Macron - Bolloré : vers une bataille culturelle ?
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
festival du livre au Grand Palais, qui s'est ouvert. Mais dans un climat de crise, dans l'une des plus grandes maisons d'édition en France, la maison Grasset. Cette crise qui secoue la maison d'édition et d'autres filiales remet en lumière l'étendue de l'empire de Vincent Bolloré.
On va se connecter tout de suite avec le salon du livre de Paris. On retrouve Christelle Méral. Christelle, merci d'être avec nous.
Alors, il y a la question de timing. À l'instant, nous étions avec le président de la République à l'Élysée. Ce matin, il était euh au salon du livre et il s'est exprimé sur cette crise qui secoue cette maison d'édition.
Qu'a-t-il dit, le ? Oui, tout à fait. Nous avons interrogé le chef de l'État sur ces 170 écrivains qui ont donc quitté euh Grasset pour dénoncer le départ forcé euh d'Olivier Nora, PDG de cette prestigieuse maison d'édition.
Alors, Emmanuel Macron, il n'a pas répondu directement à la polémique, mais il a défendu quelques grands principes. "La liberté éditoriale, c'est important", a-t-il déclaré. "Le pluralisme éditorial, c'est important." Je vous propose de l'écouter.
Je pense que les les le pluralisme éditorial est important. Et je pense que le les grandes maisons d'édition, on est avec monsieur Gallimard là. Grasset aussi est une très grande maison.
C'est euh c'est des maisons qui sont à respecter parce que c'est ce qu'on appelle un catalogue. Qu'est-ce que veut dire un ? C'est une histoire littéraire.
Et après, c'est la liberté de de de ses auteurs, en effet. Et ceci montre que en France, on reste attaché à tout ce qui fait notre force, d'ailleurs, la la liberté des auteurs, leur qualité, le le rôle de l'éditeur. Et l'éditeur, ce n'est pas simplement celui qui imprime des livres.
C'est, paraît-il, une industrie, comme disait Malraux, mais c'est beaucoup plus. Pensez pour tous ces auteurs et pour monsieur Nora. Emmanuel Macron qui rappelle donc quelques grands principes au moment où 170 écrivains mettent en cause Vincent Bolloré, le milliardaire conservateur qui contrôle le groupe d'édition.
Ils critiquent, je cite, une guerre idéologique qui vise à imposer l'autoritarisme partout dans la culture et les médias. La polémique a pris de l'ampleur hier, des responsables politiques, surtout de gauche, ont eux dénoncé des purges dans l'édition. Merci beaucoup Christelle Merault avec les images de Clément hospital en direct du Salon du Livre de Paris.
À mes côtés toujours avec Ariane de Féran, journaliste contributrice au service débats et idées du Monde, et Caroline Motte, notre éditorialiste politique France Info TV. Qu'est-ce que cette séquence que nous vivons aujourd'hui, à la fois avec cette crise chez Grasset, qui aurait pu rester une crise isolée, mais avec la réaction du chef de l'État en direct du Salon du Livre, qui s'exprime sur le ses mots, le pluralisme éditorial, il faut le respecter, c'est ce que dit le chef de l'État. On est dans un combat idéologique ?
Alors, on est dans un combat idéologique puisqu'on arrive peu à peu vers la présidentielle de 2027. Il faut savoir qu'Emmanuel Macron, il vient tous les ans au Festival du Livre, c'est il est pas venu parce qu'il y avait une polémique, il vient tous les ans et une réaction était attendue de sa part. C'est j'ai vous avez bien entendu le le le la fin du sonore, penser à à ces écrivains et à monsieur et soutien à monsieur Nora.
C'est pas rien de dire ça pour un président de la République, c'est pas rien du tout. rappeler Caroline qui est monsieur Nora pour les gens qui ne le connaissent monsieur Nora, le le PDG de Grasset qui a donc été limogé par Vincent Bolloré. On reviendra peut-être sur les raisons du du limogeage plus tard, mais euh Mais voilà, donc donc on voit un président qui qui s'implique quand même et qui apporte son soutien à tout le monde de l'édition qui aujourd'hui est totalement bouleversé par cette crise.
Ce qui s'est passé, c'est quand même c'est c'est pas rien du tout, 170 auteurs qui quittent la qui quittent la maison Grasset, euh c'est beaucoup et on voit que là, voilà, le chef de l'État a eu un mot. Alors, c'est un soutien en filigrane, il est pas en frontal face à Vincent Bolloré, il rentre pas dans ce jeu-là parce que il est président de la République, il garde son rôle, il reste dans son rôle, mais voilà, il rappelle des grands principes comme l'a dit Christelle Méral, donc le principe de la liberté des éditeurs, la liberté des auteurs et la la non prise de part à cette bataille idéologique, c'est c'est Ariane Ferrant sur cette bataille idéologique qui se joue en sous-marin même si le chef de l'État n'utilise pas ces mots. Vous l'avez dit très justement Caroline Motte, il soutient ouvertement le patron de Grasset qui a été limogé et les 170 auteurs qui ont décidé de quitter cette maison d'édition.
Oui, de manière latente parce que ce qui se joue là et je pense que tout le monde en a conscience, c'est une forme de guerre culturelle, c'est une étape de plus dans une forme de guerre culturelle et effectivement ce qui s'est passé ça n'est pas rien et c'est un peu le combat de David contre Goliath, c'est-à-dire que face finalement je dirais pas le mur de l'argent, mais en tout cas face à une puissance qui avec son argent mène un combat complètement de manière assumée réactionnaire, on a finalement des auteurs qui n'avaient pas beaucoup de possibilités et qui uniquement parce qu'ils ont fait bloc et bien finalement mettent un pavé dans la mare et font et font du bruit. Mais malgré tout, ça reste pour l'instant la plupart des des entreprises culturelles qui a mené Vincent Bolloré, elles se sont bien plutôt bien terminées pour lui. Quand on quand on pense à iTélé ou ça avait fait du bruit aussi pendant un mois, il y avait eu des grèves l'ancêtre de CNews l'ancêtre de CNews pendant un mois, il y avait eu des grèves, je crois que c'était en 2016 quand il a repris la main, un mois de grève, les 3/4 des journalistes qui s'en vont et cetera, quelques années plus tard finalement CNews se porte plutôt bien, on a finalement Bolloré qui a également mis la main sur Canal Plus, quelques années plus tard Canal Plus existe toujours et toujours premier financeur du cinéma français, il a mis la main sur le JDD en 2023, pour l'instant le JDD existe encore et cetera.
Donc finalement euh peut-être que la plupart des des auteurs partiront et qu'est-ce qui pourra se ? Soit il y aura un renouvellement avec un renouvellement des auteurs avec un changement de ligne éditoriale, soit même Grasset finira par plus ou moins disparaître, mais je pense qu'ils ils s'en fichent parce que ce qu'ils veut faire dans le fond c'est s'en prendre aux écrivains qui n'ont pas la même vision du monde que lui et qu'il juge par parisianiste et de tout ce qu'on veut dans une optique qui est aussi une optique à un an avant les présidentielles. Si on prend le schéma que nous sommes en train de vivre dans le sens inverse, lorsque le chef de l'État parle de pluralisme ici notamment éditorial, est-ce que Vincent Bolloré peut lui répondre "Ben voyez-moi en télé, en radio, en presse écrite, dans une maison d'édition, ça fait aussi partie du pluralisme, ce sont mes idées et je les mets sur la table." Est-ce que ça c'est une ?
Est-ce que c'est entendable ? Mais à partir du moment où il limoge quelqu'un qui n'a pas la même conception de qu'est-ce qu'on édite ou qu'est-ce qu'on édite pas, la la forme de pluralisme n'existe plus tellement, c'est-à-dire qu'on voit bien que Vincent Bolloré a mis à son service tout un empire médiatique pour mettre en place un projet politique. Donc voilà, ce qu'il faut ce qu'il faut peut-être rappeler aussi c'est les relations qui sont quand même assez tendues entre Vincent Bolloré et Emmanuel Macron.
Je sais pas si vous vous souvenez. parce que j'ai une question pour vous à ce sujet. Moi je me souviens en tout cas des municipales et notamment à Paris parce que ça a été l'une des révélations de confrères de Mediapart mais peut-être que que vous viendrez alimenter cette réflexion Caroline Motte.
Ce qui se passe, en tout cas ce que disent nos confrères de Mediapart pendant les municipales à Paris, c'est qu'Emmanuel Macron appelle Vincent Bolloré pour parler du cas Sarah Knafo. Sarah Knafo est l'une des candidates, elle fait vraisemblablement de l'ombre à Rachida Dati, candidate plutôt LR macroniste. Alors Emmanuel Macron passe un coup de fil à Vincent Bolloré et lui demande de convaincre Sarah Knafo pour se retirer de la course aux municipales.
Alors moi je n'ai pas de d'informations précises sur ça, j'ai lu évidemment tous ces articles qui qui racontent ce ce récit. Il me semble que l'Élysée avait démenti toute intervention. n'est pas revenu sur sur les révélations qu'ils ont faites. derrière, on ne sait pas.
Moi j'ai aussi peut-être des informations sur est-ce que ça serait pas Nicolas Sarkozy qui tirerait les ficelles aussi. Voilà, il y a beaucoup de de de de récit médiatique qui se sont fait. assis, Emmanuel Boisvert Emmanuel Grégoire s'était pris une volée de Boisvert quand il avait expliqué il avait relayé ce qu'il avait dit Emmanuel Macron lui avait répondu directement pour contester.
Moi je voulais juste revenir je sais pas si vous vous souvenez en fin d'année 2025, il y a eu des des des tensions visibles entre Emmanuel Macron et et Vincent Bolloré au moment où il y a eu cette espèce de de certification d'un label pour les médias pour les pour la fiabilité des informations. En fait, le milliardaire, il a eu des attaques assez claires sur Emmanuel Macron et il s'est euh il a été accusé en fait de de vouloir museler la presse, c'est-à-dire est-ce que Emmanuel Macron pourrait décerner des ? Il n'a jamais été question de ça, il a été question depuis 2018 de mettre en place des labels techniques qui ne seraient absolument pas décernés par l'État mais euh Vincent Bolloré et et et son empire s'était engouffré dans cette brèche en disant "Ça y est, Emmanuel Macron veut un ministère de la vérité, on ne peut plus rien dire, où est le ?" Il s'était vraiment engouffré dans cette brèche sur la liberté d'expression.
Et donc il y avait eu quand même tout un débat qui était visible et dans la presse et sur les réseaux sociaux. Et et on voit que à mesure en fait que les élections présidentielles enfin que l'élection présidentielle va arriver en 2027, voilà, là aujourd'hui il faut savoir que les relations entre l'Élysée et euh Vincent Bolloré sont au point mort. C'était pas le cas il y a quelques mois, il y a quelques années.
Donc on voit quand même qu'il y a une tension et donc il y a en effet les les bases d'une bataille idéologique qui se mettent en place aujourd'hui. Est-ce que ce que vous nous dites à demi-mots Caroline Motte, c'est que la présidentielle se joue aussi ? Bien évidemment.
Elle se joue médiatiquement mais elle se joue aussi tout à fait du côté des patrons que ce soit Bernard Arnault, on a vu la une de de Paris Match. Avec le rapprochement avec le Rassemblement National. Exactement.
Donc les voilà déjeuners avec le le Medef Bardella va au Medef lundi, Marine Le Pen a dîné avec des patrons dont Bernard Arnault la semaine dernière. Donc c'est vrai que tout ça concorde à évidemment les les patrons décident, c'est c'est aussi le nerf de la guerre et que voteront les patrons, c'est toute la question aujourd'hui. Rien de faire.
Oui ben alors c'est juste pour rebondir sur ce que vous disiez sur les patrons. Alors c'est vrai que Patrick Martin à la tête du Medef a a réagi cette semaine en expliquant que non, il ne faisait pas tout pour que le Rassemblement National arrive au pouvoir mais qu'il parlait au Rassemblement National comme il parlait à l'ensemble des des interlocuteurs politiques. Mais en même temps ces dernières semaines et même cette semaine la la la prise de parole n'est pas très très claire au sens où dans cette même dans cette même prise de parole il explique que en gros la plupart des patrons détestent la France Insoumise.
Enfin on sent que tous les partis ne sont pas traités sur un pied de d'égalité et que malgré tout le Rassemblement National se normalise en partie. Mais il y a un élément important aussi à prendre en compte, c'est que si c'est bien Jordan Bardella qui se présente et non pas Marine Le Pen, on est sur une ligne beaucoup plus libérale, on est sur une ligne qui allait beaucoup plus flirter déjeuner et cetera avec le patronat et c'est lui qui incarnerait potentiellement la candidature du Rassemblement National à la présidentielle. Donc pas du tout la ligne de Marine Le Pen beaucoup plus sur la France des oubliés sociale et cetera.
Et ça c'est aussi un élément important à prendre en compte. Clairement de ligne. Est-ce que vous êtes surprise de ce qui se passe aujourd'hui ?
Est-ce que ça n'était pas ? Vous n'êtes pas très ? Moi je suis pas surprise.
La question c'est est-ce que les patrons sont convaincus et ça j'en suis pas certaine. C'est pas ce que disent en tout cas tous les patrons. Voilà.
Rien de faire non. Non effectivement c'est pas il y a en tout cas il y a une grosse ambiguïté et de toute évidence ils ne font pas campagne pour Jordan Bardella. En revanche il y a des contacts plus importants qui ont lieu aujourd'hui avec le le milieu du patronat.
Une affaire à suivre donc. Merci mesdames de m'avoir accompagné sur cette sur cette question de cette crise autour de Grasset et des déclarations aujourd'hui en direct du Salon du Livre du président de la République. On continue justement de parler littérature.
Vous venez de nous rejoindre Marianne Théolier, on est ravi que vous soyez à nos côtés. C'est notre rendez-vous du vendredi l'actu sur les réseaux. Vous présentez d'ailleurs c'est quoi ?
Sur les réseaux, on réalise des vidéos tous les jours et on est présent sur toutes les plateformes. Bon, les ados lisent de moins en moins, euh, plus de lecture, non, plus d'écrans, oui. Ça, en fait, le le constat euh qu'on en fait.
Euh, justement, Emmanuel Macron est est venu avec quelques idées pour euh pour nos ados. Il a fait des annonces hier euh à la Cité internationale de la langue française à Villers-Cotterêts, c'est dans le département de l'Aisne, au nord de Paris. Il a rencontré des élèves, il a parlé lecture avec eux et ça a donné une séquence assez drôle que vous avez peut-être euh aperçu hier quand une élève lui demande s'il lit en en français ou en anglais.
Je les lis plus en français. Je suis capable de les lire en anglais euh [rires] [rires] Ouais, il s'est il s'est fait chambrer, hein, le président de la République. Oui, hier, clairement.
Il était bon esprit, oui. Euh, mais c'est pour la bonne cause qu'il se fait euh chambrer parce qu'Emmanuel Macron veut promouvoir la lecture, la lecture plutôt que les écrans. Il a même annoncé deux mesures.
La première, il veut mettre en place un jour par mois sans connexion, l'occasion, dit-il, de faire du théâtre, de dessiner, de lire, de faire des ateliers à plusieurs, en groupe. Euh, c'est le ministre de l'Éducation nationale qui a fait le service après-vente hier après-midi. Edouard Geffray a précisé que ce serait mis en place à la rentrée de septembre.
D'ici là, il va organiser des consultations pour savoir si ça se fait au collège, au lycée ou les deux. Bon, concrètement, ça devrait pas changer grand-chose parce que le portable au collège, déjà, il est interdit. Ça pourra se faire, ça pourrait se faire au lycée à la rentrée prochaine.
Donc, ce jour sans connexion, il va ressembler Il devrait ressembler à un rendez-vous euh commun pour semer des petites graines et avoir des répercussions dans l'univers familial. Voilà ce que dit le ministre. Et puis, deuxième annonce d'Emmanuel Macron, il veut intégrer toutes les semaines de la lecture à voix haute en classe une demi-heure une heure propose-t-il car ça aide selon lui à mieux comprendre un texte à prendre confiance en soi également.
Marianne, les annonces d'Emmanuel Macron que vous venez d'évoquer, elles ne viennent pas de nulle part parce que le chef de l'État, il a toujours en tête d'interdire les réseaux sociaux notamment. Aux moins de 15 ans. Tout à fait, il a d'ailleurs mené une visioconférence hier depuis l'Élysée sur le sujet de la majorité numérique.
Étaient présents Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne et aussi les dirigeants de 12 pays européens tous prêts à des restrictions dans leur pays. La France attend d'ailleurs l'avis de la Commission européenne sur le texte qui interdit les réseaux aux moins de 15 ans qui a été voté par les députés, remanié par les sénateurs. Réponse d'ici 3 mois.
Et pour aller justement Marianne parce que vous restez à mes côtés plus loin sur la bataille du président, plus de lecture, moins d'écrans, vous l'aurez bien compris. On reçoit un prof de littérature, écrivain également. Bonjour Boris Man, soyez le bienvenu.
Bonjour. Écrivain, professeur de lettres au lycée Jean Monnet à Franconville Franconville auteur de L'Oublié. C'est le livre que vous avez écrit monsieur sur ces annonces du du chef de l'État.
Bon, on imagine que cette bataille c'est aussi votre quotidien. Exactement. Oui, sur la lecture et puis la déconnexion.
Comment vous vous vous percevez ces ? Vous les vous les ? Vous pensez qu'on est sur une une bonne voie le le tout ? bonnes annonces mais après ce qui est compliqué, c'est la mise en application.
Euh par exemple le téléphone qui est interdit au collège, je pense que mes collègues de collège luttent encore et nous au lycée, on est vraiment envahi aussi par ces ces téléphones portables. Donc c'est vraiment comment on met en place des des mesures pour vraiment déconnecter. Alors une journée euh par mois, pourquoi pas mais il faudrait que toute la société en fait s'y mette.
Voilà, il faut que ça soit un projet de société et après voilà, à voir comment mais ce qui serait bien, c'est surtout que l'école puisse être vraiment un endroit où on déconnecte véritablement et c'est vrai que les les élèves ont tout le temps tout le temps tout le temps leur téléphone. Alors nous en en classe, on lutte beaucoup pour essayer justement de de les déconnecter. prennent leur téléphone, ils vous Ils pas, ils envoient des textos.
Alors, ça oui. Donc voilà, non, c'est interdit en classe, mais c'est c'est vrai qu'il y a de plus en plus de de liberté ou alors ils font deux choses en même temps, ils écoutent le cours et puis ils vont regarder un un message. Donc voilà, donc on y travaille beaucoup, mais c'est vrai qu'on manque un peu de moyens pour pour lutter contre ça, contre pour cette déconnexion.
Donc un jour sans un jour sans connexion, pourquoi ? C'est peut-être pas suffisant, si je comprends bien ce que vous nous dites. Et la lecture à voix haute, alors est-ce que ça c'est une bonne idée pour leur donner ?
Oui. Oui oui, c'est une bonne idée. Après on on pratique déjà dans dans notre métier cette cette lecture à voix haute, à voix basse, ce qui est ce qui est vraiment important.
Alors moi dans dans mon expérience, c'est de je je me bats beaucoup pour la lecture en classe parce que c'est vrai que si on laisse les élèves lire à la maison, il y en a quelques-uns qui vont vraiment le le faire. Alors certains aiment beaucoup lire, d'autres vont obéir en effet à la consigne, mais beaucoup beaucoup ne lisent pas. Donc j'essaie de privilégier un temps en classe. de faire un résumé.
Aussi, voilà. Et donc dans ce cas, important, c'est de prendre ce temps en classe. Donc parfois moi j'y consacre une heure entière, donc de lecture silencieuse ou alors on lit les les textes ensemble, parce que c'est je pense que c'est important que la lecture soit incarnée.
Oui, pardon. Vous avez parlé d'incarnation et c'est fondamental. Je me permets de de de rebondir là-dessus.
Est-ce que vous avez l'impression aujourd'hui que les que les cerveaux de nos ados, mais aussi les nôtres, on doit prendre aussi une toute part de responsabilité, est un peu modifié de par l'utilisation de ces réseaux qui vont très vite. ChatGPT, comme l'a dit Marlène à l'instant, ces intelligences artificielles Marlène, il faut qu'on soit à chaque fois dans dans l'instantané, il faut qu'on ait une réponse très rapide. Donc on a presque plus le temps de s'écouter, de débattre.
Et c'est vrai que la lecture, on a l'impression qu'on la met de côté. La lecture, c'est une bonne solution. Bon, on est tous un peu pareils aussi, on on est pris par nos téléphones, nos écrans et les réseaux sociaux et autres.
Après on lit beaucoup aussi sur le sur le téléphone. Euh par exemple, on s'informe sur le sur le téléphone, mais c'est vrai que la lecture de de livres, la lecture posée, que ce soit qu'elle soit silencieuse ou à voix haute, en groupe, ça permet de revenir à un temps plus lent. C'est vraiment important et je pense que pour les cerveaux des des des des jeunes d'aujourd'hui, c'est c'est bien Exactement et puis d'apprendre le enfin le temps de de se poser, de ne pas zapper en en permanence.
C'est vrai qu'ils ont eu un niveau de concentration aujourd'hui qui est qui est bien plus limité même s'ils sont capables de concentration hein mais c'est c'est vrai que la lecture leur apprend aussi de nouveau à se poser davantage, voilà. Oui mais sauf qu'ils le font pas vraiment. D'ailleurs, on va regarder ce ce sondage Ipsos qui est sorti demandé par le Centre national du livre à l'occasion du festival du livre qui a lieu ce weekend à Paris.
Les ados passent en moyenne 3h et 1 minute chaque jour sur les écrans, 10 fois plus qu'à lire 18 minutes par jour et 1/3 des 16-19 ans ne lisent plus du tout. Aïe aïe aïe, c'est énorme. Donc ?
Comment on explique ? Ils ont la flemme, ils ont pas le cerveau, ils ont pas envie de se ? sondage est à l'image de toute la société parce que quand vous posez la question aux adultes aussi, ils vous disent "Moi, j'ai le temps de lire un peu en vacances mais sinon c'est beaucoup d'écrans." Alors certains lisent sur leurs sur leurs écrans mais donc je pense que c'est c'est plus un projet global de de de société, à revoir. de voir Marianne, vous vous me dites ou pas si si dans ce sondage est comptabilisé le temps de lecture sur les écrans.
Ouais, ça je ne le sais pas. Je ne sais pas. Parce que c'est c'est une question qu'on peut légitimement se poser, vous avez raison.
Si les usages se se transforment, il y a peut-être ce temps de lecture. Aujourd'hui, on peut télécharger un livre, vous savez sur l'application du téléphone, sur la tablette. Bon, on lit, c'est différent.
Oui. Non non et après je à l'école, c'est vrai qu'on continue nous à à travailler justement à cette lecture. Alors avec des textes à la fois classiques et puis on essaie aussi de privilégier la littérature contemporaine et je pense que les l'alliance des deux est vraiment importante.
Après le le le gros problème, c'est que si on ne fait rien pour encourager la lecture, c'est-à-dire mettre en place des dispositifs pour accompagner la lecture, l'adapter aussi aux élèves, c'est-à-dire moi je donne des œuvres de niveau différent en fonction de du profil des lecteurs, j'essaie de varier. Parce que sinon on se retrouve dans la situation où les élèves vont acheter le livre. Ils vont du coup payer un certain prix, ils vont le parents et ils ne le lisent pas, ils ne l'ouvrent pas.
Et donc c'est en Vous faites en fonction, vous leur proposez, alors j'imagine qu'il y a des livres imposés, mais sinon vous leur proposez une liste de livres. parce qu'on a un programme en effet où on a des des des œuvres imposées, mais on a aussi bien sûr une possibilité de proposer d'autres œuvres, ce qu'on appelle en en lecture cursive. Et là, on essaie de d'ouvrir sur d'autres champs, de varier et d'investir sur la littérature contemporaine, parce que c'est très très important.
On les accompagne beaucoup dans la dans la l'approche des textes traditionnels. Et par contre, dans la littérature contemporaine, ça leur permet justement de Et c'est ce que disait la la la présidente du Centre national du livre qui disait que les ados aujourd'hui ne savaient pas que la plupart des auteurs en fait étaient vivants. Oui.
Non, mais c'est quand même assez inquiétant. Ils pensent que la littérature, c'est un truc de d'écrivain mort. [rires] Exactement, oui.
Non, on en rit, mais effectivement, ça n'est pas si drôle que cela. Mais mais tout à l'heure, vous vous évoquiez le le manque de moyens. Est-ce que ça fait partie des moyens dont vous avez ?
Oui. Jusqu'où pourrait aller le ? Qu'est-ce qu'est-ce qu'on pourrait mettre en place qui Je pense que dans ces cas-là, il faut faut mettre en place des heures de de lecture.
Euh ça ça nécessite peut-être une ou deux heures par semaine où il y a vraiment un temps de de lecture. vous qui pouvez pouvez le faire ça déjà. Alors, on peut le faire.
Alors, nous, on met déjà en place, j'ai beaucoup de collègues aussi qui font les 5 minutes de lecture en entrant en classe. Donc ça, ça marche très très bien aussi. J'ai une collègue de philo qui qui qui fait ça, 5 minutes à chaque début de cours.
Donc ils peuvent lire du conte comme ils peuvent lire un chapitre de roman et ensuite le cours commence à tendance à les appeler Donc ça, ce sont des bonnes mesures. 5 minutes. 5 minutes, mais il y a chaque cours, donc c'est du coup, ça permet de faire une transition avec l'extérieur.
Sinon, oui, avoir des heures de de de lecture, je pense que c'est c'est c'est important et puis je pense que dès les plus jeunes classes, il faut les accompagner euh en leur lisant des histoires. Après, je pense aussi qu'il faut encourager à les parents à lire des histoires, parce que je je sais moi parmi mes élèves, certains n'ont jamais eu forcément de d'histoires lues euh étant enfants et donc parfois, voilà, les contes de fées ou autres histoires ne les connaissent pas forcément non plus. Alors, il faut lire à nouveau les contes de fées, même si bon on croit ou pas au prince charmant, c'est pas grave. je pense ça.
Alors, après, [rires] on peut déconstruire, en effet, au lycée, mais c'est important que à tout âge, on puisse justement avoir des personnes qui lisent et je pense aussi que c'est important qu'on leur lise aussi des histoires, parce que quand on lit mieux, parce que ils ne sont pas forcément de bons lecteurs pour eux-mêmes et moi-même, j'adore les quand tu as un comédien va lire un grand texte, je il le lira beaucoup mieux que moi et je pense de faire travailler notre imaginaire. C'est cette partie du cerveau qu'on a besoin de stimuler.
Emmanuel Macron