En garde à vue pour un "Macron ordure", cette gilet jaune risque la prison ferme
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Attaque 40 %Défensif 60 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 95 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 2:10OuverteRéponse directe
Est-ce qu'aujourd'hui, on prend le risque de poursuites judiciaires de façon systématique quand on s'en prend à la figure du président ?
- 2:50OuverteRéponse directe
Est-ce que vous pouvez nous raconter, Valérie, comment s'est passée votre interpellation ?
- 3:44OuverteRéponse directe
Donc vous vous contestez, Valérie, ce qui vous est reproché ?
- 4:14OuverteRéponse partielle
Est-ce qu'il est plutôt confiant ? Est-ce qu'il pense que cette action en justice pourrait prospérer ?
- 4:59OuverteRéponse directe
Une sanction qui semble quand même plutôt excessive. Qu'est-ce qu'elle en dit, votre avocate ?
- 6:03OuverteRéponse directe
Valérie, vous êtes militante de Gilets jaunes et vous affirmez que ces poursuites n'entament en rien votre détermination à lutter contre ce pouvoir ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:36InvitéFait
« Valérie, une habitante des Hauts-de-France, a été accusée d'injure publique envers le président de la République, Emmanuel Macron, suite à un post Facebook, l'insultant d'ordure. »
- 0:45InvitéFait
« On lui a expliqué qu'elle était soupçonnée d'avoir écrit « Macron ordure » devant le dépôt des déchets d'arc. »
- 1:10InvitéFait
« Pour les gens qui ne sont rien, c'est toujours à la télé que l'on trouve les ordures. »
- 1:51InvitéChiffre
« Un hashtag « Macron ordures » a même été tweeté plus de 25 000 fois hier par notamment plusieurs personnalités publiques et politiques. »
- 5:19InvitéFait
« Que ce soit le président ou ses ministres n'ont de cesse d'insulter le peuple français en faisant des bras d'honneur, par exemple, à l'Assemblée nationale. »
- 5:30InvitéFait
« En disant pour certains, je veux emmerder les non-vaccinés, en disant pour d'autres, beaucoup, que nous sommes des illettrés, nous sommes des alcooliques. »
- 9:40InvitéFait
« même moi, sur Paris, j'ai reçu moi-même deux flashballs pendant le mouvement des Gilets jaunes. »
- 9:51InvitéFait
« Donc, sans compter les coups de matraque et les gazages, et les insultes aussi des forces de l'ordre, à notre égard. »
Temps de parole
- Invité55 %
- Invité 242 %
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Dès maintenant, pour tout nouvel abonnement au Média, le premier mois est reversé à une caisse de grève. Grâce à vous, on bloque tout. Sont-nous au retour du crime de l'aise majesté. La semaine dernière, Valérie, une habitante des Hauts-de-France, a été accusée d'injure publique envers le président de la République, Emmanuel Macron, suite à un post Facebook, l'insultant d'ordure. D'abord interpellée par trois policiers de son domicile, elle a ensuite été placée en garde à vue. On lui a expliqué qu'elle était soupçonnée d'avoir écrit Macron ordure devant le dépôt des déchets d'arc.
Une accusation qu'elle rejette en justifiant, je cite, qu'elle a seulement pris une photo devant en train de faire un sourire. Un argumentaire qui n'a pas du tout convaincu les autorités et bien évidemment, les charges contre elle ne se sont pas arrêtées là. Sur sa page Facebook, un post avait attiré l'œil des policiers. Un message qui, sans nommer Emmanuel Macron, déclare, je cite, « L'ordure va vous parler demain à 13h. » Pour les gens qui ne sont rien, c'est toujours à la télé que l'on trouve les ordures.
Résultat des courses, la militante est convoquée devant le tribunal de Saint-Omer le 20 juin prochain pour être jugée pour injure publique envers le président de la République par parole, écrit, image ou moyen de communication par voie électronique. Un jugement qui fait déjà beaucoup parler et qui pourrait lui faire encourir jusqu'à un an de prison et 12 000 euros d'amende. Très actif depuis le mouvement des Gilets jaunes en 2018 et déterminé à lutter contre la réforme des retraites, Valérie revendique que son arrestation et son passage à venir devant la justice n'ont en tout cas aucunement entamé sa motivation.
Un hashtag « Macron ordures » a même été tweeté plus de 25 000 fois hier par notamment plusieurs personnalités publiques et politiques en soutien à la disproportion d'une telle poursuite. Alors, vont-ils toutes et tous être embastillés pour crimes de l'est-majesté ? Valérie, bonsoir. Bonsoir, majeure. Je vous pose la question à vous, Valérie. Est-ce qu'aujourd'hui, on prend le risque de poursuites judiciaires de façon systématique quand on s'en prend à la figure du président ?
Alors, systématique, pas forcément, mais quand vous êtes militant depuis toujours et que vous déclarez des manifestations près de la sous-préfecture, déjà vous êtes un peu dans les collimateurs de l'État puisque nous sommes de l'opposition en étant contre ces lois et justement toutes ces réformes. Donc déjà, il y avait une petite recherche, je pense, de la part de l'État de venir me chercher. En fait, c'est nous qui voulions aller chercher Macron, mais je crois que c'est là, c'est lui qui est venu me chercher pour ce coup-ci. Est-ce que vous pouvez nous raconter, Valérie, comment s'est passée votre interpellation ? Oui, donc c'est arrivé vendredi dernier, vendredi 24 mars, vers 10h du matin.
Trois fonctionnaires de police sont venus frapper chez moi et donc quand j'ai ouvert, ils m'ont dit « Bonjour, vous êtes bien, Madame Attel ? » J'ai dit « Oui, c'est pourquoi vous avez été, donc on vous place en garde à vue pour injure envers le président de la République. » Je les ai regardés bizarrement, j'ai dit « Mais c'est une blague ». Et non, ce n'était pas une blague, sachant que je ne savais pas du tout à ce moment-là par quelle passerelle j'aurais pu insulter le président puisque je ne l'ai pas vue dans ma petite commune rurale passer par là. D'accord, donc vous vous contestez, Valérie, ce qui vous est reproché ? Je conteste « Oui et non ».
En fait, sur mon Facebook, donc le Facebook qui est ma mounette Valérie, je mets souvent des petits posts avec des jeux de mots et ce jour-là, j'ai voulu marquer « L'or dur », c'est-à-dire « L'or », c'est-à-dire la finance continue à durer sur les chaînes télé et en fait, tout cet argent se trouve toujours, toutes les ordures se retrouvent à la télé. Alors, vous avez pris un avocat, bien sûr, pour assurer votre défense. Est-ce qu'il est plutôt confiant ? Est-ce qu'il pense que cette action en justice pourrait prospérer ? Alors, pour ne pas trop dévoiler sur justement ma défense, pour l'instant, mon avocate est confiante.
On a bien discuté ensemble, on va préparer ma défense et moi-même, si j'ai voulu médiatiser justement ce fait, c'est pour bien prouver au monde entier. D'ailleurs, il y a des journaux qui ont repris certains articles français jusqu'en Turquie. Pour bien prouver qu'en France, on n'est pas si libre que ça, c'est une fausse liberté. Donc, vous risquez un an de prison et 12 000 euros d'amende, une sanction qui semble quand même plutôt excessive. Qu'est-ce qu'elle en dit, votre avocate ?
Mon avocate, bon, elle n'a pas essayé de faire au maximum pour dire que je ne sois même pas condamnée, puisque de toute façon, que ce soit le président ou ses ministres n'ont de cesse d'insulter le peuple français en faisant des bras d'honneur, par exemple, à l'Assemblée nationale, en disant pour certains, je veux emmerder les non-vaccinés, en disant pour d'autres, beaucoup, que nous sommes des illettrés, nous sommes des alcooliques, plein de choses qui ne font que sortir de la bouche de ces élus et que nous-mêmes ne pouvons pas aller devant les tribunaux pour porter plainte. Bien sûr, ils n'ont qu'à porter plainte, mais vous voulez porter plainte contre quoi ?
Contre un gouvernement qui, justement, vous baillonne et puis tout est fait pour qu'on n'entende pas votre parole ? Valérie, vous êtes militante de Gilets jaunes et vous affirmez que ces poursuites n'entament en rien votre détermination à lutter contre ce pouvoir ? Pas de tout, parce que depuis les années 90, j'étais déjà militante dans les mouvements pour les chômeurs. Ensuite, je suis militante sociale, puisque je travaille en partie dans le social. Je suis militante aussi pour la planète avec XR et je suis militante Gilets jaunes. Mais d'abord, je suis militante citoyenne. Je défends toutes les inégalités, les injustices, etc.
Je ne me suis jamais battue pour moi, car pour moi-même, personnellement, je n'ai jamais obtenu ni la notoriété ni un poste de quelle envergure que ce soit. Alors, vous êtes toujours déterminée dans votre lutte, mais vous semblez quand même un peu affectée par cette interpellation. Est-ce qu'elle visait finalement à vous faire peur ? Est-ce qu'elle vous a quand même fait peur sur le moment ? C'est quand même intimidant de voir la police arriver à son domicile. Pas du tout. Mon père était fonctionnaire de police. Je sais très bien comment ces gens-là procèdent. Donc, je n'ai jamais eu beaucoup peur de mon père non plus. Par contre, c'était un gentil flic, comme on dit.
Il a toujours dit qu'il n'a jamais mis un coup de matraque. Il n'était pas méchant avec nous, bien au contraire. Donc, la police ne m'a jamais vraiment fait peur, parce que j'ai toujours eu confiance en cette police. Mais la police avant n'est plus la police d'aujourd'hui. – Et alors Valérie, vous avez reçu de nombreux soutiens. On disait tout à l'heure un tweet avec un hashtag « Macron hors dur » qui a été tweeté, retweeté plus de 25 000 fois hier. Ce soutien vous donne, j'imagine, beaucoup de force pour tenir, parce que la prochaine échéance, c'est ça, c'est le 20 juin. Vous serez présenté dans les tribunaux. – Oui, tout à fait.
En plus, le soutien, je le ressens plutôt comme un message à faire passer, en fait, pour la liberté, justement, de parole et de pensée en France. Donc, c'est surtout dans ce hashtag qui m'a fait plaisir, en disant « c'est bon, mon message passe ». Et ça, c'est très important pour moi, et je pense que c'est très important pour tous les Français. – Et d'ailleurs, tout à l'heure, vous allez rejoindre un rassemblement, c'est ça, où une manifestation, vous continuez à marcher ? – Bien sûr, j'étais dans une manifestation encore il y a deux jours, et là, je retourne à un rassemblement devant la sous-préfecture de Saint-Omer contre les violences policières.
– D'accord, et pour dire, pour contester la décision du général Darmanin de dissoudre le collectif des Souvelements de la Terre, je crois que c'est bien ça. – Également, Sainte-Sauline, j'ai suivi, et j'ai bien vu ce qui s'y passait, et je connais très bien les actions, je connais très bien la répression policière. D'ailleurs, avec plusieurs personnes de Saint-Omer, on est allé sur Paris lors des mouvements des Gilets jaunes. On a bien vu la violence envers toute personne de tout âge par rapport aux policiers.
– Vous avez participé à ces mobilisations contre la réforme des retraites, vous avez été témoin de cette répression violente autour de vous, des amis, des militants frappés par la police ? – Oui, sur l'île, j'ai vu beaucoup de… lors de la dernière manifestation de la semaine dernière, des gens qui ont été gazés, tapés, matraqués, alors que c'est des gens que je connais très bien, ils sont très pacifiques. même moi, sur Paris, j'ai reçu moi-même deux flashballs pendant le mouvement des Gilets jaunes. J'ai des certificats médicaux, j'ai des photos. Donc, sans compter les coups de matraque et les gazages, et les insultes aussi des forces de l'ordre, à notre égard.
– Et vous aviez à l'époque poursuivi ces officiers qui vous ont porté ces coups ? – Non, parce qu'ils ne sont pas identifiés par des rios les trois quarts du temps, donc on ne peut pas savoir qui, on ne sait jamais si c'est le pot de terre qu'on ne peut pas faire. – Merci beaucoup Valérie, je ne vous retiens pas, je sais que vous êtes pressée, très motivée à rejoindre tous ces manifestants, toutes ces personnes qui disent non à la dissolution du collectif écologiste, les mouvements de la terre. Merci encore pour votre confiance et vous avez bien évidemment tout notre soutien, Valérie. – Merci et force et honneur à tous les militants. – Merci beaucoup, merci Madame, au revoir. – Au revoir.