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Podcast / conversationLe Média (sur Podcast)· 6 décembre 2022 22 minComplaisantActualité / polémiqueRetraitesÉconomie & entreprisesEnvironnement & énergieTravail & emploi

Instant Porcher | Faillites, coupures d’électricité, inflation… La peur du grand effondrement

Source d'origine 3 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:22OuverteRéponse directe

    Pourquoi est-il important de décrypter le discours politique selon vous ?

  • 0:45OuverteRéponse directe

    Quelles sont les mesures clés de la réforme des retraites annoncées par Elisabeth Borne ?

  • 3:42OuverteRéponse directe

    Pourquoi Emmanuel Macron tient-il tant à faire cette réforme des retraites dans le contexte actuel ?

  • 6:52OuverteRéponse directe

    Peux-tu décrire la réforme des retraites et son objectif ?

  • 10:56OuverteRéponse directe

    Est-ce que tu vois venir un conflit social comme on a vu au premier volet de la réforme des retraites ?

  • 15:39OuverteRéponse directe

    À quoi est dû ce risque de coupure d'électricité ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:11PrésentateurFait
    « Elisabeth Borne affirme que la barre des 65 ans est en discussion avec les partenaires sociaux. »
  • 1:23PrésentateurFait
    « Le report progressif de l'âge de départ à la retraite de 62 à 65 ans d'ici 2031. »
  • 1:40PrésentateurChiffre
    « On a un déficit qui dépassera les 12 milliards d'euros en 2027. »
  • 2:05PrésentateurFait
    « L'âge d'annulation de la décote restera à 67 ans. »
  • 3:11PrésentateurFait
    « La réforme s'appliquera à partir de l'été 2023, donc à partir de la génération née au deuxième semestre 1961, progressivement. »
  • 3:26Locuteur non identifiéFait
    « Oui, nous devons faire cette réforme. Si on ne la fait pas, on laisse le système de retraite par répartition en danger. »
  • 3:32Locuteur non identifiéFait
    « Le seul levier que nous avons, c'est de travailler un peu plus longtemps. »
  • 3:55InvitéChiffre
    « Le déficit, déjà, c'est une prévision de déficit à 10 ans, à 12 milliards. »
  • 4:12InvitéFait
    « Cette année, notre système de retraite est excédentaire. »
  • 4:25InvitéFait
    « Macron, c'est le seul élément de programme qu'il a mis en avant pendant la présidentielle. »
  • 4:41InvitéFait
    « La réforme des retraites, quand on regarde dans les sondages, personne n'en veut, sauf, en moyenne, en majorité, les seniors. »
  • 6:16InvitéChiffre
    « La réforme des retraites, on fait 12 milliards d'économies. »
  • 7:44InvitéFait
    « On a multiplié le nombre de retraités pour 10 actifs en 30 ans. »
  • 13:50Locuteur non identifiéFait
    « On n'est pas en train d'annoncer aux Français qu'il y aura des coupures. »

Temps de parole

  • Invité62 %
  • Présentateur34 %
  • Locuteur non identifié3 %

0,5 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Invité

Depuis 10 ans, il y a eu un nombre de crises, mais énorme, dans un temps extrêmement réduit. Crise 2008, crise d'aide souveraine, crise du Covid, l'inflation, la coupure d'électricité, les attentats et la crise climatique par-dessus tout. La coupure d'électricité, c'est quelque chose qu'on ne rencontre que dans les pays pauvres.

0:15
Présentateur

Bonjour tout le monde et bienvenue pour ce nouvel Instant Porcher. Je suis ravie de vous retrouver. L'instant Porcher, c'est un petit moment qu'on se prend entre nous, avec Thomas Porcher, chaque semaine pour décrypter l'actualité, car on le sait, le discours est politique et les comprendre est un véritable enjeu démocratique. Je vous rappelle, pour qu'on n'arrête pas tout, le Média dépend de votre soutien, vos abonnements et vos dons. On lance une grande campagne de dons de fin d'année pour ne pas mourir. Pour celles et ceux qui le peuvent, rendez-vous sur lemédiatv.fr slash soutien pour nous soutenir. Ce projet de télé libre et indépendante ne peut se faire sans vous.

Au programme, aujourd'hui, on n'en sait plus sur la chaire de la réforme des retraites. Puis Thomas nous en dit plus sur les risques de coupure de courant. C'est l'instant Porcher. Réforme des retraites, saison 3, épisode 49. Elisabeth Borne a dévoilé les mesures du gouvernement au journal Le Parisien jeudi dernier. Projet qui sera présenté le 15 décembre aux partenaires sociaux. On n'en sait plus. Enfin, c'est parti, accrochez-vous. Sur l'âge légal de départ, Elisabeth Borne affirme que la barre des 65 ans est en discussion avec les partenaires sociaux.

Le report progressif de l'âge de départ à la retraite de 62 à 65 ans d'ici 2031, c'est ce qui permet de ramener le système à l'équilibre dans les 10 ans. Mais s'il y a un autre chemin proposé par les organisations syndicales et patronales qui permettent d'atteindre le même résultat, on l'étudiera. Fin de citation. Et un argument utilisé par la majorité est sans cesse répété. La retraite à 60 ans, ce n'est pas possible. Je cite la Première ministre. Les chiffres sont là. Ils sont implacables. On a un déficit qui dépassera les 12 milliards d'euros en 2027 et continuera à se creuser si l'on ne fait rien.

Pourtant, le COR, Conseil d'orientation des retraites, rattaché à Matignon, montre que le système de retraite français ne devrait pas présenter de déséquilibre financier majeur au cours des années à venir, jusqu'aux années 2030. Et indique par contre une baisse à venir du niveau de vie relatif des retraités. Autre donnée que nous apporte Elisabeth Borne sur le sujet du gouvernement, l'âge d'annulation de la décote restera à 67 ans, le système des carrières longues permettant de partir 2 ans ou 4 ans avant l'âge légal de la retraite sera maintenu et même, je cite, assoupli pour ceux qui ont vraiment commencé à travailler très tôt.

Qu'en est-il de trouver du travail quand on est senior, sachant que le taux d'emploi des 55-64 ans en France est de 56% ? Quand on décale l'âge de départ à la retraite, cela accroît mécaniquement le taux d'emploi des seniors. Cela a été le cas avec le report de 60 à 62 ans. Il faut aussi responsabiliser les entreprises pour qu'elles ne se séparent pas des seniors et les embauchent, affirme notre Première ministre. Interrogée sur des professions qui partent plutôt en retraite, comme la police, Elisabeth Borne a répondu que si on doit travailler un an, deux ans ou trois ans de plus, ça concernera toutes les catégories professionnelles, mais la réforme ne sera pas uniforme.

On tiendra compte des situations de départ. Mais c'est la fin des régimes spéciaux. Pour les nouveaux recrutés, les régimes impactés sont ceux de la Banque de France, la RATP, les salariés des industries électriques et gazières par exemple. La réforme s'appliquera à partir de l'été 2023, donc à partir de la génération née au deuxième semestre 1961, progressivement. Si on ne fait rien, nous aurons plus de 100 milliards d'euros de dettes supplémentaires pour notre système de retraite dans les dix prochaines années. Donc on ne peut plus laisser filer la dette, réaffirme Elisabeth Borne. Le Président, lui interrogé par TF1 à la Nouvelle-Orléans ce week-end, est tout aussi ferme sur ce sujet.

Oui, nous devons faire cette réforme. Si on ne la fait pas, on laisse le système de retraite par répartition en danger. Le seul levier que nous avons, c'est de travailler un peu plus longtemps. La Première ministre promet un examen en Parlement au printemps et une entrée en vigueur avant la fin de l'été. Voilà, je voulais vous donner un peu tous les éléments. Thomas, pourquoi Emmanuel Macron tient-il tant à faire cette réforme des retraites dans le contexte actuel ? Est-ce que nous sommes vraiment dans un danger de déficit qui pèse sur nos épaules ? Pas du tout.

3:53
Invité

Tu l'as très bien rappelé. Le déficit, déjà, c'est une prévision de déficit à 10 ans, à 12 milliards. Alors attention, 12 milliards de déficit sur l'ensemble des retraites, 300 milliards, ça nous fait un déficit à 4 %, dans une prévision de 10 ans. Mais on ne sait pas. C'est une prévision parmi d'autres. On ne sait pas. Donc il n'y a pas d'urgence d'un point de vue technique. Et d'ailleurs, disons-le, cette année, notre système de retraite est excédentaire.

Donc il n'y a aucun indicateur qui nous oblige à le faire maintenant, si ce n'est des promesses que nous avons faites à la Commission européenne contre plan de relance et divers engagements que nous avons faits, et dont la réforme des retraites. Maintenant, d'un point de vue politique, qu'est-ce qui se passe en fait ? Macron, c'est le seul élément de programme qu'il a mis en avant pendant la présidentielle. C'est la réforme des retraites. C'est le seul dont il a parlé. Il n'a rien dit d'autre. La réforme des retraites, quand on regarde dans les sondages, personne n'en veut, sauf, en moyenne, en majorité, les seniors. C'est-à-dire ceux qui ne vont pas subir la réforme des retraites.

Et ceux qui ne vont pas subir la réforme des retraites, les seniors, qui majoritairement sont pour, sont aussi ceux qui majoritairement votent. Donc Macron a fait la campagne pour se différencier des autres, de l'homme du réel, l'homme du concret, l'homme du pragmatisme, qui va faire la réforme, même si elle est douloureuse, parce qu'elle est nécessaire. Et c'est pour ça qu'il a été élu. Donc ça, c'est la première des choses. La deuxième des choses, c'est qu'il sent bien la petite musique, dans son propre camp, parce que Macron ne pourra pas se représenter. Donc là, les gens, au bout d'un moment, ils se disent à quoi ça sert d'être fidèle à Macron, parce que ça ne me rapporte rien.

Bruno Le Maire et d'autres pensent, Édouard Philippe pense à 2027. Et là, la première critique qui va venir du propre camp de Macron, c'est qu'il a été élu pour changer tout, et il n'a rien fait. Ce qui est faux, en réalité. En réalité, quand on regarde 2018, il a fait un certain nombre de réformes que personne n'avait osé faire. Il a fait la loi travail, il a fait la réforme de l'ISF, la baisse de l'impôt sur les sociétés, la flat tax, l'assurance chômage. Maintenant, il ne manque plus que les retraites. Donc il a fait des réformes.

Mais comme il a fait ça en 2018, et qu'après, on a eu le quoi qu'il en coûte, qui a augmenté drastiquement la dette et creusé les déficits, là, son but de ce deuxième quinquennat, pour finir et rentrer dans l'histoire, grosso modo, l'histoire plutôt du centre et de la droite, c'est de finir la réforme des retraites, ce que personne n'a vraiment osé faire, enfin aussi frontalement en tous les cas, et réduire les déficits. Donc c'est les deux objectifs. Et l'un va avec l'autre.

Parce que la réforme des retraites, on fait 12 milliards d'économies, et puis les autres économies qui vont être faites, et la trajectoire qui va être suivie fait qu'on va être, selon les prévisions, quasiment retour à 3% à la fin du quinquennat. C'est le but de Macron. Pour que les autres n'aient rien à dire, en fait. Pour qu'il n'ait rien à dire. Et il dira, voilà, moi j'ai été pragmatique, quand il y avait besoin du quoi qu'il en coûte, je l'ai fait. Puis j'ai réduit ensuite les déficits, j'ai assaini les finances budgétaires, et j'ai fait des réformes pour sauver le système de répartition et les réformes du travail. Donc j'ai été courageux, vous n'avez rien à me dire. Voilà.

Et c'est ça le but, en fait. Donc le but, c'est vraiment quelque chose de purement politique, plus que quelque chose de technique.

6:52
Présentateur

Est-ce que de ton point de vue, tu peux nous décrire en quoi consiste la réforme de la retraite et son objectif ? Car ici, l'objectif affiché, on l'a vu, ce sont les économies et la responsabilité collective par le travail. Ce mot qui revient souvent.

7:03
Invité

Alors tu l'as très bien expliqué, le but est clairement budgétaire. Le but, c'est vraiment de permettre, de combler le futur soi-disant trou qui va arriver avec le vieillissement de la population. Nous avons une population qui vieillit. Bientôt, il y aura deux tiers de personnes qui auront plus de 60 ans. Donc le système de retraite fait qu'il y a de moins en moins, on va dire, d'actifs par retraité. D'accord ? Ce qui est le cas depuis 30-40 ans. Parce que je rappelle quand même qu'on avait trois retraités pour 10 actifs en 70. Aujourd'hui, on en a six pour 10 actifs. Donc on a multiplié le nombre de retraités pour 10 actifs en 30 ans.

Et là, le choc démographique qui nous attend, qui devrait mettre à plat notre système de retraite, c'est de passer de 7 retraités pour 10 actifs. Donc la transition démographique, elle a déjà eu lieu. Elle est déjà derrière nous depuis longtemps. Et nous n'avons pas eu de majeurs problèmes pour absorber ça. Tout ce que nous avons fait, c'est que nous avons passé la part des richesses consacrées aux retraites de 7 à 14%. C'est-à-dire que nous avons plus cotisé dans la joie. Mais en même temps, si nous avons un pays qui vieillit, à un moment, il faut se poser la question de ce que nous faisons de nos vieux.

Est-ce que nous acceptons de collectivement travailler, créer une richesse et en donner plus à ces gens-là ? Moi, je pense que c'est la solution s'il y a plus de vieux. Mais si on refuse de faire ça, c'est le cas de Macron, qui ne veut pas donner plus de richesses créées aux seniors, dans ce cas-là, il faut obliger les gens à travailler plus longtemps. Mais ce qu'il faut après retenir, c'est qu'il y a beaucoup de gens qui vont se dire « Oui, mais moi, de toute façon, je serai à la retraite à 65, 66, 67 ans. » Donc je m'en fous que l'on passe l'âge de la retraite de 62 à 65. Mais en réalité, ça change beaucoup. Ça va appauvrir toutes les retraites.

Quelqu'un aujourd'hui qui bosse jusqu'à 65 ans, il se tape, il a plus de deux ans de surcodes, de bonus. Il a une retraite avec bonus. La prochaine fois, il aura une retraite sans bonus. Quelqu'un qui finit à 63 ou 64, aujourd'hui a un bonus, désormais il aura un malus. Il aura une retraite plus faible. Donc toutes les retraites vont être touchées et vont être beaucoup plus faibles que ce qu'elles auraient dû être si on avait gardé l'âge de la retraite à 62 ans. Donc ça va appauvrir l'ensemble des retraites. C'est ça qui va permettre de faire majoritairement des économies. Et après, ça ne résout pas un certain nombre de problèmes.

Les carrières très longues où là, vous avez 40% des ouvriers et des employés qui vous disent que le travail délabre. 50%, 52% qui vous disent qu'ils ne pourront pas faire le même travail à 60 ans. On va les obliger à travailler plus longtemps jusqu'à la mort. Parce que là, ça, c'est un vrai problème. Et l'autre problème, c'est que nous avons un taux de chômage des seniors qui est assez élevé. À partir de 55 ans, on est considéré comme un senior. Et que c'est la première discrimination de retour à l'emploi avec le sexe. Donc quand vous êtes un homme vieux, le retour à l'emploi est très difficile.

Et quand vous avez la pyramide des âges qui se décale et que vous avez de plus en plus de vieux, il risque d'y avoir un chômage, la part des plus de 50 ans dans le taux de chômage qui risque d'être très importante. Et on a du mal à replacer ces gens. De mémoire, on était à, me semble-t-il, 16% dans les années 90. On est aujourd'hui à 25% de part des seniors depuis 55 ans dans le taux de chômage global. Et ces gens-là, on n'arrive pas à les réinsérer. Donc qu'est-ce qu'on va faire là ? Ils vont être dans le couloir comme ça entre la retraite et le chômage pendant plus longtemps avec cette réforme-là.

Donc il y a plein de choses qui n'ont pas été résolues et en fait, on fait un ajustement d'âge juste pour faire des économies.

10:09
Présentateur

Il y a deux choses. Il y a 25% des plus pauvres qui sont déjà morts à 62 ans, donc l'âge légal actuel. Et la deuxième chose, c'est, tu dis, il faut qu'on cotise plus, etc. Mais si nos salaires étaient plus élevés, on pourrait plus cotiser dans les retraites et dans le chômage, par exemple.

10:28
Invité

des retraites.

10:30
Présentateur

Voilà, donc ce n'est pas de l'inné, on n'est pas censé dans le déficit.

10:33
Invité

Non, bien sûr, tout est une question après de ce que l'on veut mettre dans les retraites et donc du partage du gâteau général. Il y a quand même une richesse qui est créée, enfin énorme, qui augmente, elle qui augmente chaque année et il faut savoir ce que l'on va donner après aux retraites, aux services publics et aux autres choses et ce que l'on veut après donner parfois aux plus riches comme ça a été fait ces dernières années.

10:51
Présentateur

Il y a Elisabeth Van qui répète très souvent qu'elle est ouverte aux débats, aux discussions avec les syndicats de travailleurs et les partenaires sociaux. Qu'est-ce que tu en penses, toi ? Est-ce que tu vois venir un conflit social comme on a vu au premier volet de la réforme des retraites ?

11:02
Invité

C'est très difficile parce que quand on regarde ces dernières années, les seuls qui ont réussi à faire reculer Macron c'est les gilets jaunes. C'est sûr que les syndicats vont y aller. Ils l'ont dit. Tous les syndicats sont contre, y compris les syndicats du patronat. Le MEDEF était plutôt contre cette réforme-là, il disait que ce n'est pas le moment et à juste titre, il a raison parce que nous sommes en reprise d'activité. Les prêts garantis vont s'arrêter. On va voir quelles entreprises sont vraiment solvables quand on retire la perfusion de l'État. Donc il risque d'y avoir à mon avis des faillites très fortes. Il y a de l'inflation qui pèse sur la compétitivité des entreprises.

Il y a plein de choses comme ça qui font que ce n'est pas le moment d'avoir un conflit social de grande ampleur qui va impacter encore une fois les entreprises. Quand il y a des grèves, ça impacte les entreprises. Quand il y a des mouvements sociaux, ça impacte les entreprises. Donc même le patronat, il n'y a pas d'urgence. Attendons peut-être, discutons-en à un autre moment. Donc tous les syndicats sont contre. Donc les syndicats vont aller manifester. Mais ce qui fait surtout peur au gouvernement, c'est que ces manifestations des syndicats s'étendent au reste de la population. Parce qu'aujourd'hui, les syndicats, qu'est-ce qui se passe ?

Ils vivent l'inflation comme tout le monde, les salariés. Donc ils peuvent arrêter de travailler un jour, deux jours, trois jours. Vous savez, quand ils ne travaillent pas, quand ils font grève, ils ne sont pas payés. Donc ils peuvent faire des grèves perlées comme ça a été le cas. Mais la situation est beaucoup plus difficile pour tout le monde. Donc le gouvernement, il sait ça et il prend ça en compte dans l'équation. Si ça déborde après sur un large mouvement social, là le gouvernement a très peur. Mais c'est très difficile cette météo sociale. Mais je pense qu'il part. Il regarde deux choses. La première des choses, c'est le Covid est passé par là.

Et le Covid nous a privés vraiment pendant pratiquement deux ans de choses essentielles. Se voir, discuter, rencontrer des gens, le sport, le café, etc. Et donc ça, dans la hiérarchie, maintenant, l'importance qu'on ait entre ça, c'est que ça subsiste. Il y a ça, ce qui nous a beaucoup fatigués. Et puis la deuxième des choses, c'est que la dernière répression de l'argent pleur social a été réprimandée très fortement par la police. Et donc là, le gouvernement se dit est-ce que les gens vont être plus résignés ou plus révoltés ? Je pense qu'en prenant tous ces éléments, ils se disent que c'est possible que ça passe, qu'il y ait quelques grèves comme ça et puis que ça passe.

Et c'est là-dessus et c'est là-dessus qui parie. Après, c'est très difficile de savoir. Moi, ce que je vois, c'est qu'il y a une frange qui s'est radicalisée et qui, elle, est prête à en découdre et ne veut plus rien laisser passer et on peut les comprendre. Et il y a une autre partie qui est un peu plus vaporeuse et qui est en fait la partie qui va être game changer dans le rapport de force qu'il va y avoir avec le gouvernement.

13:20
Présentateur

Le gouvernement a envoyé au préfet une circulaire mercredi soir dernier pour anticiper et préparer leur département à d'éventuelles coupures programmées de l'électricité qui pourraient concerner 60% de la population mais aucun site critique ou client prioritaire, la santé, l'industrie ou encore les patients à haut risque vital. Il n'y aura aucune coupure en décembre, assure RTE, le gestionnaire du réseau de transport d'électricité français. Mais c'est pour après les fêtes que cela devient flou. Je vous propose d'écouter notre porte-parole du gouvernement, Olivier Véran.

13:50
Locuteur non identifié

On n'est pas en train d'annoncer aux Français qu'il y aura des coupures. On a même plutôt annoncé l'inverse pour le mois de décembre puisque le mois de décembre sera un mois qui ne sera pas plus froid que les autres.

Mais ce qu'on dit aux Français c'est qu'en janvier on ne sait pas encore quel sera l'état de l'hiver et que dans la situation où on aurait un hiver particulièrement froid donc particulièrement coûteux en énergie compte tenu des difficultés sur les centrales nucléaires vous savez avec un certain nombre de réacteurs qui sont à l'arrêt il pourrait y avoir des situations de tension sur la ligne électrique et que comme il était exclu il risque d'un blackout dans ce cas-là on prépare au niveau gouvernemental avec les agences d'État avec les opérateurs avec les préfets les entreprises les Français tous les scénarios pour faire face à toutes les situations.

14:31
Présentateur

Olivier Véran explique que les Français seront informés entre J-3 et la veille à 15h des journées rouges avec les météos de l'énergie nommées EcoWatt la grosse inquiétude porte surtout sur les numéros d'urgence pour les joindre le gouvernement a reconnu qu'il faudrait faire le 112 et qu'il ne pourrait pas être accessible partout dans le détail que nous explicitent nos confrères indépendants de reporter les coupures seront décidées par RTE uniquement si les mesures de sobriété ne sont pas efficaces la demande de délestage sera envoyée à Enedis qui coupera l'électricité aux heures de pointe le matin entre 8h et 13h et le soir entre 18h et 20h le blackout durera deux heures d'affilée au maximum qui aura la malchance ou la chance de devoir dîner à la bougie cela n'a pas encore été décidé en effet sur coupure.tempore.enedis.fr Enedis qui fournit 95% du territoire vous pouvez voir sur une carte de la métropole dans quelles tensions se trouve votre département le gouvernement prévoit de possibles coupures d'électricité cet hiver vraiment hâte de voir comment seront justifiées l'annulation de trains et la fermeture d'écoles pendant que les remontées mécaniques de Meugev ou Courchevel continueront à fonctionner vraiment hâte écrit Maxime Combes nous aussi affaire à suivre et Thomas va nous expliquer tout ça comment on peut en arriver là est-ce que tu peux nous expliquer concrètement à quoi est dû ce risque de coupure ?

15:43
Invité

il faut vraiment avoir en tête quelque chose pour l'électricité c'est que l'électricité n'est pas stockable donc au moment où on allume sa lumière il faut tout de suite avoir une offre d'électricité immédiatement voilà immédiatement et vous avez des heures de pointe vous avez plus de gens entre 7h ou 6h du matin et 8h qui allument leur électricité parce qu'ils font leur petit déjeuner ils prennent leur douche etc. et le soir au retour du travail et de l'école quand vous faites votre cuisine votre machine à laver et que votre enfant regarde la télé donc il y a des heures de pointe et à ce moment là il faut trouver tout de suite de l'électricité le problème c'est quoi ?

c'est que nous avons sur l'ensemble de nos réacteurs plus de la moitié qui sont à l'arrêt ça il faut le dire plus de la moitié qui sont à l'arrêt et que nous avons des tensions aussi avec le gaz puisqu'il y a une grosse partie du gaz enfin chez nous et ailleurs d'ailleurs qui vient de Russie donc il y a des craintes qu'en heure de pointe on n'ait pas cette offre tout de suite et que donc il faille dans un premier temps prévenir les gens du risque de tension avec comme vous avez dit EcoWatt cette application qui vous permet d'avoir la météo finalement de l'électricité ensuite il y a la deuxième solution qui consiste à baisser pour tout le réseau l'intensité de 5% et puis ensuite si on ne peut pas il y a des coupures qui vont être ciblées voilà après ce qui inquiète tout le monde c'est que dans ces deux heures de coupures effectivement il n'y a pas d'accès le téléphone ne marche pas il n'y a pas d'accès au numéro d'urgence tout peut arriver c'est ça qui fait je pense qui fait très peur aux gens c'est que si quelque chose arrive dans ces moments là c'est très difficile donc non non finalement ce qui se passe aujourd'hui dépend d'un certain nombre d'éléments c'est le manque de vision politique qu'il y a eu dans le fonctionnement de l'énergie de choix politique qu'il soit nucléaire ou renouvelable en fait le problème c'est qu'on a constamment statonné la pire des choses dans l'énergie c'est le stop and go soit on choisit le renouvelable et dans ce cas là on développe on développe on développe et on fait en sorte bien sûr en premier lieu que la sécurité et les équilibres énergétiques entre régions et entre pays soient respectés soit on fait du nucléaire et on le développe moi j'ai toujours dit qu'il fallait que cette question soit tranchée en partie par référendum parce que c'est les choix qui dépassent les choix purement techniques et politiques or qu'est-ce qu'on a fait on a tâtonné un moment on est pro-nucléaire Macron en 2017 il mettait des éoliennes dans son clip de campagne il a pris Nicolas Hulot donc il fallait fermer Fessenheim etc c'est le cas de Hollande et puis après on redevient pro-nucléaire il n'y a pas eu de vision politique de l'énergie depuis à peu près une vingtaine d'années puisque depuis une vingtaine d'années on ne parle que de libéralisation des marchés de l'énergie et que c'est les entrepreneurs qui doivent avoir la vision à la place de l'État on voit aujourd'hui le résultat le résultat c'est qu'on n'a pas en termes d'offres suffisamment d'offres parce qu'il y a des problèmes y compris sur le nucléaire vieillissant et qu'en termes de demande on n'a rien fait pour consommer moins d'énergie parce qu'on n'a pas rénové les bâtiments et donc qu'est-ce qu'on dit aux gens ben consommer moins soyez sobres et puis priez priez qu'il n'y ait pas une coupure

18:27
Présentateur

Et il y a notre président de la République Emmanuel Macron qui nous dit pas de panique la Nouvelle-Orléans ce week-end si on tient le plan de sobriété tout devrait bien aller donc il essaye de plutôt rassurer il dit cela dépend de nous en appelant à la responsabilité mais pas à la panique Thomas pourquoi aujourd'hui ces coupures elles créent autant d'inquiétude chez les français c'est quand même inédit entre une pandémie mondiale une guerre à côté de chez nous est-ce que tout ça ça peut commencer à secouer un peu les gens ?

18:54
Invité

Les gens sont secoués depuis 10 ans depuis 10 ans il y a eu un nombre de crises mais énormes dans un temps extrêmement réduit crise 2008 crise d'aide souveraine crise du Covid l'inflation la coupure d'électricité les attentats et la crise climatique par-dessus tout il y a 10 ans là moi j'ai 40 ans donc un quart de crise quasiment structurelle et qui sont quasiment coup sur coup à chaque fois on a très peu de temps de respiration donc il y a un sentiment je pense chez les français que la crise aujourd'hui est perpétuelle et que tout peut arriver alors que ma génération moi avant qu'il y ait ces crises on pensait que rien ne pouvait plus jamais nous arriver le communisme c'était fini le capitalisme ça devait être super on pensait que rien ne pouvait nous arriver et là on se rend compte que tout peut nous arriver la deuxième des choses c'est que là la coupure d'électricité c'est vraiment un symbole c'est quelque chose qu'on ne rencontre que dans les pays pauvres moi j'ai travaillé au Congo en Afrique il y avait des coupures d'électricité des générateurs dans les maisons des plus riches au Liban il y a des coupures d'électricité c'est des choses qu'on ne pensait jamais voir chez nous on a échappé de peu à des coupures les années précédentes déjà parce que c'est pas la première fois que ça revient là on en parle beaucoup mais c'est pas la première fois que ça arrive parce que celui que les températures baissent on avait déjà une offre qui était limite mais là cette année la possibilité le scénario de cette coupure est bien réelle et chaque année ça va s'empirer vous voyez la guerre en Ukraine c'est une chose mais ça fait longtemps que le système est fragilisé et donc on aurait dû s'en rendre compte et là dans la tête des gens c'est synonyme d'une forme de grand effondrement en fait on a découvert que l'hôpital ne fonctionnait pas bien dans la vie de tous les jours on se rend compte les crèches l'éducation etc et là on se rend compte maintenant que même l'électricité ne va pas bien fonctionner et puis il y a des pénuries dans les supermarchés de choses de moutarde etc donc on se rend compte en fait que la société d'abondance comme vous avez promis et de facilité elle est terminée elle est terminée et je pense que pour les français c'est très difficile parce que c'est l'effondrement global d'un système en fait c'est une caractéristique de l'effondrement global d'un système

20:44
Présentateur

Ils ont des milliards mais nous sommes des millions ça fait déjà deux mois que nous avons lancé notre grand projet d'antenne 24-7 et de télé libre et indépendante aux médias on est transparent ce grand projet et votre média sont menacés cette belle émission l'instant porché où déconstruire l'économie et donner du pouvoir à tout un chacun nous est primordial et menacé on lance un appel pour soutenir une information différente nous avons comme objectif une campagne de dons à hauteur de 200 000 euros ça paraît énorme mais c'est rien comparé aux télés des milliardaires et pour pouvoir faire vivre l'équipe et lui permettre de vous fabriquer une information indée pour celles et ceux qui le peuvent on compte sur vous sur lemediatv.fr nous sommes ravis de décrypter l'actualité avec Thomas et vous chaque semaine merci de toujours nous suivre merci pour tous vos commentaires et vos pouces en l'air sous la vidéo spectateurs, abonnés, donatrices et sociaux je vous dis à la semaine prochaine à la semaine prochaine

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Locuteur

à la semaine prochaine à la semaine prochaine