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interviewBFM TV (sur YouTube)· 10 mai 2025 14 min

Kiev: Emmanuel Macron et de nombreux chefs d'États européens aux côtés de Volodymyr Zelensky

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

des mots très forts. Une Europe de la défense, une Europe qui se pense en puissance. Ce sont les quelques mots que Emmanuel Macron a eu le temps d'échanger avec les journalistes qui étaient présents lors de cette séquence ici, place Maidane où vous voyez derrière moi ce mémorial avec pour chaque drapeau un soldat tombé au front.

Macron qui veut donc montrer que l'Union européenne est derrière l'Ukraine et qu'elle va lui apporter un soutien sans faille pour cette visite historique où il y a deux objectifs principaux. Le premier, mettre la pression au maximum sur la Russie pour elle qu'elle accepte un cesser le feu complet et inconditionnel de 30 jours. L'Ukraine a d'ors et déjà accepté ce cesser le feu.

L'Union européenne la soutient soutient ce cesser le feu et les États-Unis également. Il va donc falloir mettre de la pression sur la Russie en et si la Russie tergiverse trop, il y a cette menace de nouvelles sanctions. Le deuxième objectif est un objectif plus militaire sur le terrain.

Si ce cesser le feu est obtenu, il va donc falloir mettre en place une sorte de seconde ligne de défense. Et là encore, l'Union européenne doit assurer l'Ukraine de son soutien en lui mettant à disposition des et bien des des moyens militaires pour soutenir et garantir sur le long terme ce cesser le feu. En tous les cas, cette visite historique a débuté ici, place Maidane où le les chefs de gouvernement et d'État se sont recueillis devant ce mémorial.

Ils ont déposé devant ce mémorial six bougies en mémoire des soldats ukrainiens tombés au front. Alors, je voudrais je profite de de votre de votre présence. Je voudrais que vous nous expliquiez à quoi ressemble la capitale ukrainienne parce que on ignorait hier soir, on écoutait Emmanuel Macron, on ne savait pas avec sa conférence de presse avec Donald Tus qu'on ne savait pas s'il allait venir.

On nous explique évidemment ce que vous nous expliquez, ce que Thiry Arnaud aussi nous explique, c'est qu'on on ne peut pas diffuser de séquence en direct. qu'il faut attendre que les séquences soient terminées pour en parler. Est-ce que ça veut dire que la capitale ukrainienne que vous connaissez désormais très bien est dans un un configuration assez assez rare ? [Musique] Alors oui, pour être tout à fait honnête avec vous, j'ai couvert plusieurs déplacements de de chef d'état et notamment également de la représentante de l'Union européenne, Ursula Vanderleyenne.

Je n'avais jamais vu un tel dispositif de sécurité. On se trouve dans le centre-ville de de qui vous vous en doutez. Il y a les principaux monuments, mais aussi tous les principaux centres politiques.

Il y a par exemple le ministère des affaires étrangères qui est à quelques centaines de mètres ce matin. Impossible de bouger de ce centre-ville. Toutes les rues avaient été coupées.

Aucun Ukrainien ne pouvait accéder à cette zone. Pourquoi ? parce qu'il y a un dispositif de sécurité très important pour garantir au maximum la sécurité des chefs d'état et de chefs de gouvernement qui sont en visite actuellement ici dans la capitale.

Toutes les séquences que nous vous diffusons à l'antenne, elles sont diffusées en différé pour ne pas savoir à l'instanté où se trouvent exactement ces chefs d'état. Parce qu'il y a une réalité qu'il faut connaître ici, c'est que au quotidien à Kive, il y a des alertes aériennes qui retentissent et puis il y a aussi des attaques de missile et de drone. Vous vous en doutez, il faut donc garantir au maximum cette sécurité.

Alors ici, désormais place Maidan, la vie est revenue. Les Ukrainiens peuvent de nouveau circuler librement et nous leur avons appris pour certains que Emmanuel Macron était présent aujourd'hui dans la capitale. Ils sont tous très émus de voir que ces chefs d'état sont venus se recueillir devant ce mémorial.

Mais dans d'autres parties de la ville, c'est une toute autre histoire. Il y a encore des quartiers qui sont sous cloche parce que cette visite d'État, elle se poursuit avec un agenda très sécurisé. Merci beaucoup Anlor pour ces précisions qui nous nous permettent évidemment de comprendre cette journée dont on dit ici à Paris qu'elle est extrêmement particulière.

Merci beaucoup Anler, vous étiez avec Morgan Dumont Emmanuel Macron très présent depuis ce matin sur les réseaux sociaux notamment. Il vient de de publier une photographie que l'on verra dans un instant justement sur cette place Maidan avec le Together ensemble. La voici évidemment avec les autres dirigeants européens présents.

Et puis voici euh ce qu'a déclaré le le président euh euh français il y a il y a quelques minutes. Euh des mots dont on parlait à l'instant, des mots extrêmement importants. Ce qui est en train de se faire avec la Pologne, l'Allemagne, la Grande-Bretagne est un moment historique pour une Europe de la défense et une plus grande indépendance pour notre sécurité évidemment pour l'Ukraine aujourd'hui mais pour nous tous.

C'est une nouvelle, c'est une robe qui se pense comme puissance. Général Pédistrand, quel est l'objectif principal de cette on parlait de ce rémer avec les États-Unis, on comprend bien que c'est important, mais quel est l'objectif très concret qui pourrait sortir de cette journée ? En fait, il y a trois objectifs euh de cette journée.

Alors, il faut d'abord rappeler que euh le le président République et le premier ministre britannique sont accompagnés par leur chef d'étatmajor respectif, le général d'armée Thierry Burcard en Uniforé et l'amiral Radakin. C'est un élément qui est très important parce que ça veut dire qu'il y a une dimension militaire, il y a pas qu'une dimension euh diplomatique. Donc le premier c'est pousser pour le se cesser le feu dont le principe a été accepté par l'Ukraine depuis le 11 mars. fait ça va faire 2 mois que Vladimir Poutine et bien repousse la question.

Prendre en compte les intérêts de Kief, ça c'est un élément qui est très important. C'estàd que dans et quand on revient en arrière, souvenez-vous en gros lorsque Donald Trump commence à à discuter, c'est l'Ukraine qui est perdante sur tous les sur tous les domaines. Ce momentlà qu'il adopte la sémantique et la stratégie.

Exement. et confirmer ce soutien européen à l'Ukraine. Moi, je retiens le mot Europe puissance.

C'est vraiment une bascule comme on en avait comme on avait pas vu hein depuis des années. Il y a une accélération. Alors, il y a bien sûr un effet Trump, il y a un effet Poutine.

L'intransigence de Vladimir Poutine oblige les Européens à se à se prendre par la main. Et l'image de ces dirigeants, des quatre principaux, finalement, on s'aperçoit France, euh Royaume-Uni, Grande-Bretagne, euh Royaume-Uni, Pologne et Allemagne, bah ce sont eux qui comptent et ce sont eux qui prennent en main les affaires de l'Europe. On a le sentiment Patricia, on en avait déjà parlé avec le sommet de Londres, euh c'est le sommet pour notre sécurité mais aussi pour l'Ukraine.

Que l'Europe de nouveau s'occupe de ses propres affaires et s'occupe de ce d'assumer seul en tout cas ou d'assumer une partie de ses responsabilités et de son rôle. J'ai envie de dire qu'elle est un peu contrainte et forcée, hein, parce que le président américain nous laisse pas beaucoup de choix. Alors, ce qui est intéressant dans cette rencontre justement, c'est que euh cette union que l'on voudrait militar-politique, hein, européenne à UE, mais pas UE justement, c'est des États indépendants euh qui s'engagent dans cette dans cette union des volontaires avec la Turquie, avec d'autres États euh périphériques à à l'Europe et et cette cette union dont on ne sait pas la forme parce que beaucoup de membres dans cette union sont prêts, certains sont prêts à mettre des hommes, d'autres ne veulent pas d'homme que il n'en mettrait que si les Américains et toujours eux sont là en filet de sécurité.

Les Turcs veulent bien venir avec des bateaux en merouche. Voyez, c'est encore, on en est qu'au balbuciment de cette de ce regroupement de force, mais le mouvement est là et surtout aujourd'hui, j'en finirai par là, il clôture cette séquence anniversaire parce qu'on a eu les anniversaires effectivement de la fin de la Seconde Guerre mondiale en Europe, en France, au Royaume-Uni, on a eu cette manifestation de force à Moscou et là pour clôturer toute cette séquence qui ouvre sur demain et bien on a cette réunion à Kiev. Et dans un instant, nous serons à Moscou à l'instant.

Le chancelier allemand évoque un durcissement massif des sanctions si Vladimir Poutine refuse le cesser le feu. Euh l'analyse de Gaia Kerman là-dessus. Bonjour Naou, chef du service politique de BFM TV.

On a beaucoup parlé euh il y a quelques mois au début du conflit de l'isolement un peu politique d'Emmanuel Macron. Puis on a parlé de cet axe franco-britannique. On voit bien que il sera leader ou non de de cette coalition, mais en tout cas on voit bien que désormais la France ou le président français n'est plus seul que il part. en train très bien entouré avec quatre pays qui comptent euh clairement sur le continent européen.

Oui, c'est le sens des mots qui répètent d'ailleurs en arrivant à Kief en disant que l'Europe est devenue une puissance. C'est ce qu'il porte en réalité depuis 2017, que l'Europe se dote des moyens d'assumer non pas un rôle simplement d'union économique, voire par moment politique à l'égard de des deux autres pôles que sont les États-Unis et la Chine, mais qu'elle assume un rôle de puissance dans le côté multifactoriel et y compris dans cet aspect diplomaticomilitaire militaire si on va jusqu'à jusqu'à l'aboutissement de cette coalition des des volontaires. C'est vrai que euh au sein du Concert européen, cette idée d'Europe puissance n'allait pas de soi quand Emmanuel Macron la met sur la table dès le premier discours de la Sorbonne.

On est au tout début de son premier mandat. Euh ailleurs en Europe, enfin alors les dirigeants ont changé aussi hein, on voit sur la photo qui est qui est derrière vous, Frédéric Merch n'était pas là au début du mandat évidemment. Absolument.

Donc donc il s'est trouvé aussi de de nouveaux alliés dans des dans dans de nouvelles personnes qui étaient peut-être de nouveaux responsables qui étaient plus ouverts au au aux idées portées par Emmanuel Macron. Mais en tout cas euh cette image d'une Europe qui s'assume euh comme interlocuteur par moment comme contradicteur des États-Unis et évidemment même si c'est moins le cas aujourd'hui comme interlocuteur de de la Chine est une idée qui n'allait pas de soi. Après, il est vrai aussi que dans son isolement au niveau européen, il y a eu ce qui a été qualifié côté ukrainien par de la naïveté, ce qui a été qualifié en des termes bien moins sympas par nos alliés européens comme une forme de tergiversation. la ligne sur le conflitme, le russeau-Ukrainien parler pas parler à Vladimir Poutine, le considérer pas le considérer, l'inviter pas l'inviter et cetera, je ne reviens pas là-dessus, a pu aussi dérouter.

Mais en tout cas, on va dire au bout de de de de 8 ans de de mandat et au bout de de 3 ans de guerre, enfin Emmanuel Macron arrive à effectivement embarquer avec lui autour de cette idée d'Europe puissance. Galia, dans un instant, on retrouvera Jérémie Normand à Moscou. Mais moi, je voulais savoir vous qui connaissez particulièrement le monde russe, est-ce que cette image dont dont Né nous parlait à l'instant, cette image d'une Europe, alors je sais pas si on peut dire unie, mais en tout cas une Europe en tout cas a priori en apparence solidaire, ses photos de famille, ses déplacements, est-ce que ça peut avoir une une conséquence sur Vladimir Poutine ?

C'est exactement à cela que je pensais en écoutant tout le monde parce que il y a deux obstacles majeurs à ce cesser le feu inconditionnel parce que la Russie a toujours dit qu'elle était prête éventuellement à cesser le feu. On n'est pas obligé de la croire mais on l'entendu effectivement. Mais voilà mais mais euh en fait c'est une sorte de guetapan pour Poutine parce que il a déclaré et ça a été validé.

C'est c'est dans la Constitution que les quatre régions partiellement occupées de l'Ukraine doivent appartenir complètement à la Russie. C'est déjà le fait accompli par la Constitution russe mais c'est pas le fait accompli sur le terrain. Donc pour Poutine, il y a la nécessité de continuer la guerre jusqu'à l'occupation totale.

Or sur le terrain euh ça patine. Euh il grignote mais ne grignote pas suffisamment. Il leur faut encore des années pour obtenir le contrôle total de ces quatre territoires.

Et ces années, apparemment, ils ne les ont pas. Ils vont et vous savez, il y a une autre ligne rouge pour les Russes, c'est justement la constitution de cette seconde ligne de défense parce que c'est totalement inacceptable. Lavrov l'a répété plusieurs fois et donc je ne sais pas si même face à un durcissement possible des sanctions, est-ce que les Russes vont céder ?

Et ben, on va poser la question à Jérémy Normand. Bonjour Jérémy, envoyé spécial de BFN TV en direct de Moscou. Est-ce qu'on réagit à ces images, à cette visite historique ?

On sait que c'est très tôt le matin et que en général le Cremelin prend son temps pour pour commenter, mais est-ce qu'il y a des réactions chez vous ? Vous avez tout à fait raison Ronald. Le Kremelin en général prend son temps pour réagir à ce qui se passe à l'ouest et c'est encore le cas ce matin.

On peut noter cependant que hier lorsque les ministres européens des affaires étrangères se sont réunis à Liv dans l'ouest de l'Ukraine, et bien on a eu la porte-parole du ministère des affaires étrangères russe Maria Zekarova qui a ironisé sur cette rencontre la qualifiant de contrefeu ridicule à la grande fête organisée en grande pompe à Moscou que vous avez pu suivre sur BFM TV. Alors ce qui est sûr pourtant, c'est que le Kremelin ne déteste rien tant que voir les Européens unis. Souvenez-vous il y a un peu plus d'un mois lorsque Emmanuel Macron et ses homologues s'étaient rendus à Londres pour un sommet exceptionnel pour discuter de nouvelles propositions et lorsque Emmanuel Macron avait proposé d'étendre le parapluie nucléaire français à ses alliers européens, ben alors on avait on avait vu et ben du côté des médias pro crremelin ici à Moscou et bien on les avait vu cibler Emmanuel Macron essayer de de diviser les Européens et vraiment voyant Emmanuel Macron incarner un peu le un rôle de leadership en Europe et bien le cibler et menacer la France France, on souvient notamment que Vladimir Poutine avait comparé Emmanuel Macron à Napoléon en lui rappelant comment les campagnes napoléoniennes s'était terminé en Russie.

Donc voilà, à chaque fois, il y a cette volonté de la part de Vladimir Poutine et du Kremelin d'isoler, de séparer les Européens parce que il n'aime pas aussi voir Volodimir Zelenski entouré de ses alliés parce qu'évidemment ça le renforce. Alors quant à la proposition française de discussion directe entre Moscou et Kiev, et bien là encore à chaque fois que cela a été évoqué, Vladimir Poutine n'a cessé de souffler le chaud et le foie, se disant parfois tout à fait euh prédisposé à à tenir des discussions en direct et puis quelques jours plus tard, il rappelait ses conditions qui étaient des conditions en réalité impossibles à tenir pour créer une pour créer une discussion. Il réclamait notamment et bien la la reconnaissance automatique des régions déjà et des territoires déjà annexés par la Russie.

Tout à fait. euh tout toutefois pardon 20 % du territoire ukrainien et il demandait également la dénasification et la démilitarisation de l'Ukraine. Bref, en fait, il demandait tout ce qu'il souhaite obtenir depuis le début avant même que ces discussions puissent commencer.