"Diviser pour mieux régner" : voici la stratégie de Macron jusqu'en 2027
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« L'indice des prix à la consommation harmonisée augmenterait de 6,5% en juin, après plus de 5,8% en mai. »
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« Il s'agit du plus haut niveau pour l'inflation depuis novembre 1985. »
- 1:01PrésentateurChiffre
« L'essence à 2,10€, 2,20€ le litre, ou l'alimentation qui a augmenté de 5,7% en moyenne. »
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« L'euro est passé sous le seuil de 1,02$ mercredi, une première depuis 2002. »
- 2:25PrésentateurChiffre
« La France a mis pratiquement huit ans à revenir à son niveau de richesse d'avant crise. »
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« Promesse d'aucune hausse d'impôts, une augmentation de 4% des minima sociaux. »
- 7:59PrésentateurPromesse
« Une pension minimale de retraite à 1 100 euros. »
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« Le plafonnement de l'électricité et du gaz qui va se poursuivre jusqu'à la fin de l'année. »
- 8:05PrésentateurFait
« La suppression de la taxe audiovisuelle qui garantissait l'indépendance des chaînes publiques. »
- 8:12PrésentateurFait
« La réforme des retraites est quant à elle maintenue. »
- 8:20PrésentateurFait
« Le gouvernement veut mettre fin aux énergies fossiles et continuer d'investir dans le nucléaire. »
- 8:26PrésentateurFait
« Elisabeth Borne précise ne pas croire à la décroissance, mais à l'innovation. »
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« Revalorisation du salaire des enseignants et une volonté de bâtir un service public de la petite enfance. »
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Bonjour tout le monde et bienvenue pour ce dernier instant porché de la saison. Je suis ravie de vous retrouver. Comme chaque semaine, on va avoir des choses à dire, analyser et décrypter. Et vous commencez à me l'entendre dire avec tous ces discours qui gravitent autour de nous. Parfois, on peut s'y perdre. Notre meilleure arme démocratique, c'est les connaître et les comprendre. Au programme aujourd'hui, le bilan de l'année, car il s'en est passé des choses. Où va-t-on ? Et on fera un détour par le discours de notre première ministre qui présentait la politique générale à l'Assemblée la semaine dernière.
Inflation, reprise économique, pouvoir d'achat, services publics qui craquent, crise politique. Il s'en est passé des choses cette année. Entre les élections présidentielles, législatives et ce troisième tour, ou encore la guerre en Ukraine, comment analyser cette année et comment se profile l'avenir ? Sur un an, l'indice des prix à la consommation harmonisée augmenterait de 6,5% en juin, après plus de 5,8% en mai. Sur un mois, c'est 0,8%, comme le mois précédent, décrit l'INSEE. Il s'agit du plus haut niveau pour l'inflation depuis novembre 1985. Et les Français le sentent au quotidien, entre l'essence à 2,10€, 2,20€ le litre, ou l'alimentation qui a augmenté de 5,7% en moyenne.
Côté économie mondiale, l'euro est passé sous le seuil de 1,02$ mercredi, une première depuis 2002. On parlait également de la dette publique au plus haut dans les dernières éditions de l'Instant Porcher. Côté services publics, les urgences craquent. Le monde de l'enseignement ou des collectivités locales est en crise. Les grèves se profilent pour la rentrée. Les cheminots y sont déjà d'ailleurs, et j'en passe. De ce côté, Bruno Le Maire annonçait la fin du quoi qu'il en coûte. Thomas, quel est le bilan économique de ce semestre ? Alors déjà, avant de commencer, je voulais te souhaiter un joyeux anniversaire, parce que cette semaine, c'est ton anniversaire.
Et je voulais aussi te remercier d'animer avec autant d'énergie l'Instant Porcher. Merci beaucoup. Vraiment. Alors, sur le bilan économique, en fait, ce qui se passe, c'est que là, on est dans une phase, en fait, depuis plusieurs années en réalité, mais depuis six mois très fortement, d'instabilité économique. J'ai l'impression que le monde est dans une instabilité économique chronique. Et les gens ont intégré le fait que c'était instable. Alors, quand on regarde les dix dernières années, en réalité, c'est très instable depuis plus de dix ans, parce qu'il y a eu la crise de 2008.
Après la crise de 2008, il y a eu la crise de la zone euro, des dettes souveraines de la zone euro qui a amené de l'austérité partout. On est reparti très lentement. Il y a des régions, dix ans après la crise, des villes françaises qui étaient en dessous de leur niveau de richesse d'avant crise. C'est-à-dire que quelqu'un qui naissait dans ces villes était plus pauvre qu'il y a dix ans. Vous voyez, la France a mis pratiquement huit ans à revenir à son niveau de richesse d'avant crise, alors que les gens ont continué. Il y a eu de la démographie, etc. Donc, on a déjà eu du mal à ressortir de cette crise de 2008 et des dettes souveraines.
Et après, il y a eu dix ans après cette crise sanitaire avec le Covid, qui a entraîné une crise économique. Et puis aujourd'hui, il y a une crise avec le conflit en Ukraine. Donc, il y a une instabilité chronique qui s'est installée en réalité. On a vu très peu de moments où l'économie était florissante et tout allait bien. Donc, pour la génération qui a trente ans, elle a vécu quasiment dix ans de crise. Vingt ans, ils ont vécu la moitié de leur vie en crise. C'est quand même très problématique. Et là, ce qui se passe, c'est qu'on devait avoir une reprise économique. Et cette reprise économique a été anéantie par le conflit en Ukraine.
Avec la Russie, qui a fait augmenter tout le prix des matières premières. Donc, on a une instabilité économique, une instabilité sanitaire, une instabilité géopolitique, parce que le conflit dure, il ne devait pas durer longtemps. Et puis, on a une instabilité sociale avec des mouvements sociaux, des grèves, etc. Donc, le bilan d'un point de vue économique est très sombre de ce dernier semestre pour la majorité des Français. C'est quoi les risques à venir pour la rentrée et plus ? Moi, ce qui m'inquiète, c'est que le conflit devait durer deux semaines, trois semaines. Là, il s'étend, ce qui est dramatique pour les Ukrainiens.
On est tous d'accord, il y a des mouvements de population, des vies bouleversées, des morts. Maintenant, on voit que c'est en train de s'enliser. Il faudrait que ça s'arrête rapidement, parce qu'en fait, cette crise, outre les morts qu'il y a dans ce conflit qui sont condamnables, ça crée de l'inflation sur toute l'Europe, et puis ça met un spectre de la famine dans une quarantaine de pays dans le monde. Donc, ça toucherait 1,7 milliard de personnes.
Mais si ça s'enlise comme ça, il risque d'y avoir l'année prochaine, outre les mesures du gouvernement, une inflation qui va continuer un peu à augmenter, parce que l'année prochaine, quand on rentre dans l'hiver, les consommations d'énergie augmentent. Quand les consommations d'énergie augmentent, en général, vous avez un certain nombre de prix de biens qui augmentent avec, parce qu'il y a des coûts de transport, mais également parce qu'il y a de la spéculation et parce que les biens sont tous reliés entre eux via des produits financiers qui les relient. Et donc là, on peut avoir une continuité dans l'inflation qui pourrait encore plus peser sur les Français.
Et puis après, il y a l'économie. Si l'activité ne repart pas et que le soutien aux entreprises, petit à petit, s'arrête, il risque d'y avoir des faillites, notamment pour les acteurs les plus faibles. Donc si vous n'avez pas de croissance et de l'augmentation des prix, ça peut être un peu compliqué. Et puis après, il va se greffer là-dessus ce que va faire le gouvernement et les réformes qu'il faut mettre en place. Elisabeth Borne veut un budget. La contrainte budgétaire est importante. Très bien, on n'est pas des fous furieux. On sait très bien qu'il y a des contraintes toujours budgétaires quelque part.
Et après, il va falloir quand même faire attention à la vitesse de réduction des déficits, parce qu'actuellement, les déficits soutiennent l'activité. Vous savez, quand vous n'avez plus de consommation, plus d'investissement privé, qu'on a une économie qui n'est pas basée sur les exportations, il ne vous reste qu'une seule chose, c'est le levier budgétaire. Là, je vous ai donné toute la formule du PIB, il reste le levier budgétaire. Donc si on commence à couper le levier budgétaire alors que tout s'effondre, on crée une récession. Donc il va falloir faire attention après et être très vigilant sur le prochain budget qui va être voté.
Est-ce qu'on doit craindre des mouvements sociaux pour la rentrée là ? Les mouvements sociaux sont déjà là. Et là, ça va être très compliqué parce qu'en fait, qu'est-ce qui se passe ? Moi, ces mouvements sociaux, je les soutiens bien sûr parce qu'il y a une modération salariale depuis des années. On nous a parlé des premiers de corvée après cette crise, qu'on allait voir le monde différemment, que le monde d'après allait changer, qu'on se rendait compte que des métiers avaient une utilité. Parce que vous savez, par exemple, bagagiste, c'est très mal payé. C'est des sociétés d'intérim souvent. Vous n'avez aucun avantage.
Et les avantages, par exemple, qu'ont les compagnies aériennes chez Air France, etc., on les coupe. Mais pour ces gens-là, il n'y a aucun avantage pour eux, alors qu'ils bossent en réalité pour ces compagnies de manière indirecte. On se rend compte, quand ils sont en grève, c'est important. Il y a plein de métiers. Quand ils sont en grève, on se rend compte de l'importance. Il y a d'autres métiers. Même quand ils ne sont pas en grève, on se demande l'importance qu'ils ont. Vous voyez ? C'est vrai. Et là, ces métiers-là sont mal payés. Donc moi, je comprends avec l'inflation que ces gens-là se mettent en grève et demandent des salaires plus élevés. Sauf que ce qui se passe, c'est quoi ?
C'est que vous avez une population, le reste de la population, qui va subir ces mouvements sociaux, qui est une population qui subit toute l'instabilité également. Et moi, j'ai peur qu'on tombe dans ce piège que certains, moi, je pense, laissent comme ça filer de contraction de la société et d'opposition finalement des pauvres, en réalité, de ceux qui demandent des revalorisations de salaire et de ceux qui vont subir ces grèves. Alors, je ne parle pas que des aéroports, mais je parle des grèves, par exemple, qui peuvent avoir à la rentrée dans l'éducation ou ailleurs. Et comme tout le monde est très tendu, il peut y avoir cette opposition très forte.
Donc, il va falloir être extrêmement habile dans les mouvements sociaux pour ramener le plus de gens dans ces mouvements-là et ne pas créer des oppositions très fortes dans une société qui est déjà assez hystérique avec la conjoncture économique et la conjoncture sanitaire que nous avons vécu ces dernières années. Justement, à cette rentrée, mercredi dernier, il y a eu le discours de la Première Ministre à son Assemblée qui nous a expliqué à quelle sauce on allait être mangé, à peu près. Elisabeth Borne appelle au compromis et face à la motion de censure de l'ANUPS a répondu « Voulons-nous bloquer ou voulons-nous construire ?
» La chef du gouvernement rappelle tout de même que la majorité relative ne sera pas synonyme d'une action relative et ne sera pas synonyme d'impuissance. Les priorités ont été données. Le travail qui permet l'émancipation, je cite. Le pouvoir d'achat, avec ce projet de loi annoncé jeudi dernier, je vous présente quelques lignes, promesse d'aucune hausse d'impôts, une augmentation de 4% des minima sociaux, une pension minimale de retraite à 1 100 euros, le plafonnement de l'électricité et du gaz qui va se poursuivre jusqu'à la fin de l'année, la suppression de la taxe audiovisuelle qui garantissait l'indépendance des chaînes publiques, au passage, je préfère le dire.
Bref, la réforme des retraites est quant à elle maintenue et pas de hausse du SMIC annoncée. Autre priorité, l'écologie, avec cette proposition de renationaliser EDF. Le gouvernement veut mettre fin aux énergies fossiles et continuer d'investir dans le nucléaire. Elisabeth Borne précise ne pas croire à la décroissance, mais à l'innovation. Et concernant la jeunesse et la petite enfance, on dirait qu'Elisabeth Borne a entendu Thomas Porcher en prévision, revalorisation du salaire des enseignants et une volonté de bâtir un service public de la petite enfance avec les collectivités locales. Bref, je crois qu'on a quelques petites choses à déconstruire, Thomas.
D'abord, qu'est-ce que tu as pensé du discours d'Elisabeth Borne à l'Assemblée ? Moi, je trouve qu'on a dit ces dernières semaines que la situation allait être difficile pour Macron, parce qu'il avait une majorité relative. En fait, moi, je pense que la situation va être très difficile pour les oppositions. Parce qu'en fait, Macron, voilà, on l'a bien vu, il va nous faire quelques augmentations légères si on s'y oppose, augmentation des prestations, augmentation un peu des salaires, ou recrutement de quelques postes, avec toujours cette contrainte budgétaire. parce que Macron, il a gardé les dotations aux collectivités locales au même niveau que ce qu'avait fait Hollande.
C'est-à-dire que c'est lui qui a créé, en fait, ces pénuries qu'on a aujourd'hui dans les crèches et dans le périscolaire, et dans les loisirs et la culture, dans les banlieues et dans les territoires. Et ceux qui en pâtissent le plus sont les territoires les plus pauvres. Donc, il va toujours nous faire des petites avancées comme ça, qui ne seront jamais le grand soir, mais en même temps pour les oppositions. Si elles s'y opposent, on va dire, vous voyez, vous ne voulez pas agir pour le bien des Français. Et si elles votent pour, ce n'est plus une opposition.
Donc, en réalité, moi, je pense que ça va être très, très difficile pour l'opposition, parce que dans le package que va proposer Macron, il y aura toujours des trucs qui amélioreront marginalement, ce ne sera jamais le grand soir, marginalement la vie des Français, et d'autres qui vont la dégrader très fortement. Parce que ça va être à peu près ça, la politique de Macron. C'est-à-dire, dans un premier temps, j'améliore, c'est un peu comme le FMI. Dans un premier temps, je t'améliore parce que, allez, je te donne des trucs en plus, et puis après, je te fais des réformes qui te dégradent sur le long terme la vie.
Mais ça va être très difficile pour les oppositions de s'opposer à ça et de, comment vous dire, d'avoir la pédagogie pour expliquer pourquoi elles s'opposent à ça. Parce que quelqu'un va dire, mais regarde, sur ma fiche de paix, je réussis ça, ou sur ma presse sociale, je réussis ça, tu t'y opposes. Comment il peut expliquer ça ? Oui, mais moi, je voulais encore plus. Ça va être très difficile. Donc, moi, je pense que la difficulté va être plus pour l'opposition que pour le pouvoir de Macron. Alors, mercredi dernier, elle a fait un discours en faisant parfois des références à la gauche, en parlant des services publics, en nationalisant une grande compagnie publique.
Voilà, donc c'est le retour un peu au monopole public dans la tête des gens. Donc, elle a fait quand même quelques rappels dans le vocabulaire d'un programme de gauche. Mais en réalité, après, une fois qu'elle a fait ça, l'encadrement de tout ça, c'est l'a bien dit, la contrainte budgétaire, la réforme des retraites, et ainsi de suite. Donc, on est dans des petits ajustements. Allez, on va faire via des vases communicants à droite et à gauche pour montrer qu'on est de gauche. Mais l'ensemble du programme, c'est Macron, et ça a toujours été ça.
C'est un programme libéral qui a été encore plus loin que Sarkozy et qui s'inscrit dans cette dynamique-là, où on va casser les dernières choses qu'on a cassées, c'est-à-dire les retraites, parce que l'assurance maladie, le droit du travail, les fonctionnaires locaux ont déjà été cassés, et l'hôpital, etc. Donc, on continue cette marche-là en y mettant quelques avancées sur des salaires de fonctionnaires, etc., quelques moyens en plus. Mais grosso modo, on sera toujours sur un budget, moi, je pense, austéritaire. Et très rapidement, on arrivera à ça. Donc, il ne faut pas se faire d'illusions, mais la situation va être difficile pour les oppositions.
Et quelles mesures t'ont le plus marqué, du coup, dans tout ça ? Ce qui est assez marrant, c'est la mesure de nationalisation d'EDF, déjà. Alors, c'est un symbole, parce que les monopoles publics, c'est quelque chose que la gauche veut toujours. Et sincèrement, la transition énergétique se fera plus simplement avec des monopoles publics. Il faut rappeler comment s'est construit notre système énergétique. Notre système énergétique en France, mais comme dans tous les pays du monde, s'est créé avec des monopoles publics qui, chacun, avaient leur énergie. EDF, c'était l'électricité, pas de concurrent. ELF, c'était le pétrole, pas de concurrent.
GDF, gaz de France, c'était le gaz, pas de concurrent, et ainsi de suite. Donc, chacun avait son énergie, et sans concurrent, et public. C'est-à-dire qu'on pouvait mettre des fonds publics, où on faisait le maillage du territoire comme vous voulez, etc. Puis, il y a eu la libéralisation, il y a eu la case des monopoles publics, qui a été beaucoup mis en avant par la Commission européenne. On a cédé une partie d'EDF à notre actionnariat et aux salariés. Mais l'État, aujourd'hui, a toujours 85%, plus de 80% d'EDF. Donc, ce n'est pas une grosse révolution qu'on propose. Après, c'est que va faire l'État de cette entreprise publique ? C'est ça, la vraie question.
Est-ce qu'il va redevenir un État stratège ? Et donc, se servir de cette entreprise pour organiser la transition énergétique ? Ou avancer dans le nucléaire ? C'est plutôt ça, l'option de Macron. Ou est-ce qu'il va être un État pantouflard, comme il a toujours été avec EDF, avec la SNCF ? C'est-à-dire qu'il récupère son chèque, et il n'intervient pas dans la gestion de ses entreprises. C'est ça, en réalité, la vraie différence. Si tu te dis, la SNCF, c'est à l'État ? Non, mais la SNCF, c'est à l'État, parce que l'État est actionnaire. Mais la SNCF se comporte comme une entreprise privée. Elle a recours à des intérimaires, elle a recours à des précaires, elle a recours à des filiales.
Elle est basée sur l'export plus que sur l'interne, et ainsi de suite. Donc, c'est ça la vraie question. C'est qu'est-ce que tu vas faire de cette entreprise ? Et puis après, il y a eu quelques éléments sur la revalorisation des prestations, des fonctionnaires, et la petite enfance, qui montrent qu'on est en train de faire un jeu des coups à deux, trois bandes pour satisfaire un coup à la gauche, et puis un coup à la droite, parce qu'on reste quand même sur le corps de Macron avec cette réforme des retraites, et avec cette histoire de dette, et cette histoire de budget, qu'il faut absolument que ce budget soit crédible, etc., etc. Donc, les réformes structurelles vont continuer.
Donc, il n'y a pas eu de vrais changements. Pour moi, c'est de la Macronie, avec quelques petits mouvements à gauche pour montrer que, voilà, quand même, on est de gauche, mais tout le monde sait qu'on reste quand même de droite. Tu as commencé à le dire, mais ça va être quoi, du coup, la stratégie de Macron à partir de la rentrée ? Moi, je pense que là, la stratégie de Macron, elle est très claire. Il sait que sur plein de choses, la droite va voter facilement. Les électeurs de droite, qui sont quand même beaucoup sur les questions économiques, même s'ils ont essayé de faire leur campagne sur la sécurité et tout, parce que Macron les avait tellement pris sur l'économique, c'était difficile.
Mais sur les questions économiques, ils ont quand même un logiciel. Et le logiciel, c'est réduire les déficits, faire des économies, moins de fonctionnaires. C'est ça, leur logiciel de base, réforme des retraites, travailler plus longtemps, etc. Donc, là-dessus, ça va être très difficile de s'opposer. Donc, Macron, il sait que là-dessus, il peut compter, je pense, sur eux pour que ça passe. Tu vois, en étant un peu sympa, en faisant un peu de la danse du ventre, d'être gentil avec eux, etc. Il sait qu'il peut quand même les avoir. Maintenant, c'est la gauche et le RN. Vous voyez là, par exemple, la LFI, la NUPES a proposé une motion de censure. L'extrême droite va s'y opposer.
Parce que si l'extrême droite, en fait, s'y allie, on va dire que c'est l'extrême droite qui suit l'extrême gauche. Donc, ce n'est pas possible. Ils perdent en crédibilité. Et en même temps, s'ils font ça, tout le centre et la droite vont dire « Regardez, les extrêmes se rejoignent ». Donc, pour l'opposition, ça va être très, très difficile. Et là, on va voir les premiers budgets. Vraisemblablement, ils vont voter contre. Mais s'ils votent contre, ça va être de la contradiction sur des points constamment. Vous avez voté contre ça, vous avez voté contre ça, vous avez voté contre ça. Donc, la stratégie va être simple. Ça va être divisé pour mieux régner.
Et ça va être constamment, tout au long du quinquennat, vouloir mettre sur des petits détails l'opposition face à ces contradictions. Vous nous dites que vous voulez plus de pouvoir de chaleur, mais vous n'avez pas augmenté de 4% les prestations sociales. Ça va être ça pendant tout le quinquennat. Donc, ça risque d'être un quinquennat très difficile, à mon avis, plus pour les oppositions en réalité que pour Macron. Merci beaucoup d'avoir suivi toute cette année à l'instant porché, puisque c'est le dernier.
C'était vraiment un plaisir de décrypter l'actualité, car vous m'avez entendu le répéter, mais c'est vraiment la clé pour s'émanciper et comprendre les infinités de discours qu'on entend toute la journée. Ravi de pouvoir faire ça sur un média indépendant qui ne vit que par les dons. Pas d'actionnaire, de milliardaire ou de publicitaire. Une information pour les citoyens qui a besoin absolument des citoyens et donc de vous pour revenir à la rentrée. Un don, un abonnement, une part sociale de notre coopérative. Rendez-vous sur lemediatv.fr. Merci à l'équipe technique, sans qui il n'y aurait absolument pas d'émission du tout.
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