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interviewBFM TV (sur Dailymotion)· 10 juillet 2026 46 min

Arnaud Montebourg interroge Jean-Philippe Tanguy, député RN, sur le programme économique du RN

Source d'origine 3 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Bonsoir Arnaud Montebourg.

0:01
Invité politique

Bonsoir Paola.

0:03
Présentateur

Entrepreneur désormais aujourd'hui retiré de la vie politique. Je vous demande la fameuse question, comment vous allez ce soir Arnaud ?

0:08
Invité politique

Mieux que l'Europe.

0:10
Présentateur

Mieux que l'Europe qui est en train de brûler. Arnaud, quand on voit ces images qu'on va voir de l'Espagne, où il y a un incendie géant, 12 morts, 23 disparus, des Espagnols qui ont été pris, piégés dans leur propre voiture, ce sont souvent des touristes britanniques, on a l'impression quand on voit ces images d'un scénario d'apocalypse, est-ce que c'est ce futur qui avance plus vite que prévu ?

0:29
Invité politique

Ça va plus vite, la Californie a connu des épisodes tout aussi dramatiques, c'est un désert, l'Espagne connaît, c'est le désert européen, le sud de l'Espagne, l'extrême point de l'Andalousie, et donc le désert monte, et donc nous allons devoir adapter nos comportements, il va falloir que ça rentre dans nos cerveaux, que nous ne pouvons pas vivre comme nous avons pris l'habitude de vivre, y compris la manière d'être un peu négligents avec nous-mêmes, et malheureusement je pense à ces victimes qui se sont fait piéger.

0:59
Présentateur

Mais est-ce que ça va être l'électrochoc, Arnaud, cet été ? Cette année, la troisième canicule en un mois, les feux de forêt partout, en France, en Espagne, des dizaines de morts là-bas, est-ce qu'on prend conscience, mais est-ce qu'on va aboutir à des actes, ou est-ce que c'est fini en décembre ?

1:15
Invité politique

L'habitude du système cognitif, c'est qu'on réagit à l'événement, qu'on perçoit. En hiver, quand il pleut beaucoup, et c'est le cas, puisqu'il y a des événements extrêmes, y compris en période fraîche et froide, on a le sentiment que la canicule est effacée par les trompes d'eau qui s'abattent sur nous, qui permettent de reconstituer les nappes phréatiques. En vérité, on n'y arrive pas. Donc, nous allons devoir faire marcher notre cerveau collectif, et ça, ça s'appelle la politique. Et la politique environnementale, économique, tout le système réglementaire, tout le système législatif, il va falloir adapter.

Et cela fait partie des débats actuels, mais il n'y a pas de répondants, puisque nous sommes en période maintenant électorale, et que nous sommes partis pour mettre tout cela dans les programmes politiques. On va essayer.

2:04
Présentateur

On va essayer. Est-ce que c'est porteur, l'écologie, pour appeler au vote, finalement ? Ce n'est pas très… ça ne marche pas vraiment.

2:11
Invité politique

L'écologie de bon sens, elle est partageable.

2:14
Présentateur

Il faudrait trouver un nouveau mot, peut-être ?

2:15
Invité politique

Non, parce que l'écologie est une discipline très importante, qui est une composante de l'économie, c'est le même préfixe. C'est un élément important sur lequel tout le monde peut partager. Ce qui n'est pas partageable, c'est l'idéologie et le dogmatisme. Là, ça crée des clivages. Mais quand on partage le diagnostic, qu'on essaie de se mettre autour de la table tous ensemble, qu'on cherche des solutions communes, finalement, on peut y arriver. Donc ça, c'est ce qui manque dans le débat public national.

2:41
Présentateur

Allez, on va parler de cette décision judiciaire qui a changé le destin de la France, qui va peut-être changer le destin du pays. C'est Marine Le Pen, condamnée en appel, coupable de détournement de fonds. Et dans les heures qui suivent, elle se pourvoie en cassation. Elle se présente évidemment à la candidature à la présidentielle. Elle se dit présumée innocente. Est-ce qu'elle a le droit ? Est-ce que vous pensez qu'elle peut se dire « je suis présumée innocente » ?

3:03
Invité politique

Déjà, ce n'est pas ce que je pense. C'est ce que le droit dit. La présomption d'innocence a été inventée par la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen en 1789. Il y a même un article de la Déclaration de l'homme. Donc c'est un principe fondamental à valeur constitutionnelle qui interdit toute personne qui n'est pas condamnée définitivement d'être traitée comme un coupable. Donc tant qu'on n'est pas définitivement condamnée, on est présumée innocente. Alors c'est une apparence. Mais c'est une apparence qui est protégée. Le Code civil, excusez du peu, il y a un article, contient un article qui permet de faire condamner toute personne qui présenterait Mme Le Pen comme coupable.

Elle a le droit d'être traitée comme innocente. Car imaginez que la Cour de cassation casse l'arrêt et qu'on retourne devant un jugement. Eh bien, elle aurait le droit de dire « tous ceux qui m'ont traité de coupable, m'ont offensé ». Et donc cette question-là, elle est pour tous les citoyens et elle s'applique donc à Mme Le Pen comme tous les citoyens qui aujourd'hui sont judiciables. J'ajoute que la présomption d'innocence, c'est un principe mondial. On le retrouve dans tous les textes fondamentaux, y compris la Convention européenne des droits de l'homme. Donc il n'y a pas de, j'allais dire, de surprise à ce qu'elle se proclame présumée innocente.

On n'a pas dit innocente, ça c'est à elle de le dire et de le penser.

4:18
Présentateur

Et néanmoins, le pari est quand même risqué, très risqué. Certains parlent d'un coup de poker, puisque évidemment le pourvoi en cassation suspend la peine. C'est-à-dire qu'il n'y a pas de bracelet électronique pendant la procédure. Mais la cour de cassation pourrait se prononcer au plus tard début avril, soit quelques jours avant le premier tour de l'élection présidentielle. Écoutez ce que disait Louis Alliot au micro de BFM.

4:39
Invité

À partir du moment où Marine Le Pen peut se présenter grâce à cet arrêt de la cour d'appel, il n'y a plus urgence à ce que la cour de cassation se prononce. C'est là-dessus qu'à mon avis vous faites un peu un pari. Non, non, mais ce n'est pas un pari. On rentre aujourd'hui dans une procédure normale de cassation pour n'importe quel justiciable en France aujourd'hui. Un pourvoi, c'est 12 à 18 mois.

5:04
Présentateur

Un sacré pari quand même à quelques jours d'une élection présidentielle, un bracelet électronique. Est-ce que vous pensez qu'elle ne maîtrise pas en plus ce calendrier ? Je crois que ce soir, Arnaud, vous avez un appel.

5:14
Invité politique

En tout cas, Mme Le Pen a été condamnée, comme d'autres partis politiques, c'est le cas du MoDem et son parti politique qui a été condamnée pour les mêmes pratiques, pour usage à mauvais escient des assistants parlementaires. La cour a souligné qu'il n'y avait pas d'enrichissement personnel, ce qui est un point très important, vous allez voir pourquoi. Et elle a dit que la liberté de l'électeur, c'est de choisir, donc moi, je n'interfère pas dans le débat électoral. Mais elle a maintenu une condamnation qui avait été décidée par le tribunal à un an ferme, ce qui se traduit avec une modalité d'aménagement qui est le bracelet électronique.

Le bracelet électronique, ce n'est pas le droit de se promener en France avec une sorte de laisse électronique. Non, c'est une assignation à résidence, c'est la prison à domicile en quelque sorte, donc vous ne pouvez pas sortir. Donc cette privation de liberté a été décidée par la cour, mais je vous prédis qu'avec un arrêt de 341 pages qui concerne 12 prévenus des incidents de procédure, la moyenne du pourvoi étant de 17 mois l'année dernière, la durée d'examen au droit, 17 mois déjà, on sait très bien que Mme Le Pen n'aura pas une accélération. Et pourquoi elle n'aura pas une accélération particulière pour son cas ?

Parce qu'aucun des magistrats n'aura décidé de mettre un bracelet électronique à Mme Le Pen pendant la campagne électorale. Et pour une raison supplémentaire, c'est la jurisprudence Fillon. M. Fillon avait eu un an de prison ferme parmi les quatre de sursis auxquels il avait été condamné par la cour. La cour de cassation a dit que vous avez été un peu trop sévère, c'était un primo délinquant, c'est la première fois. Et il y avait eu enrichissement personnel de M. Fillon. Elle a cassé non pas la culpabilité, mais la peine. Et elle a cassé le bracelet électronique.

Et donc il est parfaitement plausible que la jurisprudence de la cour de cassation, devant un primo délinquant, pas d'enrichissement personnel, décide de casser la décision, non pas sur la déclaration de culpabilité, vous avez détourné de l'argent public, mais sur les modalités de la peine. Donc je ne crois pas qu'il y ait un débat judiciaire maintenant. Le débat judiciaire, il aura lieu en son temps maintenant. C'est le débat politique qui a commencé. Il y en a un qui l'a compris. C'est Édouard Philippe qui a dit, écoutez, elle fait ce qu'elle veut. Elle en répondra devant les Français. Mais maintenant, on va débattre de son projet.

Et d'ailleurs, c'est ce qu'on veut faire ici dans Medi-Mondebourg. On veut parler des programmes, des projets et des idées.

7:39
Présentateur

Mais bien entendu, quand on voit ces images qui ont eu lieu justement le 8 juillet dans la Sarthe, aucun journaliste ne parlait de son projet. On a l'impression qu'effectivement, on parlait du scénario explosif, par exemple du rejet de pouvoir en cassation, du fait qu'elle puisse porter un bracelet électronique. On parlait de l'immunité présidentielle qui allait la protéger pendant 5 ans. On a l'impression que peut-être Marine Le Pen, avec cette affaire judiciaire, a quelque peu kidnappé la campagne. Est-ce que vous pensez que ça va la rendre plus forte ?

8:06
Invité politique

Déjà, il faut qu'on connaisse son projet. Parce qu'on a des petits morceaux qui se baladent. On a du mal à connaître la réalité du projet politique. D'autant qu'il y avait un désaccord tout à fait, de plus en plus visible sur le plan politique, entre le gaucho, le pénis qu'incarnait Marine Le Pen, et le superman du CAC 40 que voulait incarner Jordan Bardella. Et donc les deux commençaient à s'affronter publiquement sur les orientations, notamment sur l'affaire des retraites, qui est extrêmement sensible, puisque c'est un débat qui agite le pays depuis maintenant une dizaine d'années, sans d'ailleurs résultat.

8:39
Présentateur

Et je rappelle que vous poserez la question dans quelques instants, Jean-Philippe Tanguy, qui viendra nous rejoindre, le porte-parole du Rassemblement National. Poursuivez alors. Donc deux figures, une jambe droite, une jambe gauche.

8:48
Invité politique

Qui s'affrontent. Donc là, maintenant, ça y est, la jambe gauche a décidé de mettre au pas la jambe droite. Que va-t-il se passer ? On va essayer de comprendre quel est le projet économique, en tout cas, puisque c'est ça qui nous occupe ici, du Rassemblement National. Alors, sur l'immunité présidentielle, excusez-moi, c'est le droit de la Constitution. Ça a été d'ailleurs appliqué à Jacques Chirac, qui a été condamné à la sortie de son mandat, alors que l'homme était bien malade, et que, franchement, il ne méritait plus d'être condamné 12 ans après les faits qui avaient été... et 12 ans de mandat.

C'est le cas de Nicolas Sarkozy, qui est poursuivi après son mandat, dans l'affaire libyenne et dans d'autres affaires, sur des faits qui sont antérieurs à sa prise de pouvoir. Donc, c'est l'application traditionnelle, je vais dire, du droit et de la Constitution. Donc, l'immunité, elle n'est pas totale, elle est temporaire. Le temps d'exercice d'un mandat.

9:36
Présentateur

Alors, on verra si la jambe droite s'est restée à sa place. Vous dites s'est restée au pas, si ça sera un chaperon, s'il sera mis sous tutelle. Mais je voulais vous parler d'une nouvelle voie qui vient d'arriver dans l'élection présidentielle. C'est Ségolène Royal, finalement, qui se présente aux primaires de la gauche, s'il y a un mot. Vous pensez qu'elle a sa chance ?

9:53
Invité politique

Écoutez, vous savez, le Parti Socialiste, quand même, on ne sait plus qui il est, ce qu'il veut et ce qu'il veut décider. Donc, évidemment, qu'il y a une primaire qui est refermée à la dizaine de milliers de militants, ça me paraît être extrêmement peu, j'allais dire, convaincant. Donc, je vous propose qu'on écoute les débats et puis on en reparlera s'il y a lieu.

10:14
Présentateur

Mais c'est un espoir pour la gauche, pour vous ? Une nouvelle voie féminine ? Un genre de dinosaure, Ségolène Royal, quand même ?

10:20
Invité politique

Vingt ans après, il y a un très beau livre d'Alexandre Dumas sur les trois mousquetaires. Vingt ans après, que sont-ils devenus ? Eh bien, nous lirons Alexandre Dumas.

10:30
Présentateur

D'accord, Arnaud. On va passer au sondage, finalement. C'est vrai qu'il y a une petite musique, notamment portée par le patron du PS, Olivier Faure, qui dit qu'il faudrait interdire les sondages parce que les Français ne lisent plus les programmes et ils regardent cette course de petits chevaux, deux points par-ci, trois points par-là et finalement, ils préfèrent le vote utile. Est-ce que vous êtes pour cette interdiction que prônent Olivier Faure, mais aussi certains membres de la France Insoumise ?

10:55
Invité politique

Alors, je comprends la position des partis archi-minoritaires. Je rappelle que le Parti Socialiste que représente M. Faure, qui était mon ancien parti, il faut le rappeler, qui a fait 2,5% à travers la candidature de Mme Hidalgo. Avant, c'était 6,5% ou 7%, je ne sais plus. C'était Benoît Hamon. Donc, nous voyons bien que le Parti Socialiste est un parti archi-minoritaire. Donc, évidemment, le vote utile est mortel pour ce type de parti. Mais néanmoins, nous sommes dans une élection maintenant qui est devenue une élection à un tour.

Puisque la question, c'est de savoir qui va affronter le parti majeur qui pèse plus d'un tiers de l'électorat et qui est solidement implanté aux portes du pouvoir. Donc, qui ? Et donc, la question, c'est comment on se rassemble ? Donc, le vote utile va devoir rester utile. Donc, on a besoin de savoir qui arrive à convaincre, les électeurs. Alors, par ailleurs, je vais vous dire, le silence électoral dans tous les pays européens, sur les sondages, je crois que c'est l'Italie qui a le record. C'est maximum 15 jours avant le scrutin. Tout le reste, c'est 5 jours. En France, il était interdit pendant longtemps, jusqu'en, je crois, dans les années 2000.

Eh bien, aujourd'hui, le Conseil constitutionnel a considéré que c'était une atteinte à la liberté d'informer. Donc, il n'y a pas possibilité de restreindre maximum, on va dire, 15 jours avant le scrutin. 15 jours avant le scrutin.

12:11
Présentateur

Mais ça vous semble normal, néanmoins, que ce soit les sondages qui décident qui va être candidat. C'est-à-dire que si Edouard Philippe est mieux placé que Gabriel Attal, eh bien, il n'y a plus de primaire, il n'y a plus de politique. C'est les sondages qui décident. C'est l'alpha et l'oméga de la politique.

12:23
Invité politique

– Ce sont les partis politiques qui décident d'abord des candidatures, je le rappelle. Ce sont eux qui ont le monopole du financement, le monopole de présentation de la candidature. Donc, ce sont les partis politiques qui font tourner l'élection présidentielle. Attention, vous ne pouvez pas vous présenter une élection présidentielle si vous n'avez pas un parti politique qui a eu des élus qui, eux-mêmes, financent, parce qu'ils ont des députés, des sénateurs, financent, et des voix, financent l'élection présidentielle. Donc, vous financez l'élection présidentielle à partir des scrutins précédents. Ce qui explique une forme de conservative.

Donc, c'est d'abord les partis politiques, puis ensuite, les sondages, c'est la danse du quotidien. Mais en même temps, les Français ne sont pas non plus idiots. Ils savent prendre des décisions. C'est un peuple renseigné, c'est un peuple éduqué. Et donc, on peut faire confiance aux Français de savoir ce qu'ils ont à faire.

13:07
Présentateur

– On va continuer à parler de politique avec vous, Arnaud Montebourg, puisque ce soir, vous recevez Jean-Philippe Tanguy. Bonsoir, Jean-Philippe Tanguy, député Rassemblement National de la Somme. Arnaud Montebourg, tout à l'heure, parlait d'une jambe droite et d'une jambe gauche. – Bonsoir, M. Tanguy.

13:22
Invité

– Bonsoir, M. Montebourg.

13:23
Présentateur

– D'une jambe droite et d'une jambe gauche, bon, là, c'est tranché, c'est Marine Le Pen qui est présidente. Vous parliez d'un marinisme. Je vous demande, est-ce que le marinisme, c'est le nouveau socialisme ?

13:31
Invité

– Non, je ne pense pas. Je pense que le marinisme, en tout cas, dans notre analyse et dans l'analyse que fait Marine Le Pen, c'est une forme gaullienne de la politique, c'est-à-dire le dépassement de la gauche et de la droite, une vision sociale qui n'est pas forcément, heureusement, du socialisme. Mais c'est vrai qu'on ne croit pas aux forces de l'argent. On ne croit pas que l'argent achète tout, que beaucoup de choses ont de la valeur mais n'ont pas de prix. Oui, c'est vrai que c'est une vision assez française, d'ailleurs, de l'âme française qui peut d'ailleurs rejoindre des courants politiques différents, des combats qui ont pu exister à travers nos cinq républiques et nos autres régimes.

Oui, il y a un esprit français qui considère qu'il y a des valeurs supérieures à l'argent. Ça nous différencie effectivement d'une certaine droite qui pense que tout s'achète, tout se vaut, tout s'échange et que finalement, dans ce petit monde, il n'y a de valeur que l'égoïsme. Bon, ce n'est pas la vision qu'on a effectivement au Rassemblement National. D'ailleurs, on s'appelle National.

14:24
Invité politique

– Alors, merci de ce préliminaire, on va dire, qui permet de vous situer. – Votre programme en 2024 avait fondu comme neige au soleil parce que vous aviez un candidat, M. Bardella, qui, à chaque fois qu'il rencontrait un obstacle, disait « Bon, non, ça finalement, on va l'amender, on va le corriger ». Alors, je comprends, vous avez été pris par surprise par cette dissolution, mais en 2026, vous avez proposé un contre-budget, d'ailleurs, je crois que vous en étiez le porteur, qui mélange à la fois des mesures sociales redistributrices et des propositions libérales pro-entreprise.

Alors, il y a un institut qui s'appelle le Cevipov, très sérieux, qui travaille depuis très longtemps à Sciences Po, qui a fait une analyse sur l'équilibre entre les mesures libérales pro-entreprise, c'est-à-dire en même temps que vous êtes en train de porter, d'ailleurs que vous venez d'énoncer, et il dit, ben voilà, tout ce qui était libéral pro-entreprise en 2022, c'était 20% du programme, et en 2026, dernièrement, c'est 60% du programme.

Donc, il y a eu une espèce de glissement, et je sens, excusez-moi, comme tous les Français, d'abord une incertitude, une instabilité, une incompréhension sur ces deux pôles, qui n'arrivent pas forcément à se concilier facilement, pour des raisons historiques que vous avez énoncées, mais comment se fait-il qu'on n'a toujours pas un programme stable où vous pouvez dire à votre droite ceci, à votre gauche ceci, pour ne plus bouger ? Parce que le problème, c'est quand il n'y a pas de programme stable, il n'y a pas de contrat possible avec les électeurs.

15:57
Invité

Non, mais c'est une question intéressante, parce que moi, je pose une question de fond. Non, mais bien sûr, à mon échelle, moi j'ai l'impression que nous sommes clairs, mais si nous ne le sommes pas, on va falloir s'améliorer, mais ce qui est certain, c'est que l'aggravation objective de la situation des finances publiques, la poursuite de la désindustrialisation, malheureusement, ou en tout cas, l'absence de réindustrialisation, les grandes difficultés de l'agriculture, avec le fait que la France est devenue déficitaire sur sa balance agricole, ce qui devrait tous nous alerter, nous traumatiser.

Nous avons peut-être, et sans doute d'ailleurs, mis l'accent sur un certain nombre de mesures qui étaient moins visibles avant, mais qui étaient dans le programme. Là, bon, vous avez fait de la politique avant, M. Montebourg, vous savez que parfois, il y a un programme, et puis il y a des mesures qu'on met en valeur. Et il y a aussi une forme de contrat démocratique avec les médias qui aussi n'ont pas forcément une vision exhaustive des programmes, mais on parle d'un côté, et puis ils ne parlent pas de tout.

Il n'y a pas eu vraiment de changement depuis 2022, mais c'est vrai que les circonstances nous obligent à mettre en valeur un certain nombre de propositions favorables à la relance économique qui n'étaient pas forcément peut-être visibles avant ou couvertes de la même façon. Et ce qui est vrai, j'en finirai là, c'est aussi que le monde de l'entreprise s'intéresse plus davantage au programme du Rassemblement National qu'avant, et en fait découvre, ou font semblant de découvrir, des propositions que Marine Le Pen faisait, que Jordan Bardella faisait aussi en 2024.

Vous savez aussi, quand vous dites que le programme de Jordan Bardella fondait comme neige au solaire, c'est surtout qu'on avait fait face à un mur d'attaques assez injustes, parce que comme on était les favoris, évidemment, on avait subi beaucoup d'attaques, mais Jordan Bardella avait quand même défendu fortement le programme, et d'ailleurs, il avait quand même gagné le premier tour haut la main des législatives de 2024. J'ai perdu le deuxième. Vous parlez du monde médiatique,

17:43
Présentateur

justement, regardez la une du point qui signe dette économie Europe, comment mener un pays à sa perte avec le visage de Marine Le Pen. Arnaud Montebourg, est-ce que vous pensez que si Marine Le Pen est élue, elle va mener le pays à sa perte ?

17:57
Invité politique

Écoutez, j'ai fait un peu les comptes. Sur la base, je suis très honnête, Tanguy, parce qu'ici, on est honnête. Pourquoi ? Parce qu'on essaie de réfléchir collectivement. Et tout le monde a le droit à la parole et a le droit de se défendre. Donc, j'ai fait, j'ai repris votre projet de contre-budget pour 2026. Des baisses d'impôts, moins 45 milliards. Des baisses de dépenses, moins 50 milliards. Alors, je vois à peu près ce qu'il y a dans les baisses de dépenses. C'est l'Union européenne pour 10 milliards. Bon courage. L'AFD, je vois à peu près ce que vous voulez faire. C'est-à-dire, c'est fermé. L'immigration, c'est votre mantra, vous répétez ça, 11 milliards.

Et la suppression d'agents, 7 milliards. Je prends le pari qu'il y en aura 20 milliards, maximum, si vous êtes bon. Mais les baisses de TVA, elles, elles vont être immédiates. C'est des impôts très importants. Et les baisses d'impôts de production qui sauvent, c'est la mesure bardellienne, c'est-à-dire pro-business pour les entreprises. 16 milliards. Donc, en clair, ce que je vois, et c'est d'ailleurs ce que disent à peu près tous les observateurs qui ont analysé votre projet, les recettes nouvelles, on ne les voit pas, vous faites un impôt sur la fortune à 4 milliards, merci, c'est une restitution, un retour à l'équilibre.

Mais franchement, on se retrouve avec un déficit à 6%, une dette publique à 132%, et finalement, les éléments financiers du pays qui s'aggravent très, très lourdement. Donc, en gros, vous êtes presque au niveau de Mélenchon. Ça m'étonne un peu, venant de vous. Mais non, mais ce n'est pas venant de moi. C'est-à-dire que ça vient de Anthropique Claude. C'est-à-dire que je passe vos programmes à l'intelligence artificielle, parce que moi, je suis stupide, je ne sais pas lire les programmes, mais j'ai fait Mélenchon et Le Pen. Et qu'est-ce que je vois ? Finalement, on arrive à peu près aux mêmes dérives. Et c'est pour ça que Le Point publie ça.

Je vous pose cette question pour que vous répondiez, j'allais dire, sur le fond.

19:48
Invité

Oui, j'ai lu le dossier du Point, qui est un monceau de lieux communs et d'énormités. Ce serait trop long de revenir dessus. C'est de l'ordre du slogan et pas de l'analyse. Mais vos analyses... Moi, je ne suis pas d'accord sur ce que vous dites sur nos économies. Je veux dire, nous, dans un rapport de force avec l'Union européenne, on ne perdra pas. Vous avez été ministre de l'économie et du budget. Chaque mois, vous autorisiez ou pas à verser l'obol de la France à l'Union européenne. Nous ne sommes pas obligés de la verser. Et nous, nous assumons, et depuis très longtemps... Non, mais ça, c'est exact. Ça, je vous en donne...

Non, mais vous confirmez que c'est bien le ministre de l'économie qui, chaque fois... Je vous confirme que ça vient du budget, oui, en effet. Non, mais ce n'est pas automatique. Il y a une action politique pour autoriser le versement ou non. Et je pense que... Je ne vais pas parler à votre place, mais en tout cas, je pense que M. Hollande, lui, n'avait pas envie de bloquer le paiement. Voilà, c'est le moins qu'on puisse dire. Et ce n'est pas la même politique.

20:40
Invité politique

Non, en gros, c'est la politique de Margaret Thatcher. I want my money back. Mais elle, elle négociait avant

20:47
Invité

même pas money back parce que c'est même pas... On guivien. Voilà, on ne donne rien. Voilà, nous ne donnons rien à l'Union européenne. C'est la politique du chèque qui est vide, comme le général de Gaulle faisait la politique de la chaise vide. Sur l'immigration, il n'y a aucune raison de ne pas réussir à faire des économies puisque nous suspendons les aides non contributives d'immigrés et des immigrés qui n'ont pas travaillé pendant au moins 5 ans. Donc, c'est automatique comme économie. Alors, ça ne plaît pas à tout le monde, peut-être, mais nous, on assume ces économies. Et sur la désagentification de l'État, c'est une politique très importante, M.

Montebourg, parce que vous étiez d'ailleurs, je crois, critique de ce qu'on appelait la politique du New Public Management. C'est-à-dire qu'un certain nombre de gens ont voulu, en fait, affaiblir l'État, l'État démocratique, en créant un certain nombre d'agences qui doublonnent et qui, en fait, non seulement gênent l'action de l'État, mais coûtent très cher. Beaucoup de fonctionnaires préfèrent se faire nommer dans des agences parce que les salaires sont meilleurs, ne servent à rien. Et nous, on coupera à la hache, on assume dans ces agences. Il n'en restera presque plus aucune.

Il restera, en gros, le CNRS et l'agence de sûreté nucléaire parce qu'elles ont une légitimité à être, elles, indépendantes de l'État pour ne pas que ça devienne n'importe quoi. Mais un nombre considérable d'agences, la commission de régulation de l'énergie, l'ADEME, la commission de régulation du ferroviaire, la commission de régulation des télécoms, tout ça, ça dégage. Et vous savez pourquoi ? D'ailleurs, c'est cohérent. Parce que nous, on considère que c'était aussi le cheval de Troie de la Commission européenne parce qu'en fait, la plupart de ces agences...

22:12
Invité politique

Alors, ce sont des autorités administratives indépendantes. Donc ça, elles jouent un rôle régulateur. En revanche, prenons l'exemple de l'ADEME, si vous voulez bien. L'ADEME, ce sont des subventions. Il y a effectivement une structure qui gère ça, qui est assez légère d'ailleurs. Mais ce sont d'abord des subventions à l'économie de transition verte. Donc ces subventions, vous n'allez pas les supprimer. Donc vous avez mis 7 milliards avec le budget de l'ADEME. Mais le budget de l'ADEME, c'est un budget d'investissement dont on a cruellement besoin. Non, nous, on ne... Vous pouvez supprimer l'ADEME. Et si vous le mettez au ministère, il faudra quand même bien continuer à subventionner.

22:41
Invité

Non, nous, on fait un changement de politique. C'est-à-dire qu'on ne croit pas beaucoup aux subventions. On croit que les subventions sont inflationnistes. On croit que les subventions, d'ailleurs, sont beaucoup sur des projets... Je vais vous donner un exemple. Dans ma circonscription, j'ai l'entreprise Rocket qui a investi 400 millions d'euros dans une chaudière à biomasse pour satisfaire un certain nombre de réglementations. Les premières années, l'industrie Rocket m'a dit non, non, c'est très bien cet investissement.

Puis après, ils m'ont avoué parce qu'ils ont des difficultés et puis ils vont licencier beaucoup de gens qu'en fait, ça leur a fait perdre du temps et de l'argent et ce n'est pas productif. Donc nous, on veut repasser dans des investissements productifs plutôt par des prêts à taux bonifiés ou des prêts à taux zéro. La subvention économiquement, fausse les prix, est inflationniste et fait dériver les entreprises d'investissements productifs à des investissements soit pour se conformer à des réglementations qui ne sont pas très intéressantes, voire toxiques et ça perturbe tout.

Donc en fait, non, on ne supprime pas que les agences mais je vous remercie de poser cette question parce que beaucoup, notamment les LR, effectivement, eux n'assument pas la suppression des subventions. Nous, on supprime les subventions et on passe à des prêts. Mais il y a aussi une logique derrière, j'en finirai par là, c'est aussi qu'on a aussi un programme de repasser au financement de l'économie réelle par les banques parce que si aussi cette économie où l'État doit passer partout parce que les banques ne font plus leur travail de financement, si les investissements, M.

Montebourg, et ça je pense que ça peut vous intéresser, sont productifs, il n'y a pas besoin que l'État intervienne parce qu'en fait les banques elles ont intérêt à financer l'économie réelle.

24:06
Invité politique

Les investissements verts ne sont pas productifs par définition. Et si on les fait, c'est pour adapter l'appareil productif, c'est une charge pour les entreprises, si on ne les prend pas en charge, personne ne le fera. C'est le rapport Pizéniféri que vous avez dû lire, qui est très intéressant, il dit qu'il y a 4 points de PIB à mettre sur la transition verte, si l'État ne le fait pas, personne ne le fera, ce ne sera pas le marché. Donc on n'y arrivera pas. Oui, mais il y a aussi

24:28
Invité

les investissements verts, M. Montebourg, qui sont en fait contre-productifs dans le sens où les moyens de production, les systèmes de production, la façon dont on crée l'industrie, ce n'est pas adapté. Et il y a un mensonge là-dedans où on fait croire que parce que c'est vert, ça fonctionne. Même avec une subvention, il y a des facteurs de production, des méthodes de production qui aujourd'hui ne fonctionnent pas. Et la France a fait beaucoup d'efforts et une économie très verte. Et aujourd'hui, on met en péril notre industrie en faisant croire que tout va bien et qu'il suffit d'appeler un investissement vert pour que ça fonctionne. Et ça ne fonctionne pas.

Et notamment dans la CDRG aujourd'hui, on n'est pas sûr que ça fonctionne. Dans la verrerie, on n'est pas sûr que ça fonctionne.

25:04
Présentateur

Vous avez entendu Jean-Philippe Tanguy deux fois faire la référence au général de Gaulle. Là, je demande-vous est-ce que vous pensez que Marine Le Pen, c'est l'héritière de Charles de Gaulle ?

25:10
Invité politique

Historiquement, il y a un problème. Il y a un gros problème quand même. Son père a combattu le général de Gaulle. Il a soutenu Tixier Vignancourt qui est un adversaire à l'extrême droite du général de Gaulle puisqu'il venait historiquement de Vichy et de l'OS. Ça, tout le monde le sait. Donc maintenant, il va falloir faire un grand, grand travail pour considérer que l'héritière de Gérald de Gaulle est là. En vérité, la question qui se pose, pour moi, comme citoyen redevenu citoyen comme tout le monde, ordinaire, si j'ose dire, et fier de l'être, c'est la question du courage.

C'est le courage d'affronter l'Union européenne, d'affronter les puissances économiques, d'affronter les corps de l'État qui, aujourd'hui, fabriquent, à jet continu, ce droit autonome, indépendamment du politique. Pour moi, un gouvernement inexpérimenté se jette dans les bras de la technocratie. C'est ce qui s'est passé avec Mitterrand à l'époque et c'était un grand espoir. Moi, j'étais un jeune militant socialiste, je collais les affiches dans mon canton de la Côte d'Or où j'habitais, je venais de passer le bac et nous avons vu arriver la puissance technocratique qui a pris le contrôle de l'État et des cerveaux. Donc, je pense que c'est ce qui va vous arriver.

Et vous allez voir, ce que vous m'avez dit là, dans un an, si vous êtes amené à exercer les responsabilités, notamment quand vous serez amené à supprimer l'ADEME, par exemple, comme vous venez de le dire, je pense que vous n'allez pas la supprimer.

26:41
Invité

Ce que vous dites est vraiment très important, M. Mondour. C'est vraiment la question centrale aujourd'hui de la reprise du contrôle du politique et donc de la démocratie. Est-ce que les gens votent pour une action politique qui est conforme à leur vote et donc des hommes politiques et des femmes qui assument leur pouvoir ou est-ce qu'effectivement ils se jettent dans les bras de la technocratie ? Aujourd'hui, c'est la technocratie qui gouverne avec M. Macron. Il faut dire les choses telles qu'elles sont. On l'a vu sur la climatisation où les propres ministres ont annoncé, par exemple, le fond vert et les ministres appliquant le fond vert ne savaient pas qu'il y avait la climatisation.

27:10
Invité politique

Je ne vais pas reprendre ça mais vous n'avez pas le personnel administratif de remplacement. Vous n'avez pas les remplaçants sur la touche. Mais aussi,

27:18
Présentateur

ils ont la bonne tête d'affiche Arnaud Monteveau parce qu'est-ce qu'on imagine le général de Gaulle ? Bien sûr, Jean-Pierre Tanguy, mais est-ce qu'on imagine le général de Gaulle ?

27:26
Invité politique

Il va falloir que vous fassiez des conseils des ministres avec la guillotine à la sortie du conseil des ministres. Vous allez être obligés parce que vous avez 500 directeurs d'administration centrale, vous avez 120 préfets. Mais je me souviens autant directeurs, vous avez les ambassadeurs,

27:43
Invité

vous allez les remplacer par qui ? Mais je pense qu'il y a un personnel politique patriote. Je pense que vous avez travaillé avec une partie de l'administration qui était patriote et que malheureusement vous n'avez pas été soutenu, M. Monteveau. Moi, j'étais attentif à l'expérience du ministère. Je ne dis pas ça pour vous flatter parce que ce n'est pas le genre de la maison. Et je me souviens quand vous étiez muni, vous parliez du spoil système et je pense que vous aviez raison. Donc vous êtes favorable au spoil système ? Moi, titre personnel, oui. Ça sera dans le programme ? C'est Marine Le Pen qui décidera si c'est dans le programme.

28:09
Invité politique

Alors on va se revoir, on va attendre le programme. On va attendre le programme. Sur le programme, pardon, Paul, sur le programme, j'ai le sujet des retraites. Excusez-moi, je suis un peu obsessionnel sur ce sujet. Alors en un mot,

28:21
Présentateur

parce que quand même on veut revenir avec Jean-Philippe Tanguy sur la condamnation. Oui, oui, oui, mais quand même les retraites,

28:27
Invité politique

c'est très important.

28:28
Présentateur

Allez-y alors.

28:28
Invité politique

Parce que Marine Le Pen a dit que c'est 60 ans pour... Donc on démarrait avant 20 ans. Exactement. Après 21 ans, c'est 62 ans. Donc oui. Il y a eu, excusez-moi, il y a eu des bagarres publiques entre Jordan Bardella qui voulait défendre une autre vision, qui a dit l'âge légal, c'est terminé, on réfléchit, on fait autre chose. Il l'a dit quand même dans la presse étrangère, Frankfurter Allgemeine. Et il y a eu des bagarres politiques comme on les a identifiées. Nous, observateurs, on a bien vu qu'il y avait eu des riposes, des réponses. Donc maintenant, quelle est la philosophie qui va prévaloir

29:07
Invité

sur ce sujet sensible ? Moi, je pense qu'on a fait un mauvais procès à Jordan Bardella, notamment cet article dans l'Allemagne qui était des propos un peu reconstitués. Et en fait, la philosophie de Marine Le Pen s'était déjà assez centrée sur la durée de cotisation parce que vous avez raison, il y a l'âge légal. Mais l'âge légal se déclenche selon une durée de cotisation. C'est pour ça que plus vous avez commencé à travailler tôt, plus vous partez tôt et plus vous avez commencé à travailler tard, plus vous partez tard. Pourquoi ? Parce qu'en fait, c'est ce qui nous a semblé le plus juste pour approcher de l'injustice, de la pénibilité.

C'est-à-dire que tous les critères de pénibilité techniques, technocratiques, bureaucratiques nous ont semblé trop lourds, inapplicables et donc finalement basque inapplicables, injustes, alors que la durée, l'âge d'entrée dans la vie professionnelle souvent est assez proche des conditions de travail et des conditions d'emploi et donc on nous a semblé que c'était un système pas parfait parce que nul système n'est parfait évidemment mais un système qui permet quand même de lutter contre l'injustice sociale.

Et donc plus on commence à travailler tôt, plus on peut partir tôt entre 60 et 62 ans mais si vous avez commencé à travailler à 25 ans par exemple, il faut cotiser 42 ans pour avoir une pension à taux plein donc vous partez à 67 ans par exemple.

30:16
Invité politique

À taux plein. Il faudra juste clarifier ce point-là mais la stratégie des finances publiques notamment de l'État repose essentiellement sur la stratégie de solution des retraites. Je rappelle que selon la Cour des comptes et le rapport de M. Jean-Pascal Beauffray vous devriez lire la moitié du déficit public non mais il faut lire beaucoup de rapports quand on veut prendre le gouvernement la moitié du déficit public

30:43
Invité

C'est pas très gentil de présumer que je l'ai pas lu

30:45
Invité politique

Non non je l'ai pas présumé Je l'ai constaté avec intérêt Donc la moitié du déficit public est absorbée par les retraites des fonctionnaires parce qu'il y a une subvention publique d'équilibre pour les retraités aujourd'hui anciennement la fonction publique Donc comment dans votre stratégie de finance publique de rétablissement des finances publiques parce que vous m'avez pas tout à fait répondu sur votre stratégie comment vous allez rétablir l'équilibre à travers les retraites ?

31:09
Invité

Il est évident qu'en plus de gérer de manière très ferme les dépenses publiques il faut absolument relancer la croissance de manière raisonnable au moins porter la croissance potentielle à autour de 2% car aucune réforme des retraites et c'est aussi ce que dit Beauvray en fait ne permet de solutionner enfin c'est la conclusion qu'il ne dit pas mais qui arrive naturellement ne permet aucune réforme paramétrique aujourd'hui sans relance de la croissance de la valeur ajoutée de la productivité ne permet de solutionner le déficit de la retraite par répartition vous pouvez faire travailler les gens jusqu'à 75 ans si vous ne relancez pas la productivité si les 6 millions de chômeurs ne trouvent pas un emploi si la part de l'industrie ne repasse pas au moins à 12 à 13% il n'y a aucune solution donc ça ne sert à rien de vouloir gérer la pénurie la pénurie par définition ne se gère pas il faut relancer la productivité et c'était quand même le sens c'est triste parce que un certain nombre de personnes avaient bien senti qu'il fallait relancer l'industrie il y a maintenant 15 ans et c'est dommage que ça n'a pas été fait par ceux qui prétendaient qui prétendaient avoir compris cela et même que certains de politiques ont été sabordées de grands programmes industriels ont été sabordés et c'est vrai qu'il y a beaucoup de travail et c'est un peu oui il faut être honnête il faut dire la vérité aux Français et j'espère que cette campagne se fera sur le fond et qu'on abordera enfin les vrais débats parce que ça fait trois campagnes présidentielles que le sujet était sur le faire barrage de la Rassemblement Nationale de Marine Le Pen j'ai fini faire barrage de la Rassemblement Nationale n'est pas un programme politique donc il faudrait que nos adversaires qui sont très intelligents arrêtent de faire campagne sur le fait de faire barrage de la Rassemblement Nationale mais face à un programme politique nous en tout cas on est prêts mais moi je prends toutes les critiques de manière constructive pour l'améliorer le programme parce que je ne pense pas on va revoir cette déclaration que vous avez faite cette semaine comme monsieur Macron

32:44
Présentateur

on va revoir cette déclaration cette semaine qui a fait beaucoup de bruit effectivement vous aviez affirmé que seule Marine Le Pen était la mieux placée pour savoir si elle était innocente Arnaud Montebourg est-ce que c'est bien sérieux pour un Marine Le Pen est la mieux placée pour savoir si elle est innocente ou coupable est-ce que vous pensez que c'est bien sérieux pour un parti qui se présente comme le parti de l'ordre effectivement d'avoir une candidate qui dit ça et c'est à peu près la défense de tous les prisonniers

33:10
Invité politique

c'est sa responsabilité de s'expliquer devant les Français des raisons de sa candidature et de ce qu'elle estime être justifiée dans cette candidature au regard un de ses déclarations passées deux son comportement constaté mais on parlait

33:25
Présentateur

du général de Gaulle justement est-ce que vous voyez le général de Gaulle arriver avec une condamnation ferme peut-être si jamais

33:31
Invité politique

ça va être difficile ça va être difficile de soutenir la comparaison

33:34
Présentateur

non mais bien sûr mais c'est effectivement tout ce que les accusés disent qui croire finalement est-ce que vous vous disiez tout à l'heure elle est présumée innocente et qu'est-ce que ça renvoie pour la politique française

33:44
Invité politique

il y a deux décisions ce sont des décisions qui concernent soyons honnêtes jusqu'au bout qui concernent son parti politique qui a concerné d'autres partis politiques il n'y a pas dit la cour d'enrichissement personnel donc elle pense être suffisamment forte pour pouvoir dire écoutez oui on a fait des erreurs mais il n'a pas péché donc elle a eu raison

34:05
Présentateur

de se présenter

34:06
Invité politique

je ne sais pas c'est sa responsabilité elle a décidé de le faire elle aurait pu ne pas le faire c'est sa décision finalement c'est ce qu'a dit monsieur Tanguy mais vous n'avez pas d'avis

34:16
Présentateur

vous n'avez pas d'avis Arnaud Montebourg vous ne dites pas effectivement moi je trouve qu'elle a été

34:20
Invité politique

je n'ai pas d'avis c'est une candidature déjà je ne sais même pas pour qui voter si vous me demandez qui doit se présenter alors ça va être compliqué quand même

34:27
Invité

Philippe Tanguy ce que j'ai voulu dire c'est que Marine Le Pen est s'estimant innocente sachant à titre personnel innocente va se battre pour son innocence c'est ça que j'ai voulu dire par cette phrase c'est qu'elle est bien placée pour savoir ou non c'est qu'elle doit accepter sa peine quand vous savez que vous êtes coupable vous pouvez avoir intérêt à accepter une peine et pas et comment dire et pas aller être plus réaliste que le roi ce que j'ai voulu dire Marine Le Pen s'estimant innocente se sachant innocente elle va se pourvoir en cassation pour prouver son innocence parce que moi ce qui m'a beaucoup choqué aussi c'est qu'on a l'impression venant notamment de monsieur Attal ou d'autres que c'est scandaleux de se battre pour son innocence qu'on estime qu'on est innocent mais je ne parle pas de vous madame je parle de nos adversaires politiques ça veut dire que la question ils ont employé le terme de guérilla c'est à dire que des gens qui soit disant sont très sérieux qui ont été à la tête de l'Etat disent qu'utiliser ses recours et l'Etat de droit c'est faire de la guérilla avec ses Trumpiens comparant le fait d'aller devant la cour de cassation avec le fait de prendre le capitole avec des manifestants qui ont tué des gens donc il y a un moment il faut arrêter de raconter n'importe quoi monsieur Attal était en panique parce qu'il n'avait pas prévu la candidature de Marine Le Pen monsieur Mélenchon est en panique parce qu'il n'avait pas prévu la candidature de Marine Le Pen pour une raison simple c'est que Marine Le Pen a explosé monsieur Mélenchon à toutes les élections depuis 2012 malgré sa misogynie épouvantable considérant que monsieur Mélenchon par nature était un meilleur candidat que madame Le Pen sur le point notamment que c'était madame et pas monsieur et bien monsieur Mélenchon va devoir accepter de perdre une nouvelle fois je le crains enfin je le crains je l'espère

35:49
Présentateur

donc vous avez une confiance totale en Marine Le Pen plus qu'en la justice

35:53
Invité

mais non mais c'est pas deux choses difficiles c'est pas deux choses difficiles vous pouvez vous estimer innocent c'est un peu la question quand même

35:58
Présentateur

si la justice dit elle est coupable vous considérez qu'elle est coupable

36:02
Invité

si la justice était infaillible madame il n'y aurait pas une première instance une voie d'appel et la cassation c'est tout c'est pas grave c'est pas remettre en cause la justice de considérer que ça existe je comprends je comprends votre question mais j'ai l'impression qu'en fait Marine Le Pen aurait dû accepter parce que c'est Marine Le Pen d'être condamnée mais ça veut dire que si jamais la justice la déclare finalement coupable vous allez dire la justice

36:26
Présentateur

comment ? si jamais la justice la déclare finalement coupable vous allez dire la justice s'est trompée ou vous allez

36:32
Invité

on prendra acte on prendra acte de la condamnation et comme le dit monsieur Montebourg avec ses mots il n'a pas défendu Marine Le Pen mais moi je vais le faire elle s'expliquera devant les français mais vous pouvez estimer qu'une décision de justice est injuste sans remettre en cause la justice c'est quand même pas la même chose il ne s'agit pas de critiquer les juges il ne s'agit pas d'appeler à je ne sais quelle vengeance ou je ne sais quoi on n'a eu aucun mot contre heureusement d'ailleurs contre la cour d'appel en fait j'ai l'impression un certain nombre de gens regrettent que le rassemblement national soit un parti républicain et ne soit pas comme d'autres partis dans le monde effectivement qui s'agitent qui crient beaucoup et qui remettent en cause des institutions en fait ça les dérange qu'on ne soit pas la caricature et qu'on ne soit pas leur ennemi rêvé on n'est pas leur adversaire rêvé on est un parti qui aspire à diriger la république et à être souverain

37:20
Présentateur

Jean-Philippe Tanguy puisque dans cette émission on parle de souveraineté et chaque vendredi on reçoit un génie du Made in France alors pour que ça soit concret je vous propose de regarder votre téléphone si vous ne regardez devant la télévision et vous allez voir vos applications vous allez peut-être voir Whatsapp vous allez voir Google vous allez voir Instagram et vous allez voir qu'à peu près la plupart de vos applications sont américaines 80% des dépenses du cloud vous savez c'est là où vous stockez vos photos vos vidéos et bien se profitent à des acteurs américains 70% des données françaises hébergées hors de l'Union Européenne on entend ce mot à la bouche de tous les politiques c'est le mot de souveraineté numérique écoutez

37:59
Invité

notre obsession sera de bâtir la souveraineté technologique et numérique de la France et des Français de l'Europe et des Européens encore temps de nous doter à 27 d'infrastructures souveraines et d'affirmer notre puissance nous voulons tous l'innovation nous voulons tous avoir des capacités de calcul des centres de données nous voulons tous développer les chances la productivité les transformations les améliorations en matière de santé de numérique que l'IA peut apporter nous répondons par la décolonisation numérique vis-à-vis des Etats-Unis d'Amérique la souveraineté du peuple de France sur le stockage des données sur les supercalculateurs les câbles et sur les systèmes d'intelligence artificielle

38:47
Présentateur

un mot la souveraineté du numérique bonsoir David Jays vous êtes inspecteur des finances et séistes vous avez cofondé l'indice de résilience numérique présenté à Bercy en janvier en gros c'est l'outil c'est un peu le Nutri-Score qui permet de mesurer la dépendance numérique des entreprises et vous êtes ce soir le génie du Man in France d'Arnaud Montebeau

39:05
Invité politique

bah oui parce que le mot de Mélenchon est excellent d'ailleurs je crois l'avoir employé il y a peu décolonisation numérique nous sommes colonisés il n'y a pas que le cloud mais c'est tous nos usages c'est toute la valeur prise sur les entreprises essentiellement toute l'activité économique part aux Etats-Unis 30% en gros c'est ce que raconte le rapport Draghi puisque finalement l'écart entre l'économie réelle américaine et l'économie réelle européenne est très faible ce qui fait la différence c'est le pompage par le monopole de la technologie numérique sur notre économie réelle européenne et qui part aux Etats-Unis nourrit la bulle de la tech qui elle-même vient racheter nos entreprises et nous vassaliser donc notre épargne finance notre colonisation donc là il va falloir réagir alors c'est très bien que tout le monde en parle enfin mais on parle de questions coloniales dans notre pays mais la vraie question coloniale c'est pas 60 ans avec la guerre d'Algérie heureusement c'est terminé la question c'est comment on se libère de ce monopole dont nous n'avons pas réussi à nous défaire parce que les dirigeants de l'Union Européenne ont laissé faire et je peux apporter des témoignages à ce sujet monsieur Jazz merci d'être là

40:24
Invité

l'avantage du petit extrait c'est qu'on voit que la question de la souveraineté numérique c'est probablement la question la plus consensuelle dans l'aspect politique français tout le monde dit qu'il faut faire de la souveraineté numérique le problème c'est que il y a loin des paroles aux actes tout le monde dit qu'il faut faire de la souveraineté numérique et en attendant notre dépendance s'accroît est-ce que vous savez monsieur Montebourg monsieur Tanguy combien d'euros sont sortis des poches des entreprises européennes en 2025 pour aller vers quelques acteurs technologiques extra-européens américains est-ce que vous le savez vous le connaissez ce chiffre très peu de gens le connaissent parce que c'est plus difficile à calculer les services numériques c'est des licences qu'on paye chaque année c'est pas comme les sacs de patates qui arrivent au port de Rotterdam c'est 265 milliards d'euros par an et ces 265 milliards d'euros par an c'est d'abord du cloud et du SaaS c'est-à-dire du logiciel qui passe par les services cloud c'est-à-dire que le grand tournant que personne n'a compris ça a été le move to cloud c'est-à-dire quand toutes les entreprises et les administrations ont mis leurs données sur des hébergements extérieurs qui sont à 80% contrôlés par trois entreprises Amazon, Google et Microsoft et à l'époque tout le monde s'en fichait personne ne réfléchissait sérieusement à ce sujet parce que un des gros problèmes qu'on a aussi c'est que pour les élites françaises politiques, administratives et même industrielles la technologie longtemps ça a été assimilé à de la plomberie les américains eux ne s'y sont pas trompés ils ont compris que la technologie c'était le cœur du contrat social et le cœur de la création de valeur c'est 265 milliards d'euros par an c'est plus que le déficit énergétique de l'Europe on dit tous les jours que l'Europe dépend des hydrocarbures américains ou du golf on ne parle jamais du déficit de solutions informatiques et là où c'est encore plus grave c'est que l'inflation sur les produits logiciels est-ce que vous savez de combien elle est ?

42:08
Invité politique

alors là je crois que Microsoft c'est plus 40% alors c'est plus 40% pour Microsoft c'est une entreprise à un logiciel et elle se voit augmenter 40% elle n'a pas de concurrent donc elle est comme ça j'ai pire que ça

42:18
Invité

VMware les systèmes de virtualisation les machines virtuelles plus 1000% dans certaines entreprises parce que VMware a été racheté par une boîte qui s'appelle Broadcom et qui a décidé de revoir complètement sa politique tarifaire pour le revendre à un autre fonds d'investissement nous sommes en train de devenir les otages de l'industrie financière américaine ces 265 milliards dont je vous parlais il y a quelques instants ça sera 500 milliards en 2030 juste par le jeu de l'inflation et si j'ajoute les tokens vous avez vu l'audition d'Arthur Mensch à l'Assemblée nationale peut-être que vous y étiez monsieur Tanguy il a dit on a des coûts de tokens aujourd'hui dans une société comme Mistral qui représente 10% de la masse salariale de Mistral alors vous allez me dire Mistral c'est une société d'IA donc c'est des coûts d'entraînement c'est pas comparable en fait ça sera le lot de toutes les sociétés françaises en 2030 10% de la masse salariale est-ce que vous avez envie que l'équivalent de 10% de la masse salariale privée française qui représente à peu près 750 milliards d'euros par an c'est-à-dire 75 milliards d'euros partent en coûts de tokens vers les Etats-Unis chaque année c'est-à-dire que ça serait plus que le budget d'éducation nationale plus que le budget de la défense plus que la charge de la dette moi je tire la sonnette d'alarme on est en train de faire des choses dont on ne se rend pas compte et avec l'IA la situation est beaucoup plus grave qu'avec le cloud ou le logiciel avant l'IA pourquoi ?

parce que l'IA c'est l'automatisation de tâches cognitives c'est des données extrêmement sensibles et extrêmement importantes dans nos entreprises donc c'est très bien de faire de la flûte sur le thème de la souveraineté numérique c'est mieux de construire concrètement ce que nous on appelle la résilience numérique c'est-à-dire la capacité pour les entreprises à identifier leur dépendance et à se dérisquer c'est-à-dire à se protéger contre ces hausses de tarifs contre ces prédations contre des lois extraterritoriales aussi vous connaissez le Cloud Act vous connaissez le règlement FISA qui permettent à des administrations étrangères d'accéder à vos données quand un industriel français

44:13
Présentateur

très concrètement si on passe la France aujourd'hui à l'échelle de votre indice de résilience numérique on a quel taux ? quelle note ?

44:21
Invité

entre 2 et 5% en fonction de la couche parce que vous savez le numérique c'est des couches donc il y a les infrastructures il y a le cloud il y a les plateformes de données

44:29
Présentateur

donc on est à 5% indépendants

44:31
Invité

à 5% dans le meilleur des cas à 2% sur certaines couches par exemple la couche des puces qui sont quand même le coeur du calcul c'est moins de 2% on est dépendant de Nvidia alors que font les pouvoirs publics ?

44:45
Invité politique

la commission européenne elle est passée où dans cette affaire ? c'est elle qui est responsable de la constitution de monopole oppresseur c'est ça la situation

44:52
Présentateur

et vous avez 10 secondes pour terminer

44:54
Invité

je pense que c'est les pouvoirs publics mais c'est aussi les entreprises c'est pour ça que nous on a créé cet indice de résilience numérique c'est pour permettre aux entreprises d'identifier où sont les plus grosses failles et de se dérisquer l'open source par exemple vous savez les chinois utilisent massivement l'open source c'est une solution sauf qu'en fait en Europe longtemps on a diabolisé l'open source alors que ça peut permettre de construire une troisième voie libre vous parliez de gaullisme tout à l'heure il est temps d'inventer une forme de gaullisme numérique il faut se libérer des lobbies d'un certain nombre d'influences américaines parce que tout ça a été payé le désarmement européen a été beaucoup financé par les américains il y a beaucoup de lobbies beaucoup de paradis merci les pouvoirs publics et les citoyens aussi merci Arnaud Mounaud et vive le maïs et vive le maïs

45:37
Locuteur

et vive le maïs