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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 17 février 2024 17 min

Aides à l'Ukraine, mort d'Alexei Navalny : le "8h30 franceinfo" de Bernard Guetta

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour Bernard Guetta, après Berlin, avant Munich aujourd'hui, Volodymyr Zelensky, le président ukrainien, était donc à Paris hier soir, invité à l'Elysée par Emmanuel Macron pour signer un accord de sécurité, un accord bilatéral avec la France. Qu'est-ce que ça va changer sur le terrain et quand ?

0:20
Bernard Guetta

Écoutez, vous savez, d'abord cet accord est très semblable à celui qu'il a signé avec le chancelier allemand. Et la France et l'Allemagne, aujourd'hui, je ne dirais pas, volent au secours de l'Ukraine parce que c'est déjà fait depuis deux ans, très largement, très profondément, mais accentuent fortement leur soutien à l'Ukraine pour deux raisons. La première, c'est que les États-Unis font défaut à cause de M. Trump qui a demandé à ses partisans majoritaires à la Chambre des représentants de bloquer toute aide à l'Ukraine. Aujourd'hui, M. Trump a les mains, les bras jusqu'aux épaules, couvert de sang ukrainien.

Cet homme, or, je ne veux pas employer de trop grands mots, mais cet homme porte une lourde responsabilité et cet homme, M. Trump, est évidemment coupable de la mort d'un grand nombre de soldats ukrainiens. Et donc, l'Europe prend le relais. L'Europe prend le relais.

1:23
Présentateur

En attendant une adhésion à l'Union européenne, en attendant une adhésion à l'OTAN aussi, est-ce qu'on est dans le concret quand même ? Il y a 3 milliards de plus de dépenses ou alors d'avant tout dans le symbolique aujourd'hui ?

1:35
Bernard Guetta

Non, non, non, écoutez, on n'est pas dans le symbolique. D'abord parce que 3 milliards, ce n'est pas rien. Ensuite, parce que le Président de la République va se rendre, il l'a annoncé hier, il l'a confirmé hier. Dans les prochaines semaines. Dans les prochaines semaines en Ukraine. On sait quand ? Pardon ? On sait précisément. Mi-mars, semble-t-il, mais non, je n'ai pas la date exacte, mais c'est grosso modo mi-mars. Et surtout parce que l'Union européenne s'est mise en ordre de marche pour véritablement doper sa production de munitions afin de pouvoir en livrer un nombre considérable à l'Ukraine.

C'est-à-dire qu'on assiste à un changement qui n'est plus un changement quantitatif, mais un changement qualitatif. L'Union européenne aura produit fin décembre prochain quand même un million de munitions. L'Union européenne avait promis ce million de munitions à l'Ukraine pour le printemps. Malheureusement, on n'y arrive pas. On sera quand même arrivé à 500 000. Ce n'est pas rien. Mais bon, le million...

2:40
Présentateur

Elles font défaut ces munitions, on le précise quand même sur le front.

2:43
Bernard Guetta

Elles font défaut, justement. De manière très importante. Elles font défaut parce que qu'est-ce qui s'est passé là ? Pardon. Non, non, allez-y, terminez, Bernard Guetta. Qu'est-ce qui s'est passé sur le front ukrainien ces deux derniers jours ? Les Ukrainiens ont dû abandonner une position, qui n'est pas une position fondamentale, mais symboliquement, quand même, c'est une position. Eh bien, pourquoi ? Parce qu'il manquait de munitions.

3:05
Invité

Alors, cet accord, on évoque la durée de 10 ans pour cet accord. Pour que ceux qui nous écoutent comprennent bien, est-ce qu'il faut comprendre de cela que la guerre va être faite pour durer 10 ans, ou peut-être même plus encore ?

3:20
Bernard Guetta

Écoutez, la guerre, je ne sais pas, personne ne sait. Monsieur Poutine peut être renversé demain matin, il peut avoir une crise cardiaque. Peut-être que la raison peut lui venir. Non, je n'y crois pas. Je dis ça dans un sourire triste, dans un sourire triste. Non, je ne sais pas combien, et personne ne le sait, combien de temps va durer cette guerre. Mais il est certain qu'il faut se préparer à la possibilité qu'elle dure.

3:43
Invité

Et donc, dans la durée. Vous avez évoqué les fonds. Donc, Emmanuel Macron a dit jusqu'à 3 milliards supplémentaires pour 2024. Supplémentaires, bien sûr. Après 1,7 milliard en 2022, un peu plus de 2 milliards en 2023, on le trouve où cet argent ?

3:58
Bernard Guetta

On le trouve malheureusement dans le déficit. Évidemment dans le déficit. Et c'est un problème. C'est évidemment un grand problème financier. Mais d'un autre côté, réfléchissons une seconde. Si les troupes de Monsieur Poutine pouvaient entrer par défaut de munitions, par défaut de soutien des Européens aux Ukrainiens, pouvaient entrer demain à Kiev, qu'est-ce qui se passerait ? Combien cela coûterait au budget de la France, de l'Allemagne, des 27 pays membres de l'Union Européenne ? Beaucoup, beaucoup plus. Alors oui, effectivement, c'est un investissement qui nous coûte, premièrement. Bien sûr que oui. Et deuxièmement, qui creuse... Parait d'investissement d'ailleurs.

Oui, c'est un investissement politique, naturellement. Et deuxièmement, qui creuse notre déficit. Mais nous sommes obligés de le faire.

4:45
Invité

Et est-ce que, justement, quand on parle de creuser les déficits, de dépenser davantage, y compris pour notre propre armement, est-ce que ça veut dire qu'à un moment donné, les Français doivent aussi peut-être se préparer à subir, ou du moins à connaître, des hausses d'impôts, y compris pour financer cet effort de défense, cet effort d'armement ? Parce que c'est un sujet qui se...

5:04
Bernard Guetta

Écoutez, l'économie et les finances, comme vous le savez, ce n'est pas véritablement ma spécialité. J'espère que l'on pourra échapper à des hausses d'impôts. Est-ce que ce serait légitime ? Pardon ? Est-ce que ce serait légitime ? Écoutez, ce qui est absolument légitime, et ce qui sera, et ce qui serait légitime, c'est de tout faire, tout faire, pour que M. Poutine ne puisse pas gagner en Ukraine.

5:30
Présentateur

Absolument tout faire. Emmanuel Macron, qui était donc aux côtés de Volodymyr Zelensky, hier à l'Elysée, et voilà ce qu'il a assuré également, entre autres promesses, « La France n'est pas en guerre avec la Russie ».

5:42
Invité

Que les choses soient claires, la France n'est pas en guerre, ni contre la Russie, ni contre le peuple russe. La France a d'ailleurs tout fait pour empêcher la guerre en Ukraine. Bernard Guetta,

5:52
Présentateur

pourquoi il faut continuer, en quelque sorte, à prendre ces pincettes-là, quand on soutient, à ce point, l'Ukraine, quand on s'affiche aux côtés de l'Ukraine, contre la Russie ?

6:00
Bernard Guetta

Mais parce que M. Poutine agresse l'Ukraine, premièrement, il n'a pas directement, en tout cas, agressé la France, ni aucun autre pays de l'Union Européenne. Il les menace, ce qui est tout à fait différent. Mais l'agression n'est pas là. Nous n'aurions pas à nous considérer, nous, comme en guerre avec l'Ukraine, avec la Russie, excusez-moi. Nous soutenons l'Ukraine. Oui, ça, oui.

6:23
Présentateur

Nous sommes des alliés de l'Ukraine. Et donc, il faut quand même, aujourd'hui, parce que ça a été reproché à Emmanuel Macron, il fut un temps, de soigner, de continuer à soigner sa relation avec Vladimir Poutine. Volodymyr Zelensky le lui a même reproché. Est-ce qu'on est toujours dans cette ligne-là ou est-ce qu'il y a un changement d'approche qu'on a pu entendre aussi, quand même, avec cette ardue en même temps, hier, par Emmanuel Macron ? Écoutez, moi, je ne dirais pas

6:45
Bernard Guetta

que le président de la République ait soigné sa relation avec Vladimir Poutine à aucun moment. Il lui a encore dit pardon

6:53
Invité

il y a un mois et demi, un peu plus, au mois de décembre. Je n'ai pas changé de numéro. Si Vladimir Poutine a des propositions à faire, on peut se parler. C'était en substance ce qu'il a dit.

7:02
Bernard Guetta

Malheureusement, malheureusement, Vladimir Poutine est le chef d'État de la Fédération de Russie. Nous sommes bien obligés, le président de la République, certainement, de parler, le jour venu, si besoin est, avec ce président de la Fédération de Russie. Aujourd'hui, je crois que c'est totalement inutile et le président de la République a l'air de considérer, lui aussi, que c'est totalement inutile aujourd'hui, bien entendu.

7:28
Présentateur

Bernard Guetta, on se retrouve dans un très court instant. On va parler de la mort d'Alexei Navalny. Cet opposant à Vladimir Poutine annoncé hier. C'est juste après le Filinfo à 8h40. Sophie Echen.

7:39
Invité

Donald Trump condamné à une amende de 355 millions de dollars pour fraude financière au sein de son empire immobilier. Il a également interdiction de gérer des entreprises dans l'État de New York pendant trois ans. L'ancien président américain, un candidat à sa réélection en novembre, nie en bloc qui dénonce une instrumentalisation envers un opposant politique. Il va faire appel. Un accord bilatéral de soutien à l'Ukraine signé hier soir par Emmanuel Macron et Volodymyr Zelensky. La France s'engage à fournir jusqu'à 3 milliards d'euros d'aides militaires supplémentaires à Kiev.

Cette année, l'Ukraine a en difficulté sur le terrain, contrainte d'abandonner la ville d'Abdivka face à l'armée russe. Cinq mois après la mort de Sokaina à Marseille, cette jeune femme victime d'une balle perdue alors qu'elle était dans sa chambre, son meurtrier présumé a été arrêté. Il a été placé en détention provisoire hier soir. Cet adolescent de 16 ans est mis en examen pour assassinat. La star américaine de la pop Tyler Swift a fait un don de 100 000 dollars à la famille de la femme tuée cette semaine à Kansas City en marge d'une fusillade en pleine parade du Super Bowl.

France Info Le 8.30 France Info Adrien Beck Jules Dequisse et Bernard Guetta eurodéputé Renew Renaissance on évoquait les aides les aides américaines les aides européennes et maintenant avec le contexte évidemment de la mort hier d'Alexei Navalny dans cette prison du Grand Nord du Grand Nord russe à propos des aides justement vous parlez du blocage américain est-ce que cette mort d'Alexei Navalny peut peut-être changer quelque chose du côté des Etats-Unis ?

9:16
Bernard Guetta

J'aimerais que les députés les représentants trumpistes aient honte et honte de ce qu'ils font car en fait ils soutiennent directement Vladimir Poutine c'est-à-dire non seulement l'agresseur de l'Ukraine mais l'homme qui vient d'assassiner un opposant de plus parce que Alessai Navalny n'est pas le premier opposant tué par ce régime il y a eu avant notamment Boris Nemtsov Boris Nemtsov qui était comme l'était Navalny jusqu'à hier matin je le dis avec un peu d'émotion même beaucoup d'émotion parce que je connais sa famille et je le connais enfin bon mais Nemtsov et Navalny étaient deux hommes qui se présentant dans une élection présidentielle à la loyale contre Vladimir Poutine l'aurait littéralement écrabouillé l'aurait littéralement pulvérisé

10:22
Invité

Vladimir Poutine avait peur d'Alexei Navalny c'est un peu ce que semble dire Emmanuel Macron mais il a raison révélateur d'un régime

10:31
Bernard Guetta

qui a peur j'ai beaucoup apprécié cette déclaration du président de la république car il a véritablement raison pourquoi pourquoi est-ce que Vladimir Poutine s'il était si sûr de sa base sociale de sa popularité de l'approbation de la population russe pour la guerre lancée contre l'Ukraine pourquoi aurait-il envoyé Navalny dans un camp au-delà du Grand Nord au-delà du Grand Nord pour déjà 19 ans de prison et pourquoi pour extrémisme officiellement extrémisme c'est extraordinaire extraordinaire 19 ans de prison pour extrémisme mais où est-ce qu'il a été poseur de bombes où est-ce qu'il a été assassin où est-ce qu'il a été quoi vous savez ce que c'était son extrémisme c'était de dénoncer sur les réseaux sociaux les plus grandes corruptions du pays avec des preuves avec des photos avec des documents quel était son autre extrémisme à Navalny c'était de dénoncer la violence et les assassinats commis par ce régime

11:41
Invité

vous parlez pardon de la peur de Vladimir Poutine d'une forme aussi de paranoïa mais on a l'impression que malgré tout rien ne l'arrête et que quoi qu'on fasse quoi qu'on dise Emmanuel Macron il a dit hier sa colère son indignation bon que peut-on faire de plus que de dire sa colère

11:58
Bernard Guetta

et son indignation quand monsieur Prigogine a tenté une sorte de coup d'état contre Vladimir Poutine en faisant monter des troupes et des tanks vers Moscou ça n'a pas duré ah ça n'a pas duré est-ce qu'on a vu 35 secondes un seul soldat de l'armée russe s'opposer à ce mouvement est-ce qu'on a vu des officiers qu'est-ce qui s'est passé est-ce qu'on a vu les foules descendent dans les rues de Moscou pour défendre un régime légitime et populaire celui de monsieur Poutine pas une seconde pas une seconde mais permettez-moi encore une chose si monsieur Poutine était si populaire que ça est-ce que vous ne croyez pas qu'il pourrait organiser à Moscou et dans toutes les grandes villes de Russie des manifestations de soutien à sa guerre en Ukraine écoutez quelques semaines après le début de l'agression il a organisé une manifestation de soutien oui c'est vrai dans un stade oh c'est vrai un très grand stade dans un stade

13:01
Présentateur

on n'a jamais rien vu d'autre ce ne sont peut-être pas ces questions-là qui s'imposent aujourd'hui c'est plutôt le résultat l'impact de la mort d'Alexei Navalny est-ce que de fait en allant jusque là on attendra de connaître si on les connaît un jour les circonstances précises de sa mort mais est-ce que de fait il ne tue pas dans l'oeuf toutes les oppositions toutes les potentielles oppositions

13:20
Bernard Guetta

vous savez il avait deux choix monsieur Poutine en face de Navalny qui était un homme d'un courage je ne sais pas incroyable stupéfiant il le laissait libre et il tombait face Navalny je dis bien il tombait face à Navalny parce que Navalny c'est comme vous savez les troupes qui tournent autour des murailles de Géricault c'était ça véritablement ça mais maintenant il est mort

13:44
Présentateur

alors que reste-t-il ?

13:45
Bernard Guetta

alors justement maintenant il est mort et ça crée un mouvement un mouvement je ne dirais pas indignation n'est pas le bon mot parce que quand on dit indignation on voit tout de suite manifestation etc mais d'émotion de répulsion sa mort continuera

14:01
Présentateur

à servir sa cause vous en êtes sûr ?

14:02
Bernard Guetta

écoutez je pense qu'il est entré

14:04
Invité

au panthéon russe Navalny mais du côté Bernard Guetta occidental européen américain peut-être aussi est-ce que on peut réagir de façon concrète à ça ?

14:15
Bernard Guetta

non on ne va pas marcher sur Moscou on ne va pas marcher mais vous savez il y avait les sanctions regardez le changement avec un succès mitigé oh un succès mitigé écoutez ça je ne suis pas d'accord avec cette analyse mais c'est pas ce dont on parle ce matin écoutez le train de sanctions de toute manière un autre s'annonçait bien avant l'annonce de la mort de Navalny mais vous dites

14:38
Invité

on ne peut pas faire

14:39
Bernard Guetta

grand chose finalement ah non mais attendez attendez regardez le changement de ton dans les capitales occidentales et notamment à Paris parce que véritablement le président de la république hier a haussé le ton très significativement contre le régime Poutine quand il dit ce régime a peur vous savez c'est très fort dans la bouche d'un chef d'état un chef d'état ne se permet pas généralement de dire ce genre de choses et finalement le président de la république hier a ravalé monsieur Poutine à ce qu'il est et une sorte de Poutine russe d'un mot très court après la mort une sorte excusez-moi

15:17
Présentateur

de Pinochet russe après la mort de Navalny est-ce que Emmanuel Macron aurait raison de prendre un appel d'Emmanuel Poutine pardon excusez-moi moi aussi je fais un lapsus de Vladimir Poutine de prendre un appel s'ils ont besoin de discuter

15:30
Bernard Guetta

s'ils ont besoin si Vladimir Poutine a besoin de dire quelque chose au président de la république oui il devra prendre l'appel évidemment mais je vois pas ce que Vladimir Poutine aujourd'hui voudrait dire au président de la république enfin à part je rappelle mes troupes bravo

15:47
Invité

un dernier sujet qu'on va aborder très rapidement parce qu'il nous reste très peu de temps les élections européennes vous êtes eurodéputé sortant on voit le contexte international qui est très lourd très chargé mais du côté des troupes d'Emmanuel Macron il n'y a pas de tête de liste pas de début de campagne alors que Jordan Bardella caracole dans les sondages en tête et que lui il fait campagne vous allez la désigner après les européennes votre tête de liste précisément parce que nous ne sommes pas entrés en campagne pardon c'est un problème de ne pas être entré en campagne

16:15
Bernard Guetta

écoutez j'ai tendance à le penser aussi mais d'un autre côté il reste trois mois jusqu'à l'élection

16:23
Invité

vous êtes vous avez fait part de votre intérêt pour être éventuellement tête de liste est-ce que c'est pas la meilleure manière de ne pas l'être peut-être

16:32
Bernard Guetta

je ne sais pas je ne sais pas en tout cas ça n'était pas mon intention non non quand je dis que si on me propose d'être tête de liste je relèverai le défi bien sûr que je le relèverai ce serait une bataille pour moi à mener et je dirais même que j'aurais non seulement enfin je serais heureux de la mener

16:56
Présentateur

parce qu'elle est immensément nécessaire merci beaucoup merci beaucoup d'avoir répondu à l'invitation de France Info ce matin Bernard Guetta eurodéputé eurodéputé Renew Renaissance avec nous ce matin sur France Info