TRUMP AFFAIBLI PAR LA GUERRE au Moyen-Orient
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
La guerre au Moyen-Orient fracture le camp maga. Alors que Teran vient de rejeter une proposition américaine de cesser le fait, le Pentagone réclame 200 milliards de dollars pour financer cette offensive contre l'Iran. Un montant largement contesté, y compris dans le camp républicain.
La guerre provoque des défections au sommet de l'État. Le ministre du contreerrorisme, Joe Kent, a démissionné la semaine dernière, estimant que l'Iran ne représentait aucune menace imminente. Bonjour Bernard Harcour.
Bonjour Guillaume Bernard. Vous êtes professeur de droit et de philosophie politique à l'université de Colombia à New York et à l'école des hautes études en sciences sociales. Avocat engagé notamment dans la défense des condamnés à mort.
On vous doit le coopérisme, une théorie politique, économique et sociale aux éditions de la maison des sciences de l'homme. Comment comprenez-vous cet engagement des États-Unis dans la guerre aujourd'hui ? Je crois que ça reflète un nouvel impérialisme centré sur Trump lui-même, quoi.
C'est donc un Trump qui veut être complètement imprévisible H. Mais d'autre part, enfin, on retrouve des structures. Donc les quatre pays avec les plus grandes réserves de pétrole, c'est un le Venezuela.
Hm. Euh bon, on a vu de euh l'Arabie Saoudite qu'il a dans sa poche, 3 l'Iran et [grognement] puis 4 le Canada, le 51e état des États-Unis, hein. Donc euh on on retrouve des structures, mais ce qu'on est en train de voir c'est vraiment un nouvel impérialisme avec euh conquête, nouvelle formes de colonialisme, je dirais, pour l'industrie du pétrole, les ressources naturelles.
Alors quoi ? les c'est des frappes choc d'habitude au Venezuela on a vu que c'était choc extraction rapide Iran 1 c'était des bombes bunker posting mais là il s'est pris dans un piège je crois et c'est un peu la dérive une dérive avec donc un lien que vous faites entre guerre énergie et modèle économique mais il y a un certain nombre de personnes qui protestent notamment Joe Kent qui comme je l'ai dit était ministre du contre terrorisme, on va l'écouter. Après 20 ans de service, principalement au Moyen-Orient, à combattre dans des guerres, après avoir constaté à quel point notre pays a été trompé, entraîné sur une mauvaise voie et nous sommes maintenant happés dans un autre conflit constatant que le peuple américain ne possède pas toutes les informations puisque notre pays n'a aucun intérêt national à s'engager dans ce conflit.
Je me dis en toute conscience, je peux pas faire ça. C'est une promesse que je m'étais faite il y a plus de 20 ans lors de mon déploiement en Irak. Après mes deux premiers déploiement, j'ai compris que nous n'étions pas là pour des raisons invoquées par notre gouvernement.
Je me suis dit si jamais mon tour arrive, si jamais je deviens un adulte, si jamais j'occupe un poste à responsabilité, je ne pourrais pas envoyer des hommes, des femmes mourir sur des champs de bataille étranger. Un commentaire, Bernard Harcour. Alors oui, on voit on voit une fracture dans le dans le groupe maga.
C'est pas seulement Joe Kent, mais c'est Tucker Carlson aussi, Marjerie Taylor Green, on voit Steve Banon aussi qui pose des questions sur la guerre. On voit Joe Rogan qui se sent trahi. Donc on voit bien quelques fractures, mais vous savez euh ils sont pas aussi bêtes que ça.
Je veux dire ils comprennent bien que les fracture ça peut pas ça peut ça va ça va ça va ça va démunir un peu ce ce cet extrême de Trump et de Maga. Et donc euh euh il y a on retrouve ces ces différences mais je crois qu'ils ont quand même une vision unie hein euh qui continue une vision unie mais a priori euh elle va se heurter à l'obstination en tout cas à l'obstination actuelle de l'Iran. Un porte-parole de l'armée iranienne a déclaré que les États-Unis négocient avec eux-mêmes et il y a donc une fin de nous recevoir aux propositions de Donald Trump.
Ouais. Enfin, c'est pas tellement que les États-Unis négocient avec eux-mêmes, c'est plutôt que Trump, il essaie de trouver une porte de sortie, je crois. Donc il fait il fait n'importe quoi.
Il dit on peut pas il dit n'importe quoi. Il faut bien comprendre ça. Donc mais parce que certaines personnes se disent "Bon, il doit quand même y avoir une stratégie cachée." Non non.
Euh écoutez, demain, on pourrait avoir euh tout un assaut tout tout un un un vrai une vraie attaque sur l'Iran avec des parachutistes et cetera. Ça pourrait être demain, vendredi. Enfin, il avait dit ou bien ou bien il pourrait essayer de trouver une porte de sortie.
Je veux dire, c'est imprévisible. Il y a une certaine et c'est important de comprendre qu'il qu'il essaie d'utiliser cette imprévisibilité. Et c'est dans ce sens-là, il agit souvent comme un un un conjoint violent vraiment.
Euh alors, il faut bien comprendre que que les dans cette question de la violence conjointe, il y a il y a il y a des phases. Il y a des phases. Il y a des phases de monté de tension et ensuite des phases de paroxisme de violence.
Ensuite, il y a des phases de réconciliation. C'est toujours un peu comme ça en trois phases et je trouve que c'est ça qui on est le plus utile pour essayer de comprendre comment il agit au niveau international. On le voit au Venezuela, il y a la montée en tension, il y a la violence, ensuite il y a la réconciliation, même chose au Greenland.
Euh et puis maintenant, je crois en Iran, on on verra la même chose. Il ne s'attarde jamais sur un dossier, hein. Je veux dire, il veut toujours passer à un autre dossier.
Euh il y a laatention qui manque un peu. Donc euh j'imagine qu'on va éventuellement voir ou bien un peu de paroxisme de violence demain ou ce weekend et puis ensuite il y aura réconciliation. Vous parlez dans vos travaux Bernard Harcour notamment dans le coopérisme, une théorie politique économique et sociale.
Le livre que vous avez publié récemment, plus largement vos travaux évoquent une contre-révolution moderne. De quoi s'agit-il ? Alors, ça c'est vraiment quand toute cette logique de guerre, de conquête qu'on retrouve euh au niveau international revient sur le terrain domestique.
Ça c'est quand la logique de la guerre contre insurrectionnelle qui a été développée enfin développée en Algérie et cetera, mais aussi en Irak et en Afghanistan par les Américains, quand cette logique, ces stratégies de guerre reviennent sur le terrain aux États-Unis et on l'entend très bien quand il y a la création d'ennemis intérieurs. Par exemple, Trump, il fait ça très souvent, Christine, quand elle appelait les les manifestants des terroristes domestique, n'est-ce pas ? C'est la création d'ennemis intérieurs pour l'élimination.
Les gens LGTBTQ, les fonctionnaires, même les fonctionnaires à Washington, ils deviennent des ennemis intérieurs, il faut les éliminer pour ensuite gagner l'adhésion de la masse populaire. Bon, c'est une stratégie qui remonte aux années 1950 euh contre suractionnel. On appelait ça la guerre moderne à l'époque.
Mais c'est vraiment quand quand toutes ces logiques commencent à être appliquées à ses propres citoyens qu'on retrouve quelque chose comme une contre-révolution moderne. C'est une contre-évolution qui est spécifique à Donald Trump. Non, elle est pas spécifique à Donald Trump.
Elle a commencé après le 11 septembre après l'attaque sur les World Trade Centers. En fait, c'est c'était immédiatement cette logique qui qui s'est développée, qui a été utilisée, qui a été renforcée en Irak et en Afghanistan a commencé à revenir aux États-Unis avec la surveillance des de la population musulmane au Michigan par exemple et à New York et et tout un tout tout le ciblage de ce nouvel ennemi interne. Mais à l'époque euh il y avait eu une forme de cohérence euh disons supérieure à ce qu'il y a aujourd'hui parce que George Bush alors on peut évidemment euh lancer 1000 critiques contre lui, contre les néoconservateurs de l'époque, mais euh on on voit une différence de de nature euh entre les néocconservateurs et ceux qui sont aujourd'hui au pouvoir à Washington.
Ouais. Et je dirais que c'était une stratégie qui s'est développée d'une manière presque rationnelle, lentement et rationnellement avec bon avec la torture par exemple, l'utilisation de la torture, l'utilisation de Guantanamo pour une détention indéfinie. Tout ça c'était bon c'était il y avait une certaine logique, une certaine rationalité à l'utilisation des méthodes de la guerre moderne mais qui sont ici euh sous Trump euh remani d'une manière complètement encore une fois imprévisible, irrationnelle et tout centré autour de Trump.
Bon, est-ce que la guerre est aussi pour vous Bernard Harcour une guerre médiatique ? Oui, certainement une guerre médiatique. Euh on on voit ça, je veux dire euh Trump, vous savez euh pendant le le premier premier mandat, il avait dit qu'il voulait que chaque jour soit euh une épisode de d'une la téléréalité où il il conquère son son ennemi.
Et on voit ça dans les cycles médiatiques. En fait, moi j'ai pensé au début que l'Iran, c'était vraiment pour essayer de de nous distraire du dossier Epstine et et de l'inflation aux États-Unis, mais tout ça, c'est pour avoir des cycles médiatiques où il se trouve toujours au plus grand profil. Qu'est-ce qui va se passer dans les midtermes, les élections à mi-mandat en novembre prochain ?
Alors, ça c'est impossible à savoir précisément à cause des cycles médiatiques. Hm. Ça ça va dépendre de ce qui ça va dépendre de de la des derniers cycles en en août, en septembre, en novembre, juste avant l'élection, je dirais.
Bon, vous proposez dans votre dernier ouvrage euh initiative optimiste, le coopérisme en quelques mots, Bernard Harcour, de quoi ? Alors, rapidement, je dirais que vraiment aujourd'hui, on est démuni, on est paralysé, on est en déroute sans direction de la part des démocrates, on bloqué. Impossible d'imaginer, de reprendre le pouvoir ou de dépasser les 50 %.
Et donc le coopérisme, c'est vraiment une une bouée de sauvetage. C'est une manière de vivre pour nous protéger de toutes ces crises. Je crois que on ne peut pas attendre les solutions d'en haut.
Il faut donc que ça vienne d'en bas et il faut donc passer d'un modèle de guerre ou de et de concurrence à un modèle de coopération. Alors l'idée c'est de travailler ensemble dans tous les domaines que ce soit l'emploi, l'habitat, la consommation, les finances, les assurances pour créer un nouveau modèle économique et se protéger de toute cette de toute cette folie trompienne. Bon, c'est la démocratie américaine qui est en danger.
Euh peut-être, peut-être. et et la coopération, le coopérraisme c'est un moyen de reprendre ces questions de démocratie euh pour nos propres intérêts, pas pour ceux investisseurs lointains, euh pour nos intérêts, pour la durabilité et cetera. Et je vous invite ce soir, il y a Laur Adler, votre propre Laur Adler qui va être au 54 Aspail à la maison des sciences de l'homme et on va en parler à à 19h.
Merci Bernard Harcour. Le copérisme, une théorie politique, économique et sociale.