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Discours / meetingÉlysée (sur YouTube)· 8 février 2019 267 minAutoproduitFond programmatiqueÉducation & rechercheTravail & emploiSolidarités & familleÉconomie & entreprises

Grand Débat avec les jeunes du Morvan

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 73 %Attaque 8 %Défensif 19 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 99 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 6:00OuverteRéponse directe

    Quelle sera votre réforme pour les bacs plus 2, comme les BTS ou DUT ?

  • 9:00OuverteRéponse directe

    Quels sont les objectifs de la réforme des lycées ?

  • 12:00OuverteRéponse directe

    Comment le supérieur va-t-il s'adapter à la réforme des lycées ?

  • 15:00OuverteRéponse directe

    Comment faire pour avoir une spécialité non proposée dans son lycée rural ?

  • 18:00OuverteRéponse directe

    Le Pass Culture est-il toujours d'actualité ? Comment sera-t-il financé ?

  • 21:00OuverteRéponse directe

    Quelles mesures pour favoriser la mobilité des jeunes en 2019 ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:00Maire d'Etang-sur-ArrouxChiffre
    « Nous venons d'ailleurs de consacrer près de 2 millions d'euros à la construction d'une nouvelle école, inaugurée en juin dernier. »
  • 5:00Président de la RépubliqueFait
    « On a fait une réforme, ça, c'est le ministre de l'Éducation nationale, qui va tout de suite vous dire, pour améliorer l'orientation, y compris pour aller vers des filières type BTS, en informant mieux, en accompagnant mieux, en dédoublant, par exemple, le nombre de professeurs, enfin, en dédoublant les professeurs principaux en terminale pour mieux accompagner. »
  • 8:00Ministre de l'Éducation nationaleChiffre
    « Il y a eu plus 25 % de bac pro inscrits en BTS à la rentrée 2018. Et nous allons continuer. À la rentrée 2019, ce pourcentage va encore augmenter. »
  • 10:00Président de la RépubliqueFait
    « On a lancé en parallèle une réforme de l'alternance et de l'apprentissage pour permettre, justement, d'ouvrir davantage ces filières, d'en simplifier le fonctionnement pour que ça corresponde mieux aux jeunes comme vous qui veulent se saisir de ces filières. »
  • 20:00Président de la RépubliqueFait
    « Tous les jeunes auront non seulement ce Pass Culture, c'est-à-dire la possibilité d'avoir ce financement pour accéder à la culture, mais en même temps, une application qui permet aussi d'orienter, de conseiller. »
  • 22:00Président de la RépubliqueFait
    « On a commencé et on va renforcer une vraie politique pour baisser le coût du permis. »
  • 32:00Président de la RépubliqueFait
    « La première réponse, et votre question en est l'illustration la plus parfaite, c'est l'éducation. »
  • 3:00E. MacronFait
    « On a revalorisé pour l'alternance et l'apprentissage la rémunération, c'est dans la loi. »
  • 7:00E. MacronFait
    « On baisse la fiscalité sur les entreprises en particulier industrielles. »
  • 7:30E. MacronChiffre
    « On met 20 milliards d'euros, en particulier sur les métiers agricoles et industriels. »
  • 10:30E. MacronFait
    « Le dernier semestre 2018, pour la 1re fois en 10 ans, on a recréé de l'emploi industriel en France. »
  • 12:30E. MacronFait
    « On a décidé de remettre davantage d'écoles, de formations, d'abord dès le plus jeune âge, l'obligation scolaire dès 3 ans. »
  • 16:30E. MacronFait
    « On va porter l'obligation de formation de 16 à 18 ans. »
  • 4:00Emmanuel MacronChiffre
    « Aujourd'hui, un lycéen professionnel fait à peu près 34 à 35 heures de cours par semaine, c'est un record, il n'y a aucun autre élève en France qui a autant d'heures par semaine. »
  • 6:00Emmanuel MacronChiffre
    « On a créé 250 000 emplois depuis un an, net, et aujourd'hui, il y a plein d'entreprises qui cherchent, et on a 300 000, 400 000 offres chez Pôle emploi. »
  • 10:00Emmanuel MacronPromesse
    « On va développer non seulement les aides au transport, qui existent déjà, mais les aides à la garde d'enfants, pour que le 1er emploi soit accessible aussi aux jeunes mères. »
  • 14:00Emmanuel MacronChiffre
    « Un président ou une présidente de région, pardon, mais ces chiffres sont publics, j'aime pas dire ces choses-là comme ça, mais c'est 4 000 euros par mois pour sincèrement un niveau de responsabilité et d'ennuis qui fait qu'à l'équivalent, quand vous êtes un cadre dans le privé, mais vous gagnez 3, 4 fois plus. »
  • 16:00Emmanuel MacronFait
    « Depuis plus de 30 ans, on fait chaque jour le choix implicite de financer des aides ou des interventions avec les impôts de nos enfants, même pas les nôtres. »
  • 18:00Emmanuel MacronFait
    « En France, il serait faux de dire qu'on est obligé de s'endetter pour apprendre, avoir un bon diplôme et rentrer dans la vie active. »
  • 20:00Emmanuel MacronFait
    « Nous avons même réduit à la rentrée dernière les coûts d'inscription très fortement, en baissant en particulier la part de la mutuelle étudiante, la couverture maladie, qu'on a supprimée. »
  • 24:00Emmanuel MacronFait
    « Les grandes écoles d'Etat, elles ne sont pas sélectives d'un point de vue financier, et on est rémunéré quand on est étudiant. »
  • 26:00Emmanuel MacronFait
    « Nous sommes dans un monde qui est, de toute façon, devenu dangereux et où le fait terroriste est là. »
  • 28:00Emmanuel MacronFait
    « On a passé des lois, on a réorganisé, embauché de nouvelles personnes, mis en place des systèmes très perfectionnés pour suivre les gens qu'on identifie comme dangereux et les bloquer avant qu'ils ne passent à l'acte. »
  • 0:15PRESIDENTChiffre
    « la moitié des métiers dans 10 ans n'existent pas aujourd'hui ou seront complètement transformés »
  • 2:00PRESIDENTFait
    « On en parlait pas. Il y a 5-6 ans, on ne parlait pas d'harcèlement. Ca existait, on en parlait dans des familles, on savait que c'était là, mais on en parlait pas publiquement à ce point »
  • 5:00PRESIDENTFait
    « Nous n'avons pas la même taille de pays. Deuxièmement, nous n'avons pas le même système institutionnel. La Suisse est une confédération avec un rôle de l'exécutif, du législatif, qui est très différent »
  • 7:00PRESIDENTFait
    « On a supprimé une partie de l'ISF, pas tout. On a enlevé l'impôt sur la fortune pour les gens qui décidaient de le réinvestir dans l'économie. On a maintenu l'impôt sur la fortune quand il était dans l'immobilier, parce qu'il est non productif »
  • 9:00PRESIDENTFait
    « Si on arrivait à une solution où les Britanniques devaient quitter l'Europe sans accord, on s'est préparés. Et donc on a passé tous les textes au Parlement, le gouvernement a pris les mesures pour protéger notre économie »
  • 16:00PRESIDENTFait
    « On a plus de forêts que les Allemands, mais on importe le bois transformé. Donc nous, on laisse partir du bois qui se fait transformer ailleurs, et on importe des meubles »
  • 19:00PRESIDENTPromesse
    « On a lancé un grand plan pour structurer cette filière. Et la structuration de cette filière, elle passe aussi par l'investissement, nous, on va investir pour aider à s'équiper, et par le regroupement »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

... -M. le président, mesdames et messieurs les membres du gouvernement, mesdames et messieurs les parlementaires, mesdames et messieurs les représentants de l'Etat, mesdames et messieurs les élus, mesdames et messieurs les enseignants, chers élèves, au nom du conseiller municipal et de la population étangoise, je vous souhaite à tous la bienvenue au sein de notre commune d'Etang-sur-Arroux.

C'est un grand honneur pour nous de vous recevoir, M. le président, pour l'une des séquences du grand débat national, notamment sur le thème de la jeunesse. Notre commune est effectivement tournée vers la jeunesse, avec 700 élèves, dans divers établissements, pour 2 000 habitants.

C'est l'Epide, établissement d'insertion, d'ailleurs que je remercie de leur aide pour la mise en place de cette salle, et le Lycée forestier, que vous venez de visiter, mais c'est aussi la maison familiale rurale, proposant des formations sur les métiers des chevaux, et les écoles communales jusqu'au collège. Nous venons d'ailleurs de consacrer près de 2 millions d'euros à la construction d'une nouvelle école, inaugurée en juin dernier. Votre présence est une chance formidable, pour les 1 000 jeunes présents cet après-midi, de pouvoir s'adresser directement au président de la République et de lui faire part de leurs interrogations, voire de leurs inquiétudes, sur leur formation et leur avenir.

C'est une opportunité pour vous, M. le président, d'appréhender encore mieux les spécificités de la jeunesse dans le milieu rural. A vous de ne pas les décevoir par les enseignements que vous tirerez de ce débat.

Je sais que cet après-midi est consacré à la jeunesse, mais je regrette de ne pas compter parmi nous nos collègues maires de la Communauté de communes du Grand Autunois à Morvan pour un tel événement. Il aurait été souhaitable qu'ils soient à nos côtés. Si d'autres thèmes étaient proposés, je souhaiterais vous faire part de l'inquiétude des élus, de la population et des difficultés concrètes de la vie quotidienne en milieu rural.

C'est par exemple le déficit de médecins et de structures hospitalières, ou l'appauvrissement des services publics, comme la Poste, le Trésor public et les transports ferroviaires, mais aujourd'hui, place à la jeunesse et au débat, et merci encore, M. le président, d'honorer la commune d'Etang-sur-Arroux de votre présence, et je vous laisse la parole. (Applaudissements) -Merci, M. le maire.

Merci. Merci beaucoup. Merci, M. le maire, et merci à la commune de nous accueillir, et bonjour à toutes et tous, heureux d'être parmi vous, et je remercie les ministres, les élus, l'ensemble, aussi, du personnel enseignant qui vous accompagne, vous forme tout au long de l'année, et au fond, des jeunes de toute la région, enfin, du département, venant d'horizons très différents qui sont réunis aujourd'hui.

Alors moi, je suis à votre disposition pour qu'on évoque tous les sujets qui sont d'importance pour vous, mais je voulais commencer par, au fond, partager avec vous une conviction, un message. Je crois que personne, ici, dans ce gymnase, n'a manqué ce qu'il s'est passé dans notre pays ces dernières semaines, ou ces derniers mois, et au fond, ces dernières années, et on traverse aujourd'hui une période qui est difficile, et au fond, ce que nous avons à faire, c'est inventer le pays dont nous voulons, ni plus, ni moins. On le fait de manière classique au moment des élections, on le fait pour sa commune lorsqu'on vote pour son maire, on le fait ensuite quand on vote pour son député, on le fait tous les 5 ans à l'élection présidentielle.

Là, compte tenu de ce qu'il s'est passé, j'ai décidé qu'on allait le faire ensemble, dans le pays, à ciel ouvert. C'est ce grand débat. Et donc moi, j'attends de vous, de nous, qu'on puisse débattre sur tous les sujets sur lesquels j'ai interpellé les Françaises et les Français.

Quel Etat on veut, quelle protection sociale, quel type d'éducation ? Qu'est-ce qu'on veut pour notre économie ? Comment on veut efficacement lutter contre les inégalités dans notre pays ?

On veut répondre au défi de la transition énergétique et climatique. Comment répondre au digital ? Quel type d'Europe ?

J'ai posé beaucoup de questions, une trentaine, mais moi, je voudrais, cet après-midi, vous entendre sur ces sujets. J'entends dire que la jeunesse ne participerait pas suffisamment à ces débats, parce qu'elle est souvent, d'ailleurs, en formation au lycée, comme vous, l'Epide, à l'université, dans telle ou telle filière, mais ceux qu'on va préparer à travers ce débat, ce sera vous. La France de dans 10 ans, dans 20 ans, c'est la vôtre, beaucoup plus, beaucoup plus, même, que la mienne.

Et donc votre responsabilité, c'est là où je veux vous entendre, et c'est pas, en quelque sorte, un privilège qu'on vous donne, c'est un devoir que j'ai vis-à-vis de vous, et vous, un devoir que vous avez de prendre ce débat, c'est de le regarder parce que le monde dont on parle, on va pas le faire du jour au lendemain. Tous ces grands défis du pays que nous avons à saisir, nous n'allons pas les régler en 1 mois, 2 mois, 6 mois, même 1 an. Ca va parfois prendre plusieurs années, mais c'est votre monde qu'on prépare, et donc moi, j'ai besoin de vous entendre sur vos convictions, vos doutes, vos interpellations, et donc je souhaite que les 3 heures qu'on va passer ensemble, ça puisse être l'occasion pour vous soit d'exprimer des convictions, des conseils sur chacun des points ou tous ceux que vous voudriez soulever, soit, éventuellement, poser des questions.

Mais moi, je n'attends pas simplement des questions auxquelles je doive répondre. Je veux votre part de vérité, vos indignations, ce qui, pour vous, ne va pas, ce que vous ne comprenez pas, ce que vous voudriez qu'on change, et faites-moi plaisir, je sais qu'il y a eu un gros travail pour préparer les choses, c'est normal et je remercie vraiment vos enseignants pour cela, mais à chaque fois que vous vous êtes posé une question et qu'on vous a expliqué que ce n'était pas une bonne question sans que vous ayez compris pourquoi, posez-la, parce que c'est souvent parce qu'on a refusé de régler cette question qu'on se la pose encore, et bien souvent, quand on vous a dit : "Ca, c'est pas dans le jeu", c'est qu'en fait, on n'avait pas la réponse et qu'elle est sans doute pas si mauvaise. Donc voilà, ce que je veux, cet après-midi, c'est qu'on ait l'échange le plus libre, le plus direct.

Mais vous n'êtes pas, pour moi, une des composantes de ce débat. C'est pour vous qu'on prépare le pays de demain, et donc c'est à vous de vous saisir tout particulièrement de ce moment national. Je serai pas plus long, c'est à vous de prendre la parole.

Je remercie les ministres et je donnerai la parole aux ministres en fonction des questions, parce que vous avez quand même la chance d'avoir 5 ministres qui sont à mes côtés, en charge de l'Education nationale, du travail, des sujets environnementaux, de la jeunesse et des sujets de territoires et de collectivités, donc en fonction des sujets, je les solliciterai aussi. A vous. (Applaudissements) ...

Vous ? -Oui, bonjour, je m'appelle Alexandre Chevaux, je suis en baccalauréat professionnel à Blanzy, et j'aimerais poser une question par rapport à la formation professionnelle de bac plus 2. Quelle sera votre réforme... pour les années à venir ? -Pour les bacs plus 2 ? -Oui, formation professionnelle, par exemple BTS ou DUT. -Merci beaucoup.

Qu'est-ce que vous voulez faire, vous ? -Je voudrais faire un BTS comptabilité et ensuite, travailler dans une entreprise. Vous êtes déterminé ?

Oui, je suis déterminé. (Rires) (Applaudissements) ... -Bon.

Merci beaucoup. Alors ça, typiquement, c'est une question sur les réformes qu'on est en train de conduire. Les ministres sont là et ils vont me compléter, mais au fond, et après, je laisserai répondre les ministres sur chacun de vos points, ce qu'on est en train de conduire, de la petite enfance jusqu'au supérieur, et à votre âge et au-delà, c'est d'essayer de rebâtir une école où on donne toutes les chances à chacun de réussir.

On parle beaucoup d'inégalités, la 1re des inégalités, c'est l'inégalité scolaire. Quand on n'a pas la même chance de réussir selon la famille ou l'endroit où on est, là, c'est terrible, et donc on a fait beaucoup de choses pour les petites classes, on y reviendra s'il y a des questions. On a fait une réforme, ça, c'est le ministre de l'Education nationale, qui va tout de suite vous dire, pour améliorer l'orientation, y compris pour aller vers des filières type BTS, en informant mieux, en accompagnant mieux, en dédoublant, par exemple, le nombre de professeurs, enfin, en dédoublant les professeurs principaux en terminale pour mieux accompagner, et puis on a lancé en parallèle une réforme de l'alternance et de l'apprentissage pour permettre, justement, d'ouvrir davantage ces filières, d'en simplifier le fonctionnement pour que ça corresponde mieux aux jeunes comme vous qui veulent se saisir de ces filières et qu'ils trouvent plus facilement des maîtres d'apprentissage ou des maîtres d'alternance, qu'ils soient mieux rémunérés, qu'ils soient mieux accompagnés dans leur vie et qu'on leur donne plus de visibilité.

Peut-être, dans ces cas-là, en quelques minutes, M. et Mme la ministre, dans la foulée, vous pouvez expliquer, ce sera un bon résumé. -D'accord.

Merci, M. le président. Je suis très heureux qu'on commence par une question comme ça, parce qu'il s'agit d'un succès français.

Le BTS et le DUT, qui sont les bacs plus 2 qui existent, comme vous le savez, c'est un succès français qui nous est envié, d'ailleurs, par beaucoup de pays dans le monde. Souvent, on est amenés à faire des expertises pour d'autres pays pour dire : "Voilà comment on fait les BTS, "en France, et comment on fait les DUT." Pourquoi ?

Parce que c'est des diplômes qui insèrent. Vraiment, la très grande majorité des titulaires d'un BTS ou d'un DUT trouvent du travail ou même continuent leurs études vers, par exemple, une licence pro ou d'autres choses, donc c'est une très bonne idée de vouloir faire cela. S'agissant des BTS, on sait aussi que c'est là que réussissent bien les bacs pro.

Les bacs pro ont un pourcentage de réussite bien plus important quand ils font un BTS que quand ils font un DUT ou quand ils vont à l'université. Et donc un des points très importants de ce qu'on a pu faire dès la rentrée dernière avec Frédérique Vidal, ça a été de faire en sorte qu'il y ait plus de bac pro qui soient admis en BTS. Le chiffre est d'environ 25 %.

Il y a eu plus 25 % de bac pro inscrits en BTS à la rentrée 2018. Et nous allons continuer. A la rentrée 2019, ce pourcentage va encore augmenter.

Parfois, quand on a un bac pro et qu'on va faire un BTS, on ne se sent pas parfaitement préparé pour le réussir. C'est pour cela aussi qu'on a ouvert des classes passerelles qui durent un an, entre le baccalauréat et le BTS, pour faire réussir l'élève. C'est donc très important, et donc voilà le sens de ce que l'on est en train de faire, et on encourage de plus en plus les élèves à faire un bac pro aussi.

L'année dernière, on a dit à tous les principaux de collèges qu'il n'y avait pas de hiérarchie à faire dans l'orientation entre général, technologique, professionnel et apprentissage. Donc ça veut dire qu'il y a eu plus d'élèves qui, en seconde, ont choisi en 1er voeu l'apprentissage ou la voie professionnelle. Et donc ça signifie aussi plus d'élèves, dans le futur, ayant un bac pro et faisant un BTS.

Donc voilà le sens de la politique que l'on a menée sous l'impulsion du président, et avec Murielle Pénicaud, qui va sûrement dire un mot, on a souhaité aussi que ça se fasse aussi souvent que possible en apprentissage, donc il y a plusieurs BTS qui vont devenir davantage réalisés en apprentissage. Mais je lui laisse la parole. -Oui, d'abord, je voudrais vous féliciter parce que vous avez osé parler le premier.

Ca peut être un peu stressant, mais ça va être un exercice formidable. Après, vous aurez plus peur de rien. Vous aurez parlé devant un président de la République, 1 000 personnes, des ministres, enfin, tout ça.

Donc profitez de ce moment où tout le monde a envie d'entendre ce que vous dites. Le président l'a dit, c'est important pour nous, ça éclaire aussi des choix, et donc c'est un bon exemple pour tout le monde d'avoir osé le faire. Alors sur l'apprentissage, on a travaillé là aussi main dans la main avec Jean-Michel Blanquer.

Pourquoi ? Parce qu'on s'est aperçus d'une chose, c'est qu'en France, on a un taux de chômage des jeunes très fort, 20 %, qui est extrêmement élevé, un des plus élevés d'Europe, et en même temps, on est le pays qui a peut-être le moins développé l'apprentissage, et il y a un lien entre les 2, parce que les jeunes qui font un apprentissage, que ce soit un CAP, un bac pro, un BTS, un DUT ou une école d'ingénieur ou un master, ils ont une très bonne insertion professionnelle parce qu'ils ont à la fois un diplôme, une expérience professionnelle et la maturité, et donc on a, dans le cadre de la loi pour la liberté de choisir son avenir professionnel, libéré, en gros, tout ce qui empêchait de lever. Vous savez, quelquefois, il faut démonter le moteur, c'est comme une moto, on a démonté, on a regardé tout ce qui allait pas, puis on a remonté la bécane, mais un peu différemment pour que ça puisse développer l'apprentissage de façon beaucoup plus large.

Alors il y a des jeunes apprentis, ici, dans le bâtiment, dans les multi-métiers, il y en aura aussi bien dans les lycées publics que dans le secteur privé, dans une entreprise comme dans des CFA, mais c'est une des grandes voies qu'on avait besoin de compléter dans ce pays pour pouvoir permettre à beaucoup plus de jeunes, et je dirais même à chaque jeune, de trouver par la voie scolaire ou par la voie de l'apprentissage, ou en passant de l'un à l'autre, et maintenant, ça va être possible de passer de l'un à l'autre, de trouver sa voie. Et moi, j'ai bien senti aussi que votre force, c'était que vous êtes déterminé, vous savez ce que vous voulez. Ca, c'est la plus grande force.

Il faut jamais laisser personne vous dire le contraire. Mais pour ça, c'est important d'aider chacun à trouver. C'est pour ça que dans cette loi, avec Jean-Michel Blanquer, on a mis aussi une petite révolution sur l'orientation.

Tous les jeunes, de la 4e à la 1re, auront 54 heures par an de découverte des métiers pour rencontrer des professionnels, pour savoir ce que c'est, les métiers, pour de vrai. On peut pas les voir que dans des fiches ou sur Internet, il faut rencontrer des gens qui le font. Voilà.

Donc bonne chance pour votre projet. (Applaudissements) ... -Allez-y.

Ah, pardon. -Elève : M. le président, bonjour.

Je me présente. Je m'appelle Pierrick Anssiaux, je suis élève au lycée militaire d'Autun. Mes camarades et moi avions 2 questions.

Premièrement, quels sont les objectifs de la réforme des lycées ? Puis dans un second temps, comment le supérieur va-t-il s'adapter à la réforme des lycées ? Je pense notamment aux classes préparatoires, qui recrutent beaucoup en fonction des élèves issus de certaines filières.

Dans la réforme des lycées, il est écrit qu'il n'y aura plus de filières, que ce seront des bacs ou quelque chose comme ça, et j'aimerais savoir, justement, comment le supérieur va-t-il s'adapter à cette réforme. Voilà. Merci. -Alors, merci beaucoup et merci de m'avoir accueilli, ce matin, si je puis dire, même, quelques instants, puisque je suis arrivé dans la région par chez vous.

Alors moi, je dirais pas que le supérieur doit s'adapter aux lycées. Au fond, ce qu'on essaie de faire, c'est que tout notre système scolaire s'adapte à l'élève, à la personne, parce que vous êtes toutes et tous des adultes en devenir, et au fond, ce que notre éducation vous doit, c'est de vous donner les moyens de devenir des adultes libres qui choisissent librement telle ou telle filière, et donc on vous donne les moyens de choisir, et les moyens de choisir, c'est quoi ? Avoir les savoirs fondamentaux.

Ca, c'est ce qu'on considère qu'on doit vous donner au niveau, justement, maternelle, primaire, et qu'on complète au collège. C'est ensuite qu'on vous permette de vous repérer, dans la vie, par des systèmes d'option et des choix, et qu'on vous accompagne en vous orientant. Et donc le coeur de la réforme, qui a été porté et qui est porté par le ministre de l'Education nationale et à laquelle vous avez fait référence et qui touche à la réforme du baccalauréat, c'est d'abord une réforme qui consiste à dire : "Arrêtons, en quelque sorte, les barrières, "et arrêtons de demander à un jeune en sortie de seconde : 'Tu as quasiment choisi pour la vie.'" Moi, ma génération, c'était ça.

En seconde, parfois même dès la 3e, on vous orientait et puis vous choisissiez. Il y a ceux qui avaient le droit d'aller en général ou pas. Parfois, il y a des gens, d'ailleurs, qui n'étaient pas heureux en général.

Tout à l'heure, j'ai déjeuné, c'était vous. Il m'a expliqué, il a fait une seconde générale, et en fait, ça lui plaisait pas et il a eu le courage, lui-même, contre ses enseignants, je le dis devant le ministre, à l'époque, il l'a avoué, de revenir dans une filière qui corresponde à ce qu'il voulait faire, ornithologue. Bon.

Donc ça, on avait ces cases dès la 3e, puis la seconde, et puis très peu de passerelles, OK ? Donc vous choisissiez des filières, et ensuite, arrivés au niveau du baccalauréat, vous rentriez dans un univers, après le bac, qui est l'université, plus toutes les filières professionnelles qu'on a évoquées, et là, débrouillez-vous. C'est-à-dire qu'on vous poussait et on vous disait : "Tout redevient possible. "Vous avez fait un baccalauréat technologique, "agricole ou que sais-je, vous pouvez, si vous voulez, "vous inscrire en médecine, y aura pas de problème, "vous allez y arriver." C'était pas vrai.

Ce qui fait qu'on avait un énorme taux d'échec dans les 1res années de l'université. Là, toute la réforme qu'on conduit, c'est pour dire comment on donne le maximum de chances à un jeune de réussir et de choisir. Donc 1er point, on conseille, on oriente, on accompagne de plus en plus tôt, dès la 3e, puis tout au long du lycée, et donc on met plus de moyens sur l'orientation, l'accompagnement, on dégage du temps chez les enseignants, c'était l'exemple que je donnais tout à l'heure pour les 2 profs principaux en terminale, on dégage du temps dans l'école dès la 3e et la seconde pour faire davantage d'information sur ce qu'il se passe après pour mieux orienter.

Ensuite, on crée des systèmes de choix. La réforme du baccalauréat, c'est ça, c'est de dire : "Vous choisissez des dominantes, il y a un tronc commun, "et puis vous choisissez vous-même votre menu", si je puis dire, mais ce qui vous permet de faire des passerelles. On ne décrète pas à un âge donné que vous n'aurez plus le droit de faire ceci ou cela.

Vous construisez des préférences avec des disciplines en plus du tronc commun, on continue l'orientation, et tout ce que vous avez entendu avec Parcoursup, on y reviendra, c'est aussi vous permettre de prendre en compte, entre le lycée et le supérieur, ces orientations, pour pouvoir vous dire en fonction des options que vous avez choisies, vous pouvez aller plus facilement vers tel endroit ou tel autre. Ensuite, on simplifie l'épreuve même du baccalauréat pour ne plus avoir simplement une grande messe, si je puis dire, mais prendre en compte aussi tout le travail qui est fait tout au long de l'année avec vos maîtres, avec des gens qui vous connaissent et qui peuvent évaluer votre performance, parce que tout juger sur une épreuve est parfois un peu réducteur, donc on garde des épreuves, évidemment, il y a toujours le bac, mais on prend plus en compte le contrôle continu, et on fait une réforme du supérieur avec Parcoursup, dont le but est de continuer cet accompagnement du lycéen, devenu jeune, à l'université ou ailleurs, et qui consiste à dire : "Si vous avez fait un baccalauréat avec telle et telle option "et que vous voulez, par exemple, vous inscrire en médecine, "y a pas de problème, vous pouvez, "vous avez acquis, en quelque sorte, les compétences "qui vous permettront de réussir." Après, ça dépend de votre motivation et de votre travail. "Si vous avez fait telle et telle dominante "ou option en 1re et terminale, "vous allez pas réussir du 1er coup en médecine donc il faut plutôt "passer 6 mois ou 1 an dans une autre formation universitaire." On va vous envoyer et vous dire : "Allez d'abord faire ceci ou cela." Et d'autres fois, on vous dira : "On vous recommande pas d'aller dans cette filière." Et donc on met beaucoup plus d'accompagnement et de cohérence entre ce qu'il se passe au lycée et dans le supérieur.

Donc voilà le sens de cette réforme. Alors après, on garde toutes les options au niveau du supérieur. Il y a les classes prépas et les classes prépas intégrées, qui restent des filières qui continuent à avoir tout leur sens et qui permettent, soit en elles-mêmes, soit pour la suite, de préparer à des filières sélectives et des grandes écoles, il y a les filières universitaires, et il y a toutes les filières que les ministres viennent d'évoquer, qui sont aussi des filières d'excellence, qu'on va retrouver en IUT, dans des BTS, simplement dans des disciplines qui sont totalement différentes, mais qu'il faut revaloriser.

Voilà la philosophie de la réforme qu'on conduit. M. le ministre, vous voulez rajouter quelque chose ?

Allez-y, il faut que ce soit le plus précis possible. -Il y a donc cette philosophie qu'on pourrait appeler du "continuum". On peut dire que l'objectif, c'est qu'en préparant le baccalauréat, on cherche à vous faire réussir ce qui vient après le baccalauréat, autrement dit, que vous prépariez des compétences qui vont être utiles dans la vie.

L'exemple typique, c'est le fait d'avoir installé une épreuve de grand oral au baccalauréat pour que, comme vous êtes en train de le faire aujourd'hui, tout au long de votre scolarité, vous vous entraîniez à être bons à l'oral et à pouvoir vous exprimer, argumenter, etc. L'autre exemple, c'est l'arrivée de nouvelles disciplines. Quand on met un nouvel enseignement qui s'appelle "Sciences numériques et informatique", c'est évidemment pour vous offrir des opportunités de compétences correspondant au futur.

Alors, s'agissant de votre 2e question sur les classes prépas, elle est d'ailleurs intéressante même au-delà des classes prépas, parce que c'est vrai que ce que nous faisons en ce moment, c'est de créer une nouvelle cohérence entre ce qu'il se passe au lycée et ce qu'il se passe après le baccalauréat, donc il y a une influence mutuelle du lycée sur la classe prépa et de la classe prépa sur le lycée. Qu'est-ce que ça veut dire ? Ca veut dire qu'avec Parcoursup, déjà, depuis l'année dernière, vous avez, comme l'a dit le président, des attendus qui sont plus explicites.

Avant, vous passiez le bac et puis après, il fallait faire des choix un petit peu à l'aveugle. Maintenant, vous avez les établissements d'enseignement supérieur qui vous disent les "attendus", déjà, ne serait-ce que pour vous informer, pour vous dire, en médecine : "C'est bien si vous avez fait "SVT", par exemple, ce genre de choses. Désormais, c'est donc plus clair, et les classes prépas font la même chose.

Simplement, auparavant, pour une classe prépa ingénieur, par exemple, c'était forcément la série S, donc c'était un couloir, puis ce couloir, il y avait parfois un trou, soit avant la prépa, soit peu après la prépa, si on réussissait ou si on ne réussissait pas. Maintenant, les classes prépas vont être amenées à proposer des attendus, à proposer des parcours en amont d'elles-mêmes qui peuvent être plus diversifiés. Ce sera pas seulement, maths, physique, SVT, par exemple, ça peut être sciences de l'ingénieur.

Il y en a beaucoup qui sont implantées dans ce département, maintenant, pour la rentrée prochaine. Ca peut être sciences informatiques et numériques dont je parlais. Vous allez même avoir des classes prépas qui vont dire : "C'est bien d'avoir fait tel et tel enseignement "de spécialité scientifique, mais c'est bien aussi d'avoir fait "un enseignement en sciences humaines, en humanité en plus." Par exemple en médecine, vous allez avoir de plus en plus de facs de médecine qui vous disent : "C'est bien d'avoir "une forte compétence scientifique de base, "mais on aime bien, aussi, quand vous avez fait de la littérature, "de l'histoire-géographie", etc.

Donc ce qu'on fait, c'est qu'on est plus clair sur ce qui est attendu par les universités ou par les classes prépas, mais il y a aussi, de la part des classes prépas et des universités, la possibilité d'avoir une plus grande diversité de profils dans leur recrutement. Donc c'est moins standardisé, c'est moins en couloir, ça vous permet davantage, à la fin de la seconde, de faire des choix qui correspondent à ce que vous aimez. Et si j'ai un conseil à donner à tout le monde, tous ceux qui sont en seconde en ce moment, c'est : "Choisissez ce que vous aimez." Vous avez la possibilité, que nous n'avions pas avant vous, de prendre 3 enseignements de spécialité que vous aimez, et comme vous allez les aimer, vous allez les approfondir, vous allez être meilleurs, et comme vous allez être meilleurs, vous allez ouvrir vos possibilités après.

Donc c'est vraiment une situation où, en classe de seconde, au lieu d'avoir 3 choix en voie générale, vous allez avoir, selon les lycées, une vingtaine ou une trentaine de combinaisons entre les 7, 8, 9 spécialités présentes dans le lycée. C'est donc une opportunité formidable et cohérente avec l'objectif fondamental que nous avons qui est votre réussite après le baccalauréat dans le métier ou dans la formation que vous suivrez. -Oui ?

Allez-y. Bonjour, je m'appelle Mao Galice, je suis élève de seconde au lycée Bonaparte ainsi que membre du Conseil Jeunes Citoyens d'Autun. Je souhaiterais reposer une question par rapport à la réforme, justement.

On nous promet un baccalauréat à la carte. Cependant, comme vous avez pu le constater, nous sommes dans une zone très rurale, et les lycées ne proposent pas toutes les spécialités, donc comment faisons-nous, si la spécialité que nous désirons prendre ne se trouve pas dans notre lycée ? Nous ne pourrons pas toujours partir loin à cause des problèmes d'argent ou nous n'en aurons pas toujours l'envie.

Alors comment allons-nous faire ? Bien, c'est une très bonne question, là aussi. Il faut voir de quelle situation nous partons et vers quelle situation nous allons.

La réalité que vous décrivez, c'est déjà la réalité d'aujourd'hui, en réalité. C'est-à-dire que parfois, un lycée rural, parce qu'il est de plus petite taille, offre moins de possibilités. Il y a par exemple plusieurs lycées ruraux, dans ce département, qui ne proposaient pas L, ES et S en voie générale.

Parfois, c'est, par exemple, que S et ES. Donc on part d'une situation où le fait d'être plus petit, c'est pas le fait d'être rural, mais le fait d'être plus petit donne moins de choix, c'est déjà la réalité d'aujourd'hui. La réforme permet d'offrir plus de choix, et a fortiori en milieu rural, parce que ce que nous avons voulu, c'est que grâce à la réforme, on puisse parfois compenser les inégalités qui existaient déjà, que ce soit en milieu rural ou dans les territoires de banlieues dans toute la France.

C'est ainsi, et ça peut se vérifier aujourd'hui...

J'ai regardé, évidemment, la Saône-et-Loire avant de venir. Vous avez, par exemple, j'ai fait référence, tout à l'heure, à sciences de l'ingénieur, eh bien, on l'a implanté dans plusieurs lycées du territoire, dont des lycées ruraux. Alors c'est vrai que dans certains cas, on peut proposer une spécialité commune à plusieurs lycées, et que quand on est dans un lycée rural, c'est plus difficile d'aller dans un autre lycée parce que c'est moins proche, mais ce problème existait déjà auparavant.

Donc ce qu'il faut voir, c'est qu'on va d'abord faciliter les possibilités de mobilité, par exemple avec les politiques d'internat, mais c'est aussi qu'on s'est mis en situation, d'abord de mettre plus de spécialités dans les lycées ruraux, et puis aussi et surtout, d'avoir des possibilités, par exemple, d'enseignement à distance et des possibilités de partage avec les lycées les plus proches. Donc là, évidemment, plus un lycée est petit, moins il a de choix, plus il est grand, plus il a de choix, ce qui est normal, mais ce qui est certain aussi, c'est qu'aujourd'hui, un lycée d'une certaine taille a plus de choix que précédemment avec la même taille. Donc les lycées ruraux, nous y apportons une attention vraiment très particulière parce que nous voulons élargir vos choix, et ce que je viens de dire vaut aussi pour les lycées agricoles, parce qu'on a travaillé avec le ministère de l'Agriculture pour que les disciplines qui sont attendues en lycée agricole soient présentes aussi. -A Chalon, et j'habite déjà loin d'Autun, et ça me ferait repartir encore plus loin. -Cette spécialité, vous allez pouvoir l'avoir à Chalon. -C'est ça. -Pardon.

Et il y a des places libres, au lycée de Chalon, qui offre cette discipline ? -Sûrement. Je sais pas exactement. -Ce qui est vrai, c'est que c'est impossible de dire : "Il y aura dans tous les lycées de France "toutes les options accessibles." Ca, ce serait impossible, et donc mécaniquement, on est obligé de pouvoir avoir, sur certaines catégories d'options, certains types de lycées qui les auront et pas d'autres, mais encore une fois, comme disait le ministre, comme ça existe aujourd'hui.

Ce qu'il faut, c'est que personne soit dans une situation sans solution, et donc qu'il y ait la possibilité, pas trop loin, ou avec l'offre d'internat, de pouvoir accueillir quelqu'un qui veut faire la formation que vous voulez. Allez-y. Alors je tourne.

Je vais faire...

Allez-y. -Merci. Bonjour, M. le président, bonjour, messieurs et mesdames les ministres.

Alors moi, M. le président, j'ai une question à propos du Pass Culture. C'est quelque chose dont on entendait beaucoup parler l'année dernière, mais j'aimerais déjà d'abord savoir si c'est toujours d'actualité, comment ce sera financé, qui pourra en bénéficier, et voilà. (Rires) -Merci beaucoup.

Vous faites bien. Alors c'est toujours d'actualité. L'expérimentation a commencé le 1er février.

Donc le ministre de la Culture l'a lancé, on a créé, en fait...

Le Pass Culture, c'est un engagement que j'ai pris, en effet, pendant la campagne présidentielle, en regardant ce qu'avaient fait les Italiens, quelques années avant, et ça consistait à dire : "A 18 ans, on va accompagner un jeune "pour pouvoir accéder à la culture, et donc il aura un chèque, "500 E, pour pouvoir acheter des contenus culturels, "ce qui permet de corriger des inégalités." Parce qu'aller à un concert, aller au théâtre, acheter un livre, aller au cinéma ou que sais-je a un coût, et qu'il y a des familles pour qui c'est plus dur que d'autres. Il y en a qui n'en ont pas besoin, mais c'est quelque chose qu'on offre à tout jeune à 18 ans.

Il y a eu un gros travail qui a été fait pendant un an et demi pour que ce soit pas seulement un chèque, parce qu'on a regardé, en Italie, ça marchait moyennement parce qu'on donnait un chèque et puis parfois, on l'utilisait pour aller acheter des vidéos ou des séries qui n'avaient rien à voir, forcément, avec ce qui était le plus recommandé ou qui avait à voir avec "culture", et on a vu qu'il y en a certains qui, d'ailleurs, achetaient des livres, les revendaient ensuite d'occasion pour faire de l'argent. Bon, il y a eu plein d'excès, des choses imparfaites. Donc on a mis en place une petite structure, et il y a une application qui a été créée, "Pass Culture", qui est d'ailleurs téléchargeable, qui a été lancé au 1er février.

Et on a des territoires d'expérimentation sous le contrôle du préfet, je pense pas qu'on le soit ici. On l'est pas. C'est quoi, le territoire le plus proche ?

Oui ? On les trouvera, mais en tout cas, là, on a lancé les 1ers territoires d'expérimentation pour pouvoir avoir la 1re version testée. Donc c'est en train de se déployer.

L'année prochaine, on va continuer à le généraliser, et comme je l'ai dit moi, pendant mon mandat, ce sera généralisé en totalité. Et donc tous les jeunes auront non seulement ce Pass Culture, c'est-à-dire la possibilité d'avoir ce financement pour accéder à la culture, mais en même temps, une application qui permet aussi d'orienter, de conseiller, de pas forcément acheter n'importe quoi ou de l'utiliser à mauvais escient. Donc ce sera bien au rendez-vous.

Alors, j'ai fait ici, j'ai fait là, j'en ai pas fait ici. Mademoiselle. -Bonjour, M. le président et les ministres.

Je m'appelle Carolane Guillain, je suis terminale à la MFR d'Etang-sur-Arroux. Ma question pose, enfin, notre question par rapport au lycée se pose par rapport à la mobilité des jeunes en 2019, que ce soit pour se rendre en cours, en stage, ou même bénéficier des séjours linguistiques professionnels à l'étranger, quelles mesures supplémentaires pourrait-on mettre en place pour favoriser ces déplacements et en limiter les coûts ? Merci beaucoup.

Alors quand vous parliez de mobilité, il y en a plusieurs et vos exemples sont très différents. Bon, il y a d'abord la mobilité du quotidien, qui rejoint, d'ailleurs, ce que disait votre collègue. On est un jeune, on doit se former à un endroit, c'est loin de chez soi, il faut qu'on puisse former, y compris loin de chez soi, et donc avoir des structures d'accueil pour former.

Et donc avec la mobilité, il y a l'accueil, premièrement. C'est pour ça qu'on redéveloppe fortement les internats, la capacité à accueillir des lycéens, des étudiants, des apprentis, dans des centres qui sont parfois loin de chez eux pour pouvoir, dans de bonnes conditions, étudier. 1er point.

Ca, c'est la 1re réponse et elle est, pour nous, fondamentale. Donc il y a tout un plan internat qui est en cours de déploiement. C'est la même chose qu'on fait, on le voyait d'ailleurs tout à l'heure avec l'Epide, ce qu'on va faire avec le Service national universel, ce qu'on va poursuivre avec l'apprentissage. 2e chose, la mobilité au quotidien, c'est ensuite, très rapidement, le permis, parce que quand il faut se déplacer et accéder ou à son travail quand on est en apprentissage, en tout cas, chez son maître de stage, ou faire le déplacement, quand on est majeur au lycée ou autre, c'est la capacité à pouvoir avoir accès ou à un transport en commun, à ce moment-là, c'est qu'il soit à moindre coût en milieu urbain, ou lorsqu'il y a du transport en commun, sinon, c'est le véhicule individuel, et donc c'est l'accès au permis.

Donc là, on a commencé et on va renforcer une vraie politique pour baisser le coût du permis. 1, on a rouvert et accéléré le Code pour qu'il soit obtenu avant les 18 ans et en milieu scolaire. 2, c'est déjà le cas en service civique, dans le Service national universel, on aura l'intégralité du permis qui sera intégré. 3, pour ceux qui sont en apprentissage, le permis est financé et il y a le chèque de 500 E qui est fourni.

Et 4, ce qu'on veut faire, c'est baisser le coût d'acquisition du permis pour les jeunes pour qu'on puisse beaucoup plus facilement avoir accès à celui-ci. Ensuite, il y a les forfaits déplacement pour les formations, c'est-à-dire que vous n'avez pas le permis, vous êtes encore lycéen ou vous n'avez pas les moyens de vous acheter une voiture ou vous n'avez pas réussi à l'avoir, mais c'est des transports en commun dont vous avez besoin : train, bus, car pour vous rendre à votre formation, ce qui est le 3e cas, à ce moment-là, ce qu'on intègre aujourd'hui dans nos financements, et ça, c'est en partenariat, bien souvent, avec les régions, ce sont des forfaits mobilité pour pouvoir accompagner les jeunes pour qu'ils puissent avoir accès à la formation dont ils ont besoin ou à laquelle ils ont souscrit. Et puis le dernier point, qui est un exemple que vous avez cité, c'est la mobilité internationale, et en particulier européenne.

Vous avez dit : "Pour aller à l'étranger." Là, on a quelque chose qui est formidable, qui existe depuis maintenant plusieurs décennies, qui s'appelle Erasmus, qui permet de financer ses études au moins un semestre ou une année dans un autre pays européen, donc ça, nous, nous nous sommes engagés non seulement pour continuer à renforcer son financement, mais pour le démultiplier, puisqu'on l'ouvre aussi aux apprentis avec Erasmus Plus. Ce qu'on a proposé et qu'on commence à développer maintenant, ce sont des vrais cursus européens, c'est-à-dire d'universités européennes, où en intégrant un cursus universitaire en France, dans le cadre de cet enseignement, on intègre aussi votre mobilité, c'est-à-dire le fait que vous allez aller passer l'année suivante dans une université allemande ou espagnole, l'année d'après, dans une université irlandaise, etc., etc.

C'est le concept d'université européenne que la France a proposé et qui est en train de se déployer aujourd'hui. Donc voilà, sur ces différentes formes de mobilité, les réponses qu'on apporte aujourd'hui. Ca répondait à vos questions ?

Je vais repasser par là. Allez, 1er rang. -Bonjour, M. le président, bonjour, mesdames et messieurs les ministres.

Hanane Bovecha, élève au lycée Léon Blum au Creusot. Je suis en terminale STI 2D. Ma question serait...

Enfin, comment mettre en valeur les femmes, les filles et les personnes handicapées dans les zones, enfin, dans le travail industriel ? -Merci beaucoup. C'est 2 situations qui sont très différentes, donc ce sont 2 questions profondément différentes.

D'abord, réussir à valoriser, trouver une place complète pour, justement, qu'il y ait une vraie égalité femme, homme dans le monde professionnel et en particulier industriel, la 1re chose, c'est une question de représentation, c'est une question culturelle. Le 1er frein à la présence, dans de nombreuses filières professionnelles, dans de nombreux métiers, des femmes, c'est que dès l'école, parfois, dès la famille, dans la formation et parfois soi-même dans la tête, on se dit : "Ca, c'est pas pour moi." Je blague pas.

C'est l'autocensure. On se dit : "Cette formation-là, ça, c'est un truc de garçon." Et c'est pas vrai, il n'y a aucun métier qui est déterminé comme étant plus un métier de garçon ou de fille, et donc on devrait trouver...

Alors il y a des métiers qui ont des contraintes plus physiques, mais enfin, ils sont très réduits, et dans les métiers industriels, aujourd'hui, il y a de moins en moins de manutention, ce sont des métiers de plus en plus numérisés, et donc qui doivent, logiquement, se féminiser. Donc 1er point, c'est l'expliquer, c'est faire de la pédagogie, c'est ce qu'on est en train de faire là, dire : "Y a pas de tabous, "mesdemoiselles, l'industrie vous est ouverte", et de dire aussi aux enseignants et à tous ceux qui orientent : "L'industrie est un métier dans lequel on doit avoir "de plus en plus de jeunes filles et de femmes "qui embrassent ces carrières", d'abord parce qu'on en a besoin pour le pays, ensuite, parce que ça changera ces métiers, parce que c'est jamais bon d'avoir un métier où il y a 80 % du même sexe, quel qu'il soit, et parce que ça correspond aussi à la société. Le 2e point, c'est ensuite de s'assurer qu'il y a suffisamment de postes ouverts dans les différentes filières d'apprentissage, et que les conditions d'accueil de cette mixité sont assurées.

Ca, c'est tout le travail qu'on fait avec les ministres, d'orientation, de structure d'accueil, parce que parfois, sur certaines filières, il faut qu'il puisse y avoir les internats qui vont avec, qui sont mixtes, il faut qu'il puisse y avoir suffisamment de postes ouverts. On en rouvre et c'est les chiffres qu'évoquaient les ministres sur ces filières industrielles, pour qui c'est une dynamique. Et 3e sujet, c'est que l'entreprise elle-même s'adapte, et ça, c'est quelque chose qu'on est en train de faire, on en parle depuis longtemps.

Il y avait, jusqu'en septembre dernier, une obligation qui était encore trop réduite, et la ministre pourra en dire un mot, on l'a changé dans la loi, mais pour les métiers industriels comme pour les autres, maintenant, on demande aux entreprises, aux branches professionnelles, de vraiment bâtir l'égalité femme, homme dans le recrutement, et donc on fait ce qu'on appelle du "testing", c'est-à-dire celui qui fait de la discrimination contre les femmes, on le sanctionne, mais aussi dans la progression des carrières, parce qu'il y a des métiers dans lesquels les femmes allaient moins parce que la progression de carrière était inégale. Donc là, maintenant, les partenaires sociaux, c'est-à-dire les syndicats, ceux qui représentent les salariés dans l'entreprise et la branche, ce sont saisis de cette question pour s'assurer qu'il y ait une plus grande égalité et donner plus de place aux femmes. Donc voilà tout ce qu'on est en train de faire.

Il n'y a aucune fatalité, les choses sont en train de bouger très fortement, beaucoup plus rapidement depuis quelques années que pendant des décennies. Votre génération doit balayer les représentations du passé totalement. Ensuite, il y a une tout autre question, qui sont les personnes en situation de handicap, et ça, dans l'école, dans tous les métiers, on a commencé à en parler tout à l'heure, selon les conditions et ce qu'on a et la situation dans laquelle on vit, là-dessus, nous ne sommes pas très bons, nous, en France.

Vous voulez dire quelque chose. Alors, j'ai répondu sur l'égalité femme, homme, je vais...

Allez-y et puis je reprends sur les personnes...

Oui, si vous avez un truc à dire maintenant, allez-y. -Je me lève parce que j'arrive pas à rester trop longtemps assise, il faut que je bouge, en fait. Bon, alors bonjour, rebonjour, M. le président, bonjour à tout le monde puisqu'on parle d'humains à humains, fils de la Terre, voilà.

Donc moi, je m'appelle Estelle Ferrandez et je suis volontaire à l'insertion dans l'emploi, Epide, polo rouge, donc voilà. Epide, si vous connaissez pas, je fais de la communication en même temps. Donc je voudrais parler de la notion du handicap.

Je regarde un peu tout le monde parce que du coup, c'est pour tout le monde aussi, et principalement des autistes, des personnes autistes, et plus précisément du syndrome d'Asperger, si y en a qui sont dans la salle et qui sont autistes, je voudrais parler de cette spécificité-là, parce qu'elle est très mal considérée, surtout en France, et je voudrais parler de ça parce qu'il y en a beaucoup qui sont exclus, moqués et stigmatisés, et en plus, les Centres Ressources Autisme, ils sont pas très bien à la page, en fait, ils sont pas très actualisés au niveau de ce qu'il se passe. En fait, c'est les médecins qui font le diagnostic, mais il y a des diagnostics erronés, ce qui, encore plus, met dans le désespoir des personnes autistes, et du coup, ce qui fait...

Attendez, je réfléchis. Oui, voilà. Il faudrait plutôt lire, en fait, les livres qui sont écrits par les personnes autistes, parce que qui de mieux pour parler de l'autisme que les personnes qui sont autistes ?

Vous voyez ? Là, en fait, on pourra vraiment savoir ce qu'il se passe, donc je voudrais lancer un point d'appel. Alors s'il vous plaît, faites remonter l'info comme quoi ne plus utiliser les autistes comme une insulte, parce que François Fillon, à un moment, il a utilisé l'autisme en disant : "On n'est pas des autistes." Alors s'il vous plaît, on arrête, maintenant. (Acclamations) ...

Merci à vous, on est tous frères, on est humains, on est de la même faction. (Rires) Voilà, c'était pour rebondir, du coup, sur le handicap, et merci de l'avoir posée, pour pouvoir inclure une meilleure vie en paix et solidaire. (Rires) -Merci. (Applaudissements) Votre prénom, c'est quoi ?

Votre prénom, c'est quoi, déjà ? -Estelle. -"Estelle".

Merci beaucoup. Non, ce que vient de dire Estelle, c'était l'illustration de ce que vous dénonciez, et ce qui a été dit sur l'autisme est très juste, très juste, et vous l'avez dit avec beaucoup d'émotion et avec votre tempérament, d'abord parce que...

Non, mais on n'est heureusement pas une société, un pays de semblables. On ne se ressemble pas tous, et on a des caractéristiques différentes, on arrive avec des vies différentes. Certains ont des dons, d'autres n'en ont pas, certains ont des caractéristiques, c'est pas des plus, des moins, c'est qu'on est différents, et l'école dans laquelle on évolue, puis le monde professionnel, doivent permettre à chacun, avec ses différences, de pouvoir les exprimer librement, les valoriser, être aimé avec ses différences et donner le meilleur de lui-même.

Au fond, ce que vous avez dit, et mieux que le dire, ce que vous avez montré, c'est ça. Et notre système est injuste quand il vient, au fond, oublier, casser, vouloir réduire quelqu'un qui est juste différent, il est pas moins ou elle est pas forcément malade, différent, parce qu'il y aurait qu'un moule. Alors la 1re chose, et vous l'avez dit, en effet, en parlant du dépistage, c'est de savoir, et donc quelle que soit la situation dans laquelle on est, parce que quand on parle du handicap, il y a des tas et des tas de handicaps, et c'est un mot là aussi valise pour parler de situations très différentes.

Le début, la 1re inégalité, c'est de savoir mettre un nom sur ce qu'on a et qui fait qu'on est un peu différent de l'autre, mais c'est simple, ça peut être de la dyslexie, ça peut être qu'on voit moins bien, ça peut être qu'on entend moins bien, ça peut être en effet qu'on a ce qu'on appelle un trouble autistique, et ça, c'est la 1re des inégalités, parce que si vous êtes né dans la bonne famille, que vos parents s'occupent bien de vous, ils vont vous emmener chez le pédiatre très tôt, ils vont faire très attention et ils vont généralement voir que vous entendez pas normalement, que vous avez un problème de lecture, que vous avez un comportement qui est différent des autres. Ca va être diagnostiqué, vous allez être accompagné. Là, aujourd'hui, dans notre système scolaire, et même dans la vie de notre société, la 1re des injustices, c'est qu'on a encore trop de jeunes qui deviennent adultes qu'on ne diagnostique pas.

On a des tas d'enfants qui arrivaient en CM2 sans savoir bien lire, écrire ou compter. Ils étaient pas plus bêtes que les autres, ils étaient juste parfois dyslexiques, mais ils étaient trop nombreux dans la classe pour que le professeur puisse s'en rendre compte et les accompagner, les envoyer chez un orthophoniste ou autre. Et chez de nombreux enfants autistes, moi, j'en ai vu qui avaient votre âge, qui disaient : "On m'a diagnostiqué à 18 ans." Mais ça veut dire que c'est 18 ans de souffrance, parce que même si c'est un trouble léger, on a des sensibilités qui sont différentes, on a des angoisses qui ne sont pas les mêmes, on a des capacités à aller plus vite sur certaines choses, on a une expression des émotions qui est différente.

Si c'est pas bien diagnostiqué, qu'est-ce que ça veut dire ? Ca veut dire que dans la classe, très vite, au bout de 6 mois, les autres se moquent, le prof, qui ne sait pas, ou l'instituteur, que l'enfant est autiste, dit : "Celui-là, vraiment, c'est insupportable, "il met le désordre." Il est mis à part, ça se passe mal.

Du coup, vous voulez plus aller à l'école, vous vous retirez, et c'est de pire en pire. Donc là-dessus, qu'est-ce qu'on a commencé à faire parce qu'on a beaucoup de retard ? 1, on a dit sur l'autisme, qui est un vrai sujet, on a lancé un plan il y a un an, et c'est très particulier parce que c'est parfois compliqué à diagnostiquer.

C'est pour ça que vous avez eu raison d'insister sur l'autisme et de le dire, et de dénoncer le fait que c'est pas une insulte, parce qu'il y a beaucoup d'autistes qui sont beaucoup plus forts que vous et moi réunis en maths ou que sais-je. Je peux vous le dire, surtout les Asperger dont vous avez parlé, qui sont des vrais génies dans certaines disciplines, ils ont juste pas la même façon d'exprimer leurs émotions, bien souvent, et puis il y a d'autres trucs, ils arrivent pas à apprendre. On a dit : "Chez tous les enfants, dans le test pédiatrique, "on va mettre le dépistage pour réduire cette inégalité." Donc on ouvre de plus en plus de centres de dépistage et on développe cette offre pour être sûr que tous les enfants, quel que soit le milieu, la famille d'où ils viennent, on puisse dépister et accompagner.

Ensuite, il faut tout faire, et ça, ça rejoint votre 1re question, pour que, quelle que soit la situation dans laquelle on est, le type de handicap qu'on a, qu'il soit moteur, qu'il soit psychique, qu'il soit comportemental ou autre, on puisse être dans l'école, et je vais vous dire pourquoi. Parce que les personnes différentes, elles apportent aux autres, et ça, on le sait pas tant qu'on n'est pas avec. Une classe où il y a un enfant qui est en situation de handicap, quel que soit ce handicap, mais qui a été bien diagnostiqué, qui est bien accompagné, c'est une classe où chacun va grandir, parce qu'on a accès à quelqu'un qui est juste différent, et donc on apprend le respect de l'autre, c'est plus un vain mot, parce qu'on a quelqu'un qui a pas forcément les mêmes capacités motrices, qui apprend différemment.

Et donc c'est bien meilleur pour l'ensemble de la classe. Et donc la bonne réponse, quand on dit avoir une société inclusive, c'est s'assurer que toutes les personnes, au maximum, qui le peuvent, soient dans l'école. Et donc ce qu'on est en train de développer...

On a commencé à améliorer les choses mais on a encore, je vais pas vous mentir, beaucoup de boulot. C'est d'avoir des gens qui accompagnent. On a longtemps appelé ça des auxiliaires de vie scolaire.

C'est-à-dire qu'on ne peut pas demander à un instituteur ou au prof de s'occuper en plus de quelqu'un qui est plus fragile, qui a des difficultés différentes, qui a ses spécificités, il faut parfois qu'il y ait, pendant un tiers, la moitié ou la totalité de son temps scolaire, quelqu'un qui l'accompagne pour l'aider à apprendre. Donc on a stabilisé ces postes, on en a ouvert de nouveaux, et on va continuer pour s'assurer que tous les jeunes qui sont dans cette situation, les enfants puis les ados, soient accompagnés pour pouvoir rester à l'école. On n'est pas encore assez bons sur ce sujet.

Il y a encore trop de situations où il y a des jeunes en situation de handicap qui n'ont pas leur AVS ou ce qu'on appelle l'AESH. Parfois, ça s'arrête en cours d'année. S'il y en a qui l'ont, dans cette salle, ou qui ont des frères et soeurs qui sont dans cette situation, je sais que c'est pas suffisant, mais on va continuer à investir et ça, je m'engage parce que c'est essentiel pour tout le monde à ce qu'on ait réussi, à ce que 100 % soient couverts.

Et donc le but, c'est que tous ceux qui peuvent aller à l'école soient à l'école. Ensuite, pour les autres, c'est qu'on ait suffisamment de places dans les centres. Mais parfois, on a mis trop de gens en centres qui auraient pu être à l'école, et donc il faut réussir, aussi, à rééquilibrer.

Et puis après, dans l'accès à la vie professionnelle, c'est pareil. C'est redévelopper des places dans ce qu'on appelle "l'entreprise adaptée", développer parfois des investissements, c'est-à-dire qu'il faut des personnes pour accompagner quelqu'un qui est en situation de handicap pour travailler, et donc accepter que notre société, ce soit pas un moule pareil pour tout le monde, parce qu'on n'est pas pareils, on n'a pas la même vie, on vient pas forcément du même endroit, mais on a envie, tous, de grandir et de transformer le pays dans lequel on est aujourd'hui. Et donc la place qu'on donne aux personnes en situation de handicap, y compris dans la vie adulte et dans le monde du travail, est fondamentale.

Après, il y a les autres sujets comme l'accessibilité, sujet sur lequel on continue à investir, mais qui est très dur, parce que ça coûte, c'est vrai, beaucoup d'argent, c'est très dur de s'assurer que tous les bâtiments publics, privés, sont accessibles, les transports en public, les bâtiments, donc je sais l'impatience qu'il y a, et là-dessus, on va continuer à accélérer les choses et je lâcherai rien, mais voilà, sur le handicap, c'est ça, et merci, Estelle, du cri du coeur et du militantisme que vous venez d'avoir. (Applaudissements) Je continue comme ça. Attends, je vais en donner un peu, dans les rangs derrière.

Allez-y. On tourne, de toute façon. Merci. -Bonjour.

Anthony David de l'IUT du Creusot, en DUT technique de commercialisation. Alors j'aurais voulu savoir, parce qu'avec l'explosion d'Internet, on est tous de plus en plus exposés à l'information, et j'aurais voulu savoir si ça serait possible de mettre en avant l'esprit critique pour que les gens puissent avoir les armes pour lutter contre les fausses informations. Voilà. -Un magnifique sujet.

Non, mais merci. Vous avez totalement raison. C'est un sujet qui est fondamental pour notre démocratie.

Fondamental. La première réponse, et votre question en est l'illustration la plus parfaite, c'est l'éducation. Ce que l'Etat doit faire avant toute chose pour construire une société démocratique adulte qui permette d'avoir, justement, un rapport, "un esprit critique", comme vous l'avez très bien dit, c'est l'éducation, c'est-à-dire apprendre à chacun les connaissances de base pour être autonome.

Il s'agit pas d'être un chien savant, chacun, mais d'avoir un maximum de connaissances pour ensuite évoluer de manière libre et autonome dans l'univers de la connaissance. Et savoir dire, quand on dit quelque chose qui est manifestement faux : "Non, on m'a appris le contraire." Et avoir développé, dans l'Education nationale, l'esprit critique, qui consiste à confronter ce qu'on vous dit avec la preuve, avec le fait, à savoir aussi affronter la cohérence d'un raisonnement ou pas.

Il y a parfois, dans les fausses informations, des raisonnements qui sont incohérents et qui ne sont pas logiquement conduits. Donc le 1er pilier pour construire une société démocratique et lutter contre les fausses informations, c'est le projet éducatif, c'est l'éducation du plus jeune âge jusqu'à l'âge adulte, et c'est un processus qui ne se termine jamais. La 2e chose, à mes yeux, c'est de pouvoir construire, moi, ce que j'appelle des tiers de confiance, c'est-à-dire qu'on sache très clairement d'où vient l'information, quel est le statut de cette information et qui l'émet.

Et typiquement, on peut avoir des débats d'opinions. Si on débat d'opinions, de ce qu'on pense sur les choses, il n'y a pas, à proprement parler, de vraies et de fausses informations, parce que ce sont pas des informations, ce sont des avis qu'on va échanger. Mais si on débat tous les 2 sur, par exemple, un sujet environnemental ou la question d'un pesticide, ou la question d'une molécule, ou un sujet qui traite à la santé.

Je prends un exemple parmi d'autres parce que ce sont souvent des sujets qu'on a, dans notre société. A un moment donné, il va y avoir des faits, et moi, je vais peut-être, soit par malice, soit parce que je me trompe, vous donner des fausses informations et vous aussi. Il faut qu'il y ait des gens qui puissent s'exprimer dans le débat public, qui disent et qui émettent une information qui a un autre caractère, qui va avoir un caractère scientifique indépendant.

Et donc pour construire, renforcer l'esprit critique, on a besoin, dans notre société, de reconsolider, de rebâtir, moi, ce que j'appelle ces tiers de confiance, c'est-à-dire de l'expertise scientifique, factuelle, indépendante, qu'on puisse garantir aux citoyens. Moi, je veux que vous puissiez choisir le monde dans lequel on va évoluer, et que ce soit pas parce que vous avez telle ou telle information qui est financée par une multinationale, financée par, je sais pas, tel autre qui a en fait tel intérêt, vous voyez ? Et donc la 2e chose, pour moi, c'est de s'assurer qu'on garde de l'expertise indépendante et de la transparence sur cette expertise d'indépendance.

Ca, c'est fondamental si on veut éviter la perte d'esprit critique, et au fond, sinon, la paranoïa dans laquelle on peut tomber, parce qu'on peut finir par se dire : "Tout est faux." Tout n'est pas faux, il y a des choses qui sont totalement vraies, d'autres partiellement vraies, et cette vérité, elle s'établit parfois scientifiquement ou factuellement. Sur l'histoire, il faut des historiens, sur les sciences biologiques, il faut des scientifiques, etc., etc.

Et donc ces tiers de confiance, on a besoin de les faire émerger dans la société, et je considère que le rôle de l'Etat, justement, c'est de pouvoir en garantir l'indépendance. C'est aussi le rôle de l'Europe dans des grands sujets qui sont de compétence européenne. La dernière chose, à mes yeux, c'est de pouvoir garantir notre indépendance par rapport, dans un monde où tout est numérique, à des intérêts privés ou des intérêts de puissances étrangères qui peuvent vouloir venir corrompre, à un moment, le débat démocratique, parce que parfois, avec une vraie capacité d'intervention sur les réseaux sociaux, en diffusant de manière, comme on dit, "virale", des informations qui sont fausses, le chiffre, la masse de ces informations peut l'emporter sur la véracité.

Donc là, il faut qu'on ait en quelque sorte les anticorps pour pouvoir dire : "Sur ces sujets-là, "les tiers de confiance sont là et ils sont totalement indépendants." D'ailleurs, il faut qu'on regarde démocratiquement comment on les bâtit, et attention à telle et telle information, elle est manipulée, en tout cas, elle vient de tel endroit, elle a, derrière, des intérêts, etc., etc.

Voilà. On pourrait en débattre pendant des heures. Le sujet que vous avez évoqué, pour moi, est un sujet fondamental.

Les responsables politiques ont évidemment un rôle à jouer, et je pense qu'ils auront, sur ce sujet, à s'en saisir. Les scientifiques, le monde intellectuel a un rôle à jouer, comme je l'ai dit, on a à bâtir ces fonctions d'indépendance et d'expertise. Les journalistes ont un rôle à jouer en tant qu'eux-mêmes, ils ont cette fonction à la fois de bâtir cette information, c'est leur métier, ils ont été formés pour cela, et donc de pouvoir vérifier des faits et les rapporter, et de produire des analyses.

Mais on voit bien, comme vous l'avez parfaitement dit, à cause du numérique, parce qu'il y a une accélération extraordinaire, parce qu'on est confrontés tous les jours à des informations qui semblent avoir le même statut, on doit rebâtir, en fait, une hiérarchie des choses. Toutes les informations que vous lisez sur vos tablettes, elles ne valent pas la même chose, parce que si moi, je prends une vidéo, une photo de vous à un instant où vous dites quelque chose, que je le sors de son contexte ou que je le déforme, ça n'a pas le même statut que si c'était un reportage journalistique avec quelqu'un qui est journaliste, qui est un professionnel. Ca n'a pas la même valeur que si c'est un scientifique qui fait un reportage sur tel ou tel sujet, ou plutôt une étude, et donc il faut qu'on puisse rebâtir, en quelque sorte, ces hiérarchies par rapport à la vérité dans notre société.

Education, expertise, transparence, indépendance, et voilà, redéfinir le cadre démocratique de l'esprit critique. Voilà, en quelques mots, ma réaction à votre question. Allez-y, donnez un peu, peut-être, un peu derrière, pour pas qu'il y ait le sentiment...

On va continuer à tourner. Allez-y. Prenez...

Voilà. -Bonjour, je m'appelle Charlie Sivec, je suis apprenti dans l'entreprise Bouillot et étudiant au CFA du bâtiment d'Autun, et j'aurais 2 questions à vous poser sur le problème d'orientation. Donc pourquoi les acteurs de l'orientation ont des a priori négatifs sur l'apprentissage au point de désorienter les jeunes ?

Et la 2e question, c'est : par quel moyen comptez-vous revaloriser l'apprentissage ? -Alors, j'ose espérer que ce que vous dites, en fait, est plus de l'ordre du passé, mais c'est largement vrai jusqu'à récemment. On est, historiquement, pas bons en apprentissage.

Les Allemands, qui ont beaucoup moins de chômage que nous, par exemple, étaient très bons. Pourquoi ? Moi, j'ai une explication très simple.

Nous sommes un pays où, au fond, quand on voulait que les enfants réussissent, on voulait que les enfants fassent comme le patron de l'entreprise où on travaillait, et puis quand on regarde, génération après génération, on voulait faire ouvrier, puis d'ouvrier, employé, employé, bien souvent, d'ailleurs, fonctionnaire. Ca a un peu marché comme ça durant les Trente Glorieuses, et quand on regardait ce qu'avait fait le patron de l'entreprise où on travaillait, il avait jamais fait apprenti. Il avait fait une école, soit l'école d'administration, soit une école de commerce ou une école d'ingénieur.

C'est le modèle français. En Allemagne, le patron, quelque que soit le secteur, il avait toujours fait apprentissage. Et donc on a construit dans notre cerveau, dans la représentation des familles, le fait que quand on était bon à l'école, il fallait pas faire apprenti.

C'est une bêtise complète, parce que qu'est-ce que c'est que l'apprentissage ? C'est l'aller-retour entre le savoir académique et la pratique. D'abord, je peux vous dire que c'est bon parce que parfois, on fait de grandes études académiques, le jour où on commence dans le monde du travail, on est complètement perdu, et donc ce divorce, cette coupure n'est pas bonne, en soi.

La 2e chose, c'est qu'on est, comme je le disais, tous différents. Il y en a qui sont très bons dans le savoir théorique, d'autres moins, mais quelqu'un qui n'est pas forcément bon dans le savoir théorique peut avoir des compétences pratiques ou se révéler dans le monde de l'entreprise, où il sera beaucoup plus à l'aise, alors qu'il n'aimait pas l'école, il n'aimait pas être sur un banc, dans une situation peut-être vue comme un peu passive devant un maître. Et donc l'alternance, comme l'apprentissage, permettent de révéler ces capacités, et des compétences qu'il y a chez un lycéen, un étudiant, qu'on n'a pas forcément dans le savoir académique.

Donc moi, je martèle, nous martelons tous depuis plus d'un an et demi, l'apprentissage est une voie d'excellence, et c'est une voie parmi d'autres, il y a pas à faire de hiérarchie. C'était la réponse à la 1re question de votre collègue. Donc là-dessus, il ne doit pas y avoir de hiérarchie.

C'est pour ça aussi qu'on développe l'apprentissage et l'alternance dans le supérieur, et qu'on veut le développer dans toutes les filières. Donc voilà, la 1re barrière, elle était culturelle, elle était dans la tête des familles, bien souvent, et dans la tête de celles et ceux qui orientaient. Il faut y mettre fin.

Là où je dis que c'est du passé, c'est qu'on a, on en parlait tout à l'heure avec les ministres, regardé les chiffres, les voeux exprimés en fin de 3e, en fin d'année dernière, plus 40 % pour l'apprentissage. Plus 40 %. Donc c'est la 1re fois qu'on voit ça.

Parce que ça veut dire que les gens se disent : "On nous en parle tout le temps, ça veut dire qu'il y a "des choses à faire." Or aujourd'hui, où est-ce qu'on a des besoins, si vous cherchez un emploi ? On a des besoins dans les métiers de l'industrie, dans la région, qui est une grande région industrielle, il y a des besoins, dans les nouveaux métiers de l'agriculture, où il y a de formidables besoins, les métiers de services à la personne, les métiers de l'environnement, les métiers du numérique.

Tous ces métiers, on les apprend. Certes, il y a des formations théoriques, mais l'apprentissage est une voie d'excellence pour l'ensemble de ces métiers, que beaucoup d'entre vous, d'ailleurs, souhaitent embrasser. Et donc c'est pour ça qu'il y a un véritable avenir à l'apprentissage.

Donc c'est en train de changer, c'est en train de bouger. Ce qu'on fait, c'est : 1, on change les esprits, 2, on a fait une réforme pour simplifier les choses, parce que pour répondre à votre 2e question : comment on développe tout ça ? En simplifiant les choses pour que vous ayez plus facilement des maîtres d'apprentissage ou d'alternance.

Vos enseignants le savent, il y avait ce problème d'orientation, je l'ai évoqué. Ensuite, il y avait le problème, on avait du mal à trouver un maître. Là, on a baissé le coût pour eux, on a simplifié, il y a plus qu'une aide, c'est beaucoup moins cher.

C'est 65 E, sous le contrôle de Mme la ministre, la 1re année, quand on a moins de 18 ans, le coût de l'apprenti pour l'employeur, et le jeune a près de 400 E chaque mois. Donc on a revalorisé ce que chaque jeune apprenti touche, d'ailleurs dès 16 ans, avec une clé qui monte en fonction de l'âge et en fonction du niveau, et on a baissé le coût pour l'employeur, ce qui rend les choses plus attractives, puis on a simplifié les règles pour les employeurs. Bien souvent, c'était compliqué de prendre un apprenti parce qu'il y avait des règles de responsabilité, d'organisation du travail.

Ca, on l'a simplifié. Donc on a mis plus d'argent, on a simplifié les règles, on a revalorisé et normalement, maintenant, ça doit décoller. La question, c'est juste qu'on arrive à ouvrir suffisamment de classes, de structures pour accueillir assez d'apprentis, et je le dis aussi à tous les employeurs : prenez des apprentis, des alternants, parce que c'est une formidable manière, d'abord, de faire rentrer un jeune dans la société, de faire grandir l'entreprise, et aujourd'hui, on est formidablement aidé.

Je continue par là. -Bonjour, M. le président, bonjour, tout le monde, bonjour, mesdames et messieurs les ministres.

Je m'appelle Léo Dulac, je suis élève au lycée Bonaparte et élu au Conseil Jeunes Citoyens d'Autun, et ma question, que je vais vous poser là, tout de suite, porte sur le SNU, le Service national universel, qui pose beaucoup d'interrogations autour de moi. La 1re interrogation qu'on me pose, des fois, parce que j'ai été vers mes camarades, je leur ai demandé ce qu'ils auraient comme questions à poser au président, et cette question-là, en gros, revenait souvent : est-ce que faire le Service national universel, quand on va être appelé, est-ce qu'on va être obligés d'arrêter nos études pour faire le Service national universel ? Donc voilà. -Alors, j'ai tout de suite proposé, d'ailleurs, au secrétaire d'Etat, Gabriel Attal, et au ministre de vous en dire un mot.

C'est eux qui portent cette réforme. Moi, je vais vous dire pourquoi je l'ai proposé aux Françaises et aux Français et pourquoi j'y crois. Au fond, depuis la fin du service militaire, et qui, encore, ne concernait qu'une partie des classes d'âge, puisqu'il concernait que les garçons, principalement, sauf de rares exceptions, on n'a plus ce moment où toute une classe d'âge, quelle que soit la région d'où on vient, quel que soit le milieu social, on se retrouve pendant un moment ensemble, et donc ce qui fait que chacun a son parcours, mais qu'on ne fait jamais société tous ensemble, une génération.

Or on n'est pas 66 millions d'individus, en France, on est une nation, et ça, ça veut dire quelque chose. Ca veut dire qu'on a une histoire, une langue, une culture, un projet commun, quelque chose qui nous porte et qui est plus grand que nous, qui est, entre autres, dans ces couleurs qui sont derrière et devant nous, et dans les valeurs qui sont les nôtres, et ça, il faut s'en rappeler, à un certain moment de la vie. Ceux qui ont choisi, d'ores et déjà, de servir sous les armes le savent, mais tout le monde doit le savoir.

Et donc ce moment, je dirais, de vibration nationale, je pense qu'on l'a perdu et c'est dommage, parce que ça a développé l'individualisme, et au fond, on a besoin de cette trame pour être une vraie nation, ça nous rend plus forts chacun. La 2e chose, c'est que je pense que ça aussi, ça nous décloisonne, c'est une expérience qui...

Se dire, à un moment donné : "On est avec d'autres jeunes "qui ont pas les mêmes aspirations, pas le même parcours, "on n'a peut-être rien à voir ensemble, "c'est juste qu'on est Françaises et Français "du même âge", c'est formidable et ça ouvre l'esprit. 3e chose, c'est aussi un moyen, pour nous, de s'assurer qu'à un âge de la vie, eh bien, on a les moyens de pouvoir rentrer soit dans l'université, soit dans la formation adulte, soit dans le travail, et donc, en quelque sorte, de faire, si je puis dire, les tests de base. Ca servait aussi à ça, le service militaire, s'assurer qu'on n'est pas face à quelqu'un qui a, au fond, peut-être une situation de handicap qui a pas été vue jusque-là.

Un énorme problème à ce moment-là de la vie, c'est le moment où on quitte la famille et puis on rentre dans le grand large et on peut être complètement perdu. Et vous savez, on a près de 100 000 jeunes, chaque année, qui sont comme ça, totalement perdus, qui sortent du système, sans emploi et sans formation. Avoir un moment où on se regroupe tous, ça permet, en quelque sorte, de rattraper, et ça permet de tendre la main et de dire : "Viens là, dans telle formation, dans telle chose", et de ramener tout le monde.

Donc c'est pour ça que j'ai proposé le Service national universel. Il y a une part obligatoire qui est intégrée dans l'obligation scolaire qui est très limitée, elle oblige pas à interrompre les études, elle est dans les études et elle est avant votre majorité, elle est dans le temps d'obligation scolaire à 16 ans. Le secrétaire d'Etat et les ministres vont y revenir.

Donc ça, aucune interruption. Ensuite, il y a une part volontaire, et certains, d'ailleurs, qui sont en service civique ou autre, ont commencé, qui peut se traduire sous cette forme. Donc il y a pas du tout d'interruption d'études, on ne revient pas à un système où, à 18 ans, comme un couperet, on vous oblige à arrêter pendant un an, un an et demi vos études, non.

Tout le monde, dans son parcours scolaire, va devoir faire la partie obligatoire, et ce sera intégré, et ensuite, on incitera tout le monde à aller vers une part d'engagement volontaire qui pourra prendre différentes formes, différents secteurs dans ce moment de réconciliation nationale. Mais moi, je voulais revenir sur cette philosophie, et je le dis, pour votre génération, je pense que c'est une chance inouïe. Gabriel, peut-être. -G.

Attal : Oui, merci, M. le président. Sur les modules et sur le contenu, peut-être, puisque vous avez répondu à la question de savoir si ça allait percuter la scolarité, les études, et évidemment, ça sera pas le cas.

Effectivement, il y aura 2 moments. Il y aura une 1re phase, qui est à peu près en fin de seconde, à la fin de l'année qui suit la 3e, puisqu'il y a aussi des jeunes qui ne sont pas forcément scolarisés en seconde, avec une 1re quinzaine obligatoire, où là, il y aura une mobilité, et on revient à la question dont on a parlé tout à l'heure de la mobilité. Pendant 15 jours, les jeunes, vous, si certains sont concernés, vous allez découvrir un autre département, un autre territoire, peut-être même une autre région, et surtout, des jeunes qui viennent d'ailleurs, qui ont eu un autre parcours, qui ont d'autres envies, qui ont d'autres expériences que vous.

Cette rencontre, elle va se faire autour de plusieurs choses, autour des valeurs de la République, ça a été dit par le président, autour de ce qui nous rassemble, de ce qui nous lie, autour d'un certain nombre de bilans, aussi, ça a été dit, bilan de santé, bilan de maîtrise du français, comme ça existait à l'époque du service militaire, et comme ça existe encore aujourd'hui pour ce qui est de la langue française dans le cadre de la JDC. Je sais pas s'il y en a, parmi vous, qui ont fait leur JDC. Oui ?

Voilà. Moi, je l'ai faite aussi, et Sébastien Lecornu l'a faite aussi. Et je pense qu'avec le Service National, on peut faire mieux que la JDC.

Et donc je reprends le fil de mon propos. Dans ces modules, il y aura quoi ? Il y aura d'abord tout ce qui est les questions de résilience, de sécurité.

Comment est-ce qu'on fait, face à des risques qui ont changé, face à une société qui a évolué, pour se protéger ? Se protéger face à une catastrophe naturelle, intégrer un poste de secours, mettre en place un poste de secours. Il y a eu des inondations très graves dans le sud de la France il y a quelques mois, et spontanément, y a une centaine de jeunes sapeurs-pompiers qui se sont portés volontaires, qui sont allés porter secours aux sinistrés.

Ils l'ont fait spontanément sans y être appelés, parce qu'ils avaient cette formation de jeunes sapeurs-pompiers. Et moi, ce que je pense et ce que pense le président de la République, et c'est pour ça qu'on défend cet engagement, c'est que tous les jeunes, ils ont envie de savoir réagir à ce type de situation. Donc l'objectif, c'est d'avoir cette formation catastrophe naturelle.

Pour une personne disparue, comment on organise une battue. Tout ça, c'est très concret, mais c'est des formations importantes. Comment réagir face à un attentat terroriste ?

Comment se protéger, se former, connaître les gestes de 1er secours en cas d'accident ? Des activités, ensuite, qui rappellent un peu une forme de préparation militaire : courses d'orientation, franchissement d'obstacles, raids en forêt, pour ceux qui seront dans certains endroits où ce sera possible. L'enjeu de l'écologie, aussi, et de l'environnement, la formation aux éco-gestes, comment protéger la planète.

On y travaille beaucoup, notamment avec Emmanuel Baron, qui est là aussi, et puis d'autres enjeux sur la question de la culture, du patrimoine, la question...

Ce qui est important...

Moi, je discute beaucoup avec des jeunes de ce futur Service national universel, j'entends beaucoup d'intérêt, mais j'entends 2 choses. D'abord : "J'ai pas envie de perdre mon temps." Donc on fait tout pour que, justement, ça soit utile, que ça soit vécu, et puis : "J'ai pas envie "d'avoir l'impression d'être à l'école." Donc il faut que ce soit actif, qu'il y ait beaucoup de simulation, de jeux de rôles, de débats, y compris quand on va parler de questions de valeurs de la République et d'institutions.

Alors après cette 1re quinzaine, il y aura une 2e quinzaine où tous les jeunes feront une mission d'intérêt général, concrètement, auprès d'une association, auprès d'une collectivité locale, auprès d'un corps en uniforme, les pompiers, la police, la gendarmerie. L'objectif, le président l'a dit, c'est de lever les freins à l'engagement. S'engager, c'est donner ce qu'on a de plus précieux : son temps.

C'est donner de son temps pour une cause à laquelle on croit. Y a beaucoup de jeunes qui s'engagent, y a beaucoup de jeunes qui s'engagent pas aussi, pas parce qu'ils sont moins généreux ou moins altruistes que les autres, mais parce qu'ils se disent pas que l'engagement, c'est pour eux. Ils se disent pas : "Moi aussi, j'ai quelque chose à apporter." Alors que tous les jeunes ont quelque chose à apporter, un engagement, quel qu'il soit, ont des choses à apporter à la société.

L'objectif de cette mission d'intérêt général de 15 jours, c'est vraiment de découvrir ça, de découvrir cette richesse qu'il y a en chacun de nous, ce capital humain qu'on a à apporter, et ensuite de le traduire dans la phase volontaire dont a parlé le président, qui sera là entre 16 et 25 ans, au moment où chaque jeune le choisira. Donc ce sera un engagement plus long pour les jeunes qui souhaiteront poursuivre cet engagement. Ca pourra être un service civique.

Je crois qu'il y a des jeunes qui sont en service civique, ici. Ils sont où ? Voilà, très bien. "J'ai été." Très bien, vous avez été.

Ca pourra être un service civique, ça pourra être les pompiers volontaires, ça pourra être la réserve, ça pourra être du bénévolat dans une association, ça pourra être de créer son association, ça pourra être de faire un corps européen de solidarité, avoir une mobilité en Europe en s'engageant, voilà. Tout ça, ça sera possible. Voilà pour le contenu, je vais pas être beaucoup plus long parce que... -C'est bon ?

Allez-y. -Bonjour, M. le président.

Je m'appelle Louise Berthetot, j'ai obtenu mon baccalauréat professionnel conduite et gestion de l'entreprise hippique le mois dernier, en juin dernier, pardon, excusez-moi. Nous sommes tous titulaires d'un bac professionnel et nous avons désormais la chance d'avoir intégré une CPGE située à Montceau-les-Mines, au lycée Henri Parriat. Cette CPGE se déroule en 3 ans et accueille entre 30 et 35 étudiants en 1re année, tous issus d'un bac pro industriel.

Elle nous donne les clés pour réussir les concours d'entrée aux grandes écoles d'ingénieur Centrales et CCP. Cette prépa existe depuis 10 ans, et le résultat d'admission en école d'ingénieur est supérieur à 90 %. Parmi nos prédécesseurs, certains étudiants ont d'ores et déjà intégré les écoles telles que Polytechnique, les Mines de Paris, Centrale et les Arts et Métiers.

Pourquoi cette possibilité qui nous est offerte n'est-elle pas plus connue des établissements sur le territoire et ne s'adresse, au final, qu'à une trentaine d'entre nous ? D'autres jeunes pourraient avoir droit à ce nouveau départ. -Vous avez parfaitement raison, c'est exactement l'esprit de ce qu'on dit depuis le début, c'est-à-dire recréer à chaque moment des passerelles, et permettre de montrer que quelles que soient les filières, on peut avoir accès à l'excellence, et qu'il y a de l'excellence dans toutes les disciplines et quels que soient les parcours.

Donc là, vous venez de faire le plus beau plaidoyer pour, justement...

Au fond, c'est un plaidoyer contre la fatalité. Si je voulais que vous reteniez quelque chose de l'esprit de ce qu'on est en train de conduire pour l'école, l'université et même le monde du travail, moi, ce contre quoi je me bats le plus fort, c'est la fatalité. Y a des gens qui sont motivés, d'autres moins motivés, y en a qui veulent donner plus de temps à leur famille...

Ca, c'est la liberté. Mais il y a une chose qui m'insupporte, c'est qu'on soit enfermé dans une case parce qu'à un moment de la vie, on a eu ceci ou cela ou qu'on est né dans tel ou tel endroit. Donc l'école qu'on bâtit, l'université qu'on bâtit, l'enseignement supérieur, le monde du travail, c'est pour casser cette fatalité, et donc de permettre de donner sa chance à chacun, de redonner confiance et de bâtir des passerelles.

Alors vous avez raison, on a commencé à en redévelopper tel que vous l'évoquez, mais le ministre peut peut-être vous apporter le plan de déploiement sur ce type de classes préparatoires aux grandes écoles, sur des filières, en effet, post-bac, quels que soient les domaines, parce que notre volonté, c'est de le poursuivre, soit à travers des CPGE, soit à travers l'ouverture de BTS, DUT et de filières d'excellence universitaires pour montrer qu'il y a...

Pas pour montrer, pour ouvrir l'excellence dans tous les domaines entre, justement, le secondaire et le sup. -Oui, évidemment, c'est une très bonne question. Je suis très heureux de votre intervention parce qu'il y a 10 ans, j'étais avec François Patriat, il doit être là, François Patriat, aussi, qui était le président de la région, à ce moment-là, et on a inauguré votre internat, et on voulait les résultats que vous avez énoncés aujourd'hui.

Donc c'est une magnifique aventure collective qui a touché une trentaine d'élèves chaque année, et dont vous venez de dire les résultats. C'est aussi quelque chose qui peut être un modèle. Donc comme vient de le dire le président, on va faire d'autres prépas pour bacs pros dans le reste de la France, on va les développer en s'inspirant de ce qui a réussi à Montceau-les-Mines, donc ça, c'est pour nous très important, et puis on va aussi développer, et on l'annoncera dans peu de temps, mais le grand débat nous permet aussi d'affiner la perspective, on va développer les internats.

Il y aura plus d'internats en France, et parfois, les internats qui existent aujourd'hui et qui ne sont pas tous remplis seront davantage remplis parce qu'il y aura un projet derrière les internats. Je vais vous donner un tout autre exemple. Il y a quelques semaines, j'étais avec Sébastien Lecornu dans les Hautes-Alpes, on est allés dans un lycée professionnel où on forme à être charpentier et moniteur de ski.

Il y a, dans ce lycée professionnel, environ 220 élèves, ils sont tous magnifiquement heureux de ce qu'ils font, et ils font les 2 métiers à la fois après, dans leur vie. Ils sont épanouis, heureux. Dans ce lycée, il y a 350 places, et il y a un internat qui n'est pas rempli, alors j'en profite là, puisqu'on est télévisés, parce que c'est une publicité, clairement.

Aujourd'hui, en France, il y a sûrement des jeunes de l'âge de la 3e ou de la seconde, qui ont envie d'une formation comme celle-là, ils ne savent pas que ça existe dans les Hautes-Alpes et qu'il y a un internat. Donc plan internat, et je pourrais vous citer 15 exemples comme ça. Il y a des internats qui ne sont pas tous remplis, on va mettre des projets derrière cet internat, de la publicité autour de ces internats, de la rénovation, pour qu'on puisse en faire un site.

Alors dans le cas de votre internat, je sais qu'il est plein parce que c'est très attractif, et donc si on veut faire plus, il va falloir développer d'autres internats avec des classes prépas pour bac pro, et votre recrutement à vous, sauf erreur de ma part, il est national, il y a des jeunes qui viennent de la France entière pour venir dans votre établissement, donc il faut qu'on en ait plus en France, et ça fait partie de notre projet de développement, qui est, et je voudrais insister là-dessus, un projet général, comme l'a dit le président, de passerelles, de possibilités, d'opportunités à chaque âge de la vie. Tout ne doit pas se décider à 16 ans, ni même à 18 ans, ni même à 20 ans, on doit toujours pouvoir prendre une passerelle dans un sens ou dans un autre. D'ailleurs, vous avez aujourd'hui des gens qui ont un master et qui vont faire un CAP.

Ca marche dans toutes les directions, parce qu'on a envie, d'un seul coup, de changer de métier, et que tel CAP offre un métier. Et puis vous avez des gens qui ont un bac pro et qui ont envie, d'un seul coup, de faire des études générales plus loin. C'est ce qu'on veut développer.

Ca signifie aussi qu'avec Murielle Pénicaud, on va développer des campus professionnels dans toute la France avec des grandes thématiques. Par exemple, il y a les thématiques de la transition écologique. C'est un sujet sur lequel il y a de nombreux métiers qui renouvellent, par exemple, les métiers du bâtiment, les métiers de l'énergie.

Eh bien, avec l'enseignement supérieur, avec le monde du travail, avec l'Education nationale, on va faire des grands campus thématiques où il y aura ce genre de prépas comme la vôtre, où il y aura des incubateurs d'entreprise, des laboratoires de recherches, des lycées professionnels de façon à ce que ce soit autour de thématiques qui font envie et qui correspondent à des métiers, que vous puissiez faire vos parcours, et que ces parcours ne soient pas des couloirs, mais des systèmes de passerelles. On peut très bien, par exemple, faire un CAP, puis un bac pro, puis un BTS, puis une licence pro, puis un titre d'ingénieur, puis docteur. Ce que je viens de dire n'est pas une fiction, c'est arrivé à certaines personnes.

Vous venez de parler d'un bac pro qui a fait Polytechnique. Donc c'est possible, ça veut pas dire que tout le monde doit faire le chemin que je viens de dire, c'est que chaque chemin doit être particulier, et notre système qui, de plus en plus, va être un système de formation tout au long de la vie, doit être un système qui ouvre des opportunités, parce qu'on n'a pas non plus tous la même maturité au même âge, on n'a pas tous les mêmes envies au même âge, il faut ouvrir cette société où il y a des opportunités toute la vie, notamment par l'information et les opportunités de travail. Et je laisse la parole à Murielle Pénicaud. -On est des duettistes, on ne s'arrête jamais, tous les 2.

Oui, cette idée, avec le président, qu'on partage, dans l'équipe gouvernementale, c'est qu'il y a pas d'impasse et pas de fatalité, et c'est vrai, à 16 ans, ça doit être vrai tout au long de la vie. C'est pour ça qu'il y a le type de classes préparatoires dans lequel vous êtes, c'est pour ça, vous l'avez abordé, tout à l'heure, sur la loi sur l'égalité homme-femme...

On est en train d'être le pays qui a la plus grande longueur d'avance sur le sujet. Ca fait 46 ans qu'il y a une loi, en France, qui disait que les femmes et les hommes devaient avoir le même salaire pour le même travail. Ca paraît le bon sens, ça paraît le minimum, dans un pays où les valeurs sont la liberté, l'égalité et la fraternité.

C'était pas encore le cas, on a changé la loi depuis le 5 septembre, et maintenant, toutes les entreprises, elles ont 3 ans pour se conformer, non seulement à travail égal, salaire égal, mais aussi mêmes opportunités de carrière et de promotion. Ca, c'était de l'anti-fatalité parce qu'on nous disait : "Depuis 46 ans, ça marche pas, donc ça marchera pas." On a travaillé avec les partenaires sociaux, et je crois qu'on a abouti à quelque chose qui va être très concret, qui va changer la vie des femmes et des hommes.

D'ailleurs, j'ai un petit conseil, pour ceux qui sont pas loin de la vie professionnelle. A partir du 1er mars, toutes les entreprises doivent avoir publié leur index pour savoir si elles respectent cette obligation. Alors les jeunes hommes et les jeunes femmes, n'allez pas dans les entreprises qui respectent pas, faites la publicité des autres, ça va très vite bouger parce qu'ils ont qu'une terreur, c'est de ne plus vous attirer, donc vous allez voir que vous allez pouvoir changer aussi en faisant pression.

Le "pas de fatalité", c'est aussi sur le sujet du handicap dans les écoles, mais dans l'apprentissage. Aujourd'hui, dans l'apprentissage, seulement 1 % des places sont occupées par des jeunes en situation de handicap, malgré l'immense diversité des handicaps et leur volonté de travailler. Là aussi, pas de fatalité, dans la loi, on a créé un référent handicap, et chacun des 965 centres de formation d'apprentis, aujourd'hui, va développer un plan handicap.

Et puis le "pas de fatalité", c'est à tout âge. Il y aura la formation tout au long de la vie, qu'on développe, mais c'est aussi, quelquefois, qu'on a raté la 1re marche ou qu'on n'a pas été heureux, et il faut se dire qu'il y a pas de fatalité. On travaille beaucoup avec Thierry Marx, le cuisinier, que vous connaissez bien, qui nous aide beaucoup sur l'insertion des jeunes.

Lui, à la sortie de 4e, on lui a dit qu'il pouvait pas passer en 3e, ça existerait plus, aujourd'hui, maintenant, mais qu'on pouvait pas passer en 3e parce qu'on n'était pas assez bon. Il est chef étoilé, connu dans le monde entier, il a 3 restaurants et il a créé une école pour l'insertion. C'est aussi pour ça qu'il y a des structures, et peut-être que ça serait bien...

Il y a des jeunes de l'école de la 2e chance qui sont là, il y a des jeunes de l'école de production. Ils étaient un peu fâchés avec l'école, mais ils ont toutes les chances de réussir maintenant. Ce serait peut-être bien qu'ils puissent aussi poser une question, parler de leur témoignage. -Alors, justement, je continue comme ça.

Allez-y. -Bonjour. Je m'appelle Khadija, je suis volontaire à l'Epide et je voudrais poser la question suivante : qu'est-ce que vous pensez du harcèlement scolaire à l'école ?

Par exemple, la petite fille qui s'est retrouvée avec la tête à moitié dégarnie parce qu'elle s'est fait arracher les cheveux à l'école, ou le petit qui s'est fait attoucher par son professeur, sa mère a dénoncé ça sur les réseaux sociaux et s'est fait mettre en garde à vue. Qu'est-ce que vous pensez de ça ? Parce que je trouve qu'en 2019, c'est honteux de pouvoir cautionner ce genre de choses, de les banaliser, en fait, et je voudrais savoir votre point de vue sur ça. (Applaudissements) ... -Merci.

On se bat contre et on va continuer sans relâche. Il y a des harcèlements, à l'école. Il y a le harcèlement entre enfants, entre adolescents, parfois à l'égard de certains adultes, parfois, le harcèlement qui est fait par des personnes qui sont pas dans l'école, mais qui viennent attendre avant ou après, il y a le harcèlement numérique, qui est terrible et qui est tout aussi violent, et qui conduit parfois au pire.

C'est-à-dire, celui qui, sur les réseaux sociaux, fait qu'on pousse à bout un jeune, on l'humilie en l'insultant sur un groupe Facebook ou autre. Donc le harcèlement, maintenant, il est revenu au coeur de l'école, et il y a une mobilisation qui a été lancée par le ministre pour qu'il y ait une prise de conscience, donc on a une journée de mobilisation, il y a une formation, maintenant, qui est assurée aux enseignants, et c'est une mobilisation pour toute l'école. Mais au-delà de ça, ça dit beaucoup de la société.

Et ce que vous avez dit avec beaucoup de pudeur, et comme on était ensemble il y a quelques heures, je sais pourquoi vous l'avez dit. A l'école, l'élève doit être absolument protégé, et hors de l'école aussi. Ce que la République doit à tout enfant, c'est que personne ne le harcèle, c'est que personne ne le mette en situation de douter de lui ou d'elle, de ne plus se respecter, d'avoir peur, de considérer que c'est lui ou elle qui doit avoir honte.

Et donc on a renforcé et on va continuer à renforcer les sanctions contre les personnes qui font cela, on va continuer la formation des maîtres pour faire qu'évidemment, les autres élèves qui font ça soient repérés et sanctionnés, et on va continuer à travailler avec les plateformes Internet pour sanctionner ce qui est fait sur ces plateformes. Moi, je ne veux plus de l'anonymat, sur les plateformes Internet, et je veux une vraie responsabilité des parents et l'interdiction. C'est le seul moyen parce qu'aujourd'hui, on a des enfants qui sont des cibles, qui se font humilier, qui veulent plus aller à l'école, qui vont jusqu'au suicide, qui, parfois, tombent dans la maladie la plus profonde ou la prostration, parce qu'ils sont harcelés par d'autres camarades, ou des gens qui, sur les réseaux comme ça, les poussent à bout.

Qu'il soit physique, qu'il soit scolaire, hors de l'école ou numérique, le harcèlement, c'est une des maladies de la société qui dit beaucoup de la malveillance de la société dans laquelle on est. Donc voilà, on est pleinement mobilisés sur ce sujet, mais je veux aussi, en même temps, dire à tous les enfants ou les élèves qui sont victimes de harcèlement qu'ils doivent le dire, qu'ils doivent le dire. Trop souvent, la honte, ils la prennent pour eux ou pour elles.

Trop souvent, quand on est harcelé à l'école ou quand on est harcelé par ses petits camarades sur les réseaux sociaux, ou quand on est harcelé à la sortie de l'école, on n'ose pas le dire, et on a honte, parce que ceux qui harcèlent sont très bien organisés, parce que la domination qu'on a, qu'on arrive à acquérir, fait que celui qui est harcelé n'ose plus le dire. Il se dit : "C'est moi qui dois avoir un problème, "s'ils m'en veulent autant." La honte, c'est de l'autre côté qu'il faut l'envoyer.

Et donc dites-le, dénoncez-le, aux parents, aux enseignants, mais ne vous laissez pas faire quand vous êtes harcelé, et plus rien, aujourd'hui, dans notre école, dans notre système judiciaire, ne protège celles et ceux qui harcèlent, ni ne les protégera, j'en prends l'engagement. Mais merci. (Applaudissements) ...

On fait tourner. -Bonjour à tous. Alexandre Moujeau, étudiant en BTS ACSE seconde année au lycée agricole de Fontaine.

Donc ACSE : Analyse, Conduite et Stratégie de l'Entreprise Agricole. Donc je voulais vous remercier, M. le président, d'être venu jusqu'à nous pour ce grand débat.

Je voulais remercier aussi M. Pierre Botteron, directeur de l'EPL de Fontaine, de nous avoir conviés à ce grand débat. Donc nous sommes au lycée agricole de Fontaine, qui compte environ 400 apprenants.

Tous ne veulent pas s'installer. Il y a, comme vous le savez, de nombreux métiers autour de celui d'agriculteur. Lorsqu'on traverse nos campagnes, lorsque l'on échange avec nos paysans, on se rend compte qu'ils sont très nombreux à approcher ou à avoir la cinquantaine.

Certains sont dans une situation de détresse, qui a parfois amené jusqu'au suicide. En Saône-et-Loire, par exemple, il y a eu, l'an passé, 250 départs en retraite pour seulement 100 installations aidées. On nous parle d'une agriculture familiale, traditionnelle, mais comment allons-nous pouvoir gérer tous les espaces ?

N'avez-vous pas peur que nos campagnes, parfois déjà peu peuplées, soient laissées à l'abandon ? En plus de cela, sans vouloir être défaitiste, on sait que l'agriculture française est malmenée, aujourd'hui, avec tous les dossiers vegan, la viande polonaise, le lait contaminé et j'en passe. N'avez-vous pas peur qu'il n'y ait un jour, en France, pays de la gastronomie et de l'excellence des denrées alimentaires, plus d'agriculteurs pour perpétuer les traditions ?

Merci. -Alors... (Applaudissements) ...

Merci pour votre question. Non seulement, j'ai pas peur, mais vous, n'ayez pas peur non plus. Mais ça dépend de nous.

Ca dépend de nous. Ce qui est vrai, c'est qu'on s'est laissé glisser et que la situation dans laquelle on est est difficile, mais moi, j'ai énormément de sources d'espoir, de fierté et surtout, on a saisi la question agricole il y a 18 mois en lançant des Etats généraux de l'alimentation, puis en passant une loi et en conduisant avec le monde agricole et l'ensemble de la société française, d'ailleurs, une vraie révolution. C'est ce qu'on doit faire. 1er point, qu'est-ce que c'est, être agriculteur aujourd'hui ?

Moi, j'ai souvent dit "paysan", d'ailleurs, d'abord parce que j'aime ce mot, et parce qu'il dit plus, il dit du paysage, du pays dans lequel on est. Etre agriculteur, aujourd'hui, ça veut dire d'abord nourrir, et il faut jamais l'oublier, ce qui est une fonction essentielle. Donc ça veut dire participer de la souveraineté de notre pays, de notre continent, qui vous nourrit, vous rend indépendant.

Le jour où la nation française et l'Europe sont nourries par d'autres puissances, bon courage. On dépendra des autres. Moi, je crois dans la souveraineté alimentaire, je veux une France qui nourrisse ses enfants, ses petits-enfants, donc on a besoin de produire pour cela.

La 2e chose, c'est que de plus en plus, on va vers différentes formes d'alimentation de qualité, parce que les choix de la société s'ouvrent. Et c'est une opportunité, c'est pas un risque. Je vais y revenir.

Puis la 3e chose, quand on est agriculteur, on s'occupe de l'environnement. On s'occupe de l'environnement. On s'occupe d'entretenir des voies d'eau, on s'occupe d'entretenir les abords, on s'occupe de faire de la méthanisation, c'est-à-dire de produire de l'énergie à partir, justement, des intrants qu'on a, et ce faisant, on produit du renouvelable.

On s'occupe de faire de la production, justement, parallèle. Très souvent, aujourd'hui, on développe aussi de la ferme solaire ou d'autres moyens de faire de l'énergie. Certains éleveurs, aujourd'hui, gagnent plus par les productions d'énergie qu'ils font que par le fruit de leur simple élevage.

Donc le métier d'agriculteur, il a beaucoup changé, mais c'est produire pour nourrir et participer aux services environnementaux du pays. 2 fonctions essentielles, 2 fonctions d'avenir. Donc je vais vous dire, je n'ai pas peur, et je crois profondément dans notre agriculture parce que nous en avons besoin et parce que c'est un secteur d'avenir, c'est pas du tout un secteur du passé.

Ensuite, la France, c'est un grand pays agricole, et votre région l'est. Evidemment, il y a eu, comme partout, une transition qui a fait que le monde agricole, progressivement, a eu de moins en moins d'actifs, et ça, c'est normal, parce qu'en même temps, on a été plus productifs, et l'industrie, puis le secteur tertiaire se sont développés. Mais on va garder et redévelopper des agriculteurs.

Simplement, il faut redéfinir une nouvelle ambition. La difficulté dans laquelle nous sommes aujourd'hui, c'est qu'on a beaucoup ouvert tous les marchés, parfois à notre avantage, d'ailleurs, parce qu'on a, du coup, exporté, et l'agro-alimentaire français est gagnant, mais on a parfois laissé d'autres avoir moins d'exigence que nous sur le plan sanitaire et environnemental, des viandes qui sont moins bonnes que celles qu'on sert, le scandale de la viande polonaise ou autre. Mais enfin, nous, on a gardé un très bon système, parce que vous parliez de la viande polonaise, il faut se féliciter que nous, on l'a détectée, nous, on l'a bloquée à la consommation, et notre viande n'est pas dans cet état-là.

Donc il y a une excellence française qui doit être maintenue. Simplement, la grande difficulté dans laquelle on est aujourd'hui, c'est que beaucoup d'agriculteurs ne vivent pas bien du prix payé. Beaucoup d'agriculteurs, dans beaucoup de filières, produisent quasiment à perte parce qu'on a été vers le coût le plus bas, parce qu'on a considéré que tout pouvait s'échanger et que plus rien n'avait de valeur.

C'est pourquoi ce qu'on a fait, à travers la réforme qui est en train de rentrer en place, c'est de dire : "Il y a des niveaux en dessous desquels "on ne peut pas vendre certaines denrées agricoles." Quand un exploitant agricole peut pas vivre et qu'il met plus d'argent à produire son lait qu'on le vend dans le supermarché, on est chez les fous. Donc ça, il faut l'empêcher, et il faut le protéger.

Et en même temps, on va accompagner notre agriculture vers des modèles différents, qui sont des modèles d'avenir pour votre génération et pour les jeunes qui vont s'installer. Il va y avoir une agriculture intensive qui va à l'export. Produire en grande quantité, par exemple, dans les céréales, pour exporter sur des marchés qui en ont besoin, qui importent pour se nourrir, etc.

On a cette capacité-là, on va se moderniser. Il y a eu une industrialisation de la production agricole, il faut y aller, et ça, ça permet de créer des emplois dans la machine-outil, dans les métiers agricoles, et ce sont des métiers d'avenir. Ensuite, il y a des modèles qui sont plus spécialisés sur la qualité, c'est-à-dire ceux qui vont aller vers des AOC, des AOP, ceux qui vont aller faire, par exemple, de la viande dans le Charolais, ceux qui vont aller un peu plus loin dans le Comté, ceux qui vont valoriser leur production parce qu'il y a une marque, et avec la marque, il y a un cahier des charges, on apprend à produire d'une certaine façon, il y a un tour de main, il y a une qualité, une traçabilité.

Eux, ils vont vivre de mieux en mieux parce qu'ils vendent bien leur produit, parce que ce produit, il a une valeur, les gens l'ont reconnu, ils l'aiment et il est différent de ce qui vient d'ailleurs. Et ça, il faut le développer. 3e voie de développement pour notre agriculture, c'est le bio.

C'est pas la seule voie, mais c'est une voie d'avenir. De plus en plus de gens veulent manger bio. C'est bon, c'est une voie d'avenir, et on le vend mieux quand on est agriculteur.

Je le rappelais à quelques élus de la région, ce matin, en France, nous importons pour 1 milliard d'euros de bio. Pour les jeunes qui s'installent, comme vous, il y a la possibilité, il y a d'ailleurs des aides pour le faire, et pour se convertir pendant au moins 3 années dans ces productions-là, de développer de la production bio pour pouvoir, justement, avoir une production rentable et la vendre. 4e axe, et je serai pas exhaustif, de perspective, le circuit court.

On a, pendant des décennies, oublié totalement le circuit court. Aujourd'hui...

Vous voulez dire un truc là-dessus ? Allez-y. Alors, c'est tout à fait vrai.

Alors maintenant, on est en train de le réduire, mais il y a eu les fameuses aides dites MAEC, qui étaient les aides bio, en effet, versées par l'Europe, qui ont eu énormément de retard à cause des systèmes de paiement. Donc on a des agriculteurs qui ont fait la conversion au bio...

Il doit y avoir Stéphane Travers dans la salle, qui s'est battu, et je salue son courage contre, justement, cela. Il y a eu des gros dysfonctionnements administratifs, et donc il y a des agriculteurs qui ont mis 2 ans, 3 ans, et qui ont attendu qu'on leur verse les aides qu'on leur devait en 2015. Tout ça est en train de se terminer, maintenant, on verse les aides à l'heure.

C'étaient vraiment des problèmes informatiques et techniques. Ca ne doit surtout pas décourager, à commencer par votre génération, d'aller vers le bio. Il faut pas que tout le monde s'y mette, mais on a largement de la marge, parce que c'est un marché en expansion, et aujourd'hui, on importe.

Mais maintenant, les aides, elles arrivent à l'heure. Pour des jeunes qui commencent, vous avez une situation qui est différente des autres, et vous êtes accompagnés, et les régions accompagnent aussi avec des prêts d'honneur et des mécanismes d'accompagnement pour enclencher. Mais pour finir sur le circuit court que j'évoquais, c'est aussi quelque chose qu'on veut développer.

Le circuit court, on est en train de le développer dans la restauration collective. C'est faire en sorte que quand vous allez à la cantine, au restaurant collectif ou autre, il y ait au moins la moitié des produits que vous avez soit qui sont bio, soit qui viennent de la région. 75 % de la viande que vous mangez au restaurant, elle est importée.

C'est de la folie. Bon. Donc on doit resensibiliser le consommateur, aider les agriculteurs à défendre le prix payé en s'organisant ensemble pour vendre et protéger leur marge, et aider les agriculteurs à moderniser selon le choix de la filière qu'ils font.

Et donc l'agriculture, c'est un métier d'avenir. Sur chacun de ces segments que je vous ai donnés, il y a un métier d'avenir. Là où il y a pas d'avenir, c'est pour l'agriculture moyen de gamme, qui ni ne se spécialise, ni ne s'industrialise.

Quand vous restez une production de taille moyenne, que vous n'allez pas vers la qualité, ou le bio, ou le circuit court, c'est très dur, parce que c'est simple, vous vous battez contre d'autres qui ont d'énormes tailles et qui, du coup, ont des coûts plus bas. Mais ça, c'est comme dans tout secteur. Faut pas faire d'erreurs et il faut bien se positionner.

Donc moi, je vous encourage à bien vous positionner là-dessus. Allez-y. Là, j'ai la classe agricole, à mon avis. -...autant dépendant des aides ? -Alors... -Pour quoi que ce soit.

Nous, tout ce qu'on souhaite, c'est vivre de notre métier, et aujourd'hui, c'est pas du tout le cas, et je pense que c'est la seule branche, aujourd'hui, dans laquelle c'est le cas, et c'est pas normal. Non, alors toutes les branches sont pas dépendantes des aides, ça dépend. Pourquoi il y a ce système d'aides ?

Parce qu'historiquement, notre politique agricole, en Europe, on l'a structurée, justement, pour pouvoir assurer une production commune, et donc aider certains producteurs à continuer, même quand c'était pas rentable, parce qu'on avait besoin qu'ils produisent pour nourrir tout le monde, et puis on a mis en place des systèmes d'aides dans certains autres secteurs pour qu'ils produisent parfois moins pour éviter la surproduction et l'effondrement des cours. Donc du coup, on a créé un système extraordinairement compliqué, et vous avez raison, confus. Alors il y a encore de systèmes d'aides qui existent dans certains secteurs, qui correspondent, il y en a de moins en moins, à des quotas ou à des accompagnements de production.

Elles sont nécessaires. Il y a d'autres filières où il y a de moins en moins d'aides, et où, pour le coup, si on veut pas d'aides, il faut protéger, aider à ce que le prix se maintienne à un certain niveau. Si vous êtes dans le lait, aujourd'hui, encore trop souvent, il y a des supermarchés qui vous achètent votre lait ou même la coopérative, avant le supermarché, qui vous l'achète en dessous de votre prix de production, sauf si vous êtes dans une AOC ou une AOP et que vous arrivez à commencer à le transformer ou à le valoriser, ou que vous allez sur des laits bio.

Donc si on veut sortir du système d'aides, il faut aller dans le sens de la spécialisation que j'évoque, et puis après, moi, j'assume, au niveau européen, d'avoir des aides quand on vous demande de faire des efforts et d'aller, par exemple, vers le bio. C'est un investissement, c'est de la transformation, de la même façon que dans notre industrie, quand on veut qu'une industrie se numérise, qu'elle investisse fort, on va l'aider pour cela, mais le système européen, vous avez raison, il est très compliqué. Mais moi, si j'avais un message à vous passer, 1, c'est un secteur d'avenir, 2, parce qu'on a vraiment, sans mauvais jeu de mot, pris le taureau par les cornes.

Là, on réinvestit, on y croit, on change des structures. Votre génération ne vivra pas ce que les générations d'avant ont vécu, avec les drames que vous avez rappelés et qui ont été terribles. Donc avec en particulier les régions, on va continuer, et avec l'Europe, à investir, à développer une vraie stratégie, mais l'agriculture est pour moi un secteur prioritaire et un secteur stratégique pour nourrir et pour l'environnement.

Allez-y. Peut-être là. Alors j'en prends 2, 3, comme ça, d'affilée, parce que sinon, il y aura de la frustration. -Bonjour, M. le président.

Vous dites que les aides bio ont été finies de verser, or hier, sur l'exploitation familiale, on a reçu une lettre comme quoi nos aides bio n'étaient toujours pas versées depuis 2 ans et demi et qu'elles allaient encore être retardées, donc... -Celles de quelle année ? -Celles de 2016, 2017. -2015, elles sont totalement finies l'année dernière, et là, il y a des reliquats qui sont en train d'être terminés.

Je le sais bien. Vous avez totalement raison. On est en train de rattraper tout ce retard.

Là, normalement, la 17, vous avez commencé à la percevoir, et le ministre s'est engagé pour qu'il y ait, avant fin février, les derniers reliquats sur 16 qui soient versés. -Hier, on a reçu une lettre comme quoi ces fameuses aides, qui étaient en retard, allaient être encore décalées de quelques mois, et on ne sait pas quand. -Ca, ça m'étonne.

Non, parce que les retards, malheureusement, je les connais. C'est l'agence de paiement qui vous a écrit ? Je suis prêt à regarder, à l'issue de la réunion, ou si vous avez la lettre ou vos coordonnées, pour qu'on...

Non, mais pour qu'on regarde. Les retards, là, sont en train d'être épongés, si je puis dire, donc s'il y a encore des retards résiduels, on va regarder, mais ils sont en train, tous, d'être progressivement réduits. Après, ce qui est vrai, c'est peut-être ce cas-là, c'est qu'avant, il y avait des aides à 5 ans qui ont été ramenées à 3 ans pour la conversion, et donc il y a certaines aides qui ont été écrêtées.

Je ne sais pas si c'est à ça que ça correspond dans l'exploitation familiale. Il faudra regarder, mais sur ce cas particulier, on vous attrape à la sortie pour regarder les choses. Non, mais parce que derrière, je sais que c'est des investissements et que c'est attendu par l'exploitation donc pour moi, c'est un élément sérieux.

Ca n'est pas un choix budgétaire, c'est malheureusement un problème de fonctionnement. Allez-y, vous. Vous vous êtes levé, là, tout au bout. (Rires) Qu'est-ce qu'il y a ?

Allez-y, là, regardez. Allez-y, puis faites tourner. -On va poser plusieurs questions, donc il pose la 1re. -Là, vous vous êtes fait voler la politesse par votre voisin. -C'est l'honneur de... -Je lui laisse l'honneur. -Très bien. -Alors tout d'abord, déjà, je suis très heureux de partager avec vous tous, ici.

Je suis en bac professionnel nucléaire, et ma question, ce serait : quel est l'avenir du nucléaire en France ? Si les centrales nucléaires fermaient, quels seraient les moyens de substitution mis en place pour égaler la quantité d'électricité fournie par celles-ci ? Et aussi : faut-il faire comme notre voisin l'Allemagne, au final, fermer les centrales nucléaires pour les remplacer par des centrales à charbon qui polluent beaucoup plus et qui fournissent, au final, l'électricité la plus chère du monde ? -Et moi, les 2 petites dernières questions, c'est : au niveau des formations nucléaires, du coup, comment ça va se passer ?

Parce que du coup, si, plus tard, il n'y a plus de nucléaire, du coup, y aura plus de formation pour les gens qui sont en formation nucléaire, et ma 2e question, c'est au niveau des EPR français : quand est-ce qu'ils vont être signés ? -Lequel ? -Les 2 nouveaux, pour le moment. -D'accord.

Alors merci pour cette question précise qui rejoint l'empreinte industrielle de la région, et donc je connais les sites nucléaires de cette belle région, en particulier du département. Alors pour que ça soit clair pour tout le monde, parce que c'est un sujet qui vous concerne tous, quand on parle d'environnement et d'écologie, quelle est la stratégie, nous, qu'on a adoptée ? Bon, on doit produire de l'énergie pour s'éclairer, se chauffer, se déplacer, etc., et en particulier, on doit produire de l'électricité.

On en a tous besoin, et a fortiori, si on veut polluer encore moins, et donc aller vers des véhicules qui sont plus hybrides ou qui sont plus électriques, on a encore besoin de plus d'électricité. Donc l'électricité, on l'utilise dans nos usines, on l'utilise nous pour se chauffer, s'éclairer, on va de plus en plus l'utiliser pour se déplacer. La 1re économie d'énergie, je dis ça pour que tout le monde se mette dans le bain, la 1re économie d'énergie, c'est celle qu'on consomme pas...

La meilleure énergie, pardon, possible, c'est celle qu'on ne consomme pas, et donc c'est l'économie d'énergie. Et donc, d'ores et déjà, pour votre génération, pour nous tous, on a besoin de plus en plus d'aller vers les gestes citoyens, de moins consommer et d'être beaucoup plus rigoureux sur la consommation d'énergie. Ca, c'est le 1er point, parce que c'est l'énergie la moins chère et la moins polluante.

Ensuite, l'électricité. Vous avez parfaitement résumé les choses. Ce qui, aujourd'hui, coûte le plus cher et est le plus polluant, ce sont les centrales à charbon, ensuite, les centrales thermiques, ensuite, le gaz, ensuite, le nucléaire, ensuite, le renouvelable, dans la hiérarchie.

Là, j'ai été du plus cher et plus polluant au moins cher, moins polluant. La France, elle a une chance, il faut bien le dire, qui est liée à son histoire, c'est qu'on est un très grand pays nucléaire, et aujourd'hui, les 3/4 de l'électricité qu'on produit sont produits à partir du nucléaire. Est-ce que c'est bon ?

Oui, parce que ça permet de produire de l'électricité qui émet moins de CO2 que si on la produisait avec des centrales à charbon ou même des centrales thermiques. Est-ce que c'est formidable et qu'il faut rien changer ? Non, parce qu'on dépend trop du nucléaire, or le nucléaire a aussi un coût de démantèlement, de retraitement, et puis c'est un risque, malgré tout, même s'il est très ancré dans des procédures et notre savoir-faire.

Donc on a fait ce choix, débattu depuis des années, de réduire la part du nucléaire français à 50 % de la production d'électricité à horizon 2035. Donc on passera de 75 % à 50 %. Mais ça veut dire que le nucléaire restera, même à horizon 15 ans, la principale source de production d'électricité de notre pays.

Dans ce contexte-là, par rapport à votre 1re question, je vous rassure, j'ai décidé et je me suis engagé devant les Français à exactement le contraire du choix allemand. Puisque nous, nous nous sommes engagés à fermer d'ici à 2022 l'ensemble des centrales à charbon qui restent dans le pays. Il y a encore quelques centrales à charbon, on a commencé la concertation, et donc on va toutes les fermer.

Ce qui veut dire : on ne produira plus qu'à partir d'un peu de gaz, mais surtout du nucléaire et du renouvelable, notre électricité. Donc il continuera à y avoir durablement un avenir pour le nucléaire parce que c'est cohérent avec notre stratégie qui est d'abord de réduire les émissions de CO2. Ca, c'est fondamental.

Et donc on a fait un choix inverse de celui qui a été fait par les Allemands il y a quelques années qui a été, en effet, de fermer du nucléaire pour rouvrir des centrales à charbon. Mais qui est un choix plus coûteux et qui émet beaucoup plus de CO2. Une fois que j'ai dit ça, on va ensuite progressivement réduire le nucléaire pour développer du renouvelable.

Ca n'est possible que de manière progressive et que si on arrive à faire du renouvelable une énergie non intermittente. Pourquoi ? Parce que la centrale, elle vous fournit la même énergie toute l'année, la même électricité.

Si vous faites du renouvelable, vous allez avoir des pics quand il y a beaucoup de vent ou beaucoup de soleil, puis à d'autres moments, vous en aurez moins. Donc vous ne pouvez fermer une centrale et la remplacer par du renouvelable que si vous pouvez stocker votre renouvelable, pour être sûrs de vos approvisionnements. Vous me suivez ?

Je vérifie quand même. Et donc ce qu'on fait en parallèle, c'est qu'on développe notre recherche, notre industrie sur le stockage de l'énergie pour pouvoir faire cette transition. Donc ce qui veut dire que pendant les prochaines décennies, et donc pour vous, qui vous engagez dans la vie active, il continuera à y avoir un vrai métier dans le nucléaire et un vrai avenir dans le nucléaire.

Et ça, je le dis à tous les jeunes que vous êtes et qui nous écoutent : le nucléaire reste un métier d'avenir en France et dans le monde. Et d'ailleurs, le GIEC, qui sont les plus grands experts internationaux en matière climatique, l'ont écrit : on ne peut réussir notre transition climatique et ne baisser les émissions de CO2, et donc lutter contre le réchauffement climatique, que si, dans le mix énergétique mondial, on met du nucléaire. Donc le nucléaire est un métier d'avenir et France et à l'export.

On va simplement en réduire la part progressivement, mais on va continuer à embaucher. Aujourd'hui, il y a trop peu de jeunes qui rentrent dans les métiers du nucléaire parce qu'ils ont peur ou qu'ils entendent qu'on va complètement arrêter. C'est faux.

Je veux tordre le cou à cette mauvaise idée. Les métiers du nucléaire, ce sont des métiers sur lesquels on va continuer à développer les formations et on a besoin que des jeunes s'engagent. Dans les métiers techniques, technologiques, dans les métiers de chaudronnier ou autres et de BTP.

Parce que le nucléaire, et on le sait parfaitement, c'est du métier de BTP, pour faire les cuves, c'est des métiers de chaudronnier, c'est des métiers, en effet, matériels nucléaires, c'est des métiers d'ingénieur, c'est des métiers de recherche...

Donc il y a énormément de filières derrière le nucléaire et de savoir-faire qu'on a besoin de continuer à développer et sur lesquels on a besoin d'embauches, en civil comme en militaire. Dans ce contexte-là, nous, on mène des études pour les prochaines générations d'EPR. On a, comme vous le savez, les EPR qui sont en cours de finalisation en France, donc moi, j'ai bon espoir et on met le maximum de pression pour les allumer, parce que plus vite on les allumera, plus vite on pourra fermer les structures passées, et donc, en gros, plus vite on ouvrira Flamanville, plus vite on fermera Fessenheim.

Et on va continuer les études pour la nouvelle génération d'EPR. Et on décidera autour de 2022 ce qu'on fait en France sur la nouvelle génération d'EPR en fonction des études et des avancées. Mais d'ores et déjà, j'ai demandé au gouvernement de continuer à financer les études pour la prochaine génération d'EPR français.

Et puis, en parallèle, on est engagés à l'international et on vend de l'EPR à l'étranger. Les Britanniques, ils vont s'éclairer, se chauffer et fonctionner avec du nucléaire français, de la production française. Donc, là-dessus, je veux vous rassurer, c'est un métier d'avenir, mais dans une stratégie où on va augmenter le renouvelable plutôt pour se substituer à une part de nucléaire et beaucoup à tout ce qui est charbon.

C'était clair ? C'est bon ? On continue.

Allez, on en prend 3, 4 d'affilée dans ces cas-là. Allez-y, gardez le micro. -Bonjour, monsieur le Président.

Je m'appelle Etienne Marceau, je suis en train de préparer un CEP dans la branche métallurgie de l'Ecole de production à Chalon-sur-Saône. Je compte continuer ensuite en bac pro. Le métier d'usineur que j'apprends est porteur d'emplois, mais j'ai des appréhensions en pensant aux dépenses nécessaires à ma 1re installation lorsque j'aurai trouvé un travail.

J'aurai besoin d'une voiture, d'un logement avec tous les frais qui vont avec. Est-ce que vous envisagez un coup de pouce pour les jeunes qui démarrent dans la vie dont les familles n'ont pas les moyens suffisants pour les soutenir ? -Allez-y.

Je réponds de manière groupée. J'en prends 3, 4. Comme ça, il y aura moins de frustration.

Passez-vous le micro dans la même zone. Allez. -Bonjour, monsieur le président.

Je me présente rapidement, je m'appelle Ulysse Navarre, élève ingénieur aux Arts et Métiers à Cluny. Déjà, merci de donner la parole aux jeunes. Je vais commencer par un chiffre.

L'année dernière, il y avait 140 000 étudiants en formation d'ingénieur en France. Et on remarque que certains secteurs industriels en France prennent du retard, on peut citer l'industrie automobile, par rapport à l'Allemagne, on peut citer, par exemple, le gaz de schiste où, aux Etats-Unis, des millions de barils sont extraits chaque jour, on peut citer les énergies renouvelables où on est en retard par rapport à certains pays de l'Union européenne. Monsieur le Président, quelle est votre ambition pour que la jeunesse française qui se forme aux sciences de l'ingénieur puisse un jour envisager de faire une carrière dans une société industrielle française et non d'aller s'expatrier à l'étranger dans des pays plus compétitifs, comme les Etats-Unis, l'Allemagne et la Chine ? -E.

Macron : Très bien. Allez-y. -Bonjour, monsieur le président.

Alors moi, j'ai une question. Nous, on est à la MFR d'Etang-sur-Arroux et on est stagiaires en alternance avec des cours. On a environ 20 semaines de stage par an et ce qu'on trouve pas normal, c'est qu'on soit rémunérés qu'à partir de la 13e semaine alors qu'on travaille comme un employé ou un apprenti, et on ne cotise pas non plus pour notre retraite.

Alors qu'est-ce que vous pouvez faire pour nous ? -Allez-y. -Bonjour, monsieur le président.

Moi, ça serait plus pour un témoignage que mon lycée m'a autorisé à faire. Alors monsieur le président, j'ai l'honneur de pouvoir échanger avec vous le jour de mes 19 ans. Je me présente, je m'appelle Clément Hélias, je suis actuellement en première année BTS Conception et réalisation en chaudronnerie industrielle au lycée Léon Blum au Creusot.

Mon parcours scolaire est le suivant : en 3e, après avoir obtenu mon brevet des collèges, j'ai été admis en seconde générale, mais mon souhait...

Mais je souhaitais poursuivre ma scolarité en baccalauréat professionnel dans le domaine de la chaudronnerie. J'ai dû imposer mes choix à l'équipe pédagogique du collège et à ma famille car, pour eux, la seconde générale, était la filière d'excellence. Au lycée, en bac professionnel, j'ai acquis de nombreuses connaissances pratiques et découvert le milieu industriel grâce à mes 32 semaines de stage.

La transmission des savoirs et de mes enseignants m'ont aussi permis de m'investir et me donner envie de participer au concours "Un des meilleurs apprentis de France". Suite à un long investissement et quelques sacrifices, j'ai pu obtenir la Médaille d'or nationale à ce concours. (Applaudissements) (...) Excusez-moi.

Elle me sera remise le 27 février à la Sorbonne. Cette récompense m'a motivé pour poursuivre mes études en brevet technologique supérieur. En ce début d'année scolaire, l'adaptation a été relativement compliquée...

Excusez-moi. Car en bac professionnel, les compétences théoriques et calculatoires sont moins développées qu'en filière générale. Malgré mon handicap qui est la dyslexie, le regard des autres m'est indifférent et j'avance dans la vie en me donnant... en me donnant des objectifs et en me forgeant un mental.

Depuis mon enfance, la nature, les enfants, le sport ont été pour moi des échappatoires, une soupape de sécurité, comme on peut dire. Ils m'ont aidé à m'épanouir, à trouver mon équilibre familial et scolaire. A travers le sport, pour moi, la natation, le triathlon, je pense avoir acquis des valeurs qui me sont aujourd'hui très chères, comme le dépassement de soi, mais aussi le respect des autres, de l'adversaire, la solidarité, l'esprit d'équipe, le goût de l'effort et la persévérance.

En ce jour, j'ai une pensée actuelle et particulière pour mon ami Antonin qui est décédé en juillet d'un accident de vélo. J'avais pour devise avec lui "Train hard", entraîne-toi dur. Ces quelques mots sont gravés pour moi à jamais dans mon coeur. (Applaudissements) (...) C'est hélas pour moi...

Excusez-moi. Je me permets de revenir sur le mot "respect", car de nos jours, c'est hélas une des valeurs qui me semble se perdre en France et qui est pourtant essentielle à notre nation. Quel que soit notre âge, notre situation, notre environnement, quel que soit... dans cette société en plein changement, il faut tous continuer de rêver et se donner les moyens de concrétiser ses rêves.

A ce jour, de nouveaux et beaux défis s'offrent à moi : obtenir mon BTS, poursuivre mes études, ma licence et pourquoi pas aller plus loin. Donc merci d'avoir fait ce témoignage. (...) -Bonjour, monsieur le président.

Bonjour, mesdames et messieurs les ministres. Je m'appelle Loïc Laborde, j'ai fait un bac pro commerce à l'Institution Saint Lazare Saint Sacrement à Autun. Je me suis ensuite orienté vers un BTS Banque où je vais terminer en fin d'année.

Alors j'ai 3 questions, notamment la première sur le livret jeune, qui est accessible à partir de 12 ans, de 12 à 25 ans, donc qui permet aux épargnants à partir de 12 ans, tous les mois, de se créer une petite épargne pour la préparation d'études, la préparation de projets, le permis...

Et aujourd'hui, il est plafonné à 1 600 euros. Donc 1 600 euros, ça permet pas de se financer le permis, la première voiture et le départ dans les études, le financement des études. Ensuite, j'aimerais quelques précisions.

Comme vous l'avez dit, l'alternance, c'est la première voie d'insertion professionnelle, par contre, arrivé en licence professionnelle, on a du mal à intégrer un master dans le public. On peut très bien s'orienter dans le privé, mais dans le public, c'est plus compliqué. Alors est-ce que vous prévoyez une année passerelle pour qu'on puisse continuer sur la voie publique et atteindre les métiers qu'on souhaiterait avoir ?

Et la 3e, alors vous avez élargi la prime d'activité à 700 000 Français, il me semble. Par contre, pour un alternant qui commence à 18 ans, le salaire minimum est d'environ 700 euros et la prime d'activité est accessible qu'à partir de 937 euros, il me semble. Est-ce que vous avez prévu de l'élargir à ces jeunes qui débutent dans la vie active pour financer leurs études et leur vie quotidienne ?

Merci. -Alors, je vais répondre à ces 4 questions. Alors allez-y, la dernière, et puis après, je tourne. -Monsieur le président, je m'appelle Margot, je suis élève en terminale bac pro ASSP, Accompagnement, soins et services à la personne, et j'aurais voulu savoir où en était la bourse d'études afin de pouvoir financer nos poursuites d'études ou nos concours, qui sont assez chers, pour donner une certaine égalité de chances à poursuivre nos études.

Merci. -Alors, sur ces sujets, donc, 5 questions. Après, on tournera le micro par là pour que ce soit juste.

On passera au milieu, ne vous inquiétez pas. Bon. De manière très rapide et factuelle, sur la première question qui était dans la métallurgie, la voiture, le logement, comment aider et accompagner, alors on met en place plusieurs mécanismes, d'abord, on a revalorisé pour l'alternance et l'apprentissage la rémunération, c'est dans la loi.

Après, ça dépend de l'âge et de la formation. On pourra vous faire passer, d'ailleurs, je demanderai, normalement, ça doit être fait, mais est-ce que tous les établissements... les grilles.

Mais donc on a revalorisé ce qui est versé aux alternants et aux apprentis. 2e chose, on a mis en place un paquet, justement, mobilité, je l'ai évoqué tout à l'heure quand je vous ai répondu, pour le permis de conduire, 500 euros, ce qui aide, justement, à passer le permis et à pouvoir avoir un véhicule. Donc voilà les deux principaux dispositifs mis en place pour accompagner apprentis et alternants dans ce sens-là.

Sur la question qui était la 3e, parce qu'elle était dans la même ligne, sur l'alternance. Alors, en fonction de l'âge...

Je sais plus où était mademoiselle, pour la 3e question. C'est en fonction de l'âge et de la qualification. Il y a en effet une grille, que vous soyez alternant ou apprenti, qui définit la rémunération.

Et c'est vrai que vous n'êtes pas payé comme un salarié, mais parce que quand vous êtes apprenti ou alternant, vous n'êtes pas comme un salarié non plus, vous avez un maître de stage ou d'apprentissage qui vous apprend. Et donc on a, nous, déjà, énormément réduit le coût pour lui, mais ce que vous dit un maître d'apprentissage, il vous dit : "C'est une charge pour moi, "parce que le jeune que je prends, "il n'est pas productif comme mon salarié, "il prend même du temps des salariés "parce qu'on doit lui apprendre le geste, ce qui est normal." Et donc il ne peut pas vous payer comme un salarié.

Par contre, comme on veut, et à mesure, d'ailleurs, que vous vieillissez, que vous puissiez avoir de plus en plus de subsides, on a augmenté ce qui est touché par l'alternant ou l'apprenti, parce qu'on a augmenté les aides pour compléter. Donc tout ce qu'on fait dans la réforme de l'apprentissage et de l'alternance, c'est diminuer le coût pour l'employeur pour qu'il nous en prenne, parce que s'il n'y a pas de maître de stage ou d'apprentissage, il n'y a pas d'apprentis ou d'alternants, et essayer au maximum de monter ce que vous, vous touchez pour pouvoir être plus indépendants et que ça récompense le travail. Mais je ne vais pas vous mentir, c'est impossible d'avoir la même rémunération qu'un salarié parce que vous êtes encore en train d'apprendre, parce que c'est un système qui est un peu à part.

Oui ? (Propos inaudibles) Mais le revaloriser un peu. (...) -C'est que, en fait, tant qu'on n'a pas dépassé la 13e semaine, on n'a rien, en fait.

Et en fait, c'était plutôt à partir de...

Avant, en fait, être payé, par exemple, la 9e semaine, d'avoir un peu une rémunération. Et le problème, c'est que la plupart des maîtres... la plupart des maîtres de stage, ils n'acceptent pas de prendre au-delà de la 13e semaine, parce qu'ils sont seulement maître de stage et au bout de 12 semaines, ils sont tranquilles, ils ont eu 12 semaines de manoeuvre gratuite, et hop, ils se débarrassent... -J'ai compris.

C'est moi qui n'avais pas compris. C'est clair. Donc pardon.

Ca, on va regarder. C'est un bon point. Parce que sur les contrats d'alternance et d'apprentissage courts...

Ca, il faut qu'on vérifie ce point-là et qu'on puisse le corriger. Ca, on va regarder, promis. Donc là, on met en place le dispositif, mais c'est très clair, dit comme ça.

Très clair aussi sur le livret jeune, qui était dans la 4e question. Monsieur ? Voilà.

Je prends le point. Je trouve que c'est une très bonne idée sur ce point qui était avancé. Donc voilà sur les éléments de rémunération et les accompagnements.

Le livret jeune, je prends l'idée, on va regarder. Sur l'ouverture également du secteur public à l'alternance et à l'apprentissage, vous avez raison. On n'est pas assez bons aujourd'hui, on l'a déjà dit, dans le cadre de la réforme de la fonction publique, et en particulier, justement, des ouvertures.

On veut pouvoir développer ces filières, on recrute encore trop hors ces filières, et elles ne sont pas assez valorisées dans le secteur public. Et donc ce que vous avez dit était tout à fait juste. Je vais regarder votre point sur la prime d'activité.

Ce qui est vrai, c'est que la prime d'activité, elle dépend du niveau de salaire, et donc vous pouvez vous retrouver dans certaines situations où vous êtes, en effet, apprenti et vous n'êtes pas au début de la prime d'activité. Ce que vous dites est juste. Donc, on va voir s'il faut mettre en place quelque chose de spécifique.

En tout cas, à partir de 18 ans, et en fonction de la qualification, on rentre assez rapidement dans la catégorie de ceux qui sont éligibles à la prime d'activité. Mais c'est vrai que, sur le bas de la tranche, vous avez raison. Donc on va regarder ces points.

Donc, là-dessus, on regarde avec la ministre sur le stage jusqu'à 12 semaines, le livret jeune plafonné et les éléments prime d'activité. J'ai ensuite été interrogé, c'était vous, sur, au fond, notre compétitivité et l'avenir des métiers industriels. Je ne serai pas aussi négatif que vous, parce qu'on est en train de recompenser un écart.

On a perdu beaucoup de parts de marché parce qu'on a fait 2 choses : on s'est mal spécialisés en France, on s'est mis sur des segments qui étaient parfois moins industriels ou dans nos industries sur des niveaux de gamme qui étaient moins porteurs. Typiquement, pourquoi les Allemands ont mieux réussi en voiture que nous ? Ils se sont mis sur le haut de gamme qui permettait de mieux rémunérer, on s'est mis davantage sur le moyen de gamme.

Et puis, à côté de ça, on a perdu pendant des années en compétitivité, parce que par rapport à la productivité, on a laissé nos coûts augmenter. Depuis quelques années, et ça a commencé avant que je sois élu, on est en train de l'accélérer avec les mesures qu'on est en train de passer, on baisse la fiscalité sur les entreprises en particulier industrielles, on baisse le niveau, justement, de la fiscalité et des charges sur le travail, ce qui est bon pour la compétitivité industrielle et nous fait recoller les choses. En parallèle de ça, il y a une plus grosse pression côté allemand, donc on est en train de recoller notre différence.

Premier point. 2e point, on a une vraie stratégie, maintenant, par filière et territoriale sur notre industrie. Et 3e point, on réinvestit, et on réinvestit dans 2 choses : l'industrie, on la bâtira en investissant sur les personnes et sur les usines.

Les personnes, c'est toutes les réformes dont on parle depuis tout à l'heure, alternance, apprentissage, formation continue, on met 20 milliards d'euros, en particulier sur les métiers agricoles et industriels. Et de l'autre côté, on investit en capital, c'est-à-dire il faut moderniser nos usines pour les rendre plus compétitives, et donc c'est toutes les réformes de la fiscalité qui incitent à l'investissement productif. On voit que les choses sont en train de changer.

Le dernier semestre 2018, pour la 1re fois en 10 ans, on a recréé de l'emploi industriel en France. Ca fait 10 ans que c'était pas arrivé. Donc on est en train d'enrayer cette logique.

Ensuite, notre avenir industriel, on le bâtira de 2 manières : en construisant sur nos forces historiques, le transport, le nucléaire, donc les métiers du transport, l'automobile, l'aéronautique... le nucléaire, l'agroalimentaire... et en numérisant, en mettant de l'intelligence artificielle en faisant monter en gamme, ce qui ne détruit pas de l'emploi industriel, au contraire, ça le transforme.

Donc voilà la stratégie industrielle, elle se décline ensuite territoire par territoire. Mais c'est pour ça que j'assume une politique fiscale et sociale dont l'un des axes est la compétitivité, parce que c'est la clé pour créer des emplois industriels sur nos territoires. Si on reste avec l'organisation qu'on avait, on ne peut plus recréer d'emplois industriels et on continuera à voir les emplois industriels filer ailleurs, je ne veux pas le voir et c'est tout le sens des réformes qui ont été portées et qui, parfois, ont été mal comprises, mais dont c'est le but.

Tout dernier point, c'est votre intervention, et je vous en remercie. Au fond, il n'y a rien à dire si ce n'est que vous avez rendu le plus bel hommage à ce qu'est l'école de la République et la volonté. Et merci pour ça. (Applaudissements) (...) Parce que le rôle de l'école de la République, c'est de s'assurer que chacune et chacun puisse mener sa chance quelles que soient ses difficultés.

Et de vous voir avoir le courage de prendre la parole en public et de dire devant 1 000 personnes : "Je suis dyslexique", je ne sais pas, moi, si j'aurais ce courage. Donc chapeau. (...) Et ensuite, c'est de dire quoi que fasse l'école de la République, et à chaque moment de la vie, quoi que fasse l'Etat, rien n'enlève la volonté.

C'est une porte ouverte, mais à chaque fois, ce sera à vous de mener l'effort. "Train hard", comme vous l'avez dit. Et donc, oui, il faut y aller, se donner du mal, avoir le sens de l'effort, c'est fondamental, c'est la part qui est en vous.

Et donc, voilà, ce sont ces deux moteurs, en tout cas, c'est ce qui me rend très fier de vous avoir entendu et qui a ému tout le monde. Merci à vous. (...) Avant de poursuivre, je voulais apporter, parce que comme nos débats ont été suivis, le ministre de l'Agriculture m'a fait passer un mot pour vos parents.

Donc il y avait 4 milliards d'euros à verser au total, il y a encore 300 millions sur ces 4 milliards qui ne sont pas versés, donc il y a 10 % qui sont encore à verser sur 2016, 2017. Ce sera fini au 15 mars. Donc vous pouvez rassurer vos parents, ils sont dans les 10 % qui restent, c'est la part qui est dans ces 10 %, 3000 02:11:30,200 --> 02:11:33,080 mais voilà, au printemps, ce sera soldé.

C'était pour être plus clair. On continue. Je vais prendre 3, 4 questions.

Alors on enchaîne. Allez-y, là derrière, puis, on va...

Je vais les noter, du coup, quand même. -Bonjour, monsieur le président de la République. Je m'appelle Guénolée Delepoulle, je suis élève ingénieur à l'école des Arts et Métiers de Cluny.

Aujourd'hui, je voulais reprendre les dires de monsieur Bellamy dans son livre "Les Déshérités ou l'urgence de transmettre", et je voulais vous poser une question par rapport à ça. En 2015, la France a été touchée par des attentats et la grande majorité...

Pardon, ceux qui ont commis les attentats étaient des hommes qui ont été éduqués dans le système français, qui ont été à l'école en France. Aujourd'hui, il y a une énorme baisse du sentiment patriotique, une énorme baisse de l'unité nationale, et vous-même, vous l'avez dit, c'est un sentiment qui est vibrant, aujourd'hui. Il y a une baisse énorme de la culture dans le cadre de notre école.

Aujourd'hui, on n'apprend plus grand-chose dans le cadre de la culture littéraire ou de la culture historique, et c'est pourtant quelque chose qui fait toute notre intégrité et qui fait toute notre histoire. Alors aujourd'hui, je vous demande ce que vous comptez faire pour réunifier la jeunesse française avec son pays et son histoire et particulièrement dans le cadre de l'école. (...) -Bonjour.

Je m'appelle Coraline. Juste avant de poser ma question, je voulais dire merci à la jeune fille en rouge d'avoir dit que les handicaps, c'était beaucoup jugé. Je sais ce que ça fait, je suis dyslexique aussi, même pour le jeune homme, je sais ce que ça fait de se faire humilier, rabaisser sans cesse, je sais que c'est une telle souffrance, que je voudrais que ça s'arrête aussi, qu'un jour, les gens respectent tout le monde.

Donc, voilà. (...) Désolée, c'est dur de parler en public.

Alors je voudrais vous parler de quelque chose, monsieur le président. Donc je m'appelle Coraline, je suis une jeune de 27 ans. Je trouve que la vie quotidienne est très chère.

Je suis en formation rémunérée par le conseil régional des Ecoles de la 2e Chance de Montceau-les-Mines. Certains jeunes touchent à partir de 310 euros, les mineurs 130 euros, quant à moi, je touche 400 euros. J'ai un logement à payer, des factures, l'essence, et je trouve que la fin du mois est trop juste.

Je voudrais savoir qu'est-ce que vous en pensez. Merci. (...) -Bonjour, monsieur le président.

Je m'appelle Thérèse, je suis stagiaire en formation au Lycée de la Nouvelle Chance à Chalon. J'aurai 2 questions pour vous. La première, c'est concernant Parcoursup.

Vous en avez parlé au début. Il y a un onglet scolarité. On ne rentre pas dans les cases parce que ça va jusqu'à 2012/2014, et pour ma part, j'ai pas été scolarisée depuis 2009.

Et donc, du coup, ma question, j'aurais souhaité savoir comment vous pouvez... comment dire, valoriser ce laps de temps où j'ai pas été scolarisée, mais que j'ai travaillé, donc valoriser nos expériences professionnelles.

Et ma 2e question, ça serait justement sur l'organisme qui m'a accueillie, qui nous ont accueillis, le LNC, à Chalon-sur-Saône. On est plusieurs, on est dans des filières différentes, on est accueillis dans des lycées différents et on se rejoint tous seulement le mercredi après-midi au Lycée la Nouvelle Chance. Et il y en a trop peu en France.

Et c'est pas assez connu. Les trois-quarts d'entre nous, on l'a connu par rapport au CIO, et je crois que cet organisme, il y en a peut-être que 4 ou 5 en France, mais les dispositifs ne sont pas faits pareil. Dans les autres, en France, ma directrice a pu m'en parler, ils sont tous rattachés à une seule et même classe, ils n'ont pas le choix de choisir leur propre filière.

Nous, on a eu la chance de pouvoir partir en STMG, gestion administration ou générale. Donc je souhaitais savoir s'il était possible de développer cet organisme pour que chacun puisse se raccrocher, retourner à l'école avec un choix... son propre choix.

Je vous remercie. (...) -Bonjour, monsieur le président.

Je m'appelle Baptiste Chanel, je suis étudiant en STAPS du Creusot avec pour objectif de préparer un master en Education et Motricité pour me préparer au concours du Capeps. Et je voulais vous partager l'inquiétude qui est la mienne et aussi celle de beaucoup d'étudiants qui ont la même ambition que moi. Donc on nous explique tous les jours que le sport est un élément très important dans notre société, c'est un vecteur d'insertion, c'est essentiel pour la santé et c'est également un outil d'enseignement important et pourtant, on constate une réduction des postes au Capeps et également des évolutions de carrière qui sont assez limitées pour les personnes qui veulent travailler dans l'enseignement dans le sport, à part ceux qui travaillent pour l'Education nationale.

Merci. -Bonjour, tout le monde. Je me présente : je m'appelle Frank, j'ai 20 ans, et actuellement, je fais un BTS en alternance sur Dijon.

Et pour compléter ce que ma collègue vient de dire, en fait, je suis un ancien stagiaire du Lycée Nouvelle Chance, qui est situé à Chalon-sur-Saône, et j'ai passé mon bac l'année dernière et je l'ai eu. Et ensuite, j'ai poursuivi, justement, dans ma filière, qui est dans le BTP. Et moi, ce que je voulais savoir, c'était pour les jeunes, justement, qui ont décroché et qui ont zéro issue, qui n'ont ni un diplôme, ni un emploi, qui n'ont rien du tout, et je voulais savoir comment ils pourraient s'orienter justement pour avoir...

Comment je pourrais le dire ? Pour avoir la chance, justement, de réintégrer le système scolaire, à part le CIO. Voilà, tout simplement. (...) -Alors bonjour, monsieur le président.

Je me présente : Estelle Panton, étudiante étrangère au centre Condorcet, au Creusot, en 2e année de licence AES. Alors après ma licence, je souhaite poursuivre en licence professionnelle Gestion de la paie, et après ma licence, ma carte de séjour ne sera plus valable, ma carte de séjour étudiante. Après ça, je pourrai bénéficier d'une autorisation de travail provisoire à condition que j'obtienne un travail qui soit payé 2 281 euros brut par mois.

Sauf que nous, enfin, moi, je suis au Creusot et c'est pas possible. C'est pas possible. Donc ne faudrait-il pas pallier une rémunération en mettant en corrélation les niveaux d'études et la situation géographique ?

Merci. (...) -E.

Macron : Allez, encore deux. On en prend encore deux, puis je réponds à tout ça. -Moi, il y avait une question que j'aurais bien aimé vous poser.

Je ne comprends pas pourquoi... -E.

Macron : Peut-être que vous pourriez dire qui vous êtes et ce que vous faites. -Je m'appelle Thomas Richard, je suis étudiant en mesures physiques à l'IUT du Creusot. Moi, ce que je ne trouve pas normal, c'est qu'à l'heure actuelle, dans les formations, notamment en médecine, les critères sont beaucoup trop sélectifs, donc on ne forme pas assez de jeunes médecins, et après, dans nos hôpitaux, en particulier dans le milieu rural, on manque de médecins et on va aller les chercher dans les pays étrangers.

Est-ce qu'il n'y aurait pas une manière de prendre plus de médecins et valoriser, du coup, les formations dans notre pays ? Merci. (...) -Bonjour, monsieur le président.

Thomas Guilleminot, étudiant aussi en mesures physiques à l'IUT du Creusot. Je voudrais dire de cette IUT qu'on y suit une excellente formation théorique grâce à un personnel très compétent et un nombre d'étudiants assez faible dans les promotions. Cependant, il serait idéal que les formations que nous suivons au Creusot, qui est relativement une petite ville, puissent se poursuivre en partenariat avec des entreprises locales, puisque le Creusot, c'est une ville qui a un environnement riche en entreprises, que ce soit technique, commerce ou autres, et donc qu'il y ait, dès bac +3, une possibilité systématique d'alternance pour toutes les filières.

Je veux faire passer le message que les études en alternance, elles ne sont pas encore assez valorisées aujourd'hui, alors que c'est le moyen de préparer au mieux les étudiants au métier qu'ils souhaitent exercer, et donc faciliter les étudiants à pratiquer l'alternance lors de leurs études, surtout, j'insiste, à l'échelle plus locale et dans de plus petits IUT, tel que celui du Creusot. -Merci. Alors...

La première question qui était relative à ce que vit notre pays. Alors...

Je...

J'ai toujours ce scrupule à enfermer l'histoire du pays autour de quelques faits et des attentats que nous avons pu vivre. Moi-même, quand il y a eu ces attentats, j'ai d'ailleurs dit que la plupart du temps, lorsqu'ils se sont produits, ils ont été produits par des femmes et des hommes qui avaient été élevés sur le sol de la République et qui, à un moment donné, ont mal tourné, se sont radicalisés, comme on le dit, et ont été conduits à agir pour le pire pour détruire leurs semblables, et donc à commettre, au nom du terrorisme islamiste, les actes que notre pays a eu à subir à plusieurs reprises. Néanmoins, la crise morale éducative n'explique pas tout de cela et n'est pas réductible à cela.

Voilà pourquoi je me permets...

C'est simplement pour traiter le fait terroriste à part. Les actes terroristes que notre pays a eu à subir, ce sont des phénomènes d'abord qui ont à chaque fois leurs propriétés, qui sont différents les uns des autres, qui sont liés d'abord à un projet terroriste islamiste qui s'est développé dans certaines régions du monde et qui s'est diffusé par Internet, par l'organisation de réseaux, et donc une vraie démarche, qui a ensuite joué sur des individus en situation de fragilité, ou psychologique ou personnelle ou familiale, qui a su les détourner du chemin de la raison pour leur faire commettre le pire. Mais c'est un phénomène profondément complexe qui est à la fois géopolitique, anthropologique et que je ne voudrais pas enfermer dans la simple question du fait éducatif et de l'école dans notre pays.

Je mets à part les attentats. Pour le reste, nous avons un vrai défi collectif qui est, en effet, de redonner un sens au projet national, européen et de savoir comment, au sein de notre école, on rebâtit non seulement l'apprentissage de savoirs, mais la construction de valeurs communes et l'accès à une culture, à un ensemble... ce que j'appelais tout à l'heure, au fond, une trame nationale qui nous lie.

C'est vrai qu'il y a eu des moments d'affaiblissement dans certains endroits. Parce qu'il y avait beaucoup trop d'élèves par classe, parce qu'on a concentré les difficultés économiques, sociales et éducatives, ça a été beaucoup plus difficile de répondre à ce besoin et on a laissé parfois les territoires de la République se fragiliser. Je ne crois pas pour autant qu'il y ait de fatalité, et moi, à mesure que je me déplace, que je vois notre pays, sans aucune complaisance à l'égard de ce que nous menons et de ce que nous sommes, je vois des formidables sources d'espoir et je vois toujours une trace, une preuve, cette vibration que j'évoquais qui est cet amour de la culture, de la langue et de nos valeurs.

C'est là. L'expression spontanée que plusieurs d'entre vous ont eue le montre et le dit, avec ces mots. La question, c'est comment on arrive à redonner tout son sel à l'école de la République, et donc à lui redonner les moyens.

Je pense que nous avons, nous, notre part de responsabilité, l'Etat. C'est pour ça qu'on a décidé de remettre davantage d'écoles, de formations, d'abord dès le plus jeune âge, l'obligation scolaire dès 3 ans, ensuite, en donnant plus de moyens dans les petites classes, parce que pouvoir avoir accès à la culture, au savoir dont vous parliez, à la littérature, c'est d'abord savoir lire, écrire, compter, et donc c'est de réduire à 12 élèves par classe en CP, CE1, dans les zones qui sont les plus difficiles, c'est de bien former les maîtres, et donc c'est tout l'investissement qu'on a fait pour, justement, reformer celles et ceux qui enseignent à l'école, au collège, au lycée, c'est de valoriser ces matières, c'est de redévelopper les classes bilangues, c'est de redonner le statut que doivent avoir les langues anciennes qui sont indispensables, en particulier, plusieurs initiatives ont été prises ici, dans la région, parce qu'apprendre le grec, le latin, c'est apprendre la racine de notre langue et apprendre en même temps un univers linguistique, culturel, civilisationnel qui est important pour nous et comprendre ce que nous sommes dans une région qui porte avec fierté tout particulièrement cette histoire. Et donc il y a un investissement dans l'école, dans les maîtres, dans les élèves que nous sommes en train de faire, que nous renforçons et qui est indispensable.

Ensuite, c'est la valorisation de cela dans la vie de la société, et c'est d'accepter de porter tous ensemble le fait que faire nation, ça n'est pas simplement un sujet mécanique, économique, de relation fonctionnelle, c'est l'appartenance à une histoire commune, à un imaginaire commun, à un ensemble de valeurs, à un rapport au monde et à l'universel qui est le nôtre. Et donc il faut pouvoir l'apprendre, il faut pouvoir le comprendre, il faut pouvoir l'infuser dans la société. Et donc on réinvestit dans l'école pour le faire et on doit tous ensemble continuer à le valoriser en dehors de l'école.

Mais je ne serai pas aussi négatif, parce que je pense qu'au coeur de cet universel et de cet imaginaire français, il y a une volonté de conquête. Et je ne crois pas que c'est être fidèle à l'imaginaire français que d'être dans la nostalgie d'un passé qui n'a jamais été ou dans l'obsession d'un déclassement qui n'est pas nous. Nous avons toujours été un grand pays qui pense l'universel avec inquiétude.

Au fond, c'est ça, la France. On vient de très loin, on a des racines profondes, mais on s'est toujours frottés à l'autre avec passion et nous avons toujours été inquiets et insatisfaits. Et donc n'ayons pas peur de décrocher ou de disparaître, ça n'est pas vrai.

N'ayons pas peur de nous renfermer sur nous, c'est si peu, nous. Défendons ce que nous sommes et d'où nous venons, mais dans cet amour tout à la fois d'une origine qui se frotte à l'universel. C'est ça, la France.

C'est ça, la culture française. Et je crois que c'est ce que l'école et l'université apportent et c'est ce que des débats, d'ailleurs, comme le nôtre illustrent. Vous avez ensuite parlé du sujet des écoles de la 2e chance et du niveau de rémunération dans lequel vous êtes.

Alors c'est vrai qu'il y a un sujet très particulier, ça correspond à la question de monsieur, pour des dispositifs passerelles, en quelques sortes, où, quand vous avez décroché, on vous aide à revenir, vous avez un niveau de rémunération qui parfois, alors même que vous êtes plus dans la famille, que vous êtes majeur, rend les choses très difficiles. Donc il y a des dispositifs qui existent, je les ai évoqués tout à l'heure, ils sont parfois pas suffisants quand le coût de la vie est cher, et donc ça, ce sont des aides ad hoc qu'on apporte, Etat, régions, à l'égard des jeunes, des jeunes et des familles, parfois des jeunes, pour accompagner, mais c'est tout à fait vrai que dans cette période-là, les choses sont difficiles, parce que vous êtes dans un sas. Donc on va regarder ce qu'on peut faire pour l'améliorer, moi, j'ai bien pris note de votre point.

C'est vrai que c'est pas parfait, parce que vous êtes dans cette situation, ce chemin un peu particulier, où vous avez décroché et vous revenez, alors que vous êtes majeur, vers le système et il est moins bien adapté pour vous. Je suis d'accord et c'est dur. Donc ça, je l'entends totalement.

Je vais venir à votre question, ne vous inquiétez pas. Mais c'est la même chose. C'est ce qu'on voit dans les écoles de la Nouvelle Chance, c'est ce qu'on voit chez certains qui suivent une formation d'apprentissage, c'est ce qu'on voit chez plein de dispositifs passerelles où on va avoir des jeunes qui sont majeurs, qui sont obligés de se loger et qui sont en travail et qui ont un coût de la vie.

Donc ce qu'on fait au maximum, c'est baisser le coût de la vie, c'est accompagner les gens pour qu'ils puissent se déplacer moins cher, c'est essayer d'aider pour trouver des logements moins chers avec des oeuvres particulières, c'est ça, et je vais y revenir dans un instant, qu'on veut développer. C'est aussi pour ça qu'on veut favoriser d'autres formes de passerelles où on peut être logé en collectif. Typiquement, quand on a 19, 20 ans et qu'on est un peu dans la même situation, quand on va en Epide, on est logé, et donc on a ce coût en moins.

C'est vrai qu'il y a d'autres dispositifs qui permettent de réduire ce coût de la vie dans lequel on est plongé dans d'autres dispositifs. Voilà, il y a des variations. Je voulais vous remercier aussi d'avoir dit...

Ben, c'est elle qui a tout déclenché. C'est sa faute. Mais...

Non, c'était super. Mais je trouve que ce qui est incroyable, je le dis juste pour qu'on en prenne conscience...

Je ne sais pas combien de prises de parole il y a eues. Vous avez parlé...

Vous avez osé dire pas tout à fait tout, mais on a compris ce que vous vouliez dire sur ce que vous avez vécu. Vous avez parlé de votre dyslexie. Vous avez parlé de votre dyslexie.

Ca vous montre, quand même, que ceux qui pensent que toutes les vies se ressemblent et que quand on vit quelque chose de difficile, quand on est en situation de handicap, on est une exception et il ne faudrait pas en parler...

Vous avez vu quand on libère la parole comment ça se passe ? Ben, c'est juste que c'est pas vrai. Il y a plein de gens qui sont dans cette situation.

Il y a plein de gens. Et donc il faut le dire. Il faut le porter, il faut exiger du système qu'il réponde à votre demande.

C'est pas une honte, d'être dyslexique. C'est pas votre choix. C'est pas votre faute.

Je dirais même que moi, de là où je suis, c'est ma faute si on n'a pas répondu à la situation dans laquelle vous étiez, qu'on vous a humiliés, qu'on n'a pas réussi à vous former comme on le devait. C'est ma faute beaucoup plus que la vôtre. Mais le fait que vous en ayez parlé, je trouve que pour la jeunesse de notre pays, ça dit quelque chose.

Il ne faut pas avoir honte. C'est le devoir de la République d'y répondre, c'est pas à celui ou celle qui est un peu différent d'avoir honte de cette différence. Et donc merci de le faire parce que ça va être contagieux, ce que vous avez fait ce soir.

Néanmoins, on va répondre à ce point. Ensuite, Thérèse, vous avez...

C'est ça, c'est Thérèse ? Vous m'avez interrogé...

On va regarder sur Parcoursup. Moi, c'est la 1re fois que j'entends ça, sur les études qui ont plus de 10 ans. (Propos inaudibles) Allez-y.

Il va vous répondre, le ministre. -On va vérifier ça ensemble, mais normalement, dès lors qu'on a le baccalauréat, on peut s'inscrire sur Parcoursup. Il y a un onglet qui s'appelle "Jeune en reprise d'études".

Normalement, il n'y a pas de problème. -Je crois qu'elle veut valoriser, en fait, ce qui a été fait avant 2009. -Merci.

C'est pas que je n'ai pas pu m'inscrire, j'y suis inscrite et j'ai fait mon dossier à 100 %. C'est pas ça, le souci. C'est qu'une fois que je commence à remplir tous les points qu'ils me demandent, dans scolarité, je me retrouve un peu bête, parce que j'ai eu que deux années recensées de scolarité, parce que ça va de 2018 à 2013 et jusqu'à 2013, j'étais pas scolarisée, je travaillais, j'ai arrêté mes études en terminale CAP menuiserie, en 2009... -C'est pouvoir valoriser la scolarité antérieure. -Je n'ai pas rien fait, j'ai travaillé.

Donc comme dit monsieur le président, je souhaite simplement valoriser ces années où je n'ai pas été scolarisée. -Ca, il faut qu'on regarde. -Il y a des espaces libres pour le faire et bien sûr qu'il faut le faire. -Donc on va regarder pour vous apporter...

Il faut qu'il y ait quelqu'un qui prenne les coordonnées de mademoiselle pour qu'on puisse apporter la réponse de l'accompagnement. Est-ce qu'il y a quelqu'un qui entend ce que je dis ? (Rires) Si on peut...

Non, c'est pour être sûr, parce qu'après, je connais...

Merci. Merci beaucoup. Alors ensuite, il y a eu plusieurs interventions sur...

Il y a eu vous. Merci beaucoup. Voilà.

Super. Merci beaucoup. Il y a eu...

Vous êtes plusieurs à dire comment on réintègre le système scolaire, et ça rejoint votre question aussi sur, au fond, comment ça se passe quand on a une interruption dans le parcours pour revenir, pour pouvoir tenir, subsister à ses besoins et intégrer ou réintégrer le système scolaire. Et votre exemple a été une formidable réussite. Au fond, ce que vous avez vécu, vous qui êtes là, Lycée de la Nouvelle Chance, et ce que vous avez formidablement décrit, toutes celles et ceux qui sont intervenus, ce qu'ont vécu aussi ceux qui sont en Epide, ceux qui sont dans d'autres formations peut-être aussi présentes ici, c'est, à un moment donné, il y a une rupture dans le parcours académique classique et on s'arrête.

D'abord moi, je veux vous décomplexer, je le disais tout à l'heure, mais peut-être rapidement, en moyenne, il y a 100 000 jeunes par an qui sont dans cette situation. 100 000. Qui, à 16 ans, sortent du système, parce qu'il y a l'obligation scolaire jusqu'à 16 ans, et puis, à 16 ans, parce que ça n'allait pas, parce qu'ils ne trouvaient pas leur place dans la vie académique, à l'école, parce qu'il y a eu un accident dans la famille, parce qu'il y a eu un accident de vie, on sort du système et on est ni en emploi ni en formation. 100 000 par an.

On en a environ 2 millions. Donc il y a 2 millions de jeunes en France qui sont dans cette situation. Donc vous n'êtes pas du tout l'exception.

Et c'est un drame, parce que si on laisse les jeunes dans cette situation tout seuls, après, ça peut être la déprise, c'est-à-dire on se retrouve complexé, on se retrouve tout seul, on n'arrive pas à s'en sortir et on ne rattrape jamais la rampe. Donc là, déjà, vous avez eu le courage, la volonté et parfois la chance de frapper à une porte, on vous a tendu la main et vous remontez dans le système. Donc c'est un exemple pour des centaines de milliers qui ne sont pas encore là.

Et là, encore une fois, c'est principalement notre faute. Donc pour répondre à ça, qu'est-ce qu'on fait ? Le 1er point, c'est tout ce que j'ai déjà dit et que je vais donc pas répéter, sur mieux former en primaire et mieux orienter.

Qu'est-ce qui fait qu'on en arrive là et qu'à 16 ans, il y a tant de jeunes qui veulent partir ou qui partent ? C'est que soit on ne leur a pas enseigné les choses de base et donc ils ont continué dans le système scolaire alors qu'ils savaient pas bien lire, écrire ou compter, qu'ils n'avaient pas les savoirs de base, ou qu'on les a mal orientés très tôt ou orientés contre eux, et donc l'école, c'est devenu insupportable, ils voulaient juste partir. Bon.

Ce qu'on est en train de faire, c'est traiter ça pour plus que ça arrive. Je vais y venir, parce que je fais les trois en même temps. Pas de souci. 2e sujet, pour éviter le 16, 18 ans, puisque c'était votre question.

Oui, je vais y venir. La 1re question, c'était : qu'est-ce qu'on fait pour ceux qui sont en 16, 18 ans ? En ce moment même d'ailleurs, l'Assemblée nationale est en train de discuter un texte que le gouvernement porte sur ce sujet, c'est qu'on va porter l'obligation de formation de 16 à 18 ans, pas forcément l'obligation d'être à l'école, mais l'obligation de formation.

C'est de faire que tout jeune, même quand l'école ne lui plaît pas, entre 16 et 18 ans, il doit trouver une formation qui correspond à ses choix, ses besoins, ses préférences, et donc aller en alternance, aller en apprentissage, trouver la structure qui est adaptée à ses besoins, mais du coup, nous, ça nous oblige à ne pas le laisser tomber à 16 ans, parce que jusqu'à présent, dans le système, 16 ans révolus, vous disparaissiez, fin de l'obligation scolaire, débrouillez-vous, vogue la galère, c'est fini. Il y aura maintenant une obligation de formation. Donc on accompagnera tous les jeunes entre 16 et 18 ans, mais en regardant ce qui est adapté pour eux.

Alors oui, il existe...

D'abord, il y a les lycées de la Nouvelle Chance dans lesquels vous êtes et que vous avez formidablement défendus, il y a les Epide, il y a énormément de structures qui existent de cette façon et qu'on va développer. Donc, là, on va mettre des crédits pour développer ces écoles et ces projets. Pourquoi ?

Parce que moi, je veux qu'on traite ce sujet, ce qu'on appelle "les jeunes décrocheurs", j'aime pas ce terme, mais c'est la catégorie dont on parle toujours quand vous entendez les choses. Donc il y a plusieurs passerelles de ce type. On va les développer sur la base de l'expérience et de ce qui marche.

Et vous appartenez, justement, à des formations de ce type qui marchent. Ensuite, en plus de l'obligation de formation que j'évoquais, le Service national universel, il va permettre d'orienter les jeunes, parce que comme l'a dit le secrétaire d'Etat, à 16 ans, dans le cadre de l'obligation scolaire, cette fois-ci scolaire, tous les jeunes vont passer. Et là, en quelque sorte, il y aura une forme d'entretien, de bilan d'étapes, et un jeune qui n'en peut plus, qui dit : "Moi, je quitte l'école", on lui dira : "Attends, va peut-être, dans ces cas-là, "à l'école de la Nouvelle Chance, va au lycée, "va à l'Epide, va à ceci à cela, "va en apprentissage dans telle filière, "fais ceci ou cela." On va pouvoir l'orienter.

Donc, 1 : obligation de formation de 16 à 18 ans, ce qui est nouveau. 2 : on va investir sur toutes ces passerelles, ces écoles qui permettent le rebond. Et 3 : avec le Service national universel, on va permettre à tous les jeunes de 16 ans d'avoir un point d'orientation et de bilan d'étapes pour les aider.

Mais ce que vous avez décrit et ce que vous avez vécu, c'est à cet égard, je dirais, déjà, un formidable exemple, ce que vous avez décrit pour vous, pour beaucoup de jeunes qui, sans doute, nous écoutent ou nous regardent et qui, eux, sont encore dans le doute. Ce que vous m'avez décrit, pour plusieurs qui êtes à l'Epide, de dire : "J'ai passé un an ou deux ans à la maison "sans savoir ce que je voulais faire, "et puis, d'un seul coup, on m'a tendu la main "et je prends mes responsabilités." Ensuite...

C'est bon, là, j'ai répondu à la question ? Ensuite, pour aller vite et permettre de poser d'autres questions, sur le sport, c'était Patrice, je crois. Alors, je veux vous rassurer, sur le sport, on va pas...

Pardon, c'est ça, j'ai pas déformé votre prénom ? J'ai dit Patrice. Baptiste, pardon.

C'était pas la même chose. J'ai mal écrit. Alors on va pas forcément rouvrir...

L'Education nationale ouvrira des postes, je vais laisser le ministre le dire, pour, justement, le recrutement. Mais au-delà de ça, on a une vraie stratégie sport qui passe par la création de cette agence, le développement sur le territoire et avec, justement, les différentes fédérations sportives, qui vont gagner beaucoup plus de liberté, on développe la pratique amateurs et pros. Et donc il y a une vraie dynamique sport.

On va investir, et moi, je l'ai dit, vous faites partie de la génération JO 2024. Les JO 2024, c'est pas un projet pour Paris et c'est pas juste 2 grands équipements sportifs, non. C'est un projet, pour toute la France, d'équipement, d'accueil du sport international, mais c'est un projet éducation, santé, sport, pour tout le pays.

Et donc on va avoir besoin de professionnels du sport dans tous les domaines, et donc on va recruter avec les fédérations et cette agence des jeunes et moins jeunes pour, justement, encadrer, accompagner, à la fois sur le plan éducatif, à la fois sur le plan de la santé, parce qu'on va développer le sport santé, mais aussi sur le plan des pratiques sportives professionnelles et de l'excellence. Donc, là, des perspectives s'ouvrent et on mettra les moyens pour ce faire. Sur les postes de l'Education nationale, monsieur le ministre. -Dans le prolongement de ce que dit le président d'abord.

Bien sûr, les JO 2024, ça crée une dynamique sport. Cette semaine, d'ailleurs, c'est la semaine olympique dans tous les établissements de France. On l'a lancée lundi avec Roxana Maracineanu.

Et ça signifie d'abord que pour les STAPS, les choses ont plutôt progressé l'année dernière en termes de création de postes en STAPS et de meilleure orientation via Parcoursup en STAPS. On pense qu'il va y avoir un plus grand taux de réussite à la fin de cette année, on va le voir, mais surtout, comme le disait le président à l'instant, les métiers du sport, c'est pas que STAPS. Il y a le bac pro sport.

On travaille à un BTS métiers du sport aussi, au développement de ces places, parce qu'il va y avoir, de toute façon, un développement des métiers du sport dans notre société et a fortiori dans un pays qui organise les JO en 2024. Donc il y a un formidable avenir pour les métiers du sport. Ca ne passe pas que par un seul diplôme, conformément à ce qu'on a dit, et on va aussi développer des campus professionnels du sport dans les temps qui viennent.

C'est une des illustrations de ce que je disais tout à l'heure. Donc, aujourd'hui, un élève qui est au collège ou au lycée et qui a envie de faire du sport son métier a des perspectives qui sont importantes, et pas une seule perspective, mais plusieurs. -E.

Macron : Ensuite, j'ai été...

Alors merci pour le témoignage sur la qualité des études et le futur. J'ai été interrogé sur la médecine. Je dois dire, avec une remarque de bon sens, que vous avez pu faire et qu'on se fait tous, qu'est-ce qui s'est passé pendant des années ?

On a voulu, pour baisser les dépenses de santé, réduire le nombre de médecins qu'on formait, et on a mis en place ce qu'on a appelé le "numerus clausus". Or, on a besoin de plus en plus de médecins pour plusieurs raisons : la population vieillit, on ne meurt plus de beaucoup de maladies et c'est tant mieux, mais on vit avec, donc il faut les soigner, donc on va vers des maladies chroniques, et puis, en même temps qu'on réduisait le nombre de médecins, on a féminisé la profession et on a de plus en plus de femmes médecins qui arrêtent, c'est ce qu'on constate, parce qu'il y a des contraintes qui vont avec la vie médicale et ça fait partie des choix de vie. Et donc toutes ces raisons font que dans certains endroits de notre territoire, on manque de médecins.

Alors face à ça, je vous rassure, on fait exactement ce que vous avez dit, on va rouvrir le numerus clausus. Et donc il y aura plus de médecins. Simplement, ça met 10 ans.

Ca met 10 ans parce que c'est le temps pour former un médecin. Donc dans 10 ans, on aura réduit l'écart. Pendant ce temps-là, qu'est-ce qu'on va faire ?

D'abord, on va régulariser beaucoup de situations qui sont, aujourd'hui, instables pour développer l'offre de médecins sur le territoire, et puis, on va profondément réorganiser les choses, on en parlait d'ailleurs avec vos élus, le département a fait un gros travail ici, avec les élus, mais permettre d'installer les médecins différemment, de travailler ensemble, de décloisonner le médecin qui est installé tout seul en clinique ou à l'hôpital et de mieux suivre les personnes et pas simplement faire des actes. Je veux pas être trop long. Je pourrai vous détailler, si ça vous intéresse, mais on va dans le sens de ce que vous dites, simplement, ça prendra un peu de temps.

J'ai répondu à toutes les questions ? Non, celles qui m'étaient posées. Après, je vais tourner, je peux pas rester sur le même coin à chaque fois.

Pardon ? J'ai pas répondu à laquelle ? Ah, pardon.

Oui, voilà. Merci. Donc sur votre question, on va vérifier le critère.

C'est normal que quand vous avez un visa étudiant, quand l'étude se termine...

Il y a aujourd'hui des mécanismes qui évitent le couperet, mais qu'ensuite, vous tombiez sous un autre régime, je suis surpris du montant que vous avez donné, vous m'apprenez quelque chose. Donc j'ai noté. Ca, il faut qu'on regarde.

Là aussi, vous vous rapprocherez, vous allez attraper les ministres là, tout de suite, pour pouvoir donner vos coordonnés et qu'on vous réponde sur ce point. Allez-y. On en prend là.

Prenez-en 4, 5, allez. - Bonjour. Je m'appelle Vincent Terracina, je suis en 2e année de Brevet professionnel en maçonnerie au CFA d'Autun.

Et je voudrais vous poser une question : comment expliquez-vous toutes les indemnités de fonction de certains élus, des avantages coûteux ? Trouvez-vous vraiment tout cela nécessaire ? Merci. (Applaudissements) (...) -Bonjour.

Je m'appelle Thibault, j'ai 19 ans, je suis en 2e année BP Génie Climatique à Autun aussi. J'ai premièrement une question à vous poser, c'est au niveau de toutes les lois que vous nous "pondez", sur le fioul, tout ça, que vous nous faites...

Enfin, il y a des nouvelles technologies, par exemple, dans mon cas, le fioul et tout ça, et on entend par-derrière que ça va être supprimé dans moins de 10 ans. Nous, vis-à-vis des clients, on passe pour... comme quoi on les arnaque et tout ça.

Et ma 2e question, c'est les aides, tout ça, dont vous parlez, dont tout le monde parle, mais le problème, c'est où trouver l'argent, c'est ça, le truc. (...) -E.

Macron : Je n'ai pas compris votre 2e question, pardon. -Oui, donc, je disais, c'est par rapport à toutes les aides qui sont promises, qui sont recommandées, mais le problème, c'est où trouver l'argent. -E.

Macron : Quelles aides ? -Ben, les aides, en général, pour les personnes qui sont en difficulté, les aides pour l'apprentissage, les aides pour tout, quoi. Donc, voilà. -Bonsoir, monsieur le président.

Bonsoir, messieurs et mesdames les ministres. Pour ma part, je suis en terminale S au lycée Bonaparte à Autun. Je souhaite poursuivre mes études dans le domaine de la santé, particulièrement en kinésithérapie.

Après la 1re année de médecine qui est commune à toutes les études de santé, je me suis retrouvée un peu en difficulté vis-à-vis des écoles de kiné, parce qu'en fait, les tarifs ne sont pas les mêmes en fonction des départements. Par exemple, à Dijon, elle coûte 6 000 euros l'année, en Champagne-Ardenne, du côté de Reims, elle coûte 150 euros. Je voulais savoir pourquoi il y avait des inégalités en fonction des régions et en fonction...

Ben, pourquoi les tarifs n'étaient pas les mêmes partout, alors que de base, la sélection ne devait plus se faire par l'argent. -E. Macron : Pardon, je vous interromps, mais vous parlez de structures qui sont publiques ou privées ? -Ben, les écoles de kiné. -E.

Macron : A mon avis, celle qui est à 6 000, c'est une école privée. -Ben, en fait, normalement, elles sont censées être financées...

Il y en a certaines qui sont financées par le département et d'autres non. -Je parle sous le contrôle du ministre. C'est le même prix partout quand vous êtes dans des structures de type universitaire, et là-dessus, c'est pas les coûts que vous mentionnez.

Donc je pense que celle qui est à 6 000 E que vous évoquiez et qui, peut-être, offre d'autres places, je pense qu'elle est privée. -Je ne sais pas. -E.

Macron : Ce serait intéressant qu'on regarde, mais l'explication, je pense, c'est celle-ci. -Bonsoir, monsieur le président. Bonsoir, les ministres.

Je m'appelle Eloïse, je suis élève en terminale S au lycée Bonaparte. Aujourd'hui, on prône que l'accès à l'éducation, c'est gratuit. Pour autant, quand on a de l'ambition et qu'on veut faire des grandes études, par exemple de l'ingénierie ou du commerce, on doit s'endetter pour pouvoir faire ses études par exemple dans des grandes écoles de commerce, justement, où on doit... juste s'endetter.

Mais comment on peut faire, nous, quelles sont les aides pour qu'on puisse, justement, avoir cet accès à des hautes études, mais sans s'engager pour notre vie, en fait ? Voilà. Merci. -Bonjour, monsieur le président.

Alors je m'appelle Nordine Kadar et ma question est la suivante : que pensez-vous des jeunes...

Que pensez-vous du fait que les jeunes sont de moins en moins intéressés par la politique ? (...) -Bonjour, monsieur le président.

Je m'appelle Eléa Borbalo, je suis élève en première S-SVT au lycée Bonaparte et je suis surtout une élue au conseil Jeunes citoyens d'Autun. Alors c'est à la fois un témoignage et une question que j'ai à poser. Alors voilà, j'ai eu plusieurs fois la chance et la malchance de me trouver proche d'attentats, surtout sur le sol étranger et je sais bien que vous avez fait plusieurs mesures, comme Vigipirate ou Sentinelle, mais est-ce que notre avenir, c'est uniquement être contrôlés, subir des attentats, subir des guerres partout dans le monde ou est-ce qu'on ne pourrait pas trouver une solution, une politique qui soit efficace ?

Merci. (...) -Bonjour. -E.

Macron : Allez-y, allez-y. -Tout d'abord, j'aimerais revenir sur... la question de la demoiselle qui a parlé du petit garçon tout à l'heure qui avait subi des attouchements, parce que vous n'êtes pas revenu dessus, donc je ne sais pas si... -E.

Macron : Si, j'ai répondu. -Par rapport aux attouchements du petit garçon ? -E.

Macron : Bien sûr, j'ai répondu. -Ah, ben, excusez-moi, alors. Ensuite, je voulais savoir... -J'ai répondu parce que c'est un sujet essentiel.

C'était la question de mademoiselle sur le harcèlement et les attouchements, je confirme. -Ensuite, je voulais savoir, en France, on dit que c'est facile de trouver du travail, mais j'aimerais savoir comment, en sortant par exemple d'un bac, quand on va chercher un travail, on nous demande minimum 1 an ou 2 ans d'expérience, mais on ne nous laisse pas la chance d'avoir cette expérience, justement. Ensuite, j'aimerais savoir ce que vous pensez du RIC.

Est-ce que vous comptez l'installer ? Si oui, dans quelles conditions et si non, pourquoi ? Et voilà, c'est tout.

Merci. -E. Macron : Et vous êtes en quoi ? -Comment ?

Moi, je suis dans la vie active. J'ai une petite fille que j'élève toute seule. -Et dans quel secteur vous travaillez ?

Vous êtes dans quel secteur ? -Moi, j'ai fait un bac pro ébénisterie, mais je cherche dans tout et n'importe quoi, tout ce qui pourrait m'aider à avoir des revenus fixes. Merci. (...) -Bonjour, monsieur le président.

Je m'appelle Killian Kaouch, je suis au CFA d'Autun en 2e année de maçonnerie. Moi, j'avais pas de question, mais j'avais juste... des petits produits. (...) Non, moi, je suis en maçonnerie, donc...

Non, moi, je fais que des murs, pas des gâteaux. -Eh ben, je peux pas partager avec tout le monde. -Ben, non.

Mais vous allez voir, je pense que c'est très bon. J'aurais pu les garder pour moi, mais je vous les donne. (...) -Allez, la demoiselle là-bas derrière.

Derrière. Passez-le un peu au fond. C'est juste pour que ça tourne un peu. -Bonjour. -Bonjour.

Je m'appelle Bastien Normand, je suis élève en Mention complémentaire en énergies renouvelables au lycée Claudie Haigneré à Blanzy. Et ma question, c'est la suivante. Je suis en Mention complémentaire avec mon camarade de classe qui est ici, et pour 6 places, nous n'avons été que deux.

Pourtant, vu la... vu la transition écologique que nous sommes censés avoir, ne devrions-nous pas avoir plus de candidats pour ce type de mentions ?

Et d'autres mentions, comme celle des ascensoristes, qui étaient dans la région ont été supprimées, malheureusement. Nous avons aussi des problèmes d'ascenseurs, que j'ai appris assez récemment, en France, et je voulais savoir pourquoi les mentions complémentaires n'étaient pas assez valorisées en France. -Allez, j'en prends 2 dernières. -Je stresse.

Bonjour. Hou là ! Hou là ! -E.

Macron : On va vous encourager. (...) -OK.

Alors moi, je m'appelle Marjorie, je suis en terminale bac pro Accompagnement, soins et services à la personne option domicile. Je suis au lycée Claudie Haigneré de Montceau-les-Mines. Donc, monsieur le président, si j'ai bien compris, vous, votre but, c'est d'améliorer les conditions d'études, mais il y a quelques petites choses que j'aurais aimé savoir, parce que voilà...

Alors...

En fait, j'ai entendu que vous vouliez mettre plusieurs réformes, notamment diminuer les heures de pro dans les lycées professionnels, donc ça supprimerait certains postes. J'ai entendu dire aussi que vous vouliez mélanger les sections domicile et structure pour mon bac pro, or, je trouve ça totalement aberrant, parce que se retrouver dans une classe de 30 élèves, ce n'est juste pas possible, parce que quand on étudie le système nerveux, à 30 élèves, c'est pas possible, parce que mes professeurs, quand on est 15, ça va très bien, ils peuvent nous expliquer, prendre le temps pour qu'on puisse comprendre, or, à 30 élèves, ils ne peuvent pas, à 30 élèves, ils n'ont pas du tout le temps. Donc, voilà.

Et je crois que c'était tout ce que je voulais dire. -Merci beaucoup. Alors...

Je vais demander au ministre de l'Education nationale, peut-être, de répondre à votre question sur les heures pro, qui était très précise, et sur les mentions complémentaires tout de suite. -Merci beaucoup pour la question sur les Mentions complémentaires, c'est une question très importante et là aussi, je vais en profiter pour faire de la publicité pour ça. Tout à l'heure, à une des questions, j'ai répondu que nous avions créé des classes passerelles, c'est un autre mot pour dire la même chose.

Mention complémentaire, c'est ça. Autrement dit, c'est une année que l'on crée après le bac soit pour travailler ensuite, soit pour faire, par exemple, un BTS. C'est très bon, c'est très utile pour les bac pro.

Malheureusement, ça n'est pas assez connu. Donc c'est l'occasion aujourd'hui d'en faire la publicité parce que, en effet, nous avons créé des mentions complémentaires dans différents domaines qui sont des domaines où il y a de l'emploi et parfois, on est obligés de les fermer parce qu'il n'y a pas assez de candidats pour cela. Donc il faut faire attention à ces mentions complémentaires.

Vous avez fait la publicité pour l'une d'entre elles, mais il y a une carte de ces mentions complémentaires sur le site du ministère de l'Education nationale, et donc il faut que ce soit connu, c'est l'un des dispositifs pour faire qu'un bachelier pro puisse réussir soit à entrer dans la vie professionnelle, soit à poursuivre ses études. Sur la 2e question qui porte aussi sur l'enseignement professionnel, les choses ne sont pas tout à fait comme vous les avez décrites. Aujourd'hui, un lycéen professionnel fait à peu près 34 à 35 heures de cours par semaine, c'est un record, il n'y a aucun autre élève en France qui a autant d'heures par semaine.

Et on voit que nous avons à progresser pour que l'enseignement général en lycée professionnel, donc les matières comme lettres, histoire, langues vivantes, progresse davantage. Et donc la réforme ne consiste pas simplement à réduire des heures et c'est certainement pas une réduction de postes qui est visée, mais c'est à faire ce qu'on appelle la co-intervention, parce qu'on a déjà fait des expérimentations très positives en la matière, où vous avez un professeur d'enseignement professionnel qui intervient en même temps qu'un professeur d'enseignement général pour avoir une démarche qui consiste à être très pragmatique, c'est-à-dire à partir d'objets, de thèmes, qui sont traités dans le cadre de l'enseignement professionnel et de les mettre en perspective par le général. Par exemple, si on a quelqu'un qui est en formation de tailleur de pierres, eh bien, le professeur d'histoire peut faire quelque chose sur l'histoire des cathédrales.

Eh bien, c'est pas du tout pour faire des économies, au contraire, puisqu'on met 2 professeurs en même temps dans une même heure pour être plus efficace pédagogiquement. L'autre chose qu'il faut dire, c'est qu'il y a une dynamique pour l'enseignement professionnel aujourd'hui. Nous ne sommes pas du tout en train de réduire l'enseignement professionnel, on l'a beaucoup dit, d'ailleurs, aujourd'hui.

Au contraire, il y a tous ces projets dont j'ai parlé de campus professionnels. En ce moment même, il y a une campagne pour l'enseignement professionnel à la télévision, sur Internet, parce que nous voulons le valoriser et nous le valorisons aussi en le modernisant pédagogiquement. C'est le 2e aspect de votre question.

Lorsque vous avez dit "pourquoi regrouper 2 structures", c'est parce que, là aussi, on a fait toute une étude sur la modernisation du bac pro et en seconde, vous aurez de plus en plus des familles de métiers. Si on prend un exemple qui parle à tout le monde, qui est le domaine de la cuisine. En réalité, dans les métiers qu'on appelle les métiers de bouche, il y a plusieurs métiers : vous pouvez être pâtissier, vous pouvez être cuisinier, vous pouvez être aussi en salle.

Eh bien, nous considérons qu'en classe de seconde, on est encore jeune, c'est peut-être l'une de ces 3 branches que l'on peut choisir, eh bien, il est bon de les faire les 3 à la fois en seconde, puis de se spécialiser progressivement. Mais si, par exemple, vous choisissez pâtissier, le fait que vous ayez vu les autres métiers en seconde, évidemment, vous êtes dans votre spécialisation parce que vous avez une culture plus vaste de l'ensemble des métiers du domaine où vous allez travailler. Donc on va raisonner par familles de métiers en seconde et ça n'est absolument pas un abaissement de l'enseignement professionnel.

Au contraire, nous voulons le rendre toujours plus attractif et nous y mettons des moyens avec les régions, parce que c'est aussi les régions de France qui nous accompagnent pour les investissements que l'on va faire dans l'enseignement professionnel. -Merci, monsieur le ministre. Je vais demander à la ministre du Travail de vous répondre sur l'expérience à la 1re embauche. -Oui, vous avez raison, c'est une des particularités françaises, on vous demande d'avoir de l'expérience avant de vous en donner, ce qui est un peu un cercle vicieux.

Alors pour ça, plusieurs choses. La 1re, c'est qu'on a quand même un contexte qui est plus favorable, on a créé 250 000 emplois depuis un an, net, et aujourd'hui, il y a plein d'entreprises qui cherchent, et on a 300 000, 400 000 offres chez Pôle emploi, même si on en a fourni 3 millions dans l'année, sur lesquelles on cherche du monde. Donc il y a un contexte favorable.

La 2e chose, c'est que le président de la République a réuni les grandes entreprises et on est en train de mobiliser 10 000 entreprises, on en veut au moins 100 par département, qui se mobilisent en disant : "Nous, on est prêts à prendre le pari, "à prendre le pari sur les jeunes, "à prendre le pari sur des personnes qui ont un handicap", à prendre le pari pour tous ceux que, finalement, ils excluent un peu de leurs critères de recrutement, en privilégiant tous ceux qui ont déjà 10 ans d'expérience, les diplômes, qui n'ont pas eu de trou dans leur parcours. Et ce qu'on leur dit, c'est qu'ils se privent de talents. On est en train de mobiliser ces entreprises, elles répondent plutôt bien.

Donc dans quelques semaines, il y aura, dans le département, organisé par le préfet, avec les élus et avec l'ensemble des entreprises qui le souhaitent, une palette d'entreprises qui sont prêtes à jouer le jeu. Ensuite, du côté des missions locales et de Pôle emploi, je leur ai demandé et on est en train de développer des aides spécifiques. J'ai compris que vous étiez une jeune mère de famille, et c'est vrai que c'est compliqué quand on trouve un emploi, mais qu'en même temps, il faut garder son enfant et qu'il faut avoir l'argent pour garder son enfant avant de trouver un emploi.

C'est un peu aussi un cercle vicieux. Et donc on va développer non seulement les aides au transport, qui existent déjà, mais les aides à la garde d'enfants, pour que le 1er emploi soit accessible aussi aux jeunes mères. Si vous voulez, après, on verra directement avec l'agence Pôle emploi près de chez vous parce que j'ai compris que c'était un peu urgent. -Je vais demander à madame la secrétaire d'Etat de répondre sur la question des chaudières au fioul.

Sujet très important où il y a beaucoup de contrevérités. -Merci, monsieur le président. C'est vrai que les chaudières au fioul, c'est un sujet qui est important pour nous parce que d'abord, remplir sa cuve de fioul, ça coûte cher.

On dépend des prix du pétrole et c'est des prix internationaux. Après, en général, ce sont des vieilles chaudières, donc leur efficacité énergétique n'est pas bonne parce que pour la même quantité d'énergie primaire, on peut avoir un bien meilleur chauffage. Mais on ne va pas interdire les chaudières au fioul.

On s'est en revanche donné un objectif qui est d'inciter les gens à changer leur chaudière, pour avoir le maximum de changements de chaudières possible dans les 10 ans qui viennent. Et ces incitations, c'est 2 choses, d'abord c'est de l'argent, donc c'est des primes versées par différents organismes, mais on simplifie les dispositifs. Et quand on fait masse de toutes ces primes, pour les ménages les plus modestes, on peut avoir la chaudière à 1 euro.

Et cette chaudière à 1 euro, c'est un remplacement fourni par un artisan avec l'aide des fournisseurs d'énergie, l'aide de l'Anah pour les ménages les plus modestes et des crédits d'impôt. Et ça permet d'avoir cet investissement. Vous faites venir cet artisan, il fait tous les travaux, vous payez 1 euro, et ensuite, votre facture est plafonnée pendant les années qui suivent.

Et en prime, ça fait de l'emploi parce que ce sont des artisans qualifiés avec la qualification RGE, et on cherche des artisans, ce sont des filières qui embauchent, les artisans sont surbookés. Donc c'est bon pour l'environnement, on réduit les émissions de CO2, c'est bon pour les familles modestes parce que ça baisse la facture et l'investissement est financé par l'Etat et c'est bon pour la qualification professionnelle. Voilà, monsieur le président. -Merci beaucoup.

Alors, je vais revenir sur les autres questions. Vincent...

C'était le premier. Sur les indemnités des élus et tous les avantages coûteux. Alors là-dessus, c'est pareil, il y a des rapports de la Cour des comptes qui sont faits.

Moi, je vous invite plutôt, si c'est un sujet, et c'est un sujet citoyen, on est dans un pays où les choses sont transparentes, il faut aller regarder les vraies sources et pas forcément lire tout ce qu'on voit parfois circuler. Nous sommes un pays, la France, où il y a environ 500 000 élus, parce qu'il y a les communes, les intercommunalités, les départements, les régions, au niveau national. Une écrasante majorité de ces élus sont bénévoles.

Je le dis parce que quand on dit : "Les élus, ça coûte cher"...

Quand on est maire d'une petite ville, quand on est élu municipal, qu'on passe du temps à aller s'occuper des gens, il faut voir ce que c'est, être aujourd'hui maire dans un village ou engagé dans une ville ou un village, on n'est pas payé. Non, non, il parlait de l'indemnité des élus. Moi, je suis précis, je l'ai noté.

Donc je dis juste, quand on parle des élus, il faut pas mettre toute le monde dans le même sac. Il y a certains élus...

Dans ces cas-là, il faut être précis, et je vais y revenir. Mais les élus en France, une écrasante majorité sont bénévoles. Ensuite, les choses sont fixées par la loi, elles sont transparentes, et très sincèrement, ça n'est pas les postes où vous gagnez le mieux votre vie.

Si vous voulez vivre bien en gagnant bien votre vie, je ne vous recommande pas de faire élu de la République à quelque niveau que ce soit. Un président ou une présidente de région, pardon, mais ces chiffres sont publics, j'aime pas dire ces choses-là comme ça, mais c'est 4 000 euros par mois pour sincèrement un niveau de responsabilité et d'ennuis qui fait qu'à l'équivalent, quand vous êtes un cadre dans le privé, mais vous gagnez 3, 4 fois plus. Je vous parle sincèrement.

Donc ne pensez pas que c'est le nirvana, être élu de la République et qu'on en profite. Il y a eu, par un temps passé, des excès, des choses qui n'étaient pas calculées, des indemnités ou des privilèges qui n'étaient pas forcément transparents ou visibles. On a fait beaucoup de progrès.

C'est très important de le dire, parce qu'il y a eu par le passé beaucoup d'abus, c'est vrai, des avantages en nature qui n'étaient pas comptés, des gens qui utilisaient parfois, en effet, le mandat pour des dépenses courantes. Ca existait, ça a d'ailleurs été bien souvent condamné par la justice et ça a conduit à changer les lois. Je pense qu'on peut encore améliorer le système aujourd'hui, parce qu'il y a malgré tout encore une défiance, les gens se posent des questions.

Mais très sincèrement, je vous le dis...

On va faire d'ailleurs, sans doute, je vais demander à ce qu'on produise un document très transparent et clair pour tout le monde. Ne rentrez pas à l'âge adulte avec cette conviction que même certains élus sont des profiteurs du système ou autre, parce que ça n'est pas vrai. Ca n'est pas vrai.

Etre élu de la République, d'abord, c'est s'engager et décider de faire quelque chose pour la collectivité. Ensuite, c'est se soumettre au vote. Donc j'ai envie de dire : "Si ça vous plaît pas, "allez vous présenter à la place de ceux qui le sont." Après, tout ça doit être transparent et régulé.

Ca l'est. On peut sans doute encore améliorer des choses. Il y a encore des sujets où dans certaines responsabilités, on peut cumuler avec tels syndicats ou autres.

Ca paraît peut-être pas assez clair. Moi, je l'entends. On peut améliorer et faire des efforts à quelque niveau que ce soit, mais beaucoup a été fait ces dernières années.

Et même quand vous dites certains élus, que vous soyez député ou sénateur, vous avez une rémunération, une indemnité à côté de celle-ci. C'est transparent, c'est voté par la loi, vous devez présenter les justificatifs pour ces dépenses que vous avez à côté. C'est pas vrai que c'est un grand n'importe quoi et que ce serait la foire à tous les abus.

Donc, moi, je suis tout à fait prêt à ce qu'on me propose des choses précises pour améliorer le système. S'il y en a qui remontent du débat, très sincèrement, je les ferai appliquer, je pousserai les élus à ce qu'on améliore encore les choses et on peut le faire. Il y a un 1er texte qui a été fait au début de ce quinquennat, mais après beaucoup d'autres.

Mais je crois vraiment pour notre démocratie qu'on ne doit pas reprocher aux élus d'aujourd'hui quel que soit leur niveau, les excès d'une minorité et ce qui était plus vrai hier. Voilà. C'est plutôt ce que je voulais...

La conviction que je voulais partager avec vous aujourd'hui, c'est pas là qu'il faut chercher les profiteurs et les gens qui veulent se faire beaucoup d'argent. C'est pas dans vos élus aujourd'hui. Ca eut payé, mais ça ne paye plus. (Applaudissements) Ensuite, la chaudière au fioul.

Madame la secrétaire d'Etat vous a répondu. Et la réponse, ça veut dire que les gens qui, aujourd'hui, installent une chaudière au fioul, ils peuvent tout à fait l'amortir. On ne va pas leur demander de l'enlever dans les 10 ans.

C'est très clair, il n'y a pas d'interdiction au bout de 10 ans. Autant le dire clairement, que les gens n'aient pas peur. Je sais qu'il y a beaucoup de gens, c'est un gros investissement, la chaudière, qui disent : "Je viens de le faire il y a 6 mois, ils vont l'interdire." Non.

Mais comme l'a expliqué madame la ministre, on va simplement progressivement valoriser le gaz, d'autres formes moins polluantes, mais il n'y aura pas d'interdiction. Ensuite, pour les aides et où on trouve l'argent. Ca, ça s'appelle le budget de l'Etat.

Qu'est-ce que c'est le budget de l'Etat ? C'est le geste le plus politique, le plus citoyen, c'est ce que font vos représentants à l'Assemblée nationale et au Sénat. C'est de dire où on décide de mettre l'argent et où on le prend.

Et donc, comment on paie ces aides ? On doit les payer en trouvant, justement, des impôts et des taxes. Et c'est pour ça que c'est un sujet qui est le vôtre, qui est le nôtre à tous, la politique.

Ca me permet de traiter la question de Nordine. La politique, moi, ça me rend triste, pour ne pas dire que ça me désespère quand j'entends dire que la jeunesse ne s'y intéresse pas, parce que je pense que c'est très mauvais pour la jeunesse du pays et pour le pays lui-même. Ce qui me rassure, c'est que depuis tout à l'heure, je vous entends, je vous écoute et vous ressemblez à tout sauf à une jeunesse qui ne s'intéresse pas à la politique.

Ca vous intéresse. Ca se voit. Mais vous avez peut-être pas envie qu'on le fasse avec les mêmes mots, avec les mêmes habitudes.

Et donc j'ai envie de vous dire, la politique étymologiquement, c'est quoi ? C'est quoi ? C'est l'art de gouverner la cité.

C'est vous. C'est nous. La politique...

S'il y a bien une chose qui n'est pas la propriété de quelques-uns ou un geste technique, c'est la politique. L'une des rares choses que nous avons en termes d'activités en partage, c'est la politique. Si vous êtes formés pour poser des chaudières, moi, je suis incapable.

Par contre, il a le même droit que moi en tant que citoyen de participer à la vie politique du pays et même le même devoir, précisément parce que c'est la vie de la cité, c'est-à-dire du pays et des choix que nous faisons, qui est déterminée par la politique. Et donc ne pas s'intéresser à la politique, c'est décider de ne pas choisir soi-même son propre destin ou de participer au choix de son propre destin. Mais c'est une énorme faute.

Moi, j'ai pas envie de dire : "Ma vie, "je décide qu'un tel la décide tout seul." Je sais pas si j'arriverai à avoir la majorité, ce qui est une des manières de s'organiser dans la cité. On est peut-être pas tous d'accord, donc on va essayer de trouver des consensus, si on en a pas, au moins, on essaiera de dégager des majorités pour décider.

Mais je veux participer à la politique. Donc, moi, je souhaite, je veux et j'ai besoin que la jeunesse de notre pays, elle fasse de la politique. Par contre, je note, comme vous, dans les discours, le fait qu'il y a une forme de désintérêt, parce qu'on confond deux choses : il y a un désintérêt pour la vie politique.

C'est-à-dire pour la manière de le faire peut-être, les gens qui la font aujourd'hui, les sujets qui sont mis en avant. Mais là, j'ai envie de vous dire, faites-le. C'est pas une propriété, c'est pas une profession réglementée.

Vous n'avez juste pas le droit de me dire : "Ca ne m'intéresse pas." Vous avez le droit de me dire : "Je n'aime pas la façon dont on le fait aujourd'hui. "Je n'aime pas ces discours.

Je n'aime pas ces décisions-là. "Je n'aime pas même toute la classe politique." C'est votre droit.

Mais vous n'avez pas le droit de me dire : "Je ne m'intéresse pas à la politique." Parce que quelque part, ça veut dire : "Ma vie, mon futur ne m'intéressent pas. "La vie de mon pays, la vie de mes enfants, de ma famille "ne m'intéressent pas." Vous renoncez au droit le plus fondamental.

Donc, c'est une part du devoir que vous avez en tant que citoyens. Donc, vous devez vous intéresser à la politique, voter et décider. (Applaudissements) (...) Et donc, faire de la politique, c'est avoir en particulier le débat qu'a lancé Vincent.

C'est Vincent ? Pardon ? C'est vous qui avez parlé des aides ou c'était le collègue ?

Pardon. C'était comment votre prénom ? Thibaut.

Donc, c'est le débat qu'a lancé Thibaut sur comment vous payez les aides. Ca, c'est un vrai débat politique, parce que vous allez vous poser la question qui doit sortir du débat : "Quelles aides je suis prêt à financer ?" Il y a des aides, elles sont légitimes, d'autres peut-être pas.

Et une fois qu'on dit ça, à chaque fois qu'on apporte une aide à quelqu'un, on va dire : "Comment je la finance ?" Je la finance en mettant une taxe ou un impôt sur quelqu'un d'autre. Et donc, dans notre société, si on veut avoir un vrai débat politique, il faut pouvoir regarder toutes les aides qu'on apporte et se poser la question : "Est-ce que c'est juste et est-ce que c'est efficace ?" Quand on vous parle d'évaluation, c'est ça dont on parle.

Est-ce que j'ai, en effet, besoin d'apporter cette aide à cette personne ou pas ? Est-ce que c'est efficace ? Est-ce que si elle l'a pas, c'est juste ?

Moi, je pense que quelqu'un qui décroche à 16 ans, qui est laissé tout seul, la famille ne peut pas l'aider, ce qu'on lui doit, c'est qu'elle puisse reprendre une formation ou un boulot. C'est juste de l'aider. Il faut trouver la bonne manière.

Et quand je regarde les choses, on l'a évalué, c'est efficace de l'aider. Donc ça, je dirais oui. Est-ce que quelqu'un qui décide de son propre chef de dire : "Moi, j'arrête", alors qu'il a un emploi, etc., qui décide d'un seul coup, par caprice, ceci ou cela, est-ce que là, j'ai raison de l'aider ?

Là, peut-être pas. C'est moins juste. C'est sans doute moins efficace.

Ca, c'est un premier débat politique, c'est ce que font vos représentants à l'Assemblée, mais c'est un débat citoyen. Mais à chaque fois qu'on a une aide, il faut qu'en face on puisse dire qui la finance, sinon c'est trop facile. Parce qu'à la fin, je fais le sondage.

On aura fait une dizaine d'aides tous ensemble, mais on aura pas dit qui la finance. Ca veut dire qu'il faut prendre à des entreprises, à des gens qui travaillent et qui gagnent quelque chose pour pouvoir financer ces aides. Ca, ça fait partie de ce qui fait une société, l'impôt et les dépenses.

Aujourd'hui, en France, l'un de nos problèmes, c'est que précisément, on dépense plus qu'on ne rentre d'argent. Ca veut dire que le choix implicite qu'on fait, qui est éminemment politique et qui revient à notre question sur la politique, c'est que depuis plus de 30 ans, on fait chaque jour le choix implicite de financer des aides ou des interventions avec les impôts de nos enfants, même pas les nôtres. Quand vous entendez : "On est en déficit", ça veut dire ça.

Donc c'est aussi pour ça qu'on ne peut pas toujours tout augmenter, qu'on doit parfais faire des choix et c'est au coeur de ce qu'est la vie politique et citoyenne. On a répondu sur la santé. On va regarder précisément les formations dont vous parlez, mais je crois qu'elles étaient privées.

Eloïse, vous avez parlé des études supérieures et de l'endettement. Ecoutez, c'est vrai dans certaines filières, mais en France, il serait faux de dire qu'on est obligé de s'endetter pour apprendre, avoir un bon diplôme et rentrer dans la vie active. D'abord, parce qu'il y a, ce dont on parle depuis tout à l'heure à plusieurs reprises, l'alternance et l'apprentissage, qui est typiquement une façon d'apprendre en étant payé et en gagnant sa vie, et où d'ailleurs le fait de gagner sa vie fait partie de cet apprentissage.

Ensuite, parce que l'école de la République est méritocratique et que l'accès à l'université coûte peu cher et il a même été réduit dans ses coûts. Nous ne sommes pas un pays où l'université est chère. Nous avons même réduit à la rentrée dernière les coûts d'inscription très fortement, en baissant en particulier la part de la mutuelle étudiante, la couverture maladie, qu'on a supprimée.

Maintenant, il y a un coût complet, mais il est fortement diminué. Donc là, on est vraiment un pays où c'est moins cher. Ce qui est encore cher, c'est le logement étudiant pour les plus modestes.

C'est pour ça qu'on développe des bourses pour les étudiants les plus modestes et les plus méritants. C'est pour ça qu'on est en train de développer un programme de développement de logements étudiants, 60 000 durant le quinquennat, pour permettre à ceux qui ne le peuvent pas ou pour qui c'est très lourd, ou le logement est très cher, d'avoir accès au logement en étant étudiant. Et puis on est un pays, je le dis pour le défendre, ça ne me doit rien, moi, j'ai eu la chance d'en profiter, où quand on réussit à l'école de la République, qui est une école, je le rappelle, gratuite, obligatoire...

Quand on réussit des concours méritocratiques, on a accès aux meilleures formations du pays en étant payé. Les grandes écoles dont on parle, les grandes écoles d'Etat, elles ne sont pas sélectives d'un point de vue financier, et on est rémunéré quand on est étudiant. Ce qui est l'inverse de beaucoup d'autres modèles.

Par exemple, l'anglo-saxon, où il faut payer cher les études. Après, on a des formations d'excellence, certaines écoles d'ingénieurs, certaines écoles de commerce où, en effet, il faut passer des concours et ensuite, il faut payer pour faire ses études. Mais le coût reste dans une enveloppe qui est beaucoup plus raisonnable que chez beaucoup de nos concurrents.

Mais surtout, ces mêmes écoles ont développé des politiques avec les banques de financement, parfois par bourses et bourses d'excellence auprès d'entreprises qui viennent financer ces jeunes, de financement auprès des banques pour que personne qui réussit ce concourt ne soit bloqué parce qu'il n'en a pas les moyens. Et donc même dans les écoles d'ingénieur ou de commerce qui, parfois, sont chères, aujourd'hui, dans la République, il n'y a personne qui réussit le concours et qui dit : "J'ai réussi le concours, "mais je peux pas la faire parce que j'ai pas les moyens." Elle aura les moyens, justement, d'être accompagnée et de le faire.

Par contre, ce qu'on doit réussir à faire, c'est rendre l'école plus juste par l'orientation, la formation. Et moi, mon problème, c'est que sur beaucoup de ces formations d'excellence, même publiques, on a encore un trop grand déterminisme social et on n'a pas assez de personnes qui viennent de milieux modestes, de certaines régions, qui rentrent dans les grandes écoles de la République. Donc on a aujourd'hui, pour employer les grands mots, encore trop de déterminisme.

Et là, on n'est pas bons là-dessus. Mais c'est pas tant un problème financier qu'un problème de configuration des concours, parfois des esprits et au fond de déterminisme social dans nos études. Voilà le point que je voulais faire.

Ensuite, j'ai répondu à Nordine. Vous m'avez interrogé sur les attentats. C'est vous.

Alors, vous avez raison de le dire et moi, je ne peux pas dire de toute façon à la jeunesse de notre pays : "Vous allez vivre avec les attentats, habituez-vous, etc." Non. Nous sommes dans un monde qui est, de toute façon, devenu dangereux et où le fait terroriste est là.

Il n'a pas commencé avec votre génération, il n'a pas commencé avec moi, mais il est là parce que il y a aujourd'hui du terrorisme dans le monde avec plusieurs ressorts. Il y a des terrorismes nationalistes, il y a des terrorismes qui sont liés à des religions, il y a un terrorisme islamiste qui nous a touchés sur notre sol, dont la racine a été en particulier en zone irako-syrienne, qui aussi se développe en Afrique, dans beaucoup d'endroits où nous le combattons, et qui nous a touchés sur notre sol. Vous dire : "Il y aura plus jamais d'attentat", je vous mentirais.

Donc, quelle est ma responsabilité par rapport à vous et ce que je peux vous dire en vérité ? La première, c'est qu'on se bat contre tous ces groupes terroristes et tous ceux qui portent ces valeurs, ces valeurs de mort et ce projet. On se bat contre eux partout dans le monde.

Nous avons nos soldats engagés en Syrie contre eux, en Afrique contre eux pour gagner ce combat aux côtés des peuples libres qui en sont les premières victimes et qui sont attaqués par ces derniers, et on le mènera jusqu'au bout. La deuxième, c'est qu'on a un combat pour la liberté, le respect des droits humains à mener aussi au plan international. C'est-à-dire, le combat qu'on doit mener à l'international, il est aussi politique, éducatif, de développement.

Pourquoi des gens dans certaines régions du monde deviennent des terroristes, fomentent des complots pour ensuite nous attaquer ? Parce qu'ils sont plongés dans la misère ou l'obscurantisme. Et donc, notre devoir en tant que nation et grande puissance, c'est d'investir dans ces régions aussi pour aider les populations à ne pas tomber dans le désespoir et l'obscurantisme.

Et c'est ce qu'on fait dans chacune de ces régions. Troisième point, c'est nous protéger, vous protéger en France contre celles et ceux qui sont dangereux. Identifier ceux qui s'apprêtent à passer à l'acte pour les empêcher, les neutraliser par le renseignement, qu'on a beaucoup développé, beaucoup amélioré.

On a passé des lois, on a réorganisé, embauché de nouvelles personnes, mis en place des systèmes très perfectionnés pour suivre les gens qu'on identifie comme dangereux et les bloquer avant qu'ils ne passent à l'acte, et avec un travail formidable de nos services de renseignement, qui a des résultats extraordinaires. On en parle jamais parce qu'on parle jamais, évidemment, des attentats qui ne se produisent pas. Développer aussi la protection sur le terrain, vous l'avez dit, Vigipirate, Sentinelle.

Donc on a mis des forces de police, des militaires pour protéger les endroits les plus sensibles, les gens quand ils se regroupent. Mais vous dire qu'il y a un risque zéro, c'est pas vrai, parce qu'il suffit d'une personne, qui d'un seul coup devient fou, qui d'un seul coup se radicalise, comme on dit, de manière totalement inattendue et qui fait le pire, pour que ça advienne. On réduit au maximum ce risque.

C'est aussi pourquoi, pour lutter contre le terrorisme et pour votre génération, au-delà, sur le sol national, de ce qu'on fait en termes de sécurité, on doit développer deux choses : la société éducative et la société de la vigilance. La société éducative, c'est : sur notre sol, on doit lutter contre l'obscurantisme. On le disait tout à l'heure quand je répondais à une autre question.

Quand un jeune, qui a grandi dans la République, qui a été formé dans la République, peut suivre ces messagers et lui-même devenir un terroriste, c'est qu'on a raté quelque chose sur le plan de sa construction personnelle. Ca peut être familial, ça peut être éducatif, mais c'est que les valeurs qu'on lui a enseignées, ce qui doit lui permettre d'être un adulte libre et bienveillant, on l'a un peu raté. Et donc, l'éducation sert à prévenir cela.

Et puis une société de la vigilance, c'est qu'on doit aujourd'hui tous et toutes être vigilants face à cette menace et à ce risque, et considérer que ça fait partie de cette résilience qu'évoquait le secrétaire d'Etat. Ca veut dire qu'on doit s'habituer à identifier les personnes qui ont un comportement dangereux, qui profèrent des discours dangereux et qui incitent au crime. Et on doit pas considérer que c'est innocent.

Quand quelqu'un dit le pire, dit : "Moi, je vais faire ceci ou cela, faire sauter ceci ou cela", c'est grave. Donc, il faut tout de suite le dire, le dénoncer pour le prévenir. Et donc c'est ça, une société de la vigilance dans laquelle on est et c'est ce aussi qu'on va continuer à faire pour la jeunesse de notre pays.

Il n'y a pas de fatalité, mais il y a beaucoup à réparer. Ensuite, sur l'expérience, la ministre vous a répondu. D'ailleurs, on a une aide pour la garde à domicile qui dès le 1er janvier s'est activée et qui a beaucoup augmenté les choses, parce que pour, en particulier, les mamans qui sont seules, qui élèvent leur enfant et qui doivent retrouver une activité, c'est déterminant.

Et donc c'est depuis le 1er janvier. On fera en sorte que vos droits soient défendus. Et vous avez parfaitement raison de le dire avec l'émotion que vous avez portée, qui était tangible, parce que ce que vous vivez, c'est ce que trop de femmes vivent dans notre pays, quel que soit, d'ailleurs, le niveau de formation.

Il y a ce problème auquel la ministre a répondu qui est : on me demande une expérience pour entrer dans le monde du travail. Donc là, on va vous y aider parce qu'il y a des sas. L'alternance et l'apprentissage, c'est typiquement ce qui permet de répondre à ce problème, parce que vous avez déjà votre expérience, mais derrière, aujourd'hui, et dans la crise qu'on vit, beaucoup de femmes l'ont dit : "Notre société n'est pas juste "pour les mamans qui élèvent seules leurs enfants "et veulent travailler ou doivent travailler." Donc, on va aussi apporter des réponses très concrètes face à ça, parce que c'est pas juste.

C'est pas juste. Sur le référendum d'initiative citoyenne. Ca fait partie du débat, donc on va voir ce qui remonte.

Moi, je crois d'abord dans le référendum et l'expression populaire. C'est aussi pour ça que je crois dans le débat. Je ne crois pas que le référendum règle tout.

Donc je ne crois pas dans le référendum tous les matins sur tous les sujets. Pourquoi ? Parce que quand les sujets sont difficiles, c'est très dur de les régler par référendum et parfois, ça nous déchire.

Regardez ce qui se passe en Grande-Bretagne. Ils ont dit : "On va régler le problème de l'Europe "avec le Brexit." C'est terrible, très compliqué, ils y arrivent pas, parce que c'est parfois aussi la porte ouverte à toutes les démagogies, les simplifications.

L'idée que sur certains sujets, à un certain moment, les citoyens puissent s'exprimer plus librement, plus directement, je pense que c'est un besoin de notre société aujourd'hui. Et donc, il faut qu'on trouve le bon mécanisme. Moi, je suis ouvert aux propositions qui sortiront du débat.

Ca peut aller dans le sens du référendum d'initiative citoyenne, mais il faudra qu'on trouve des règles : à partir de quand on l'organise, quelles sont les limites qu'on se fixe. Ca peut être d'aller dans le sens de quelque chose qui existe, qu'on a jamais su faire fonctionner, qui est le référendum d'initiative partagée, où il faut qu'il y ait des citoyens et des parlementaires, mais le seuil est trop élevé, donc ça a toujours été bloqué. Donc, moi, je suis prêt à avancer sur ce point en fonction de ce qui remonte du débat, mais on en a besoin.

Deux remarques complémentaires par rapport à ça. La première, la démocratie représentative, c'est-à-dire le vote de vos députés et de vos sénateurs, reste quelque chose d'important, parce qu'on ne peut pas régler tous les problèmes par référendum. Parfois, les problèmes sont compliqués, ils supposent des choix difficiles, c'est pas un référendum qui permet de les faire.

Et donc la démocratie représentative a pour moi une place centrale dans nos sociétés. Il faut qu'elle soit mieux expliquée, plus transparente et c'est plutôt ce défi, qui est le nôtre. Comment rendre plus citoyenne notre démocratie représentative et mieux associer les citoyens ?

Et la deuxième chose, c'est qu'il faut réussir à avoir une démocratie, je dis souvent, plus délibérative. Ce qu'on est en train de faire là, l'exercice du grand débat. On ne va pas forcément trancher tous les sujets.

D'ailleurs, sur beaucoup de sujets, la réponse n'est pas oui ou non, elle va être de construire un chemin ensemble. Vous voyez bien que c'est pas comme le référendum. Le référendum, c'est oui ou non.

Et c'est parfois simpliste, parce que le oui ou non, on dit parfois non à beaucoup d'autres choses que le seul sujet. On en a marre de tout, on dit non. Alors que la délibération, c'est comment on construit ensemble, entre citoyens informés, en prenant le temps, une décision sur un sujet complexe.

Donc, je crois que notre démocratie, elle a aussi besoin de plus de délibération. Je crois, par ailleurs, que les ministres ont répondu aux autres questions. Donc, on a fini.

On peut continuer ? Je fais juste une motion d'ordre parce qu'on m'avait dit qu'il y avait des bus et des cars. On peut continuer encore un peu ?

On a jusqu'à quelle heure ? On a 20 minutes encore ? Parce que je suis chargé d'âme, si je puis dire.

On m'avait dit au début : "Si vous passez 18 h, il n'y a plus de bus ou de cars "pour accompagner ceux qui..." Donc, c'est bon, on continue.

Alors, maintenant, on en prend 5-6 dans cette zone. Attention, on va tous s'écouter et continuer à s'écouter. Donc, on prend 5-6 questions ici et puis je répondrai, et on conclue. -Monsieur le président, j'avais une question à vous poser par rapport au harcèlement.

Alors, vous disiez que les personnes qui étaient harcelées devaient en parler. Mais pour avoir vécu le harcèlement pendant de nombreuses années, en avoir parlé, ça n'a pas fait bouger les choses. Heureusement que j'avais ma famille pour me soutenir, mais sinon, les responsables des établissements dans lesquels je me trouvais, je trouvais qu'ils ne faisaient rien.

Auriez-vous des moyens pour que les personnes des établissements respectent plus ces règles vis-à-vis du harcèlement ? -Je ne veux pas être indiscret, mais c'était quand ? Ca vous est arrivé quand ? -De la primaire... et plus de la moitié du collège. -Et les mêmes personnes à chaque fois ? -Non, toujours différentes.

Enfin, primaire et une différente au collège. -Et vous en avez parlé à chaque fois à vos parents ? -Oui. -Et à l'école, vous vous êtes senti seul ? -Oui.

Ben, heureusement que j'avais mon frère. Mais... dans tous les établissements, le personnel ne faisait rien. -Et du coup, comment vous avez réussi à passer ce cap ?

Qu'est-ce qui s'est passé progressivement ? -Ben, j'ai attendu. C'est tout ce que j'ai eu à faire. (Applaudissements) (...) -Bonjour, monsieur le président.

J'avais une question. Tout à l'heure, vous parliez de référendum d'initiative citoyenne. Je voudrais savoir ce que vous pensez du modèle suisse.

Ils ont régulièrement des votations à faire sur divers sujets, que ce soit politiques ou par exemple agricoles. Et j'ai une seconde question qui parle du financement des aides. Lors de votre intervention fin décembre, vous avez parlé de l'ISF, en disant que vous vouliez l'annuler, parce que les riches risquent de quitter le territoire et donc ne pas investir.

Et du coup, je voulais poser la question : pourquoi le modèle américain...

Il suffit d'être citoyen américain pour payer les impôts. Pourquoi on ne pourrait pas appliquer la même chose pour la France ? Merci. (Applaudissements) -Bonjour, monsieur le président, messieurs et mesdames les ministres, chers camarades.

Tout d'abord, je m'appelle Theo Lallart. Je suis étudiant en CPGE 2 au lycée Henri Parriat, à Montceau-les-Mines. Tout d'abord, je tiens à remercier les camarades dyslexiques qui ont pris la parole tout à l'heure, car moi aussi je suis dyslexique et j'ai été recensé malheureusement très tard, à la fin du collège.

Et durant les périodes inférieures à celle-ci, j'ai souvent été considéré comme un idiot et une personne qui ne pouvait pas aller au-delà de ses études. D'ailleurs, je suis très fier d'avoir réussi à intégrer la CPGE et avoir montré au monde que ce n'est pas parce qu'on a des difficultés ou des problèmes qu'on ne peut pas accéder aux classes prépas ou alors aux études supérieures. Et ma question porte... (Applaudissements) Merci. (...) Et ma question porte plus particulièrement sur le référencement des étudiants dyslexiques, car en ce début d'année de CPGE 2, on m'a demandé de me faire recenser en tant que dyslexique, et des frais s'élevant à près de 600 euros m'ont été demandés pour me faire recenser et bénéficier des aides qui s'ensuivaient.

Je voudrais savoir comment est-ce que vous pourriez accompagner les étudiants en études supérieures qui ont ce genre de difficultés et les aider à s'insérer non seulement dans le parcours supérieur, mais aussi dans le monde du travail ? Merci. (Applaudissements) -Bonjour, monsieur le président.

Je m'appelle Yohan Koranski. Je suis élève en terminale ES au lycée Henri Parriat de Montceau-les-Mines. Et aujourd'hui, nous avons beaucoup parlé d'éducation, nous avons parlé de démocratie, mais dans cette salle, il y a deux drapeaux qui me rappellent une problématique, qui est plus que contemporaine actuellement.

On a le drapeau français, notre cher drapeau, et le drapeau européen. Et ce drapeau européen qui va bientôt perdre une étoile avec le Brexit au mois de mars. Et j'aurais aimé savoir quelles sont les conséquences sur l'économie française d'un Brexit qui, aujourd'hui, menace d'être sans accord du fait des relations compliquées depuis 2016 entre le Royaume-Uni et l'Union européenne ?

On a pu assister à une fermeté de la part de l'Union européenne et des conflits parlementaires au Royaume-Uni, qui ont fortement altéré les négociations pour le Brexit. Et j'aimerais aujourd'hui comprendre les conséquences sur l'économie française d'un Brexit sans accord. Merci. (Applaudissements) (...) -Bonjour.

Wesh tout le monde. Bonjour, monsieur le président. Je m'appelle Ryan.

Je voulais revenir sur ce qu'a dit la jeune fille, là, aux beaux yeux, sur la revalorisation dans les quartiers difficiles, et voilà, parce que j'ai eu des cas, des potes à moi qui n'avaient pas forcement l'argent pour continuer leurs études. Et ils ont continué à travailler, mais ils ont pas eu le salaire qu'ils voulaient. Et c'était pour parler de la revalorisation.

Une question : vous ne trouvez pas que le système français, il est un peu comme votre club de coeur, l'OM, il s'écrase, quoi ? Ben, voilà, je vais faire un petit peu ma pub. -Vous soutenez quelle équipe ? -Moi ?

Lyon. Merci. -Si ça avait été Dijon, j'aurais dit rendez-vous bientôt. -Non.

A vous, rendez-vous bientôt. Bon. Je vais faire ma petite pub sur Insta.

Rayyy-zoo. Merci. -Allez, encore 2-3 autres questions. -Bonjour, monsieur le président.

Je me présente... -Approche. -Bonjour. -E.

Macron : Oui, ça marche. -C'est mieux. Je m'appelle Louis Mazot.

Je suis en CPGE au lycée Henri Parriat, pour les baccalauréats professionnels. J'ai commencé mes études par un CAP pâtisserie, formation d'excellence. Je voulais aborder un sujet que vous avez légèrement abordé au début du débat.

Le climat familial est déterminant dans les études. Comme la majorité des familles françaises, il y a beaucoup d'enfants qui sont dans des familles où les parents ont divorcé. Il y a un problème qui me touche personnellement, qui, je pense, n'est pas unique.

C'est les pensions alimentaires. Beaucoup de parents fuient les responsabilités vis-à-vis de leurs enfants, voire instrumentalisent leurs enfants dans leur vengeance infantile envers leur ancien partenaire. Comment voulez-vous qu'on pense à notre orientation ou à notre avenir, alors que certaines familles sont en situation de détresse et que le refus de payer la pension alimentaire est un des délits qui est le moins sanctionné dans le gouvernement ?

Merci. (Applaudissements) -Bonsoir, monsieur le président. Bonsoir à tous.

Merci de me donner la parole. Je suis élève de classe préparatoire au même lycée que Louis, en 3e année. J'aimerais parler un petit peu d'écologie, puisque nous sommes ici pour parler d'avenir.

Et j'estime que l'avenir est la santé de la planète et aussi celle de tout être vivant. Comment expliquez-vous qu'aujourd'hui, des moyens de moins produire de déchets plastiques, tels que des bulles d'eau qu'on peut ingérer, qui remplacent les bouteilles d'eau en plastique, qui produisent beaucoup de déchets, ne soient pas commercialisés à grande échelle ? Est-ce que c'est pour permettre au lobby du plastique de continuer à gagner de l'argent au détriment des océans qui sont inondés de déchets ?

De plus, je sais qu'en France, certaines villes ont un forfait fixé sur leurs déchets quotidiens, ainsi les habitants se permettent de tout jeter dans leur poubelle domestique, pardon, puisque le tri n'influe pas sur ce forfait. Cela tue la planète. Que comptez-vous faire ?

Merci. (Applaudissements) (...) -Bonsoir, monsieur le président. -Après, on prend deux questions de filles, parce qu'on a un problème de parité dans les questions. -Alors, moi, j'ai deux questions à vous poser. -E.

Macron : Juste, dites qui vous êtes et où vous êtes. -Benoît Crepillon, je suis à Etang-sur-Arroux, au lycée de Velet, en terminale bac pro forêt. Alors, j'ai la première question qui concerne les gestions des milieux naturels et de la faune.

Nous avons voulu faire de notre passion un métier, alors que les préoccupations de la société se tournent vers l'environnement. Comment pourriez-vous agir afin de créer des emplois au service de notre nature ? Et j'ai une deuxième question concernant la forêt, donc ma filière.

Actuellement, de nombreuses entreprises ont besoin de main-d'oeuvre. Cependant, en forêt, les métiers sont peu reconnus financièrement, car les entreprises qui nous recrutent sont souvent des petites entreprises. Comment pourriez-vous aider ces entreprises à améliorer les conditions d'embauche et de salaire ? (Applaudissements) -Merci. -Je m'appelle Lucie Lacroix.

Je suis volontaire à l'Epide de Velet. J'aurais une question. Qu'est-ce que vous pouvez proposer pour les jeunes qui ont décroché scolairement et qui sont actuellement sans domicile fixe ?

Et quelles aides, on peut leur apporter ? Voilà. Merci. (Applaudissements) -Qu'est-ce qu'il y a ?

Allez-y. Il y a encore des questions ? C'est bon.

S'il y en a plus, je réponds. Alors, je prends mademoiselle et puis après vous deux pour être sûr que j'ai fait un tour complet, parce que j'ai commencé là. Allez-y. -Oui, je suis là. -Alors, allez-y. -Donc, je suis Asma Maliani, je suis élève en terminale au lycée Henri Parriat.

Et j'aurais une question concernant la nouvelle réforme, enfin, concernant les concours d'accès aux IFSI. Je ne vois pas trop en quoi ça pourrait être utile aux élèves qui... aimeraient faire des études d'infirmerie, quoi. -E.

Macron : J'ai pas compris la question. -En fait, les concours d'accès aux IFSI ont été annulés. Enfin, il n'y a plus de concours d'accès aux IFSI.

Et du coup, je voulais savoir en quoi, enfin, ça nous est utile. -OK. On va faire regarder ce point.

Je n'en ai aucune idée. -OK. -Je ne vais pas vous raconter des craques.

Allez-y. Tiens. -Bonsoir.

Je m'appelle Mayline Canet, je suis en BTS assurance à Mercurey, au CIFA. J'ai une question concernant les aides pour les 18-25 ans, qui sont diplômés et qui, parfois, cherchent de l'emploi activement et pour qui il n'y a normalement, je crois, pas d'aides. Voilà.

Sociales. -Allez-y, les deux dernières. -Bonjour.

Je m'appelle Clara. Je suis en terminale S au lycée Henri Parriat dans une classe à projet. Après mon bac, je voudrais faire un CAP, car je n'ai pas envie de faire d'études supérieures et je voudrais faire une formation plus professionnalisante.

J'ai une remarque par rapport au nouveau bac. Tout à l'heure, notre ministre, M. Blanquer, nous a dit que ce nouveau bac était l'occasion de développer des compétences de vie utiles pour le supérieur.

Je voulais juste dire que pour nous, c'était déjà le cas avant la réforme et que nos profs n'ont pas attendu les réformes pour nous accompagner. Donc, je pense que pour cela, on peut les remercier et les applaudir. Même si nos profs, grâce à leur volonté... (Applaudissements) (...) -E.

Macron : Bravo. Vous vous êtes bien débrouillée. -Même si nos profs, grâce à leur volonté, arrivent à nous faire avancer dans des classes à 35 au lycée et à faire des projets sans moyens, pourquoi on ne donne pas un peu plus à cette école pour éviter le décrochage scolaire ?

Merci. (Applaudissements) (...) -Bonjour à tous.

Je m'appelle Clara Cognard. Je suis aussi en terminale S. Je voudrais dire déjà que je remercie mes professeurs aussi, parce qu'on a une classe très spéciale qui nous accompagne et qui nous fait découvrir de multiples choses.

Je voudrais parler de la bourse aussi, parce que vous avez dit qu'il y avait des bourses et qu'on pouvait nous accompagner. Seulement, pour certaines études, par exemple, pour la PACES, ça coûte très cher et on n'a pas forcément tous les moyens. Parfois, on est obligés de renoncer à nos rêves à cause de notre budget.

Et je trouve ça dommage. Par exemple, en PACES, il y a... des prépas qui coûtent très cher.

C'est-à-dire 5 000 euros à l'année. Et cette bourse, ça nous aide pas forcément. Cette prépa aide à réussir notre année de PACES.

Je trouve ça dommage que certaines personnes ne puissent pas avoir ça pour réussir. Alors, qu'est-ce que vous pouvez nous proposer pour qu'on puisse avancer dans la vie ? (Applaudissements) -E.

Macron : Est-ce qu'il y a une dernière question ? Mais vraiment sur un sujet important qui n'a pas été posé. Qu'est-ce qu'il y a ?

Là-bas ? Allez, là-bas. Il faut une organisation collective.

Allez-y, on vous écoute. -Bonjour. Je m'appelle Aline Zenadi.

Je viens du lycée Saint-Lazare, à Autun. C'est une question concernant votre lettre qui mentionne... qui a mentionné : "Nous devons rétablir une souveraineté "industrielle numérique." Dans ce cas, nous espérions l'ouverture d'un BTS SIO, service informatique aux organisations, à la rentrée 2019.

Il aurait pu nous offrir une poursuite d'études après notre bac pro commerce, qui a comporté une dimension particulière, le marketing digital en lien avec les entreprises du Grand Autunois Morvan, mais il y aurait un engagement du rectorat à accompagner son ouverture en 2020. Nous n'aurons pas pu en bénéficier, mais est-ce que nos camarades de première peuvent-ils compter sur ce BTS ici, à Autun ? (Applaudissements) -E.

Macron : Bien. Merci beaucoup. Alors, je vais demander au ministre de l'Education nationale de compléter aussi ce que j'ai dit sur le harcèlement, peut-être d'une part, le sujet de référencement des élèves dyslexiques et puis le sujet qui vient d'être évoqué sur le BTS. -Et la question sur le lycée. -Et la question sur le lycée.

Quatre points. -Alors, sur le harcèlement, il y a tout ce que le président a dit tout à l'heure. Je voudrais souligner à quel point, c'est un fléau.

Je le dis pour tout le monde. Par définition, dans cette pièce, il y en a beaucoup parmi vous qui ont été harcelés. Il y en a sans doute aussi qui ont été harceleurs.

Parfois, quand on est harceleur, on ne s'en rend pas compte. Et c'est extrêmement important de pointer ce phénomène parce que ce phénomène, en réalité, est révélateur pour notre société. Le harcèlement, d'une certaine façon, ça existe depuis toujours.

Il y a toujours eu des gens qui ont trouvé du plaisir à se mettre à plusieurs contre une personne. C'est une honte. En réalité, quand on fait cela, on se met dans une situation qui n'est pas humaine.

On se met dans une situation qui est juste celle d'aimer être en groupe pour persécuter quelqu'un. Les valeurs de la République, les valeurs de l'école, c'est l'exact contraire de ça. Dans la formation des professeurs, dans la formation des chefs d'établissements, dans la formation de tous les adultes qui sont dans les écoles, les collèges et les lycées, nous allons systématiser le fait d'abord de savoir quoi faire dans ces cas-là, mais aussi de repérer même les petits phénomènes de façon à ensuite permettre d'avoir une réaction avec la famille face à cela.

Mais ce que nous voulons, c'est que plus personne ne se sente seul par rapport à cela. Nous avons développé différentes choses. D'abord, c'est très important de communiquer sur cette question, d'en parler.

Nous avons aussi un numéro de téléphone, c'est le 3020, que chacun peut faire pour signaler un problème. Et nous avons des campagnes de communication. Depuis 2 semaines, il y en a une qui a démarré sur un aspect du harcèlement, qui est le harcèlement homophobe.

Nous avons aussi, au mois de novembre, eu le démarrage d'une autre campagne contre le cyberharcèlement, notamment, d'ailleurs, à connotation sexuelle, dont souvent les jeunes filles sont victimes. Et nous avons plusieurs actions tout au long de l'année. C'est d'ailleurs l'action que Brigitte Macron a choisie pour concentrer son énergie et sa capacité de conviction pour mobiliser la société française sur ce sujet.

Et donc nous n'allons pas lâcher cette affaire. Ce que nous voulons, c'est totalement diminuer ce phénomène qui est très grave, d'autant plus que le cyberharcèlement prend des dimensions nouvelles. Mais c'est quelque chose qui nous responsabilise tous.

Et donc merci parce que c'est l'occasion d'en parler fortement aujourd'hui, et je tenais à le faire. Sur la question des dyslexiques, plusieurs personnes sont intervenues sur ce sujet. D'abord, sur les troubles dys en général, qui touchent un pourcentage important d'enfants dès l'école maternelle.

Le point le plus important, parce que vous avez dit d'ailleurs tout à l'heure que votre trouble a été détecté tard, ce qui est évidemment un problème...

Nous voulons le détecter le plus tôt possible. Donc, nous allons, notamment, systématiser la visite médicale à 3 ans. Ca va de pair avec l'instruction obligatoire à 3 ans que nous avons indiquée.

Sur le problème spécifique que vous avez mentionné, c'est-à-dire les frais qu'on vous a demandés pour accompagner les problèmes que posait votre dyslexie, je crois, pour passer vos examens, j'avoue que je n'ai pas la réponse immédiate, mais je vais regarder. Ce n'est pas normal. A mon avis, c'est quelque chose de remboursable, mais je vais regarder ce point.

Sur la question de la réforme du lycée. Merci, d'une certaine façon, d'avoir dit ce que vous avez dit, parce que, bien entendu, quand on fait une réforme comme celle-là, ce n'est pas pour dire que rien ne va aujourd'hui. Il y a mille choses qui vont bien.

On a eu aujourd'hui beaucoup de témoignages de parcours magnifiques, parce que, bien sûr, il y a des choses qui vont bien. Simplement, il y a aussi des choses qui ne vont pas et auxquelles nous devons remédier. La première chose qui ne va pas, et je crois que c'est bien de le dire en cette fin de réunion, c'est que lorsqu'on a 20 % des élèves qui sortent de l'école primaire en maîtrisant mal leurs savoirs fondamentaux, bien sûr qu'il faut réformer l'école, et c'est ce que l'on a fait.

Le dédoublement des classes de CP et de CE1 dans les quartiers les plus en difficultés, c'est évidemment quelque chose qui, en touchant 300 000 élèves à partir de la rentrée prochaine et déjà 190 000 aujourd'hui, est en train d'aller à la racine de la plus forte des inégalités. Et la réforme du lycée, sans redire tout ce que j'ai dit, elle est faite pour vous donner à vous, c'est-à-dire à tous ceux qui sont en seconde aujourd'hui et à ceux qui les suivront, beaucoup plus de liberté de choix, beaucoup plus d'opportunités. Songez à ce qu'on a dit sur le numérique et, justement, c'était la question suivante.

Avant, il n'y avait pas une discipline qui s'appelait sciences informatiques et numérique. Désormais, vous pouvez la choisir et elle est dans 55 % des établissements. C'est donc clairement un plus par rapport à ce qui existait auparavant.

On pourrait dire la même chose d'autres disciplines qui sont nouvelles. Vous avez clairement beaucoup plus de choix, beaucoup plus de liberté dans la situation nouvelle. Et enfin, sur la question du BTS, il se trouve que j'en parlais avec la rectrice juste avant cette séance, la rectrice de Dijon, qui doit être parmi nous.

Oui, il y a ce projet de BTS. Elle le confirmera au cours des prochaines semaines. Mais c'est étudié très sérieusement, et donc il est très probable qu'il soit créé à Autun.

C'est un bon exemple, parce que nous créons en France aujourd'hui plus de BTS parce que nous croyons dans ce diplôme et a fortiori dans le domaine du numérique, parce qu'il y a des métiers dans ce domaine-là. Donc nous sommes mobilisés pour que vous ayez des études supérieures réussies et aussi une insertion professionnelle réussie, et la stratégie BTS va avec ça. Merci. -E.

Macron : Merci, monsieur le ministre. (Applaudissements) Sur les sujets plastique, forêt, faune peut-être madame la secrétaire d'Etat. -Merci, monsieur le président.

En fait, vous avez posé 3 questions très importantes sur l'écologie. La première, c'est le plastique. C'est clair que c'est un défi que nous devons réduire le plastique.

On en a beaucoup trop qui finit dans les océans. Une partie, c'est un travail sur les emballages eux-mêmes. Comment est-ce qu'on réduit les suremballages et comment est-ce qu'on trouve des alternatives.

C'est un travail à faire avec les entreprises, à la fois en recherche et puis pour qu'elles prennent leurs responsabilités. Une partie, c'est le recyclage. Comment est-ce qu'on fait pour valoriser ce plastique, donc pour que ce plastique ne finisse pas dans la nature.

C'est à la fois la responsabilité des producteurs avec les organismes d'Eco-Emballages et c'est aussi la responsabilité de chacun d'entre nous dans les gestes de tri, parce que ça commence avec le tri sélectif, et on revient à l'école, aux gestes de sensibilisation. C'est très important. C'est vraiment un travail qui est mené au ministère de l'Ecologie.

Je voudrais saluer l'action de Brune Poirson, ma collègue, parce qu'elle est très engagée sur ce sujet depuis plusieurs mois. Sur la partie nature, comment est-ce qu'on peut travailler pour la faune, pour la préservation de la nature. Il se trouve qu'on vient de faire voter à l'Assemblée nationale la création d'un grand établissement public, l'Office français de la biodiversité.

Cet établissement, il a vocation, justement, à préserver la nature, à la développer. On développe aussi les parcs naturels régionaux et nationaux. Et donc, il y a plein de métiers de la préservation de la nature qui sont là.

Et enfin, la forêt. Vous avez raison, la forêt, c'est à la fois un lieu de préservation de la nature et de séquestration du carbone. C'est aussi une filière qu'on peut vraiment développer.

On travaille avec le ministère de l'Economie et des Finances dans le Comité stratégique de filière bois. Et là, il y a beaucoup à faire avec le ministère de l'Agriculture et l'Office national des forêts, avec les producteurs, parce que la forêt, c'est d'abord la nature, mais après, c'est du bois qui peut servir pour la construction et c'est aussi du bois qui peut servir après dans les déchets pour l'énergie. Donc, ce sont les énergies renouvelables, la biomasse et on veut la développer.

Donc, plein de très beaux sujets là-dessus. (Applaudissements) -Toujours sur le sujet écologique. Vous avez abordé le sujet des emplois.

Il faut savoir qu'aujourd'hui, il y a déjà en France ce qu'on appelle 300 000 emplois verts. C'est-à-dire qu'ils sont liés à la nature, à l'environnement de façon générale. On estime que d'ici 5 ans, ça sera 1,5 million d'emplois.

Pourquoi ? Parce que ce sont à la fois des emplois nouveaux, mais c'est aussi l'agriculture qui se transforme avec l'agriculture bio, la construction, déjà, qui est en pleine transformation. On ne fait plus les bâtiments de la même façon.

On intègre les sujets, notamment, d'énergie. C'est l'industrie, c'est le transport, c'est la gestion des déchets, c'est la gestion de l'eau et la liste est longue. Et donc pour ceux qui sont intéressés, pour qui ça fait du sens, et trouver un travail qui a du sens, où on peut y mettre sa passion et son travail, on a les deux conditions pour réussir, pour viser l'excellence, c'est le moment d'y aller, parce que ça s'ouvre maintenant.

C'est pour ça que dans le cadre du grand plan d'investissement pour les compétences, on consacre 15 milliards d'euros et on va former un million de jeunes et un million de demandeurs d'emploi. On a lancé un grand appel à projet pour 10 000 formations dans les emplois verts, comme 10 000 formations dans le numérique, c'était le point précédent, parce que c'est les métiers de demain. De toute façon, sachez bien que la moitié des métiers dans 10 ans n'existent pas aujourd'hui ou seront complètement transformés.

Donc, à cette occasion-là, un, il y aura des emplois, deux, allez vers ce qui vous passionne. La passion, plus le travail, ça fait l'excellence et ça fait des vies professionnelles réussies. Croyez à vos rêves. (Applaudissements) -Merci beaucoup. (Applaudissements) Alors, je vais conclure en revenant sur les différents points et en vous remerciant pour toutes ces questions.

Sur la question du harcèlement, le ministre a complété la réponse que j'ai apportée tout à l'heure. Moi, je veux vous remercier. Je ne retrouve pas le visage...

Pardon. Il est là. Je voulais vous remercier, en tout cas, d'avoir été aussi courageux que ça et de l'avoir dit là, ce soir, pour ne pas qu'on laisse ni la question, ni la mobilisation indispensable.

Il y a tous les dispositifs que le ministre évoquait, le numéro vert, la sensibilisation, la formation, le fait qu'on va continuer à compléter les sanctions. Mais il y a quelque chose qui a changé dans la société et qu'au moment où vous avez subi ce que vous avez eu à subir, et que vous nous avez rapidement décrit, qui n'existait pas. On en parlait pas.

Il y a 5-6 ans, on ne parlait pas d'harcèlement. Ca existait, on en parlait dans des familles, on savait que c'était là, mais on en parlait pas publiquement à ce point, parce que le pire n'était pas advenu, parce qu'on n'avait pas eu ces scènes terribles. Comme le disait le ministre, à la fois, celles et ceux qui étaient harcelés, pensaient qu'ils étaient parfois fautifs, n'osaient pas, et ceux qui harcelaient, qui rendaient la vie impossible ne se rendaient pas toujours compte de la bêtise qui était la leur, parce qu'il y a de la violence, il y a de la méchanceté, il y a aussi de la bêtise parfois.

Il y a tous les stades, jusqu'à la violence ultime et celle qu'on évoquait tout à l'heure et que votre camarade mentionnait. Donc, je vais ici vous redire, en tout cas, que c'est pour nous un sujet d'engagement essentiel, parce que c'est ce qu'on doit, c'est la base d'une école de la confiance, mais c'est ce qu'on doit à tout jeune, à tout enfant dans la République, que ce soit à l'école, dans le numérique ou hors de l'école. Et bien évidemment, ça ne s'arrête pas aux portes de la classe.

Vous m'avez ensuite interrogé sur le modèle suisse. Vous avez posé une question sur la Suisse et les Etats-Unis, au fond. Deux très bonnes questions.

Le modèle suisse, c'est pas exactement la même chose. C'est, en effet, un système de votation sur initiative citoyenne de manière régulière. Est-ce que je pense que c'est totalement applicable à la France ainsi ?

Non. D'abord, nous n'avons pas la même taille de pays. Deuxièmement, nous n'avons pas le même système institutionnel.

La Suisse est une confédération avec un rôle de l'exécutif, du législatif, qui est très différent. C'est une présidence tournante, avec d'ailleurs des succès comme des échecs sur le sujet de la votation. Les effets sont parfois inattendus.

Et ensuite, nous ne sommes pas le même peuple. On n'a pas la même histoire, on n'a pas le même rapport à l'expression du suffrage. Je ne crois pas que ce soit simplement des sujets techniques.

Ca dépend aussi du tempérament de chacun. Je crois à l'expression référendaire. Je ne fais pas partie du tout de ceux qui, vous avez compris...

C'est la réponse que je faisais tout à l'heure à madame. Mais je crois à la question référendaire et à l'expression populaire. Je pense qu'elle a besoin d'un cadre.

Je pense qu'elle ne peut pas concurrencer ou fragiliser la démocratie représentative. Mais je pense qu'elle a toute sa place et qu'il faut qu'on arrive à la trouver. Sur l'impôt sur la fortune et le modèle américain.

C'est une très bonne remarque. En effet, les Etats-Unis ont un système de fiscalité. Ils ne taxent pas ceux qui sont sur le territoire, mais ils taxent selon un critère de nationalité.

Nous, ce qui est très compliqué, si on voulait passer à un système à l'américaine, il faudrait qu'on dénonce toutes nos conventions fiscales, et ce serait très compliqué au sein de l'Europe. Là, où aujourd'hui notre situation n'est pas satisfaisante...

J'ai, en effet, dit : on a supprimé une partie de l'ISF, pas tout. On a enlevé l'impôt sur la fortune pour les gens qui décidaient de le réinvestir dans l'économie. On a maintenu l'impôt sur la fortune quand il était dans l'immobilier, parce qu'il est non productif.

Moi, j'assume d'avoir besoin de gens qui réussissent en France ou qui viennent en France et qui décident d'investir dans notre économie pour créer de l'industrie, comme on le disait tout à l'heure, ou de l'emploi. Et c'est vrai que comme on était le seul pays de notre région à avoir cet impôt sur la fortune, ça avait créé à la fin des effets pervers. Par exemple, de l'autre côté du Rhin, en Allemagne, de l'autre côté des Alpes, en Italie, ils n'ont pas ce système-là, ce qui fait que des gens, parfois, quand ils réussissaient, avaient intérêt à franchir la frontière, ou en Belgique, pour aller placer leur argent et aller le faire fructifier ailleurs, alors même qu'ils avaient commencé chez nous.

Ce qui est vrai, et c'est là où je trouve que votre réflexion est intéressante et fait partie des sujets auxquels on cogite et sur lesquels on doit collectivement avancer, c'est qu'aujourd'hui, quand on regarde l'économie mondiale, les gens qui gagnent beaucoup d'argent contribuent trop peu au système. Le régler dans un seul pays tout seul, quand on est en économie ouverte, c'est très dur parce qu'ils s'en vont très vite. Par contre, on ne peut pas avoir un système financier mondialisé, comme on a aujourd'hui, où les gens qui réussissent formidablement bien contribuent si peu.

Et donc on doit changer quelque chose de système. On ne peut pas le changer seul, mais déjà au niveau européen, comme on est en train de le faire sur la taxation des géants du numérique, et peut-être au niveau international. Mais moi, c'est un débat que je souhaite maintenant mener, parce qu'on ne peut pas tenir avec cette part d'inégalité.

Je ne pense pas que la bonne réponse soit au niveau national, parce qu'elle est inefficace, mais je pense qu'il y a une réponse juste à apporter au niveau européen et au niveau international, pour que ceux qui réussissent très bien, parce qu'ils ont à un moment de la chance, parce qu'ils ont une invention géniale, puissent davantage contribuer au système, parce qu'ils ont besoin de l'équilibre et de tous les autres. Voilà ma réponse à votre question. Theo, merci beaucoup d'avoir apporté l'exemple et un témoignage.

Le ministre vous a répondu. On va clarifier le point sur le coût des référencements. Mais c'était formidable de vous entendre le dire et l'avoir fait.

Donc, chapeau. Yohan, sur le Brexit. Excellente question et merci de mettre l'Europe dans notre échange, même si c'est, au fond, une vision un peu triste de l'Europe, avec ce Brexit.

D'abord, le Brexit, c'est l'illustration du fait que le peuple peut choisir souverainement de manière a priori claire, parce qu'il a voté, le peuple britannique, par référendum, et on se retrouve dans une situation quasiment impossible, parce que personne ne sait le faire techniquement. Et donc depuis 2 ans, quelle est la situation, ce dont vous entendez parler entre l'Union européenne et la Grande-Bretagne ? Ils ont décidé de sortir.

Ceux qui ont convaincu qu'il fallait sortir et que c'était simple ont pris la tangente, et on s'aperçoit que c'est très compliqué. Et donc là, on a conclu un accord, qui est de dire : "Il va y avoir une période intercalaire "pendant quelques années, "et à la fin, on va vers une relation "qui permet des accès, "mais vous n'êtes plus un membre de l'Union européenne, "mais on se fixe des règles réciproques "et on va préparer ce qu'on appelle la relation future." Il faut le faire tout en protégeant la partie irlandaise qui va rester dans l'Europe, par rapport à l'autre partie de l'Irlande qui, elle, va suivre la Grande-Bretagne.

Cette solution, qui a été négociée pendant des mois par la Grande-Bretagne avec l'Europe, elle n'arrive pas à être acceptée par le Parlement britannique. Ce n'est pas avant tout un problème européen, et vous le voyez bien par rapport à tous nos sujets, ce qu'on a dit sur le RIC et nos questions démocratiques, c'est une forme d'impasse politique et démocratique britannique. Le peuple a voté quelque chose.

Le gouvernement a essayé de le mettre en oeuvre et le Parlement n'arrive pas à se mettre d'accord positivement sur une solution. Alors, d'abord, je vais vous rassurer. Si on arrivait à une solution où les Britanniques devaient quitter l'Europe sans accord, on s'est préparés.

Et donc on a passé tous les textes au Parlement, le gouvernement a pris les mesures pour protéger notre économie si, d'un seul coup, on devait couper les choses. Ca veut dire qu'on va devoir recontrôler nos frontières qui étaient ouvertes, refaire des contrôles entre l'Union européenne, donc la France, et la Grande-Bretagne, etc. Moi, ma préférence, c'est qu'on puisse réussir à trouver un accord.

Soit ils vont prendre un peu plus de temps et trouver un accord, soit peut-être on peut réussir à aller vers un nouveau référendum, vers de nouvelles discussions. C'est aussi une option possible, parce qu'à un moment donné, c'est à la Grande-Bretagne de régler son programme de fond. Moi, je veux que vous vous mettiez bien en tête cette situation qu'on est en train de vivre, et que le Brexit ne soit pas simplement des nouvelles lointaines que vous entendez à la télévision.

Ca veut dire qu'il y a un peuple à quelques centaines de kilomètres, enfin, un millier de kilomètres de nous ici, à qui on a expliqué : "Votre problème, c'est l'Europe. "On a une solution simple, il suffit d'en sortir. "Ca ira beaucoup mieux. "D'ailleurs, ça ne coûte pas cher.

Vous allez gagner de l'argent." Et c'était faux. Le coeur du problème, c'était pas l'Europe, c'était les difficultés de nos économies et de nos pays.

C'est, en fait, beaucoup plus difficile quand on est tellement lié de sortir, et ça coûte beaucoup d'argent. Et donc, l'Europe que votre génération va avoir à vivre, c'est à vous de l'inventer, c'est à vous de la porter. Il faut la changer, il y a des tas de choses qui ne sont pas satisfaisantes.

Moi, je mène plusieurs combats dans ce sens. Mais dire du jour au lendemain : "Ca ira beaucoup mieux si on quitte l'Europe." Il y a une démonstration qui est faite : ça n'est pas vrai.

C'est pas vrai que ça va beaucoup mieux, c'est pas vrai que ça se fait simplement. Et je vous le dis parce que votre génération ne s'en rend peut-être pas compte. Mais ce qu'on vit en Europe, depuis 70 ans, grâce à l'Union européenne, aucune des générations avant nous ne l'avait vécu.

Aucune. On a la paix, on circule librement, on a la prospérité. Si vous regardez l'histoire de notre Europe et en particulier de cette région, avec le reste de l'Europe, à chaque génération, il y avait un conflit, à chaque génération, il y avait des fractures.

Et donc c'est pas parce que maintenant c'est intégré et qu'on l'a depuis 70 ans qu'il faut penser que c'est de toute éternité. C'est, au fond, très récent. Et ça, on doit le protéger.

Donc, l'Europe, il faut la transformer, être exigeant, qu'elle protège davantage les peuples, qu'elle comprenne nos spécificités, qu'elle soit plus simple, qu'elle nous permette d'exister face aux Etats-Unis et à la Chine. Mais bon sang ! C'est quelque chose d'extraordinaire qui est né, parce qu'il y a eu la guerre et que nos grands-parents ont dit : "Plus jamais ça." Donc, votre responsabilité, c'est de la transformer, mais de la protéger, de continuer à la faire vraiment et pas de laisser les discours les plus simplistes prospérer.

J'ai noté ensuite l'attaque gratuite contre l'Olympique de Marseille, qui sera réglée lors du prochain match. J'ai répondu sur l'autre point par ailleurs, et quant à votre message direct sur les beaux yeux, il a été reçu, il ne m'appartient pas d'y répondre. Louis.

Vous avez, à votre tour, je pense, par votre expérience personnelle, mis des mots sur une des choses dont on parlait pas depuis des années et qui est ressortie avec cette crise, et qui correspond à ce que vous avez très bien dit tout à l'heure et que j'évoquais. C'était comme un angle mort, on en parlait pas. Ces familles séparées, ou ce qu'on appelle souvent ces familles monoparentales, où il y a un des deux parents, et je dois dire, c'est plus souvent le papa que la maman, qui ne paie pas la pension alimentaire.

Et donc ces familles, où il y a l'un des deux qui assure toute la charge, la justice qui, pourtant, a prononcé un jugement et qui n'est pas respecté, et la plupart du temps une femme seule qui élève son ou ses enfants sans que l'argent qui est dû pour l'éducation des enfants soit donné. Et ce que vous avez dénoncé, c'est vrai, et aujourd'hui, nous ne sommes pas bons sur ce sujet. Et pour moi, c'est l'un des points sur lesquels j'ai demandé au gouvernement d'avancer.

On doit avancer comment ? Un...

C'est des pistes et je m'en veux qu'on l'ait pas vu avant. Un, c'est s'assurer qu'il y ait une meilleure exécution des décisions de justice. On ne peut pas accepter.

Et c'est tout à fait vrai ce que vous avez dit, qu'il y ait tant de décisions de justice qui ne soient pas appliquées comme elles le devraient. Deux, on doit réussir à construire des mécanismes de caution. Le risque, il ne peut pas porter sur la maman seule.

Et donc il doit y avoir une forme de mécanisme de caution, où on va se retourner vers celui qui ne paie pas. Mais pendant le temps qu'il paie, il doit y avoir la solidarité qui aide et qui compense. Mais notre système, il a été pensé il y a des décennies.

Il y a 20-30 ans, il y avait beaucoup moins de divorces, il y a beaucoup moins de familles monoparentales, il y avait beaucoup moins ces situations. Et donc on a laissé créer un phénomène, dont les victimes sont souvent ces mamans et à chaque fois ces enfants, et qui crée tous les problèmes que vous évoquiez. Donc ça, c'est un des points concrets sur lesquels je veux qu'on apporte une réponse en sortie de débat, par la justice, par un mécanisme de caution.

Et puis après, il y a l'accompagnement que l'école doit avoir. Et l'école de la confiance, c'est l'école de la bienveillance. Elle ne peut pas laisser des familles non plus toujours seules comme ça.

Allez-y, Louis, vous voulez dire un mot. En fait, au bout d'un certain niveau de recours, vous pouvez aujourd'hui faire, et on le fait dans certains cas, très peu dans ces cas-là, ce qu'on appelle un avis à tiers détenteur, où on va prélever directement sur le compte de la personne, qui ne respecte pas une décision de justice ou ce qu'elle doit, le montant. Et dans les solutions pour que ça s'applique mieux, il peut y avoir ça.

Vous avez raison, parce qu'aujourd'hui, il y a trop de gens qui organisent leur insolvabilité pour ne pas payer. Et donc ça fait partie des propositions qui doivent pouvoir émerger. Vous avez parfaitement raison, encore une fois, sur ce sujet.

Ensuite, sur l'écologie, la ministre a répondu. Mais je veux dire un mot, parce que vous avez eu totalement raison. Vous êtes où ?

Sur les bouteilles plastique. Alors, vous avez raison, il y a des innovations types bulles d'eau ou autres, avec des mécanismes, et d'ailleurs, ce sont des entreprises françaises, pour certaines, qui le développent, sur la base de recherches françaises, où grâce, justement, à des technologies chimiques très simples et totalement naturelles, on a un conditionnement qui n'est pas plastique. Ca, on le développe.

On veut aller beaucoup plus loin. On les encourage. On finance.

D'ailleurs, on les a financées pour certaines d'entre elles. On a développé cette initiative "Make Our Planet Great Again", et on va continuer à financer à la fois les compétences et les investissements. C'est ce qu'ont dit les ministres.

Après, la grande difficulté sur ces sujets, pour aller beaucoup plus vite, beaucoup plus loin, c'est : est-ce qu'on met des interdits et est-ce qu'on arrête l'ancien système ? On est en train, de plus en plus, d'interdire, de raccourcir les délais d'usage sur le plastique. Mais si j'interdis la totalité, par exemple, du plastique partout, d'abord, ça va poser des tas de problèmes à des entreprises alimentaires pour leurs conditionnements, ce qui va poser des problèmes après à ceux qui leur vendent la nourriture.

Et puis c'est pas tant des problèmes de lobby. Moi, je m'en fiche, des lobbies. C'est des problèmes d'emploi.

C'est que, si on dit : "Demain, l'année prochaine, "il n'y a plus de plastique, "il n'y a plus de conditionnement plastique", il y a des endroits où il y a des milliers d'emplois qui vivent de ça. Et donc c'est pour ça que sur ces sujets d'écologie comme de numérique, on parle de transition. Il faut aller le plus vite possible.

On peut aller vite sur des sujets, comme tout à l'heure la production d'électricité. Sur des sujets comme ça, il faut être très clair sur le cap, il faut mettre le maximum de moyens sur les nouvelles technologies, les nouvelles productions, tout ce qui permet d'économiser. Mais il faut permettre une transition pour ceux qui sont embarqués dans le vieux modèle, sinon on les tue tout de suite et vous créez des conflits dans la société.

Et puis, par rapport au sujet du plastique qui est un scandale...

Le plastique, c'est le nouveau continent, c'est ce qui tue nos mers, ce qui est en train d'étouffer la Méditerranée. La réponse, elle est aussi dans les usages. On a pris des dispositions pour pénaliser beaucoup plus ceux qui jettent, ceux qui ne recyclent pas.

On va continuer à développer ça. Et ça, ça passe par l'éducation, les usages, la transformation des comportements. Et là, votre génération, elle a une place essentielle à jouer, c'est d'arrêter de penser qu'on est dans un monde qui se recycle tout seul.

Ce n'est pas vrai. Et le plastique qu'on jette, c'est un plastique qui étouffe la biodiversité, qui détruit la nature et qui détruit notre environnement. Sur la gestion des milieux forestiers et les emplois, les ministres ont répondu sur votre première question.

Ce sont des métiers d'avenir. C'est des métiers où on investit dans l'éducation, on investit dans les compétences, on investit dans les filières. Sur le forestier, vous avez raison, et en particulier dans la région, mais pas seulement.

La France, c'est une puissance forestière. Et ça, je veux que vous vous le mettiez aussi en tête, comme pour l'agriculture. Nous sommes un très grand pays forestier, mais depuis des décennies, nous gérons mal notre forêt.

Et c'est totalement stupéfiant, on a plus de forêts que les Allemands, mais on importe le bois transformé. Donc nous, on laisse partir du bois qui se fait transformer ailleurs, et on importe des meubles. Ce qui veut dire que notre filière forestière, on l'utilise tellement mal qu'on sait pas bien valoriser nos forêts.

On est en retard pour les replanter aujourd'hui, ce qui est un vrai problème, on les renouvelle moins bien que beaucoup de nos voisins, et on ne crée pas assez d'emplois dans toute la filière bois. C'est 400 000 aujourd'hui. Mais il y en a des centaines de milliers à créer si on faisait juste aussi bien que les voisins, qu'on arrêtait d'aller faire transformer le bois ailleurs.

Donc, on a lancé un grand plan pour structurer cette filière. Et la structuration de cette filière, elle passe aussi par l'investissement, nous, on va investir pour aider à s'équiper, et par le regroupement. L'un des problèmes que vous avez un peu évoqué pour l'emploi : pourquoi beaucoup de scieries ou de forestiers ont du mal à embaucher à des bons salaires des jeunes ?

Parce que bien souvent, ils sont restés trop petits et peu compétitifs. Et donc on va les aider au regroupement pour créer des structures un peu plus larges. On négocie au niveau de la branche pour investir et pour qu'elle monte un peu les salaires aussi pour embaucher.

La puissance publique, l'Etat avec les régions, on va investir. On a commencé. Les acteurs industriels, ils doivent investir pour moderniser l'outil productif.

Et il doit y avoir une négociation entre les partenaires sociaux pour augmenter les salaires et mieux valoriser. C'est une filière d'avenir si on sait s'organiser. Depuis des décennies, on n'est pas bons, parce qu'on n'a pas su suffisamment s'organiser sur le forestier.

Voilà ce que je voulais vous dire parce que c'est très important pour la région. Lucie. Merci de l'avoir dit.

Ce que vous avez dit, ça rejoint ce que vous disiez. Quand vous êtes en Epide, ce qui est votre cas aujourd'hui, la semaine, vous êtes logée, mais le week-end, vous êtes obligée d'aller chez les autres. Je peux me permettre de vous demander quel âge vous avez ?

Pardon, ça se fait pas, normalement, à une demoiselle. Aujourd'hui, c'est vrai qu'on a un angle mort, vous l'avez très bien dit, entre 18 et 25 ans. Jusqu'à 18 ans, il y a l'obligation familiale.

C'est la famille qui doit, et si vous n'êtes pas nourris et logés, on se retourne vers elle. Et la solidarité nationale, en particulier le minimum pour subsister, le RSA, par exemple, commence à 25 ans. Entre les deux, il y a la garantie qu'on a généralisée.

Tout le monde n'y a pas accès. Elle ne permet pas encore partout d'avoir accès au logement. Et donc le système avait un vide.

Alors face à ce vide, qu'est-ce qui a été fait ? Sous le quinquennat précédent, il y a eu une initiative qui a été de prendre la garantie jeune, qui a été testée et qui permet, justement, à des jeunes qui sont dans cette situation d'être accompagnés, d'avoir un encadrement et de commencer aussi à avoir un revenu pour vivre. Ca a formidablement marché.

On en a décidé la généralisation. Donc c'est en train de se généraliser. Ca sera maintenant un droit ouvert.

Tout le monde ne l'a pas, mais c'est en train de se faire. Et si vous ne l'avez pas demandé, vous y avez droit, je pense, dans votre cas. On va regarder votre cas particulier, mais ça vous permet d'avoir, en plus de ce qu'apporte l'Epide, un revenu, un encadrement et donc vraiment quelque chose qui est une béquille indispensable.

La 2e chose, au-delà de tout ce que j'ai répondu tout à l'heure sur les 16-18 ans, et ça le complète, c'est tout ce qu'on a lancé dans le cadre du plan pauvreté autour du revenu universel d'activité. Au fond, moi, je veux que notre vie dans la société française, ce soit un continuum. Jusqu'à 18 ans, on est obligé de se former.

Se former ou travailler en alternance et apprentissage, mais soit à l'école, soit ailleurs, c'est ce qu'on va mettre dans la loi. Et après 18 ans, on est obligé d'être dans une forme d'activité, et donc on a un revenu en face. Ce revenu universel d'activité qu'on veut créer, il commencera à partir de 18 ans et il sera accompagné de droits et de devoirs, soit de se former, soit de travailler.

Mais il permettra, il sera progressif en fonction de l'âge...

C'est la concertation qui commence sur ce sujet, mais il évitera qu'on ait, comme vous le vivez aujourd'hui, à cause des circonstances de la vie ou de sa famille, quelqu'un qui a 21 ans, qui fait le maximum pour s'en sortir et qui a juste pas d'endroit où loger. On a à côté de ça, aujourd'hui, tout ce qu'on fait sur l'hébergement d'urgence, le plan logement d'abord, les pensions de famille. Je vous ai pas tout détaillé, je veux pas être trop long.

Voilà. On doit apporter à chacun la solution et c'est le projet qu'on mène. Ca prend un peu de temps, mais c'est ça qu'on conduit.

Et ça me permet comme ça de répondre aussi à la question que vous aviez très justement posée. Alors, j'avais rien compris quand vous la posiez la question, sur les concours d'infirmière. Mais on m'a renseigné entre-temps.

Donc, je suis, du coup, moins bête et je peux vous apporter une réponse. Je ne le savais pas du tout. Mais donc, le concours, en effet, a été supprimé et il est remplacé à partir de cette année par une sélection sur dossier.

Et donc, c'est dans cette sélection qu'on mettra l'avantage, je lis le texte, sur l'acquisition de compétences et la réflexion sur l'orientation, et le soin dans les épreuves techniques apporté. Donc, ça veut pas dire que c'est fermé et qu'il n'y a plus d'accès. Ca veut dire que c'est sur dossier et c'est plus un seul concours.

Et donc à cet égard, ça se rapproche aussi du modèle universitaire, puisqu'il y avait des filières universitaires qui avaient accès ensuite à la formation sur dossier. Et donc, ça sera maintenant ouvert. Et les élèves en IFSI vont pouvoir bénéficier de la même procédure et aussi des mêmes droits que les autres étudiants, en particulier les droits d'accès Crous et autres.

Voilà. Le secrétaire d'Etat, d'ailleurs, pourra vous renseigner en détail dans la foulée. Mais voilà les précisions que je souhaitais vous apporter, en vous remerciant, du coup, de m'avoir rendu moins ignorant sur le sujet.

J'ai répondu sur les 18-25 ans. Le ministre a répondu sur l'après-bac. Sur la prépa PACES.

Qui a posé la question ? Quand vous parlez de ces montants-là, encore une fois, vous parlez des prépas privées. Donc, qu'est-ce qu'on a décidé de faire ?

Non, mais je suis d'accord. Ce qui ne fonctionne pas aujourd'hui...

On en est tous conscients. C'est la réponse que je faisais à monsieur tout à l'heure. Numerus clausus, système très fermé, et donc se sont développées beaucoup de prépas privées.

Donc quasiment tout le monde maintenant a accès à la prépa privée, et ça crée une sélection, ce qui n'est pas juste. Les ministres de l'Enseignement supérieur et de la Santé ont lancé une réforme des études médicales. Un, on ouvre le numerus clausus pour en former plus parce qu'on en a besoin de plus, et deux, on va créer, comme ça a commencé, on vient de l'illustrer avec le cas des infirmières et des infirmiers...

On crée aussi des procédures qui sont plus justes avec plus de passerelles, ce qui va permettre de sortir d'un concours trop monolithique où la seule manière de réussir, c'était le bachotage avec la prépa privée. Et c'est un fils et frère de médecin qui vous parle. Donc, je connais le système par coeur.

En effet, ça, il faut le corriger, parce qu'il n'est pas juste. Et donc la bonne réponse de la part de l'Etat, c'est pas de dire : "Je vais aller payer des prépas privées "qui permettent de compenser les injustices du système." C'est de rendre le système plus juste pour permettre, justement, qu'on en forme plus, que vous soyez mieux accompagnés et que tout le monde ait la même formation.

Tout le monde et pas simplement ceux qui peuvent se payer la prépa privée. Et c'est dans cet esprit-là que la réforme des études de santé est en train d'être conduite. Sur le BTS, le ministre a répondu.

Et donc, je crois que j'ai répondu à toutes les questions. (Applaudissements) Alors... (...) Alors, d'abord, j'ai vu qu'il y en aurait encore davantage, mais ils m'ont dit vraiment que j'étais au-delà de tout délai.

Donc, je pense que je vais déjà causer des ennuis à certains. Moi, je voulais vous remercier d'être venus et remercier vos enseignants, vos éducateurs, les proviseurs, tout le personnel enseignant qui vous a accompagnés, parfois préparés au grand débat, fait lire la lettre. C'est l'essentiel.

Ensuite, avant que vous filiez...

C'est comme en cours, avant que vous filiez, je dis les derniers mots. D'abord, je voulais vous remercier pour toutes vos questions, parce qu'il n'y avait que des questions sur vos cas particuliers ou sur l'avenir du pays, qui ont fait la démonstration à tous ceux qui disent : "Les jeunes ne s'intéressent pas au pays. "Les jeunes n'ont pas de réflexion politique." Vous avez formidablement démontré pendant près de 5 heures exactement le contraire. (Applaudissements) Exactement le contraire. (...) Vous avez parlé, vous avez parlé d'éducation, d'écologie, d'Europe, de citoyenneté, de cas concrets et très concrets dont on parle très peu par ailleurs.

Et donc merci, vous avez fait la démonstration de cela. La deuxième chose que je voulais vous dire. La deuxième chose.

Comme je le disais tout à l'heure à Nordine, comme je l'ai dit au début. Ne vous laissez pas enfermer dans, en quelque sorte, une réflexion collective, qui voudrait que tous ces sujets ne soient pas faits pour vous. Que vous soyez majeurs ou pas, on parle de l'avenir de notre pays.

Et donc on parle d'abord de vous. D'abord de vous. Dans les pays qui ont parfois fait le choix du pire, c'est bien souvent parce que la jeunesse n'avait pas été voter.

C'est à vous de savoir quelle société vous voulez construire, parce que beaucoup des choses qu'on s'est dites, c'est des choix à 10 ans, 20 ans, 30 ans. Donc c'est à vous de participer au débat, de le porter, d'être actifs, de vous exprimer. Et de vous exprimer dans le lycée, dans l'université, dans le cadre de mouvements associatifs, syndicaux, politiques, de vous exprimer par les élections en allant voter, par le débat citoyen qu'on est en train de faire.

C'est fondamental pour l'avenir de notre pays, pour l'avenir de notre pays et pour vous, pour votre dignité, parce que vous avez une chance inouïe, et ne l'oubliez jamais. Vous êtes nés en France ou vous êtes arrivés en France, c'est un pays libre qui aime la liberté et la citoyenneté. Et vous êtes dans un pays où vous avez ce luxe de pouvoir décider de votre destin en étant citoyens.

Ne laissez à personne ce droit pour vous. A personne. Quelles que soient les valeurs qui soient les vôtres et ce que vous vouliez porter, rentrez dans le débat et portez-les.

Là, je compte sur vous, mais à plein. La dernière chose que je voulais vous dire et après, je vous lâche. J'ai vu, c'est les plus âgés qui disent "Ah !", au fond.

C'est que, sans que ce soit concerté, sans doute, Estelle, grâce à vous... (Applaudissements) (...) Vous avez eu le courage de parler de vous et du coup de parler de choses dans la société qu'on ose plus nommer.

Et vous aussi, vous l'avez fait, pour ce que vous vivez. Une maman seule qui a du mal à trouver un emploi. Vous l'avez fait ayant été harcelé.

Vous l'avez fait étant dyslexique. Vous avez mis des mots, une émotion, un visage sur ces réalités. Je vais vous dire, d'abord, vous les avez réhumanisées.

Quand on parle de dyslexie, d'autisme, de harcèlement, de femmes isolées, ce sont des mots. Ca paraît froid, loin. C'est toujours des personnes.

Ensuite, en le disant, vous avez libéré les autres, mais surtout, vous avez démontré à des millions de nos concitoyens qu'ils avaient le droit de le dire et que celles et ceux qui vivent ça parfois dans la douleur ou le secret, ils vivent une réalité qui est beaucoup plus commune, malheureusement parfois, qu'on ne le pense. Et je vais vous dire, ça, ça, c'est de la politique. C'est le plus beau de la politique. (Applaudissements) (...) Donc, merci pour cela.

Ce que vous avez fait, c'est que vous avez montré cet après-midi qu'un pays, il est fait de femmes et d'hommes différents, qui ont leurs souffrances, leur trajectoire, qui veulent juste vivre une aventure commune, parce qu'ils sont forts d'un passé commun et de valeurs qu'ils partagent ensemble, mais qu'ils ont des différences, des blessures, des choses qui peuvent séparer, mais auxquelles on ne doit jamais être réduits. Et à chaque fois qu'on entend pas la souffrance, à chaque fois qu'on entend pas ce qui fait notre singularité, à chaque fois qu'on humilie dans la société, qu'on oublie, qu'on veut effacer, c'est nous tous qu'on affaiblit un peu. Alors, ne perdez rien de cet enthousiasme, de cette liberté, de ce que vous avez montré cet après-midi.

Vous m'avez rendu formidablement fier d'être le président de la République française cet après-midi. Merci. (Applaudissements) (...) (La Marseillaise) (...) (Applaudissements) (...)