Conférence Juan Branco, Marion Massina : La reproduction scolaire des élites parisiennes.
Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.
Il vient de la milieu modeste, mais il n'y a pas de misérabilisme, il y a beaucoup d'intelligence et de sensibilité. L'histoire d'amour, ça fait partie de la vie et ça se vit aussi dans tous les milieux. Le roman est passionnant, je vais peut-être laisser Marion vous en dire quelques mots.
Donc, Faudébar est un roman que j'ai eu envie d'écrire assez rapidement. Dans les grandes lignes, il est autobiographique, il ne l'est pas dans les détails, pour des raisons de pudeur personnelle et pour des raisons d'intérêt. Je n'aurais eu aucun intérêt à parler dans les détails de ma vie.
Il est arrivé un moment où il a fallu que je me déconditionne du mythe de l'égalité des chances. Et je parle bien de déconditionnement comme s'il s'agissait de déconnu mon esprit. J'ai fini par me rendre compte que le mythe de la méritocratie était un moyen politique mis en place pour soumettre les masses.
Dit comme ça, ça peut sembler très marxiste. Mais j'ai compris dans ma chaire que je connaissais des gens d'une intelligence remarquable qui avaient des carreaux. Et que je connaissais des crétins absolus dans des postes à responsabilité.
Je crois qu'aujourd'hui, c'est plus visible que jamais. On voit des secrétaires d'État, même des ministres, être affligeants de bêtises. Et on connaissait pour nous des gens absolument létrés, très curieux, très intelligents, très généreux, très ouverts d'esprit, avoir du mal à gagner leur vie.
Donc, le mythe qui nous est hérité des années 60, où le contexte économique global était plutôt favorable, n'a plus de sens aujourd'hui. Et en réalité, j'aurais beaucoup de mal à trouver quelqu'un dans mon entourage qui a le poste qu'il mérite. Et j'ai voulu vraiment écrire un roman sur l'imposture du mythe de l'égalité des chances.
Parce que je pense que tout le monde a envie d'y croire. Et donc, non seulement l'élite qui veut nous conditionner, mais aussi les gens en bas de l'échelle. Parce que les gens, s'ils mettent au nom des enfants, qu'ils les inscrivent à l'école à 3 ans, et qu'ils leur imposent 16 ans de scolarité obligatoire en pensant que ça ne servira à rien, c'est impossible.
Donc, tout le monde est un peu obligé de croire à un mythe que je pense qu'il faut effectivement bouleverser. Parce que quand on bouleverse ce mythe, on en ressort politiquement absolument transformé. Et j'ai parfaitement conscience, pour avoir été tentée de passer les concours de l'enseignement, que c'est très difficile de se déconditionner de tout ça, parce que les enseignants sont les premiers à vouloir croire en ce qu'ils font.
Et je pense que les enseignants sont absolument de bonne foi. Ils veulent eux aussi penser que leurs élèves, à qui ils apprennent les rudiments de la lecture, de l'écriture, et à qui ils vont transmettre des éléments de culture générale, sont persuadés qu'ils sont nécessaires à la société. Et ils sont nécessaires à la société, mais en fait, ils sont nécessaires pour leur constituer un ordre.
Et donc, c'est très difficile de se déconditionner du mythe de l'égalité des chances. Et on se rend compte que plus les gens commencent à ouvrir les yeux sur les impasses dans lesquelles ils se trouvent, plus le pouvoir en place ressort la soupe, enfin resserre la soupe, avec encore plus d'idéologie. Donc, on a eu le droit à le costard, il faut se lever le matin pour le payer.
Bon, et il y a une petite astérusque au bout de la phrase, avec une note de bas de page, pour dire que lorsqu'on se lève à 4h du matin pour aligner des concerts dans une zone commerciale à 7,50€ de l'heure, le costard, on n'aura jamais quoi le payer quand on a déjà un loyer à sortir qui prend la moitié du salaire. Et en réalité, quand on commence à creuser un peu, on voit bien que l'inégalité des chances commence dès la maternelle. Quand vous inscrivez votre enfant dans une école de Z, il ne part pas avec les mêmes chances que lorsqu'il est inscrit à l'école alsacienne.
Donc, une des plus grandes écoles sous contrat du 5e apprentissement, où il se trouve que je suis ce soir avec un ancien élève de l'école alsacienne. Il y a beaucoup, en fait, de masques qui permettent de cacher la réalité. Donc, par exemple, pour l'enseignement supérieur, il y a un système de course.
On dit aux élèves que la course de l'enseignement supérieur leur permet d'avoir accès aux mêmes études que les autres. L'échelon le plus élevé de la course du Cours est de 400 euros par mois. Si vous avez envie de faire vos études à Paris, où la moindre chambre de bolme coûte maintenant près de 600 euros, même dans un arrondissement reculé.
Il y a des placards à balai aussi. Il y a des placards à balai à peut-être 300 euros par mois. Il reste 100 euros pour manger, payer le passe Navigo qui est à 70 euros.
Il y a peut-être une réduction étudiant sur le passe Navigo. Il n'empêche qu'avec 400 euros par mois, vous ne financez pas vos études. Vous êtes obligé de travailler à côté de vos études.
Vous partez avec beaucoup plus de bolets au pied que celui qui est logé chez ses parents dans le 7e arrondissement et qui a 4 à traverser la rue pour aller dans un amphithéâtre. Déjà, d'être venu et désolé d'avoir annulé brusquement ma venue à côté, à Chambéry, c'était en mai, en mai dernier. C'était à Cognon.
C'était à Cognon déjà. Je vais vous le dire très rapidement, mais je m'étais arrêté à Lyon, en fait, après avoir jeté le train qui m'a amené jusqu'à Chambéry, c'est pour ce que je pensais à Chambéry, parce que j'avais reçu des menaces physiques, en fait, de la part de l'extrême droite. Des personnes qui venaient d'un milieu beaucoup plus à droite encore que le Front National, c'est autour d'Alain Soiral, donc une figure assez particulière de l'espace intellectuel français qui a été promu par la partition, il était chroniqueur pendant des années, avant de sombrer dans des délires extrêmement évolants et violents, antisémites, où il s'associe à des dernières vidéos.
Il s'associe à Eichmann, enfin, tignitaire nazi, en se posant en victime d'un complot mondial. Et cette personne et quelques autres ne supportaient pas qu'il y ait quelqu'un qui, venant de l'intérieur, expliquait comment fonctionnait réellement la captation des privilèges par une petite élite parisienne, non pas à partir d'une base fantasmatique qui s'appuyait sur des systèmes de vocalisation traditionnels, mais à partir tout simplement d'une expérience de terrain, entre guillemets, dans ces espaces que vous décriviez à l'instant. Et donc évidemment, la virulence et la violence qu'ils essaient de déployer, ils allaient écraser ces paroles et à tenter d'effacer en en faisant du coup quoi ?
Les complices et les idioties de la macronie qui est ravie de voir cette pseudo-ennemi du système, en fait, pour mettre à base ce qui pourrait avoir des outils d'émancipation aux populations. Et c'est d'ailleurs d'autant plus intéressant qu'Erin Soral, et je finis là-dessus, mais j'avais envie quand même de vous donner une information, venait d'être quelque part pardonné, c'est-à-dire qu'il avait été condamné pour la 15e fois à une peine de prison pour avoir tenu des propos racistes antisémites, et il avait un mandat de dépôt qui avait été mis, c'est-à-dire qu'il devait aller en prison, et le procureur de la République, sur ordre du gouvernement, avait décidé de faire appel de ce mandat de dépôt, et avait annoncé qu'il ne l'admettrait pas en prison. Donc vous voyez un peu comment ces systèmes fonctionnent de façon à distraire une partie de la population, à l'endormir, à la rendre captive d'un système de pensée qui fasse que vous êtes complètement impulsants, parce que si la cause de tous vos malheurs, ce sont les juifs, bien soit vous devenez en Asie ou vous les exterminer tous, soit en fait vous restez derrière votre écran et vous disons « oui, les juifs sont méchants » et vous ne faites rien.
Donc c'est la meilleure façon de désactiver politiquement des personnes que de les enfermer dans ces espaces-là. C'est exactement ce à quoi servent aujourd'hui des personnes comme Alain Soiral et quelques autres. Donc je finis cette parenthèse pour vous dire que se faire menacer de mort par des personnes de cet ordre-là, je me suis dit à un moment, je savais que c'était des années-là, mais il valait peut-être mieux que je prenne la tangente, je suis parti à ce qu'il y a de Compostelle.
Il est temps pour le peuple de se rejoindre et de ne former qu'un...
C'est un moment spéritocratique qu'on nous a inculqué depuis en gros la Troisième République, au moment où l'école, la fin du XIXe, l'école devient le pilier d'instauration d'un régime de façon permanente dans le temps. Jusqu'ici la République avait un peu émergé après la Révolution française, dans une sorte de résistance à l'homarchie ou à la forme impériale, mais du coup, elle n'avait pas d'assises réelles et elle ne cherchait pas à l'avoir, elle se définissait en contre. Sauf qu'à un moment ou d'un siècle, il faut commencer à se définir en pour et s'installer, s'installer dans le territoire.
Et l'école va devenir le vecteur idéologique pour propager les idées républicaines, notamment l'égalité. Et donc on va faire de l'école la meilleure façon, enfin l'outil pour créer de l'adhésion de la part des populations dans ce nouveau régime politique. On va l'utiliser comme vecteur idéologique.
Et donc pour l'utiliser, il faut amener les gens à cette école, il faut amener à y adhérer, à y croire et à en faire un vecteur de projection et de rêve. Et donc on commence à inventer ce mythe méritocratique qui permettrait à tout un chacun, quelle que soit sa condition sociale, de s'émancer à travers cet outil. Ça marche relativement bien pendant une période.
Et on a en effet des nouvelles élites politiques, intellectuelles, scientifiques dans ce pays qui viennent, si ce n'est directement du moins en sautant une génération, de milieux agricoles, ouvriers, réussissent à s'émanciper. Et on se retrouve avec, en 1950, dans les principales grandes écoles de ce pays, 30% d'élèves qui sont directement d'origine populaire. Donc enfants d'ouvriers, d'agriculteurs, et ainsi de suite.
C'est beaucoup. C'est beaucoup, d'autant plus qu'à l'époque, vous imaginez bien, les moyens mis en place pour former la population n'étaient pas les mêmes. Et donc on a du coup ce qu'on appelle l'ascenseur social, une mobilité qui permet aux gens de croire à la sonnette.
En 2019, je fais le calcul, il n'y a plus que 6% d'offices et de filles de classe populaire qui ont accès à ces grandes écoles. Or le système universitaire et scolaire français, universitaire et du supérieur, s'appuie sur une hiérarchisation très forte. C'est-à-dire que si vous êtes un fils de bourrier ou d'employé ou d'agriculteur, vous avez accès à une université, ça ne va pas changer grand-chose à votre destin.
C'est-à-dire que l'université ne va pas vous permettre de prendre l'ascenseur social. L'université, parce qu'elle est paupérisée et elle est paupérisée justement parce qu'on est dans un système qui s'est mis en place pour reproduire socialement les positions de chacun, l'université ne sert plus d'ascenseur social. Pour entrer dans l'ascenseur social, pour avoir une amélioration rapide de votre condition, il faut avoir accès à ce Cézanne ultime dans lequel on entre à travers un concours après des années de classe préparatoire qui sont les grandes écoles.
Parmi ces grandes écoles les plus importantes, il y en a quatre, la plus prestigieuse en sciences appliquées pour une technique, la plus prestigieuse en recherche que ce soit en sciences humaines ou en sciences dures dans l'école normal supérieure, normal sup de la rue d'Hume. Il y en a quatre, les trois autres sont aussi prestigieuses. l'Hume est un peu le plus imposant, HEC pour les études commerciales, et l'ENA, entrée dans l'administration le plus souvent après une première grande école, que ce soit HEC des sciences pro, les technicaux ou dans l'université.
Et en fait, avec ces quatre grandes écoles, vous constituez le terreau sur lequel se reproduisent les élites françaises. Et en fait, c'est un filtre qui s'est créé, qui fait que vous pouvez avoir par exemple dans les PDG du CAC 40, je pense que la proportion de patrons qui ont fait l'une de ces quatre grandes écoles est de 80%. Les promotions au sein de ces grandes écoles sont extrêmement réduites.
Les plus larges, c'est polytechnique, c'est 400 élèves. Normal sup, pour les sciences, il y en a un, soit 100, et 100 pour les sciences humaines. C'est-à-dire que vous avez un terreau qui est extrêmement faible. pour Normale sup, il y a 15 000 élèves chaque année à peu près qui passent au concours.
Et vous arrivez à ça à la fin, donc c'est un taux de séduction extrêmement brutal. Vous trouvez à Normale sup, pour prendre un exemple que je connais, avec 80 à 90% des élèves qui viennent de seulement deux lycées. Deux lycées de la Montelle-Sainte-Jolivière, du cinquième arrondissement parisien, Henri IV et Louis Lebron, d'où il y a 80% des élèves qui vont rentrer dans cette école après deux années de prépa, ou ils vont au revoir à Normale sup pendant quatre ans, une bourse de 1 400 euros par mois, un logement quasi gratuit de 200 euros par mois, et une très bonne qualité dans le quartier de Bouchard de Paris.
Évidemment, toute une série d'avantages qui vont leur permettre de se légitimer par la suite, c'est-à-dire une bourse quasi automatiquement s'ils vont passer le doctorat, s'ils passent l'agrégation, l'accès à de meilleures chambres pour être autant plus facilement installés pour préparer leurs études, au mépris de tous critères d'égalité, des chances, de la possibilité de l'université, par contre que vous avez déjà moins de moyens pour vous préparer, vous allez en plus physiquement être moins bien installés que des normaliens qui ont déjà eu un monde d'avantages dans des échanges avec l'étranger. Et...
Je ne sais pas si...
Vous n'êtes pas trop engrossé, voilà. C'est son bébé, en fait. Vous voulez...
Vous voulez...
Vous voulez...
Je ne sais pas. Bon, je disais à Marlon tout à l'heure que c'est peut-être la première...
Enfin, son enfant, ce sera peut-être partie de la première génération qui aura accès à une science des bruits et qui aura accès à un système critique un peu près sain et qui va contrater tout ce que je suis en train de décrire. Donc, à Normale Sup, en gros, vous rentrez là-dedans et vous sortez, vous faites partie de la crème de la crème et moi, en rentrant normal, j'ai réussi à... j'avais accès à un certain nombre d'avantages et notamment, j'ai pu partir enseigner à IEL, qui est en gros la concurrente de Ravard pour moi.
J'ai enseigné pendant un an parce qu'il y avait des accords entre les deux qui permettent aux élites françaises de se légitimer en partant dans une grande institution américaine et à l'inverse aux élites américaines de s'encanalier pendant un an à Paris et donc tout est fait, vous voyez, pour créer des renforcements structurels et en fait, les uns sont pile sur les autres jusqu'au moment où vous allez avoir des personnes qui sont complètement en dehors du monde parce qu'ils ont accumulé des titres qui sont complètement écrasants pour quelqu'un qui n'a pas eu droit à ses privilèges, c'est-à-dire quelqu'un qui a fait ses études à l'université de Grenoble, il voit les gamins qui débarquent de l'IEL, de Normand, etc. et il est incroyable parce que moi, pour rentrer à IEL, j'aurais dû être Einstein au cube, quoi. Et en fait, non, vous, parce que vous êtes né dans un petit espace social qui vous a favorisé énormément la préparation de ces concours, en fait, après, sans grands efforts, vous allez pouvoir cumuler les titres et accroître votre différence avec des personnes qui n'ont pas eu votre chance à la naissance, alors même que, en fait, la différence intellectuelle peut être nulle, négative ou positive selon les circonstances.
Ce qui se passe, c'est donc, c'est évidemment, quand vous avez un resserrement du terreau dans lequel vous avez un recrutement pour les étudiants, l'école de chambre. Ce resserrement, ça ne veut pas qu'une chose, pour commencer, c'est évidemment une médiocrisation du recrutement. Quand vous retrouvez qu'avec les fils d'eux qui sont en concurrence pour entrer dans ces grandes écoles, ce qui, au départ, était quelque chose qui était censé être accessible à tout un chacun, ce qui permettait d'avoir une base de recrutement de plusieurs centaines de milliers de personnes, c'est-à-dire l'ensemble d'une génération, 400 000 personnes chaque année.
Elle se resserre aux 5 à 10 000 personnes qui sont soit les fils de notables de province, soit les enfants des beaux quartiers parisiens. Et donc, évidemment, quand vous n'avez plus que 500 personnes en gros en concurrence pour 100 postes alors que vous en aviez 15 000 ou 20 000 ou 15 000 ou 14 000 avant, la qualité du recrutement va s'avoir marqué quand en plus ces personnes qui sont les seules qui se sentent autorisées à préparer les concours et qui ont les capacités en termes financières, d'économie, aussi de patrimoine culturel et ainsi de suite pour se présenter à ces concours qui sont faits de façon à sanctionner les connaissances qui sont celles de leur classe sociale parce qu'évidemment, c'est les bourgeois qui ont fini par accaparer un système qui est bourgeois. Je pourrais spécifier ce que j'entends par bourgeois, mais en tout cas, une classe très spécifique de sachants qui a fini par déterminer quels étaient les critères d'évaluation qui devaient être appliqués et qui font qu'évidemment, ils favorisent quoi ? leurs propres enfants.
Et donc, vous avez un petit système en basculeux où des personnes sans expérience de vie, sans véritable talent, finissent par être en compétition entre eux pour accéder à ces espaces qui donnent d'énormes avantages. Sauf que, qu'est-ce qui se passe à l'arrivée ? C'est que non seulement ils ne sont pas particulièrement beaux, mais ils se croient géniaux parce que le système continue à leur croire qu'ils sont en concurrence avec les 300 000 ou 400 000 personnes de leur génération alors qu'ils se battaient qu'ils allaient en duel qu'ils allaient avec leurs camarades du 5e et 6e siècle en guisement.
Tout ça, ça se passe autour du jardin de Luxembourg à Paris, après ce soir, au moment là-dessus. Les politiques, c'est un peu plus...
Enfin, les écoles scientifiques, ça se joue un peu plus sur la limite. Mais évidemment, on se retrouve avec des personnes qui ressemblent beaucoup à l'idéatrice de la Macronie, si ce n'est que Macron a raté normal et la plupart de ses camarades aussi. Et donc, on se retrouve, ils ne sont même pas à ce niveau-là, c'est ça que je veux dire.
Alors, ils en font leur critère de jugement le plus important. 83% de fils de CST plus à Norma Sup, qui est, en gros, la grande école de la République, celle qui est censée vraiment sélectionner tous les prix de Nobel français et puis à la Norma Sup. Il ne faut pas s'étonner qu'il y en ait beaucoup moins aujourd'hui qui a 50 ans, mais vous voyez, tous les médailles-fils qui sanctionnent les meilleurs mathématiciens de moins de 40 ans viennent de Norma Sup.
La plupart des grands intellectuels d'une certaine époque, parce qu'on en a plus beaucoup aujourd'hui, viennent de Norma Sup. Et en fait, ça vous permet d'expliquer plein de choses, y compris dans les vrilles de l'espace public français. C'est-à-dire, un BHL, comment est-ce que BHL émerve ?
Alors, il y a deux vecteurs. Il y a le vecteur oligarchique, je le présente dans un crépuscule. Enfin, c'est un des vecteurs oligarchiques que je présente dans un crépuscule.
C'est grâce à François-Henri Pinot, qui rachète la boîte du père de Bernard-Henri Lévy, qui avait fait sa fortune dans les colonies en vendant du pot exotique. Et le père de Bernard-Henri Lévy, un peu inquiet pour sa progéniture qui n'était pas très brillante, lui dit, d'accord, je vous vends pour, je ne sais pas combien, 400 millions d'euros, je pense, mon entreprise, de pillage, en gros, des ressources africaines, en échange d'une chose, beaucoup d'argent, et vous promettez de vous occuper de mon fils. Et donc, BHL récupère quoi ?
On récupère une chronique dans le point que François-Henri Pinot venait à acheter, je le parlerai, c'est pour ça qu'on continue à entendre parler toutes les semaines de BHL, malgré les âneries qu'il dit. Et l'autre vecteur de légitimation de ce pseudo-philosophe, c'est justement, on a un système méritocratique qui a fonctionné pendant un peu moins d'un siècle, donc qui a produit de Sartre à Ranguilhem, en passant par personne, je ne sais combien de scientifiques de haut niveau, Foucault et compagnie, les plus grands penseurs de France, mais aussi peut-être du monde. Ça, c'est...
Ils sont tous anormales. Pasteur, etc. À un moment, la machine se dérègle parce que ça devient une machine à reproduire socialement et non plus à sélectionner le meilleur quelles que soient leurs conditions sociales.
Et sauf que, évidemment, la perception publique met un temps à s'ajuster. C'est-à-dire que nous, on reste nourri, moi, je rentre à normal, on me dit, ben voilà, tous les crues nouvelles sont normaliens, ben, t'es un cru nouvel, en tout cas, t'en es pas grand. C'est ce qui est arrivé au pauvre BHA il y a 40 ans qui est rentré à normal et qui a réalisé la création à Foucault et donc qui a été considéré dans l'espace social et médiatique français qui, par ailleurs, s'était dégradé pour d'autres raisons, un peu obligé à ce truc aussi, du coup, composé de personnes qui ne le disaient plus, qui n'avaient pas de grandes qualités intellectuelles, etc., comme le nouveau Sartre ou le nouveau Foucault.
Et comme ils étaient parce qu'ils ne disaient pas qu'ils étaient incapables de faire la différence, on s'est retrouvé avec ce garnement qui a occupé l'espace médiatique depuis 30 ou 40 ans sans aucune sanction, sans qu'on arrive à l'évancer, en jouant de sa fortune, de ses origines extrêmement favorisées et de ce label qui donne à vie, en fait, une garantie de qualité. Je vais finir là-dessus, mais sur un autre point. Là, on a le capital symbolique, on parle de l'estase publique, mais il y a aussi l'accès au capital tout court, c'est-à-dire que quand vous rentrez à l'ENA, vous avez une rentabilité.
Donc, vous réussissez un concours à 22-23 ans et vous devenez l'équivalent d'un aristocrate, c'est-à-dire que vous sortez dans un des grands corps à la Cour des Comptes, Conseil d'État, ou à l'Inspection générale des finances, vous allez commencer par gagner 4 000 euros par mois à peu près à 23 ans, vous allez finir à 2, 3, 4 fois plus et vous n'allez plus jamais avoir à démontrer de votre vie. Quoi que vous fassiez, vous allez rester dans le système. Je reprends toujours cet exemple dans la conférence d'Anne Obergeon qui, parce qu'elle a été normalienne et comme ça, elle est sortie après dans un système assez prestigieux au corps des lignes, dans un corps assez prestigieux, pardon, le plus prestigieux en sciences, elle a pu couler des entreprises pendant 20 ans, y compris Areva, qui nous a coûté très cher parce qu'on a tous payé l'innovation de la facture d'électricité parce qu'Areva allait être sauvée par l'IS avant d'être équipé et ainsi de suite et elle l'a, en fait, pendant 10 ans, massacrer Areva, fait perdre à peu près 6 milliards d'euros aux Français et aujourd'hui elle est nommée au Conseil d'administration d'énergie parce qu'elle a cette légitimation de quand elle avait 22 ans et parce qu'on considère qu'une fois vous avez accès à ça, vous avez accès au pouvoir, aux ressources mais aussi à une forme d'invénérabilité, d'imperméabilité au jugement extérieur et pourquoi est-ce que ça existe ça ?
Parce que tous ceux qui composent l'unique parisienne ont tenté de passer ces concours ou en tout cas s'ils ne l'ont pas passés ont nourri un complexe du fait soit de ne pas les avoir eus soit de ne les pas avoir passés. Strauss-Kahn avant que son affaire scrébreuse n'arrive dans ses portraits alors qu'il était le favori aux élections présidentielles qui était quand même le patron du EFMI dans chacun de ses portraits il avait plutôt réussi sa vie du point de vue justement d'administration on rappelait qu'il avait raté l'ENA quand il avait 21 ans vous voyez ça restait une marque comme ça indélébile sur son parcours quelles que soient les gloires qu'il avait pu acquérir par la suite et donc quand vous avez ceux qui ont passé et réussi les concours qui se croient les génies de la Terre et qui ne sont pas obtenus de Nobel parce qu'ils ont décidé que c'était mieux de faire autre chose ils se sont convaincus que c'est pour ça et vous avez de l'autre côté ceux qui n'ont pas eu les concours mais ne les ont pas passés qui ont infusé une croyance que c'était une sanction de l'intelligence pure et bien vous avez un système qui fonctionne en basse et qui est incapable en fait de se réformer et vous ajoutez à tout ça nos rétrécissements extrêmement violents de la base de recrutement vous retrouvez avec la catastrophe dans laquelle on se trouve aujourd'hui c'est à dire un pays sans direction avec des élites de plus en plus en forme voire tout simplement corrompues et une crise systémique majeure où nous a plongé de Macron envisagez-vous d'une façon ou d'une autre d'initier un mouvement qui vous permettrait de joindre le geste à la parole et donc de vous présenter la présidente de la république prochainement si oui et sinon pourquoi je pense que quand on parle de l'incompétence de ces hommes politiques ils ont une certaine forme de compétence qui correspond à ce pour quoi on les a mis en place c'est à dire ils ont les compétences des financiers qui n'attendent que ça et ils ont été formés pour ça comment pouvez-vous m'expliquer que la rectrice de Grenoble est d'accord avec la réforme des lycées la réforme des lycées non seulement ce n'est plus l'égalité des chances c'est la liquidation comment on peut accepter que ces gens qui ont été mis en place qui gagnent un poignon fou fassent ces choses et par poursu on m'a dit il n'y aura plus de numerus clausus il n'y a pas besoin de numerus clausus puisqu'il n'y a pas poursu donc de toute façon la première année de médecine il y avait moins d'élèves que l'année dernière c'est à dire que toutes les réformes qui ont été pensées par ces hommes elles sont pensées pour liquider c'est à dire liquider l'instruction la véritable instruction parce que nous quand on était enfant quand on avait un inspecteur qui passait dans notre classe il fallait répondre aux questions et quand vous dites que nous allons sans doute vers une révolution sociale je pense que si nous n'avons pas de révolution sociale nous aurons un autre monde qui peut être beaucoup plus catastrophique que ce qu'on vit aujourd'hui parce que les finances c'est la liquidation des retraites c'est la liquidation de l'école c'est la liquidation de la sécurité sociale et ce sont des gens qui ont été formés dans les grandes écoles qui osent remettre en cause tout ce pourquoi les gens se sont battus en 36-45 moi je viens du fin fond de la Savoie c'est le Saint-Jean-Moréen et je viens du fin fond de la Savoie de Saint-Jean-Moréen donc la Moréen c'est de ce côté et pour appuyer ce que tu disais Marion effectivement moi j'étais très ambitieux au lycée et je ne réalisais pas à quel point j'étais loin de ce que tu disais justement à propos de toutes ces écoles qui sont réservées à l'hérit alors j'avais quand même de bons copains en classe de terminale et puis je ne savais pas parce que moi j'ai un fils immigré six enfants à la maison l'origine angérienne les parents ils parlent l'arabe à la maison donc imaginez le truc j'ai passé le bac avec mes petits frères dans les pattes j'ai réussi mais avant de réussir j'avais une bonne copine qui s'appelait Marianne Fourcade et puis à qui j'ai demandé où est-ce que tu vas l'année prochaine parce que je ne sais pas où est-ce qu'il faut aller poser son dossier et tout mais j'ai et j'aimerais bien que tu me proposes tu me dises quelque chose ou tu ne dis rien du tout alors elle me dit moi j'ai pris un dossier mais je suis désolé tu ne peux pas y aller alors elle me dit dis-moi au moins où c'est parce que comme ça je saurais au moins où tu vas mais je vais aller à Paris je vais aller à HEC Paris où c'est quoi ça HEC Paris elle me dit c'est une école tu vois pour le business pour les fonctions de management et tout je lui dis tu prends un dossier pour moi qu'est-ce que tu évêques tu prends un dossier pour moi et puis je vais aller avec toi il me dit mais tu ne penses pas le dossier je l'ai parce que c'est mon oncle Jean-Pierre Fourcade le ministre de l'époque et je ne réalisais pas à quel point je t'élève et j'étais à des années lumières je dis mais pourquoi je ne peux pas aller là-bas alors déjà d'une tu ne fais pas partie de l'élite mais alors d'origine ah tu n'y penses pas merci c'est vraiment le but de ma démarche et si je me suis battu à ce point pour défendre la parole des gilets jaunes pendant ces mois c'est pas pour me l'approprier c'est au contraire pour lui permettre d'exister dans un espace qui cherchait à l'écraser et si je me suis battu à ce point pour défendre la réputation de quelqu'un qui était salier et écrasé comme Maxime Nicole pendant des mois auquel on essayait d'attribuer tous les torts tout simplement parce que c'était il faisait émerger une parole prolétaire dans l'espace public c'était son seul tort et une parole prolétaire qui en plus était censée le structurer c'est justement pour qu'on ait pas besoin d'en passer par des bourgeois et des fils de bourgeois comme moi pour entendre ce que ces gens ont apporté en fait c'est ma grande lutte elle est un peu désespérée elle est extrêmement violente parce que du coup je sers pas mal de pare-feu c'est plutôt rigolo de se faire traiter d'abordi par Cyril Hanouna c'est moins rigolo de se retrouver avec des portraits dégueulasses dans l'express ou bientôt dans le loge où ils sont allés interroger mon ex-petite copine de quand j'avais 15 ans pour essayer de comprendre si je n'avais pas fait quelque chose de mal et à qui promette l'anonymat contre son témoignage et la violence extraordinaire dont sont capables ces individus auxquels on fait face fait que par ailleurs d'une façon générale de la même façon que ce mouvement c'est ce qui a permis de ma survie sociale qui autrement n'aurait jamais existé avec un livre pareil qui aurait tout simplement disparu ma survie va continuer à dépendre du fait que vous existiez et vous continuez à vous battre au fou et moi projeté dans cet espace là ça va être un massacre permanent jusqu'à ce que je n'existe plus en fait et dépendre de quelqu'un comme moi c'est aller à l'abîme en fait c'est mourir en tant qu'antité sociale et politique à travers moi donc prenez-le à l'envers comment est-ce que quelle est la meilleure façon d'être radical et subversif aujourd'hui dans cette société c'est de se demander quel rôle j'aimerais jouer en fait est-ce que j'ai été pendant 30 ans un mécanicien mais en fait j'aurais rêvé d'être médecin ok qu'est-ce qui fait qu'à 40 ans j'aurais pas le droit en alternance en formation continue de devenir médecin et qu'est-ce qu'il faut changer dans cette société pour que je puisse devenir médecin et qu'est-ce qui fait que mon camarade ouvrier gardien employé qui a envie de devenir député qu'est-ce qui fait qu'il peut pas le devenir et comment est-ce que je peux faire pour qu'il le devienne et qu'il vienne porter cette intelligence du corps cette expérience de vie qu'il a et que personne n'a à Paris qui lui permettra de sentir comment fonctionnent les choses et il y aura toujours des énarques et des technocrates pour l'aider à prendre des décisions mais ce sera lui qui donnera l'orientation politique ou évidemment dans ce but d'accaparer l'espace médiatique de façon à écraser toute possibilité d'émergence d'une parole alternative et on va souper de brûler l'ennemi pendant des mois de façon à ce qu'il ne puisse exister d'autres alternatives qu'entre la Macronie et la Macronie quoi qu'il arrive vous rentrerez dans une logique qui sera écrasante si vous rentrez le système institutionnel constant donc émancipez-vous libérez-vous de ces carcans et préparez-vous on n'était pas prêt le piste de novembre mais il n'y a aucune raison qu'on ne soit pas la fois d'après ces personnes-là maintenant doivent tout simplement se prendre en charge pour construire politiquement une alternative et à un moment d'autre prendre le pouvoir et je les incite fortement à ne pas tenter l'aventure des urnes mais tout simplement sur les mobilisations sociales jusqu'à l'effondrement de l'environnement du système j'ai 72 ans je m'appelle Jacques j'habite à Berville et j'étais fonctionnaire d'État fonctionnaire d'État j'étais trésorier principal d'une ville de 60 000 habitants je gère un budget de 110 millions d'euros à Poissy dans les îles j'ai commencé à Moutier en 1973 j'avais 25 ans et puis j'ai vu arriver Joseph Fontanet avec sa déesse noire le maire de Saint-Martin de Belleville qui venait à Moutier parce que Moutier c'était une perception de France une des 3200 perceptions de France c'était la perception de France où il y avait le plus d'argent qui circulait pourquoi ? parce qu'il y avait il y avait Courchevel 1850 il y avait Val Thorens il y avait Méribel les Minouines c'était quelque chose de absolument extraordinaire oui question question question oui alors ce matin j'étais à Moutier avec les fonctionnaires du Trésor enfin ce qu'il en reste en 2021-2022 il n'y a plus de fonctionnaires d'État on va laisser tous les maires de France fonctionner avec leur bon vouloir le recevoir municipal dont le travail essentiel était de contrôler le budget des collectivités locales pour que le budget voté par le maire à son conseil municipal ne dévare pas et bien c'est fini maintenant c'est fini les fonctionnaires on les met à la rue il n'y en aura plus par contre il y a des fonctionnaires territoriaux qui sont très nombreux mais les fonctionnaires territoriaux ils sont à la solde du maire et des élus voilà ma question bon ben effectivement ça rejoint tout ce que vous avez dit c'est à dire qu'on va supprimer tous les contrôles pour que les élus puissent lancer en rond le bas qui leur appartient d'abord j'en ai pris effectivement mon grade je suis prof agrégé à l'université donc voilà avec tout ce qu'il y a derrière et tout ce sentiment aussi qui fait qu'à un moment on a l'impression de ne pas toujours servir à grand chose je vais simplement vous poser une question d'abord merci merci à ce qu'on peut appeler aux intellectuels d'avoir ce recul et de nous ramener dans la vie dans la vie et d'avoir cette analyse de ce qui est en train de se passer par contre où je trouve un peu plus sombre c'est que vous avez décrit avec une telle précision la perfection de la manipulation à laquelle sont arrivés ces gens là cette caste j'ai l'impression que ça va être très très dur c'est à dire que la révolution capitaliste ils l'ont faite l'international capitaliste elle existe et ils sont tellement performants vous avez parlé des médias vous avez parlé de la finance ça va être très très difficile ces personnes là maintenant doivent tout simplement se prendre en charge pour construire politiquement une alternative et à un moment d'autre prendre le pouvoir et je les incite fortement à ne pas tenter l'aventure des urnes et tout simplement sur les mobilisations sociales jusqu'à l'effondrement de la pouvoir d'un système c'est que bon ben voilà maintenant il faut en passer par quoi ? il faut en passer par la violence parce que les gilets jaunes sont toujours dans la rue c'est pas un moment qui a disparu il y a des manifestations tous les samedis dans toutes les villes elle s'est complètement écrasée personne en parle il ne dit qu'elle n'en parle pas mais tout le monde n'est pas dans la rue non plus pourquoi le reste ? enfin comment faire pour mobiliser absolument tout le monde et est-ce que il va falloir justement que cette bascule se fasse dans la violence mais dans la violence c'est quand même les plus pauvres qui payent les premiers enfin voilà on est là qu'est-ce qu'il faut faire actuellement ? qu'est-ce qu'il faut faire ? la question que je vous pose c'est qu'est-ce qu'il faut faire ? vous travaillez dans la formation continue pour l'éducation nationale donc juste une parenthèse sur votre réaction sur la formation continue et là ça a été bien mis à balle par les pouvoirs successifs qui se sont succédés est-ce qu'il était possible à une époque c'est-à-dire de rejoindre les cursus d'enseignement supérieur est de plus en plus compliqué par exemple pour les membres d'ordre voilà donc ça c'est juste une première parenthèse sur l'absence d'horizon au niveau électoral parce qu'il faut bien il faut bien dire les choses appeler les choses par leur nom il y a une absence d'horizon au niveau électoral et moi j'ai participé au moment de Gilets jaunes depuis le mois de novembre et je m'y suis fortement impliqué et j'ai bien vu quand même qu'on avait on était face à une limite la limite c'était le nombre c'était le rapport de force et là où j'ai un problème c'est-à-dire que le système s'entretient et bien au-delà de la Macronie c'est-à-dire que je suis désolé mais autant j'ai beaucoup d'admiration pour les élus locaux etc qui font du boulot et qui sont là qui assument le quotidien pour notre vie mais quid quid de tous ces partis qui nous ont tourné le dos qui nous ont tourné le dos et qui ne voulaient absolument pas nous voir ou pour la plupart il y en a eu un ou deux qui ont été corrigés quelques associations telles qu'attaques qui ont pris fait des causes pour les Gilets jaunes mais le reste non non et c'est pour ça je voudrais simplement dire est-ce que vous avez une opinion sur un horizon ou sur une structuration dans la société française qui aboutisse à une remise en cause de ce système presque féodal des castes et comment et comment on peut aujourd'hui avancer face à des partis qui nous tournent le dos à des syndicats qui ont tous à mon avis très peur je pense qu'ils ont tous très peur d'une remise en cause complète de notre système et de leur place y compris dans ce système notre malchance c'est que c'est déjà très difficile et notre chance dans cette malchance c'est que c'est devenu tellement rulant pour beaucoup de personnes de vivre dans cette société que la difficulté politique que constituerait un renversement du pouvoir existant est devenu moindre que ce qui vivait au quotidien et que la possibilité de perdre un oeil de perdre un humain de passer du temps en prison d'être condamné était finalement moins importante que le fait de se sortir dans la rue de se battre et de changer de changer le système donc ça c'est ma première réponse c'est dire la difficulté aujourd'hui elle est avant tout de continuer dans le système existant notre autre avantage c'est que encore une fois tout cela a produit beaucoup d'incompétences et d'insuffisances qui font que ces personnes vous l'avez bien vu ont été violemment déstabilisées par un mouvement social qui n'était pas organisé qui n'avait pas de capacité d'organisation particulière en puissance et qui tout simplement par la force d'un ressenti commun a fait qu'Emmanuel Macron l'homme le plus puissant de France un peu plus puissant du monde avait prépositionné un hélicoptère pour partir de l'Elysée comme l'a raconté le point c'est à dire que cette personne là était sur le point de s'enfuir la peur au ventre et la seule chose qui a fait qu'il ne soit pas partie c'est qu'on ne savait pas encore ce qu'on voulait à sa place et c'est là où j'en reviens l'enjeu n'est pas de continuer une mobilisation qui nous est rentrée qui continue c'est à dire continuer coûte que coûte alors que ça commence à nous coûter plus que ce que ça nous a apporté parce que les déjeunes je le dis à chaque fois à ma vie on sauvait beaucoup de gens et nous avons apporté en fait une sorte de soulagement psychique qui était tout simplement de se rendre compte qu'on n'était pas seul qu'il y avait en fait dans notre mal-être quelque chose qui se synchronisait avec les temps et avec des millions d'autres personnes en tout cas des centaines de millions d'autres personnes et rien de cette synchronisation et ce moment de partage que nous a offert cette mobilisation non seulement à ceux des personnes mais extrêmement précieux pour l'avenir moi je sais très bien que dans le reste de ma vie je me déterminerai politiquement vis-à-vis du tiers selon la position qui a adoptée pendant cette crise et selon le regard qu'il a porté sur les événements qui ont s'en déroulé et je saurais trouver la solidarité et je saurais où me trouver à qui porter aide et avec qui construire quelque chose et ça c'est quelque chose d'une puissance extraordinaire vous ne vous rendez pas compte en fait de la force qui vient d'être construite et qui ne demande plus maintenant qu'à être activée c'est-à-dire que ce rapport de proximité ne s'est pas dissous ce qui s'est dissous c'est la capacité à se mobiliser activement pour aller à un endroit c'est ce qui explique la faiblesse des mobilisations aujourd'hui mais il suffirait d'un nouveau point d'enclenchement pour qu'à nouveau bascule les personnes qui cette fois se connaissent cette fois l'expérience est d'une préalable et cette fois se font faire le pas suivant est-ce que ce sera cette fois-là que nous réussirons à en provoquer la viscule qui sait peut-être qu'il en faudra plusieurs il a fallu 10 ans pour arriver à la commune et la commune finalement a donné l'essence quelque part à un régime politique autoritaire finalement mais elle a constitué un événement politique fondateur et elle a permis d'inventer une forme politique qui reste aujourd'hui comme une référence pour les personnes tout autour de la planète donc moi l'enjeu aujourd'hui pour nous tous en tout cas pour tous ceux qui sont mobilisés qui souhaitent se mobiliser encore une fois c'est la préparation d'informations non pas tant que le forçage qui veut se mobiliser encore un samedi et faire des actions récurrentes qui le fassent et qui ne se sentent pas esselés ou fragilisés parce qu'ils se retrouvent avec une masse bien moins importante qu'auparavant parce que ce qu'il faut qu'ils sachent c'est que cette proximité et cette solidarité qui va produire il reviendra et que des personnes sont d'ailleurs en train de se préparer soit pour des actions plus ponctuelles soit tout simplement pour entrer en politique au sens noble c'est à dire commencer à repenser la forme d'organisation de la société pour un moment ou un autre s'y insérer et par elle-même cette fois et en dépendant de la personne que l'on aurait choisi tous les 5 ans pour nous représenter peut-être un autre nom pour aider la démocratie aujourd'hui où le seul pouvoir qu'a un citoyen est de choisir qu'il parlera en son nom tous les 6 années c'est ça le seul pouvoir politique au sens profond que l'on a aujourd'hui en tant que citoyen choisir qu'il parlera en notre nom je pense qu'on est aujourd'hui en mesure de construire un régime politique qui nous permettra d'intervenir directement de façon beaucoup plus régulière pour décider de tel ou tel sujet et empêcher justement ces mécanismes d'appropriation sur la comporte de Paris les privilisations et ainsi de suite et c'est pour ça et là j'en reviens à l'intelligence politique des Gilets jaunes que le référendum d'initiative citoyenne soit devenu en si peu de temps de nulle part une des revendications principales des Gilets jaunes c'est extraordinaire c'est-à-dire que jusqu'ici on pensait que le droit constitutionnel était réservé aux étudiants qui n'avaient pas du simple en souspo ou compagnie et là on a des personnes que l'on dit bêtes que l'on dit qu'ils ne sont informés que l'on dit qu'ils n'ont aucun rapport à la citoyenneté à l'engagement et ainsi de suite qui d'instinct comprennent que la façon de faire outrepoids à cette organisation en caste qui a donné en place les élites politiques c'est évidemment d'avoir une capacité d'intervention dans les affaires publiques directes non plus à travers des représentants c'est-à-dire passer une nouvelle forme de régime politique à travers le référendum d'initiative citoyenne moi à mon échelle la seule chose que je peux faire et ça permettrait de rebondir à un élément s'il y a des personnes ici qui ont encore une ambition extraordinaire de réussite à l'intérieur du système pour à leur tour utiliser ce capital pour transformer les choses qu'elles ne se sentent pas écrasées par ce qui a été dit pendant cette conférence c'est-à-dire qu'il y a encore 1% d'ouvriers entre 0 et 4% d'ouvriers qui rentrent à la technique de fils d'ouvriers par contre qui rentrent à la technique l'ONES l'ENA entre 0 et 4% et bien moi mon objectif c'est que c'est pas d'essayer d'accroître ce chiffre parce que c'est impossible on n'y arrivera pas systémiquement c'est fait pour écraser mais c'est que les zéros à 4% qui rentrent soient accompagnés et aient les outils pour une fois intérieure à devenir vraiment subversifs et utiliser leur position de pouvoir non pas pour s'émanciper de leur trajectoire individuelle mais pour redistribuer ce pouvoir donc on a commencé à faire ça moi j'ai commencé j'ai réussi à convaincre un jeune normalien d'entrer au corps des lignes qui est donc le corps le plus puissant de France pour en fait jouer d'un filtré et à partir de cette position de pouvoir commencer à faire sortir des informations et donc déstabiliser l'intérieur parce que si vous avez si vous avez réussi à placer à l'intérieur de ces systèmes des personnes qui sont là pour nous défendre je peux vous dire que s'ils sont obligés de se retourner à droite à gauche pour savoir à qui ils peuvent faire confiance ou non c'est en fait tout le système qui s'effondre parce que tout leur système est basé sur le fait qu'ils filtrent filtre filtre jusqu'à se retrouver dans un entre-soi pur où ils peuvent mettre en place leur système de corruption en toute impunité en sachant très bien que personne ne trahit pas parce que tous ceux qui sont arrivés jusqu'alors sont tellement compromis d'un monde que si trahissait ils se prennent un retour un retour de bâton trop violent pour que ce soit possible donc si on commence à réussir à en faire entrer quelques-uns c'est un premier acte de subversion très importante le deuxième acte et j'espère réussir à recueillir les fonds suffisants pour le faire c'est à côté de Jupiter donc le journal que je crée c'est créer une école qui serait une forme d'anti-science-po sans aucun critère de diplôme préal au coeur de Paris parce que c'est extrêmement important pour moi de gagner cette bataille symbolique permettre à tous les gilets jaunes et autres là qui voudraient un moment avoir de la part des normaliens et compagnie qu'on a repérés et qui sont engagés dans les gilets jaunes parce qu'il y en a d'avoir des bases en économie qu'il faudrait en connaissance institutionnelle de façon à ce qu'ils puissent en propre porter cette parole au sein de l'espace public sans avoir encore une fois à dépendre de qui que ce soit pour les représenter et si vous avez par contre vous étiez vous avez arrêté l'école à 15 ou 16 ans ou que ce soit des normaniens qui commencent à vous donner les clés pour comprendre comment fonctionne l'intérieur le système quand vous retrouverez à BFM TV face à des députés macronistes qui sont arrivés au tiers de ce niveau d'études ou à des journalistes et compagnie vous n'allez plus du tout vous sentir indigné vous allez avoir la capacité à en fait à les écraser dialectiquement et à ne plus subir le sigmètre symbolique qui a fait que ça a été si violent enfin que le traitement des visions a été si violent au sein de ces espaces médiatiques entre novembre et aujourd'hui parce que pourquoi c'est si violent parce que ces personnes là qui aujourd'hui avec la part des états médiatiques les journalistes et compagnie avaient un contexte de supériorité extrêmement violent par rapport aux gilets jaunes et du coup se permettaient de les traiter d'importe comment d'autant plus que les gilets jaunes avaient le culé de remettre en question leur position sociale donc ils n'avaient qu'un objectif c'est de sanctionner donc renverser ce stigmate et c'est à mon avis je pense que ce qu'on fait aussi dans cette conférence c'est redistribuer une partie de ce savoir qui théoriquement est fait pour accaparer et construire sa position sociale et ouvrir la porte justement à une forme d'absence de censure Merci d'avoir regardé cette vidéo !
Juan Branco