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interviewfranceinfo — L'invité éco· 2 novembre 2022 8 min

Visite du chancelier allemand en Chine : "Il n’y a pas d’accroc entre Paris et Berlin" assure le ministre délégué chargé du Commerce extérieur

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Présentateur

France Info.

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Olivier Becht

Bonsoir à tous. La France industrielle et commerciale reste-t-elle attractive dans le contexte de tensions internationales actuelles et puis le commerce est-il justement une arme géostratégique ? Bonsoir Olivier Bestein. Bonsoir. Vous êtes ministre du commerce extérieur, de l'attractivité et des français de l'étranger. Vous êtes attaché en fait au ministère de l'Europe et des affaires étrangères. Alors vous revenez d'un déplacement en Afrique, en Côte d'Ivoire précisément, où vous avez lancé la Communauté Afrique-France des entrepreneurs. On va en dire quelques mots.

Quels sont, monsieur le ministre, aujourd'hui les atouts de la France pour s'imposer dans le monde, on va dire, entre des Etats-Unis qui sont omniprésents et une Chine prédatrice en Afrique comme ailleurs d'ailleurs ?

0:45
Présentateur

D'abord, la France est devenue depuis trois ans le premier pays en termes d'attractivité en Europe. Nous sommes la première terre d'investissement étranger en Europe. C'est le fruit, en réalité, des efforts que nous avons faits depuis cinq ans avec les gouvernements du président de la République pour à la fois simplifier le droit du travail, pour réduire la fiscalité sur les entreprises et pour simplifier les démarches administratives. Et donc, ça veut dire que les projets, aujourd'hui, étrangers se dirigent vers la France. Ce sont des projets qui sont importants pour la réindustrialisation de la France et qui créent, aujourd'hui, des milliers d'emplois sur notre territoire.

C'est évidemment une bonne nouvelle.

1:29
Olivier Becht

Le fait est quand même, monsieur le ministre, que la compétitivité de la France n'est pas au meilleur de sa forme. Depuis le début de la pandémie, on a vu notamment qu'on a perdu beaucoup de parts de marché dans les exportations de biens de la zone euro. Est-ce qu'on a réellement les moyens, aujourd'hui, de redresser la barre ?

1:45
Présentateur

Oui, bien sûr. En matière d'exportation, si vous voulez, il faut regarder à la fois sur notre balance commerciale la conjoncture qui est évidemment dégradée par ce qu'on appelle la balance énergétique. c'est-à-dire que les prix de l'énergie ont été multipliés quasiment par 5 depuis 2020. Et derrière, en plus, il y a une dépréciation de l'euro par rapport au dollar. Donc forcément, nous payons notre énergie, le gaz, le pétrole, notamment, beaucoup plus cher. Et donc, ça dégrade ce qu'on appelle la balance commerciale. Mais nos exportations se portent plutôt bien. Voilà,

2:19
Olivier Becht

nous n'avons pas perdu... Le déficit commercial de la France est quand même de 156 milliards d'euros aujourd'hui. C'est historique. En 2021, on était à 85 milliards.

2:29
Présentateur

Comment on peut redresser autant ? Quand on regardera les chiffres, on se rendra compte que, hors déficit de l'énergie, notre déficit commercial ne se sera pas aggravé. On sera aux alentours de 36 milliards hors énergie. Et ça, c'est une bonne nouvelle. Et ça veut dire aussi que derrière, nous devons 36 milliards. Ce n'est pas, si vous voulez, on peut évidemment faire beaucoup mieux et on va faire mieux. Il y a deux choses que nous devons faire aujourd'hui pour améliorer ce déficit commercial. La première, c'est évidemment la réindustrialisation du pays. Ça, forcément, ça prend du temps. Pas forcément des relocalisations. Vous parlez plus de réindustrialisation.

3:10
Olivier Becht

C'est pas la même chose.

3:12
Présentateur

Réindustrialisation, la relocalisation, c'est aussi de la réindustrialisation. Mais ce que je veux dire, c'est que je prends un exemple. ST Microelectronis Global Fundries, nous réindustrialisons. Nous allons produire en France les fameuses micropuces, les processeurs. C'est 5,6 milliards d'euros d'investissement. C'est 1 000 emplois créés. Ça, ça participe forcément au mouvement à la fois de réindustrialisation et de relocalisation. Et puis, la deuxième chose, c'est important, ce sont les PME. C'est pousser les petites et moyennes entreprises à l'exportation. On n'a que 20% de PME françaises qui exportent. C'est 80% en Allemagne. C'est là où je souhaite porter l'effort aujourd'hui.

Alors justement, vous parlez de l'Allemagne.

3:54
Olivier Becht

Là, c'est la France. Olaf Scholz, le chancelier allemand, s'en va par vendredi en Chine, seul, alors que le président Emmanuel Macron lui avait proposé de faire tronc commun au nom de l'Europe et du couple franco-allemand. Le chancelier allemand a dit à Emmanuel Macron non, vous restez à Paris, je pars tout seul voir le président chinois. Est-ce que c'est logique ? Est-ce que c'est une faute

4:14
Présentateur

diplomatique du chancelier allemand ? Je ne pense pas que ce soit une faute diplomatique du chancelier allemand. Si vous voulez, chaque État a ses visites protocolaires dans les différents pays. Le président Macron ira aux Etats-Unis début décembre. Je ne crois pas qu'il y aille avec le chancelier Scholz. Ce n'est pas une erreur économique pour le couple franco-allemand ?

Et je pense très sincèrement qu'au niveau de l'Allemagne, l'Allemagne a aujourd'hui une dépendance, l'industrie allemande a une dépendance par rapport à la Chine que la France n'a pas ou en tout cas de manière beaucoup plus allégée et donc il n'est pas illogique que le chancelier aille en Chine et qu'il y aille seul si c'est pour parler de la dépendance justement de la vulnérabilité de l'économie allemande par rapport à la Chine. Et je pense très sincèrement que le couple franco-allemand reste solide même si bien sûr nous devons réaffermir un certain nombre de coopérations et avancer ensemble pour relever les défis qui sont aujourd'hui les nôtres en Europe et dans le monde.

5:14
Olivier Becht

Donc il n'y a pas d'accro

5:14
Présentateur

entre Paris et Berlin sur cette visite de l'Apshaus en Chine ? Il n'y a pas d'accro et le couple franco-allemand travaille en confiance et doit forcément se renouveler dans une période qui est compliquée où il y a beaucoup de choses qui changent en même temps notamment en matière de défense en matière d'énergie en Europe et donc forcément nous devons retrouver de nouveaux fondamentaux.

5:39
Olivier Becht

Alors au sujet de la relance du commerce extérieur vous parlez de réindustrialisation les ministres du travail et de l'intérieur Olivier Dussopt et Gérald Darmanin l'ont annoncé ce matin le gouvernement veut créer un titre de séjour métier en tension pour favoriser justement le recrutement des travailleurs étrangers en situation irrégulière dans les secteurs qui peinent à recruter est-ce que c'est une mesure positive à vos yeux ? Est-ce que ça va inciter des entrepreneurs étrangers

6:03
Présentateur

à venir investir en France ? Si vous voulez je pense que la mesure elle est surtout faite pour répondre aux entrepreneurs français j'étais il y a quelques semaines en Bretagne je rencontrais des chefs d'entreprise qui me disaient nous sommes en tension nous avons 4,5 6% de chômage dans les côtes d'armor nous avons besoin de main d'oeuvre et donc oui le fait à un moment ou un autre d'avoir des titres de séjour pour régulariser des personnes qui travaillent déjà qui sont dans les entreprises mais plutôt au noir

6:35
Olivier Becht

disons que ça leur permettrait

6:36
Présentateur

de régulariser leur situation ça permet de régulariser et surtout de maintenir la main d'oeuvre dont nous avons besoin et ce n'est pas exclusif contrairement à ce que nous pouvons entendre chez certains responsables politiques des efforts que nous devons faire pour réduire encore davantage notre taux de chômage ce sont les réformes que nous souhaitons faire sur l'assurance chômage ou encore sur le RSA pour faire que les personnes qui soient en capacité de travailler et bien soient formées pour pouvoir être sur le marché du travail et répondre aux besoins des entreprises

7:04
Olivier Becht

ça peut vraiment créer un appel d'air en termes de main d'oeuvre cette simplification

7:09
Présentateur

je ne pense pas que ça crée un appel d'air parce que si vous voulez les personnes sont déjà sur le sol national et encore une fois nous avons besoin en Europe de main d'oeuvre nous avons aujourd'hui une économie en France qui se porte plutôt mieux que nos partenaires et nos voisins nous avons 1%

7:30
Olivier Becht

grâce notamment aux milliards et dizaines de milliards qui sont dépensés par le gouvernement par l'Etat

7:34
Présentateur

pour soutenir l'activité oui mais regardez l'Allemagne dépense par exemple 200 milliards sur l'énergie et pourtant nous avons pour la seule Allemagne pour la seule Allemagne et pourtant nous avons en France un taux de croissance qui reste supérieur nous avons un taux d'inflation qui reste inférieur quasiment de moitié à celui de l'Allemagne donc ça veut dire que nous nous portons bien espérons que ça va durer voilà nous nous portons pour l'instant plutôt mieux que certains de nos partenaires et c'est une bonne nouvelle aussi

8:02
Olivier Becht

merci Olivier Becht donc je rappelle ministre du commerce extérieur en charge du commerce extérieur des affaires européennes précisément puisque vous êtes rattaché au Quai d'Orsay Olivier Becht qui était l'invité de l'écho sur France Info