Colère des agriculteurs : 4ème jour de mobilisation - C à vous : l’intégral - 21/11/2024
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
... - A.-E.Lemoine: Bonsoir. "C à vous" en direct jusqu'à 21h avec toute l'équipe.
Bonsoir à tous les 5. Emilie? - E.Tran Nguyen: 4 jours que les agriculteurs se mobilisent avec des actions radicales aujourd'hui encore.
Ils disent ne plus pouvoir vivre de leur métier. La ministre a promis des réponses. - A.-E.Lemoine: On en parle avec la journaliste G.Woessner, qui publie une enquête inédite sur les dérives de l'écologie politique.
Mohamed? - M.Bouhafsi: Le lauréat du prix Goncourt K.Daoud visé par 2 plaintes en Algérie.
Le monde de la culture dénonce une cabale du pouvoir algérien. - P.Cohen: M.Barnier en opération séduction au Congrès des maires.
On va ouvrir le débat. - A.-E.Lemoine: Avec notre invité, D.Lisnard, président de l'Association des maires de France.
Merci d'avoir accepté notre invitation. Le congrès s'est achevé aujourd'hui mais s'est ouvert mardi avec une photo symbolique: des centaines de maires ont posé avec une écharpe noire qui recouvrait leur écharpe tricolore. L'Etat veut mettre les communes à contribution. - L.Sénéchal: Il a neigé sur la moitié de la France.
On a même skié à Montmartre. - P.Lescure: Trop heureux de vous avoir parlé de J.Williams la semaine dernière, je récidive ce soir avec L.Schifrin, qui a fait les musiques de plusieurs films. - A.-E.Lemoine: Nos invités après 20h: B.Lavernhe et P.Lottin, formidables, 2 frères séparés à la naissance qui se retrouvent dans un film merveilleux, "En fanfare".
Et puis, F.Lopez fête la 50e de son émission hebdomadaire qui bat des records historiques. On célèbre cet anniversaire avec lui autour du dîner préparé par N.Rouillé.
Elle est accompagnée de Théo et de B.Chameroy. - B.Chameroy: Ce soir à nos côtés, Théo, 24 ans, commis de cuisine à plein temps.
C'est le 1er CDI chez Biscornu. Il veut devenir... - Pâtissier.
J'ai eu mon CAP pâtissier à l'école en 2020. - B.Chameroy: J'adore le nom des plats préparés.
Le nom du plat... - Nous allons commencer, pour le dîner de ce soir, par le suprême Eurêka. - B.Chameroy: Il se compose de? - N.Rouillé: Suprême de volaille, polenta grand roux et d'un condiment anchoïade.
Eurêka! - A.-E.Lemoine: Tout de suite, l'édito de Patrick.
M.Barnier est venu chouchouter les maires. - P.Cohen: Tenter de restaurer la confiance entre les maires et le pouvoir central, mais sans établir le montant de la facture, c'est le grand sujet qui fâche.
Quelle sera la part que prendront les collectivités dans les économies demandées à tous? Les communes, départements et régions pèsent pour 19 % de la dépense publique, et pas 20. Le budget présentait un effort de 5 milliards d'euros, qui pourrait être réduit à 2 milliards, selon le président du Sénat G.Larcher.
M.Barnier n'a pas donné de chiffres. Il a renvoyé aux débats du Sénat, mais il a multiplié les mots doux pour les communes.
Il a promis aux communes plus de liberté en mettant fin à l'inflation des normes, en assouplissant les règles sur l'artificialisation des sols. - A.-E.Lemoine: C'est de nature à apaiser le mécontentement des maires? - P.Cohen: Notre invité va nous le dire.
Vous y avez consacré l'essentiel de votre discours de clôture en fustigeant ceux qui donnent des leçons budgétaires, qui sont aussi ceux qui ont planté le pays. En résumé, les déficits, ce n'est pas de votre faute. L'échelon local n'est pas le problème mais la solution. "Le méchant Etat qui gère très mal, qui nous ponctionne et nous accable de normes absurdes, doit arrêter de s'en prendre aux gentilles collectivités très bien gérées..." Je détourne une formule de B.Le Maire. - D.Lisnard: J'ai cru que c'était B.Le Maire qui me parlait. - P.Cohen: Il a accusé les collectivités de faire déraper les déficits. - A.-E.Lemoine: Les chiffres disent le contraire. - P.Cohen: Ces chiffres sont pourtant ceux de la Cour des comptes, qui donne rarement dans le farfelu.
Dans un rapport d'octobre, ses magistrats évoquent une trajectoire financière des collectivités qui dérapent de plus en plus. Il suggérait la suppression de 100 000 agents territoriaux, soit le nombre de postes créés en 10 ans dans les intercommunalités sans qu'il y ait eu de baisse équivalente dans les communes et sans nouveau transfert de compétences. Pour ces agents, un temps de travail effectif toujours inférieur à la durée moyenne légale.
La mise au travail à 1607 heures annuelles permettrait aux collectivités de réduire leur effectif de 52 000 agents et d'économiser 1,3 milliard d'euros. J'ajoute à cela le contexte électoral: plus les municipales approchent, plus les dépenses accélèrent. On le vérifie avant chaque scrutin.
Les prochaines municipales sont dans un an et demi. Les dérives de la 1re ville de France, Paris...
Paris augmente son endettement de près de 1 milliard d'euros malgré une hausse de 52 % de la taxe foncière. Il y a aussi la "rond-pointophobie", devenue le symbole de l'argent jeté par les fenêtres des collectivités. Voici quelques clichés de giratoires aussi moches que coûteux.
Ces trois-là ont coûté entre 300 000 et 3 millions d'euros. La mauvaise gestion, ça n'est pas que le méchant Etat. - A.-E.Lemoine: Vous dites que les chiffres de la Cour des comptes sont farfelus? - D.Lisnard: Est-ce que j'ai le temps de déconstruire tout ce qui a été dit?
Je vais faire une synthèse. Le chiffre donné par A.Laignel, ce n'est pas 5 milliards mais 11 milliards de prélèvements supplémentaires.
C'est documenté. Ce n'est pas vraiment contredit. L'Etat a acté qu'il y avait au moins 9 milliards.
Je vous invite à lire cette semaine "La Gazette des communes", qui n'est pas connue pour être un magazine farfelu. Il y a un débat entre P.Moscovici et moi-même.
Il dit clairement qu'il n'y a pas eu de dérapage des finances des collectivités. Il y a des collectivités très mal gérées, comme il y a des PME mal gérées. L'agrégation des données sur les collectivités démontre qu'il y a beaucoup moins de dépenses, malgré le millefeuille, en France que partout ailleurs en Europe.
Pourtant, le total des dépenses publiques en Europe est inférieur à celui de la France. Les 19 %, c'est en dessous de la moyenne européenne. Ailleurs, les collectivités ont 34 % de la dépense. - P.Cohen: Les autres pays sont plus centralisés. - D.Lisnard: Ce qui fonctionne, c'est la décentralisation.
Je suis heureux que ce soit votre conclusion. Les 100 000 postes...
Il peut toujours y avoir du clientélisme. C'est le mauvais côté de la décentralisation. Il faut associer les gens à la dépense. 36 % des 100 000 postes, c'est les polices municipales.
C'est pour des bonnes raisons. Le reste, c'est quoi? Depuis 10 ans, il y a eu un transfert de charges énorme.
On a enfin réussi à le faire reconnaître. La lutte contre les inondations, avant, c'était du ressort de l'Etat. - P.Cohen: Il y a une taxe spéciale, la taxe Gemapi. - D.Lisnard: Elle est affectée au recul du trait de côte. - P.Cohen: Elle est fixée par les collectivités. - D.Lisnard: Elle est bloquée à 50 euros maximum par foyer fiscal sur le foncier bâti. - P.Cohen: Elle a rapporté 300 millions l'an dernier. - D.Lisnard: Il faut trouver 80 %.
Il y a eu un projet de loi dont vous vous réjouissez, adopté sur le service public de la petite enfance. Il faut créer 200 000 places de crèche. Il y a un livre qui dit qu'il n'y a pas assez d'encadrement dans les crèches.
Le bon maire est celui qui ne crée pas ces places ou qui les crée? L'évolution des dépenses, c'est prouvé, la Cour des comptes le dit...
C'est la résultante des augmentations des points d'indice. Est-ce qu'il fallait le faire ou pas? C'est un autre débat.
Les éléments inflationnistes...
Ce qui, dans le panier du maire, concerne les plus gros postes, c'est l'énergie, l'alimentation et les cantines scolaires. Ca a été nettement supérieur à l'inflation. Dans un cycle électoral, le cycle de maire dure 6 ans.
En plus, il y avait le covid en début de mandat. Les 2 premières années, vous concevez le projet. Vous avez des procédures de plus en plus longues et coûteuses. - A.-E.Lemoine: Vous dénoncez la multiplication des normes. - D.Lisnard: C'est une réalité, mais personne ne s'y attaque.
Ensuite, vous lancez les procédures d'appel d'offres. Le code est débile. - A.-E.Lemoine: Ce qui explique que les dépenses arrivent en fin de mandat.
Ca n'a rien à voir avec une échéance électorale et le clientélisme? - D.Lisnard: Il y a du clientélisme, mais...
Vous êtes élu sur un projet. Vous lancez les projets et vous les inaugurez. C'est le cycle des mandats.
C'est comme ça et c'est bien. On est plutôt content quand on a refait la pelouse du terrain de foot ou quand on a fait une crèche ou refait l'école. Le total des dépenses des collectivités, par rapport à la richesse produite...
C'est 11 % de la richesse produite. La moyenne européenne, c'est 19 %. La dette des collectivités, le total des dettes, ça représente un peu moins de 9 % par rapport à la richesse.
Il y a 30 ans, c'était un peu plus de 9 %, donc il y a une stabilisation de la dette. Ce n'est qu'une dette d'investissement. Une collectivité ne peut pas emprunter pour son fonctionnement.
Il y a toujours plein d'économies à faire, comme dans plein d'entreprises, comme dans France Télévisions. France Télévisions conteste la moindre mise en cause du moindre euro... - P.Cohen: Pourtant, des économies sont faites dans l'entreprise. - D.Lisnard: Est-ce qu'on n'est pas trop nombreux autour du plateau?
Est-ce qu'il n'y a pas trop d'éclairage? Il y a des collectivités mal gérées comme des entreprises, mais l'immense majorité des communes sont très bien gérées. C'est vérifié par les chiffres.
En revanche, il y a un seul l'Etat. La France est un Etat-nation. Il est mal géré depuis trop longtemps.
J'aimerais aussi qu'on regarde les 91 % de dette des comptes sociaux et des comptes de l'Etat. Ce serait intéressant de se focaliser sur le détournement de l'opinion. - A.-E.Lemoine: L'Etat doit faire des économies.
Il demandait 5 milliards de contributions des communes. - D.Lisnard: Je préfère votre terme. - A.-E.Lemoine: Vous allez obtenir une réduction de cette contribution?
Il y a eu des mots doux de M.Barnier, mais pas de chiffres et pas d'engagements. - P.Cohen: Vous vous attendiez à un chiffre? - D.Lisnard: Je n'en savais rien, objectivement. - P.Cohen: G.Larcher, dimanche dernier, a parlé de 2 milliards. - D.Lisnard: Dans ma commune, il n'y a pas eu de transfert de dette.
Il n'y a pas de hors bilan. C'est une commune qui a un taux de pauvreté bien supérieur à la moyenne nationale: 21 %. Dans le centre de Paris, c'est 8 %.
La moyenne, c'est 13,8. On n'a pas créé de fiscalité additionnelle sur les ménages. Il y a 500 agents de moins.
C'est le cas dans beaucoup de mairies. Après, il y a une évolution démographique, des exigences sociales, des attentes qui augmentent...
Dans ce qui a été proposé par Bercy, ce qu'on appelle "le musée des horreurs" entre nous...
Dès qu'il y a un peu de vacance politique...
J'attaque souvent les "petits hommes gris", mais ils n'ont que le pouvoir que les politiques leur laissent. Est-ce qu'il y a une mesure d'économie...
Citez-moi une mesure d'économie proposée par Bercy sur les collectivités. Ce ne sont que des prélèvements supplémentaires. 4 points en plus pour alimenter la caisse... - A.-E.Lemoine: Il y a 60 milliards d'euros à trouver.
Il faut bien que quelqu'un y participe. - D.Lisnard: Les dépenses de l'Etat vont augmenter plus vite que l'an prochain.
Ce sont des prélèvements sur la capacité d'autofinancement. Ce n'est que ça. C'est des prélèvements là-dessus...
Plus on réduit l'épargne nette, plus on a un effet récessif. C'est les mêmes mesures qui sont proposées sur les entreprises. On s'étonne qu'il y ait des plans sociaux, une défaillance croissante des entreprises, moins de recettes de TVA...
Evidemment. C'est ce qu'on disait il y a un an. Vous partez sur une hypothèse fausse de croissance et vous prenez des mesures qui vont avoir un effet récessif.
Courbe descendante de l'affaire. Vous avez plus de prélèvements et moins de rentrées fiscales. Ca fait 40 ans que ces mesures sont adoptées et que la France s'enfonce dans le déficit public.
Les fonctionnaires coûtent plus cher qu'ailleurs et sont moins bien payés qu'ailleurs. Les usagers sont moins satisfaits. Il y a des systèmes à 2 vitesses qui se mettent en place.
L'universalité qui fait la beauté du service public est de plus en plus contestée. C'est aussi ce qu'on essaie de démontrer. Ce n'est pas pour parler en boutiquier.
Je suis fier d'être un ancien boutiquier. Il y a un système plus décentralisé qui fonctionne peut-être mieux. - P.Cohen: Vous n'avez pas répondu sur le temps de travail. - D.Lisnard: J'ai dit que j'étais d'accord là-dessus.
Il est anormal que des collectivités ne respectent pas le temps de travail. C'est souvent de vieux accords. Le dialogue social n'est pas toujours évident.
Ca a été l'une des premières mesures que j'ai faites. On est dans la légalité du temps de travail. Je suis d'accord avec la Cour des comptes sur ce point.
Le temps de travail, c'est la loi. Il doit être respecté partout. - E.Tran Nguyen: M.Barnier est à la tête d'un gouvernement qui fait face à la menace d'une censure. - M.Barnier: Je ne sais pas le temps que j'ai devant moi.
Ca dépend d'une éventuelle coalition des contraires, si je puis dire, à l'Assemblée nationale. Je ne sais pas si ça se produira. J'y suis prêt.
Je sais que ce n'est pas ce que souhaitent les Français, qui souhaitent de la stabilité, de la sérénité. - E.Tran Nguyen: Cette coalition des contraires, qui pourrait faire tomber le gouvernement, vous la craignez? - D.Lisnard: Belle formule.
Je ne me permets pas le luxe de craindre ou de ne pas craindre... - P.Cohen: Vous trouvez que ce serait dommageable. - D.Lisnard: Oui.
Le pire peut encore arriver. C'est ce que je disais...
Quand je voyais les mesures budgétaires que l'on conteste et que j'entendais les débats à l'Assemblée, c'est presque le syndrome de Stockholm. - A.-E.Lemoine: Les socialistes vont voter la censure en cas de 49-3. - D.Lisnard: Il y a beaucoup d'électeurs qui votent RN qui viennent de la jeunesse indécise et aussi de la gauche.
Je ne sais pas quelles seraient les motivations pour une censure pour le RN...
Comment ils vont justifier ça? Ils prennent le risque de quoi? Que quelqu'un d'extrême gauche se retrouve au gouvernement?
Une part de l'électorat du RN n'est pas un électorat fou furieux. Ce sont simplement des gens mécontents qui trouvent que la politique ne sert à rien et qu'il y a trop de laxisme sécuritaire ou migratoire. Je ne suis pas commentateur. - P.Cohen: Ca ne dit pas quel est l'objectif. - D.Lisnard: A moins qu'il y ait d'autres motivations liées à d'autres calendriers. - E.Tran Nguyen: M.Barnier doit rencontrer M.Le Pen lundi prochain.
Il doit lui donner des gages pour sortir de ce piège? - D.Lisnard: On ne donne pas des gages.
On n'est pas des gamins. - P.Cohen: La motivation a été explicitée par J.-L.Mélenchon et par M.Le Pen.
C'est le souhait d'une présidentielle anticipée et d'un départ du président de la République avant le terme de son mandat. - D.Lisnard: On demandera toujours pourquoi le président a dissous.
Ca m'intéresse de savoir en tant que citoyen. - A.-E.Lemoine: Et s'il cherche un nouveau Premier ministre, vous pourriez réfléchir?
Votre nom a circulé. - D.Lisnard: J'ai pris.
Ca m'a permis de faire parler de mes idées. - E.Tran Nguyen: Mais ce n'était pas sérieux? - D.Lisnard: Si, c'était très sérieux. - A.-E.Lemoine: Ce n'était pas une proposition sérieuse?
C'était ma question. - D.Lisnard: Il y a eu une discussion avec le président.
Je lui ai dit en toute franchise ce que je dis en privé. Je suis bien dans mes baskets. "Monsieur le président de la République, voilà comment je vois qu'il faudrait faire les choses: s'appuyer sur le référendum, sur 3 ou 4 mesures pour être utile pendant 1 an au moins..." Je pense que ça a coupé... - A.-E.Lemoine: Coupé court aux discussions. - D.Lisnard: Il a dit que c'était intéressant et qu'on en reparlerait plus tard. - A.-E.Lemoine: Restez avec nous.
Voici la story de M.Bouhafsi. - Le prix Goncourt 2024 a été décerné à K.Daoud pour son roman "Houris".
L'académie Goncourt couronne un livre où le lyrisme le dispute au tragique et qui donne voix aux souffrances liées à une période noire de l'Algérie, celles des femmes en particulier. - M.Bouhafsi: C'est l'histoire d'un livre qui déchaîne la colère de l'Algérie.
Le 4 novembre, K.Daoud devenait le 1er auteur franco-algérien lauréat du Goncourt. Il a vanté la liberté en France et évoqué la guerre civile qui a ensanglanté l'Algérie dans les années 90, la décennie noire. - K.Daoud: Je connais le prix de la liberté.
Elle permet d'écrire et d'être libre. La guerre civile algérienne a fait entre 200 000 et 250 000 morts. Les femmes ont payé beaucoup plus.
Je ne me trompe pas. Dans la vie, généralement, il y a toujours 2 camps: celui de la liberté et celui de ceux qui n'aiment pas la liberté. - M.Bouhafsi: 2 semaines plus tard, en Algérie, une femme l'accuse de s'être inspiré de son histoire contre son gré.
Elle a été victime d'un étranglement pendant la décennie noire. Elle porte un dispositif médical pour parler. Elle a été suivie par une psychiatre, qui est la femme de K.Daoud. - M.Bouhafsi: Cette affaire tombe en pleine crise diplomatique entre la France et l'Algérie après le rapprochement franco-marocain.
L'avocat de cette femme a accusé E.Macron d'avoir encouragé K.Daoud à écrire ce livre.
Depuis 20 ans, l'écrivain est la cible de manipulations et d'attaques violentes pour ses critiques de l'islamisme et du pouvoir. - Ce qui me met en colère, c'est qu'il y a une cabale de la dictature algérienne contre K.Daoud.
En Algérie, il dérange les islamistes, le régime, la dictature algérienne. Tout est cousu de fil blanc dans cette affaire. L'avocate de cette dame qui accuse K.Daoud, l'épouse de K.Daoud, est proche du régime.
Le type qui a interviewé cette dame était dans la campagne de Tebboune. Il fait partie du système. C'est absolument dégueulasse.
On a perdu toute dignité, dans cette affaire. - M.Bouhafsi: K.Daoud est visé par une 2e plainte en Algérie pour violation de la loi sur la réconciliation nationale.
L'évocation de la décennie noire, qui a coûté la vie à plusieurs centaines de milliers de personnes, est interdite en Algérie. On parle là-bas de "blessures de la tragédie nationale". L'écrivain a toujours critiqué cette omerta.
Il est censuré en Algérie. - Ce qui est majeur aujourd'hui en Algérie...
Le régime algérien joue là-dessus. C'est la question du nationalisme. Il y avait des fractures très graves dans la société algérienne, des plaies.
L'objectif numéro 1, c'était la recherche perpétuelle de l'homogénéité et du consensus. Donc toute voix qui vient contrecarrer cette homogénéité et ce consensus est perçue comme dissidente et dangereuse pour un récit national unifié. - M.Bouhafsi: K.Daoud a été banni du Salon du livre à Alger le week-end dernier.
A.Gallimard dénonce des campagnes diffamatoires. Nous avons joint le lauréat du prix Goncourt.
Il nous a livré pour seul commentaire: "En France, nous sommes dans un pays de droit et c'est à la justice de trancher." Un autre auteur franco-algérien, B.Sansal, a été arrêté à Alger.
Ca semble confirmer un nouveau durcissement du régime. - P.Cohen: B.Sansal est un esprit très brillant et talentueux.
Il a été haut fonctionnaire. Il connaît le système de l'intérieur. Il a été directeur général de l'industrie dans son pays.
C'est l'un des plus féroces contempteurs du régime algérien et de l'idéologie islamiste. Il a eu des positions, ici en France, souvent très courageuses et très engagées. Il continue d'habiter en Algérie.
Il a eu la nationalité française il y a quelques mois. La France suit évidemment sa disparition, son arrestation avec attention. C'est évidemment très inquiétant. - M.Bouhafsi: La dernière séance de dédicaces de K.Daoud avait lieu à Cannes. - D.Lisnard: Je connais bien K.Daoud.
Je connais beaucoup mieux B.Sansal. Je voulais en parler.
B.Sansal, c'est un esprit libre, un homme objectif. Il est engagé.
C'est une langue exceptionnelle. Il y a une richesse de la langue française dans les auteurs maghrébins et algériens qui est fantastique. Pourquoi il faut en parler?
Parce que ça devient diplomatique. Il est franco-algérien, B.Sansal.
Son arrestation, si elle est confirmée, est honteuse. Le régime algérien...
C'est aux Algériens de régler leurs problèmes. Là, c'est un ressortissant français. C'est un sommet de la littérature.
Si vous lisez "2084"...
Pour en revenir à K.Daoud...
Il faut que le président de la République prenne une position forte. Pour une fois, il doit s'exprimer. Si la France a encore quelque chose à dire au monde, c'est de défendre les artistes, la littérature, la liberté.
Entendre K.Daoud parler de l'Etat de droit, ça fait du bien. En France, on a quand même de la liberté.
On a même le droit d'être complotiste! Ca veut dire qu'on est libre. - P.Cohen: E.Macron se dit très préoccupé. - D.Lisnard: Il faut aller beaucoup plus loin.
Cette femme serait restée anonyme et ne serait pas devenue connue si elle n'avait pas mis en avant le drame qu'elle a subi. Je trouve ça assez sordide. Il faut soutenir ces 2 auteurs.
C'est important et même vital. - A.-E.Lemoine: Pierre? - P.Lescure: La loi dite anti-Airbnb, qui vise à inciter les propriétaires immobiliers à louer leurs logements sur de longues durées, a été promulguée hier au Journal officiel.
Pour les propriétaires, la fiscalité sera un peu moins avantageuse. Le pouvoir sera donné aux maires de réduire le nombre de jours de location de ces logements. Paris veut passer de 120 à 90 jours.
Que va faire le maire de Cannes? Vous pensez faire évoluer la réglementation? - D.Lisnard: Je tiens à le réaffirmer, je suis pour le droit à la propriété.
En France...
On parle de liberté depuis tout à l'heure. L'une des conditions de la liberté, c'est la propriété, que l'être humain soit propriétaire et souverain de lui-même. - A.-E.Lemoine: Et il peut faire ce qu'il veut de sa propriété? - D.Lisnard: Exactement.
Je sais que ce n'est pas le discours partagé par beaucoup de monde. En revanche, je constate, car je suis un pragmatique...
Je me cogne au fait qu'il y a parfois des immeubles vidés de leurs habitants car il y a...
Il faut pénaliser l'abus mais pas l'usage. Cette loi va dans le bon sens. Elle ne rend pas obligatoire mais elle donne un pouvoir à la démocratie locale.
A Cannes, je vais faire un seuil à partir de 5 biens sur le marché et j'estimerai que c'est du para-commercialisme. Il ne doit pas y avoir de distorsion de concurrence. Il faut un seuil.
Il y a eu aussi beaucoup d'effets positifs par ces offres de meublés. Ca a permis de réhabiliter des quartiers entiers, d'apporter une offre touristique qu'on ne trouvait plus pour des familles. Il y a un abus.
Ca devient des habitants. Très souvent, ce qui est proposé, c'est de la coercition ou du réajustement fiscal non pas pour abaisser la fiscalité sur la mise en location en accession en résidence principale ou longue durée, mais pour augmenter la fiscalité sur le loué meublé. Sur le régime algérien et la décennie noire, ça me fait penser à Orwell.
Dans "1984", il y a le ministère de la Vérité. Il y a cette phrase: "Qui contrôle le passé contrôle l'avenir. Qui contrôle le présent contrôle le passé." C'est ce qui se passe avec le révisionnisme national en Algérie, au détriment de la liberté, des artistes et des Algériens. - A.-E.Lemoine: La 4e journée de mobilisation nationale des agriculteurs avec des actions radicales signées de la Coordination rurale aujourd'hui encore.
L'accès au port de commerce de Bordeaux barré par des pneus, des câbles, un tracteur. La centrale Leclerc à Mont-de-Marsan est bloquée. La préfète des Landes a condamné l'incendie volontaire déclenché hier soir.
Des agriculteurs mobilisés entendent maintenir la pression. - On reste aussi longtemps que madame la ministre de l'Agriculture n'aura pas signé un papier indiquant qu'on est sur la même règle que tous les Européens. - On veut juste des normes européennes pour travailler à armes égales avec nos collègues européens.
Le Mercosur, on ne veut pas en entendre parler. On est déjà au fond du trou avant cet accord. - A.-E.Lemoine: La ministre de l'Agriculture rappelle que bloquer le pays n'est pas acceptable.
M.Barnier maintient le dialogue, quitte à prendre au téléphone, devant les caméras de télévision, la coprésidente de la Coordination rurale à l'origine des actions les plus radicales. - Monsieur le Premier ministre, nous avons besoin de votre engagement sur la non-surtransposition de la contrainte supplémentaire qu'on nous impose aujourd'hui par rapport à la réglementation européenne. - Prenez la parole devant les médias.
Nous avons besoin d'entendre cette parole. Tous les paysans de France ont besoin de l'entendre. - A.-E.Lemoine: Bonsoir, G.Woessner, rédactrice en chef du pôle environnement au "Point".
Vous publiez "Les Illusionnistes". Un mot sur cette mobilisation des agriculteurs. Elle est essentiellement celle d'un syndicat, la Coordination rurale.
Des actions radicales que le gouvernement condamne tout en acceptant de dialoguer avec certains de leurs représentants. Ca dit quoi du rapport des responsables politiques avec les agriculteurs? Il y a une certaine indulgence et beaucoup de démagogie? - G.Woessner: Enormément de démagogie.
Ca dit beaucoup de l'hypocrisie de ce débat général. C'est vrai que les agriculteurs, quand ils manifestent avec autant de violence, sont à bord de tracteurs. Un tracteur, c'est un tank.
S'ils décident de défoncer une préfecture, ils le font. Le pouvoir est mal à l'aise face à ça. Beaucoup d'hypocrisie, car le Mercosur...
C'est un bouc émissaire très facile. L'effondrement des productions et de l'agriculture, de la compétitivité de l'agriculture en France, ils en sont tous responsables. Tous les partis politiques le savent.
Il y a des choses à faire pour redresser cette barre. Ils n'ont pas forcément envie de le faire et ils n'ont pas la majorité pour le faire. Ils donnent le change.
On a cette position étrange d'un Premier ministre qui appelle un mouvement qui a quand même des actes qui ne sont pas tolérables en démocratie. Les raisons de la perte de compétitivité de l'agriculture française, on les connaît. Cette perte de compétitivité est d'abord en Europe.
C'est au sein de l'Europe que la France a perdu des parts de marché. Il y a le coût de son travail. Les 35 heures ont eu un impact massif sur les filières des fruits et légumes, sur l'abattage...
La surtransposition des normes sanitaires... - A.-E.Lemoine: Il y a des normes européennes et la France en rajoute. - G.Woessner: La France en rajoute.
La France est en situation de distorsion de concurrence avec ses voisins immédiats sur son marché. C'est très compliqué. Les problèmes sociétaux nous concernent tous, mais il est devenu quasiment impossible en France de construire un bâtiment d'élevage.
Il y a des recours systématiques en justice. On était excédentaires en volaille il y a une vingtaine d'années. Aujourd'hui, on importe 30 % de la volaille qu'on consomme.
Il y a énormément de choses à faire. Le Mercosur, ce n'est pas le sujet principal. - A.-E.Lemoine: Un exemple de cette perte de compétitivité et de rentabilité de l'agriculture française.
La collecte des noisettes...
Faute à l'utilisation de pesticides, définitivement interdits en France en 2023... - P.Cohen: En 2016. - A.-E.Lemoine: 2023 définitivement. 50 % de la récolte des noisettes de l'Hexagone a été détruite par des attaques massives de 2 insectes. - On a une loi française qui nous interdit une matière active qui nous permettrait de lutter de manière efficace contre ces ravageurs.
Nos homologues italiens y ont accès. Ca fait 2 ans qu'on subit des dégâts sur nos récoltes, qui sont considérables en termes économiques. On ne pourra pas durer un ou deux ans de plus.
L'an prochain, si on est dans la même situation, ce sera le dépôt de bilan de beaucoup d'exploitations. - A.-E.Lemoine: La France se retrouve à importer des noisettes de Turquie, pays qui autorise plus de 200 pesticides.
Quelle est la solution? Réintroduire un pesticide jugé dangereux pour les abeilles par les autorités françaises, de la classe des néonicotinoïdes? - G.Woessner: Pas par les autorités françaises.
Il n'y a pas que la Turquie. Le 3e fournisseur de la France, c'est l'Italie. Là-bas, ils ont le droit d'utiliser l'acétamipride.
On a mis de façon autoritaire un principe de précaution. C'est joli sur le papier. Dans les faits, ça se transforme en principe de la trouille.
On dit qu'on va interdire un produit même sans preuves scientifiques. Il y a 5 néonicotinoïdes qu'on a interdits. La toxicité de ces molécules n'est pas la même d'une molécule à l'autre.
Pourquoi l'Europe a interdit les 4 autres néonicotinoïdes qu'on utilisait? Pas celui-là. Les études scientifiques ont montré qu'il était moins toxique par contact que les autres.
Il reste autorisé jusqu'en 2033. On verra s'il est prolongé. Il reste autorisé ailleurs en Europe.
Ca a eu des conséquences dramatiques sur nos filières et l'environnement. Au début, on ne savait pas quoi faire. En catastrophe, l'Anses a autorisé pour ces cultures un autre insecticide, le karate K, qui était bien pire.
Il tuait tous les autres insectes en dehors des pucerons. - A.-E.Lemoine: Vous dites que c'est la faute de l'écologie politique et de ses dérives, au point de ne plus être écologique du tout. - G.Woessner: C'est l'une des démonstrations.
On a fait ce livre en se demandant pourquoi l'écologie politique était systématiquement déconnectée de la science écologique, qui n'a pas ces discours. C'est une idéologie plus anticapitaliste que pro-environnement. Elle prône la décroissance avant de prôner la décroissance des émissions de gaz à effet de serre.
Ca la conduit à prendre des positions néfastes pour le climat. L'exemple le plus emblématique, c'est cette obsession de la sortie du nucléaire quand le nucléaire est ce qui a permis à la France de faire baisser de 30 % ses émissions de CO2 entre 1980 et 1990. Là, on revit la même chose avec les politiques agricoles sur un autre sujet.
Il faut en prendre conscience. On n'a plus de temps à perdre avec ces querelles qui sont idéologiques. - E.Tran Nguyen: Un autre risque auquel fait face la France, qui se loge dans les esprits: l'antisémitisme.
Dans un sondage, 23 % des gens pensent que les juifs ne sont pas des Français comme les autres. 12 % se réjouissent de les voir quitter le territoire national. Ils étaient 6 % en 2020.
Ce chiffre a doublé en 4 ans. On fait face à une banalisation de l'antisémitisme? - A.-E.Lemoine: Vous y consacrez une enquête aujourd'hui. - G.Woessner: C'est un sondage qu'on publie aujourd'hui dans "Le Point".
J'ai écrit l'article. Ce qui nous frappe, c'est l'évolution depuis le 7-Octobre, comme si quelque chose s'était libéré. C'est l'évolution historique.
On a 2 types d'évolution dans l'Histoire. Il y a l'antisémitisme des années 30 et 40, un antisémitisme honteux. L'Allemagne a caché ce qu'elle faisait aux juifs.
Aujourd'hui, on a un antisémitisme qui peut s'abriter derrière une excuse de l'antisionisme. Ca cause beaucoup de confusion dans les esprits. Il ne se cache plus.
Il est revendiqué. La forme d'expression radicale de dire que ce ne serait pas plus mal s'ils partaient, ces gens-là, l'évolution entre 2020 et 2024 est proprement confondante. On double le nombre de personnes qui pensent ça.
C'est aussi très inquiétant chez les jeunes. Les moins de 35 ans sont 17 % à le penser. 20 % des sympathisants de LFI... - E.Tran Nguyen: 15 % chez les électeurs RN. - G.Woessner: Aujourd'hui, la parole publique à la tête des partis, la parole antijuive, c'est quand même LFI qui la porte. - E.Tran Nguyen: D.Lisnard? - D.Lisnard: Sur la 1re partie, je souscris complètement à ce qui a été dit, y compris sur le nucléaire.
Je vous proposerai d'adhérer à Nouvelle Energie, mon parti politique. En plus, c'est déductible des impôts. Sur l'antisémitisme, sujet beaucoup plus grave...
Je ne pensais pas que quelqu'un de ma génération vivrait ça. Je croyais que c'était derrière nous. Je suis typé.
Je m'appelle David, mais je ne suis pas juif. Un jour, quelqu'un m'a dit: "Vous avez été élu parce que vous êtes juif." J'ai compris ce qu'était l'antisémitisme.
C'est délirant. Les mêmes qui baissent les yeux devant l'antisémitisme sont les mêmes qui baisseront les yeux devant tout racisme. S'attaquer à une personne pour ses origines et non pour ce qu'elle fait ou pour ce qu'elle est, c'est la base du racisme et le contraire de l'universalisme républicain qui est un trésor.
C'est aussi un objet politique. Ceux qui croient instrumentaliser l'antisémitisme à des fins électorales comme LFI deviennent des collabos, les idiots utiles d'une idéologie totalitaire, très souvent liée à l'islamisme radical, au djihadisme. Il faut l'affronter intellectuellement, judiciairement et convaincre nos jeunes, expliquer, retrouver l'apprentissage de l'Histoire, la raison critique.
Si on est faibles, on va vers de très graves conflits. - A.-E.Lemoine: Je rappelle votre ouvrage, G.Woessner, "Les Illusionnistes".
On passe au 5/5. Vous nous aviez promis une édition spéciale. La neige est tombée sur la moitié de la France. - L.Sénéchal: A Paris, dans le Calvados, dans l'Orne, en Bretagne et en Alsace.
Quand il neige, on devient tous un peu dingues. - Allô, patron? Ce matin, je ne pouvais pas venir au travail parce qu'il a beaucoup neigé cette nuit. 30 cm. ...
Musique joyeuse. - Je suis choqué! - L.Sénéchal: Hier, on a envoyé nos reporters à 50 degrés dans un camion qui simulait le changement climatique.
Changement d'ambiance. Nos journalistes étaient ravis quand je leur ai demandé d'aller filmer la neige. - On a très froid! - L.Sénéchal: On n'est pas les seuls à être sadiques avec nos reporters.
C'était pareil sur toutes les chaînes, notamment sur BFMTV. Ca donne des images incroyables, avec les plus beaux monuments de France en gris et blanc, comme le château de Chambord, Versailles et ses beaux jardins, les plages de Normandie...
A Paris, Montmartre a pris des airs de haute montagne. Comme à chaque fois qu'il neige, on a sorti les skis. Piste non pas verte mais bleue parce qu'il y a un gros dénivelé.
Au pied de la tour Eiffel, là aussi, images de film et des envies de chanter. - C'est joli, Paris sous la neige. - Vive le vent, vive le vent, vive le vent d'hiver... - Libérée, délivrée... - Last Christmas... ... - L.Sénéchal: Ca agace D.Lisnard... - D.Lisnard: Il y a une chanson de Nougaro tellement belle sur la neige! - L.Sénéchal: La neige a aussi envahi les routes.
Dès le matin, sur le pont du Havre, les routiers ont senti que la journée allait être compliquée. - Il fait froid! Mon camion est plein de neige!
Je vais rentrer au dépôt. Il n'y a plus rien à faire. C'est interdit aux poids lourds.
Soyez prudents. - L.Sénéchal: Cette neige a fini par tenir, y compris sur certaines autoroutes, comme l'A13.
Ca a provoqué des bouchons. En Ile-de-France, on peut repérer le moment des premiers flocons grâce à la courbe des bouchons. La courbe est en noir.
L'aéroport Charles-de-Gaulle a été touché à Paris. 10 % des vols annulés. Sans parler du vent, jusqu'à 120 km/h.
Caetano a provoqué parfois la chute de câbles, comme dans l'Orne. 235 000 foyers privés d'électricité. Ce vent a donné une trombe spectaculaire en Normandie, une tornade sur l'eau.
Heureusement, elle s'est disloquée avant de toucher terre. La neige a donné des images insolites, sympathiques, comme à Poissy avec le centre d'entraînement du PSG. L'équipe féminine fait quelques glissades.
La section masculine a lancé une bataille de boules de neige. On verra au prochain match, demain contre Toulouse, si l'entraînement était concluant. Demain, 31 départements en vigilance orange.
Pas de transport scolaire dans l'Essonne, les Yvelines, le Val-d'Oise et la Seine-et-Marne. Je rassure ceux qui ont la phobie de la neige...
Ce coup de froid sera très bref. On s'approchera dimanche des 20 degrés à Paris. - A.-E.Lemoine: Autre grand titre: l'Ukraine et la crainte d'une escalade. - L.Sénéchal: Après les missiles longue portée américains utilisés par l'Ukraine pour frapper la Russie en profondeur, l'Ukraine a utilisé des missiles Storm Shadow britanniques hier.
C'était la 1re frappe britannique en Russie depuis 1919. Les lignes occidentales ont bougé ces derniers jours. V.Poutine se fait menaçant envers ceux qu'il qualifie de "cobelligérants".
Il se dit prêt à tous les scénarios dans cette guerre qui a pris, selon lui, un caractère mondial. - L.Sénéchal: V.Poutine a confirmé que la Russie avait tiré un missile expérimental de moyenne portée.
On a craint également l'utilisation d'un missile intercontinental capable d'emporter des têtes nucléaires. Moscou a laissé planer le doute sur le type de missile utilisé avec une séquence hallucinante. La porte-parole de la diplomatie russe a été interrompu en pleine conférence de presse, sommée de garder le silence sur cette question. par téléphone en direct...
Pour les Etats-Unis, Moscou cherche à intimider l'Ukraine. Le président ukrainien rendait il y a quelques heures hommage aux soldats tombés dans cette guerre d'agression russe. Il dénonce l'escalade de son ennemi. - L.Sénéchal: On attend les réactions officielles de la France. - A.-E.Lemoine: La Cour pénale internationale émet un mandat d'arrêt contre B.Nétanyahou. - L.Sénéchal: Le mandat d'arrêt vise le dirigeant du Hamas M.Deïf, le Premier ministre israélien et son ancien ministre de la Défense pour la guerre déclenchée dès le lendemain par Israël. 44 000 morts à Gaza, dont 71 ces dernières 24 heures.
La Cour pénale internationale estime que B.Nétanyahou et Y.Gallant ont bloqué l'aide humanitaire à Gaza.
B.Nétanyahou compare cette décision au procès Dreyfus et accuse la Cour d'antisémitisme. Il a déjà reçu le soutien de la future administration Trump.
Nétanyahou pourrait voir ses déplacements limités. - P.Cohen: Les pays d'Europe notamment. - L.Sénéchal: Les Pays-Bas ont réagi officiellement et disent qu'ils appliqueraient cette décision à 100 %.
Le dernier exemple, c'est la Mongolie, membre de la CPI, qui n'avait pas arrêté V.Poutine, lui qui est visé par un mandat d'arrêt. Il avait même été reçu avec faste. - D.Lisnard: La guerre, c'est une vérité de sang, de métal.
Ce n'est pas virtuel, que ce soit en Ukraine, à Gaza...
Ce qui me frappe quand même, c'est ce côté malsain de mettre sur le même plan le Hamas, quoi qu'on pense de Nétanyahou...
La réplique n'a pas eu lieu le lendemain mais un mois après. Le parallélisme des formes...
Le Hamas est une organisation néonazie, terroriste. Israël, quoi qu'on en pense, aspire à la paix. Il faudrait qu'Israël ait la force de proposer quelque chose.
On ne peut pas mettre sur le même plan le Hamas et le Premier ministre israélien. - P.Cohen: Est-ce que vous pouvez être d'accord avec l'idée qu'invoquer l'antisémitisme, de la part de Nétanyahou, c'est tout aussi désastreux?
L'antisémitisme est une réalité dans nos sociétés. Utiliser ça comme un bouclier de la part du dirigeant israélien, c'est désastreux et criminel. - D.Lisnard: Lancer les 2 parallèlement, c'est encore plus désastreux à mon sens. - A.-E.Lemoine: P.Palmade devra bien aller en prison. - L.Sénéchal: Il a été condamné à 5 ans de prison dont 2 ferme pour avoir provoqué un grave accident sous drogue.
Cette condamnation a satisfait la défense. - Ils sont satisfaits de la tenue des débats. Chacun a pu donner son point de vue.
Chacun a pu exprimer ce qu'il a ressenti avant, pendant et après cette journée dramatique. Nous sommes satisfaits. - L.Sénéchal: P.Palmade n'est pas encore incarcéré.
Il a été jugé à Melun, dans le département où a eu lieu l'accident. Il vit à Bordeaux. Il sera convoqué à Bordeaux pour aller en prison, non loin de son domicile, dans le mois qui vient. - A.-E.Lemoine: Une nouvelle éruption en Islande. - L.Sénéchal: La 7e en un an.
Ca donne des images incroyables, surtout de nuit. Cette petite ville du sud-est de l'Islande a été évacuée. Ce n'est pas très loin du Blue Lagoon, le célèbre bassin d'eau chaude en plein air.
Le parking a été grignoté par la coulée de lave. - A.-E.Lemoine: Je crois qu'il n'y a pas une seule éruption islandaise qui vous ait échappé. - L.Sénéchal: Les épisodes de neige non plus. - A.-E.Lemoine: Merci, D.Lisnard et G.Woessner.
Dans un instant, B.Lavernhe, P.Lottin, F.Lopez,
David Lisnard