté pour nous les flécher. Donc, France Travail, Cap Emploi, le réseau d'émissions locales.
Alors, vous avez fait une tribune avec plusieurs signataires, l'Inclusion, l'UBU dans ma rue, l'Accélérateur, Germinal, le groupe SOS.
Est
-ce que vous avez le sentiment d'être entendu ? Est-ce que vous avez pu exprimer le sujet à des interlocuteurs gouvernementaux ? Comment ça se passe, là ? Vous en êtes où ?
Alors,
on a clairement l'adhésion et le soutien de tous les acteurs de l'emploi, parce qu'eux voient en tant qu'acteurs terrain l'utilité. Et ça, c'est unanime. Au niveau des parlementaires, on a un énorme soutien de plus de 100, actuellement plus de 100 parlementaires se sont prononcés en soutien et en faveur du maintien des EITI. Maintenant, ce qu'il faut qu
'on
réussisse à faire infléchir, c'est la position du ministère du Travail et des Solidarités, qui est lui, qui a dans son portefeuille cette expérimentation. Et qui lui-même devra convaincre Bercy.
Exactement. Très concrètement, les accompagnements faits à ces personnes dont vous parliez, qui étaient un petit peu comme ça dans des angles morts, c'est de l'accompagnement sur quoi ? Créer une entreprise, trouver, constituer son entreprise, savoir s'exprimer pour aller chercher des clients. C'était quoi le programme ?
Alors
déjà,
c
'est travailler sur mesure, et c'est tout l'intérêt du 87% de satisfaction, c'est qu'en fait, on part vraiment des problématiques de la personne.
Et
on adapte en fonction du
projet.
Exactement. Et on adapte en fonction du projet. Mais les grandes thématiques qu
'on
va retrouver, c'est l'accompagnement socio-professionnel, des personnes qui ont des problèmes de logement, de mobilité, tout ce qui n'est pas
directement lié au projet. Traiter les
sujets en amont. Exactement. Et ensuite, tout ce qui va être vraiment lié à l'entrepreneuriat, effectivement, il y
a
la confiance et la posture de chef d'entreprise, se sentir légitime. Souvent, c
'est
des gens qui partent en ne se sentant pas légitimes. Et à l'issue du programme, il
y a
72% qui se disent « Je sais que je peux être auto-entrepreneur, je peux y arriver. » Et par ailleurs, on travaille le projet entrepreneurial classiquement.
Comme on accompagne un jeune dirigeant qui crée sa boîte. Exactement. Résultat bientôt, puisque le projet de
la
finance est en création, en gestation. On en apprend petit à petit. Vous reviendrez peut-être nous en parler pour nous dire ce qu'a tranché le ministère ? Avec plaisir.
J
'espère que j'aurai une bonne nouvelle. Je vous le souhaite. Et puis, je pense aussi évidemment à tous ceux qui ont été des bénéficiaires et tous ceux peut-être qui attendent de bénéficier de ce dispositif qu'on appelle l'EITI. Ça passe par l'émission locale et tout le réseau, évidemment.
Exactement. Et si je me
permets un dernier mot
sage.
Actuellement, c'est une petite expérimentation en nombre de bénéficiaires. Mais aujourd'hui, les travailleurs indépendants, c'est 13% de la population active. Donc, ce n
'est
pas du tout un petit sujet. En fait, c'est une expérimentation qui mériterait d'être passée à l'échelle.
Et convertie non plus en expérimentation, mais en dispositif pérenne. Merci Anne-Laure Asbott d'être venue nous rendre visite. C'était un coup de gueule. On suivra ce dossier, évidemment, en directrice générale du Pôle Économie Circulaire Entrepreneuriat au sein du groupe SOS. Merci d'avoir, d'être venu, justement, pousser ce cri d'alarme. On tourne une page. C'est le débat d'actu. C'est un autre sujet d'une très grande sensibilité qui est la question des carburants avec l'inquiétude de voir passer le diesel à 3 euros le litre qui, évidemment, serait à la fois un record et craindrait, évidemment, et créerait peut-être des tensions sociales très fortes et des inquiétudes pour les salariés.
On en parle, c
'est
le débat d'actu et j'accueille mes invités.
Le
cercle RH, le débat d'actu, évidemment, centré sur l'enjeu des carburants. Alors, beaucoup de corps de métiers sont en première ligne. Les ambulanciers, les taxis, les auto-écoles, les infirmières libérales, tous ces métiers qui sont des gros rouleurs et qui ont besoin, évidemment, d'une aide. On découvre, et on va en parler, que les Français ne vont pas sur le site pour bénéficier de ces aides. Trop compliqué, trop long, trop administratif. Bref, c'est une crise importante qui s'installe dans notre pays et qui va impacter à la fois les entreprises, mais aussi les salariés.
On en parle avec mes invités, c'est le débat d'actu, avec des annonces et une prise de position du président de la République vendredi dernier pour dire, pas d'aide massive, nous n'irons pas plus loin que ce que l'on fait aujourd'hui. Alexandre Lamy est avec nous. Bonjour Alexandre. Bonjour André. Très heureux de vous accueillir, avocat en droit social, un think tank. Neos. Neos, pour parler de plein de sujets. Je ne
sais
pas si vous avez décidé de vous pencher sur le sujet de carburant. Pas celui
-ci. Pas
celui
-ci, ce n'est
pas un sujet Neos. Mais par un, je pense qu
'on
en parlera, c'est un sujet Neos parce que ça pose beaucoup d'autres questions que la seule question relative à la prise en charge des frais de carburant, en tout cas dans les entreprises et pour l'accompagnement des salariés, mais pas directement ce sujet-là, non.
À
suivre donc du côté de Neos, mais vous êtes bien avec nous pour ce débat. Merci. Et Loïc Michel est avec nous. Bonjour Loïc. Merci de revenir. CEO de 3,6,5 talent. On dit bien 3,6,5 ? On dit bien 3,6,5. Et pas 365 talent. Absolument. Plus facile à dire. Plus facile à dire. Merci d'être là. La Une du Monde titrait carburant de poing. Les carburants s'invitent dans la campagne présidentielle avec un débat politique qui est posé. Quel est le regard que vous portez sur la position qu'a choisi de porter le président de la République ? Pas d'aide massive,
on
ne crame pas la caisse
et
on fait des aides ciblées qui vont être prorogées, prolongées. Est-ce que c'est suffisant ? Est-ce que c'est à la hauteur de la crise face à laquelle nous sommes ?
Alors la crise, c'est une crise d'ampleur, on le sait, parce que non seulement les carburants en sont touchés, le gaz est également touché. Plus 6%. Plus 6%. Et on se rend compte aussi que le marché électrique, de l'énergie électrique, est touché également. Vous disiez que c'est un débat qui s'invite dans la campagne présidentielle, ce qui est assez naturel compte tenu de l'ampleur du débat, parce que ça touche à la question du pouvoir d'achat des Français et des salariés. Mais c'est un sujet aussi qui s'invite grandement dans l'entreprise.
C
'est-à-dire que, de mon regard et de mon point de vue, de plus en plus s'ouvrent dans l'entreprise des négociations relatives à l'accompagnement des contraintes budgétaires que subissent les salariés. Des compensations ? Des compensations, forcément, parce que ça touche à la question du pouvoir d'achat. Donc on va parler de compensations financières, notamment dans le cadre des NAO qui vont s'ouvrir, mais également de mesures ciblées. C'est-à
-dire
ce que vous disiez du gouvernement qui évoque des mesures ciblées, les entreprises aussi, dans le cadre de leurs négociations, s'attachent de plus en plus, non pas au combien, ce qui était le cas lors des précédents chocs inflationnistes que l'on a connus, mais plutôt du comment. Quels outils, quels dispositifs peut-on mettre en place pour accompagner au mieux les contraintes budgétaires des salariés ? Et Dieu sait que ce sont des sujets
qui
rentrent déjà dans le cadre de la négociation dans l'entreprise,
au
travers de différentes mesures comme la prime carburant, mobilité durable, etc. Loïc ? Oui, ce qui est intéressant sur ce que tu viens d'évoquer, c'est que
la
question, elle portait sur un choix ou une décision politique, et on y répond par le prisme de l'entreprise, comme si le poids là devait se déporter, et en vérité il se déporte... Comme si l'État n'avait plus d'argent. En tout
cas...
On
est d'accord. Et les entreprises
de moins en moins, parce
que... Donc vous dites, la vertu de cette crise, je le redis, qui risque de durer, et qui risque de durer dans le temps, c'est que l'entreprise... Moi,
je
n
'ai
pas encore vu beaucoup d'entreprises prendre l'initiative, mais vous dites, l'entreprise doit en tout cas prendre des initiatives sur ce sujet.
Alors,
moi, je pense que c'est mieux si c'est le gouvernement qui s'en occupe, mais force est de constater que peut-être qu'il ne s'en occupera pas
autant
que nécessaire. Donc c'est peut-être aux entreprises de faire le bout de chemin qui reste.
Et
ce bout de chemin, il est très dépendant de l'industrie dans laquelle l'entreprise opère, très dépendant des métiers, très dépendant des bassins d'emploi sur lesquels l'entreprise est installée. Donc il y a plein de variantes. Et on va dire que c'est un nouveau sujet qui s'empile sur la to-do liste des leaders RH, et des directions RH, notamment, ont beaucoup à faire cette année. On a une crise.
Hormuz
va rester bloqué, nous dit-on, encore plusieurs mois. On pensait que ça serait réglé, ça va durer. L'approvisionnement côté mer rouge est compliqué. Est-ce qu'on est de retour un peu à la crise Covid, où les entreprises se sont dit, bon, on a des salariés
qui,
pour des raisons médicales, sanitaires, pourront pas venir au travail ? Là, on est un peu dans le même sujet. Il
y a
des salariés qui vous disent, moi, je ne peux pas venir au travail, parce qu'en fait, ça va me coûter plus cher d'aller travailler que de rester à la maison. Est-ce qu'on ne repart pas à l'idée de que tout le monde au télétravail, on ne bouge plus, on laisse les voitures au garage ? C'est extrêmement intéressant, ce que vous dites, comme souvent, Arnaud.
Oui, c'est vrai. Mais les problématiques que l'on voit émerger dans l'entreprise, dans le cadre des négociations que j'évoquais, sont celles qui étaient évoquées dans le cadre des négociations pour accompagner le Covid, mais sous un angle différent. Alors, évidemment, on va y avoir l'angle mobilité, la mobilisation des dispositifs existants sur la prime carburant, une question de prime énergie. Alors, attention à la gestion de ces dispositifs, qui ne sont pas tous les mêmes et qui sont soumis à des contraintes
juridiques. Sans jeu
de mots, c'est des usines à gaz, par ailleurs.
Ça
peut être des usines à gaz, et peut-être qu'une piste de réflexion serait, côté gouvernemental, serait de simplifier l'ensemble de ces dispositifs pour inciter les entreprises, notamment s'agissant de la prise en charge de frais professionnels, pour négocier ce type de mesures. Mais le télétravail, par exemple, pour reprendre ce sujet
que vous évoquez,
était à l'époque envisagé sous l'angle de la qualité de vie au travail. Là, il revient sous l'angle de l'organisation du travail, et non plus le financement, la gestion, et la mise en place de dispositifs au soutien de financement des contraintes du salarié, mais de réduction des contraintes du salarié. Donc, on a le télétravail, mais on a une autre question qui est tout aussi essentielle que celle du télétravail, qui, pour moi, est une question extrêmement importante, qui est
l
'organisation du travail lui-même, donc la réduction de la contrainte par l'interrogation de l'organisation du travail, et donc la gestion des temps
de travail. Loïc, favorable à cette idée ? Parce qu'en plus, ce serait bon pour le climat. On n'a pas de pluie depuis trois mois, et les pollutions atmosphériques, évidemment, sont encore plus présentes, alors qu'est
-ce
qui ne pleut pas ?
Après,
il
y a
une réalité géographique aussi en France, je crois que c
'est
au programme du brevet en troisième, sur l'étalement urbain, et les migrations pendulaires.
Vous avez
bossé, Loïc. Non, mais je travaille avec
une
adolescente de 13 ans qui est en troisième, ma fille, du coup, je connais le programme, et en réalité, l'éloignement est vraiment un facteur déterminant. Après, je pense qu'il faut faire la part des choses, tous les travailleurs ne sont pas concernés par ces sujets. Personnellement... Paris, par exemple, le transport en commun. Nous, on travaille dans la technologie. Globalement, le télétravail,
c
'est très accepté. Ça peut être hybride.
C'est le secteur où c
'est le plus accepté.
C'est très
accepté. Mais on n'est ni pêcheur, on n'est ni infirmier libéraux, on n'est ni transporteur, ni taxi. Et je crois que c'est Aurel San, dans une chanson, qui dit «
J
'ai acheté... » où tu achètes une voiture pour aller travailler, et tu travailles pour rembourser la voiture que tu viens d'acheter. C'est sketch de Coluche avec le pavillon, c'est la même chose. Exactement. Et il y a une autre chanson qui s'appelle « L'odeur de l'essence », qui est un peu plus apocalyptique, mais qui aurait pu être dans le thème. Mais tiens, vous lancez un débat philosophique.
On est sur une crise face à laquelle le gouvernement dit « On n'a plus d'argent et on ne peut pas subventionner l'accompagnement généralisé. Laissons aux entreprises le faire et on verra comment elles réagissent. » On imagine la réaction du MEDEF. On est aussi dans un enjeu de transition écologique, d'électrification de la voiture. Est-ce que ce n
'est
pas l'opportunité rêvée, là aussi pour le gouvernement, d'enclencher une transfo de nos modes de circulation et de déplacement, c'est
-à
-dire repartir et accélérer sur la voiture électrique ? Qu
'est
-ce que vous en pensez ? Et là aussi, pas de sujet, pas de communication là-dessus. C'est absolument incroyable. Non,
c'est un vrai sujet. Non seulement ça nous questionne sur notre dépendance
à
la voiture en tant que telle, et encore une fois, comme je le disais, dépendance qui est liée à mon sens à l'organisation du travail. Donc ça va aussi ouvrir ce sujet-là sur l'organisation du travail et la réconciliation des différentes temporalités. Parce que tu as raison, le trajet entre le domicile et le travail, il s'allonge de plus en plus. Parce qu
'est-ce
qu'on fait des choix de vie particuliers ?
Parce
que les maisons coûtent cher. Les maisons coûtent cher. On s'éloigne, on a envie de verdure. On s'éloigne de plus en plus de son lieu de travail. Donc ça questionne tout ça. S'agissant de... Donc ça renvoie à la question de l'organisation du travail et donc la réduction du temps de déplacement en tant que tel. Et l'articulation des temporalités du travailleur. Ça c'est une première chose.
Et
la deuxième chose, c'est oui, cette question de la dépendance à la voiture, elle pose nécessairement la question de l'énergie, de la réduction de nos... Qu'est
-ce
qu
'on
met dedans ? De notre carbonisation. Qu'est
-ce
qu
'on
met dedans
?
En revanche,
la
politique, là pour le coup, à mon avis, suppose qu'il y
ait
un vrai effort de planification de cette question. C'est-à
-dire
qu'aujourd'hui, on nous dit, il faut faire des efforts sur l'électrification de vos déplacements. C'est
vrai.
Annonce de Sébastien Cornu dans la une des échos il
y
a quelques mois, on va électrifier le pays. En revanche, ça reste très individuel.
C
'est
-à
-dire que
c
'est en gros, débrouillez-vous. La ligne est donnée, la ligne est celle-ci, mais c'est débrouillé. Je pense qu'il y a un vrai effort de planification et d'effort collectif à mettre en place pour aller sur cette voie-là.
Loïc Michel, la question qui est posée en sous-jacent, c'est notre dépendance énergétique. Grâce à l'électrification, on a aussi un enjeu d'indépendance énergétique. C'est aussi un enjeu qui est posé là.
Je pense que c'est tout à fait l'enjeu. Là aussi, je pense que
ça
relève des dispositions et des pouvoirs de l'État plus que des entreprises
et
encore moins des individus. Mais au final,
il
faut que tout le monde trouve midi à sa porte. Donc il faut vraiment une planification qui vient de tout en haut. Sinon, on ne
peut
pas laisser la responsabilité de s'électrifier aux citoyens.
Je
ne pense pas qu'on puisse le demander à l'employeur non plus. Donc je pense que
c
'est vraiment de la planification gouvernementale.
Oui, et des
dispositifs existent. Mais encore une fois, ça reste des dispositifs. Je parle du forfait mobilité
durable, par exemple, qui bénéficient de
régimes sociaux favorables.
Ça
reste une usine à gaz. C'est très compliqué à mettre en œuvre. Il faut le simplifier, l'élargir, en sorte à accompagner. Mais ça ne peut être qu'un dispositif accompagnant une planification beaucoup plus large et beaucoup plus
générale. Mais vous me dites
quoi ? Vous me dites qu'à force de ne pas réagir sur un sujet en disant qu'on n'a plus de sous, il faut laisser faire, on ne peut pas donner plus. Est-ce qu'on va vers une crise sociale qui peut déboucher ? On l'a vu d'ailleurs par les premières manifestations de pêcheurs dans le sud de la France avec des violences et des combats avec les CRS. Est-ce que cette situation, si elle n'est pas traitée, peut conduire à une crise sociale et à un gilet jaune biste, puisque ça a été évoqué avec des appels au rassemblement ? Est-ce que ça, vous le craignez
?
Moi,
je
pense.
Quand je regarde ce qui se passe dans l'entreprise, les questions de pouvoir d'achat
sont
extrêmement présentes. Et les négociations sont assez tendues s'agissant des dispositifs d'accompagnement, des dépenses contraintes de chaque salarié. Alors, ce qui est extrêmement compliqué. On ne peut pas gérer la situation individuelle de chaque salarié dans l'entreprise. Mais l'égalité de traitement, qui est un principe fondamental dans le droit du travail, n
'est
pas uniformité de traitement. Donc, on a des outils avec lesquels on peut jouer et on peut individualiser certaines mesures. Mais oui, il
y a
un vrai risque. Oui, je trouve que la question, encore une fois, je reviens
à
l'artiste que je citais tout à l'heure. Mais la question, c'est est-ce qu'on reste dans les paroles de tour du monde qui est cette question de voiture ou est-ce qu'on bascule dans les paroles de l'odeur de l'essence où on parle des gilets jaunes ?
Les
révoltes. Les révoltes. Et
moi,
je pense que
les
révoltes peuvent être localisées, spécialisées, puisqu'encore une fois, on n
'est
pas tous logés à la même enseigne.
Non,
mais la question du pouvoir d'achat, sous
-jacente au débat de
la crise des carburants, elle
est née.
Et alors, pour prendre le principe de l'entreprise, on demande aussi à l'entreprise aujourd'hui de faciliter les choses et d'être un rouage important dans ce pouvoir d'achat. Et je trouve qu
'on
demande à l'entreprise de travailler la rémunération, le coût du travail. Et là, maintenant, il y a le coût d'aller travailler. On lui demande beaucoup,
quand même. Ça
fait beaucoup, alors qu
'il
y a plein d'autres sujets sur lesquels
il doit
se positionner. C'est ce qu'avait
dit le MEDEF à l'AREF. C'est
-à
-dire qu'il faut que tout ça soit compensé. C'est
-à
-dire que si on demande autant à l'entreprise,
il
faut qu'au même moment, qu
'il
puisse y avoir un travail sur les cotisations, sur les charges. C'est le débat qui est posé.
C'est ça qui est posé. C'est sur le
coût du travail, par ailleurs. Mais oui.
Là, on tourne en rond, parce qu
'on
va avoir des salariés qui vont monter au créneau chez les RH en disant, écoutez, j'entendais une femme tout à l'heure sur une chaîne de télévision qui gagne 1450 euros et qui auparavant mettait 100 euros d'essence et qui en met 400 aujourd'hui et qui, avec ses charges fixes, explique qu'elle commence le mois déjà à découvert. Ça, c'est quand même des ferments de contestation, de sentiments d'abandon. C'est
violent quand même. Et ce d'autant plus que l'entreprise ne
peut
pas tout faire. Les entreprises sont aussi directement touchées par cette crise. Les coûts de production augmentent. Vous parliez du marché de
l
'électricité, mais on est dans un écart de compétitivité énergétique en Europe comparé aux autres pays du monde qui se creusent de plus en plus. Un pays qui s'appauvrit. Un pays qui s'appauvrit. Donc l'entreprise ne peut pas tout. Elle fait ce qu'elle peut. Les sujets sont là. On les traite
autant
qu'on peut le faire. Mais nos entreprises ne pourront pas tout.
Donc on est dans un angle mort. L'État n'a plus d'argent, le Président l'a dit.
Et
l'entreprise dit, nous aussi, on est à l'os
puisqu
'on est dans un climat social-économique qui n
'est
pas simple. Donc il n
'y a
pas d'issue à cette histoire.
Après, je pense que l'argent n'est pas toujours la réponse ultime. Elle l'est nécessairement quand on parle de pouvoir d'achat. Mais je pense que les entreprises, et tu le soulignais, ont des dispositifs déployables autour de la mobilité, autour
du
télétravail, de l'échange de postes. Je lisais qu'il y avait une association qui avait listé qu'il y avait peut-être 3 ou 4 millions de travailleurs en France qui pourraient échanger leur emploi avec quelqu'un qui aurait un emploi plus proche de chez eux, mais à compétence identique. Donc il faut une plateforme, là. Donc il faut une plateforme.
Après, au sein d'une entreprise... Au
sein d'une entreprise... Alors je trouve ça un peu farfouli. Mais au sein d'une entreprise, développer la mobilité interne en mappant mieux les compétences et en rendant possible... Enfin,
je m'autorise à croire que c'est un peu même dispo que le covoiturage. Donc là, pour le coup, ce n
'est
pas un dispositif neuf. Ça ne marche pas. C'est-à
-dire
que même les entreprises qui incitent les salariés à faire du covoiturage, regardez sur le périphérique, regardez sur la route. Les voitures, elles sont seules. C'est-à
-dire
que ça ne fonctionne pas. C'est-à-dire qu'il
y a
aussi un problème de mentalité.
C
'est soit on prend le transport en commun et on l'assume, mais soit on prend sa voiture et on est seul. Je ne dis pas que c'est bien, mais en tout cas, je le vois. Globalement, est-ce qu'il y
a
une issue... Alors, vous n'allez pas régler le sujet sur le plateau, mais est-ce qu'il y
a
de l'inquiétude ou est-ce que vous dites de toute façon, cas à un cas, le système va se réguler ? Les Français roulent moins. L'État perd de l'argent. D'ailleurs, il y a moins de taxes qui sont prélevées. Est-ce que tout ça va se réguler ou vous pensez que tout ça va mal se finir ?
Je
pense que... Non, je pense que... Je suis d'un optimisme naturel, mais je pense que les choses vont se régler dès lors que les bonnes questions sont posées. C
'est
-à
-dire
qu'il va falloir effectivement poser la question de nos nouvelles modalités de la mobilité. Donc, d'avoir une réflexion sur ce qu'on évoquait tout à l'heure, notre dépendance à la voiture. Ce n'est pas par plaisir pour la majorité des Français que je prends ma voiture. Je suis dépendant de ma voiture. Et parce que... Je reviens à la question que je posais tout à l'heure. Et notamment, une des questions essentielles qui méritera d'être posée, c'est cette question des temporalités. On a des temporalités extrêmement complexes qui ne s'articulent pas entre elles. Et cette question des temporalités pour définir des nouvelles modalités de mobilité sera essentielle.
Et là, l'entreprise pourra participer
à
la résolution de ces questions sur l'articulation des temporalités du travail. Vous êtes d'accord avec cette analyse ? Je trouve ça intéressant parce qu'on sort du pur prisme financier des aides, des dispositifs d'allègement, des
charges. Est-ce qu'on donne
d'un côté, on le reprend de l'autre ? Et
là,
on est plus sur une réflexion systémique globale de l'organisation du travail, des mobilités et du temps de travail. Donc, je pense que c
'est
là-dessus qu'il y
a
des choses à faire. Et je suis un optimiste aussi. Donc,
on
est aligné. Juste avant de nous quitter,
c'est à l'État de prendre en compte ce type de sujet parce qu'on a un gouvernement qui est toujours en fonction. On est en campagne présidentielle, mais on a des ministres. On a Maude Bréjon qui dit, comme si elle le subissait, oui, nous vivons une situation très difficile. Enfin, on a le sentiment que même le gouvernement est observateur de la situation tout en expliquant, c'est l'élément de langage, que tout ça vient de l'extérieur, que c'est en mousse et que le gouvernement n'a pas choisi de faire monter le prix de l'essence. Ceux là-dessus, où tout le monde est d'accord. C'est à l'État ou c'est à l'entreprise ? Parce
que
l'entreprise va vous claquer la porte au visage si vous lui dites qu
'il
faut en plus aider à payer l'essence des collaborateurs.
Alors, les entreprises le font dans la mesure de leur capacité, d'une manière générale. S'agissant, pour revenir sur ce que l'on évoquait, des grandes réflexions de fonds qui doivent se poser pour définir nos nouvelles modalités de mobilité, je pense que le gouvernement ne reste pas inactif sur le sujet. Moi, j
'ai
pu notamment travailler avec certains membres du gouvernement sur la question du compte de temps, par exemple, disponible pour les salariés, pour permettre une réflexion précisément sur la question de l'articulation des temporalités
tout
au long de sa vie. Donc, c
'est
des questions qui sont travaillées et qui ne manqueront pas de ressurgir, j'imagine, à l'occasion des élections présidentielles.
Mais chez 3-6-5, quand vous parliez du télétravail qui était rentré dans les mœurs, ce n
'est
pas vrai partout. Qu'est-ce que vous disent les collaborateurs ? Je dirais la température, c'est intéressant d'avoir les avocats voient des clients, ils vous parlent, mais vous avez aussi des collaborateurs. Quelle température vous avez chez vos collabs, même si c'est des personnes qui gagnent convenablement leur vie et qui sont plutôt heureux et bien dans leurs chaussures ? Vous y voyez de l'inquiétude ? Vous y voyez une forme de désenchantement
?
La réponse est non. On a la chance, je pense, dans la technologie à Lyon, où j'habite, et à Paris, de travailler en proximité, d'avoir un mode de travail,
une organisation du travail
et du temps quand même très flexible, beaucoup d'exigences par ailleurs, mais voilà, je pense qu'on est protégé. Je ne pense pas que je sois le plus légitime pour dire qu'on a un impact fort de cette situation sur nos déplacements, parce que ce n
'est
pas le cas. Mais j'entends...
Pêcheurs, taxis, profession libérales.
Vos clients vous disent quoi ? Parce qu'on a un sentiment d'entre-deux, à la fois une campagne présidentielle avec plein d'idées jetées comme ça en l'air, et puis une réalité très factuelle, très réelle, que quand je mets le plein de ma voiture, au
lieu
de payer 100, je paie 250. Ça, c'est une réalité. Qu'est-ce que vous disent vos clients, les entreprises que vous rencontrez ? Nos
entreprises nous disent dans le cadre des négociations actuelles, notre enveloppe d'augmentation générale, elle n'est pas énorme, elle est très contrainte. Les enquêtes de rémunération nous disent que c'est entre 1,6 et 2. Et en plus de ça, on doit imaginer la mise en place de dispositifs pour cibler les contraintes et les dépenses réelles des salariés. Donc c'est compliqué, il faut faire des choix. Et donc c'est là que nous, on fait au mieux pour les accompagner et définir les dispositifs qui sont les plus opportuns dans
l'enveloppe dont il se pose
qui se fait réduite et qui se réduit de plus en plus.
Merci messieurs pour cet optimisme teinter parfois de quelques pincées de pessimisme parce qu'effectivement on va suivre de près cette affaire en espérant, peut-être que c
'est
le choix du gouvernement, que tout ça passe sans trop de difficultés. C'est un sujet éminemment sensible. Merci à vous, cher Loïc Nichel, CEO de 3,6,5 Talents Paris et Lyon, on aura compris, et vos références à Aurel San. Merci à Alexandre Lamy, Think Tank, Neos, peut-être que vous allez travailler sur ce sujet de manière plus globale, plus systémique, avocat en droit social. Merci à vous, merci à tous ceux qui nous regardent et qui réagissent évidemment sur les réseaux sociaux. Merci à Nicolas Juchat, Charles à la réalisation et Paul au son. Merci à vous, portez-vous bien. Bye bye.
Merci à
vous,