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interviewSud Radio (sur YouTube)· 11 juillet 2025 16 min

Sophie Primas - "Budget : Tout le monde sera mis à contribution"

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

[Musique] Benjamin anglaise Sud Radio, Parlons vrai avec mon invité politique ce matin, Sophie Prima, porte-parole du gouvernement. Bonjour Sophie Prima. Bonjour Benjamin et merci d'être avec nous ce matin.

Beaucoup de sujets dont nous allons parler. On va commencer peut-être d'un mot avec la loi PLM, réforme du mode de scrutin à Paris, Lyon et Marseille. Le Parlement a définitivement adopté cette réforme.

Le rapporteur de loi, Sylvain Mayard, parle d'un scrutin qui sera plus démocratique. Est-ce que vous aussi vous estimez que c'est une réforme de de justice électorale ? Écoutez, moi je laisse le parlement parlementer et donc le parlement a décidé que cette loi devait être adoptée.

Euh il nous a pas échappé que le Sénat qui la chambre des collectivités territoriales a émis quelques réserves sur ce texteel qu'il n'a qu'il n'a pas voté. Maintenant il est voté. Il promet de saisir le Conseil constitutionnel également.

C'est une procédure assez classique désormais de demander au conseil constitutionnel si nous sommes bien dans l'esprit de de la constitution mais désormais c'est plutôt les municipales qui se profilent à l'horizon de mars 2026 et il est temps de passer à cette étape. Oui, parce que le code électoral précise tout de même qu'on ne peut pas changer comme ça le mode de scrutin l'année précédente aux élections. Ça veut dire que quand même pour vous, elle doit elle doit être mise en œuvre dès les prochaines municipales.

Bah écoutez, on verra ce que dit le Conseil constitutionnel évidemment. nom de la séparation des pouvoirs. Moi, je ne peux pas me prononcer à la place du Conseil constitutionnel bien sûr qui dira la chose assez rapidement, je pense parce que effectivement les campagnes vont commencer et que sur ces trois communes que vous citez et ces gris métropoles Paris Lyon Marseille, évidemment on ne fait pas campagne de la même façon et pour les mêmes choses sur une élection qui est une élection majeure.

Au Sénat, on parle carrément de tripatouillage électoral pour favoriser Rachid Adati à Paris. Ça vous inspire quoi ça ? Non, je veux pas rentrer dans ces polémiques.

Encore une fois, le Parlement a décidé, a choisi, a voté. Conseil constitutionnel donnera son avis. Euh je je m'arrêterai et je m'empêcherai tout autre commentaire.

Alors, passons à un autre sujet. Autre autre changement possible au niveau électoral, c'est la proportionnelle pour les législatives. On en sait peut-être un peu plus.

Hier avec François Bairou qui parle d'un possible référendum. On le rappelle, François Bairou est favorable depuis longtemps à cette proportionnelle. C'est pas le cas du ministre de l'intérieur, Bruno Rotaillot, qui a mis dans la balance he cette décision sur un éventuel départ du gouvernement.

Pour quand ce référendum et est-ce que s'il a lieu, ça signe le départ du gouvernement DLR ? Alors, c'est beaucoup de questions en une question. La première question, c'est qu'effectivement, et vous l'avez dit, le premier ministre est très attaché au scrutin à la proportionnelle pour les législatives, il y a des réserves et notamment ces réserves dans les partis politiques sont exprimées évidemment par Bruno Rotaillot en tant que président des Républicains mais dont je fais également partie, mais aussi par d'autres formations politiques du socle commun qui émettent les plus grandes réserves sur la proportionnelle.

Hier soir, le Premier ministre a indiqué que la voix idéale était la voie référendaire. C'est une prérogative du président de la République et pardonnez-moi de dire que le Premier ministre d'ailleurs a dit que l'urgence aujourd'hui était le budget et que cette question de la proportionnelle serait plutôt vue après la question budgétaire. Sophie Prima, porte-parole du gouvernement.

Je le rappelle, le siège du RN perquisitionné mercredi pour des suspicions de près illégaux. Le RN dénonce un acharnement. Jordan Bardella évoque un prétexte pour fouiller son bureau.

C'est de la paranoïa ou pas Sophie Prim ? Bah là aussi peu de commentaires de ma part puisque au nom de la séparation des pouvoirs naturellement je n'ai pas mimisser dans cette procédure. Le procès en victimisation est bien est bien est bien bien connu.

C'est une défense qu'utilise très très souvent le Rassemblement national. Moi, je crois que le sujet qui est évoqué ici est plutôt un sujet de fond, c'est-à-dire le financement des partis politiques d'une façon générale. Ça c'est un vrai financement ce un vrai sujet.

Le financement des partis politiques a été euh, on va dire précisé au fil des années euh avec des normes, avec des règles, avec des lois. Euh aujourd'hui, il reste des imprécisions. Il reste surtout la difficulté de financer euh des campagnes des campagnes euh et de trouver des des prêts en fait des banques.

Ça touche le Rassemblement national mais ça touche d'autres formations euh politiques. Et donc la question qui a été évoquée par le Premier ministre hier qui est la banque de la démocratie me paraît est une idée extrêmement intéressante. Fond de mer quand même.

Ça sera pour quand ça ? Mais écoutez, vous savez que notre encore une fois le le l'éléphant au milieu de la pièce du calendrier avant l'automne, c'est quand même ça va arriver vite. Pour lui, c'est une urgence parce qu'il y a des échéances présidentielles, il y a probablement d'autres échéances législatives qui arrivent et véritablement quel que soit le parti, je ne cible pas le Rassemblement national particulièrement, la question du financement mérite d'être d'être mise à l'ordre du jour parce que c'est une question démocratique.

Edvich Diaz qui est du RN, vice-président du RN affirmé hier à ce micro sur Sud Radio hier matin que la seule solution pour sauvegarder la démocratie c'est que le RN arrive au pouvoir. Que lui répondez-vous ? Et je visage je comme vous n'ignorez pas, je ne fais pas partie de cette formation politique et mon souhait ma vie politique me construit pour un projet qui n'est pas celui du Rassemblement national.

Donc mon souhait n'est pas évidemment que le Rassemblement national arrive au pouvoir, mais je suis démocrate avant tout et je pense qu'il faut donner les chances et et les moyens à chaque parti politique de se battre à armes égales. Et après, ce sont les convictions qui gagneront. le budget euh François Bairou qui annoncera les grandes lignes de ce budget 2026 mardi prochain et il a eu des propos assez flou alors vous avez peut-être nous aider à décoder hier soir sur LCI et il a dit qu'il peut y avoir ici ou là des efforts particuliers en parlant de de l'impôt mais il ne croit pas que ce soit par l'impôt qu'on résout des problèmes.

Ça veut dire quoi exactement ça ? Ça veut dire et je crois qu'il a assez bien expliqué que dans notre pays, nous sommes le pays euh dont le taux d'imposition, la charge euh sur euh les Français euh est la plus élevée parmi les pays de l'OCDE. Donc l'impôt n'est pas euh la variable sur lequelle on résout tout.

Euh ce qui est devant nous, c'est un Himalaya de 40 milliards, je reprends ces propos, un 40 milliards d'économies qu'il faut réaliser pour tenir nos objectifs de réduction du déficit. C'est très important. On fait pas ça pour la beauté du geste.

On fait ça parce que on prépare les capacités de la France à avoir une souveraineté financière et budgétaire qui nous permettent d'investir sur les éléments qui sont les éléments qui concernent la jeunesse, qui concernent l'éducation, qui qui concernent l'armement bien entendu notre défense, notre souveraineté. Et donc on fait pas ça pour la beauté du geste, on fait ça pour nous redonner les capacités à préparer l'avenir de la France et l'avenir des générations suivantes. Donc effectivement nous allons devoir trouver ces 40 milliards essentiellement sur des réformes de l'État, sur des économies sur le fonctionnement de l'État, sur des économies également sur la façon dont on gère nos prestations sociales, retraites, dépenses de santé où on voit bien qu'il y a des dérapages très importants.

Collectivité territoriale, tout le monde va être mis à contribution. Est-ce que ça peut passer concrètement par un gel des retraites du BRM de l'impou ou encore des prestations sociales ? Alors ne comptez pas sur moi pour spoil poser la question.

Est-ce que vous l'excluez déjà tout simplement pour savoir ? Ah non mais moi je n'exclus rien du tout. Je n'annonce rien du tout.

Le Premier ministre fera ses annonces mardi et vous imaginez bien que je ne vais pas faire des annonces avant lui. Bon si je vous demande sur la taxe Zukman pour un taux minimum d'imposition sur les grandes fortunes, c'est hors de question. Non, vous ne commentez pas.

Je ne commente pas. Le le Premier ministre fera ses annonces mardi après-midi et je crois qu'on on est tous impatients d'ailleurs de cette séance où le Premier ministre montrera ses ses arbitrages. Les aides publiques aux entreprises qui ont atteint les 211 milliards d'euros, ces chiffres donnés par une commission d'enquête au Sénat, c'est trop ou pas selon vous ?

Sans parler du budget qui sera annoncé mardi, mais qu'est-ce que vous en pensez de ce chiffre là ? Ce qui est très important pour le pays, c'est de gérer la croissance. Le Premier ministre l'a l'a redit hier.

Il faut qu'on travaille davantage, il faut qu'on produise davantage pour créer de la richesse, qu'on puisse ensuite redistribuer en service public, en soutien au plus modeste, en soutien au plus fragiles. C'est ça le modèle de la France. Donc la croissance pour nous, elle est importante.

Il faut donc permettre aux entreprises d'avoir de la compétitivité, d'avoir envie de s'installer dans notre pays. C'est les éléments de compétitivité. Ça c'est le le premier point.

Alors 211 milliards d'ailleurs, c'est très difficile, les sénateurs le disent eux-mêmes, très difficile à estimer. Exactement. Moi ce qui m'a frappé dans ce rapport, c'est qu'il y a plus de 2200 dispositifs de soutien aux entreprises.

Donc c'est un maqui pour les entreprises, c'est un maqui pour l'État, c'est un maqui pour le Parlement. On n'y voit pas très clair. Donc je pense qu'il y a un travail de rationalisation à faire euh en ce sens pour la compétitivité d'ailleurs des entreprises, pour la transparence de l'efficacité de ces dispositifs.

Donc il faudra regarder les travaux du Sénat et s'en inspirer probablement. Donc simplification possible, mais euh sur ce chiffre-là, des 211 milliards d'euros, ça vous semble légitime ? Bah en il faut vérifier l'efficacité de cet investissement qui est fait par la nation pour la croissance et vérifier que chaque dispositif a un rendement qui justifie la création de ce dispositif.

Un mot sur cette réforme de l'assurance chômage voulue par Gabriel Atal qui a été repoussé après la dissolution, il remet sur sur le tapis. Emmanuel Macron l'avait qualifié cette réforme d'indable. Est-ce qu'elle l' selon vous ?

Ce ce que ce qui est indispensable et le premier ministre là aussi l'a redit hier, c'est que nous arrivions à un taux d'activité de nos plus jeunes et de nos seiors qui soient supérieur à celui auquel il est aujourd'hui. Une partie de la réforme sur l'assurance chômage peut répondre, on l'a vu, la précédente réforme sur l'assurance chômage a fait augmenter le taux d'activité des plus de 60 ans. C'est assez mécanique.

Donc est-ce qu'il faut rere cette réforme ? le premier ministre se se se se se dira ce qu'il pense de de cette proposition, prendra ou prendra pas l'opportunité. Mais en tout cas, la réflexion sur le taux d'activité, elle me semble essentielle là aussi pour baisser nos déficits.

En parlons du gouvernement, Sophie Prima, vous en êtes la porte-parole. Le ministre de l'enseignement supérieur, tout d'abord Philippe Baptiste, qui affirme que l'islam gauchisme n'existe pas au sens intellectuel du terme à l'université. Est-ce que vous partagez son point de vue ?

C'est un propos d'universitaire. Donc je laisse les propos à à Philippe Baptiste et à son auteur. Ce qui est sûr, c'est que le communautarisme, l'entrisme en partie fait partie aujourd'hui de euh la réalité de certaines universités.

Nous avons des témoignages, nous sommes saisis par un certain nombre de professeurs d'université sur ces questions-là et il est euh assez clair, clairement prouver euh qu'une partie de cette activité est nourrie par des volontés politiques et politiciennes, une partie de notre de notre paysage politique, en particulier par les filles. Alors que l'université doit être un sanctuaire, l'université doit être sacrée. C'est le temple de la recherche, de l'éducation, c'est le temple du savoir et toute activité de ce type-là n'est pas souhaitable.

Donc il y a un sujet, le sujet du communautarisme qui nous est remonté clairement par un certain nombre d'acteurs des universités, il faut le prendre en considération. Est-ce que Bruno Rota doit rester au gouvernement ? C'est votre patron, on l'a dit sur alors il a déclaré aux parisiens.

C'est vrai que ça ça interpelle. Je n'ai aucun goût pour les synthèses molles. Est-ce qu'il doit assumer et quitter le gouvernement ?

Est-ce que vous l'entendez comme ça ? Moi, je vais vous répondre différemment. En réalité, pourquoi sommes-nous euh alors, je parle en tant que républicaine là, non pas en tant que porte-parole, mais un peu les deux.

Pourquoi sommes-nous au gouvernement ? Nous sommes au gouvernement pour nous mettre d'accord sur l'essentiel. L'essentiel, c'est encore une fois l'Himalaya budgétaire que nous avons devant nous qui est une question de responsabilité collective pour notre pays.

Vous savez, on a des échéances financières, on a des échéances budgétaires qui sont vraiment une question extrêmement centrale pour le pays. Ensuite, nous sommes là pour cela, est-ce que nous avons des différences avec d'autres partis qui participent à ce socle commun ? Bien sûr, et c'est cela que dit Bruno Retaillot, pas plus, pas moins, mais ça ne remet pas en cause le fait que nous essayons ensemble de trouver une issue budgétaire pour la France et que ensuite nous avons des diversités d'opinions.

Que ferez-vous à l'hiver prochain, Sophie Primar ? Ah bien, écoutez, je voudrais bien vous poser la question. Je je sais pas.

Écoutez, nous entamons évidemment, je plaisante, mais nous entamons évidemment la session parlementaire. Nous entamerons la session parlementaire à l'automne avec un certain nombre de textes qui seront à l'Assemblée et au Sénat, qui seront avant les textes budgétaires. Et puis pour les textes budgétaires, bien nous continuerons ce que nous essayons de faire avec le premier ministre et l'ensemble du gouvernement. expliquer pour ce que nous faisons, expliquer les choix que nous allons devoir faire et dans les choix, il y a des choix positifs, des choix négatifs, expliquer les enjeux, expliquer aux Français que si nous travaillons sont pour nos enfants, nos petits-enfants et pour que la France retrouve sa souveraineté.

Faudra-t-il aller jusqu'à une dissolution pour mettre fin à cette crise politique que nous nous traversons, vous le pensez ou pas ? Bien, tout dépendra là aussi de si nous sommes censurés au moment du budget ou avant. notamment vous savez que les chefs d'entreprise aujourd'hui sont un petit peu dans l'expectrice de ce qui va se passer, un petit peu sceptique.

Ils ont besoin de stabilité, ils ont besoin d'une voie, ils ont besoin d'être réassurés aussi sur effectivement leur contribution éventuelle au redressement du pays. Euh et donc oui, on a besoin de stabilité. Si jamais la censure était exercée à l'automne, ça ne changerait malheureusement ni le déficit de la France, ni les enjeux budgétaires, ni la composition de l'Assemblée nationale qui est instable.

Donc le président de la République, dont c'est la prérogative prendra sa décision et et je ne sais pas quel quel quelle sera cette décision. H c'est encore un bon capitaine de navire aujourd'hui François Bairou. Moi, je trouve que c'est un bon capitaine de navire, d'un navire qui est fait avec des équipages qui viennent de de plusieurs expériences et de plusieurs idéologies différentes.

Il laisse la liberté, ça peut un peu déstabiliser les uns les autres de laisser la liberté de parole à chacun et en même temps, il tranche à la fin. C'est ce qu'il fera mardi sur la question du budget et je trouve que il mène bien sa barque pour filer la métaphore. Emmanuel Macron qui a tenu des propos.

J'aimerais y revenir aussi assez fort hier sur l'immigration clandestine. Ne jamais céder dit-il à la tentation des populistes qui généralement est un déni de science ou un travestissement des faits. Est-ce que vous partagez ici le point de vue du président ?

Oui, il faut moi je je suis c'est toujours une ligne que je me suis donnée de faire confiance effectivement à la science, à ce qui est dit et systématiquement de remettre les avis de la science dans un contexte qui est aussi un contexte économique, politique et de mesurer bénéfices, risque. C'est le rôle du politique que de faire cet arbitrage. Qui sont ces populistes dont parle Emmanuel Macron ?

Bah écoutez, demandez-lui, je vais pas parler à sa place. Il y a aujourd'hui, c'est vrai, des postures qui peuvent être qui peuvent être populistes. C'est le Rassemblement national qui menace de de vous censurer.

Mais écoutez, demander demander à Emmanuel Macron le fond de ces propos, moi je ne m'aventurerai pas à interpréter les siens. Un mot pour conclure rapidement sur ce jeune cycliste franco-allemand disparu en Iran qui a été arrêté, annonce de la diplomatie iranienne. La situation est-elle inquiétante ?

Mais écoutez, d'abord, je voudrais profiter de cette antenne pour redire à nos compatriotes, surtout n'allez pas dans les pays qui sont signalés euh par le ministère des affaires étrangères. C'est pas une blague, c'est pas pour nous faire plaisir ces annonces, vraiment c'est très sérieux et on le voit avec ce jeune homme. Alors, la diplomatie française est effectivement très en alerte, en lien avec sa famille.

Nous avons déjà bien sûr travaillé avec la diplomatie iranienne, mais je pense que euh en matière de diplomatie, moins on met le sujet au milieu euh de de la table mieux sait. Plus la discrétion la discrétion sert la diplomatie. Sophie Prima, porte-parole du gouvernement.

Un grand merci d'avoir été avec nous ce matin sur Sud Radio. Il est 8h47 dans un instant. Prenez la parole 0826 300300.

Vous nous appelez pour agir à l'actualité. Manu vous attend au standard et puis moi je vous accueille juste après