La chronique d'Anthony Morel : L'indépendance technologique, est-ce crédible ? - 15/06
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:12OuverteRéponse directe
Est-ce que c'est crédible ?
- 1:49OuverteRéponse directe
Emmanuel Macron parle de relocalisation, mais est-ce réaliste ?
- 2:47OuverteRéponse directe
Donc, il faut qu'on s'aligne, quoi.
- 2:56OuverteRéponse directe
Nous avons des talents, mais comment les garder ?
- 3:31OuverteRéponse directe
Y a-t-il aussi un problème de législation en France ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« on est devenu une colonie numérique de la Chine ou des Etats-Unis »
- 0:43InvitéFait
« Pendant le confinement, la France s'est mise massivement au télétravail. Pour ça, on a utilisé Skype, on a utilisé Zoom »
- 0:48InvitéFait
« Skype, c'est américain. »
- 0:49InvitéFait
« Zoom, c'est chinois. »
- 1:09InvitéFait
« La France, le gouvernement français a décidé de fournir l'hébergement des données de santé des Français. Toutes nos données de santé vont être hébergées sur des serveurs de Microsoft. »
- 1:20InvitéFait
« On a aujourd'hui, on a des entreprises françaises, on a OVH qui est un hébergeur français par exemple. »
- 2:03InvitéFait
« On n'en est plus capable. De toute façon, on n'a pas le savoir-faire pour faire ce genre de choses. »
- 2:13InvitéFait
« il faut se focaliser sur les prochaines batailles, sur les prochaines grandes ruptures technologiques où là, pour le coup, la France, elle a une carte à jouer sur la robotique »
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« L'intelligence artificielle, évidemment, parce que c'est de là de quoi vont dépendre nos futurs emplois, notre future croissance. »
- 2:32InvitéChiffre
« La Chine, ils ont annoncé qu'ils avaient un plan d'investissement de 1000 milliards de dollars. »
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« le salaire moyen d'un chercheur ou d'un ingénieur en intelligence artificielle débutant dans la Silicon Valley. C'est entre 300 et 500 000 euros par an qu'on sort de l'université. »
Temps de parole
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Vous écoutez RMC. RMC, c'est déjà demain. Déjà demain, avec Anthony Morel. Hier, Emmanuel Macron nous a parlé de demain. Il veut investir dans notre indépendance technologique, numérique, industrielle et récolte. Bon, la formule est jolie, mais moi j'aime toujours savoir ce qui se cache derrière la formule. Est-ce que c'est crédible ? La crise sanitaire, Anthony, nous a montré à quel point nous sommes devenus dépendants de la Chine et des Etats-Unis d'un point de vue technologique.
Oui, même n'ayons pas peur des mots, on est devenu une colonie numérique de la Chine ou des Etats-Unis. On peut le dire comme ça. Et il y a des exemples concrets. Pendant le confinement, la France s'est mise massivement au télétravail. Pour ça, on a utilisé Skype, on a utilisé Zoom, on n'a utilisé que des outils. Skype, c'est américain. Skype, c'est américain. Zoom, c'est chinois. Non, c'est américain aussi. C'est américain aussi. Avec tous les problèmes d'ailleurs de protection des données, tout ça est un peu douteux, etc. On n'a pas aujourd'hui la capacité en France d'avoir un outil de visioconférence. Ou en Europe. Ou en Europe, exactement.
Il faut des ambitions européennes, made in France ou made in Europe, qui nous permettent de travailler massivement, de nous mettre massivement au télétravail. La France, le gouvernement français a décidé de fournir l'hébergement des données de santé des Français. Toutes nos données de santé vont être hébergées sur des serveurs de Microsoft. On n'a pas la possibilité. On a aujourd'hui, on a des entreprises françaises, on a OVH qui est un hébergeur français par exemple. Mais non, on va vers Microsoft. Donc, on se rend compte aujourd'hui qu'on a quand même une dépendance totale vis-à-vis de ces outils. Alors, ça peut sembler très lointain, dit comme ça.
Mais en fait, c'est aussi important que le fait de dire, il faut produire nos voitures en France, produire nos médicaments sur le territoire français. C'est aussi un enjeu très très important. L'enjeu, c'est de faire en sorte qu'on ne soit pas simplement les spectateurs dans les gradins de la Coupe du Monde qui est en train de se passer, de se jouer entre la Chine et les États-Unis.
Oui, c'est vrai qu'Emmanuel Macron, mais il n'est pas le seul, parle beaucoup de relocalisation. Ce qui est clair, c'est qu'on ne va pas faire revenir en France la fabrication des smartphones ou des ordinateurs portables.
Ça, c'est clair. On n'en est plus capable. De toute façon, on n'a pas le savoir-faire pour faire ce genre de choses. Donc ça, c'est mort. Cette bataille-là, elle est perdue d'avance. Non, il faut se focaliser sur les prochaines batailles, sur les prochaines grandes ruptures technologiques où là, pour le coup, la France, elle a une carte à jouer sur la robotique, par exemple. Oui, on est très fort. On est très fort en robotique. La santé connectée, l'informatique quantique, ça, c'est des choses un petit peu plus lointaines. L'intelligence artificielle, évidemment, parce que c'est de là de quoi vont dépendre nos futurs emplois, notre future croissance.
Et là, on a une vraie carte à jouer, mais il faut mettre les moyens derrière. Il faut savoir que la Chine, ils ont annoncé qu'ils avaient un plan d'investissement de 1000 milliards de dollars. On n'a même pas l'idée de ce que ça représente, tellement c'est vertigineux, ces sommes dans le domaine de l'intelligence artificielle, de la 5G ou du stockage dans le cloud. Nous, en France, à côté, on est quand même un petit peu petits joueurs.
Donc, il faut qu'on s'aligne, quoi. Oui, mais nous avons des talents. Nous avons des chercheurs brillants, des ingénieurs, des mathématiciens reconnus dans le monde entier. Encore faut-il les garder ?
Oui, alors je vous donne, pour avoir un ordre d'idée, le salaire moyen d'un chercheur ou d'un ingénieur en intelligence artificielle débutant dans la Silicon Valley. C'est entre 300 et 500 000 euros par an qu'on sort de l'université. C'est pas mal, quand même. Oui, c'est pas mal. Donc, quelle entreprise en France, aujourd'hui, peut se permettre de sortir des salaires comme ça pour garder ces talents-là en France ? C'est très, très compliqué. On a des entreprises qui sont très talentueuses. On a ce qu'on appelle les licornes, on a des doctolibs, des blablacars, etc.
Mais il faut faire en sorte que tous ces talents-là, ils ne soient pas tentés d'aller bosser chez Google, chez Amazon ou chez Microsoft. Et c'est très compliqué, effectivement.
Je disais ce que nous écrit Romain, il n'a pas tort aussi. Il y a aussi le problème de la législation en France. Il y a un véritable frein pour tous les inventeurs, pour tous les informataires.
Ça, c'est vrai. C'est aussi ce qui les tente de partir aux États-Unis ou en Chine, où il y a beaucoup moins de barrières. C'est une réalité aussi. Beaucoup moins de barrières. Il est 6h58. Merci, Anthony. C'est passionnant.