Les Français veulent de la transparence et de la clarté ! - Alexandra Masson (BFMTV)
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Alexandra Masson, comment vous regardez la situation actuelle ?
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Le Parti socialiste va peut-être réussir à suspendre cette réforme.
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On verra si c'est dans le discours de la politique générale mardi.
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Et à un moment donné, ce qui me gêne dans ce débat, c'est qu'aujourd'hui, on ne respecte plus les électeurs.
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Madame Massonde, il faisait référence à un sondage. Dans le même sondage, on apprenait que les deux tiers des Français sont pour le compromis.
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Qui a envie que ce gouvernement dure ? Qui a envie que ce gouvernement tombe dans les deux mois qui viennent ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« 62% des Français veulent la retraite à 62 ans. »
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« Nous, nous avons été élus déjà en 2022 pour la retraite à 62 ans. »
- 0:21Invité politiqueFait
« Au moment de la dissolution, nous avions toujours dans notre programme cette retraite à 62 ans. »
- 0:25Invité politiqueFait
« Le 31 octobre, à l'Assemblée nationale, lors de notre niche parlementaire, nous avons posé notre texte à 62 ans. »
- 1:20Invité politiqueChiffre
« Alors que, je le rappelle, 31% des Français sont sur une retraite à 64 ans et 62% à 62 ans. »
- 4:05PrésentateurChiffre
« C'est que le déficit de la France pour 2024 est 6,1%. »
- 4:16PrésentateurChiffre
« Et là on veut essayer de le ramener à 5,4% pour 2025. »
- 4:24PrésentateurFait
« Il y a une procédure pour déficit excessif qui est engagée contre la France. »
- 4:29PrésentateurChiffre
« Nous allons devoir lever cette année plus de 300 milliards d'euros de dettes. »
- 8:38PrésentateurFait
« On a voté une motion de censure, très clairement. »
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« Vous avez voté 60 milliards d'euros supplémentaires d'impôts. »
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Alexandra Masson, comment vous regardez la situation actuelle ?
Écoutez, je la regarde de manière assez affligée parce qu'on est dans la quadrature du cercle. Cette semaine, je crois que c'est votre chaîne qui a fait un sondage. 62% des Français veulent la retraite à 62 ans. Nous, nous avons été élus déjà en 2022 pour la retraite à 62 ans. Au moment de la dissolution, nous avions toujours dans notre programme cette retraite à 62 ans. Le 31 octobre, à l'Assemblée nationale, lors de notre niche parlementaire, nous avons posé notre texte à 62 ans. Et aujourd'hui, tout le monde fait comme si les Français ne voulaient pas cette retraite à 62 ans et comme si ça n'était pas grave. Et donc, on recommence avec les mêmes sujets, comme avec M. Barnier.
Le Parti socialiste va peut-être réussir à suspendre cette réforme.
Écoutez, on verra. De toute façon, nous, on l'a dit, là j'entends encore à nouveau parler de la motion de censure. On ne censurera pas de principe, c'est une évidence. On est à la table des négociations. Jean-Philippe Tanguy et Sébastien Chenu, cette semaine, ont fait un rendez-vous à Bercy. D'ailleurs, dans lequel il n'a pas été abordé, le problème des retraites, alors qu'il était dans la feuille de route de Jean-Philippe Tanguy et Sébastien Chenu lorsqu'ils sont allés parler à Bercy avec le ministre. Donc, on n'est contre rien. On est ouverts à toute discussion. Mais nous avons été élus depuis 2022 pour cette réforme. Il n'y a aucune raison aujourd'hui que nous allions en arrière.
Alors que, je le rappelle, 31% des Français sont sur une retraite à 64 ans et 62% à 62 ans. J'entends que c'est un point important pour vous. Donc, à un moment donné, il faut un peu respecter les électeurs parce que c'est vrai qu'il y a une majorité de sénateurs LR. C'est vrai qu'aujourd'hui, les LR, bravo, avec très très peu de voix, vous êtes rentrés dans ce gouvernement pour appuyer M. Macron. Mais la réalité, c'est que la France, aujourd'hui, les Français, de manière très structurée, ne souhaitaient pas avoir une Assemblée nationale qui amène à ce type de politique. Alors, on ne va pas... Pourquoi nous avons...
Et j'espère d'ailleurs qu'on mettra aussi sur le sujet la proportionnelle parce que... Oui, alors non, on ne va pas aborder tous les sujets ce matin si on va un peu s'y terminer. Si on avait le sujet de la proportionnelle, vous verrez que ce sujet-là de la retraite, on ne l'aurait pas dans ces conditions aujourd'hui.
On verra si c'est dans le discours de la politique générale mardi. Et à un moment donné, ce qui me gêne dans ce débat, c'est qu'aujourd'hui, on ne respecte plus les électeurs. Alors, Laurent Neumann, faire monter les enchères, c'est un peu le lot aujourd'hui. François Bayrou, il regarde les enchères monter et puis aujourd'hui, il doit écrire son discours. Il fait comment ?
Madame Massonde, il faisait référence à un sondage. Dans le même sondage, on apprenait que les deux tiers des Français sont pour le compromis. Oui. Voilà. Et ce que j'entends ce matin dans les propos de Gérard Larcher, c'est le retour des lignes rouges. Alors, sans doute parce qu'il a des convictions. Ça, on ne peut pas lui retirer ça, Gérard Larcher. Il a des convictions. Simplement, on est dans une période où chacun doit faire un pas vers l'autre et donc accepter que toutes ces convictions ne soient pas appliquées. C'est vrai pour la gauche, c'est vrai pour la droite.
Et au fond, la question, elle se pose de la même manière à Gérard Larcher et à Olivier Faure ou à ceux qui sont prêts à des compromis. Qui a envie que le gouvernement de François Bayrou dure ? Et qui a envie qu'il tombe le plus vite possible ? Poser comme ça, c'est simple. Parce que c'est ça la question. C'est ça la question. Et c'est vrai que François Bayrou, le mardi prochain, il joue très gros. Parce que c'est ou tout ou rien. Rien, ça veut dire qu'il risque d'être censuré très vite. Alors pas au début, puisque le Rassemblement national a dit non. Mais c'est reculer pour mieux sauter, censuré au moment du budget. Ou alors il obtient un accord de non-censure avec la gauche.
Et alors il peut se projeter et espérer durer. Et ça veut dire qu'on n'est pas obligatoirement parti vers une dissolution à l'été. Ça veut dire qu'il peut y avoir un peu de stabilité. Je note dans le même sondage que les Français sont vent debout contre le Président de la République. Vent debout en réalité contre toute la classe politique. Qu'ils demandent du compromis, mais qu'ils demandent aussi de la stabilité. Et moi je repose la question. Bien sûr il y a la retraite, il y a le budget, il y a tout ça. Tout ça est vrai. Qui a envie que ce gouvernement dure ? Qui a envie que ce gouvernement tombe dans les deux mois qui viennent ? Je dis Berger, vous êtes dans quel camp ?
Ce n'est pas qu'un problème de conviction ou qu'un problème de qui veut que ça dure. Ça va plus loin que ça. C'est qu'il y a une situation, il y a une réalité qui est incontournable. C'est que le déficit de la France pour 2024 est 6,1%. La réalité politique c'est que personne n'a la majorité. Mais il n'y a pas que la réalité politique, il y a la réalité économique et financière. Il y a un déficit, il est ce qu'il est. 6,1% pour 2024. Et là on veut essayer de le ramener à 5,4% pour 2025. Il y a une procédure pour déficit excessif qui est engagée contre la France. Nous allons devoir lever cette année plus de 300 milliards d'euros de dettes.
Et donc comment est-ce qu'on peut accepter au-delà des convictions ou des volontés politiques d'aller faire quelque chose, suspendre la réforme, abroger la réforme, qui viendrait aggraver considérablement le déficit ? On nous dit, M. Kenner nous dit, 2 à 3 milliards, ce n'est pas grave, on va le prendre sur un fonds de réserve comme si cet argent existait.
Non mais sauf à la financer autrement.
Mais il n'y a pas d'argent. Donc évidemment, s'il y a un accord entre les partenaires sociaux qui nous trouvent une martingale qui permet de ne pas aggraver le déficit, voire d'améliorer les choses, et que tout le monde est d'accord, bien sûr. Mais c'est sûr que quand on demande aux Français, est-ce que vous voulez la retraite à 62 ans, pourquoi pas à 60, pourquoi pas à 55 ? Est-ce que vous voulez partir plus en vacances ? Est-ce que vous voulez moins d'impôts sur le revenu ? Évidemment, tout le monde va dire oui, mais les Français ne sont pas idiots. Ils voient bien qu'il y a une situation qu'il faut surmonter.
Et de faire du chantage politique en utilisant la fragilité financière de la France, je trouve que ce n'est pas acceptable pour un grand parti de gouvernement comme le Parti Socialiste.
Nous ne sommes pas dans la même situation que Gérard Larcher. Lui, Gérard Larcher, pas personnellement, mais son parti est au gouvernement. Les socialistes, s'ils sont dans l'opposition, ils le resteront. Donc nous avons fait un geste tout à fait important en proposant une discussion pour qu'il puisse ne pas y avoir de censure de notre part. et faire en sorte que le gouvernement ne soit plus sous l'épée de Damoclès du Rassemblement national, qui finalement a voté la censure au mois de décembre. Et si le gouvernement était majoritaire à l'Assemblée nationale, ça se saurait, puisqu'il ne risquerait pas la censure, il ne l'aurait pas déjà subie.
C'est le même périmètre politique, même si le Premier ministre a changé. Donc il faut que François Bayrou puisse justifier de bouger, de changer de politique. Donc cette question des retraites est essentielle, mais il y a aussi la question de la justice fiscale. Il y a la question des services publics. Les 4000 emplois d'enseignants vont-ils toujours être supprimés ou au contraire être rétablis dans le budget ? Il y a la question des collectivités locales. Est-ce qu'elles vont être soutenues ou est-ce qu'elles vont être privées de 5 à 10 milliards d'euros ? Il y a la question des questions de société importante. Est-ce que la loi sur la fin de vie va être prise ?
Bref, nous attendrons aussi beaucoup de la déclaration de politique générale. La main est dans le camp du Premier ministre et de ce que sa majorité, qui n'est pas majoritaire, lui laisse faire.
C'est dire que cette joie de mardi est importante. Qu'est-ce que vous en attendez, vous, au Rassemblement national, de ce discours de politique générale ? Vous l'avez dit, pas de censure préalable, pas de censure de principe. Qu'est-ce que vous en attendez ?
Principalement de la clarté. Au moment où on se parle, rien n'est clair. Vous le voyez bien, il est encore en train de discuter avec les uns et les autres pour voir effectivement comment il va essayer de tenter à avoir des accords entre la gauche. Mais on est toujours, si vous voulez, dans le même système. On tâtonne. On essaie de trouver des accords avec les uns et les autres alors qu'on n'a pas du tout les mêmes programmes, alors qu'on n'est pas du tout transparent. Donc j'ai bien peur, hélas, qu'à la sortie, M. Bayrou, même si pour l'instant il a l'air d'être plus conciliant au niveau de dialogue, qu'on ait les mêmes effets.
Je ne vois pas par quel miracle vous êtes en train de dire « Oui, les Français sont des gens intelligents ». Bien sûr, les Français sont des gens intelligents. Et je vous rejoins. Ils en ont ras-le-bol. C'est ça qui ressort des sondages. Ou la nécessité du compromis. Ils ne supportent plus la politique du président de la République. Ils ne la supportent plus. Ils ne se portent plus qu'il n'y ait pas de clarté. Ils ne supportent plus les petits accords. Comme il y a eu, excusez-moi de vous le dire, mais les trois quarts des députés à l'air, ils ont été élus parce qu'il y a des gens de très très à gauche.
Non, mais moi, ce n'est pas mon cas, madame. Je ne parle pas de vous, mais je parle en général. Vous savez, dans mon département,
tous les députés à l'air ont été élus avec la gauche et les trame-gauches. Non, mais c'est très important. Parce que pourquoi il y a ce ras-le-bol ? Pourquoi il y a des sondages de ce type ? Pourquoi ? Parce qu'aujourd'hui, le pays est hélas ingouvernable. Voilà. C'est tout, il faut le dire clairement aux Français. Et les Français en ont un rôle.
Parce qu'il y a une incapacité à trouver des compromis. On en revient toujours à la même histoire.
Mais parce qu'on n'élit pas tout sur des compromis. On peut de temps à autre avoir des compromis. Mais on ne peut pas avoir des compromis, surtout dans la vie. À un moment donné, il faut être raisonnable. Nous, on est toujours transparents. On est toujours aptes à discuter.
Et vous préférez voter avec la France insoumise que de permettre à la France de garder son budget ? Arrêtez, vous êtes ridicule. Vous avez voté la censure, madame ou pas ? On a voté une motion de censure, très clairement. Déposée par qui, madame ?
Est-ce qu'il y a dans cette motion de censure un accord politique ? Déposée par le nouveau Fonds populaire. Vous, aujourd'hui, vous êtes prêts à aller gouverner, faire passer des textes avec la gauche et des gens qui sont même très à gauche. Et certains de vos collègues ont été élus grâce à LFI
avec qui vous ne partagez rien. Donc, aucune leçon de morale des LR aujourd'hui. Merci. On va conclure. Je vous laisse répondre. Et à l'émission, on conclut. Le Rassemblement national a du mal à assumer ses positions. Non, on les assume parfaitement bien. Non, manifestement, non.
Ah bah si, si, très très bien.
Vous votez des motions de censure avec la France insoumise, avec le Parti socialiste, avec les écologistes. Vous prétendez les combattre. En réalité, que ce soit en séance ou en commission, vous votez toutes avec eux. Vous avez voté 60 milliards d'euros supplémentaires d'impôts. Monsieur, on a fait gagner des impôts français cette année. Et monsieur, contrairement à vous,
contrairement à vous, on n'a pas été élus avec leur voix. Madame, je vous réponds. On n'a pas été élus avec leur voix. Vous, oui. Assumez-vous ce que vous avez fait. Par contre, moi, je vois que vous, vous votez. Et vous n'êtes pas un cas unique, monsieur. Nous sommes un certain nombre dans l'Assemblée.
Madame, ce n'est pas la peine de vous énerver. Oh, je ne m'énerve pas du tout.
Ça vous contraindrie ce que je suis en train de vous dire. Absolument pas. Évidemment, parce que j'ai raison et vous le savez.
Les Français peuvent juger par eux-mêmes. Vous prétendez défendre les Français. Nous avons hâte qu'il y ait la dissolution. Vous jugez à nouveau par eux-mêmes. Je ne pense pas que vos électeurs vous aient fait confiance pour que vous votiez avec la France insoumise. Je pense que nos 11 millions d'électeurs auraient préféré avoir des membres dans le gouvernement
que vos 2 millions d'électeurs qui ne représentent. Et là, la prochaine fois, vous savez, vous allez perdre des députés.
Rémi Faro, vous en attendez quoi, mardi, de ce discours de politique générale ?
J'attends des raisons qui nous permettent de ne pas censurer le gouvernement pour une seule raison. C'est que la France puisse avoir un budget. Bien sûr que la crise politique est là, devant nous. Bien sûr qu'il y aura probablement une dissolution avant l'échéance normale. Je ne vois pas comment c'est évitable. Il n'y a pas de majorité à l'Assemblée nationale. Et le président de la République n'a pas respecté le front républicain. Mais nous, ce que nous espérons, c'est pouvoir nous laisser la France avoir un budget pour éviter d'entrer, même si ce budget est imparfait, en récession, une récession économique sociale. C'est dans l'intérêt des Français. Maintenant, gouverner, c'est choisir.
Donc c'est au Premier ministre, à son gouvernement, à son socle commun de choisir entre tendre une main à la gauche, ou rester sous l'épée de Damoclès du Rassemblement national. Ça m'a l'air, en effet, bien difficile de ce côté-là. Nous, nous jugerons sur pièce et nous déciderons après le discours de politique générale du Premier ministre.
Rendez-vous donc mardi. Laurent, votre sens de la concision en un mot, s'il fallait résumer la semaine à venir pour François Bayrou ?
Tout se joue mardi. Vous ne m'avez pas fait un mot, là. Non pas, vous m'avez dit un mot, j'en ai vu. Ah, j'en voulais un, moi. Je voulais un adjectif, un qualificatif. Très sérieusement, c'est pas l'avenir de François Bayrou qui se joue mardi, puisque le lendemain, la motion de censure ne sera pas votée. En revanche, c'est la question, est-ce qu'il va durer plus longtemps que le gouvernement Barnier ? C'était 99 jours. Si les mêmes causes produisent les mêmes effets, la réponse est dans la question.
Alexandra Masson