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InterviewC à vous (sur YouTube)· 10 octobre 2025 52 minComplaisantActualité / polémiqueInstitutions & électionsSolidarités & familleJusticeEurope & international

Crise politique : qu’en aurait pensé Robert Badinter ? - C à Vous l’intégrale - 10/10/2025

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 20 %Attaque 30 %Défensif 50 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 5:00OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce vous avez ressenti, A.Chauveau?

  • 10:00OuverteRéponse directe

    Pourquoi 'percute'?

  • 15:00OuverteRéponse directe

    Que peut-il faire d'autre?

  • 20:00FerméeRéponse directe

    Vous dites la même chose?

  • 25:00FerméeRéponse directe

    Vous y croyez, à cette piste S.Lecornu, A.Bouilhaguet?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:00O.FaureFait
    « Nous n'avons reçu aucune réponse. Il n'y a aucune réponse claire du chef de l'Etat. Aucune. »
  • 6:00E.MacronFait
    « R.Badinter entre au Panthéon avec les Lumières et l'esprit de 1789. Il entre au Panthéon avec les principes de l'Etat de droit, une certaine idée de l'homme. »
  • 12:00Y.GooszFait
    « 4 Premiers ministres usés en 13 mois. Après G.Attal, c'est M.Barnier, qui tombe en décembre. Il est remplacé par F.Bayrou, MoDem, renversé le 8 septembre sur un vote de confiance, lui-même remplacé par S.Lecornu, Renaissance à nouveau, qui démissionne lundi dernier. »
  • 15:00J.-L.MélenchonPromesse
    « Le départ d'E.Macron est une exigence légitime. »
  • 16:00M.Le PenPromesse
    « Je censure tout. Maintenant, stop. La plaisanterie a assez duré. »
  • 18:00E.PhilippePromesse
    « Dès lors que la France sera dotée d'un budget, il annonce qu'il organise une élection présidentielle anticipée, c'est-à-dire qu'il part immédiatement après. »
  • 20:00S.de ClosetsFait
    « La montée de l'antisémitisme, qu'il a observée et qu'on observe tous, à la fin de sa vie, venue de ce vieux fond de l'extrême droite, mais aussi de la gauche et de l'extrême gauche, il en était meurtri, inquiet. »
  • 22:00D.PujadasFait
    « La peine de mort, le combat contre l'homophobie, pour la dépénalisation de l'homosexualité... »
  • 24:00S.MabroukPromesse
    « Je crois que le RN préfère une dissolution. »
  • 26:00A.BouilhaguetChiffre
    « Ils sont 63 ou 70 % qui souhaitent cette dissolution. »
  • 28:00D.PujadasChiffre
    « Ils lui donnent 10 points d'opinion favorable en plus. »
  • 30:00A.BégotChiffre
    « Plus d'un tiers d'entre eux présentent des signes de détresse psychologique. »
  • 31:00A.BégotChiffre
    « 1/4 des jeunes expliquent se sentir seuls, mais ne parlent jamais de leur mal-être à qui que ce soit, souvent par honte. »

Modèle mistralai/mistral-small-3.2-24b-instruct:floor · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

... - M.Bouhafsi: Bonsoir.

Bienvenue dans "C à vous" en direct jusqu'à 21h pour toute l'actualité de ce vendredi, avec E.Eméyé, A.Bégot, Y.Goosz, D.Segard et Paul.

A la une: une réunion de la dernière chance. - O.Faure: Nous n'avons reçu aucune réponse.

Il n'y a aucune réponse claire du chef de l'Etat. Aucune. Au rythme où les choses vont, comme nous n'avons obtenu aucune garantie, il n'y a aucune garantie de non-censure de notre part. - P.Larrouturou: Je vous emmènerai en immersion. - M.Bouhafsi: D.Pujadas, A.Bouilhaguet et S.Mabrouk seront nos invités. ... - Y.Goosz: Ce que la République peut produire de plus beau...

Tout petit moment suspendu dans un enfer politique qui vire à la crise de régime. - M.Bouhafsi: Dans le 5/5, l'espoir d'un cessez-le-feu durable à Gaza. ... - A.Bégot: Comme cette femme, ils sont des milliers à avoir pris la route à pied pour rentrer chez eux. - M.Bouhafsi: Eglantine? - E.Eméyé: On va se changer les idées et prendre une respiration.

Je vous amène au cabaret de Madame Arthur qui part en tournée. - M.Bouhafsi: Bonsoir, D.Segard.

Vous aurez la lourde responsabilité de conclure cette émission en beauté. Vous êtes aux côtés de Mehdi Favri. - D.Segard: Qui va nous concocter le péché mignon d'A.de Caunes. - M.Favri: On a fait son plat préparé.

Petite variante: je ne cuisine ni viande ni poisson. C'est une version végétarienne. - D.Segard: Ca va être incroyable. - M.Bouhafsi: Merci.

On va se régaler. R.Badinter est entré hier au Panthéon, temple de la République et des Lumières.

Une cérémonie empreinte de reconnaissance pour celui qui a fait abolir la peine de mort en France en 1981 et qui a incarné toute sa vie l'idée de justice et de dignité humaine. Sous la coupole, le cénotaphe de l'ancien garde des Sceaux disparu en février à l'âge de 95 ans est entré sous les applaudissements du public avant que ne résonnent les textes et les voix qui ont accompagné ses combats. - Il est des hommes qu'on suit sans les connaître et dont les engagements deviennent les autres.

Pour R.Badinter, V.Hugo fut l'un de ces hommes.

Qu'est-ce que la peine de mort? C'est le signe spécial et éternel de la barbarie. - J.Clerc: Le sang d'un condamné à mort, c'est du sang d'homme... - Partout où la peine de mort est prodiguée, la barbarie domine.

Vous ne l'abolirez peut-être pas aujourd'hui, mais n'en doutez pas: vos successeurs l'aboliront demain. - AUX ARMES, CITOYENS... - Ces mots de V.Hugo ont donné à la vie de R.Badinter sa force de conviction et son engagement sans compromis.

C'est là que commence son chemin, dans la mémoire. - M.Bouhafsi: A.Chauveau, présidente par intérim de l'INA, D.Pujadas et S.de Closets sont nos invités ce soir.

Bonsoir. - D.Pujadas: Bonsoir, Mohamed, ça va? - M.Bouhafsi: Merci d'avoir accepté notre invitation.

Tout de suite, l'Edito de Y.Goosz. Ce 10 octobre restera-t-il dans les annales de la Ve République?

Jamais la tension n'a atteint un tel niveau depuis la dernière dissolution. Tous les regards se tournent vers le président de la République. Sur le papier, il est le garant des institutions, mais dans les faits, peut-il encore apporter cette garantie? - Y.Goosz: Si on m'avait dit qu'un jour, je commenterais en direct une telle instabilité politique en France...

Souvenirs de cours d'histoire sous la IVe République...

Je n'y aurais pas cru. La République a produit son propre poison, une machine à produire la défiance. - M.Bouhafsi: Hier, rue Soufflot, à Paris, le cercueil de R.Badinter a été applaudi pour son entrée au Panthéon. - Y.Goosz: Un rare moment d'unité, de respiration.

La seule de la semaine quand des élus que tout oppose se rassemblent autour de valeurs qui les dépassent. - E.Macron: R.Badinter entre au Panthéon avec les Lumières et l'esprit de 1789.

Il entre au Panthéon avec les principes de l'Etat de droit, une certaine idée de l'homme. - Y.Goosz: Qui dit Etat de droit dit Constitution.

C'est là que l'actualité rattrape et percute la fonction présidentielle. - M.Bouhafsi: Pourquoi "percute"? - Y.Goosz: Il y a la lettre et la pratique.

Est-ce que E.Macron peut contourner encore longtemps l'absence de majorité qu'il a lui-même provoquée par sa dissolution de juin 2024? Il y a 6 ans, dans un grand débat avec des intellectuels, il théorisait cette impasse. - E.Macron: Si on allait au bout de la logique, c'est que le président de la République ne devrait pas pouvoir rester s'il avait un vrai désaveu en termes de majorité.

C'est la seule idée qui peut accompagner le fait d'assumer les fonctions qui vont avec. - Y.Goosz: Une archive qui résonne aujourd'hui.

Que s'est-il passé depuis la dissolution? 4 Premiers ministres usés en 13 mois. Après G.Attal, c'est M.Barnier, qui tombe en décembre.

Il est remplacé par F.Bayrou, MoDem, renversé le 8 septembre sur un vote de confiance, lui-même remplacé par S.Lecornu, Renaissance à nouveau, qui démissionne lundi dernier.

Il est renommé aussitôt pour une courte mission inédite de médiateur moine-soldat. Tout a été signé dans son socle commun, devenu plateforme bancale. B.Retailleau dit ce soir que ce socle est mort.

E.Macron s'obstinerait. - M.Bouhafsi: Que peut-il faire d'autre? - Y.Goosz: J.-L.Mélenchon et M.Le Pen, dont le cumul des voix représentent près de 1 électeur sur 2 en France, ont déjà leur idée. - J.-L.Mélenchon: Le départ d'E.Macron est une exigence légitime. - M.Le Pen: Je censure tout.

Maintenant, stop. La plaisanterie a assez duré. - Y.Goosz: Pour eux, la présidentielle a déjà commencé.

E.Macron ne les a pas conviés à l'Elysée cet après-midi. Il est pourtant le président de tous les Français. - M.Bouhafsi: Il est trop fragilisé pour aller au bout de son mandat? - Y.Goosz: C'est E.Philippe qui le dit, ça. - E.Philippe: Dès lors que la France sera dotée d'un budget, il annonce qu'il organise une élection présidentielle anticipée, c'est-à-dire qu'il part immédiatement après. - Y.Goosz: Même nos confrères du "Point" font leur une cette semaine pour lui demander d'anticiper son départ. - M.Bouhafsi: Vous dites la même chose? - Y.Goosz: Surtout pas.

Oublions l'homme E.Macron. Ce serait trop destructeur pour la fonction de président de la République en France et, au-delà, pour tous les mandats d'élu.

A ce moment-là, à la moindre crise, on vous révoque. Une élection européenne perdue, et ciao! E.Philippe fragilise la fonction qu'il espère un jour occuper.

Les pères fondateurs de la Ve République se retourneraient dans leur tombe. - M.Bouhafsi: E.Macron doit nommer un gouvernement technique? - Y.Goosz: Derrière la technique, Il y a forcément des choix.

Un Parlement en minorité majoritaire, sans accord de non-censure entre le bloc central, LR et le PS...

E.Macron n'aura plus le choix. Article 12: droit de dissolution, retour aux urnes.

Un saut démocratique dans l'inconnu. - M.Bouhafsi: On va suivre ces rebondissements politiques.

Vous êtes accompagnés d'une tablette pour suivre les détails et ce qui se passe à l'Elysée. - Y.Goosz: C'est moderne!

Rires. - M.Bouhafsi: On va revenir sur ce moment historique.

D.Pujadas, vous avez interviewé R.Badinter.

A.Chauveau et S.de Closets, vous publiez "Vivre: le dernier grand récit de Robert Badinter", 2 entretiens inédits de R.Badinter, réalisés en 2006 et en 2024, 3 mois avant sa disparition.

Un mot sur cette entrée de R.Badinter hier au Panthéon...

Qu'est-ce vous avez ressenti, A.Chauveau? - A.Chauveau: J'ai eu cette chance...

C'était un moment très émouvant. C'était une cérémonie digne, sobre, mais qui était quand même majestueuse. Un peu à l'image de l'homme qu'était R.Badinter et de sa femme, Elisabeth.

Le mélange des 3, avec des belles lectures...

Mais une vraie sobriété et un moment un peu, dans l'actualité qu'on vit, suspendu. Un grand moment d'histoire républicaine. - M.Bouhafsi: S.de Closets, vous, c'est l'entrée du cénotaphe de R.Badinter au Panthéon, entouré d'avocats et de magistrats, qui vous a particulièrement émue. - S.de Closets: Oui.

R.Badinter avait chevillé au corps le souci de la transmission, de ce que les jeunes générations pouvaient recevoir de son expérience, sa vision du monde. C'était un avocat incroyable, un juge, un magistrat...

Il avait la passion du droit et de l'Etat de droit. Voir ces jeunes juges et ces jeunes avocats accueillir le cénotaphe en robe, symboliser ce souci de transmission, ça m'a beaucoup émue. - M.Bouhafsi: On redécouvre dans "Vivre" et dans ce podcast que R.Badinter était très attaché à l'héritage qu'il allait laisser, à la transmission aux futures générations qu'il voulait éclairer. - A.Chauveau: C'est la force des 2 récits que l'on livre dans le livre.

Le premier récit a été fait à la Fondation pour la mémoire de la Shoah. C'est un récit sur son enfance, en particulier sur la déportation de son père. C'est un récit très personnel, émouvant.

Surtout, il est précieux car R.Badinter n'aimait pas beaucoup parler de lui. C'était quelqu'un de très pudique.

Le 2e récit est un des derniers récits, un des derniers témoignages de R.Badinter, octobre et novembre 2023, où il revient sur toute sa vie et sur tout son parcours. Ces 2 récits se rejoignent et se répondent parfaitement.

Dans le 1er récit, on voit un adolescent profondément marqué par la guerre et par la disparition de son père, par l'injustice que cela représente. Dans le 2e récit, on voit que l'homme est épris de justice. Pourquoi?

Parce qu'il a vécu l'injustice durant toute son enfance et adolescence. - M.Bouhafsi: D.Pujadas, ces images de la panthéonisation, une cérémonie calme et solennelle, comme l'avait souhaité son épouse Elisabeth...

Quel paradoxe avec la semaine politique qu'on vit en France! - D.Pujadas: Oui.

Je rejoins ce que vous disiez, Agnès. Quel paradoxe avec R.Badinter lui-même!

C'est toujours étrange, quelqu'un de panthéonisé, hyper consensuel tout d'un coup, alors que R.Badinter, jusqu'au dernier jour de sa vie, était un mousquetaire. C'était un fighter, quelqu'un d'engagé dans le combat, pas forcément consensuel.

Il a pris des positions lui-même qui, aujourd'hui, feraient couler encore beaucoup d'encre. Mais on gomme tout ça, car "c'est le grand homme". Par rapport à l'actualité politique, le décalage, c'est que ça nous fait sentir, à tort ou à raison, l'idée que c'était mieux avant.

Avant, il y avait des grands hommes politiques. Avant, il y avait des grands témoins...

Quand j'étais au 20h et qu'il y avait des crises, on cherchait toujours une autorité. On pensait toujours à Badinter... - A.Bégot: Qu'est-ce qu'il aurait dit de cette crise politique actuelle? - D.Pujadas: Il a bien connu la IVe République.

Je pense qu'il aurait été saisi, comme disait Yaël tout à l'heure, de ce retour vers le futur. J'aurais un peu d'indulgence pour nos politiques. Ils n'ont pas été équipés pour ça.

Tout d'un coup, ils se retrouvent dans un monde conçu pour le bipolarisme de la Ve République. La droite et la gauche, on alterne...

Et tout d'un coup, il y a un Parlement émietté. Ils ne sont pas équipés pour ça. Ils sont désemparés. - M.Bouhafsi: C'est un plaisir de lire R.Badinter, mais aussi de le voir et de l'entendre.

Son grand combat, c'était contre la peine de mort. Il en parlait dans cet entretien de 2023. Roger Bontems, ancien militaire devenu délinquant, récidiviste condamné à mort...

Une condamnation qui révoltait R.Badinter. - R.Badinter: Ce qui a fait de moi un militant de l'abolition, c'est l'affaire Bontems, l'avoir vu condamné à mort et qu'on lui refuse la grâce...

Un homme dont j'avais prouvé à l'audience qu'il n'avait pas tué! Je me suis juré que, tant que je vivrais, je lutterais contre la peine de mort. Ce n'est pas seulement l'influence de Jaurès, c'est une résolution absolue. - M.Bouhafsi: La peine de mort et la dépénalisation de l'homosexualité, il est là, son héritage? - S.de Closets: Entre autres.

Il a fait progresser l'Etat de droit à travers d'autres actions. Il était très soucieux...

Il était très vivant...

Si ce livre s'appelle "Vivre", c'est parce que pour lui, la vie était plus puissante que la mort. Honorer les morts, ce n'est pas s'enfermer dans leurs souvenirs. Il était en avance sur son temps et son époque, mais il aimait aussi beaucoup vivre.

C'est cet héritage qui compte. On retrouve aussi, quand on le voit, qu'on l'écoute ou qu'on le lit, toutes les anecdotes qui constituaient ses souvenirs et qu'il partageait...

J'ai passé beaucoup d'après-midis à l'écouter parler. - M.Bouhafsi: Il était très pudique.

Pourquoi il a accepté de parler? - S.de Closets: Tant qu'il avait des combats, des fonctions institutionnelles, ce n'était pas le lieu ni le moment pour lui de s'épancher ou de partager ses souvenirs.

Je pense qu'arrive un âge dans la vie où les perspectives d'avenir s'amoindrissent. Et la nécessité de transmettre et de revenir sur ses souvenirs...

Tous ceux qui l'ont côtoyé disent que dans les 20 dernières années, les anecdotes qu'il raconte dans le livre, il les partageait assez souvent, à l'exception de l'arrestation de son père, cette scène à Lyon en 43, rue Sainte-Catherine, où il a échappé de peu à l'arrestation et sans doute à la mort. - M.Bouhafsi: A.Chauveau, vous aviez fait cet entretien de 2006 de R.Badinter.

Vous l'aviez conservé 19 ans précieusement et vous ne l'aviez pas diffusé. Pourquoi? - A.Chauveau: Sûrement car on voulait respecter la pudeur de R.Badinter.

Il y avait des personnalités, dans ces entretiens faits avec la Fondation pour la mémoire de la Shoah, comme R.Badinter, comme S.Veil, qui ne souhaitaient pas forcément se mettre en avant.

Il y avait plein d'anonymes, environ une centaine d'entretiens. Ils ne voulaient pas cannibaliser par leur notoriété médiatique le témoignage des anonymes. C'est une des raisons...

L'autre, c'était quelque chose pour lui de très douloureux, très personnel...

On le voit dans l'entretien de 2023, encore. Ce moment où il évoque l'arrestation de son père...

Il est très ému, ému aux larmes. Il a plus de 90 ans. Je pense qu'il n'avait pas envie que les journalistes commentent de son vivant cette période de sa vie, qui est restée très douloureuse. - M.Bouhafsi: D.Pujadas le disait si bien: il s'est battu toute sa vie.

Excusez-moi l'expression, il se bat même après sa vie. Hier, la tombe de R.Badinter a été profanée, recouverte de slogans contre l'abolition de la peine de mort et la dépénalisation de l'homosexualité.

On ne va pas citer les propos insultants qui ont été gravés sur cette tombe. Les combats que portait l'ancien garde des Sceaux restent toujours d'actualité? - S.de Closets: Bien sûr.

La montée de l'antisémitisme, qu'il a observée et qu'on observe tous, à la fin de sa vie, venue de ce vieux fond de l'extrême droite, mais aussi de la gauche et de l'extrême gauche, il en était meurtri, inquiet. Il en parlait beaucoup. Ca a été un des ministres les plus haïs et vilipendés.

Déjà, en tant qu'avocat. Les gens criaient "à mort" quand il arrivait dans les salles de tribunal. Ensuite, quand il a été ministre, il passait pour un ministre laxiste, car il amélioré le sort des prisons et augmenté l'Etat de droit.

Le jour où il entre au Panthéon, où la République pourrait renouer avec les valeurs, les célébrer, les transmettre, imaginer que sa tombe a été profanée, que ça ne s'arrêtera jamais et que son combat, on doit le porter pour lui...

C'est abject. - M.Bouhafsi: Merci.

Je rappelle le livre que vous coéditez, "Vivre: le dernier grand récit de Robert Badinter". C'est disponible sur le site de l'INA et en podcast. Je vais citer Le Fameux Festival, à Deauville, pour fêter les 150 ans de Flammarion.

D.Pujadas, on a plein d'autres sujets à évoquer. - D.Pujadas: Je veux juste dire que c'est des combats d'arrière-garde.

Il ne faut pas se raconter des histoires. La peine de mort, le combat contre l'homophobie, pour la dépénalisation de l'homosexualité... - S.de Closets: Ca ne veut pas dire que l'homophobie...

Ca a ouvert la voie au pacse et au mariage pour tous, mais ce n'est pas un combat d'arrière-garde. - D.Pujadas: La dépénalisation...

On ne se rend pas compte des antivirus démocratiques qu'il y a dans notre société...

On aime toujours se raconter que les combats d'hier sont les combats d'aujourd'hui, mais c'est acquis. Ne nous racontons pas d'histoires. Il y a d'autres combats à mener.

Ceux-là sont acquis, en partie grâce à R.Badinter. - Y.Goosz: Ce n'est pas acquis ailleurs. - A.Chauveau: Il veut avoir une touche optimiste! - D.Pujadas: On ne va pas dicter au monde entier nos idéaux.

Chacun peut avoir... - M.Bouhafsi: Vous avez raison de le rappeler, mais il ne faut pas céder aux digues populistes.

Le sujet de l'avortement est attaqué partout dans le monde. R.Badinter et S.Veil ont participé à installer cette digue.

Tout de suite, la Story de P.Larrouturou. - O.Faure: Je ne sais pas ce qu'il a en tête, mais je ne pense pas qu'il a envie de la gauche. - M.Le Pen: Je trouve ce spectacle déplorable, organiser ainsi une réunion de marchands de tapis... - M.Tondelier: Si je vous dis que je suis très inquiète, c'est que j'estime que cela va très mal se terminer. - F.Roussel: Je regrette que dans les réponses du président de la République, nous n'ayons pas vu d'éclaircie. - P.Larrouturou: Je vous emmène en immersion dans une nouvelle folle journée politique, qui a commencé un peu avant 2h du matin par ce mail envoyé par l'Elysée à 17 personnalités.

Tous les chefs de parti...

Je vais un peu vite en disant ça, car il manquait le RN et LFI. A 9h30, LFI, J.-L.Mélenchon, convie tous les siens et la presse et dit ceci. - J.-L.Mélenchon: Après le tohu-bohu, il y aura aujourd'hui le défilé à l'Elysée, dont monsieur Macron nous a dispensés... - P.Larrouturou: 13h, mise en ligne d'un article du "Parisien" avec cette citation d'E.Macron.

Sur la route de l'Elysée, on me dit tout d'un coup: "Viens vite, toute la gauche se réunit en secret." On me donne le nom du restaurant. Je croyais que c'était une blague.

Pas du tout. Voici le nom du restaurant qu'a choisi l'intégralité de la gauche française. C'est sans trucage.

Bonjour, madame Tondelier. - M.Tondelier: Qui connaît la route? - P.Larrouturou: Pour l'Elysée, c'est à droite.

Silence radio? Monsieur Roussel, bonjour... - F.Roussel: On y va... - P.Larrouturou: Ils n'avaient pas très envie de parler, mais j'ai un peu insisté.

Monsieur Faure, vous avez choisi Matignon comme restaurant? - O.Faure: Ce n'est pas moi qui ai choisi, mais c'était bien choisi. - P.Larrouturou: C'est au tour de la gauche d'arriver à Matignon? - O.Faure: Ce n'est pas nous qui décidons.

On revendique le fait d'y aller, mais on sait bien que le président de la République ne s'y résigne pas. Je ne sais pas ce qu'il a en tête, mais je ne pense pas qu'il ait envie de la gauche. La mise en scène du jour est liée à sa volonté de faire porter la responsabilité d'une éventuelle dissolution sur les oppositions. - M.Tondelier: On a essayé de préparer la réunion dans un quartier qui était très cher.

Donc on a essayé de trouver le restaurant le moins cher. Vous avez devant vous 2 femmes sur les 3 qui seront là à des réunions de cet après-midi, car il y aura beaucoup d'hommes. Heureusement que Les Ecologistes sont là... - P.Larrouturou: Toute la gauche qui marche au milieu de la rue et qui arrive place Beauvau pour cette image, à 14h30, que vous avez vue partout, avec le premier secrétaire du PS tout sourire qui rentre sur le perron de l'Elysée. 14h22, arrivée du MoDem, M.Fesneau... 2 minutes plus tard, un autre centriste, H.Marseille, de l'UDI.

G.Attal, qui a dit publiquement qu'il ne comprenait plus le chef de l'Etat. Puis, L.Wauquiez, tout sourire, sans B.Retailleau.

E.Philippe, ensuite, qui souhaite la démission du chef de l'Etat. 14h33, B.Retailleau arrive sans L.Wauquiez. 14h40, tout ce beau monde prend son téléphone, le range.

Et pendant plus de 2 heures, réunion. Ils n'ont donc pas eu de notification. A 15h24, M.Le Pen... - M.Le Pen: Je trouve ce spectacle déplorable.

Rien de bon ne peut sortir de cette réunion de tractations. Est-il vraiment du rôle du président de la République d'organiser ainsi une réunion de marchands de tapis? C'est ça, en réalité.

Et dans l'unique objectif d'essayer d'éviter des élections? - P.Larrouturou: Qu'est-ce qui s'est dit pendant cette réunion? 16h55, le premier à vendre la mèche se nomme Laurent Panifous.

C'est le président du groupe Liot. - Il a annoncé qu'il nommera un Premier ministre. Est-ce qu'il aura entendu correctement nos attentes, notamment en ce qui concerne la réforme des retraites? - P.Larrouturou: 17h11, la cheffe des Ecologistes sort avec des grands yeux comme des soucoupes, des yeux interloqués. - M.Tondelier: Nous sortons de cette réunion sidérés, avec aucune réponse sur rien, si ce n'est que le prochain Premier ministre qui devrait être nommé dans les heures qui viennent ne sera pas dans notre camp politique.

Tout cela va très mal se terminer. ... - P.Larrouturou: C'est factuel.

Il est bien 17h18, factuellement, et G.Attal part tout aussi seul et tout aussi silencieux. Le communiste F.Roussel s'est senti comme face à un mur. - F.Roussel: Je regrette que dans les réponses du président de la République, nous n'ayons pas vu d'éclaircie.

Il va travailler à la nomination d'un nouveau Premier ministre plutôt qu'à une nouvelle dissolution. Nous verrons bien. - P.Larrouturou: La boucle est bouclée. 17h34, O.Faure parle. - O.Faure: Les Français sont légitimement inquiets.

La majorité a volé en éclats. Nous ne cherchons pas à tout prix la dissolution. ... - O.Faure: Pas sûr. - M.Bouhafsi: S.Mabrouk, journaliste et présentatrice sur CNews, et A.Bouilhaguet, sont nos invitées ce soir aux côtés de D.Pujadas.

Bonsoir. Merci d'avoir accepté notre invitation. C'est une semaine politique folle.

On voulait réunir 3 stars des chaînes d'info. C'est une semaine incroyable comme la Ve n'en a jamais connu. - S.Mabrouk: Tous les qualificatifs ont été utilisés ces derniers jours: "inédit", "du jamais-vu"...

A.Duhamel parle de choses qu'il n'a jamais vécues. S'il dit ça, du haut de notre expérience qui, pour moi, reste modeste en nombre d'années, c'est inédit.

Malheureusement, c'est aussi assez inquiétant pour les Français. - M.Bouhafsi: A.Bouilhaguet, vous êtes éditorialiste sur franceinfo TV.

C'était la réunion de la dernière chance, aujourd'hui, pour E.Macron? - A.Bouilhaguet: On l'a souvent dit, mais là, c'est peut-être la vraie de vraie.

Ca semble assez bizarrement parti, d'après ce qu'on entend des retours, notamment de la gauche. On sent que les LR sont en train de partir. La gauche essaie d'y croire encore, mais difficilement.

Ce qui m'interroge beaucoup en ce moment, c'est E.Macron. J'ai l'impression qu'il est dans une forme de déni.

La semaine dernière, il a donné un entretien à un quotidien allemand, passé un peu inaperçu car il était sur la politique étrangère. Mais il a dit quelques mots sur la politique intérieure. Sur le budget: "pas si grave".

F.Bayrou s'est un peu emballé, la France est solide, elle a une économie solide...

Sur la tripartition: "pas si grave". En Europe, ça se passe partout comme ça et ils arrivent à s'arranger. Pas de panique.

Sur la faculté, car S.Lecornu était encore en poste à ce moment-là, sur la faculté de S.Lecornu à sortir de ce bourbier: "il va y arriver". - M.Bouhafsi: D.Pujadas, vous êtes sur LCI, qui traite souvent l'actualité internationale.

On va revenir sur le détail de ce qui se passe, de cette situation inextricable pour E.Macron. Est-ce qu'on ne serait pas en train de devenir la risée de l'Europe avec cette situation politique? - D.Pujadas: C'est sûr.

On redécouvre, plus de 50 ans après, les joies et les affres de la République parlementaire. C'est le Parlement qui a les choses en main. Celui-ci est émietté comme jamais.

On a la culture de la majorité. C'est ce que fabriquent le scrutin majoritaire et les institutions de la Ve. Brusquement, parce que les populistes ont émergé à un niveau inégalé, et c'est le cas dans beaucoup de pays d'Europe, le paysage est émietté.

Il n'y a plus la droite et la gauche comme avant. On découvre ça. On le découvre, en plus, avec un jeu de postures.

Quand on voit ce qui se passe avec L.Wauquiez, LR, dont les priorités sont de tailler des croupières à Retailleau...

Quand on voit Lecornu ou E.Macron qui dissimulent un peu le nom de B.Le Maire, LR qui essaient de passer dans le trou de souris...

Les postures plus la proximité des municipales, plus le paysage émietté, on est dans cette situation qui semble inextricable. - Y.Goosz: Preuve de la méthode Coué d'E.Macron, on apprend que le président estime qu'il y a toujours un chemin possible pour éviter la dissolution et la censure.

Il y a du grain à moudre, voilà ce que ses conseillers disent. On en est au même point que dans la mission de 48 heures accordée à S.Lecornu. - S.Mabrouk: On peut se mettre d'accord sur un constat: il va tout faire pour rester en place.

Certains peuvent défendre cela, affirmant que pour défendre nos institutions, pour sanctuariser cette Ve République à laquelle nous sommes attachés...

Tous ceux qui ont demandé sa démission...

C'est frappant. J'ai l'impression d'une forme de gladiature romaine. Vous avez E.Macron sans armure, sans armes, ensanglanté, toujours jeune mais vieilli.

Il a été le Brutus de F.Hollande. On dirait une arène où tout le monde baisse le pouce, où ceux qui ont combattu avec vous sont en train de vous planter toutes les dagues dans le dos.

Malgré tout, je pense que demander sa démission, y compris parfois dans la presse...

C'est une prérogative qui lui appartient, d'abord, et pour un président de la République qui espère encore trouver un chemin, il y a 2 solutions: soit il n'y a plus aucune piste et il est dos au mur, soit il croit encore qu'il y a une possibilité dans le pays. Je ne trouve pas ça comique ni tragique, comme certains le disent. - A.Bouilhaguet: Je vois bien qu'il y a un chemin, mais on ne le voit pas.

Et surtout, rien n'a changé depuis des mois. On a les mêmes acteurs qui demandent les mêmes choses, qui passent leur temps à se réunir pour se dire les mêmes choses, se séparer sur le même constat. J'ai l'impression...

Je vais être plus sévère pour E.Macron. Il a perdu la vista.

Il a fait un quinquennat où il s'est passé des choses, il y a eu des réformes... - S.Mabrouk: Qui a la vista, aujourd'hui? - A.Bouilhaguet: Depuis ces législatives où il ne fait pas campagne, où il y a un non-dit, ces européennes loupées, cette dissolution où il se dilue, on a l'impression qu'il est dans le déni et qu'il ne comprend pas la situation.

Il dit "y a qu'à, faut qu'on". - A.Bégot: Il s'est fixé lui-même cet ultimatum.

Il est 19h31. Vous y croyez, à ce soir? - D.Pujadas: On a appris, au cours de ses 2 quinquennats, que les délais sont faits pour être repoussés.

Il y a l'incompréhensible dissolution de juin 2024. - M.Bouhafsi: Combien de temps il va encore la payer? - D.Pujadas: Là, il fait un "bouger", comme on dit dans l'affreux langage journalistique.

Il fait un bouger sur les retraites. C'est le totem car c'est la seule réforme d'ampleur qu'il a faite dans son 2e quinquennat. Il espère arracher, avec l'idée qu'il pourrait y avoir une pause dans l'application de la réforme, la non-censure de la gauche. - P.Larrouturou: Il se crée une porte ce soir sur les retraites. - D.Pujadas: Le PS, c'est eux qui vont évaluer si ça leur suffit.

Si ça ne suffit pas, s'ils essaient que ce bougé soit un peu plus profond, sur les trimestres de cotisation...

C'est là-dessus qu'il espère trouver cette ligne de crête, qui n'est pas l'hypothèse la plus probable. - S.Mabrouk: Il y a le "bougé", mais aussi le "tombé".

C'est une véritable crise de régime. On n'est passés d'une crise de régime à une crise politique. Je suis interpellée...

Depuis des semaines, les partis parlent entre eux. Les politiques parlent entre eux. Les Français sont tenus à l'écart, ébahis, interloqués, incrédules. - M.Bouhafsi: Repartir au vote et se représenter devant les Français? - S.Mabrouk: D'abord, la dissolution est une évidence.

Je ne comprends pas pourquoi le président ne parie pas sur une forme d'intelligence des Français. - A.Bouilhaguet: Il regarde les sondages, comme nous tous.

Il voit que le socle commun va rétrécir comme peau de chagrin. Ils vont se retrouver avec 3 députés et demi, ce qui n'est pas l'objectif, avec un RN qui va prendre ses aises à l'Assemblée nationale. On entend la petite musique de tendre la main...

Sur les 48 députés LR, certains pourraient être séduits par le RN. Pourquoi pas la dissolution? - S.Mabrouk: Il ne faut pas avoir peur.

Pourquoi avoir peur de retourner aux urnes? - A.Bouilhaguet: Il a été élu sur une promesse.

Lui ou le chaos, lui ou le RN. Qu'est-ce qui se passe? - S.Mabrouk: Mais le chaos, c'est lui. - A.Bouilhaguet: J'ai la prétention de me placer de son point de vue...

Il se dit: "Quel intérêt pour moi de dissoudre si je donne les clés à J.Bardella?" - A.Bégot: Je voudrais avoir votre point de vue sur ces images, hier et aujourd'hui.

M.Le Pen était hier dans un salon de l'élevage du côté de Clermont-Ferrand. Aujourd'hui, elle était aux côtés des pompiers.

Il y a une tactique politique à travers ces images? - D.Pujadas: Pour elle?

D'une certaine manière, E.Macron, en ne recevant que les dirigeants des partis qui se sont mis d'accord pour un éventuel compromis, forcément, ça rend service aux 2 extrêmes qui ne sont pas conviés. C'est une loi de la politique.

Est-ce qu'il avait le choix? Je ne sais pas. Ca ne rimait pas à grand-chose d'inviter le RN et LFI.

Mais ce faisant, de fait, M.Le Pen a beau jeu de se poser en alternative. Elle est à 36 % dans les sondages.

Elle n'est pas invitée. "Tous ceux-là dans le même marigot et moi, je suis à côté." - M.Bouhafsi: Le RN appelle tous les jours à la démission du président de la République.

Vous avez expliqué qu'il ne fallait pas...

Il y a quelques mois, elle avait expliqué qu'il fallait une démission. - S.Mabrouk: Je crois que le RN préfère une dissolution. - M.Bouhafsi: Elle a repris les termes d'E.Philippe.

A l'époque, quand elle avait appelé à la démission, ça ne passait pas, alors qu'aujourd'hui, "ça passe crème". Il a bien fait de ne pas inviter le RN et LFI? - S.Mabrouk: Si on transpose ça à la télévision, ça permet la contre-représentation de M.Le Pen.

C'est habile. Ca n'en fait pas une stratégie pour autant. Il y a une certaine logique à ne pas les inviter.

Ils vont censurer immédiatement. Il n'y a pas d'accord à avoir avec eux de non-censure. Que ce soit M.Le Pen ou La France insoumise, peut-être qu'une partie des Français retiendront qu'ils n'ont pas été dans ce jeu politicien.

Je ne sais pas. Ce qui m'interpelle...

Je suis frappée qu'on ne retourne pas aux urnes. L'histoire contemporaine a montré que toutes les cohabitations ont donné du souffle, de l'oxygène au président. F.Mitterrand a eu l'intelligence, quand il y a eu cohabitation, de dire: "On va vous y voir." Je n'ai pas la folie de prétendre à ça, mais que ce soit J.Bardella ou un Premier ministre de gauche, "on va vous y voir". - M.Bouhafsi: Vous lui dites "chiche", à E.Macron, mais est-ce que vous ne craignez pas qu'on se retrouve exactement dans la même situation, avec une majorité relative? - S.Mabrouk: Je ne crains rien.

Honnêtement, il n'y a rien de mieux dans une démocratie un peu fatiguée comme la France que de revenir aux urnes. Je crois que la tripartition de l'Assemblée est presque un fait accompli, mais... - D.Pujadas: C'est comme un entonnoir.

Petit à petit, ça se referme. S'il y a une crête, il y aura cette crête. Sinon, il y aura la dissolution. - Y.Goosz: Est-ce que cette dissolution ne serait pas parfaitement comprise? - A.Bouilhaguet: Elle est comprise par les Français.

Ils sont 63 ou 70 % qui souhaitent cette dissolution. Mais on passera d'une crise politique à une crise de régime. Soit on se retrouve avec des députés RN, une majorité relative, qui n'iront pas à Matignon s'ils n'ont pas le gage d'avoir les mains libres...

Ca va être compliqué. Ce qui m'étonne, je vais encore m'en prendre à E.Macron, mais il fait les choses à contretemps.

Pourquoi, après la dissolution surprenante, il ne nomme pas L.Castets à Matignon? - S.Mabrouk: On aurait été sauvés, c'est sûr! - A.Bouilhaguet: Elle aurait duré quelques mois et on aurait soldé l'hypothèse de la gauche. - S.Mabrouk: Quelle est la légitimité de L.Castets?

O.Faure, je peux comprendre... - M.Bouhafsi: L'hypothèse...

On ne va pas faire de politique-fiction. Le nom qui revient beaucoup depuis ce matin, c'est un 2e mandat de S.Lecornu à Matignon.

Ce serait pris comme une insulte par les Français? - D.Pujadas: Non, pas comme une insulte par les Français mais comme un problème par une partie de ce qu'on appelle "le bloc central", qui dit qu'il faut autre chose, par LR qui dit qu'il faut autre chose, et par la gauche qui dit qu'il faut autre chose, car S.Lecornu est un proche d'E.Macron.

Mais les Français ont été presque 7 millions à regarder S.Lecornu au JT l'autre jour. Ils lui donnent 10 points d'opinion favorable en plus.

Lecornu est en train d'émerger comme figure plutôt appréciée des Français. - M.Bouhafsi: Vous rejetteriez un gouvernement technique aux côtés de S.Lecornu, S.Mabrouk? - S.Mabrouk: Un gouvernement technique, je n'y crois absolument pas dans un pays et avec un peuple aussi métapolitique que le nôtre.

Un gouvernement technique, c'est la meilleure manière de donner les clés à l'administration. Je pense qu'il vaut mieux avoir des gens avec des surfaces politiques pour négocier des accords de non-censure. Je vois mal des techniciens qui connaissent peu ou pas grand-chose à la politique faire mieux que les politiques.

Quoique, tout est possible pour faire mieux, en ce moment. - M.Bouhafsi: En un mot, vous y croyez, à cette piste S.Lecornu, A.Bouilhaguet?

Normalement, on attend une information d'ici une vingtaine de minutes. - A.Bouilhaguet: Elle tiendra aussi peu qu'elle a déjà tenu.

Ce n'est pas la solution. On parle toujours de Draghi ou de Monti. C'étaient quand même des politiques.

Mais quelqu'un qui n'a pas d'ambition présidentielle, c'est ça, peut-être, le bon cheval. - M.Bouhafsi: La matinale de franceinfo, c'est sur le canal 16 du lundi au jeudi de 6h30 à 8h30.

S.Mabrouk, "La Grande Interview", c'est sur Cnews et Europe 1 tous les matins. D.Pujadas, on vous retrouve dans "24h Pujadas" du lundi au jeudi de 18h à 20h.

On vous conserve jusqu'à 20h, au cas où, en fonction de l'actualité. Tout de suite, c'est le 5/5 d'A.Bégot.

Yaël conserve sa tablette, ne vous inquiétez pas. Tout est réuni. D'abord, ces espoirs de paix qui se précisent au Proche-Orient. - A.Bégot: Un cessez-le-feu entre Israël et le Hamas est en cours depuis 11h ce matin dans la bande de Gaza.

Il semble tenir, pour l'instant, en tout cas. L'armée israélienne a même commencé à se retirer de certaines zones, mais les images les plus impressionnantes, ce sont celles-ci: ces dizaines de milliers de déplacés qui ont pris la route à pied pour rentrer chez eux, dès ce matin. ... - A.Bégot: Tous, comme ce papa et ses 3 enfants, découvrent un immense champ de ruines.

Il n'y a plus rien, ou presque. ... - A.Bégot: Une paix encore bien fragile, mais le gouvernement israélien a validé la nuit dernière le plan proposé fin septembre par D.Trump, un plan en 20 points qui prévoit dans un 1er temps un cessez-le-feu, le retrait partiel d'Israël et la libération des otages sous 72 heures. ... - A.Bégot: Leur libération devrait intervenir lundi ou mardi au plus tard.

C'est ce qu'a indiqué D.Trump, qui se rend sur place dès dimanche. En échange des otages, Israël doit libérer 250 détenus pour raisons de sécurité ainsi que 1700 Palestiniens de Gaza arrêtés depuis octobre 2023.

Je voulais vous montrer la une du "Jerusalem Post": le profil de D.Trump recréé avec les photos des otages israéliens et ce titre, "il les ramène à la maison", allusion au slogan "Bring them home" brandi ces derniers mois par les familles d'otages. D.Pujadas, vous disiez que c'était ça, ce qui se joue en ce moment? - D.Pujadas: Quelle bouffée d'oxygène quand des conflits enkystés depuis des années et des années...

Là, après 2 ans, tout d'un coup, il y a une fenêtre d'espoir. Pourquoi? Parce que l'hubris de ce gouvernement israélien a été jusqu'à faire bombarder le Qatar.

La perspective des accords d'Abraham est sacrée. Ca a rebattu les cartes. On ne sait pas si ça va marcher, mais en tout cas, quel espoir! - M.Bouhafsi: Un plan pour lequel D.Trump espérait décrocher le prix Nobel de la paix. - A.Bégot: Ce ne sera pas pour cette fois.

Le président du comité Nobel s'en expliquait ce matin. ... - A.Bégot: C'est finalement cette femme, M.C.Machado, qui est récompensée.

Son nom ne vous dit peut-être rien, mais au Venezuela, elle est surnommée "la libératrice". Elle est la cheffe de l'opposition vénézuélienne. 25 ans qu'elle consacre sa vie à la chute du régime chaviste.

Elle a appris la nouvelle de ce Nobel de la paix. ... - A.Bégot: On entend l'émotion dans sa voix. 58 ans.

Elle est obligée de vivre cachée dans son pays depuis l'élection contestée du président Maduro en juillet 2024. - M.Bouhafsi: A Paris, les employés du BHV sont en grève. - A.Bégot: Plus d'une semaine après l'annonce de Shein au BHV et dans plusieurs magasins Galeries Lafayette en région, les salariés ont cessé le travail aujourd'hui entre 15h et 18h pour protester contre cette place de choix offerte au géant de l'ultra fast fashion chinois, accusé de tuer le commerce en France. - Ce n'est pas cohérent.

Le BHV, ce n'est pas ça. C'est un grand magasin emblématique. - On ne voit pas comment ça va pouvoir influer.

Aujourd'hui, on a aussi des marques qui partent à cause de l'arrivée de Shein. - On est un grand magasin parisien avec tout ce que ça veut dire. On n'est pas là pour vendre du Shein. - Les fournisseurs ne sont pas payés.

Il y a des gens qui partent, qui sont en pleurs. Il y a des gens sous médicaments, qui vont faire des thérapies...

On ne peut pas faire face aux demandes des clients. On est là et on ne sait pas pourquoi. - A.Bégot: Des impayés que confirment certaines marques.

Plusieurs d'entre elles ont d'ailleurs annoncé qu'elles quittaient le BHV. - Ca fait 10 ans qu'on est au BHV. C'est un grand magasin français qui doit incarner la mode française.

Depuis un an et demi, le BHV a été repris par une nouvelle entreprise. On a malheureusement tout de suite eu de gros problèmes d'impayés. A tel point qu'en septembre 2025, on a décidé de partir du BHV et on apprend 4 jours après que Shein va s'implanter.

On a pris la bonne décision. On est désalignés sur le fond. On ne partage pas la même vision. - A.Bégot: Pas de quoi, pour l'instant, faire changer d'avis le nouveau patron du BHV.

F.Merlin est venu se défendre la semaine dernière sur notre plateau. Il reste droit dans ses bottes. ... - M.Bouhafsi: C'était aujourd'hui la Journée mondiale de la santé mentale. - A.Bégot: M.Barnier en avait fait une grande cause nationale. - M.Barnier: Les problèmes de santé mentale touchent 1 Français sur 5.

L'impact sur les familles et les proches est immense. Les maladies psychiques sont le 1er poste de dépenses de l'Assurance maladie. Nous ferons de la santé mentale la grande cause nationale de l'année 2025. - A.Bégot: Quand on voit ce qui se passe en ce moment, on se dit que ces images, c'était il y a 1000 ans.

Non, c'était le 2 octobre 2024. La situation est toujours aussi critique. Ca ne fait pas sourire.

Regardez ces chiffres publiés aujourd'hui par l'Inserm, qui mène une grande enquête sur les 11-24 ans. Plus de 17 000 jeunes ont été interrogés. Plus d'un tiers d'entre eux présentent des signes de détresse psychologique.

Les filles sont presque 2 fois plus touchées que les garçons. - C'est compliqué. J'ai beaucoup de pression et de stress. - En ce moment, je sais que je ne vais pas très bien.

J'ai un début de dépression. - Il faut toujours être irréprochable, rentrer dans des cases. - On a toujours un ami qui ne va pas bien. - J'ai l'impression que quand on m'en parle, on me dit que c'est normal, que je suis jeune et que je verrai plus tard.

Mais ça ne nous aide pas à nous reconstruire. - A.Bégot: Autre chiffre qui interpelle: 1/4 des jeunes expliquent se sentir seuls, mais ne parlent jamais de leur mal-être à qui que ce soit, souvent par honte.

C'est pour cela que le gouvernement, en partenariat avec le géant Disney, a lancé une grande campagne de sensibilisation auprès des plus jeunes. Une campagne qui s'appuie sur ce dessin animé, "Vice-versa". Chaque émotion est incarnée par un petit personnage.

Un livret d'information sera distribué à tous les élèves du CP à la 6e. Vous reconnaissez ça? ... - A.Bouilhaguet: "Taratata"? - M.Bouhafsi: C'est une émission culte! - A.Bégot: Ca fait son retour. - M.Bouhafsi: E.Denis est l'invitée de notre dîner dans quelques secondes.

On vous remercie, S.Mabrouk, A.Bouilhaguet et D.Pujadas.

Dans un instant, nos invités du dîner. Une émission spéciale émissions cultes.