L'invité politique Sud Radio - Avec Ségolène Royal, ancienne ministre et ancienne candidate à la Présidentielle
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Il est 8h18 sur Sud Radio et ce matin, mon invité politique est une ancienne ministre, ancienne candidate à l'élection présidentielle et auteure de son dernier livre « Mais qui va garder les enfants ? » C'est aux éditions Fayard et on a l'occasion d'en reparler. Bonjour Ségolène Royal. Bonjour. Merci beaucoup d'être avec nous ce matin. Beaucoup, beaucoup de sujets évoqués avec vous. Bien sûr, l'actualité politique, l'actualité économique, l'actualité internationale. Mais au premier rang, d'abord l'actualité qui nous touche tous, ces incendies, la canicule avec une Ségolène Royal enragée sur les réseaux sociaux, de voir parfois les déclarations des politiques, parfois le manque de décision.
On va avoir l'occasion d'en reparler. Enragé, le mot est peut-être un peu fort. En tout cas, convaincu par ce qu'elle dit totalement et on aura l'occasion d'y revenir. On annonce dès la semaine prochaine à nouveau le retour de très fortes températures. Est-ce que ça veut dire que vous craignez, comme certaines personnalités aujourd'hui du bord politique, qu'à un moment ou un autre, on atteigne un bilan jusqu'à 10 000 morts en France due à la canicule ?
Attendez, on le savait. Ils ont l'air tous de découvrir ceux qui sont aux responsabilités. Mais on le savait, puisqu'il y a 10 ans maintenant, les deux temps passent vite, il y a eu la conférence de Paris sur le climat. Et tous les pays ont été mis en garde contre le risque de réchauffement climatique qui irait au-delà des 2 degrés et qui rendrait les températures insupportables. Et qu'il était temps d'agir et surtout d'anticiper. Donc on le savait à la fois sur la durée. Et là, le programme d'action était calé, était organisé, avait commencé d'ailleurs à être mis en application. Je disais, moi-même, présidente de la COP21, ministre de l'Environnement.
C'est pour ça que je ne suis pas contente de ce qui se passe, parce que je vois les Français souffrir, alors que tout cela aurait pu être anticipé. Deuxièmement, il y aurait pu y avoir une anticipation à court terme, puisque nous avons vécu une canicule l'été dernier. Donc on ne la redécouvre pas aujourd'hui. Et on a l'impression que, quand même, l'une des grandes puissances dans le monde, qui est la France, est dans l'impréparation totale, dans l'improvisation totale. Et surtout, laisse sur le côté les Français les plus précaires, en fait.
Mais vous avez l'impression, c'est qu'Holène Royal, beaucoup de Français le ressentent quand on voit parfois les couvertures de survie, par exemple, dans les hôpitaux, les systèmes D, parfois dans les écoles. Beaucoup parlent quand même d'un sentiment, parfois, de tiers-mondisation de la France.
Mais bien sûr, alors qu'il y a d'autres solutions. Et en plus, on a...
Mais vous, quand même, ancienne candidate à l'élection présidentielle, en Céline...
C'est extravagant, mais il y a une dégradation et un effondrement de l'autorité de l'État et de l'efficacité de l'État, surtout parce qu'il y en a qui répètent autorité, autorité, mais de l'efficacité de l'État dans tous les domaines. Car aujourd'hui, convergent quand même un certain nombre de drames qui sont invraisemblables dans la France d'aujourd'hui, entre les maltraitances sur les enfants, la question de la canicule qui n'est pas réglée et qui, une fois de plus, pénalise les plus fragiles, c'est-à-dire aussi les enfants, les adolescents et les personnes âgées. Cette précarisation, on voit encore des maltraitances dans les crèches, encore récemment.
Et donc, cette convergence, plus la hausse du prix de la vie aussi, qui fragilise encore plus les familles. Donc, on voit une convergence des problèmes qui ne sont ni anticipés ni réglés. Mais ce que je voudrais dire aux gens qui nous écoutent, c'est qu'il y a des solutions qui existent. Il y a des solutions qui existent. Quand j'étais ministre de l'Environnement, donc, juste au moment de la COP21, j'avais fait le crédit d'impôt de transition énergétique. Ça a été cassé. Ensuite, ils ont nommé Nicolas Hulot, qui était totalement incompétent. Nicolas Hulot, incompétent. Mais tout a été cassé.
C'est-à-dire, ce que nous avions fait collectivement, d'ailleurs, avec les entreprises pour créer à la fois des filières économiques de développement liées à la lutte contre le réchauffement climatique et, en même temps, améliorer le bien-être des gens, le crédit d'impôt, par exemple, permettait de faire tous les travaux d'isolation dans son logement et permettait aux communes, avec une priorité sur les écoles, d'engager aussi les travaux d'isolation et de rénovation thermique. Ça a été arrêté. Donc, qu'est-ce qui s'est passé ? Les filières industrielles de transition énergétique se sont effondrées. Les gens n'ont plus touché le crédit d'impôt. Et donc, ça s'est arrêté en 10 ans.
Si, en 10 ans, il y avait eu de la constance, de la continuité, eh bien, aujourd'hui, nous aurions les résultats, c'est-à-dire que 70% des bâtiments et des logements seraient correctement isolés avec des systèmes de réfrigération et des systèmes de chauffage économes en énergie. Vous ne croyez pas que ça...
Mais vous entendez, pourtant, c'est Colène Royal, un Premier ministre, Sébastien Lecornu, pourtant, quand on vous entend ce matin en colère, certes, peut-être légitime, il y a le Premier ministre qui dit, oui, d'accord, mais en fait, la chaîne de responsabilité a tenu, on a su faire, on a su s'adapter. Les leçons ont été tirées de la fameuse canicule de 2003.
Mais attendez, Sébastien Lecornu, il vient de faire une circulaire très bien, d'ailleurs, de disant aux ministres d'arrêter avec leur limousine et de venir au Conseil des ministres et de se déplacer en petites voitures électriques. Il y a 10 ans, écoutez-moi bien, j'allais au Conseil des ministres en petites voitures électriques, la Mia électrique Liès, qui était construite en France, il y a 10 ans. Ne croyez pas que si ça avait été soutenu, aujourd'hui, on aurait en effet une filière de développement automobile avec des voitures pas chères, électriques, accessibles à tous, de fabrication française, alors qu'aujourd'hui, on a un effondrement industriel des sous-traitants de l'automobile.
Donc, ce que je veux dire, c'est que la politique, c'est à la fois la gestion efficace du quotidien, mais c'est aussi l'anticipation par rapport aux informations que l'on a. Et que dans toute crise, parce que je veux aussi développer, délivrer un message positif, parce que les gens sont tellement assommés, sans parler en plus du spectacle des incendies, où on se demande où sont les Canadaires, comment les pompiers sont équipés. On voit des pompiers tout seuls avec leurs lances, comme ça, au milieu des forêts qui brûlent, mais c'est extravagant. Il y avait une promesse sur la fabrication des Canadaires. On est une puissance industrielle qui fabrique des avions.
Ils ne seront pas livrés avant 2030.
Airbus avait promis, avait proposé de construire des Canadaires. Ça aussi, ça a été laissé à l'abandon, n'importe quoi, aucune décision. Et ce qui me frappe depuis 10 ans, c'est le changement frénétique des ministres à la tête des ministères. Sept ministres de l'Éducation, sept ministres de l'Écologie. Donc, il n'y a pas de suivi, il n'y a pas de réflexion par rapport à ce qui s'est passé. Il n'y a pas d'évaluation, il n'y a pas ce qu'on appelle l'étude d'impact, qui doit accompagner toute décision publique et politique en disant,
quels sont les avantages, quels sont les inconvénients ? On se retrouve d'une certaine manière au pied du mur, et donc on a une succession de responsables politiques sur les plateaux, avec cette grande idée aujourd'hui, la climatisation. La climatisation, c'est ce qui pourrait nous sortir. On a notamment le Rassemblement National, avec un grand plan clim. De l'autre côté, on avait aussi une ministre de la Transition Écologique, Monique Barbu, qui nous expliquait que la clim, ça ne résoudrait rien. Comment ?
Vous avez regardé cette séquence, aussi bien du côté du Rassemblement National, avec cette idée de grand plan clim, pas trop financé d'ailleurs, et une ministre aujourd'hui de la Transition Écologique, qui rigole quand on lui parle de la climatisation.
Mais ce n'est pas au niveau du sujet. La question, bien sûr, que là où on peut climatiser, il faut climatiser. C'est comme quand il fait froid, il faut chauffer. Ça vous a choqué ça ? C'est pareil. Ce qui est dérisoire, c'est que le débat s'organise autour de savoir s'il faut la clim ou pas. Bien sûr qu'il faut la climatisation quand c'est possible. C'est devenu idéologique la climatisation. Non, ce n'est pas ça, c'est une façon aussi d'occulter le vrai problème et l'inertie sur les autres décisions. Car il faut à la fois de la climatisation, là où en effet la vie devient insupportable, notamment dans les écoles, dans les hôpitaux, dans les EHPAD.
C'est-à-dire, toujours le même critère, les populations vulnérables, elles doivent être en effet protégées. Il y a aussi une inégalité sociale très très forte entre les passoires thermiques des quartiers populaires et puis les gens qui peuvent se protéger. Tant mieux que ceux qui peuvent se protéger. Mais il faut aussi développer, et je l'ai dit, ça a été une occasion manquée par rapport à l'isolation thermique des bâtiments, notamment du logement social, qui n'a pas été fait. Or, ce que j'avais décidé aussi, et là le lobby de la construction s'y était opposé, c'est que tout bâtiment, tout nouveau bâtiment qui se construit doit être à énergie positive. C'est révolutionnaire ça.
C'est la révolution industrielle, c'est-à-dire doit produire, écoutez-moi bien, doit produire au moins autant d'énergie qu'il n'en consomme. C'est-à-dire être équipé de puits canadiens, de panneaux solaires, de récupération de chauffage, etc. Et puis ça a tergiversé, et puis comme toujours ce gouvernement a s'édé au lobby, alors que la politique, vous voyez, c'est de fixer un horizon, de dire à tous les opérateurs économiques, à tous les producteurs, regardez ce qu'on va faire ensemble, on va y arriver, on va construire tous les bâtiments à énergie positive. D'avoir une vision et d'accompagner les Français avec.
Oui, et ce qui est grave, si vous voulez, c'est que quand un nouveau décideur arrive, qui n'y comprend rien, qui n'a aucun poids politique, qui dit « bon non, on va changer les choses », vous pénalisez les comportements vertueux. C'est-à-dire que ceux qui s'étaient engagés dans la transition énergétique et dans les bâtiments à énergie positive, tout d'un coup, quand mes successeurs ont arrêté cet objectif, ils se sont retrouvés en difficulté économique. Oui, c'est la dynamique, mais ce qui est frappant, pardon Ségolène Royal,
quand on vous entend, c'est qu'on va aller sur le mot, vous avez prononcé plusieurs fois, la politique, c'est de prévoir, c'est d'assumer, c'est d'anticiper. Quand on vous entend, visiblement, vous aviez presque de la pression sur certains sujets.
Oui, c'est anticipé, sous le ricanement souvent, la voiture électrique, ça a été tempillé.
Mais quand on voit, en plus, vous parlez de votre famille politique qui est un peu déprimante et on va y venir, est-ce que quand vous voyez tout ce qui se passe ce matin, des sujets sur lesquels vous avez raison, peut-être à défaut d'y penser en se rasant, est-ce qu'en vous coiffant ou en vous maquillant,
vous pensez à le 27 ? Je vous voyais venir. Évidemment. C'est logique, d'ailleurs, que vous me posiez la question. C'est logique que vous me posiez la question. Mais si vous voulez, ce que je pense, c'est qu'il n'y a pas d'homme ou de femme providentiel. Il y a une pensée forte sur laquelle on peut peut-être converger, faire fédérer des énergies nouvelles. Mais vous l'avez fait en 2007, autour de vous. Oui, oui. Mais là, ce que je défends, justement, c'est toujours l'ordre juste. Ça reste furieusement d'actualité. Et même, beaucoup plus qu'avant, l'ordre juste dans tous les domaines.
Même dans la question de la protection de l'enfant, dans la question économique, dans la question financière, dans la question écologique, l'ordre juste.
Quand on vous entend furieusement d'actualité, pourquoi ne pas retenter l'aventure ? Il ne s'agit pas ici de faire la petite phrase de la compétition. Mais quand on vous entend vos convictions, votre envie encore de participer à ces combats de demain, pourquoi ne pas y penser ? Pourquoi ne pas y réfléchir sérieusement ?
Écoutez, ce qui est vrai, c'est que je reçois... Cette question, elle m'est beaucoup posée. Même dans la rue. Même ici, en arrivant à votre émission, on m'a envoyé un taxi. Merci beaucoup.
La direction est ravie.
Je suis montée dans ce taxi. Et même le chauffeur de taxi m'a dit, mais alors, on a besoin de vous. Qu'est-ce que vous... Mais bon... Mais bon... Mais je... Je consulte. Moi, je consulte. Mais qu'est-ce qui vous en fait ? Oui, parce que je trouve assez dérisoire aussi ces multiplications de candidatures que je respecte. Parce que ceux qui s'engagent en politique, c'est toujours aussi une forme d'engagement, de sacrifice et de... Mais vous voyez, ce n'est pas ce qu'attendent les Français. Il faut une structuration. Non, mais quand vous dites que vous consultez Ségolène Royal, quand on voit aussi... Je consulte mes amis, je regarde ce qui se passe, je... Si je peux être utile, si je...
Pourquoi pas ? Mais parce que quand on regarde,
quand on regarde aujourd'hui les candidatures, on n'a pas à les juger, on les respecte toutes, ce n'est pas le sujet, mais quand on voit ce que vous avez fait en 2007, quand on voit les thèmes que vous avez portés, qui sont aujourd'hui furieusement d'actualité pour reprendre vos termes factuellement, vous êtes quand même arrivé au second tour, vous avez fait un score plus qu'honorable, vous avez porté la gauche à un certain niveau. Aujourd'hui, quand vous dites que vous consultez, qu'est-ce qui vous empêcheraient, vous, Ségolène Royal, de ne pas y aller ?
Si vous voulez, c'est une question de génération aussi. C'est-à-dire, le problème, c'est que comme dans certains partis, pour ne pas les citer, pour ne pas leur faire de promotion, il y a des gens qui, quand on leur peint sur le nez, ils en sortent encore du lait, comme disaient les anciens. Du coup, tout le monde se dit, dans tous les partis, tous ceux qui n'ont eu aucune responsabilité politique, se dirent, pourquoi pas moi ? Donc, il y a une question de génération. Et ce que je comprends aussi, c'est qu'aux partis socialistes, il y a une nouvelle génération qui se dit, on ne va pas repartir avec ceux qui ont déjà fait campagne, etc. Donc, si vous voulez,
comment ? Vous ne croyez pas du tout à une génération comme celle, par exemple, à nouveau, de François Hollande, de Bernard Cazeneuve, de Raphaël Luxemann ? Pour vous,
ça s'est dépassé ? Non, ce n'est pas ça. Non, je parlais de la nouvelle génération, là. Oui. Donc, je vous parlais de la nouvelle génération qui se dit, on n'a peut-être pas forcément envie de repartir avec Cégolène Royal, en clair. Parce qu'ils se disent, pourquoi pas nous ? Pourquoi la nouvelle génération ? Sauf que je crois, en effet, qu'aujourd'hui, compte tenu des problèmes qui se posent, les Français ont aussi besoin de personnes expérimentées. et que peut-être aussi que le temps des femmes est venu.
Parce que dans ce monde d'une cruauté, et d'ailleurs, mon livre porte là-dessus, ainsi que le précédent, dans ce monde d'une cruauté féroce, dans ce monde de violence, d'absence de bienveillance, de ce qu'on découvre sur le traitement de la petite enfance. Vous voyez, quand j'ai écrit mon livre, il y a plein de chapitres sur la question de la maltraitance sur les enfants, parce que je pense que c'est un sujet central. On m'a dit, quand j'ai sorti mon livre, mais non, mais ça, ce n'est pas politique, c'est un sujet secondaire. Mais non. Et là, surgissent tous les scandales liés à l'effondrement de l'aide sociale à l'enfance, ou les gens avec l'assassinat du jeune Louis.
Et puis, la prostitution, qu'est-ce que c'est que c'est extravagant ? Des filles de 14 ans confiées à l'aide sociale à l'enfance, c'est-à-dire sous protection des départements et de l'État, qui basculent dans la prostitution, mais dans quel monde on vit ? Et la maltraitance des enfants dans les crèches et les abus sexuels avec des pédophiles qui sont juste suspendus et qui ne sont même
pas incarcérés ?
La question de l'ordre juste, la question du zéro tolérance pour les violences faites aux enfants et pour les violences faites aux femmes et la question d'une urgence climatique, voilà, si un jour je suis candidate, quels sont mes trois objectifs ? Et ce que je peux vous dire, c'est que les Français auront des résultats sur ce sujet-là. Et je pense deuxièmement qu'en termes de méthode de gouvernance, ça suffit de nous faire peur.
Quand on voit les candidats potentiels commencer encore à taper sur les retraités et sur les retraites comme si les Mozart de la finance qui nous font 3 500 milliards de dettes de trouver comme seule solution une fois de plus que de taper sur les retraites alors qu'on s'est déjà tapé justement le 49-3 avec Elisabeth Bond, etc. On nous a dit c'est la dernière...
Elisabeth Bond, pourtant.
Oui, mais c'est une bonne question. Vous voyez ? La question, ce n'est pas d'homme-femme, c'est la question du féminin et du masculin.
Parce que beaucoup vous diraient, c'est vrai, le temps des femmes est venu. Marine Le Pen sera une très bonne présidente de la République.
Mais c'est pour ça que si elle est candidate, si elle peut être candidate, elle est en effet particulièrement dangereuse parce que je pense que c'est dangereux au sens politique, au sens politique parce que je pense en effet que ce serait dramatique que l'extrême droite arrive en France. Mais bien sûr, mais par rapport à ce que vous disiez féminin-masculin, il y a des femmes qui avaient responsabilité parce qu'elles ressemblent aux hommes. Donc les hommes les cooptent. Mais il y a encore quand même une très forte... Vous apercevez une ressemblance avec... Oui, mais je ne veux pas personnaliser ou Margaret Thatcher ou Elisabeth Borne.
C'est-à-dire qu'il y a des femmes qui ressemblent tellement aux hommes que ça ne gêne pas les hommes de les laisser accéder aux responsabilités. Vous êtes trop féminine
pour être présidente.
C'est pas ça, c'est féminin au sens d'amour maternel, au sens de bienveillance, au sens de... Les Français, ils ont besoin d'être protégés, on n'a pas besoin de leur faire peur, on n'a pas besoin de leur taper dessus, on n'a pas besoin d'avoir les gilets jaunes parce qu'on les a maltraités, on n'a pas besoin de faire peur aux gens sur les retraites. Faire peur aux gens sur les retraites alors qu'ils ont causé toute leur vie, que la retraite moyenne des femmes est 1200 euros et d'entendre des candidats à la présidentielle nous dire « Oh ben non, on va retrouver des solutions en tapant sur les retraités », ça suffit. Parce que ça,
ça fait peur aux gens. Ancienne ministre, ancienne candidate à la présidentielle et auteur de ce livre que vous avez évoqué « Mais qui va garder les enfants ? » Je ne veux pas vous embarrasser mais vous parlez de fait comme une candidate Ségolène Royal et ça tombe bien, vous restez avec nous 0826 300 300 amis auditeurs, vous voulez échanger, débattre, discuter avec Ségolène Royal ? Eh bien ça tombe bien, le standard est ouvert et elle, elle attend vos questions avec ses réponses 0826 300 300 La discussion se poursuit à tout de suite.
Le Grand Matin Sud Radio 7h10h Maxime Liedot
Il est 8h38 sur Sud Radio et on poursuit l'échange, la discussion, le dialogue avec Ségolène Royal, mon invité politique, ancienne ministre évidemment, ancienne candidate à l'élection présidentielle et auteur de « Mais qui va garder les enfants ? » Aux éditions Fayard, vous êtes nombreux à vouloir poser des questions 0826 300 300 ma chère Ségolène Royal, on y reviendra mais j'aimerais simplement qu'on échange encore tous les deux sur le scandale quand même qui a laissé la France encore sous le choc de cette affaire Liana avec un rapport qui a été rendu, en tout cas un pré-rapport qui a été rendu.
Beaucoup de personnes se sont interrogées sur la responsabilité du garde des Sceaux dans cette affaire, il avait présenté ses excuses d'ailleurs le ministre de l'Intérieur aussi. Est-ce que face à un tel choc, face à un tel drame, est-ce qu'un ministre qui plus est comme Gérald Darmanin aurait dû démissionner, selon vous ?
Pour répondre à cette question, il faut savoir qu'est-ce qui se serait passé dans un autre pays proche de nous en Europe ? Ben oui. Pour démissionner, bien sûr. Et son prédécesseur n'a pas fait mieux d'ailleurs, Dupond-Moretti. Le problème, c'est que ces ministres de la justice et de l'Intérieur n'ont jamais fait aucune instruction pour mobiliser la police, la gendarmerie et la justice sur les maltraitances faites aux enfants.
Gérald Darmanin vous dit qu'on a fait passer des circulaires, on a mis dans le commissariat.
Non, ils n'ont rien fait du tout. Ils n'ont rien fait du tout. Je me souviens, quand j'étais ministre de l'enfance, on avait créé des espaces dans les commissariats et dans les gendarmeries justement pour l'audition des enfants dans des lieux où il y avait des jouets qui étaient déconnectés de l'uniforme pour ne pas qu'ils aient peur pour parler. Tout ça a par exemple disparu. Pourquoi est-ce que ça a disparu ? Parce qu'il y a eu tellement de mouvements sociaux suscités par les mauvaises décisions gouvernementales successives. On a quand même subi la souffrance des Gilets jaunes et les manifestations. La souffrance des manifestants et des gens qui avaient peur pour leur retraite.
On a subi le Covid avec une gestion quand même très chaotique et très répressive notamment sur les enfants et sur les jeunes.
Et les autres mouvements sociaux qui se sont poursuivis après à cause des mauvaises décisions gouvernementales et les instructions qui ont été données par les ministres à la police et à la gendarmerie puisque ça apparaît dans les rapports c'est que vous consacrez 100% de votre temps encore récemment la répression sur les éleveurs ça fait tellement mal au cœur la répression sur les agriculteurs et sur les éleveurs c'est-à-dire sur ceux qui produisent ce que nous mangeons c'est-à-dire les plus utiles de notre société et il y a une instruction de Gérald Damana qui dit à la gendarmerie et à la police vous consacrez à la gendarmerie parce que c'est en milieu rural vous consacrez 100% de vos moyens à la répression contre les manifestations d'agriculteurs donc les gendarmes ils reçoivent ça et bien ils font ce qu'on leur dit et donc du coup les plaintes pour les viols sur les enfants quand même il faut voir de quoi l'on parle et bien du coup ne sont pas suivis vous avez vu
vous avez vu qu'en France notamment beaucoup vantent l'installation partout je crois qu'il y en a plus de 400 aujourd'hui en France des fameuses salles Mélanie des formations qui ont été apportées les fameuses salles vous savez les fameuses salles Mélanie qui sont prévues en réalité pour accueillir les plaintes pour qu'on puisse les écouter les accueillir comme il se doit il y a eu des formations supplémentaires
il y a des choses très simples à faire je le dis dans mon livre d'ailleurs avec des propositions très précises c'est d'abord rétablir ce que j'avais fait à l'éducation nationale la sensibilisation et la prévention des enfants ton corps c'est ton corps tu as le droit de dire non tu dois même dire non à tout ce qui te gêne aucun adulte même dans ta famille n'a le droit de regarder tes parties intimes de les toucher de te chatouiller et de faire des choses qui te gênent déjà combien de jeunes femmes qui sont victimes d'abus sexuels et même de jeunes hommes disent mais si on l'avait su si au moins un adulte nous avait dit ça dans notre vie on aurait été en capacité de résistance c'est à dire qu'il faut que la peur change de camp et ça je l'avais diffusé dans toutes les classes tous les élèves avaient reçu un petit bulletin un petit cahier sur mon corps c'est mon corps j'ai le droit de dire non et mon successeur a supprimé tout ça parce que c'était pas sérieux parce que c'était secondaire parce que c'était une histoire de femme de bonne femme etc comme on m'a toujours dit sur les sujets aussi cruciaux et aussi essentiels que la protection de l'enfance donc il y a ça à faire et deuxièmement il y a des sanctions immédiates quelqu'un qui un enfant ne ment pas donc un enfant de 3 ans qui dit tel adulte m'a fait ça il est immédiatement incarcéré donc il y a un sentiment d'impunité et d'autre part il y a une formation de ceux qui auditionnent les prédateurs sexuels pour connaître leurs mécanismes je décris ça aussi dans mon livre c'est quoi les mécanismes c'est j'ai rien fait mais l'enfant invente je vais me suicider etc la menace au suicide est la première des paroles d'un prédateur sexuel qui veut faire peur aux adultes qu'il a en face de lui et donc les adultes pas courageux ou un peu lâches se disent c'est quand même plus facile de gérer un enfant qui va se taire voire qu'il s'est suicidé parce qu'il faudrait aussi rouvrir les dossiers de tous les enfants et les adolescents qui ont mis fin à leur jour parce que justement leur parole n'a pas été entendue qu'un prédateur sexuel adulte qui s'agit qui menace qui menace de se suicider etc donc il faut des gens extrêmement fermes extrêmement bien formés dans l'articulation et donc d'où le sujet
qui doit être prioritaire pour les politiques dans les prochaines semaines même dans les prochains mois et c'est facile à éradiquer tolérance zéro on l'avait promis avec vous c'est Colène Royal 0826 300 300 échange avec les auditeurs et je vous propose d'accueillir Eric d'abord bonjour Eric
oui bonjour bonjour à tous bonjour Madame Royal
merci beaucoup d'être avec nous ce matin mon cher Eric vous nous appelez de Saint-Rémy-de-Provence vous êtes maraîcher vous avez une question qui concerne l'agriculture pour Saint-Rémy-de-Royal
oui on a une question je suis vice-président de l'APREL qui est l'association pour la recherche et l'étude expérimentale je suis président d'un CETA maraîcher et donc on est toujours confronté au même problème à la disparition de matières actives et de produits phytosanitaires le problème c'est que souvent on n'a pas d'alternative en face nous sur la station de contrôle dont je suis vice-président sur la station pardon d'essai on essaye bien évidemment les biocontrôles on essaye beaucoup de choses pour pallier aux phytosanitaires parce qu'utiliser des phytosanitaires c'est pas une passion loin de là mais c'est néanmoins nécessaire quand on a certaines attaques ou certains problèmes de pathogènes à régler quand on a par exemple on a fait d'énormes progrès puisque maintenant on utilise de moins en moins d'insecticides et grâce à la lutte intégrée on lâche des prédateurs on lâche tout ça le problème c'est qu'on crée des lois qui sont au-dessus de l'Union Européenne donc on interdit j'y reviens dessus on n'entend que ça malheureusement mais parce qu'on ne progresse pas sur ce sujet sur la fameuse clause sur le fameux clause d'effet miroir c'est-à-dire si un produit est dangereux quand on l'utilise chez nous sur nos productions alors on ne peut pas importer des produits qui sont traités avec vous prenez par exemple le dimétoate interdit sur la cerise bon je dis la cerise en France on importe des cerises qui sont traitées au dimétoate donc à l'allure où on y va les gens font beaucoup d'efforts ils placent des filets ils font des investissements croyez-moi on a une agriculture qui est ingénieuse qui se bat qui travaille énormément
vous vous demandez quoi faire d'une certaine manière Eric pour l'agriculture française quand on est à tant de contradictions et françaises et Union Européenne c'est Golan Royer qu'est-ce que vous répondez à Eric ?
Je trouve que vous posez très bien le problème c'est-à-dire que d'une part effectivement les producteurs font énormément d'efforts vous avez raison de le souligner je l'ai constaté moi-même quand j'étais ministre de l'environnement j'avais même créé des partenariats avec les syndicats agricoles et avec les producteurs mais d'autre part je pense vraiment que le rétablissement qui vient d'être voté par le Sénat dans le cadre de la loi Duplomb sur le rétablissement de pesticides interdits dans les néonicotinoïdes et avant ça le rétablissement du glyphosate que j'avais interdit comme ministre de l'environnement sont des fautes graves pour deux raisons premièrement parce que ça ruine tous les efforts que vous évoquez à juste titre qui sont faits par ceux qui cherchent des alternatives quand tout d'un coup vous rétablissez un interdit alors que des filières de recherche de bonnes pratiques commencent à se mettre en place pour être conformes aux règles tout d'un coup vous ruinez tous ces efforts et ça c'est moralement scandaleux deuxièmement parce qu'on sait qu'aujourd'hui il y a un impact très fort des néonicotinoïdes et des pesticides sur les cancers il faut arrêter de nier et quand on voit l'explosion du cancer des enfants et quand on voit les clusters de cancers des enfants autour justement des territoires qui sont traités avec des pesticides voire avec des trafics de pesticides interdits j'ai connu ça moi dans ma région en Poitou-Charente il y avait des trafics venant d'Espagne de pesticides interdits avec des clusters de cancers comme il y a en Charente-Maritime par exemple donc on n'a pas le droit de faire ça et vous dites ensuite un truc quelque chose de très juste aussi vous dites mais c'est pas juste de pouvoir importer des produits vous pouvez citer les cerises c'est aussi les enfants qui mangent les cerises les cerises regarde encore les enfants qui sont victimes les cerises les noisettes les pommes vous croyez que c'est quand même extravagant ça et derrière
bien sûr est-ce que c'est
juste pour ça juste pour ça parce qu'on a effectivement ce qui n'est pas normal c'est qu'on puisse importer des produits bien sûr qui contiennent des pesticides qui sont interdits en France mais il y a une solution à ça monsieur c'est exigeant des grandes surfaces combien de fois je leur ai demandé d'identifier d'isoler dans la grande surface les produits d'origine française et l'étiquetage en disant dans ces produits-là il y a moins de pesticides où il n'y en a pas et donc orienter le consommateur et aujourd'hui le consommateur est trompé quand je fais mes courses vous les faites aussi tout le monde les fait tous ceux qui nous écoutent le font vous arrivez dans un supermarché il y a les tomates il faut chercher vraiment avec une loupe où sont les tomates françaises où sont celles qui sont moins et donc moi ce que je demande une nouvelle fois c'est que la grande distribution isole dans sa surface les produits agricoles d'origine française parce que vous aurez les consommateurs et les parents qui seront des alliés avec vous
à quel point le débat en 2007 avait été vraiment très compliqué à organiser entre vous et Nicolas Sarkozy quand je vois le temps de parole elle a dit ça elle a dit ça elle a dit ça elle a dit ça absolument elle viendra témoigner à ce micro avant 9h c'est faux c'est le privilège d'avoir organisé ce débat à votre micro on est bien ensemble vous restez avec nous 10 minutes de plus question des auditeurs qui sont nombreux 0826 300 300 on prolonge la discussion l'échange avec vous au 0826 300 300 jusqu'à 9h à tout de suite
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