Retraites : Lecornu redonne la main aux syndicats ?
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Chapitres
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Questions et réponses
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- 0:24OuverteRéponse partielle
Est-ce qu'elle est en train de se transformer en équation impossible ?
- 2:03OuverteRéponse partielle
Est-ce que les socialistes sont moins enclins qu'avec François Bayrou à accorder des gages au Premier ministre ?
- 2:33OuverteRéponse directe
Demain, rendez-vous avec les socialistes. Sébastien Lecornu ne dévoilera pas les cartes de son gouvernement avant la fin des consultations ?
- 3:29RelanceRéponse partielle
Est-ce que les socialistes, sachant qu'il n'y a pas de suspension de la réforme des retraites et qu'il n'y a pas de taxe Zuckman à proprement parler, vont quand même toper pour une non-censure ?
- 4:49OuverteRéponse partielle
Est-ce que demain, Sébastien Lecornu est obligé d'accorder une victoire au Parti Socialiste ?
- 9:24OuverteRéponse partielle
Est-ce que là-dessus, il va devoir, d'une manière ou d'une autre, mettre en œuvre plus de justice fiscale et sociale ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:49InvitéFait
« Il y a un petit côté, voilà, je crée mon propre boulet. »
- 3:13PrésentateurChiffre
« Ça pourrait équivaloir à une petite dizaine de milliards. »
- 5:52InvitéFait
« Il faut être sourd pour ne pas entendre la demande de justice sociale, de justice fiscale. »
- 10:16PrésentateurFait
« Ce serait plus sur 25 meilleures années, mais sur 22, 23 meilleures années. »
- 13:44InvitéFait
« C'était qu'au lieu de prendre 25 ans des 25 meilleures années, c'était de prendre 24 ans pour les femmes ayant un enfant et 23 ans pour les femmes ayant deux enfants. »
- 13:54InvitéChiffre
« Entre 13 et 30 euros pour 1 000 euros. »
- 15:50InvitéFait
« Non, il n'y aura pas de suspension de la réforme des retraites. »
- 20:39Locuteur non identifiéFait
« Nous sommes le premier groupe, il est normal qu'on occupe les fonctions qui nous reviennent pour faire fonctionner l'institution. »
Temps de parole
- Présentateur42 %
- Invité32 %
- Présentateur 217 %
- Locuteur non identifié3 %
- Invité 23 %
- Invité 33 %
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Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. Avec nous, Elisabeth Martichoux. Bonjour Elisabeth. Merci d'être là. Et Mickaël Darmon. Bonjour. Bonjour Mickaël, merci également d'être avec nous. Alors, on parle depuis trois semaines maintenant de la difficile équation de Sébastien Lecornu. Est-ce qu'elle est en train de se transformer en équation impossible ?
Si elle est impossible, on verra après dans quelle mesure ce gouvernement sera censuré ou pas. Donc, on l'établira. Mais il est vrai qu'elle reste extrêmement difficile. D'autant plus difficile qu'il a lui-même posé les conditions de cette difficulté. Il y a un petit côté, voilà, je crée mon propre boulet. Parce qu'annoncer sur le perron de Matignon qu'il faudra une rupture, non pas sur la forme, mais sur le fond, c'est vraiment se poser le défi et faire en sorte que tout le monde regarde et mesure sa performance à l'aune de cela. On entend le RN qui le dit du matin au soir, encore ce matin, s'il n'y a pas de rupture, il y aura censure.
Et de ce point de vue-là, si on retrouve les mêmes au gouvernement, notamment, et on a compris que le gouvernement va se faire dans le périmètre du socle commun, dit-on, avec, bien sûr, aussi LR, de ce point de vue-là, il faudra bien chercher où est la rupture. On a compris, alors que le président de la République avait dit, avait un moment où François Bayrou a quitté Matignon, il avait convoqué les responsables du socle commun, en leur disant, travailler avec le Parti Socialiste, trouver des voies avec le Parti Socialiste, qu'est-ce que fait Sébastien Lecornu dès qu'il se met à parler ? Il ferme la porte au Parti Socialiste.
Donc, de ce point de vue-là, oui, bien sûr, on reste encore, pour l'instant, dans l'épure d'une équation très compliquée à gérer.
Mais lié au fait que les socialistes sont moins enclin qu'avec François Bayrou à accorder des gages au Premier ministre, ou lié au fait que Sébastien Lecornu a la mauvaise stratégie avec eux ? Alors, tic-tac, tic-tac, quand même, là, ça va se dénouer. C'est vrai que ça fait plus de trois semaines qu'on n'a pas de gouvernement. Je crois que c'est un record sous la Ve République. Matignon estime que ça n'a aucune importance. Aujourd'hui, ceux qui sont dans la rue, ce n'est pas pour réclamer un gouvernement. C'est pour réclamer du pouvoir d'Achard.
On n'est pas dans l'impatience, nous-mêmes, d'ailleurs.
Nous, on s'habitue. On s'habitue à la vacance. On s'adapte. Non, plus sérieusement. Donc, demain, rendez-vous avec les socialistes. Il est établi que Sébastien Lecornu ne dévoilera pas les cartes de son gouvernement avant la fin des consultations. Il s'était engagé, c'est sa méthode, c'est une forme de rupture dans son esprit, j'imagine. Alors, on a eu un projet, quand même, hier, qu'a fuité. Un projet de budget qui laisse entendre qu'il va y avoir un certain nombre d'impôts, taxes, qui pourraient équivaloir.
Alors, on n'a pas le détail, mais entre eux, ce qu'ils comptent faire sur les holdings, la contribution exceptionnelle qui serait, effectivement, reproduite cette année, alors qu'elle ne devait pas l'être, peut-être quelque chose sur la flat tax, etc. Ça pourrait équivaloir à une petite dizaine de milliards. Mais, encore une fois, c'est un peu large comme enveloppe. Est-ce que les socialistes qui voulaient une taxe Zuckman dont ils pensaient qu'elle produirait 15 milliards, est-ce que les socialistes, sachant qu'il n'y a pas de suspension de la réforme des retraites et qu'il n'y a pas de taxe Zuckman à proprement parler, est-ce qu'ils vont quand même toper pour une non-censure ?
Pour l'instant, dans le discours, c'est non. On va voir, à mesure qu'on se rapproche de l'échéance. Sébastien Lecornu, je disais tic-tac, il ne sait pas s'il va être encore dans une semaine Premier ministre. C'est ça, notre réalité, en fait, politique. Donc, demain, il y a cette rencontre avec la gauche. Peut-être que Sébastien Lecornu pourra, à ce moment-là, mettre sur la table une feuille de route qui lui permettra d'annoncer sereinement un gouvernement et ensuite de préparer son discours de politique générale. Honnêtement, on n'a jamais été plus proche du dénouement qu'aujourd'hui. C'est compliqué. Moi, je ne crois pas trop à un accord avec le Rassemblement national.
– Qui va recevoir demain également.
– Oui, voilà. Certains disent qu'il y a des discussions pour des évolutions judiciaires. Je pense que facialement, il n'y aura pas de négociation, de toute façon, et que Marine Le Pen, elle est dans une démarche quand même très volontariste vers la dissolution. Dissolution, dissolution, dissolution. – Et on va évidemment parler de tout ça, Elisabeth, juste sur le Parti Socialiste, puisqu'Elisabeth en parlait. Est-ce que demain, Sébastien Lecornu est obligé d'accorder une victoire au Parti Socialiste ?
– Non, pas du tout. Je pense qu'il va les recevoir pour leur expliquer effectivement ce qui a été, ce qui a fuité, ce qui a été déposé aussi au Comité des Finances Publiques.
– Donc politiquement, il n'est pas obligé de leur accorder une mesure ?
– Il va très certainement leur expliquer qu'effectivement, les hausses d'impôts qui vont figurer au budget vont répondre à une partie de leurs revendications, tout comme il va certainement confirmer, comme il l'a fait en écrivant en syndicat, aux partenaires sociaux, qu'une partie des dispositifs qui avaient été topés lors du fameux conclave sur l'assurance chômage ou sur les retraites va être intégrée dans le budget, notamment considérant, consistant les dispositifs pour les femmes seules qui travaillent.
Donc de ce point de vue-là, il envoie des messages en disant je vous ai entendu, je vous ai compris, nous qu'il a dit, il faut être sourd pour ne pas entendre la demande de justice sociale, de justice fiscale, donc il va tenter de le montrer, mais il est contraint, il est contraint parce que c'est avec, il est dans le périmètre du socle commun, parce que c'est avec IALR qui est là également et qui veut participer au gouvernement, il leur a donné aussi une lettre d'engagement, on parle des socialistes, mais il a aussi transmis une lettre aussi d'engagement au LR, et c'est en cela que son équation est compliquée.
Et on verra dans quelle mesure, oui effectivement, on est encore dans le suspense, on ne sait pas s'il va rester encore en poste, d'ailleurs lui-même effectivement, on ne sait pas. On verra s'il y a un discours de politique générale en bonne et due forme, parce que là aussi il y a un mystère, il peut ne pas y avoir de discours de politique générale, il peut faire un petit discours.
– Il l'a dit, il a dit qu'il y aura un discours de politique générale.
– Oui mais on ne sait pas qu'elle sera, est-ce qu'il demande la confiance ou pas, quand il a dit c'est le Parlement qui décidera du budget, c'est-à-dire qu'en fait quelque part il en dit, voilà au cours des amendements vous pourrez arriver peut-être à vos fins. Donc c'est assez paradoxal, et il faut se méfier de la réalité de ce que ça signifie. Il a commencé ses consultations en disant, et en se définissant comme étant le ministre le plus faible de la Ve République, il faut se méfier du corps nu quand il baisse la tête.
– Mais c'est vrai que quand même il va falloir, s'il veut l'indulgence du Parti Socialiste, il faudra qu'il donne quelque chose au Parti Socialiste. – Oui, il va tenter de l'expliquer. – Le Parti Socialiste il s'est un peu emballé. – Aussi. – Il y a eu une ivresse, une trope d'ivresse qui les a saisis, de la dissolution, de toute façon si c'est la dissolution, tant pis, on sera très bon, on aura plein des luttes, etc. Ils sont un peu atterris depuis, parce qu'ils ont vu, il n'est pas mauvais pour ça Sébastien Lecornu, il est resté ferme sur les prix, et dans le fond ils se sont dit, ce jeu-là, ce rapport de force-là, il faut qu'on fasse quand même attention.
Donc il a va leur faire des propositions, peut-être qu'ils seront un tout petit peu plus enclins à discuter. – Puis ils ont regardé les cartes électorales. – Ils ont regardé les cartes électorales.
– Ils ont regardé sa conscription.
– Voilà, c'est un petit peu évolué le rapport de force par rapport au discours très très intransigeant des socialistes il y a encore une semaine. Donc, comme on dit, la voie est étroite, c'est ça ? Parce qu'on peut dire qu'on formule, c'est quand même l'impasse, équation impossible, mission d'équité… – Coup de souris, tout ça, tout ça.
– Tout ça raconte un pays qui n'est pas exactement au mieux de sa forme.
– Et Sébastien Lecornu, qui s'est également adressé au syndicat, vient à une lettre, alors qu'aujourd'hui a lieu une nouvelle journée de mobilisation à l'appel de l'intersyndicale. On va écouter la secrétaire générale de la CFDT, Marie-Désilion, invité ce matin d'RTL.
– Il y a une chose qui n'est absolument pas claire, et c'est le message de cet après-midi, c'est est-ce que le Premier ministre est prêt à faire en sorte que l'ensemble des efforts à faire soient justement répartis ? – Alors, on va y venir… – Partagés, et en fait, c'est… voilà, partage des efforts, c'est le mot d'ordre de cet après-midi pour la CFD. – On propose qu'il y ait un travail autour de la question des dépenses de l'État, on n'est pas contre le fait du tout de faire un certain nombre d'économies. – 6 milliards, il a proposé. – Oui, mais le problème, c'est qu'aujourd'hui, on nous dit, on ne remplace pas un fonctionnaire sur trois qui part à la retraite.
Ce n'est pas une solution, ce n'est pas une solution qui prend en compte la question du travail. Donc moi, mon rôle de responsable d'organisation syndicale, c'est de dire que le travail est invisible, le travail est considéré comme une ligne budgétaire.
– Partage des efforts, dit Marie-Lise Léon. Est-ce que là-dessus, il va devoir répondre, Sébastien Lecornu, est-ce qu'il va devoir, d'une manière ou d'une autre, mettre en œuvre plus de justice fiscale et sociale ? – Oui, c'est ce qu'on disait. Il y a quelques mois, on n'aurait pas parié, quand même, sur le nombre de contributions qui vont être mises sur la table et qui, effectivement, taxent les entreprises ou les revenus les plus élevés. Donc là, une partie du travail est faite. C'est vrai que le débat sur la taxe Juckmann, qui a été omniprésent pendant plusieurs semaines, a produit son effet et Sébastien Lecornu va prendre en compte les attentes de l'opinion en matière de justice fiscale.
Et puis, Mickaël le disait, sur, par exemple, la réforme des retraites, il y a déjà des choses sur la table voulues par Matignon concernant les femmes, dont le calcul des pensions pourrait être révisé, ce serait plus sur 25 meilleures années, mais sur 22, 23 meilleures années. Et puis, la pénibilité, ce qui avait fait achoper, rappelez-vous, le conclave, avec un MEDEF qui était très arc-bouté là-dessus. Donc, oui, il y a quand même des éléments qui sont pris en compte. Moi, ce qui me frappe quand même, c'est qu'on ne parle plus du tout d'économie, pratiquement. C'est quand même fascinant. Alors que c'était le sujet qu'avait imposé François Bayrou, ça ne lui a pas réussi.
Mais quand même, 44 milliards d'économies, on ne les fera pas cette année, vraisemblablement pas, mais il veut rester avec un objectif de 4,7% de réduction. Donc, on verra si on y arrive. Mais c'est comme si, tout d'un coup, il n'y avait plus de problème. Il n'y avait plus de problème de dépenses totalement incontrôlées de l'État. Il va falloir quand même revoir ça. Puis alors, petit pas de côté, pardon. Là, je m'écarte un peu, mais on est juste dans une situation internationale un peu dingue. Et c'est vrai qu'il y a une crise politique, mais parallèlement, il y a une crise internationale avec une menace russe quand même qui est juste là et qui menace l'Europe.
Et donc, on ne tient pas du tout compte. On est quand même dans une espèce de bulle en termes de crise politique. Parenthèse fermée.
Oui, mais en même temps, parenthèse importante. Parce qu'il suffit de sortir et de s'éloigner ou de lire, tout simplement, non seulement ce qui se passe ailleurs, mais la manière dont nous sommes regardés ailleurs pour bien comprendre à quel point la France est dans une bulle. Et à bien se regarder. J'appelle ça souvent le syndrome de la castafior.
– Je crois que la France a un syndrome de la castafior.
– Oui, bien sûr. Qu'elle se regarde dans le miroir en pensant qu'elle est encore la meilleure. – Je ris de me voir. – C'est belle dans le miroir. – Parce qu'elle ne se voit pas si belle, la France. – Alors que le monde… – Officiellement. – C'est important. – Officiellement, il y a une influence, on change tout, on fait la paix partout.
– Ah oui.
– Alors que le monde est quand même beaucoup plus complexe, c'est beaucoup plus nuancé. Mais pour en revenir à la journée d'aujourd'hui, parce que ça me frappe également et ça un peu confirme ce que l'on dit et ce que l'on ressent quand j'entends la responsable de la CFDT annoncer le mot d'ordre, partager les efforts. C'est tout le contraire d'un mouvement social. Puisqu'un mouvement social, il est organisé sur une revendication bien précise. Regardez le mouvement social que l'on a vécu avec la réforme des retraites. Il y avait un mot d'ordre, le retrait de la réforme. Ça a mobilisé des millions de personnes du mois de janvier au mois de mai.
Et ça a été un immense mouvement qui était le deuxième grand mouvement social après les Gilets jaunes. Et les Gilets jaunes aussi s'étaient organisés sur deux, trois revendications. Là, vous n'avez aucune revendication. On verra d'ailleurs les banderoles cet après-midi pour l'équité, le partage des efforts, la protection des services publics. On les connaît par cœur. Mais ça veut dire qu'il n'y a rien derrière.
– Vous parliez de la réforme des retraites. Alors Sébastien Lecornu a apporté une première réponse dans sa lettre au syndicat. Vous en parliez, Elisabeth, sur une amélioration de la pension des mères de famille. On va écouter ce qu'en dit ce matin Éric Coquerel, le président de la France insoumise de la Commission des finances de l'Assemblée. Il était sur TF1.
– Ce n'est pas ce que les syndicats mettent sur la table. Ils ont raison. Ils mettent sur la table l'abrogation de la réforme des retraites qui, je vous rappelle, était minoritaire dans le pays, minoritaire à l'Assemblée nationale et minoritaire dans les organisations syndicales. Donc c'est ça qu'ils demandent. Quant à la fameuse augmentation des pensions pour les femmes, je vous rappelle ce que c'était. C'était qu'au lieu de prendre 25 ans des 25 meilleures années, c'était de prendre 24 ans pour les femmes ayant un enfant et 23 ans pour les femmes ayant deux enfants. – Ce qui peut améliorer un petit peu la pension. – Entre 13 et 30 euros pour 1 000 euros.
Je pense que ce n'est pas tout à fait la réponse qui correspond à l'abrogation de la réforme des retraites.
– Pas à la hauteur selon Éric Coquerel. Est-ce que vous pensez que ce sera jugé plus à la hauteur par les socialistes ? – En tout cas, sur les marchés, les élus, la première chose qu'on leur demande, ce n'est pas l'abrogation de la réforme des retraites. C'est de la justice fiscale, c'est du pouvoir d'achat. La réforme, l'abrogation de la réforme des retraites, qui est l'alpha et l'oméga de la France insoumise en termes de progrès social, je ne pense pas que ce soit le sujet. Alors, je ne parle pas de ce que ça produirait en termes de finances publiques, mais ça, personne ne nous a encore expliqué vraiment de façon rationnelle comment on s'en sortirait.
Mais donc, je pense que ça, ils sont quand même à côté de la plaque. Les socialistes, ils ne réclament plus, vous savez, la brogation, mais ils seraient enclin à la suspension, s'il n'en est pas question pour Sébastien Lecornu. Même si on peut considérer que c'est un sujet qui pourrait être quand même tranché, c'est vrai, dans 18 mois, à l'occasion de la présidentielle. Je ne trouve pas ça aberrant. C'est vrai qu'il y a eu une contestation quand même historique dans le pays, avec un mot d'ordre très identifié, ce qui manque, vous avez tout à fait raison, aujourd'hui dans les cortèges. Et les Français ont mal vécu cet épisode-là, politiquement et socialement.
Et donc, ce ne serait pas complètement idiot qu'on demande aux Français de trancher et qu'en attendant... Alors, suspension, par parenthèse, les services qui gèrent la retraite en France estiment qu'ils ne savent pas faire. La CNAV, comment on suspend une réforme ? On suspend quoi ? À quel moment ? C'est techniquement un mirage. Mais ce n'est pas, je trouve, un débat complètement absurde politiquement. Non, il n'y aura pas de suspension de la réforme des retraites. Il y a des améliorations. Elles sont demandées par Marie-Élise Léon. Et je pense que là-dessus, on peut avancer. On peut avancer, y compris avec le PS là-dessus, Nicolas ?
Oui, on peut avancer là-dessus. Mais une fois de plus, c'est vrai qu'on s'en perçoit un décalage puisqu'on parle d'économie à faire et comment arriver à réduire un déficit. On perçoit un décalage entre cette sphère politique qui, effectivement, martèle ces éléments de langage, ces revendications décidées en comité et la réalité sur le terrain. Effectivement, les élus sur les marchés, alors que l'on est en train de préparer les élections municipales, disent pas touche à la collectivité locale, pas touche à la mairie, pas touche à nos équipements, parce que c'est là qu'il y a une résistance.
D'ailleurs, on l'a vu, à chaque fois que François Bayrou a tenté de s'approcher des collectivités locales, des départements en disant il faudra là qu'on va prendre l'argent, il y a eu un tir de barrage, mais avec un énorme consensus. Donc, de ce point de vue-là, c'est vrai qu'ils sont à côté de la plaque, c'est vrai qu'ils n'entendent pas les vraies revendications, les vraies demandes, pouvoir d'achat, éducation, protection, et il reste avec, et c'est le sentiment que cela donne, avec cette espèce de bulle argumentaire qui inonde nos agendas, nos chroniques, nos questions, mais qui en réalité ne sont pas celles des Français.
– Juste, moi aussi, j'ai une petite parenthèse. – C'est bien, c'est vrai. – Parce que Mickaël, tout à l'heure, parlait de rupture. Juste, dans sa lettre au syndicat, sur la forme, c'est une longue lettre, dans laquelle Sébastien Lecornu, alors cite les mesures et cite les pistes, mais il propose aussi cinq points avec plusieurs questions sur lesquelles les syndicats doivent discuter et revenir vers lui. Est-ce que là, dans la méthode, on est dans une rupture par rapport à ses prédécesseurs et même par rapport à Emmanuel Macron dans la manière dont il traite les syndicats ? – Alors ça, c'est sûr. Par parenthèse, Sébastien Lecornu, il ne parle pas, mais il écrit.
C'est son mode de communication pour l'instant. Évidemment, évidemment, mais déjà François Bayrou avait tenté de le faire, mais on avait jugé cela un peu tactique pour durer. Mais Sébastien Lecornu, il a la conviction qu'effectivement, les partenaires sociaux doivent être traités. Il les traite, il les reçoit, il ne répond pas à leurs revendications. Les partenaires sociaux sont remontés comme des pendules, patronaux et syndicaux, puisque le patronat se réunit le 13 octobre. On verra, ça c'est quand même aussi un rendez-vous important. Mais bien sûr qu'il les remet dans le jeu, mais heureusement, de ce point de vue-là, l'erreur est fatale d'Emmanuel Macron. Il s'est cru plus fort, plus beau.
Lui, il a tenté une rupture qui n'avait aucun sens et qui a produit évidemment des effets délétères. Dieu sait si le prédécesseur de Marie-Lise Léon, Laurent Berger, a hurlé dans le désert, a tendu la main, a essayé pendant des années jusqu'à l'épuisement. Mais Emmanuel Macron n'a jamais compris, jamais compris ce fonctionnement-là fondamental. Il y a les partenaires sociaux, ce sont des acteurs majeurs avec lesquels il faut traiter. Donc, de ce point de vue-là, oui, c'est une rupture.
– Oui, mais vous avez posé la question sur la méthode. Or, la phrase et la promesse de Sébastien Lecornu, c'est quand il a dit, pas uniquement sur la méthode, mais sur le fond. Donc, très bien, on est très contents de voir qu'il a écrit au syndicat, mais les Français, ils n'attendent pas des méthodes, ils attendent des résultats. Donc, de ce point de vue-là, oui, on est encore sur du facial, sur de l'organisation, sur, au fond, de nos données à commenter. Mais la réalité, c'est que pour l'instant, rien ne bouge.
– On va terminer juste par ce qui s'est passé hier à l'Assemblée. Alors, c'était la rentrée du Parlement hier. Il y avait renouvellement des postes à l'Assemblée. Et cette question, le RN aura-t-il ou non une place ? Finalement, les six postes de vice-président se sont répartis à égalité, un tiers chacun entre les trois blocs de l'Assemblée. On va écouter ce qu'en dit Sébastien Chenu, le vice-président du parti.
– L'Assemblée nationale, c'est la représentation des forces politiques de notre pays, telles que les Français l'ont souhaité. Au sein de cette Assemblée nationale, il y a une organisation pour faire fonctionner l'institution. Que je sache, les députés du Rassemblement national autour de Marine Le Pen ont été salués, d'ailleurs, depuis des années, comme étant des députés non seulement assidus, mais respectueux de cette institution. Or, il y avait, dans l'année passée, un deal entre macronistes et républicains pour sortir le Rassemblement national. – C'est un peu le front républicain
à l'échelle de l'Assemblée.
– C'est ça. Mais ce qu'ils oublient, c'est que c'est une institution et que donc, dans les textes, il est d'ailleurs écrit que l'organisation de l'institution doit ressembler à l'état des forces politiques de cette même institution. Nous sommes le premier groupe, il est normal qu'on occupe les fonctions qui nous reviennent pour faire fonctionner l'institution.
– Voilà, il y a eu un débat, Elisabeth, entre d'un côté la droite et le socle commun, évidemment le Rassemblement national, et de l'autre la gauche, entre ceux qui disaient, il faut répartir les postes un tiers chacun, puisqu'on a environ un tiers chacun de l'hémicycle, et la gauche qui disait, on a fait barrage dans les urnes, il faut qu'on fasse barrage hier. La gauche qui reproche d'ailleurs au socle commun de faire le jeu du Rassemblement national.
– J'ai pu passer le tweet d'un député écologiste qui demande, qui réclame la démission d'Yael Broun-Pivet après ce qui s'est passé hier, ce qui s'est passé sans psychodrame, bon moi je serai assez brève, parce que je trouve ça tout à fait normal que les partis soient représentés à proportion de leur importance.
D'ailleurs la présidente de l'Assemblée, je ne fais pas sa pub, mais c'est vrai qu'elle a publié une vidéo dans laquelle elle comparait l'Assemblée nationale, ou en tout cas l'enjeu de cette élection, à celui d'un syndic de copropriété, parce que c'est vrai que ce n'est pas le bureau de l'Assemblée, ce ne sont pas les organes de l'Assemblée qui déterminent la politique française, en revanche c'est elle qui détermine le fonctionnement de l'Assemblée, c'est normal.
Ce qui s'est passé il y a un an était l'anomalie, et ça a été rectifié hier, et sans drame d'ailleurs, finalement, sauf quelques voix de gauche qui crient évidemment à la fin du cordon sanitaire, je ne sais pas dans quel pays ils habitent. Oui exactement,
ils sont une fois de plus même dans leur bulle, parce qu'on ne peut pas à la fois sans arrêt clamer démocratie, démocratie, démocratie, et ne pas être capable de pouvoir donner au groupe le plus important finalement ou important sa place, la place qu'ils méritent. Donc oui, bien évidemment, c'est absolument normal, et les protestations en disent long une fois de plus sur le décalage.
Allez, on va terminer par l'histoire du jour. Ici à la une de la République du Centre, c'est la guerre des champignons. Alors la saison des champignons, elle a débuté, si pour beaucoup ça rime avec balade, en famille, en forêt, et qu'il y a de plaisir. Pour d'autres, c'est un véritable business qui peut générer des tensions dans les bois et même sur Internet, vous allez voir, c'est le cas dans une forêt de 15 hectares aux confins de la Corrèze et de la Haute-Vienne. C'est ce que nous raconte ce matin le journal.
Jean-Claude, le propriétaire, passe les voitures une à une en revue pour vérifier que ce sont bien des gens qu'il connaît qui vont cueillir les champignons dans sa forêt et qu'il a donc donné les autorisations. Alors il faut dire que cette année, la pousse est visiblement très abondante, du jamais vu depuis plusieurs années. Il y a même une cueilleuse qui dit, je me demande si Poutine ne nous a pas envoyé un truc. Ça, c'est une autre histoire. On en est là. Le problème de Jean-Claude, c'est que tous les cueilleurs n'ont donc pas l'autorisation dans sa forêt et que le culot va loin pour justifier leur présence. Certains allant jusqu'à dire que ce sont eux les propriétaires.
Et il faut dire que la cueillette, on le disait, elle ne met pas seulement des champignons dans l'assiette, elle peut aussi mettre du beurre dans les épinards jusqu'à 100 euros par jour en les revendant sur Internet à tel point que Jean-Claude, il a demandé au journal de ne pas préciser où était sa forêt. Monsieur Martichoux, c'est Creusois. Creusois, c'est un pays de cèpes et on les cueillait quand on était petit. Aujourd'hui, il n'y en a plus parce que les gens viennent ratisser.
Ça montre que quand la croissance arrive, c'est là que les problèmes arrivent.
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