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Interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo (sur Site radio)· 25 août 2021 19 minContradictoireActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesTravail & emploiSantéImmigration & asile

Extension du pass sanitaire pour certains salariés, hausses de salaires, difficultés de recrutement... Le "8h30 franceinfo" de Geoffroy Roux de Bézieux

Source d'origine 4 locuteurs

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 45 %Attaque 25 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 86 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:08OuverteRéponse partielle

    Est-ce que cette fois c'est la bonne ? Est-ce que cette fois la reprise est bien là ?

  • 1:09RelanceRéponse directe

    Est-ce que malgré tout, c'est le bon moment pour mettre fin au quoi qu'il en coûte ?

  • 2:03OuverteRéponse directe

    Le pass sanitaire, aujourd'hui, c'est un frein à la reprise pour vous ou pas ?

  • 3:03ComplaisanteRéponse directe

    Vous auriez voulu qu'on retarde d'un mois cette mesure, on n'avait pas été entendus.

  • 3:49FerméeÉludée

    C'est quoi un contrôle souple ?

  • 4:31OuverteRéponse directe

    Mais vous dites quoi, aujourd'hui, aux restaurateurs qui vont avoir des salariés qui, pour certains, refuseront de se faire vacciner ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:12Invité politiqueFait
    « il y a un an, j'étais pratiquement le seul contre l'INSEE, contre la Banque de France à dire le pire n'est pas certain, il n'y aura pas ce million de chômeurs qu'on nous promettait. »
  • 0:27Invité politiqueChiffre
    « le chômage est revenu à un niveau élevé. On est juste à autour de 8%, alors que les autres pays sont à 4%. »
  • 0:41Invité politiqueFait
    « Il y a les difficultés de recrutement, qui dataient d'avant la crise et qui continuent. »
  • 1:13Invité politiquePromesse
    « Oui, en tout cas, pour l'essentiel du quoi qu'il en coûte. »
  • 1:31Invité politiquePromesse
    « il faut arrêter, comme c'est prévu au 31 août, sauf dans quelques cas particuliers. »
  • 2:21Invité politiqueFait
    « il ne faut pas le même systématiquement, il y a des préfets qui, quelquefois, le mettent un peu trop rapidement »
  • 2:32Invité politiqueChiffre
    « ça impacte fort sur toute l'activité du spectacle, cinéma, salles de spectacle, et les parcs d'attractions, c'est du moins 30, moins 40. »
  • 4:14Invité politiqueFait
    « je pense qu'il y aura très, très peu de patrons qui vont, entre guillemets, virer ou mettre à pied un collaborateur. »
  • 4:21Invité politiqueFait
    « notamment dans ces secteurs-là, en restauration, les gens ont du mal, mais vraiment beaucoup mal à recruter. »
  • 5:13Invité politiqueFait
    « c'est une situation d'exception, j'espère qu'elle sera temporaire. »
  • 6:15Invité politiqueFait
    « il faut faire payer les tests. C'est quand même une manière de pousser la vaccination. »
  • 9:24Invité politiqueChiffre
    « les salaires ont augmenté. Le pouvoir d'achat l'année dernière des Français, globalement, y compris retraités fonctionnaires, ont augmenté. »
  • 11:01Invité politiqueFait
    « Non, mais il faudra reculer l'âge de la retraite. Mais pas maintenant, c'est ce que vous dites. »
  • 12:02Invité politiqueChiffre
    « Le chômage est revenu à l'étiage de 2019. »
  • 12:29Invité politiqueChiffre
    « Le taux d'emploi, c'est le pourcentage de la population en âge de travail qui travaille. 66% en France, 76% en Allemagne. »
  • 16:55Invité politiqueFait
    « il faut évidemment accueillir tous ceux qui ont travaillé, qui risquent leur vie en France en étant quand même prudent parce qu'on voit qu'il y a des infiltrations. »
  • 17:10Invité politiqueFait
    « Je pense qu'il faut être capable de se dire, voilà, on va essayer de, chaque année, comme font les Américains, assez bien, c'est quand même un système qui marche aux Etats-Unis, de donner un chiffre et d'essayer de faire des quotas. »

Temps de parole

  • Invité politique71 %
  • Présentateur11 %
  • Invité9 %
  • Invité 26 %
  • Invité 33 %

4,8 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Bonjour Geoffroy Roux de Bézieux. Bonjour. Le chômage est retombé en France à son niveau d'avant le Covid. Le gouvernement s'attend pour cette année à une croissance de 6%. Est-ce que cette fois c'est la bonne ? Est-ce que cette fois la reprise est bien là ?

0:12
Invité politique

Vous savez, il y a un an, j'étais pratiquement le seul contre l'INSEE, contre la Banque de France à dire le pire n'est pas certain, il n'y aura pas ce million de chômeurs qu'on nous promettait. Du coup, ça me permet d'être raisonnablement optimiste aujourd'hui et prudent. Parce que oui, les chiffres sont bons, effectivement. Mais d'une part, le chômage est revenu à un niveau élevé. On est juste à autour de 8%, alors que les autres pays sont à 4%. Donc ça quand même pose des problèmes. Et puis il y a quelques petits nuages à l'horizon.

Il y en a un qui est vraiment conjoncturel, ce sont les difficultés d'approvisionnement de matières premières, le prix des matières premières, le prix des conteneurs. Il y a les difficultés de recrutement, qui dataient d'avant la crise et qui continuent. Et puis il y a quand même la situation internationale. Les tensions, alors Kaboul bien sûr, mais ce qui se passe entre la Chine et les Etats-Unis, ça nous rend forcément prudents.

1:01
Invité

Effectivement, le ciel n'est pas tout à fait bleu. Il y a 10 millions de chômeurs, 10 millions de pauvres en France, 6 millions de chômeurs et une dette qui a explosé. Est-ce que malgré tout, c'est le bon moment pour mettre fin au quoi qu'il en coûte ?

1:13
Invité politique

Oui, en tout cas, pour l'essentiel du quoi qu'il en coûte. Alors le quoi qu'il en coûte, c'est une traduction de whatever it takes, qui n'est pas tout à fait la même chose en anglais, mais il fallait le faire. Maintenant, on n'est pas entrepreneur, chef d'entreprise pour vivre au crochet de l'Etat. Il fallait le faire parce qu'on ne pouvait pas travailler, parce qu'on fermait les magasins, etc. Donc nous, on dit qu'il faut arrêter, comme c'est prévu au 31 août, sauf dans quelques cas particuliers.

Alors, c'est soit des géographies particulières, l'outre-mer, où là, la situation est catastrophique, il faut continuer à les aider, ou des gens qui ont le pass sanitaire, les centres commerciaux aujourd'hui qui ont le pass sanitaire, c'est moins 20, moins 30% pour les commerces de fréquentation, ou des secteurs comme par exemple l'hôtellerie à Paris, qui vit des touristes internationaux, c'est encore très difficile. Donc on fait du sur-mesure, mais l'essentiel doit être arrêté, parce que ce n'est pas une façon normale de faire du business. Le pass sanitaire, aujourd'hui, c'est un frein à la reprise pour vous ou pas ?

Nous, on est favorable, pour dire les choses très directement, on est favorable au pass sanitaire parce que c'est mieux que les confinements. C'est moins mauvais, si vous voulez, que les confinements. Mais d'abord, il faut le faire le plus court possible, dès qu'on peut reprendre, il ne faut pas le même systématiquement, il y a des préfets qui, quelquefois, le mettent un peu trop rapidement, et puis oui, c'est un impact, c'est un impact sur les centres commerciaux, je l'ai dit, ça impacte fort sur toute l'activité du spectacle, cinéma, salles de spectacle, et les parcs d'attractions, c'est du moins 30, moins 40.

2:34
Invité

Mais ce n'est pas ce que dit Bruno Le Maire, Bruno Le Maire dit, les Français se sont adaptés.

2:36
Invité politique

Non, non, ce n'est pas vrai. Globalement, les Français se sont adaptés, ils respectent. Enfin, bon, vous l'avez vécu, moi j'étais au restaurant, j'imagine vous aussi, ça fonctionne plutôt bien. Les restaurants, les chiffres sont, j'allais dire, moitié-moitié. Il y a des endroits où il n'y a pas d'impact, d'autres où il y a d'impact. Mais, encore une fois, on est favorable au pass sanitaire parce que c'est la seule manière de continuer à vivre. Mais ça a un impact, vous voyez, indiscutablement. Et surtout, à partir de mardi prochain, il va s'appliquer aux salariés.

3:00
Présentateur

Alors, tous les salariés des secteurs qui reçoivent du public. Vous auriez voulu qu'on retarde d'un mois cette mesure, on n'avait pas été entendus.

3:06
Invité politique

Oui, parce que déjà, il y a une petite incohérence dans les mesures de gouvernement, c'est que les soignants, l'obligation commence le 15 septembre. Je ne suis pas sûr de comprendre pourquoi, pour un employé de restaurant ou de magasin, c'est le 31 août. Et puis, on voit bien les premières montées qu'on a.

3:20
Présentateur

Parce que les soignants, c'est vaccination obligatoire, alors que dans le cas des personnels qui accueillent du public, c'est vaccination ou test tous les deux jours.

3:27
Invité politique

Ce n'est pas la même chose. J'entends l'argument, j'entends l'argument. Mais la réalité, c'est que les gens, ils rentrent de vacances. On n'a pas, aujourd'hui, en tout cas, de refus massif de nos employés, collaborateurs. Mais ils rentrent de vacances, ils n'ont pas soutenu vacciné. Donc, moi, ce que je demande à minima, c'est de la souplesse et qu'il n'y ait pas des contrôles trop durs dès le 31 août ou le 1er septembre au matin. C'est-à-dire, vous demandez quoi ? Une ou deux semaines ? Un mois ? Oui, de contrôles souples. C'est quoi un contrôle souple ? Si je vous contrôle, mais si vous ne l'avez pas fait, ce n'est pas grave.

Un premier réveillissement en disant, faites-vous vacciner ou faites le test dans les petites boîtes, dans les petites entreprises notamment. Après, moi, je le dis simplement, je pense qu'il y aura très, très peu de patrons qui vont, entre guillemets, virer ou mettre à pied un collaborateur. Parce que, comme le problème numéro un, c'est le recrutement, et notamment dans ces secteurs-là, en restauration, les gens ont du mal, mais vraiment beaucoup mal à recruter. Quand vous avez un bon collaborateur, même s'il n'a pas sanitaire, donc on suspend le contrat de travail, c'est la loi, c'est le décret qui est paru, et puis on attend que ça s'arrête, en réalité.

4:31
Invité

Mais vous dites quoi, aujourd'hui, aux restaurateurs qui vont avoir des salariés qui, pour certains, refuseront de se faire vacciner ?

4:37
Invité politique

Je leur dis respecter la loi et suspender le contrat de travail. Mais pendant combien de temps on suspend le contrat de travail ? C'est tout le problème. C'est-à-dire que, normalement, le pass sanitaire, c'est jusqu'au mois de novembre, et donc ça fait, en théorie, deux mois.

4:49
Présentateur

La personne qui n'est pas vaccinée, qui a refusé de se faire vacciner, ou qui n'a pas eu le temps de faire les deux doses, reste à la maison payée ou pas ? Non, elle n'est pas payée.

4:58
Invité politique

Elle a droit au chômage ou pas ? Non, le contrat de travail, le décret qui est passé est très clair, c'est le contrat de travail suspendu, ça veut dire que tous vos droits sont suspendus. Mais elle n'est pas licenciée pour autant, comme l'avait dit Elisabeth Borne. Oui, ce qui était le premier projet initial. Encore une fois, c'est une situation d'exception, j'espère qu'elle sera temporaire. Le problème va vraiment se poser si on est amené, ce que je ne souhaite pas, mais on sait bien qu'on n'est pas tout à fait maître de la situation, à prolonger, après le mois de novembre, cette situation. Là, il faudra trouver une solution.

5:29
Invité

Vous disiez qu'il y a des problèmes de recrutement, notamment dans le secteur de la restauration. Vous dites aux restaurateurs ce matin d'embaucher que des personnes vaccinées, que les candidats vaccinés.

5:38
Invité politique

Non, mais ce n'est pas que je leur dis, c'est que c'est la loi. C'est qu'ils n'ont pas le choix. Soit des gens vaccinés, soit des gens qui acceptent de faire un test tous les trois jours. Ce qui, au bout d'un moment...

5:47
Invité

Des tests qui vont être déremboursés à la mi-octobre, est-ce que le gouvernement a raison de les dérembourser, ces tests-là ?

5:52
Invité politique

Je finis juste peut-être sur la... On a un énorme problème de recrutement dans ce pays. Il faut qu'on en parle. Et c'est vrai que là, j'allais dire, il y a presque des injonctions contradictoires. On nous dit embaucher, augmenter les salaires. Et de l'autre, on nous dit, oui, mais il faut qu'ils aient le pass sanitaire. Donc, il va falloir qu'on trouve un équilibre là-dessus. Encore une fois, si c'est temporaire, ça peut marcher. Si ça ne l'est pas, on aura un problème. Alors après, sur les tests payants, oui, je pense qu'à un moment, il faut faire payer les tests. C'est quand même une manière de pousser la vaccination.

Et moi, je le redis, on a lancé un appel avec Laurent Berger il y a maintenant trois mois. Il faut se faire vacciner. C'est la raison. Finalement, cette histoire de liberté, elle est quand même un peu pervertie. Parce que la liberté des uns s'arrête quand même au bien commun et au vivre ensemble. Or, quand on n'est pas vacciné, on empêche les autres, enfin, on risque de contaminer les autres.

6:41
Présentateur

Il faut présenter un pass sanitaire ou être obligatoirement vacciné pour participer à l'université d'été du MEDEF.

6:46
Invité politique

Oui, c'est pas sanitaire, pas sanitaire obligatoire.

6:48
Présentateur

Il y a des contrôles ? Oui, oui, bien sûr. Vous avez renvoyé les patrons à la maison qui n'étaient pas vaccinés ou qui n'avaient pas le pass ?

6:53
Invité politique

Je ne vais pas vous répondre. Hier matin, je n'ai pas été vérifié, mais on les renverra. Bien sûr, bien sûr, on applique la loi. Et c'est masque recommandé, puisque vous savez qu'en plein air, il n'est pas obligatoire.

7:02
Présentateur

Geoffroy Roude-Bézieux, le président du MEDEF, qui veille donc à l'application du pass sanitaire, y compris à l'université d'été de son mouvement. Et l'invité de France Info, on s'interrompt un instant pour le fil info à 8h40 avec Olivia Chandu.

7:13
Invité

Emmanuel Macron réunit un conseil de défense sanitaire, suivi d'un conseil des ministres. Le gouvernement fait sa rentrée aujourd'hui. Il sera notamment question de la poursuite de la campagne de vaccination. Le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, rappelle l'objectif de l'exécutif. 50 millions de primo-vaccinés mardi prochain. Deux personnes en garde à vue dans les Côtes d'Armor, deux hommes d'une soixantaine d'années. Ils sont soupçonnés d'avoir vandalisé une stèle en hommage à Simone Veil, monument dégradé à quatre reprises au mois d'août, notamment avec des inscriptions antisémites.

Joe Biden refuse de reculer la date butoir du retrait des soldats américains en Afghanistan, malgré la pression des pays du G7 réunis hier en sommet virtuel. La mission se terminera mardi prochain. Le respect de ce délai dépend de la coopération des talibans pour les opérations d'évacuation, précise le président américain. Un batteur fantastique, stable comme un rock. L'hommage du Beatles, Paul McCartney à Charlie Watts. Le batteur des Rolling Stones est mort hier à l'âge de 80 ans. Il avait rejoint le groupe en 1963. France Info

8:19
Locuteur non identifié

Le 8.30 France Info, Salia Brachia, Marc Fauvel.

8:24
Invité

Toujours avec le président du MEDEF, Geoffroy Roude-Bézieux. On parlait tout à l'heure des difficultés de recrutement dans les secteurs de la restauration, de l'hôtellerie. Est-ce que l'une des solutions n'est pas de rendre ces postes plus attractifs ? Je m'explique, le ministre de l'économie Bruno Le Maire est pour une action sur les salaires. On l'écoute, c'était avant-hier sur France 2. Il faut se reposer la question de la meilleure rémunération. Ça peut passer par les salaires, ça peut passer par les primes, ça peut passer par l'intéressement, la participation, l'actionnariat salarié que nous avons défendu massivement depuis le début de ce quinquennat.

Mais la croissance, car une roue, doit profiter à tout le monde. Sans exception, même les plus faibles, même les moins qualifiés, tous ceux qui ont été aux avant-postes de la crise. Faisons chacun notre part du chemin, tout simplement pour que la France reste rassemblée. Vous entendez le ministre ? Est-ce qu'avec vos amis chefs d'entreprise, vous êtes prêts à faire votre part du chemin, comme il dit ?

9:16
Invité politique

D'abord, je ne sais pas si c'est au ministre de l'économie de décider les salaires. On est encore en économie de marché, mais deuxièmement, les salaires ont augmenté. Le pouvoir d'achat l'année dernière des Français, globalement, y compris retraités fonctionnaires, ont augmenté. Après, si on augmente les salaires, et d'ailleurs je pense qu'il y aura des augmentations de salaires assez fortes en début d'année prochaine, ne serait-ce que pour une raison d'offre et de demande. Pas oublié que derrière, c'est les prix qui vont augmenter. En restauration, la part du coût salarial est très élevée, et donc ça pose aussi la question un peu de l'économie low cost en général.

Quand vous voyagez pour 20 euros, un billet d'avion, en France, quelquefois, il y a des prix promotionnels. Quand vous avez des menus promotionnels à 5,99 euros, d'ailleurs, il faut se dire qu'il y a des salaires qui sont payés.

9:59
Invité

Mais si on prend les comptes de la restauration...

10:01
Invité politique

Oui, mais donc ça veut dire que le menu augmente, ou la carte augmente. Donc il faut aussi avoir cette idée qu'on est tous aussi partie prenante de cette économie low cost, et peut-être qu'il faut en sortir. En tout cas, moi, ce que je crois, c'est que, vu les difficultés de recrutement, les salaires en début d'année, parce qu'en général, ça se négocie en début d'année, il y aura forcément des augmentations assez significatives l'année prochaine.

10:23
Présentateur

Dans tous les secteurs, ou uniquement dans ceux qui sont les plus en tension aujourd'hui ?

10:27
Invité politique

Un peu partout, mais bien sûr, en priorité dans les secteurs en tension. Enfin, moi, je suis très frappé. Tous les patrons que j'ai vus cet été, et même avant l'été, leur sujet numéro un, ce n'est plus la pandémie, c'est le recrutement.

10:38
Présentateur

Vous allez rencontrer la semaine prochaine le Premier ministre Jean Castex. S'il y a un dossier que vous allez mettre en avant, quel sera-t-il ? En fait, ce ne sera pas celui des retraites, si c'est le sens de votre question.

10:49
Invité politique

Pas du tout.

10:50
Présentateur

Ce n'était pas du tout le sens de votre question.

10:51
Invité politique

C'est une vraie question ouverte. Non, non, notre position sur la retraite, elle est très simple. Pas maintenant. Ce n'est pas maintenant.

10:56
Présentateur

Plus personne n'en veut, en fait, à part Emmanuel Macron, de la réforme des retraites.

10:59
Invité politique

Je parle des partenaires sociaux et Bruno Le Maire. Non, mais il faudra reculer l'âge de la retraite. Mais pas maintenant, c'est ce que vous dites. Il faudra le faire en 2022, mais pas maintenant. Non, nous, on demandera simplement, alors évidemment, le sujet pandémie, les mesures sanitaires, etc., seront l'essentiel de l'agenda. Après, nous, on demande l'application de la réforme d'assurance chômage qui est prévue au 1er octobre. Mais a priori, c'est ce que va faire le gouvernement. Après, soyons réalistes, on est le 2 septembre. Le premier tour de l'élection présidentielle, c'est le 14 avril.

Donc, je ne suis pas sûr que ce soit le moment de faire des grandes réformes, de relancer des nouveaux projets. Il y aurait un collectif budgétaire qui est déjà quasiment bouclé. Donc, en gros, 8 mois, on se tourne les pouces et on attend que... On ne tourne pas les pouces. Non, non, on ne tourne pas les pouces, parce qu'il y a énormément de choses à faire pour relancer l'économie. Il y a le plan de relance, il y a des choses à faire. Mais les grandes réformes, c'est des réformes de début de quinquennat.

11:52
Invité

Donc, la réforme de l'assurance chômage qui devrait entrer en vigueur le 1er octobre, en tout cas, c'est la volonté du gouvernement, vous dites que c'est le bon moment ?

12:00
Invité politique

Écoutez, c'est vous qui me l'avez donné le chiffre. Le chômage est revenu à l'étiage de 2019.

12:07
Présentateur

Sauf que les ficelles de l'interventionnisme de l'État, elles existent encore aujourd'hui. On ne sait pas si ce chiffre de 8%, le jour où on arrêtera toutes les aides, il sera vraiment... On ne sait pas si ce n'est pas une part de mirage.

12:17
Invité politique

Non, je ne crois pas. Mais juste un mot là-dessus. La France, c'est le seul pays d'Europe de CDE où le chômage structurel, quand la croissance repart, c'est 8%. Et il y a un autre chiffre qu'il faut garder, c'est le taux d'emploi. Le taux d'emploi, c'est le pourcentage de la population en âge de travail qui travaille. 66% en France, 76% en Allemagne. Vous pensez que la réforme du chômage fera baisser le taux de chômage ?

12:40
Présentateur

Oui.

12:40
Invité politique

C'est-à-dire qu'il y a des gens qui aujourd'hui ne travaillent pas parce qu'ils sont trop indemnisés. Non, ce n'est pas comme ça que je dirais. Il y a dans le système, et ce n'est pas la faute des demandeurs d'emploi, un certain nombre de paramètres qui permettent d'alterner des périodes de travail et des périodes de chômage en gagnant à peu près autant que si vous travaillez à plein temps. Le système est mal conçu. Ce n'est pas la seule raison. Il y a des problèmes de mobilité géographique. Déménager pour trouver un travail, c'est compliqué. Il y a des problèmes de formation professionnelle, d'adaptation entre la formation et les besoins des entreprises.

Donc, on ne va pas pointer que l'assurance chômage, mais c'est une des raisons dont, oui, cette réforme est nécessaire.

13:14
Invité

Mais ça veut dire qu'il y a de l'assistanat ?

13:16
Invité politique

Oui, ça c'est un mot politique, donc je ne voudrais pas... Parce que moi, je ne pointe pas du doigt les demandeurs d'emploi. Ils s'adaptent au système, comme tout le monde d'ailleurs. Les commis de marché, c'est darwinien de ce point de vue-là.

13:28
Présentateur

À l'université d'été du MEDEF, cette année, 8 ministres, si on a bien compté dans le programme. 11, mais on a mal compté, vous voyez. Mais pas de candidats à l'élection présidentielle. Ils ne sont pas les bienvenus cette année ?

13:38
Invité politique

Non, ce n'est pas dans ce sens-là. Mais on n'a pas voulu que ce soit l'applaudimètre des candidats, avec, je sais dire, un espèce de concours au slogan. Mais du coup, vous passez pour le mouvement du gouvernement ? Non, je ne crois pas. La moitié du gouvernement est là, mais pas d'opposants. Il y a 300 intervenants. Mais la moitié du gouvernement... Oui, si vous voulez, mais 11 minutes, 300 intervenants. Vous avez une femme formidable qui est créée Afghanistan libre, qui sera, j'espère, la vedette, parce qu'elle vient de nous raconter ce qui se passe à Kaboul. Vous avez le président de la Cour des comptes, mais vous avez aussi Thierry Breton. Donc, vous voyez, c'est très divers.

Vous avez des opposants à la vaccination et, évidemment, des pro-vaccins. Donc là, le sujet de la présidentielle, c'est qu'on ne voulait pas polluer des débats de fonds par de la politique.

14:21
Invité

Le MEDEF va auditionner les candidats à l'élection présidentielle, comme vous l'aviez fait en 2017 ?

14:26
Invité politique

Certainement. Premièrement, de manière décentralisée, parce que oui, on a des propositions de fonds. Mais si vous voulez, on ne voulait pas que ça soit un peu le catalogue des revendications. On voulait traiter les sujets de fonds. Donc, c'est pour ça qu'on n'a invité personne. Alors, il y aura peut-être des candidats qui se baladeront dans les allées, mais ça, c'est autre chose.

14:40
Invité

Ce ne sera pas votre invitation.

14:41
Invité politique

Enfin, ils ont le droit de venir. On ne ferme la porte à personne.

14:44
Présentateur

Vous disiez avant la crise, il faudra à un moment parler de la quantité de travail en France. Est-ce que ce moment, pour vous, est venu ? C'est le moment de la présidentielle.

14:53
Invité politique

Vous savez, moi, je ne suis pas économiste. J'ai une théorie très simple. La quantité de richesse que produit un pays, c'est la quantité de travail. Alors, c'est le nombre de gens qui travaillent, le taux d'emploi. C'est le travail dans l'année ou dans la semaine. Et c'est aussi le travail tout au long de la vie. Et donc, c'est un vrai débat. Parce qu'il y a des gens sérieux, économistes, qui proposent la semaine de 32 heures. Ou la semaine de 4 jours. Ou la semaine de 4 jours. Enfin, c'est la même chose. C'est-à-dire de travailler moins pour partager le travail. Ce n'est pas notre philosophie. Il n'y a aucun pays qui l'a essayé. Et donc, je crois que ce n'est pas le...

Mais c'est un vrai débat. C'est un vrai débat de fond. C'est un débat intéressant. C'est un débat qu'il faut avoir dans la présidentielle.

15:26
Invité

C'est un débat sur lequel vous avez une opinion et vous dites, non, il faut travailler plus là.

15:30
Invité politique

Pour être compétitif. Oui, mais si vous voulez, on a un système de protection sociale. Plus chaque semaine ou plus au long de sa vie ? Justement, ça, ça peut être des modalités. Quand on regarde bien les comparaisons avec les autres pays, en fait, la différence de la France, c'est que les jeunes travaillent moins et les seniors travaillent moins. C'est les deux bouts, si j'ose dire. Quand on est au cœur de, disons, la tranche 30-60 ans, on est à peu près au même niveau que les autres pays européens. Donc, c'est vraiment un sujet des présidentielles. Et je pense qu'il faut poser la question. Il faut dire la vérité. Il faut qu'on ait ce débat-là, collectivement, dans la présidentielle.

16:03
Invité

Nous devons anticiper et nous protéger contre des flux migratoires irréguliers, importants, qui mettraient en danger ceux qui les empruntent et nourriraient les trafics de toute nature. Cette phrase, elle est signée à Emmanuel Macron lors de sa prise de parole après la prise de pouvoir des talibans en Afghanistan. Est-ce qu'elle vous a choqué, vous, cette phrase ?

16:19
Invité politique

Je ne prenais pas la phrase seule parce qu'elle était dans un contexte d'intervention. Je crois que sur ce sujet, c'est un sujet compliqué. Il n'y a pas de réponse binaire. On ne peut pas être ni naïf et on ne peut pas être inhumain. Et là, je m'exprime presque un peu à titre personnel parce qu'on n'a pas forcément une position institutionnelle MEDEF. Mais d'une part, il faut évidemment accueillir tous ceux qui ont travaillé, qui risquent leur vie en France en étant quand même prudent parce qu'on voit qu'il y a des infiltrations.

Et puis après, si on doit aller plus loin, il faut le faire d'abord en coordination, alors avec toute l'Europe, c'est impossible, mais au moins avec les Allemands, les Italiens, nos voisins. Moi, je suis favorable, mais là, c'est vraiment une position personnelle, aux quotas d'immigration parce que c'est la meilleure façon. Oui, plus largement.

17:02
Présentateur

Là, on ne peut pas faire de, si vous dites, il faut accueillir tout le monde, tous les Afghans, par définition, c'est plus des quotas. Soit c'est tout le monde, soit on en choisit. Non, non, non, je ne crois pas.

17:10
Invité politique

Je crois qu'on doit être capable de dire, et pour les futures crises migratoires, parce que, soyons pas naïfs, des crises migratoires, il y en aura d'autres. Et c'est un sujet de fond des prochaines décennies. Je pense qu'il faut être capable de se dire, voilà, on va essayer de, chaque année, comme font les Américains, assez bien, c'est quand même un système qui marche aux Etats-Unis, de donner un chiffre et d'essayer de faire des quotas. Alors, le mot quota a toujours une connaissance négative, mais en fait, c'est positif. On ne peut pas accueillir, vous savez, cette fameuse phrase de Jospin, je crois que c'est lui. Michel Rocard. Michel Rocard, pardon.

La France ne doit pas accueillir toute la misère du monde, mais elle doit prendre sa part. Mais on peut prendre notre part, exactement. C'est ce que j'allais dire, voilà, je me souvenais de la citation. Et donc, et si je relis ça avec l'économie et ce que je disais sur le recrutement, on a une population qui vieillit. La meilleure façon d'intégrer des gens qui viennent d'autres continents, d'autres civilisations, c'est le travail. Vous savez que, je fais une petite parenthèse, je ne sais pas s'il nous reste une minute, mais l'hystérie médiatique, politique qu'on voit sur ces sujets-là, elle reste à la porte de l'entreprise.

Vous n'avez pas, ou à quelques exceptions près, de tensions raciales, religieuses, dans l'entreprise. Moi, ce n'est pas du tout un sujet qui me remonte quand je vois mes adhérents. Pas du tout, du tout. L'entreprise, c'est une machine à intégrer. Donc, si on le fait intelligemment, si on sort de l'hystérie, je pense qu'on peut y arriver.

18:30
Présentateur

Merci à vous, Geoffroy Roux de Bézieux, président du MEDEF. Vous nous laissez maintenant, je crois que vous allez rejoindre justement l'université de rentrée du MEDEF, qui se tient en ce moment. La REF, ça s'appelle. La REF aux portes de Paris. N'oubliez pas votre porte sanitaire, des fois qu'on ne vous reconnaisse pas à l'entrée et qu'on ne vous laisse pas rentrer. Merci, très bonne journée à vous. Merci à vous. Merci.

Extension du pass sanitaire pour certains salariés, hausses de salaires, difficultés de recrutement... Le "8h30 franceinfo" de Geoffroy Roux de Bézieux · Pourquijevote