Michèle Rivasi
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:29OuverteRéponse directe
Vous boycottez et vous qualifiez cette conférence environnementale de supercherie. Pour quelles raisons ?
- 2:25RelanceRéponse partielle
La loi de transition énergétique, donc, qui décide d'ici 2025 de faire passer la part du nucléaire de 75 à 50%. Vous attendez pour ça des chiffres précis à partir d'aujourd'hui sur des fermetures de centrales ?
- 3:28OuverteRéponse directe
EDF qui reporte à l'automne sa décision de poursuivre ou pas le projet d'Inkley Point en Grande-Bretagne. Quelle est votre position à ce sujet ?
- 4:27OuverteRéponse directe
La polémique sur le projet aéroport Notre-Dame-des-Landes, Ségolène Royal a finalement retenu que le projet initial a été surdimensionné. Ça ne vous rassure pas un peu sur la finalité de ce projet ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:41Invité politiqueFait
« C'est la quatrième conférence environnementale, moi j'y suis allée aux trois premières. En fait, on nous fait des annonces, c'est toujours des déclarations, mais il n'y a pas d'action. »
- 0:57Invité politiqueFait
« Il devait y avoir une loi de programmation pluriannuelle sur l'énergie. Elle n'est toujours pas publiée. »
- 1:05Invité politiqueFait
« Il y avait une annonce de fermeture de Fessenheim. Il n'y a toujours aucune fermeture. »
- 1:19Invité politiqueChiffre
« On nous avait dit, et notamment la Cour des comptes avait dit, bon, d'ici 2025, si on veut réduire de 75 à 50% la part du nucléaire dans la fabrication de l'électricité, il faut fermer entre 18 et 24 réacteurs. »
- 1:51Invité politiqueChiffre
« Sur les pesticides, on nous avait dit, il faut réduire de 50%. C'était le grenelle de l'environnement, d'ici 2018, la part des pesticides. »
- 1:59Invité politiqueFait
« On a même augmenté notre consommation. »
- 3:36Invité politiqueFait
« Et en plus, à mon avis, ça va complètement mettre en faillite EDF. »
- 3:46Invité politiqueChiffre
« Il dépasse complètement les coûts, quand même, c'est passé de 3 milliards à 10 milliards. »
- 4:12Invité politiqueChiffre
« Suite à Fukushima, il y a des nouveaux standards. Ça va coûter de 50 milliards à 100 milliards d'euros. »
Temps de parole
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Votre invité ce matin, Éric Delvaux, c'est l'eurodéputé écologiste Michel Rivasi. Oui, à l'occasion de la quatrième conférence environnementale aujourd'hui et demain, ça va s'ouvrir aujourd'hui à l'Elysée, dernier grand rendez-vous écologique de la mandature Hollande. Les écologistes estiment que le gouvernement n'a pas fait assez pour l'environnement et vous avez même décidé, vous, de boycotter ce rendez-vous. Bonjour Michel Rivasi. Bonjour. Vous boycottez et vous qualifiez cette conférence environnementale de supercherie. Pour quelles raisons ?
Parce que, sous couvert de s'intéresser à l'écologie, en fait, on nous amuse. C'est la quatrième conférence environnementale, moi j'y suis allée aux trois premières. En fait, on nous fait des annonces, c'est toujours des déclarations, mais il n'y a pas d'action. Je vais vous prendre quelques exemples. Vous savez que moi, je suis très sensible à la problématique du nucléaire. Justement, vous parliez de Tchernobyl, quand j'avais créé la CRIRAD par rapport au mensonge d'État à l'époque, et en France, rappelez-vous, ce nuage qui a été bloqué aux frontières. Eh bien là, il devait y avoir une loi de programmation pluriannuelle sur l'énergie. Elle n'est toujours pas publiée.
Il y avait une annonce de fermeture de Fessenheim. Il n'y a toujours aucune fermeture. On nous avait dit, et notamment la Cour des comptes avait dit, bon, d'ici 2025, si on veut réduire de 75 à 50% la part du nucléaire dans la fabrication de l'électricité, il faut fermer entre 18 et 24 réacteurs. On n'en a même pas fermé un. Cette loi sur la transition énergétique, c'était la rénovation de l'habitat, c'était, voyez, l'efficacité énergétique, pour, justement, à ce qu'il y ait des emplois. Moi, je ne vois toujours pas une vraie volonté politique sur la santé. Quand même, c'est capital, la santé.
Vous savez que moi, je oeuvre beaucoup sur le plan européen, sur les lobbies pharmaceutiques, le prix des médicaments qu'on n'arrive même plus à payer. Et il fallait une action très dure vis-à-vis des laboratoires pharmaceutiques. Et on avait les moyens, c'était la licence obligatoire. Sur les pesticides, on nous avait dit, il faut réduire de 50%. C'était le grenelle de l'environnement, d'ici 2018, la part des pesticides. On a même augmenté notre consommation. Il y a plein de gens qui sont malades à proximité des vignes, parce qu'on arrose, si vous voulez, les pesticides.
Et en plus, on a même un ministre qui demande aux députés de ne pas voter l'interdiction du pesticide et des néonicotinoïdes. Donc, quelle confiance, moi, je ne peux pas accorder ? Il faut des actes, j'en ai marre du blabla, j'en ai marre de ces déclarations.
Vous venez de faire une longue liste de griefs, on va essayer de les reprendre un peu, si ce n'est un parrain, en tout cas les principaux. La loi de transition énergétique, donc, qui décide d'ici 2025 de faire passer la part du nucléaire de 75 à 50%. Vous attendez pour ça des chiffres précis à partir d'aujourd'hui sur des fermetures de centrales ? Vous attendez quoi de cette réelle, même si vous n'y participez pas ?
Moi, j'attendais à ce qu'on dise, bon, l'énergie nucléaire, il faut la réduire, on va fermer un certain nombre de réacteurs. Lesquels ? Regardez en ce moment...
Fessenheim, par exemple. Ça va fermer, la France et l'Allemagne réfléchissent à reconvertir le site, c'est que ça avance un peu.
Mais parce que les Allemands poussent, les Allemands ont peur, leur population a peur. On a eu l'accident de Tchernobyl, Fukushima, et qu'est-ce qu'on nous dit ? On fera même un décret différé, parce qu'on attend l'ouverture de Flamanville pour fermer Fessenheim. Mais de qui se moque-t-on ? Moi, j'aurais aimé qui est Fessenheim, qui est Le Buget, qui est Tricastin, vous voyez, c'est quand même des vieux réacteurs, et en plus, les cuves ont des fissures. Donc, moi, je n'ai pas envie d'attendre un prochain accident nucléaire.
Et en parallèle, EDF qui reporte à l'automne sa décision de poursuivre ou pas le projet d'Inkley Point en Grande-Bretagne. Quelle est votre position à ce sujet ?
Moi, je pense qu'avec, justement, les associations anglaises, nous, on est contre de faire ces deux réacteurs. Et en plus, à mon avis, ça va complètement mettre en faillite EDF. Vous avez vu le réacteur EPR en Finlande, celui qui est en France à Flamanville. Il dépasse complètement les coûts, quand même, c'est passé de 3 milliards à 10 milliards. On devait l'ouvrir il y a quelques années, c'est toujours pas ouvert. Et après, on va demander à EDF de financer deux réacteurs au-delà de 15 milliards d'euros. Moi, je trouve que c'est complètement aberrant et qu'il faudrait mieux dire, bon, on va arrêter des réacteurs, on ne va pas réinvestir.
Parce qu'il faut réinvestir dans les nouveaux réacteurs. Vous savez que suite à Fukushima, il y a des nouveaux standards. Ça va coûter de 50 milliards à 100 milliards d'euros. On va les trouver où ? Moi, je préfère qu'on privilégie l'argent pour la sûreté, plutôt que de l'argent pour réinvestir en Angleterre des réacteurs qui ne marchent pas.
La polémique sur le projet aéroport Notre-Dame-des-Landes, Ségraine Royal a finalement retenu que le projet initial a été surdimensionné. Ça va plutôt dans le sens des opposants à ce projet. Ça ne vous rassure pas un peu sur la finalité de ce projet ?
Écoutez, c'était quand même un minimum de faire une étude alternative et de voir en quoi ce projet était conforme aussi à la COP21. Regardez François Hollande, ils étaient tous contents avec M. Fabius pour dire que ça a été une vraie réussite diplomatique. C'est vrai.
Tout de même, 170 pays au moins qui signent, qui ratifient.
Oui, il faut voir la mise en œuvre. Mais regardez, la France, elle a été la première à apporter ça. Elle a signé à New York. Et puis qu'est-ce qu'on voit Notre-Dame-des-Landes qui va complètement à l'encontre des objectifs de la COP21 et de qui se moque-t-on ? Et en plus, même Ségolène qui fait faire une expertise alternative, elle dit que ce n'est pas nécessaire. Et on fait encore un référendum ? Mais économisons sur le référendum et arrêtons Notre-Dame-des-Landes. Ce n'est pas parce qu'il y a M. Jean-Marc Ayrault qui est au gouvernement qu'on va continuer pour quelqu'un qui a l'ambition de changer sa ville.
Un référendum qui sera réservé aux seuls habitants de Loire-Atlantique au mois de juin prochain. Merci, Michel Rivasi. Mais merci à vous.
C'est dommage que... Moi, je suis très déçue par ce gouvernement. J'y croyais. Je pensais que, vous voyez, on allait écologiser la France. Et en fait, on fait une marche arrière par rapport à l'innovation. On a besoin d'innovation. On a besoin d'emploi. Et c'est l'écologie qui l'amène. Ce n'est pas les vieux lobbies qui ont montré leur incapacité à aller dans le futur.
Et c'est pourquoi vous boycotterez cette conférence environnementale. Et c'est pourquoi je boycotterai. Au même titre, d'ailleurs, que la CGT. Merci et bonne journée.
Michèle Rivasi