Mort du pape François : "Il était normal qu'il dénonce le trafic d'être humain"
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
[Musique] Bonjour Valérie Boyer. Bonjour. Le pape François est mort hier d'un AVC.
Il avait 88 ans. Si vous ne deviez retenir qu'une image, une formule de lui, ce serait laquelle ? Ben, je retiendrai sa bonomie, sa jovialité et les mots qu'il prononçait quand on allait le voir, c'est-à-dire prier pour moi.
Vous l'avez déjà rencontré vous ? Oui, je l'ai rencontré quelques semaines après son élection. euh avec une délégation de parlementaires, députés et sénateurs.
Euh donc, on ne le connaissait pas, c'était un événement extraordinaire puisque c'était un pape d'Amérique du Sud. Euh et effectivement, nous étions allés restés à un long moment euh avec lui. On avait été tous frappés par sa proximité, bah choses qui ont été développées et qui caractérisent sa personnalité.
Il avait quoi de spécial ce pape ? C'est sa volonté de réformer l'église, sa voix, sa foi vers le peuple, vers les plus pauvres comme une obsession. Bah, c'est l'obsession de l'Évangile de toute façon.
Et c'est vrai qu'il avait choisi le nom de de François qui est donc ce qu'il aimait, je pense c'était et ce qu'il apprenait hein, c'est en référence à François d'Assis. François d'Assise effectivement. Donc c'est l'humilité, euh la création, le euh la proximité effectivement avec tous ceux qui souffrent.
Et je pense que comme Jean-Paul II à la fin de sa vie, sa souffrance physique et le fait que toute vie mérite d'être vécue jusqu'au bout, c'est aussi un message qu'il a donné en allant jusqu'au bout de son de son pastoralisme, jusqu'au bout de lui-même et notamment dimanche en allant bénir les fidèles sur la place Saint-Pierre alors qu'il était extrêmement affaibli par ses semaines d'hospitalisation. Euh malgré l'invitation d'Emmanuel Macron, le pape François n'a pas voulu se rendre à la messe de réouverture Notre-Dame de Paris. Il a préféré célébrer une semaine plus tard une messe en plein air plus populaire à Ajaacio.
Euh Emmanuel Macron, on a éprouvé de l'incompréhension. Et vous ? Je ne sais pas quelles étaient euh les relations entre Emmanuel Macron et le pape François, mais c'est vrai qu'on a souvent dit que le pape François et l'Europe était quelque chose de particulier.
D'ailleurs, il s'était rendu à Strasbourg. pas la Oui, euh pas à la pas à la cathédrale de Strasbourg qui est pourtant une des plus belles du monde comme Notre Dame. Écoutez, je pense que le le la messe en Corse et tout ce qui s'est passé encore sur la piété populaire, ça aussi je crois que c'est une marque du pape François qui a voulu remettre cette proximité, ce côté charnel de l'église et qui a choisi la Corse pour cela avec Monseigneur Bustilo et tous les Corses. et il était très ému par cette rencontre et il disait "J'ai jamais vu autant de bébés euh parce que c'est vrai qu'il est comme Jean-Paul II euh il a il a connu, il a provoqué des grands rassemblements.
On dit même que le plus grand rassemblement du monde ça a été aux Philippines, une messe avec plusieurs millions de de personnes lorsqu'il s'y est rendu. Donc je pense que c'est quelqu'un qui aimait la proximité, la simplicité, l'humilité, son premier déplacement, mais qui a rien changé, je dirais, au dogme de de l'église puisque il est resté sur les fondamentaux. Son premier déplacement de de pape, c'est sur l'île de Lampéusa en Italie qu'il le fait.
Son combat c'était vraiment l'émigrant, lui prenait l'intégration. C'est moins votre ligne ? Pas du tout. parce je je pense que il faut pas, si je peux me permettre, caricaturer, il était normal qu'il dénonce le trafic d'être humain.
Euh et effectivement, comme le dit le cardinal Sarah, accueillir c'est bien mais il faut accueillir dans des conditions dignes. Or à un moment donné quand le nombre ne le permet plus, on ne peut plus accueillir dans des conditions dignes. Et ça, c'est un sujet, je pense, qui est majeur sur la dignité humaine qui a toujours été au centre de des de ce que prôent les catholiques et le français.
Il all plus loin que ça à Marseille en 2023, il critique vraiment la politique de fermeture des frontières. Il va jusqu'à même parler de naufrage de civilisation. Et si vous rappelez le moment, c'est au même moment il y a la loi immigration en France et Emmanuel Mocron le prend aussi pour lui-même.
Et la loi immigration, elle prenne quand même plus de fermeté. Bah la loi immigration, elle prend plus de fermeté parce que c'est vrai que dans l'immigration, il y a la souffrance des personnes qui quittent leur pays, mais il y a aussi la souffrance des personnes qui accueillent souvent contre leur volonté d'autres personnes et toutes les souffrances doivent être prises en compte et j'allais dire toutes les vies aussi parce que pour accueillir correctement, il faut pouvoir accueillir dignement. Or, nous sommes en France et en Europe, j'allais dire le seul continent d'ailleurs qui est ouvert.
Il n'y a personne, il n'y a aucun autre endroit au monde en dehors de l'Europe où on peut rentrer d'ailleurs et jamais en partir euh sans sans que les peuples soient consultés et sans non plus que euh les frontières soient respectées. Donc les frontières, c'est fait aussi pour protéger. Et puis il y a le message pastoral et puis il y a le message politique.
Euh nous, quel que soit d'ailleurs la foi qui nous habite, euh nous sommes là en tant qu'homme et femme politique pour pouvoir protéger nos concitoyens. Donc je pense que ces deux messages s'entendent parfois s'entrechoent mais que le pape François dénonce le trafic d'êtres humain, il était tout à fait dans son rôle. Et le pape ne comprenait pas non plus beaucoup notre laïcité à la française.
Il l'a critiqué à plusieurs reprises. Il l'a jugé trop rigide. Je pense que c'est un cadre qui est spécifiquement français effectivement que peu comprennent mais qui protège tout le monde et je crois en France qui fait consensus.
En tout cas, ça fait partie, j'allais dire des valeurs qui sont prenées par la Chineé de l'église. Si on reprend notre histoire, la laïcité, c'est le respect des religions. Mais personne ne peut nier que nous avons des racines chrétiennes.
D'ailleurs, preuve en est depuis le décès du pape et même, j'allais dire au moment des fêtes pascales puisque son décès intervient euh au lendemain du dimanche du pape, au lendemain où où la mort est morte par la résurrection de Jésus-Christ que célèbrent tous les chrétiens du monde. Et bien, je crois que toutes les télés, toutes les radios, tous les journaux se sont arrêtés pour parler de cette figure qui est probablement l'homme le plus connu du monde qui est celle du pape. Il voyait pas non plus d'un bon œil.
En tout cas, il ne comprenait pas le bien fondé de ce texte sur la fin de vie qui va arriver bientôt à l'Assemblée nationale. Pour lui, il le comparait un texte sur l'euthanasie. Oui, mais je le comprends et d'ailleurs, je veux dire une puisque c'est un texte d'abandon, ce n'est pas un texte de fraternité comme le dit Bruno Rotaillot et je pense qu'il a entièrement raison.
Je je crois et ça c'est pas une affaire de croyant ou de non croyant mais c'est une affaire de dignité humaine et de considération de l'autre. Moi je n'ai pas envie de vivre dans un pays où une personne âgée se demande quand elle rentre à l'hôpital ou quand elle arrive à la fin de sa vie si elle est utile ou ou inutile. Mais j'ai envie de l'accompagner et j'ai envie de faire en sorte que les soins palliatifs soient mis en œuvre.
C'est d'ailleurs la promesse que le parlement a fait au français et je pense que c'est vers ça qu'il faut aller. Et le fait qu'il y a deux textes maintenant qui est un texte sur les soins palliatif, un texte sur la fin de vie, vous trouvez que c'est plus judicieux. On n' pas le temps de de développer tout ça, mais je pense que la chose la plus judicieuse aurait été de de faire en sorte que la promesse faite aux Français des soins palliatifs soit appliqué et qu'on fasse le bilan de ce texte.
Aujourd'hui, je crois que le pape François comme Jean-Paul II d'ailleurs ont montré que toute vie mérite d'être vécue jusqu'au bout si c'est le choix de de la personne puisque vous avez vu qu'au-delà de la maladie et vous avez vu que même à la fin de sa vie, on a encore des choses à donner, on a encore une vie à vivre et on a encore un message à porter puisque c'est le dernier message que le pape apporté dimanche. Alors ce papou justement il a célébré la vie comme François d'ailleurs comme comme Saint-François d'Assise dans dans tous ses la vie avant tout. C'était un pape donc engagé cliant autoritaire réformateur.
Il a suscité des remous et des oppositions au sein des cardinaux. Ça dit quoi sur le prochain pape ? Est-ce que ce sera la continuité ou un virage conservateur ?
Est-ce que nous français, les cardinaux français notamment je pense l'archeville et puis celui d'Ajacio, on a nos chances ? Écoutez, je sais pas si c'est comme ça qu'il faut le dire. Vous savez que normalement c'est l'esprit saint qui procède à la à l'élection, à la désignation du pape.
Euh je pense qu'effectivement il est possible que ce soit un pape français. Ce serait un un grand bonheur et un grand honneur pour notre pays et je crois que chaque pape a sa personnalité. Vous le prendz c'est une ch l'archevêque de Marseille.
Je le connais. Oui. Et alors vous dites il a le charisme, il a l'autorité.
Alors alors clairement Monseigneur Aveline a quelqu'un qui a du charisme, de la sympathie, de la gentillesse, de beaucoup de bienveillance vis-à-vis des autres qui est un spécialiste du dialogue interreligieux. Mais je crois que tous les spécialistes le disent, j'en suis pas une hein, euh disent que euh c'est l'élection probablement euh la plus ouverte puisque sur les 138 cardinaux qui vont arriver du monde entier, la plupart ne se connaissent pas. Et effectivement euh on le pape François en a nommé euh on a créé plus de enfin à peu près 80 % dit-on.
Et on verra comment les choses se passent. Et je pense que la seule question qu'ils vont se poser, c'est euh quelle va être l'église de demain et quel message l'église va-t-elle apporter au monde aujourd'hui ? Merci beaucoup Valérie Boyer.
Bonne journée à vous. Yeah.
Valérie Boyer