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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 14 mars 2022 26 min

Guerre en Ukraine, violences en Corse, réforme des retraites... Le "8h30 franceinfo" d'Anne Hidalgo

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Le Parlement ukrainien a diffusé sur les réseaux sociaux ce week-end un montage vidéo d'un bombardement factice de Paris par des avions russes pour interpeller évidemment la communauté internationale. L'avez-vous vu et si oui, qu'en avez-vous pensé ?

0:17
Anne Hidalgo

Je l'ai vu, bien sûr, ce sont des images chocs et des images qui visent à attirer les pays européens en soutien de l'Ukraine. C'est toujours très choquant, mais bien sûr que moi je suis aux côtés du président Zelensky, aux côtés des maires ukrainiens. Je dialogue avec eux régulièrement, le maire de Mariupol, le maire de Kiev, le maire de Lviv et aussi nous nous sommes mobilisés, là les maires européens. J'étais à Varsovie il y a maintenant quelques semaines avec des maires d'Europe de l'Est et nous nous sommes mobilisés aussi pour dénoncer l'enlèvement de deux maires ukrainiens par les russes. Donc leur liberté est la nôtre.

Il faut toujours être du côté des démocraties plutôt que du côté des dictateurs. C'est ma ligne, ma boussole et je soutiens tout à fait le peuple ukrainien avec le courage qui est le sien.

1:14
Présentateur

Est-ce que vous dites, comme le président ukrainien et comme le dit le message à la fin de cette vidéo, si nous tombons, vous tombez ? C'est-à-dire que vous êtes les prochains sur la liste de Vladimir Poutine ?

1:23
Anne Hidalgo

Je pense que ce n'est pas Paris qui est la prochaine sur la liste, mais clairement l'Europe est bien sûr dans ce viseur. Là c'est un combat qui est très clair. C'est d'un côté une dictature et de l'autre côté des démocraties. Il n'y a pas de troisième voie, il n'y a pas de non-alignement. Le choix doit être clair, c'est pour ça que dans, en tant que responsable politique, mais aussi dans cette campagne, avec la candidature que je porte, je le dis très clairement, nous ne devons soutenir pas les sanctions économiques.

1:51
Présentateur

Quand vous dites très clairement à Nidalgo, il n'y a pas de non-alignement, c'est une référence très claire à un candidat gauche.

1:56
Anne Hidalgo

À l'extrême droite et à Jean-Luc Mélenchon.

1:58
Présentateur

Cette voie-là n'existe pas pour vous ?

2:00
Anne Hidalgo

Cette voie-là n'existe absolument pas. Vous savez, entre la dictature et la démocratie, c'est la démocratie et l'Europe et ce garant. Et les sanctions économiques qui devraient aller encore plus loin, puisque j'ai vu évidemment le résultat du sommet des chefs d'État à Versailles. Mais les sanctions économiques, parce qu'il faut prendre Vladimir Poutine au portefeuille, des sanctions aussi sur les oligarques russes, tout ça doit être fait avec beaucoup de détermination. Et puis aussi avancer, comme je le propose, même avant cette crise ukrainienne, d'avancer sur l'Europe de la défense. Il nous faut nous réunir, nous rassembler.

C'est un élément central, l'Europe de la défense, dans la construction européenne à laquelle j'aspire. Si je suis présidente de la République, je porterais bien sûr ce dossier avec beaucoup de volontarisme. Et je sais qu'il y a aujourd'hui en Europe beaucoup de pays, je pense aux pays sociodémocrates, prêts à nous accompagner dans cette voie.

3:02
Présentateur

Anne Hidalgo, justement sur les sanctions économiques, l'Union européenne prévoit un quatrième volet. Mais écarte pour le moment un embargo sur les importations de gaz et de pétrole russe. Est-ce qu'elle a raison ?

3:12
Anne Hidalgo

Non, je crois qu'il faut aller jusqu'à cet embargo. Bien sûr, accompagner cet embargo de mesures solides à l'échelle de nos pays. Un embargo tout de suite, dans l'immédiat ? Le plus rapidement possible, bien sûr. Je sais que la dépendance, notamment en Allemagne, est un problème et que l'Union européenne a parlé d'un temps d'adaptation. Donc voilà, je suis pragmatique, je ne suis pas en train de vous dire qu'il n'y a pas de temps d'adaptation. Mais il faut aller vers cela, parce que, vous savez, continuer à payer du gaz russe, c'est quoi ? C'est finalement payer les armes de Poutine. Donc il y a un moment, il faut bien que ça s'arrête. Et donc prendre des mesures, et prendre des mesures...

3:46
Présentateur

Si vous aviez été à la classe d'Emmanuel Macron le week-end dernier à Versailles, quelle aurait été la position de la France ?

3:54
Anne Hidalgo

J'aurais porté cette idée d'embargo, d'embargo sur le gaz russe, parce que, je vous le redis, payer le gaz russe, c'est payer les armes de Poutine. Quitte à être seul sur cette position ou pas ? Et donc, vous savez, en Europe, qu'est-ce qu'on fait ? On porte une position, la voie de la France est importante, et cette position-là, on la défend, on la porte, et bien sûr, il y a un compromis.

Donc je l'aurais porté, je sais que d'autres pays européens l'auraient porté aussi, peut-être en donnant un calendrier plus précis de comment aller vers cet embargo russe, et puis prendre des mesures aussi à l'échelle nationale, parce qu'évidemment, l'embargo russe, derrière, c'est des conséquences en matière de coût de l'énergie, et même sans embargo, aujourd'hui, on le voit.

Donc prendre des mesures que je prône maintenant depuis un certain nombre, même deux mois, avant la crise russe, c'est baisse de la TVA sur l'essence à 5,5, blocage, en tous les cas, plafonnement des prix à la pompe, des prix hors-taxe, pour permettre justement à nos concitoyens, sur les 4 à 6 mois qui viennent, de pouvoir passer le cap de ces augmentations des prix de l'essence. Et quand je dis baisse de la TVA, ça veut dire quoi ? Ça veut dire passer, si on est à un prix de l'essence, aujourd'hui, c'est au-dessus de 2 euros, mais imaginons 2 euros, ça veut dire 1,76 euros, et un plafonnement à 1,76 euros de ce prix, pour permettre justement de passer le cap de cette crise.

Et donc ça veut dire, oui, des moyens européens pour cela.

5:23
Présentateur

Si on décide de s'en priver, on met un embargo sur la Russie, où est-ce qu'on va chercher du gaz ? On va chercher le gaz de schiste américain ?

5:29
Anne Hidalgo

Eh bien, on va chercher du gaz, d'abord, on réduit aussi de façon plus rapide notre dépendance aux énergies fossiles. On n'en serait pas là à se poser ce type de questions, si le président de la République, Emmanuel Macron, avait fait son boulot sur les énergies renouvelables. On est toujours à 19% d'énergie renouvelable dans le mix énergétique français. Et d'ailleurs, on est condamné, le président de la République est condamné, l'État français est condamné, parce qu'il n'est pas allé assez loin. Et donc, ça, première chose, on accélère évidemment sur les énergies renouvelables.

Et puis, comme c'est en train de se faire aujourd'hui, avec effectivement l'Algérie, avec les États-Unis, mais aussi avec des capacités... Avec les États-Unis aussi. Qui existent en Espagne, qui existent dans d'autres pays, on s'organise pour pouvoir justement passer le cap. Mais on s'arrête en se disant la dépendance est éternelle. Et puisque cette dépendance est éternelle, eh bien, on ne fait rien. Puisque de toute façon, il faut sortir de l'énergie.

6:29
Présentateur

Et vous ne dites pas non, Anne Hidalgo, au gaz de schiste américain ?

6:32
Anne Hidalgo

Je ne dis pas non au gaz américain, évidemment.

6:34
Présentateur

Les schistes, en l'occurrence.

6:35
Anne Hidalgo

Mais oui, d'accord, et j'espère...

6:37
Présentateur

Aux grands mots, les grands remèdes.

6:38
Anne Hidalgo

Oui, bien sûr, aux grands mots, les situations exceptionnelles, mesures exceptionnelles. Mais surtout, on va regarder du côté de l'Algérie et du côté d'autres pays. Et surtout, surtout, surtout, on sort de la dépendance aux énergies fossiles.

6:50
Présentateur

Mais pardon, Anne Hidalgo, vous dites qu'on est prêt à aller chercher du gaz de schiste américain. Non, je vous dis, il faut...

6:57
Anne Hidalgo

Écoutez, écoutez, on va essayer d'avoir un débat. Non, alors, laissez-moi résumer ce que je dis, ça sera mieux.

7:03
Présentateur

Et laissez peut-être juste Salia poser la question et vous y répondrez, évidemment. La question et vous répondrez derrière. D'accord, donc on n'hésite pas à aller chercher du gaz de schiste américain. On rappelle que l'extraction en France est interdite. Et par ailleurs, vous faites une baisse de la TVA 5.5 pour les carburants. Vous qui prenez le sans voiture, vous êtes pour l'écologie. Ça ne va pas dans le sens du message que vous adressez aux Français pendant cette campagne ?

7:23
Anne Hidalgo

Ma réponse, c'est nous sortons des énergies fossiles le plus rapidement possible. Et si on en était sortis, on n'en serait pas là. D'accord ? Si on avait fait ce que nous devions faire, c'est-à-dire passer au moins à 32% d'énergie renouvelable dans notre mix énergétique, on ne serait pas en train de se poser cette question. Deuxièmement, on va regarder avec les autres pays. Je pense à l'Algérie, je pense à un certain nombre de pays du bassin méditerranéen et avec nos partenaires économiques. Comment, dans l'urgence, mettre un plan ? D'ailleurs, il y a des réserves qui existent encore au moins jusqu'en octobre.

Un plan d'urgence qui nous permette de tenir avec un embargo que je prône sur notamment le gaz russe. Parce que je le redis, résumé de ma pensée, quand on paye du gaz à la Russie, on lui paye les armes. D'accord ? Pour aller contre qui ? Notamment contre l'Ukraine. Troisièmement, oui, je prône une baisse de la TVA. D'ailleurs, depuis le mois d'octobre dernier, où nous avions vu augmenter le prix de l'essence. Une baisse de la TVA sur l'essence pour, à situation exceptionnelle, mesure exceptionnelle, permettre à nos concitoyens, ceux qui, des particuliers ou des entreprises, ont besoin d'essence parce qu'ils sont encore au moteur thermique pour se déplacer, de pouvoir passer le cap.

Et oui, on met les moyens par la baisse de la TVA et par un blocage des prix de l'essence parce que c'est une situation exceptionnelle. Et cette situation exceptionnelle et ces mesures exceptionnelles ne contredisent en rien l'objectif qui est de sortir des énergies fossiles.

8:55
Présentateur

Anne Hidalgo, candidate du Parti Socialiste à l'élection présidentielle et l'invité de France Info jusqu'à 9h. Il est 8h42. Le filet info avec Maureen Suignard. Et on poursuit dans un instant. Le ministre de l'Intérieur se déplace en Corse mercredi et jeudi. Déplacement alors que des heures lors de manifestations ont fait près de 70 blessés hier. Gérald Darmanin veut ouvrir un cycle de discussions avec les élus. La colère s'exprime vivement depuis l'agression en détention de l'assassin du préfet Erignac, l'indépendantiste Yvan Colonna.

Les pourparlers par visioconférence doivent débuter dans moins d'une heure entre les délégations ukrainiennes et russes alors que deux médias américains, le New York Times et CNN, affirment ce matin que Moscou demande l'aide de la Chine pour poursuivre son offensive. En France, poussée par la hausse des prix de l'énergie et des produits alimentaires, l'inflation pourrait atteindre 4,4% cette année selon la Banque de France. Conséquence encore de la guerre en Ukraine. L'institution prévoit aussi une croissance française ralentie entre 2,8 et 3,4% de croissance cette année contre 3,6% lors de sa première prévision.

Malgré une hausse du nombre de cas de Covid, le pass vaccinal est suspendu depuis ce matin. Plus besoin de montrer son QR code pour aller boire un verre, déjeuner au restaurant ou bien aller au cinéma. Le masque n'est plus obligatoire également dans les lieux clos, à l'exception des transports et des établissements de santé.

10:19
Anne Hidalgo

France Info

10:20
Présentateur

Le 8.30 France Info Salia Brakia, Marc Fauvel Anne Hidalgo, depuis plusieurs jours, et on en a entendu un aperçu il y a quelques minutes, vous attaquez Jean-Luc Mélenchon sur sa complaisance présumée avec le régime de Vladimir Poutine. Voici ce qu'en disait sur ce même plateau son porte-parole, Alexis Corbière, la semaine dernière.

10:40
Invité

Moi, je n'ai pas, comme Madame Hidalgo, reçu M. Poutine, notamment pour visiter une basilique à quelques mètres de notre studio, parce qu'à l'époque, c'est encore nous de Madame Hidalgo, voulant les voix de M. Poutine pour les Jeux Olympiques, a flatté et caressé M. Poutine quand il est venu ici. Au même moment, nos camarades en Russie étaient en prison, mis en prison par M. Poutine, et Madame Hidalgo n'a rien demandé à M. Poutine. Et par contre, aujourd'hui, pour des raisons bassement électorales, des gens racontent n'importe quoi. Vous avez des salaires cuits dans les sondages de ce que je vois. Anne Hidalgo, qu'est-ce que vous répondez ?

11:07
Anne Hidalgo

Je ne réponds rien de précis à cela. Je suis maire de Paris, et en tant que maire de Paris, je reçois un certain nombre de dirigeants, ce qui n'est pas le cas, effectivement, d'Alexis Corbière. Pour autant, sur la question notamment de la Russie, j'ai toujours pris le parti des démocrates, soutenu d'ailleurs des personnalités que j'ai nommées comme citoyens d'honneur de la ville de Paris, pour les soutenir parce qu'ils étaient emprisonnés, menacés par Vladimir Poutine. Pour moi, je vous le redis, il n'y a pas de troisième voie. Soit on est pour les démocraties, soit pour les dictatures.

Il n'y a pas une troisième voie non alignée avec la complaisance dont Jean-Luc Mélenchon a fait preuve vis-à-vis de Vladimir Poutine, dont il a fait preuve aussi, parce qu'on peut prendre tout le sujet international vis-à-vis de Maduro au Venezuela, ou encore de Bachar el-Assad en Syrie. Voilà, je crois qu'il faut être assez clair sur les questions internationales. D'un côté, il y a ceux qui défendent les démocraties, et de l'autre côté, ceux qui continuent à être complaisants vis-à-vis de régimes dictatoriales.

12:16
Présentateur

Vous dites aujourd'hui que Jean-Luc Mélenchon a mis des dictateurs ?

12:19
Anne Hidalgo

Je dis qu'il est complaisant avec les dictateurs, oui, ça je ne suis pas la seule à le dire. Je crois que d'ailleurs, nos concitoyens le voient très très bien au cours des débats.

12:27
Présentateur

On peut avoir le sentiment, Anne Hidalgo, à vous entendre d'entretien en entretien, qu'aujourd'hui, votre principal adversaire, c'est davantage Jean-Luc Mélenchon qu'Emmanuel Macron. Est-ce que c'est le cas ?

12:36
Anne Hidalgo

Non, pas du tout. Vous savez, je pense que là, les Français sont confrontés à un choix, un choix qui va être très clair. Et dans ce choix très clair, on essaye de nous dire, mais bon, un vote utile à gauche, un vote utile à droite avec Emmanuel Macron. Je pense que le vote, d'abord, il doit être en conscience. Il doit être, bien sûr, à partir des propositions des candidats et de la vision que l'on a de la société. Très clairement, à gauche, je suis celle qui représente cette gauche républicaine, européenne, une gauche laïque, une gauche, bien sûr, qui a intégré l'écologie. J'ai fait mienne, la question de l'écologie, bien avant que d'autres s'en préoccupent. Et en plus, j'ai agi.

Vous ne répondez pas tout à fait à ma question.

13:16
Présentateur

Votre principal adversaire, aujourd'hui, quelle est-il ?

13:17
Anne Hidalgo

Je vous ai dit, non, non, je n'ai pas Jean-Luc Mélenchon. Je définis la différence qui est entre nous.

13:23
Présentateur

Elle est très forte avec les mots que vous utilisez, complice des dictateurs.

13:26
Anne Hidalgo

Oui, bien sûr, il a été complice des dictateurs. Et il n'est pas, aujourd'hui, en train de ressortir de cette position qui a été la sienne. Que dit-il sur l'Ukraine ? Que dit-il sur le soutien à ces femmes et ces hommes qui sont en train de crever sous les bombes ? Que dit-il par rapport à cet engagement de toute l'Europe ? Il dit, parce qu'il confond parfois les alliés et les adversaires, il dit que son premier...

13:52
Présentateur

Il dit clairement que c'est Vladimir Poutine qui a agressé l'Ukraine.

13:54
Anne Hidalgo

Il le dit depuis quelques jours, il le dit depuis quelques jours. Mais est-ce que vous l'avez entendu prendre position ? Non, il dit qu'il y a une troisième voie qui serait celle du non-alignement. Et en ce qui concerne Emmanuel Macron, Emmanuel Macron a conduit une politique de droite. Des gens de gauche ont pu penser, à un moment donné, en 2017, qu'il pouvait apporter une solution. Mais il a conduit une politique de droite avec une violence sociale inouïe. Et qu'est-ce qu'il nous propose ? Une réforme des retraites. Une réforme des retraites dans laquelle on veut faire travailler... Promis, on va en parler. ...à 65 ans, c'est-à-dire les gens qui, notamment, sont les plus fragiles...

Je vous promets vraiment qu'on va parler de la réforme des retraites parce que c'est un sujet important. Mais Annie Lagos, j'ai une question toute simple.

14:38
Présentateur

Si un jour, vous aviez le choix entre deux bulletins, un bulletin Jean-Luc Mélenchon et un bulletin Emmanuel Macron,

14:42
Anne Hidalgo

vous faites quoi ? Vous restez à la maison ? Je ferai tout pour qu'il n'y ait pas ce choix-là. Si ça devait arriver. Eh bien, je me bats pour que ça n'arrive pas. Et je me bats pour être au deuxième tour. Et je me bats pour que les idées de cette gauche républicaine de gouvernement qui veut gouverner, qui assume les responsabilités... Sauf qu'Anne Hidalgo, aujourd'hui, vous êtes réaliste. Vous voyez bien que dans les intentions de vote, vous êtes à deux et demi. Et je me bats parce que beaucoup, beaucoup de Françaises et de Français n'ont pas encore fait leur choix.

Beaucoup de Françaises et de Français attendent de savoir ce que proposent les uns et les autres, en dehors du bruit et de la fureur, en dehors des injures, en dehors d'un débat médiatique et politique qui a été quand même particulièrement détestable ces derniers mois. On arrive au moment de vérité où les programmes sont sur la table, où les candidates et les candidats les présentent. Et je suis la représentante de cette gauche républicaine.

Vous savez, dans notre pays, c'est très clair, si on veut que la gauche gouverne un jour ce pays, le plus tôt possible sera le mieux, eh bien c'est une gauche de gouvernement, c'est une gauche républicaine, c'est une gauche qui assume l'exercice du pouvoir, pas une gauche qui se complaît dans la protestation.

Et nous avons intérêt à ce que la gauche gouverne rapidement ce pays, parce que quand on voit les projets, notamment d'Emmanuel Macron et de la droite, qui est la sienne, eh bien on peut se projeter dans le jour d'après l'élection, si notamment Emmanuel Macron l'emportait, comme semble le dire un certain nombre de commentaires et de sondages, s'il l'emportait, ce serait à nouveau, à nouveau du conflit social, du chaos social, de l'immobilisme social, et à nouveau un manque démocratique de dialogue dans notre pays. Donc c'est face à ces deux positionnements-là, je propose cette alternative de gauche républicaine et européenne.

16:26
Présentateur

Je vois Salia Braclia qui trépigne à l'idée de vous interroger sur les retraites, comme c'est un dossier qui prend un petit peu de temps, je vous propose qu'on laisse passer le fil info à 8h50, et que je laisse ensuite la parole à Salia. Dans une minute, voici Maureen Suignard. La plupart des restrictions sanitaires levées ce matin dans notre pays, fin de l'obligation du port du masque dans les lieux clos, sauf pour les transports et les établissements de santé. Le pass vaccinal est aussi suspendu jusqu'à nouvel ordre, malgré une hausse du nombre de cas quotidiens de Covid ces derniers jours.

D'ici la fin du mois, le pic de contamination devrait aller jusqu'à 100 000 cas par jour, affirme l'épidémiologiste Arnaud Fontanet ce matin. Alors qu'Emmanuel Macron et Joe Biden s'accordent sur la nécessité de renforcer les sanctions contre la Russie, le ministère russe des Finances estime que les Occidentaux tentent de provoquer un défaut de paiement artificiel du pays. Et à l'instant, Pékin dénonce la désinformation des Etats-Unis. Ce matin, deux médias américains ont affirmé que Moscou demandait de l'aide à la Chine pour poursuivre la guerre en Ukraine. Nouvelles sanctions aussi dans le domaine du sport. En Coupe Davis et du tennis, la Russie, tenante du titre, sera remplacée.

Par la Serbie, en phase finale, ce sera en septembre. Une annonce de la Fédération internationale de tennis. Marseille de nouveau aux Dauphins. Des Parisiens après leur victoire hier en clôture de la 28e journée de Ligue 1. Victoire 4 à 1 de l'OM contre Brest. France Info. Le 8.30 France Info. Salia Brakia. Marc Fauvel. Toujours avec la candidate socialiste à l'élection présidentielle, Anne Hidalgo. On l'a évoqué rapidement avant le fil info. Emmanuel Macron propose de décaler progressivement l'âge de départ à la retraite à 65 ans. Jean-Luc Mélenchon, lui, propose de le reculer à 60 ans. Vous, vous proposez quoi ? Le statut quoi ?

18:11
Anne Hidalgo

Le maintien. Le maintien aujourd'hui à 62 ans, mais à 60 ans et même avant pour les personnes qui ont des carrières, des travaux pénibles. Je réintroduis d'ailleurs ce qu'on appelle les critères de pénibilité. C'est quoi ? Quand vous avez travaillé exposé à des produits chimiques, quand vous avez travaillé avec des ports de charges lourdes, ça concerne, d'ailleurs, pas que des ouvriers ou des catégories d'ouvriers, ça concerne aussi, par exemple, toutes ces femmes qui travaillent dans les EHPAD, aux côtés des personnes âgées, qui portent, vous savez, à 50 ans, quand vous avez passé toute votre vie à porter des personnes, votre dos, il est en compote et vous avez le droit à un repos. Voilà.

La retraite, c'est un pan, un socle vraiment de notre protection sociale acquis de haute lutte. Ce que veut faire Emmanuel Macron, c'est finalement reculer l'âge de la retraite. Il dit travailler plus pour ne plus vivre du tout parce que beaucoup, par exemple, de travailleurs parmi les plus pauvres sont morts à 62 ans. Il y en a beaucoup plus encore qui sont morts à 65 ans. J'ai cette expérience-là dans ma propre famille, dans ma propre famille d'ouvriers qui sont morts juste au moment où ils prenaient la retraite. Ça veut dire quoi ?

Ça veut dire du temps en moins avec ses petits-enfants, du temps en moins pour pouvoir vivre cette deuxième vie à laquelle on a droit, surtout quand on a eu des travaux très pénibles.

19:35
Présentateur

Vous gardez l'âge à 62 ans, Anne Hidalgo. Est-ce que vous gardez aussi la réforme touraine qui prévoit de passer à 43 ans, le nombre d'années de cotisation ?

19:42
Anne Hidalgo

Je garde cette réforme parce qu'en fait, qu'est-ce qu'elle a permis cette réforme de lycée ? Quand on a des métiers moins pénibles, les vôtres, les nôtres, qu'on est rentré plus tard dans la vie active. Bien sûr qu'on peut aller plus loin dans l'âge au travail parce que ça ne représente pas la même difficulté. Mais en revanche, moi je m'intéresse à quoi ? Aux travailleurs qui ont des travaux pénibles, à ceux qui ont des petites retraites, à ceux qui ont des carrières hachées et qui pourront partir pour eux parce que c'est à eux. Vous savez, il n'y a pas de problème de soutenabilité financière du régime de retraite.

20:21
Présentateur

Si on suit votre logique, Anne Hidalgo, ça veut dire qu'à 62 ans et après 43 années de cotisation, personne ne pourra liquider sa retraite. Personne ou presque n'aura 43 années de cotisation derrière lui pour pouvoir liquider sa retraite.

20:32
Anne Hidalgo

Oui, et pourquoi je m'intéresse à ceux qui sont dans les métiers pénibles, dans justement les travaux difficiles ?

20:38
Présentateur

Mais pour tous les autres, ce ne sera pas retraite à 62 ans. Ils ne l'auront pas la liquider en tout cas, ils n'auront pas entièrement.

20:42
Anne Hidalgo

Alors reprenons cet exemple-là, ça veut dire que la retraite à 65 ans d'Emmanuel Macron, ça veut dire pour tout le monde une retraite à 67 ans, voire à 68 ans. C'est ça que ça veut dire. Moi ce que je vous dis, c'est que dans le régime de retraite, où est aujourd'hui l'injustice ? Elle est dans le fait que l'espérance de vie des ouvriers, des personnes, des femmes aussi, qui ont des travaux pénibles, ne leur permet même pas d'imaginer quelques années de vie après la retraite, où elles pourront profiter d'un autre temps.

Et moi je m'intéresse à ces personnes-là, je m'intéresse à ces travailleurs-là, et je m'intéresse aussi à un autre sujet, qui est celui du montant des pensions, que je revalorise, puisque je mets un minimum contributif à 1200 euros.

21:25
Présentateur

Emmanuel Macron, lui, il est à 1100, vous n'êtes pas très loin, pour les carrières complètes.

21:29
Anne Hidalgo

D'accord, mais moi je mets à 1200 euros, à 1200 euros, mais surtout, je m'intéresse à toutes ces personnes qui aujourd'hui sont, parce que le métier qu'elles exercent est un métier qui les expose à finalement avoir moins d'espérance de vie que les autres, c'est à eux que je m'intéresse. Et effectivement, pour toutes celles et ceux qui ont commencé à travailler plus tard, ou qui ont des travaux, des emplois qui ne sont pas du tout dans la pénibilité, eh bien ça peut, d'abord c'est 62 ans, c'est pas au-delà de 62 ans, mais c'est un maintien, un statu quo de ce droit essentiel.

Et puisque vous l'avez si bien dit, quand Emmanuel Macron dit 65 ans, ça veut dire au moins 67, voire 68 ans pour la plupart des Français.

22:18
Présentateur

Anne Hidalgo, les violences continuent en Corse. 60 blessés hier à l'issue de la manifestation en soutien à Ivan Colonna, des affrontements avec les forces de l'ordre, des centaines d'individus cagoulés qui jettent des cocktails Molotov ou des pavés, des bâtiments d'administration incendiés. Est-ce que vous soutenez ceux qui manifestent ?

22:34
Anne Hidalgo

Je ne soutiens jamais la violence, enfin ces violences sont absolument inacceptables, mais comment on met un terme aux violences ? Par le dialogue, je m'étonne que quand même le ministre de l'Intérieur n'annonce sa venue que combien de jours après le début de ces émeutes.

22:52
Présentateur

Une semaine, il sera après demain.

22:53
Anne Hidalgo

Oui, c'est quand même une façon là aussi de gérer les conflits dans le pays, qui est pour le moins étonnante. Lorsque ce type de situation apparaît en Corse, voilà, cette terre que nous connaissons bien et dans laquelle il y a cette revendication nationaliste, autonomiste, qu'est-ce qu'on fait ? On y va immédiatement pour dialoguer. Et on s'appuie sur qui ? Et on s'appuie surtout sur qui ? Sur les élus territoriaux de Corse, qui sont des élus responsables. Et on y va avec quelles propositions ? Je pense à Gilles Simeoni, qui, comme d'autres élus locaux, doivent être les interlocuteurs du ministre de l'Intérieur et les interlocuteurs des manifestants pour régler cette situation.

23:37
Présentateur

Avec quoi sur la table, Anne Hidalgo ?

23:38
Anne Hidalgo

Eh bien, justement, déjà avec le dialogue. On ne laisse pas pourrir une situation. Dialoguer sur quoi ? On ne laisse pas pourrir une situation. Plus d'autonomie ? On ne laisse pas pourrir une situation pendant une semaine. Et je pense que la première des choses à faire, c'est de voir où sont les éléments qui peuvent encore pacifier. De l'autonomie, vous savez, avec justement les collectivités et les dirigeants de ces collectivités, on a maintenant, je pense, une classe politique en Corse qui, à la fois, porte les aspirations de l'île de beauté et qui, en même temps, établissent ce lien avec la République française. Appuyons-nous sur eux.

On n'arrive pas avec des idées d'ailleurs qui seraient complètement... Voilà, qui arriveraient sans fondement. Mais surtout, je m'interroge et je m'étonne, mais dans tous les conflits, regardez les gilets jaunes, combien de temps ça a pris avant qu'il y ait un début de commencement de dialogue. Qu'est-ce que vous voulez dire, en fait ? Et bien qu'on ait face à un gouvernement qui ne sait pas dialoguer avec les Français, qui ne sait pas s'appuyer sur les corps intermédiaires, qui ne sait pas s'appuyer au bon moment sur les maires, sur les élus locaux, et ça ne marche pas comme ça. Dans une démocratie comme la nôtre, ça ne peut pas marcher comme ça.

Le besoin de dialogue, de définir, de trouver des solutions par une démocratie qui respire et pas par cette monarchie républicaine que certains seraient prêts à avoir encore 5 ans, 5 ans encore comme ça ? Vous imaginez l'état du pays à l'arrivée ? 5 ans sans tenir compte de tout, des syndicats ? Regardez la réaction des organisations syndicales sur la question de retraite. On ne peut pas continuer comme ça. Notre démocratie est à bout de souffle. Moi, je ne propose pas qu'on change le numéro de la République, mais je propose qu'on change vraiment d'avenir et qu'on donne de l'air à notre démocratie.

25:20
Présentateur

Voilà, ça aussi, c'était pour Jean-Luc Mélenchon. Un petit dernier pour la route. Merci beaucoup. Ah ben si, il n'y a que lui, je crois qu'il veut changer le numéro de la République.

25:25
Anne Hidalgo

C'est aussi pour Emmanuel Macron.

25:27
Présentateur

Merci beaucoup Anne Hidalgo, invité ce matin de France Info. Bonne journée à vous. Si vous aimez le 8.30 France Info, on vous conseille Élisée La Bataille, le podcast du service politique de France Info, pour tout savoir sur la présidentielle et ses coulisses. A découvrir sur votre appli de podcast préférée et sur France Info.fr Franchement.

25:45
Locuteur

Merci beaucoup. Midi, merci beaucoup. Midi, merci beaucoup. Midi, merci beaucoup. Midi, merci beaucoup. Sous-titrage Société Radio-Canada

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