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Podcast / conversationyoutube.com· 2 février 2023 21 minAutoproduitActualité / polémiqueRetraitesTravail & emploiSantéÉconomie & entreprises

COMMENT FAIRE PLIER MACRON ? Du Havre à Paris, reportage dans les manifestations du 31 janvier

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 10 %Attaque 70 %Défensif 20 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:00Anthony (raffineur)Chiffre
    « L'âge moyen où on se rend compte que les gens fatiguent, où on a une perte de condition physique au niveau de la santé, c'est en moyenne 64 ans. »
  • 6:00Anthony (raffineur)Chiffre
    « Quand on est passé de 60 à 62 ans, on a eu plus de 300 000 chômeurs en plus. »
  • 7:00Clément Allochon (technicien)Fait
    « Ça fait qu'on va cotiser deux années en plus pour rien, en réalité. »
  • 10:00Clément Allochon (technicien)Chiffre
    « Il y a 57% à peu près de ceux qui supportent le mouvement de grève qui sont pour un blocage du pays. »
  • 15:00Frédéric Bichot (syndicaliste)Chiffre
    « On sait qu'il y a 57% à peu près de ceux qui supportent le mouvement de grève qui sont pour un blocage du pays. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Et c'est une honte quand même, il est 16h30 là, pendant qu'on est en train de se parler, on est mardi 31 janvier, il est 16h30, personne n'est capable de savoir quand est-ce que est la prochaine journée de grève et de manifestation. C'est une poignée de chefs qui vont se réunir ce soir et qui vont venir devant la presse et qui vont annoncer, eux, quand est-ce qu'ils ont décidé que nous les travailleurs, nous la jeunesse, on fasse grève. Et ça c'est juste hors de question, il va falloir absolument qu'on récupère notre mouvement.

Bonjour à tous, ici Arthur Nicolas pour Révolution Permanente. On va suivre cette journée du 31 janvier, cette journée de grève depuis le Havre, depuis Paris. La journée s'annonce déjà très suivie au Havre, ça sera plus que le 19 janvier, c'est d'ores et déjà certain.

Et on va poser une question aux manifestants, aux grévistes, aux syndicalistes, que faire après le 31 janvier, quel plan de bataille pour faire plier Macron ? C'est ce qu'on va aller voir dans la manifestation. On est aujourd'hui avec les raffineurs au Havre.

Anthony, pourquoi vous êtes en grève aujourd'hui ? Pourquoi vous avez appelé à une grève reconductible début février ? Tout simplement parce qu'on en a marre de voir que c'est les grands profits qui bénéficient de tout ça, que nous on est là contre la réforme des retraites.

L'âge moyen où on se rend compte que les gens fatiguent, où on a une perte de condition physique au niveau de la santé, c'est en moyenne 64 ans. Donc c'est qu'il y a un gros souci. Après le travail, il y a un temps qui est la retraite.

C'est un temps qui doit servir à se construire, à profiter de ses proches, et ensuite le cimetière. Et aujourd'hui, ce que nous propose le gouvernement, au travers des propositions de Mme Borne, c'est le travail et ensuite le cimetière. Donc c'est pas entendable.

Je pense que les gens ne se rendent pas compte à quel point c'est difficile d'enseigner en ce moment, avec l'ensemble des réformes qui ont été faites récemment, la réforme Blanquer, la loi RIAC plus récemment, et en fait les conditions qu'on a actuellement, et personne, en fait, il n'y a aucun enseignant qui se voit enseigné, même après 60 ans déjà. En plus, il n'y a même pas que ça, parce qu'il faut se rendre compte aussi, c'est que quand on est passé de 60 à 62 ans, on a eu plus de 300 000 chômeurs en plus, parce qu'il y a une certaine tranche d'âge où les entreprises ne veulent pas récupérer. Donc il ne faut pas me dire que quand on repousse de 2 ans, on va avoir encore moins de chômage, on aura toujours plus de chômage.

Ça va jouer sur la caisse de la sécu, parce qu'ils vont chercher à privatiser les assurances, parce qu'il y aura une décote des assurances. Donc je pense que ça va impacter sur pas mal de choses, cette réforme, et puis il faut se battre contre tout ça. Il y a beaucoup d'éditorialistes qui disent « ça ne concerne pas les jeunes, cette réforme, qu'est-ce que tu en dis ? » Moi, je ne suis pas du tout d'accord.

On en a marre d'entendre ça, en fait. Cette réforme, elle nous concerne sur plein de points. Elle nous concerne aussi parce qu'on pense à nos parents, on pense aux travailleurs, en fait, mais elle nous concerne aussi directement.

On sera tous touchés par la retraite, et aussi, on sera confrontés, à cause de cette retraite, encore plus au manque de travail quand on sortira de nos études, ou justement de notre lycée, en fait. Clément Allochon, toi, tu es technicien ou technicien entre-Atlantique. Ce que tu me disais, c'est que tu avais travaillé, commencé à travailler à 15 ans.

Qu'est-ce que tu penses de cette réforme qui, a priori, pour les carrières longues, va faire travailler jusqu'à 45 ans, 44 ans, les jeunes ? En fait, ça fait qu'on va cotiser deux années en plus pour rien, en réalité. Et du coup, voilà, ça montre que c'est une énorme arnaque.

Ça montre le monde que Macron, en fait, il réserve notamment aux jeunes travailleurs qui, en fait, de travailler plus, de cotiser plus. Moi, par exemple, voilà, moi, ça fait neuf ans que je travaille en 3-8, et voilà, je commence à en ressentir le poids. Et en réalité, voilà, travailler comme ça pendant 45 ans, c'est quelque chose qui devient inconcevable, surtout dans un métier physique, comme la maintenance du matériel.

Et je pense qu'ils ne se mettent pas à la place des travailleurs comme nous, en fait, tout simplement. Je pense qu'ils ne savent pas ce que c'est de travailler en 3-8 à l'usine, voilà, de produire avec un travail physique. De l'argent, il y en a.

C'est 157 milliards aujourd'hui de subventions versées aux entreprise sans contrepartie. Et aujourd'hui, parce qu'il manquerait 12 milliards ou 15, on nous propose de niveler par le bas. Nous, ce qu'on veut, c'est un moment de la retraite qui puisse profiter à la société pour pouvoir s'émanciper et ainsi vivre en paix.

Donc, voilà, évidemment que les jeunes travailleurs, ils doivent s'opposer à cette réforme parce que c'est tout simplement un non-sens. Et là, voilà, il y a une première contre-réforme. Après, on ne sait pas ce que l'avenir nous réserve.

On sait que, voilà, les quinquennats, les différents quinquennats, ils aiment bien mener des contre-réformes comme ça. Après, ça sera quoi ? Il y a beaucoup de gens qui nous disent que ce n'est pas seulement les retraites, c'est plus.

Est-ce que c'est ton cas aussi ? Oui, je pense que c'est à la fois les retraites et toutes les attaques dont on travaille à l'hôpital public, c'est aussi tout ce truc qui n'est pas mis dans les services publics. Actuellement, il y a une grève dans le service de réanimation néonatale.

C'est bien le manque de moyens aussi à l'hôpital. On demande toujours aux travailleurs et travailleuses de donner plus, de travailler plus pour gagner moins pendant que du coup, les patrons du CAC 40 se font des super profits. Du coup, de ce qu'on discute avec les collègues, j'ai l'impression que c'est quand même un peu aussi un truc général.

Ça va au-delà de cette réforme des retraites qui est un signe vraiment que Macron ne fait pas une politique qui défend les travailleurs et les travailleuses. Aujourd'hui, c'est la réforme des retraites pour laquelle on appelle et pour laquelle on est mobilisés. Mais derrière, avec le retrait de la réforme, nous, ce qu'on vise, c'est des augmentations de salaire pour tout le monde, pour tous les salariés et pour tout le monde ouvrier.

Il y a aussi la question revendicative. Ici, beaucoup de gens disent qu'ils ne sont pas là juste contre la réforme des retraites. Il faut que ce mouvement, il aille aussi plus haut revendicativement ?

Oui, moi, je pense déjà que ce mouvement, il est en train de montrer qu'en réalité, c'est une grève contre Emmanuel Macron et son gouvernement. Et pour l'ensemble de ses politiques, je veux dire par là, il y a énormément de sujets à mettre dans la balance, notamment la question des salaires, la question de l'inflation qu'on est en train de subir aujourd'hui et que pas que nous, je veux dire même les boulangers, les artisans, les restaurateurs, etc. On voit même que dans cette fameuse classe moyenne ou en tout cas ce petit patronat qui auparavant pouvait être friand des politiques de Macron, on voit qu'eux aussi sont salement cognés et que quand on disait que c'était le président des riches, c'est effectivement la belle démonstration que c'est uniquement pour les riches qu'il fait sa politique et que tout ce qui est travailleur, tout ce qui est artisan indépendant, on en paye le plus lourd tribut.

En fait, ils veulent que nous, on crève au boulot, ils veulent que nous, on paye pour les profits, pour les bénéfices des actionnaires, etc. Et que nous, derrière, on n'est rien pour pouvoir vivre. Et moi, personnellement, je suis là aujourd'hui pour ça aussi.

Je suis là pour les salaires, je suis là aussi pour les services publics, pour dénoncer ce qui se passe. Toutes les politiques néfastes, il va y avoir la loi immigration qui va venir demain. Et donc, en fait, ce n'est pas une bataille uniquement sur la question de l'âge légal, ce n'est pas uniquement une bataille sur les trimestres, combien de trimestres de plus je vais faire, mais c'est une bataille centrale contre le gouvernement, contre toute sa politique.

Si on l'arrête aujourd'hui sur les retraites, on va pouvoir aller chercher des nouveaux acquis et on va pouvoir le faire reculer sur toutes les lois réactionnaires qu'il a en train de préparer, d'entamer. Par contre, si c'est une défaite, ça va être aussi un boulevard pour le camp des réactionnaires, pour la droite, l'extrême droite, pour commencer à profiter de la défaite du mouvement ouvrier. Aujourd'hui, c'est massif dans les manifestations.

Ça veut dire quelque chose, ça veut dire que le privé est là, ça veut dire y compris des salariés qui ne gagnent pas beaucoup d'argent, notamment par exemple les travailleurs du nettoyage d'honnettes, les géodistes qui sont dans la manif et d'autres secteurs encore. C'est des secteurs qui sont mobilisés notamment sur le fait de parler de la retraite, mais pas seulement parce que c'est...

Il faut avoir un programme qui a envie de se battre. Exactement, c'est-à-dire que la grève aujourd'hui, elle ne repose pas que sur la colère des retraites. Elle agglomère énormément de colère.

On voit par exemple sur la question des salaires, les grèves dans les secteurs Leroy Merlin, Décathlon, Léonette, Géodice, c'est parti sur les salaires cet hiver et ça peut continuer à partir si on reparle de l'indexation des salaires sur l'inflation parce qu'on a une inflation à deux chiffres et il faut qu'on aille la chercher, cette indexation. Et ça, les directions syndicales refusent en fait de mettre ça à l'ordre du jour. Comme on le voit dans les interviews, comme on le voit dans le cortège, en réalité, cette manifestation, elle est loin d'être seulement une manifestation contre la retraite à 64 ans.

C'est un mouvement beaucoup plus politique qu'en train de s'exprimer aujourd'hui dans les rues, dans les rues de Paris. Un mouvement évidemment contre les bas salaires, contre cette inflation qui grignote le pouvoir d'achat, mais aussi contre Macron et son monde dans une certaine manière, contre la loi immigration, contre les lois répressives, contre l'avenir que propose ce gouvernement. Et beaucoup disent ici, dans la manifestation, si on fait reculer Macron sur les retraites, on l'empêchera d'avancer sur toutes ces autres réformes.

Et c'est bien ce mouvement politique qui se développe aujourd'hui dans la rue. Là, c'est la confirmation qu'il y a une volonté d'en découdre avec la réforme. Il y a beaucoup plus de monde qu'à la dernière manifestation.

Je pense qu'on a fait deux démonstrations, le 19 et le 31. Mais maintenant, il faut poser les choses de manière sérieuse, c'est-à-dire de comment on fait reculer définitivement le gouvernement. Les premiers chiffres de manifestation sont tombés.

Et une chose est sûre, cette journée est d'ores et déjà plus importante que le 19. À Marseille, 150 000 personnes contre 100 000 le 19. Au Havre, 40 000 contre 30 000.

À Toulouse, 80 000 contre 50 000 le 19. Donc, le pari de réunir plus de monde dans la rue, il a été réussi aujourd'hui. Mais on sait que ça ne suffit pas.

Aujourd'hui, la question qui se pose, évidemment, c'est la suite. C'est ce qu'on va poser à des cheminots, c'est ce qu'on va poser à des professeurs. Quel va être le plan après de l'intersyndical ?

Mais surtout, comment faire de ces deux journées historiques un tremplin pour faire reculer le gouvernement ? Ça serait incroyable de se dire qu'il y a 93 % des actifs qui sont contre la réforme. Deux journées de manifestations historiques, je veux dire, ça n'existe pas.

En 1995, il y a eu 2 millions de personnes, mais c'était au pic de la mobilisation. Jamais après une deuxième journée. Et donc, avec tout ça, avec les taux de grévistes, on peut imaginer une seule seconde que demain, on perdrait, on aurait une défaite.

C'est juste inacceptable. Parce qu'on sait très bien, même des manifestations aussi importantes que ça, si on se cantonne à des journées comme ça, sans lendemain, saut de mouton avec deux semaines, trois semaines, etc. d'écart, ça va être difficile de faire reculer le gouvernement qui entend accélérer le calendrier et en finir avec la réforme à la mi-mars.

Donc voilà, on a discuté en Assemblée Générale ce matin qu'il va falloir commencer à accélérer les choses et commencer à poser la question de la grève reconductible dans le paysage pour faire reculer le gouvernement. Toi, comment tu vois la stratégie à mettre en place pour faire reculer le gouvernement ? Alors moi, je pense que la stratégie qu'il va falloir mettre en place, c'est d'être beaucoup plus dur.

Parce que l'intersyndical, c'est très bien, c'est une bonne chose, ça permet de mobiliser tout le monde. Mais il faut quand même se rendre compte que des dires de M. Berger, une fois que la date butoir du 26 mars, sera arrivée, il ne va pas continuer le combat.

Donc il a déjà rendu les armes. Donc je pense que toutes les personnes qui sont ici aujourd'hui, elles, elles veulent vraiment dire non à la réforme. Donc il va falloir mettre d'autres dates en place et commencer à discuter tous ensemble, toute la France, tout le monde pour partir en reconductible.

Parce que Macron, il n'y a que ça qu'il entend. Marcher dans la rue, là c'est bien beau, on mobilise les gens, c'est pour montrer aux timides, on va dire, venez, mobilisez-vous avec nous. Mais par contre, au bout d'un moment, il va falloir taper là où ça fait mal et c'est partir dans le reconductible.

Quel doit être le plan de bataille pour accélérer le mouvement alors que le gouvernement il l'accélère de son côté ? Clairement, il faut que l'intersyndicale justement établisse un calendrier clair et précis avec une montée en puissance des actions 24 heures, puis 48 heures, puis 72 heures en gros pour que chaque salarié puisse exprimer son mécontentement et afin de bloquer économiquement le pays parce qu'il n'y a que ça qui fonctionne finalement. Les salariés, par la grève, de fait, bloqueront économiquement le pays.

On est avec Frédéric Bichot, co-secrétaire de l'UEL d'Arfleur en Seine-Maritime. Toi, qu'est-ce que tu aimerais que l'intersyndicale annonce ce soir ? Moi, ce que j'aimerais qu'ils annoncent, c'est tout simplement un blocage de l'économie.

On sait qu'il y a 57% à peu près de ceux qui supportent le mouvement de grève qui sont pour un blocage du pays. C'est-à-dire qu'on a fait deux journées de grève, on voit bien que le gouvernement n'a rien à cirer en face donc il va falloir durcir. Même si aujourd'hui, on sent quand même une petite fragilité dans la majorité, on sent bien qu'il va falloir être plus dur et on va être obligé de durcir et de devenir un peu plus radical puisque aujourd'hui, de toute façon, on n'est pas écouté et je suis sûr que ce soir, on ne sera toujours pas écouté.

Donc je pense que le blocage du pays, à un moment donné, on ne va pas avoir le choix. Il va falloir bloquer les boîtes avec des grévistes et bloquer toutes les zones industrielles et les zones d'activité. C'est là qu'économiquement, on va faire mal quitte à poser des barricades.

Si à un moment donné, on n'a pas le choix, on posera les barricades. Donc des dates, pour l'instant, il y en a eu deux mais il y en a eu deux en inter-syndical. Des dates, des appels CGT, il y en avait d'autres, il y en avait le 26.

Il va peut-être falloir se caler sur des dates mises en place par la CGT, notamment par la FNIC. Il faut savoir que la FNIC a mis des dates en place. On est rejoints par des grosses fédérations, notamment les Port-et-Doc, les Cheminots, la FNME, parce que nous, on a envie d'être dans l'action et on appelle toutes les autres fédérations à nous rejoindre.

Et l'inter-syndical devrait peut-être se caler sur un calendrier comme le nôtre qui est bien plus dans l'action. Alors on est avec Arnaud qui est agent EDF depuis 30 ans. Pour toi, comment on peut faire piller Macron ?

Comment on peut faire reculer le gouvernement ? Justement en menant des actions dès la semaine prochaine et reconductibles évidemment. Ne pas laisser de répit, ne pas laisser passer de semaines.

Il faut que tout le monde se mobilise pour pouvoir des actions partout en France afin de faire piller le gouvernement. J'ai peur que d'espacer trop les manifestations nous isent au mouvement. Du coup, 6, 7, 8, il y a des actions appelées par les raffineurs, les cheminots.

Je crois que l'énergie a aussi rejoint. Donc il faut qu'il y ait d'autres fédérations qui vous rejoignent. J'espère.

Bien sûr, j'espère que toutes les fédérations nous rejoignent. Il ne faut pas laisser le temps, le temps joue pour le gouvernement. Aujourd'hui, on a la nécessité de faire grossir les grands au-delà des secteurs stratégiques.

On a parlé des cheminots pour le 7 et 8. Les raffineurs seront aussi dans la bagarre. On aura les électriciens, les ports et docks.

Mais au-delà, il faut donner à l'envie de l'ensemble du monde du travail de se mobiliser sur ces deux dates, 7 et 8, 48 heures, tous en grève reconductible. Et ça, ça passe par mobiliser les secteurs les plus précaires de notre classe. Ça veut dire leur donner envie de se battre, d'arracher le fait d'avoir des meilleures conditions de travail, des services publics qui soient à la hauteur, des hôpitaux, une école, bref, de changer l'ensemble de leur vie pour avoir un avenir meilleur pour eux et leurs enfants.

La force qu'on a, on l'a montré aujourd'hui. On est plus de 500 000 dans la rue. C'est encore plus fort que le 19.

S'ils ont été capables de le faire une journée, ils peuvent le faire 48 heures. Ils peuvent le faire même dans une grève reconductible. Mais pour ça, il leur faut une perspective de gagner, changer radicalement leur vie.

C'est pour ça qu'on parle d'indexation des salaires sur l'inflation. Mais au-delà, il faut qu'on reprenne nos outils de travail, nos conditions de vie, qu'on parle de partage du temps de travail, qu'on aille chercher tout ça. Il faut aller le chercher, leur arracher tout ça.

Aujourd'hui, il y a beaucoup de monde, mais c'est encore très encadré, très feutré et on sent qu'il y a beaucoup de travailleurs qui voient qu'ils ne sont pas venus en assemblée générale. Je donne juste un exemple. Il y a un collègue qui n'est pas venu en nager.

Je lui dis « Pourquoi tu n'es pas venu en nager ce matin à 11h ? » Il a dit « Tu veux que je décide de quoi ? » Je lui dis « C'est important de venir en nager. » Il me dit « Ah mais Anna, ça se voit que c'est Martinez de toute façon qui décide.

On ne sait même pas la date. » Et c'est une honte quand même. Il est 16h30 là pendant qu'on est en train de se parler.

On est mardi 31 janvier, il est 16h30. Personne n'est capable de savoir quand est-ce que est la prochaine journée de grève et de manifestation. C'est une poignée de chefs qui vont se réunir ce soir et qui vont venir devant la presse et qui vont annoncer quand est-ce qu'ils ont décidé que nous les travailleurs, nous la jeunesse on fasse grève.

Et ça c'est juste hors de question. Il va falloir absolument qu'on récupère notre mouvement et qu'on décide. Que ce soit les travailleurs et les travailleurs ceux qui sacrifient du salaire qui décident comment ils veulent mener cette lutte.

Et le problème c'est qu'on a un gouvernement qui est entêté, qui a envie d'aller jusqu'au bout et qui a un calendrier très resserré. Donc il va falloir qu'on frappe le plus vite possible et avec le plus de force. La grève reconductive ça a l'air d'être un peu un gros mot dans la bouche de Laurent Berger.

Qu'est-ce que tu en penses de ça ? Je pense que c'est un gros mot que dans sa bouche. Je pense que nous on est pour.

En 2019 on ne l'a pas vu du moins au début des manifestations. Et la grève reconductive ce n'est pas un gros mot ce n'est pas quelque chose non plus qui est uniquement destiné aux travailleurs de la SNCF, des raffineurs et autres. C'est à toutes celles et ceux qui considèrent qu'à un moment donné il faut arrêter l'outil de travail et ne pas le reprendre tant qu'on n'a pas obtenu satisfaction.

Et pour ça c'est quoi notre problème ? C'est quoi le défi qui est devant nous lorsqu'on part en grève ? C'est l'argent.

Et donc si on commence à régler cette question financière par des caisses de grève par la solidarité et bien on arrive en fait à tenir. Et je pense qu'il n'y a pas de travailleurs. Aujourd'hui on a la chance d'avoir les travailleurs de honnête.

Ils sont 84 grévistes à 100% de grève aujourd'hui sur leur périmètre c'est les agents de nettoyage des gares du nord parisien et ils sont 100% de grévistes. Et il y a des caisses de grève il y a des étudiants qui sont en train de collecter de l'argent dans la manifestation pour les aider financièrement. Et c'est des salariés qui gagnent parfois 300, 400, 500 euros qui sont à temps partiel à 50%, 30% et autres et ils sont là ils ont mis un point d'honneur d'être là.

Donc je pense que c'est la démonstration qu'on peut tous faire grève. On a...

Même je sais je veux dire par là il y a des secteurs comme les miens où on prendra notre part parce que voilà on a aussi la lutte dans notre ADN et on a l'expérience des grèves. Mais je veux dire par là l'ensemble des secteurs du privé et du public tout le monde doit se mobiliser et la grève reconductible c'est pas juste dire ouais c'est super la grève mais c'est simplement la grève reconductible elle est là pour faire reculer le gouvernement. Et donc c'est pas juste on se met en grève une journée de temps en temps mais comment on décide un plan de bataille avec des actions avec des démonstrations en fait aussi parce que lorsque les travailleurs ils décident de prendre leur grève en main et bien on voit que c'est les moments où les gouvernements ils reculent.

Et aujourd'hui c'est trop...

Même si c'est très important malheureusement je regrette que c'est très très encadré par l'intersyndicale. Comment on peut construire une grève reconductible ? On sait que...

Comment construire la grève reconductible ? On sait que c'est pas forcément facile pour tout le monde. Comment on peut entraîner les 2 millions de personnes qui sont en manif en grève reconductible ?

Bah après c'est clair qu'il y a des secteurs qui n'ont pas l'habitude de la grève reconductible. Mais en vérité lorsqu'on met...

On permet déjà aux travailleurs de se saisir de leur grève de décider de s'organiser en assemblée générale et bien ils sont capables de penser énormément de choses. Encore récemment je veux dire on a des exemples les travailleurs de Géodice qui sont manutentionnaires caristes qui travaillent tous à 1200, 1300 parfois même. Ceux qui ont 40 ans de carrière ils sont à 1800 euros.

Ils ont fait plus de 30 jours de grève avec une caisse de grève en fait. Je pense que quand on est une direction syndicale comme la CFDT où on revendique 140 millions d'euros de caisse de grève on a la responsabilité de mettre cet argent au service de ceux qui soit disant ne peuvent pas faire grève. D'accord ?

Il n'y a pas de milliardaire ici. Vous allez dans la manif il n'y a pas de milliardaire. Il n'y a que des gens soit ils arrivent à s'en sortir un peu soit c'est des précaires de chez précaires.

Mais il faut des caisses de grève pour pouvoir aider les gens. Et qu'est-ce qu'ils font de ces 140 millions d'euros ? Qu'est-ce que fait la CGT si elle pouvait donner 1 euro ou 2 euros par adhésion ?

Elle a 700 000 adhérents. Elle pourrait débloquer 2 millions d'euros tout de suite. Et dire plutôt que faire un samedi pour ceux qui ne font pas grève on va faire en sorte de mettre cette caisse de grève pour que vous veniez en grève les jours de semaine pendant votre boulot il faut que vous arrêtez le travail.

Et le problème c'est qu'ils ne disent pas ça. Donc soit on met un plan de bataille qui a envie de faire reculer soit on fait du blabla pour faire semblant qu'on est ouvert et qu'on laisse et qu'on permet à tout le monde de venir manifester. Je suis désolé les agents de sécurité ils sont là.

Les agents du nettoyage les honnêtes ils sont là. Les agents du bâtiment ils ont fait un cortège aussi. Les égoutiers les éboueurs il y a énormément de cortèges.

Mais maintenant pour qu'on tienne il faut de l'argent et il va falloir que ces confédérations plutôt que simplement donner des dates comme ça sans lendemain et bien qu'elles disent qu'elles montrent leur unité syndicale dans l'argent qu'elles montrent leur unité syndicale en faisant une caisse de grève qui permette à tous les travailleurs de dire maintenant allons-y mettez-vous en grève massivement partez ne vous inquiétez pas on s'arrêtera le moment où la réforme elle sera reculée voire même si on ne pousse pas encore sur d'autres revendications.