Oudéa-Castéra : le réarmement bourgeois - DECRYPTAGE
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 80 %Défensif 10 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:15Amélie Oudéa-CastéraFait
« dans le 6e arrondissement là où j'habite les écoles publiques c'est de la merde »
- 0:30Amélie Oudéa-CastéraFait
« mon mari et moi on a choisi de mettre nos enfants dans l'école privée »
- 1:00Amélie Oudéa-CastéraFait
« nos trois petits bon quand même il né à 17 ans he pour Vincent nos trois petits »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
dans un article que tu as écrit pour Politi Amélie ouea ctera enfin une ministre au franc parler c'est le titre de l'article tu as expliqué ne pas avoir été blessée du tout tu t'es même réjoui des 10 propos est-ce que tu peux nous expliquer pourquoi oui parce que on a l'habitude d'avoir une vie politique qui est extrêmement poliissé par la com surtout lorsque le gouvernement s'exprime les fameux éléments de langage donc voilà ils sont toujours en train de dire que concernant l'école ils se battent corps et âmes pour l'école de la République que vraiment eux-mêmes sont le produit de la méritocratie que leur préoccupation première ce qui les empêche de dormir c'est les inégalités scolaire enfin on sent avec les vibrat dans la voix que voilà ils sont là et que vraiment c'est une mission divine et puis là tout à coup on en a une que personne connaît d'ailleurs hein mais qui maintenant tout le monde connaît ça c'est extraordinaire on en a une qui parle franc c'est-à-dire que ça sort du cœur enfin ça sort vraiment du cœur elle nous dit écoutez dans le 6e arrondissement là où j'habite les écoles publiques c'est de la merde et donc mon mari et moi on a choisi de mettre nos enfants dans l'école privée on y reviendra sûrement ultra Cato intégriste et cetera et et elle le dit en maman hein elle dit nos trois petits bon quand même il né à 17 ans he pour Vincent nos trois petits et cetera voilà et donc on a on a une voilà on a une espèce de séquence politique qui moi m'a totalement réjoui parce que je je le dis dans l'article c'est l'irruption sur la scène politique d'un étos bourgeois complètement assumé et tellement hors sol qu'elle le dit en étant persuadée de créer de la connivance et ça c'est vraiment génial c'està-dire que à ce point quand même de déconnexion c'est assez rare c'est qu'elle ait pas eu juste la présence d'esprit de se dire oh là je vais peut-être faire un peu attention à ce que je raconte voilà et donc moi je me suis pas du tout senti blessé je veux dire ces gens ne me blessent plus on est bien au-delà de ça enfin on est dans la colère on est vraiment plutôt dans dans dans une posture de résistance donc ces gens ne me blessent plus parce que ces gens ne me comment dire je n'attends aucune reconnaissance de leur part ça c'est important aussi CIT aussi un peu le le le sous-texte de ce texte euh de cette chronique et c'est aussi d'ailleurs ce que je j'aimerait voilà dire dire aux collègues c'est que il y a un moment où la reconnaissance il faut aller la chercher ailleurs pas chez eux parce que très clairement ces gens nous crachent à la figure là elle a fait juste un petit peu plus franchement que d'habitude mais en réalité la macronie fait ça depuis qu'elle est au pouvoir alors il y a des appels à la démission de la ministre qui AFF flu je vais citer un site de un sweet un tweet de Nicolas Framont sociologue et fondateur du génial magazine frustration que nous vous recommandons vivement la démission de la ministre de l'Éducation n'a aucun intérêt des robots bourgeois macronistes comme elle il y en a des centaines pour la remplacer est-ce que tu es d'accord oui pour moi alors moi je pense qu'il faut qu'elle démissionne parce que euh là c'est quand même plus possible surtout après les derniers événements et lapparution de de de l'article dans méia part qui nous qui nous donne à lire le rapport de l'Inspection générale sur Stanislas là le fait d'avoir une ministre de l'Éducation dite nationale qui est en réalité donc une ministre de l'école privée comme le disait Rodrigo arinas aux question au gouvernement tout à l'heure donc une ministre de l'école privée effectivement avec un niveau de déconnexion on a dit qui est absolument hors du commun qui met ses enfants dans un établissement sous contrat avec l'État lequel établissement transmet des valeurs homophobes euh sexiste enfin toute la panoplie là il y a un moment où effectivement je pense que cette dame devrait aller voir ailleurs si on y est voilà mais là où Nicolas Framont a raison c'est que celui ou celle qui va la remplacer appliquera exactement la même politique c'est ça règlera pas le problème ça la mettra en cohér avec elle-même c'est déjà pas mal hein mais en effet elle sera remplacée par quelqu'un qui qui qui qui véhiculera les mêmes les mêmes choses et dans l'article tu ajoutes mais ce n'est pas tellement de ce côté que notre regard doit se tourner c'est plutôt à l'égard du Grand pontif de l'Élysée de son épouse ancienne professeur dans le privé et de son bras armé Gabriel Atal que notre vigilance doit s'aiguiser et justement l'école pour ce second mandat de Macron est l'un des outils privilégiés du réarmement civique annoncé et tu as écrit dans politique l'heure est grave pourquoi oui parce que lorsque la ministre a été nommée il y a déjà eu une un premier élan qui a dit oh là là c'est pas possible éducation nationale est noyée dans le sport ministre des gios et cetera et donc tout à coup ça venait c'était le symptôme d'un désintérêt pour l'éducation nationale moi ce que je dis dans cet article c'est que c'est pas du tout ça c'est au contraire la manifestation de quelque chose que Macron annonce depuis le le début de son second mandat et encore plus depuis la rentrée la dernière rentrée c'est-à-dire que l'éducation nationale et je cite son domaine réservé et si c'est son domaine réservé en fait il a il s'en fout de qui il met à la tête de l'éducation nationale et si de si c'est un immense ministère ou pas parce que de toute façon on sait bien que c'est pas là que ça va se passer de ce point de vue-là Macron il est franc c'est son domaine réservé et alors son domaine réservé on sait ce qu'il y met dedans hein parce que il a en effet parlé plusieurs fois de réarmement civique il a parlé aussi de recivilisation un projet de recivilisation he donc on projet on parlait quand même du vocabulaire de l'extrême droite là on est quand même dans quelque chose d'extrêmement fort c'est un vocabulaire guerrier c'est un vocabulaire raciste he la recivilisation c'est un vocabulaire raciste donc c'est c'est là qu'il faut qu'on regarde en fait c'est là où les les décisions vont être prises qu'il faut qu'on regarde lorsque Gabriel Atal annonce soi-disant comme remède à PISA c'est-à-dire à une comment dire un rapport qui montre que le principal problème en France c'est la reproduction des inégalités scolaires mais d'un point de vue extrêmement encore plus grave que ce qu'on peut imaginer c'est-à-dire que elle fait aller les élèves très bons très loin et les élèves en difficulté notamment les plus défavorisé socialement elle n'arrivent pas à les faire décoller c'est un des pays qui est le plus inégalitaire de ce point de vue-là avec un gap entre les deux qui est énorme lui sa réponse à ça c'est quoi le SNU ouais l'uniforme le choc des savoirs une formule de com qui VE dire le redoublement les groupes de niveau c'est là que ça se passe c'est pas au ministère des Jeux Olympiques c'est là que ça se passe et ça ça va être il a pas capitulé en nomant cette ministre ça ça va être appliqué donc c'est pour ça que je dis l'heure est grave et que il faut absolument que on résiste désormais je vais faire un lien avec ce que disait William Martinet tout à l'heure le même jour de la sali honteuse de la ministre le même jour le 12 janvier une directrice d'école à Toulouse était convoqué parce que elle avait ouvert les portes de son école à des parents sans abri ça ça devrait faire la une des journaux justement parce qu'elle avait abrité les enfants deuxième lien avec la chronique de Bastien Pariso une des dégueulasseries aussi sur l'immigration issue de PISA qu'on a vu tourner dans ces news et cetera ce sont les enfants immigrés qui font baisser le niveau de l'école on en est là hein qui est une contevérité absolue parce que il a tout à fait raison en réalité c'est une question purement sociale pourquoi est-ce que le niveau baisse entre guillemets he si la formule veut dire quelque chose parce que ce sont les enfants des classes défavorisées qui n'arrivent pas à faire décoller c'est pas de leur faute c'est le système qui ne les fait pas décoller et et et toutes les études montrent que à niveau social équivalent les enfants d'immigrés réussissent mieux que les autres donc vous voyez le niveau de dégueulasserie où on où on est et donc les réformes éducatives elles se situent aussi dans ce contexte là c'est-à-dire un contexte d'indifférence complète à la question sociale en France qui atteint des niveaux qui sont mais vraiment mais infamants moi je vous avez dû voir l'image d'un d'un petit garçon ça a circulé là sur les réseaux sociaux aujourd'hui un petit garçon qui doit avoir 7 8 ans qui hurle dans la rue en disant j'ai froid horrible donc ce contexte d'indifférence complète à la question sociale au sort des enfants de racisme structurel et de projet de réarmement et de recivilisation on en est là quand même je veux dire l'affaire Stanislas par rapport à tout ça elle est anecdotique c'est ça que je dis dans cet article alors justement sur le site de la maison d'édition Agon il est écrit à propos de ton livre que je me permets de remontrer ici école publique et émancipation sociale jamais le démantelllement de l'école publique n'aurait été aussi brutal que sous le mandat présidentiel d'Emmanuel Macron de la maternelle à l'université ce sont les enfants des catégories populaires qui paient le prix fort en face la résistance est faible et la question posée est doit-on y voir la perte du sens de l'école publique justement quelle comment résister et de quelle force disposons-nous ça c'est vraiment un un c'est un vrai problème alors il y a deux il y a il y a il y a deux champs différents on va dire le premier c'est celui des enseignants euh on est euh matraqué on est fatigué il y a pas que nous hein tu parlais de l'hôpital tout à l'heure et moi bon mais on va parler des enseignants donc on est fatigué on est matraqué les enseignants sont pour une partie euh en tout cas euh à firme être dépolitisé c'est-à-dire aussi être un petit peu désillusionné par rapport aux capacités des politiques à les sortir de là une perte de sens du travail qui est énorme parce que il ressentent une forme de dépossession de leur travail plus le gouvernement est autoritaire plus le gouvernement dit voilà comment vous devez faire votre travail plus les enseignants sont dépossédés de leur expertise perte de sens aussi pour des questions matériel pas simplement des questions salariales je sais pas combien vous êtes dans votre classe en lycée tu es en quelle classe en terminale en oui enfin après nous pour le coup nous ce qu'on remarque dans les académies c'est queoui c'est des classes qui montent à 30 35 et même et même plus parfois il y a pas de demoupe voilà donc impossible d'enseigner enfin c'est toujours possible d'enseigner mais ce n'est pas possible d'enseigner sans perdre des élèves et les élèves qu'on perd sont les élèves qui sont les plus en difficulté et ça ça crée de la souffrance parce que quand on est enseignant c'est pas pour aider les élèves qui vont bien quand on est médecin on n'est pas en train d'espérer qu'il y ait pas de malade donc euh voilà on a des profs qui vont mal et on a des des des des profs qui ont du mal parfois à s'organiser collectivement on sent qu'il y a des salles des salles des salles des profs ou des salles de des maîtres comme on dit dans le premier degré où c'est un peu sclérosé où le représentant syndical est un petit peu marginalisé enfin tout ça c'est c'est une réalité où les gens qu'une envie c'est de rentrer chez eux et cetera c'est pas partout comme ça mais ça ça existe et donc évidemment nous on a un gros travail à faire qui est d'aller moi j'aime bien dire aller chercher le politique là où il est c'est-à-dire aller retisser du collectif retisser du collectif à partir notamment du travail du travail qu'on partage voilà de notre matière première de la façon dont on enseigne mais c'est un long travail mais en tout cas on fera rien sans le collectif parce que ce que permet le collectif c'est de pouvoir se reposer sur l'autre et ça quand on va mal ça va c'est extrêmement utile c'està-dire que bah oui un moment donné on craque et ben l'autre il va prendre le relais voilà et donc c'est un remède à la solitude et on peut rien faire y compris politiquement et notamment en matière de résistance parce que faut appeler un chat un chat je pense qu'il faut résister on peut rien faire si on n pas ce collectif ça c'est pour le le terrain des profs on va dire maintenant le terrain de la société en général oui je pense qu'il y a une perte de sens de l'école publique et que là on a un gros travail de bataille culturelle à faire et qui dépasse très largement la question des enseignants lorsque notre ministre fait appel à la connivance parentale elle a raison parce qu'en fait il y a beaucoup de parents qui pensent ça aussi et et même je vais aller plus loin dans notre famille politique il y a aussi des parents pour lesquels la question de l'école publique elle est plus centrale tout ça c'est des choses qu'il faut qu'on retravaille il faut qu'on explique que l'école publique c'est pas une école qui est faite simplement pour ses propres enfants c'est une école qui est faite pour le petit garçon dont on parlait tout à l'heure dans la rue qui dit j'ai froid il faut qu'on explique que la fierté de financer l'école publique c'est précisément parce qu'on finance une école pour les enfants qui ont le plus besoin d'école et ce ne sont pas forcément les nôtres et ça c'est une bataille culturelle qui est énorme à mener voilà et là je pense que en effet on n'y est pas on n est pas la gauche n'y est pas et là aussi faut le dire hein on n'a pas encore atteint une véritable pensée cortiquée politique de la gauche sur l'école il y a des fragments il y a des choses qui se disent qui font qui se font il y a des propositions qui sont très intéressante mais là il faut un discours commun offensif résistant et constructif sur l'école publque
Emmanuel Macron