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Chroniqueyoutube.com· 12 juin 2019 2 minActualité / polémiqueRetraitesInstitutions & électionsTravail & emploiBudget & impôts

ÉDITO - Le discours de politique générale d'Édouard Philippe jugé décevant

Source d'origine 2 locuteurs

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Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 70 %

Temps de parole

  • Invité93 %
  • Présentateur4 %
  • Invité 23 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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Invité

Je fais une petite sélection, moi je retiens trois choses. D'abord, assurance, retraite, assurance chômage et retraite, là, on a un mélange à la fois de réformes de fonds, on va changer le système, la manière dont on calcule tout ça depuis des décennies, et en même temps, et en même temps, on tape au portefeuille tout de suite, avec la baisse plus rapide des indemnisations, une dégressivité plus dure, comme on dit, et puis sur les retraites, ce fameux âge d'équilibre, les 64 ans, si vous partez avant, vous avez le droit, mais boum, on vous tape au portefeuille. Vous voyez, il y a un réalisme très comptable, enveloppé dans un souci de réforme.

Je retiens aussi quand même la PMA pour toutes, dès septembre en débat au Parlement, c'est un signe de gauche qui est envoyé, c'est un courage politique d'Edouard Philippe, c'est un marqueur quand même du discours d'hier, et puis, dans l'autre sens, le report des réformes institutionnelles, ça devait être plié à l'été 2018, on verra peut-être quelque chose à l'automne 2020, enfin en tout cas, un référendum, un grand congrès pour changer la Constitution, moi je n'y crois plus, ça ne se fera pas, peut-être qu'on aura une loi ordinaire, une loi organique, enfin ça va être des mesurettes.

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Présentateur

On avait beaucoup parlé de l'enjeu personnel autour de ce discours de politique générale, est-ce que la prestation d'Edouard Philippe vous a convaincu ?

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Invité

Non, j'ai été déçu, j'ai été déçu, je trouve qu'il n'a pas su prendre l'occasion au vol, la saisir pour devenir plus que ce qu'il n'est, il avait quand même un bon moment politique à jouer, et non, il a joué le chef de l'administration, le premier des fonctionnaires, il n'a pas pris de dimension politique, et c'est dommage, parce qu'il en a le talent, et il y avait quand même une opportunité. C'est peut-être ça la Ve République, mais de ce côté-là il m'a déçu. Et puis quand on regarde son discours, et bien on peut regarder les discours anciens, par exemple dire une forme de combat politique a vécu, droite-gauche, c'est fini. Michel Rocard, 29 juin 88, les mêmes textes, 29 mai 88.

Ou alors l'impôt sur le revenu, ma priorité, changer l'impôt sur le revenu, et bien c'était Alain Juppé en 95. Je prends deux ministres, le premier ministre qui l'a cité comme des mentors. Oui, il m'a déçu de ce côté-là, Edouard Philippe, ça manquait un peu d'innovation, d'audace, de projection, de dimension. La confiance a été quand même votée, évidemment. Il y a deux ans, beaucoup de députés de l'opposition s'étaient abstenus. Ce n'est plus le cas. Ah, ce n'est plus le cas. Regardez, 370 pour il y a deux ans, 363 hier. Bon, il n'y a pas de dégâts. Mais pour les contres, ils étaient 67 il y a deux ans, ils sont 163 hier. L'abstention s'est effondrée.

Il n'y a plus de bénéfice du doute pour ce pouvoir. Donc le seul moyen pour Edouard Philippe de triompher, ça sera les résultats. Or, et c'est ce qui m'a déçu aussi hier, il n'a pas dit comment il financerait toutes les mesures qu'il a annoncées. On attend des résultats avec une économie qui décolle, mais des comptes publics qui sont plus solides.