L'édito de Mathieu Bock-Côté : «Emmanuel Macron : le grand "recasage" de ses fidèles?»
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Alors la réponse toute simple, c'est oui. Bien que ça ne se réduise pas à cela. Alors la première réponse, c'est que Emmanuel Macron est toujours président.
Il est toujours président en droit. Il est en droit de faire des nominations. Il n'a pas vocation à devenir un président fantoche ou un président potiche.
Donc il ne s'agit pas de lui dire sois impuissant parce que demain tu seras chassé du lit. Bon donc personne ne lui dit ça. Il n'en demeure pas moins que Emmanuel Macron dans cette stratégie de nomination et ça dépasse Emmanuel Macron parce qu'on voit ça partout dans le monde occidental.
On voit partout les institutions se braquer avec la logique suivante. La connexion avec le peuple n'est plus établie. Le la autrement dit la légitimité populaire n'est plus là.
Les institutions tiennent par l'habitude, tiennent par la peur, tiennent par le conditionnement psychologique, tiennent par la menace de la force mais ne tiennent plus par elle-même. Dès lors, qu'est-ce qu'on doit faire ? C'est là le le fameux réflexe autoritaire dont on parle souvent ici, c'est il faut tout faire pour verrouiller les institutions pour résister à la vague populaire qui pourrait les balayer.
Et par ailleurs, il y a aussi cette idée que les le peuple en ce moment est un peu irrationnel. Donc c'est au nom de la démocratie qu'on verrouira les institutions contre un peuple devenu irrationnel. Il y a eu plusieurs nominations ces derniers temps.
Donc qui témoignent justement de cette stratégie de nominer des gens ici et là pour tenir le fort quand la vague viendra. Emmanuel Moulin, vous l'avez dit à la Banque de France. Claire Touri, alors je précise ça, c'est pas une nomination euh macroniste classique, elle s'est fait élire, mais c'est l'incarnation d'une certaine gauche militante qui dit "Je veux me camper au CE pour être capable de lutter contre l'extrême droite si jamais elle prend le pouvoir." Madame de Monchalin bien évidemment euh à la Cour des contes, Richard Ferrand, Marc Guillaume vice-président au Conseil d'État.
Donc on voit des nominations importantes mais ça va au-delà de ça. Moi, il y a plusieurs fois on m'a tu sais, c'est un écho m remonté ces derniers mois en fait. En fait, depuis 2024 des haut fonctionnaires qu'on peut rencontrer lorsqu'on fait des conférences ou lorsqu'il décident de nous écrire, on les rencontre nous disent souvent la chose suivante, on nous a dit si jamais le stream droit arrive au pouvoir, n'hésitez pas à faire jouer votre clause de conscience.
N'hésitez pas. Donc je ne sais quel directeur leur dit, ils ont la politesse de ne pas me dire d'où vient exactement l'info. Mais plusieurs fois, on m'a dit, on nous dit, vous êtes en droit de tenir tête, soit de chercher à contenir la lutte contre l'état de droit qui représenterait l'extrême droite au pouvoir, soit de faire jouer votre clause de conscience contre un pouvoir illégitime, soit tout simplement de vous mettre en retrait pour empêcher un gouvernement qui n'agirait pas selon le sens de l'état de droit d'appliquer ces mesures.
Je l'ai entendu assez souvent pour que ça dépasse l'anecdote. Je ne prétends pas bien évidemment faire un phénomène massif, mais j'ai plusieurs de plusieurs échos, joue plusieurs fois cet écho. Derrière cela, il y a toujours la même idée.
Si le RN ou le camp national plus largement l'emporte en 2027, ce sera l'équivalent à l'échelle de l'histoire, bien que de manière moins dramatique, on l'espère, ce sera l'équivalent de l'arrivée des des nazis au pouvoir en 33 ou des fascistes auparavant en Italie, c'est-à-dire un pouvoir illégitime. un pouvoir illégitime qui s'il appliquait ses politiques irait contre l'intérêt fondamental de la France, contre les valeurs universelles de la France. Dès lors, dès lors, pour sauver la démocratie, il faut se méfier d'un peuple qui vote mal, porter ou qui porte au pouvoir des partis dangereux dans c'est la même et et autrement dit, je le résumerai ainsi, méfiez-vous du peuple pour sauver la démocratie et dès lors assurez-vous que l'éto l'État soit capable de résister à la vague.
Euh, on nous dit, je l'ai entendu assez souvent, en fait, Emmanuel Macron voudrait à travers cela préparer surtout son retour en 2032. Je j'exagérerai pas là-dessus. Moi, je je pense que il peut penser au retour en 2032.
Et puis je pense que tout homme qui a eu le pouvoir un jour considère qu'il doit lui revenir pour toujours. Ça je le comprends très bien. Mais cela dit, je crois qu'on est surtout devant une logique institutionnel de peur panique devant un mouvement populaire qui nous échappe.
On se demande comment tenir 5 ans avec les méchants au pouvoir. Ah non, pas du tout. C'est voilà pourquoi si cette stratégie est possible, c'est parce que tout le dispositif institutionnel français mais occidental est préparé pour l'accueillir.
On pourit raconter l'histoire des du on pourrait dire des dernières 40 dernières années mais même plus que ça à la manière d'une histoire de dédémocratisation des sociétés occidentales. c'estd qu'on a tout fait peu à peu pour verrouiller les institutions, en chasser peu à peu la figure du peuple parce que la figure du peuple est vue comme une figure qui vient troubler le jeu démocratique, le progrès de la raison, le progrès de l'histoire, le progrès d'une société bien administrée. Donc moins le peuple sera présent et plus on aura une société bien gouvernée.
Ça c'est l'espèce de principe qui commande nos sociétés depuis plusieurs décennies. D'ailleurs, passant, dès que quelqu'un se fait élire normalement, quelle est la première sur un programme ? La première chose qu'il nous dit, c'est quoi ?
Ah, je pourrais pas appliquer tout mon programme. Les contraintes font en sorte que je ne peux pas. Mais il ne parle pas des contraintes économiques sont des contraintes objectives.
Il parle des contraintes institutionnelles. Ah, le conseil c ah le conseil ça, à l'Europe si à telle convention ne veut pas. Donc racontons l'histoire brièvement de cette dédémocratisation.
Le pouvoir des cours qui est un pouvoir aujourd'hui qui est fondé sur une prétention à la vertu, une prétention à la morale. Il y a une forme de vérité révélée chez les cours qui consiste à dire "Nous savons aujourd'hui ce qui est le bon, le vrai pour nos sociétés. Nous fixons les paramètres de la société puis ensuite gérer à l'intérieur de ces paramètres vous vulgaires petit politique.
Et ce qui s'est passé aujourd'hui avec les ZFE, c'est ça. Le peuple a beau voté par ses représentants pour en finir avec une mesure de discrimination antipopulaire au nom de l'écologie. En dernière instance, si je comprends bien ce qui s'est passé aujourd'hui, c'est le conseil constitutionnel dit on s'en fout, on a 1 million d'arguments qui sont utilisés pour retoquer mais le peuple n'est plus souverain.
De la même manière, les hautes autorités qui viennent fonder l'idée d'une expertise dans le gouvernement des sociétés humaines, donc la science, on nous dit c'est au nom de la science. Et de ce point de vue, l'écologisme et je précise, on a tous le souci de l'environnement, personne ne veut vivre dans une poubelle. Mais cela dit, l'écologisme prétend remplacer encore une fois la délibération démocratique par la science entre guillemets.
Mais la science dans les fait, qu'est-ce que c'est ? C'est le pouvoir de quelques-uns éclairés contre ceux qui ne seraient pas scientifiques. Le problème, c'est que le gouvernement par la science entre guillemets, c'était aussi ce qu'on a connu en Union soviétique sur au nom au temps de l'URSS, au nom du marxisme et c'est ce qu'on connaît aussi dans nos sociétés.
Le gouvernement au nom de la science a engendré plusieurs dérapages massifs dans nos sociétés. De la même manière l'administration, on veut tout tout bureaucratiser pour remplacer les comportements relevant du sens commun, le communel. On a besoin quelque part d'un fonctionnaire pour nous dire "N'oublie pas de manger tes légumes." Il y a quand même quelque chose d'un peu étonnant là-dedans.
La censure, il y a des autorités fixées qui décident aujourd'hui ce qu'on peut dire ou ne pas dire. Et dès lors qu'on sort un peu de l'orthodoxie, on bascule dans l'hétérodoxie, dans la déviance idéologique, la sanction sera nécessaire. On a aussi remplacé le peuple par les fameuses conventions citoyennes.
Ça c'était une forme de d'innovation à la mode chez les macronistes. Donc le peuple lui-même s'est vu comme une masse bête et idiote. Mais les conventions citoyennes où on mobilise la société dit civile et tous les technocrates, les experts, les lobby qui prétendent se substituer au peuple pour constituer un peuple éclairé, ça on aime parce que c'est un peuple qui répète ce qu'on attend de lui.
Donc si vous avez tout cela à l'espoir, vous pourrez ajouter soit dit en passant le pouvoir européen bien évidemment et aussi la modification du corps électoral par l'immigration. Donc tout ça pour dire que nous ne vivons plus en démocratie depuis longtemps. Il y a des restes démocratiques, il y a des résidus démocratiques, il y a des ruines démocratiques, des ruines, ça peut être beau.
Mais en dernière instance, elles ne sont plus habitées spirituellement et politiquement. Le peuple a été chassé depuis longtemps de nos sociétés. Voilà, il n'est pas surprenant qu'on cherche à le chasser aujourd'hui encore plus.
Vous semblez d'éclairer une société mathieu, irréformable et cadnassée. C'est bien le cas. Oui, en gros.
Oui, soyons honnête. C'est-à-dire que traduisons ça autrement. irréformable.
Rien n'est irréformable à Rome est tombé, tout tombera. Tenons pourqui qu'aucune organisation humaine est éternelle. Mais disons que c'est une forme d'optimisme assez light, convenons-en.
Donc si on veut euh penser une sortie de ce système antidémocratique, et bien faut dire une chose. Ce qu'on appelle le camp national, la droite nationale, le camp populiste, peu importe les étiquettes, doit comprendre qu'il ne peut pas jouer dans un système qui est fait pour l'anéantir. Dès lors que vous acceptez que vous fonctionnez dans un système qui est fondé sur le bannissement juridique et politique du peuple, sur la censure, sur la mise en procès permanent du commun et mortel, vous perdez.
Faut poser la question du régime. La la question du régime, ça consiste évidemment pas à vouloir s'en prendre à la République comme on dit. Ça consiste à vouloir réactiver le principe de la souveraineté populaire.
Donc ça c'est le fameux usage du référendum dont on parle beaucoup. Le référendum pourquoi ? Parce qu'il fait ressurgir le peuple.
Et alors, expliquez-lui qu'il n'a pas le droit de se manifester. C'est aussi, je crois, et je terminerai là-dessus, c'est la volonté de déconstruire les institutions de la classe bureaucratique. Si vous ne comprenez pas que la cl la classe bureaucratique a un pouvoir immense et vous ne faites pas tomber ces hautes administrationsci, ces conseils de si ce conseil régional, en fait tout l'espèce d'appareillage bureaucratique qui écrase la vitalité populaire, confisque l'argent des Français, étouffe leur volonté populaire et même leur identité, et bien vous aurez beau placer qui vous voulez au pouvoir, ce sera un impuissant comme les autres, il ne manque pas.
Emmanuel Macron