La grande interview : Éric Zemmour
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Et notre invité dans la grande interview sur CNews et sur Europe 1 ce matin, c'est Éric Zemmour. Bonjour à vous, président de Reconquête, auteur du Sushi de Français, nouvelle édition actualisée 2008-2026 chez Fayard, édité aussi aux Etats-Unis, vous êtes allé aux Etats-Unis pour en faire la promotion. On va parler de votre livre, évidemment, du regard que vous posez sur la société française. Et d'abord, l'actualité, c'est ce rapport sur la mission d'inspection après la mort de la petite Liana, qui a été rendue hier, remis au Premier ministre Sébastien Lecornu. Ça met au jour une réalité implacable, insupportable pour les familles des victimes.
Il y a eu la perte de temps, des absences de suivi de la procédure, tant de la part du parquet que de la gendarmerie, à l'arrivée de la procédure au parquet d'Auge. Monsieur Lecornu dit que la chaîne de protection de la justice a failli. Et vous, qu'en dites-vous, Éric Zemmour ?
Vous savez, d'ailleurs, dans le livre et dans le documentaire, je parle très vite, dès le début des années 70 de la justice, parce que je pense que c'est une des grandes révolutions qui a été opérée depuis 50 ans.
Idéologique, révolution idéologique.
Révolution idéologique et révolution dans les faits. Et vous allez voir, c'est directement lié à ce qu'on vit aujourd'hui. La justice, dans la République, normalement, c'est trois choses. Mais je vais très vite. La première, c'est la justice est une autorité. C'est inscrit ainsi dans la Constitution. Ça veut dire, ce n'est pas un pouvoir, comme l'exécutif ou le législatif, légèrement inférieur. Deuxièmement, les juges sont indépendants, mais dans le cadre strict du la loi. Ils sont la bouche de la loi, disait Montesquieu. Trois, les procureurs ne sont pas indépendants. Ils sont soumis hiérarchiquement au ministre de la Justice. Ça, c'est la justice dans la République.
Nous ne sommes plus en République. Qu'est-ce qui a changé ? La justice n'est plus une autorité, c'est un pouvoir, et même un pouvoir supérieur à l'exécutif et au législatif, dans le cas du Conseil constitutionnel. Deux, ils ne sont plus la bouche de la loi, parce qu'ils passent leur temps à trouver des textes internationaux ou des droits de l'homme pour interpréter leur loi comme ils veulent.
Mais que leur offre le législatif aussi.
Oui, mais surtout que les juges prennent n'importe quel texte pour appliquer telle loi, ne pas appliquer telle loi, etc. Et trois, et c'est directement dans notre sujet, les procureurs sont de facto indépendants. Ils font ce qu'ils veulent depuis la fameuse loi de 2013, qui interdit aux ministres de la Justice de leur envoyer des instructions individuelles. En vérité, vous savez, on a beaucoup demandé la démission de M. Darmanin.
Est-ce que vous la demandez, vous ?
Mais moi, je ne la demande pas, parce que c'est inutile, il n'aurait pas dû être nommé.
Parce que ça ne changerait rien. Ah, il n'aurait pas eu une autre chose.
Non, mais je veux dire, aucun de ses prédécesseurs depuis 2013. Il faut fermer la place Vendôme si on garde cette loi. Ils ne servent à rien. D'ailleurs, décidément, je n'ai pas de chance. Excusez-moi.
Non, mais c'est vrai qu'il y a beaucoup de politiques qui ont demandé la démission de Gérald Darmanin. Vous nous dites que, un, ça ne changerait rien, et que, deux, c'est tout le système qu'il faut réformer.
Exactement. Il faut, si vous voulez, rétablir, un, la hiérarchie des procureurs. Vous voyez, j'allais dire préfets, parce qu'avant, ils étaient comme des préfets. Aujourd'hui, ils sont complètement autonomes.
Est-ce qu'il faut les élire ? Il y en a qui proposent l'élection des procureurs.
Vous savez que c'était le système aux États-Unis. Ça a été le système de la Révolution française, et puis on a vite abandonné. En vérité, il faut choisir. Soit ils sont responsables, on va en parler, et ce n'est pas la peine de les élire, puisqu'ils sont... Soit ils ne sont pas responsables, et dans ce cas-là, il faut les élire, parce qu'ils n'ont aucune légitimité. En vérité, il faudrait absolument supprimer la loi de 2013, et autoriser de nouveau le ministre à donner des instructions au préfet. Oh, décidément, là-dessus, c'est intéressant. Bon procureur.
Mais surtout, il faut impérativement organiser les sanctions des juges, supprimer tout syndicalisme politique, et permettre, par exemple, au Conseil supérieur de la magistrature, qui doit les sanctionner, mais qui ne les sanctionne quasiment jamais... Une seule sanction, c'est des dernières années, sur ces signes d'un concitoyen. Exactement, d'être ouvert à d'autres que des magistrats, pour qu'ils ne soient au moins protégés. Et dans le cas de l'IANA, dans le cas de ces horribles crimes pédophiles, il faut d'abord une sanction hyper sévère, je ne suis pas contre la castration chimique.
D'accord. La peine de mort, vous êtes pas à la réouverture du débat sur la peine de mort ?
Vous savez, le problème de la peine de mort, c'est que j'en ai déjà parlé. Moi, philosophiquement, j'étais contre l'abolition de la peine de mort. Maintenant, ça a été mis dans la Constitution, etc. Ça demande un tel travail... Ça ne sert plus à rien. Donc, ce n'est pas que ça ne sert plus à rien, c'est que ça demande... On reparlera, mais avant tout, je veux dire, il faut ouvrir les fichiers, vous savez, sur la méthode américaine. C'est-à-dire que tout le monde puisse consulter les fichiers des gens qui sont incriminés. Exactement.
D'accord. Est-ce qu'il faut justement aller plus loin ? Est-ce qu'il faut peut-être modifier tout le système judiciaire ? Qu'est-ce que vous proposez ? Plus d'argent, plus de moyens ? Est-ce qu'il y a une solution ? Parce que la colère des Français, elle est énorme, Eric Zemmour.
Qui se dit, nous ne sommes plus protégés par notre pays et par notre justice. De toute façon, vous avez raison, c'est même un problème global depuis des années. Et c'est l'un des conséquences de ce que j'exprime dans le livre et dans le documentaire. C'est que le fait qu'on ait érigé l'individu et la liberté individuelle en quelque chose de sacré a fait que l'État s'est complètement désarmé et ne protège plus les Français. J'ai coutume de dire que le peuple français est sans doute le peuple le plus obsien du monde. Vous savez, obs, c'était ce grand philosophe du XVIIe siècle qui avait dit qu'est-ce que c'est que la société ?
C'est que les gens renoncent à leur droit de se défendre, mais en échange, l'État les protège. Si l'État ne les protège plus, les gens vont se remettre à se défendre eux-mêmes. C'est le risque. Évidemment. Et vous avez vu ce père de famille qui a dit à Darmanin, moi, si on touche à ma fille, le type, je le tue. Je comprends très bien cette réaction. On est tous parents et on sait très bien que si on touche à une de nos filles, on deviendrait fou. Donc je crois qu'il y a un vrai problème gravissime. C'est que je vous dis, l'État doit se réorganiser, doit réorganiser la justice pour ne plus laisser les juges en liberté.
Il faut absolument, ils sont indépendants certes, mais dans le cadre de la loi, on l'a oublié aujourd'hui, ils sont quasiment autonomes. Donc ce n'est pas normal.
Bon, alors on parle des juges, on parle de la justice, on parle aussi de la pédocriminalité. Gérald Darmanin a demandé que 70 000 plaintes soient examinées. On a déjà 1243 gardes à vue depuis qu'il l'a demandé, 134 placements en détention provisoire. C'est un continent caché que nous ne voulons pas voir et qui vient d'où, de mai 68, de cette idéologie permissive qui s'est installée à l'époque. Éric Zemmour, vous l'abordez dans le juge français.
Vous savez, soyons le plus honnêtes possible. Le mal, M-A-L, est partout, de tous les temps, de toutes les époques, de tous les peuples, c'est l'espèce humaine. Jadis, dans les religions, on disait, il y a le diable, etc. Donc il faut en tenir compte. Mais c'est pour ça qu'il faut avoir, évidemment, une répression féroce. Ça, c'est un. Évidemment, vous avez raison, l'idéologie post-68 art des années 70, qui a dit, en gros, il est interdit d'interdire, a favorisé ce genre de folie et de crime et d'horreur, etc.
On se souvient tous de cette fameuse tribune dans Libération qui prônait les rapports sexuels avec les enfants et signé par des plumes prestigieuses, comme Pond Bandit, Jacques Lang, Jean-Paul Sartre, etc. Vous voyez, la finifleur de la gauche. Ils ont beau dire que c'était une autre époque, oui, c'était une autre époque, mais elle a des conséquences. Mais ce qui est intéressant avec votre question, c'est que ces gens-là qui sont servis de la liberté pour abattre l'autorité et pour détruire une partie de ce qui faisait le charme de la France, aujourd'hui, eux et leurs émules sont devenus les plus féroces répresseurs.
Aujourd'hui, ils utilisent l'autorité pour interdire toute critique de leur monde et du monde qu'ils ont érigé et qui est sorti de leur idéologie.
Donc en restreignant la liberté d'expression ?
Exactement, en restreignant la liberté d'expression. Moi, je passe, je ne sais pas combien d'heures dans le bureau du juge. J'imagine que j'ai passé plus d'heures dans le bureau des juges et des policiers que ce criminel qui a tué la petite Liana. Je veux dire, vous voyez, quand vous avez vu...
Il n'avait jamais été entendu par la justice avant qu'il ne l'ait.
Exactement. Quand vous avez vu ce pauvre Eric Tegner qui a été condamné sur la forme de la loi Patti. Samuel Patti. Samuel Patti. Vous voyez qu'en fait, même avec des bonnes intentions, toute loi répressible de la liberté d'expression devient une machine à limiter et à éradiquer la liberté de pensée et d'expression. Donc ça, le grand paradoxe, c'est qu'aujourd'hui, les libertaires d'avant deviennent les pires contempteurs de la liberté et que les défenseurs de la tradition, de l'ordre, deviennent au contraire les défenseurs de la liberté. Moi, je suis pour la liberté individuelle d'expression sur les réseaux, en histoire...
Dans le cadre de la loi, évidemment, de ce qui est perdu par la loi.
Ah mais dans le cadre de la loi, mais il faut... Parce que cette expression-là, cher Laurence Ferraille, vous avez raison, dans le cadre de la loi. Mais quand les lois passent leur temps à restreindre la liberté d'opinion, il y a un moment où il faut abolir ces lois. Vous voyez, c'est ça l'objet.
Bien sûr. Vous dites dans le suicide français aussi, vous revenez encore sur l'état de notre société, vous dites que le péché originel pour vous, c'est le progressisme, et c'est trois cavaliers de l'apocalypse, si on peut les nommer ainsi, déconstruction, dérision, destruction. C'est ça, en fait, qui a tissé les 40 dernières années pour vous, Éric Zemmour.
Oui, alors c'est ça que j'explique.
Et dans le documentaire aussi.
Et dans le documentaire, on le voit encore plus avec plus de force encore, parce qu'il y a les images qui, évidemment, impressionnent beaucoup plus encore. Mais oui, déconstruction, dérision, destruction. Déconstruction, c'est un phénomène intellectuel. C'est ce que les Américains appellent la French Theory, je leur en ai parlé là-bas, et qui nous ont renvoyé sous forme de wokeisme. Ça veut dire, rien n'est naturel, ni le sexe, ni la nation, ni la famille, rien n'est naturel, tout doit être déconstruit. Après, dérision, on doit se moquer de tout.
Ce qui, au départ, était plutôt joyeux et drôle, je raconte, Coluche, etc., mais qui, vous voyez bien, aujourd'hui, non seulement a détruit toute légitimité, mais en plus, aujourd'hui, c'est interdit de se moquer des vaches sacrées de l'idéologie dominante. Aujourd'hui, on peut vous envoyer devant les juges pour une blague qui ne plaît pas. Vous voyez, c'est toujours la même chose. Les anciens libertaires sont devenus les premiers répressifs. Et puis enfin, destruction, parce que ce travail de sape a détruit, comme je vous l'ai dit, toutes les structures traditionnelles du pays.
La famille, la nation, l'État, l'école, vous voyez, toutes ces structures qu'on croyait éternelles et qui se sont écroulées et qu'il faut, d'ailleurs, aujourd'hui, reconstruire. C'est tout l'enjeu, aujourd'hui, d'un débat politique. C'est que vous êtes vite traité de réactionnaire alors que, simplement, vous voulez reconstruire des structures qui étaient essentielles à la vie de la nation.
Mais le constat que vous posez est très pessimiste. On le connaît, mais est-ce qu'il y a des solutions ? Est-ce qu'il y a un sursaut possible ? Est-ce que vous êtes prêts à vous porter ce projet-là à la présidentielle de demain ?
Alors, vous savez, il y a une grande évolution. Il y a 12 ans, quand j'ai sorti ce livre, on me disait tout ça est exagéré, tout ça est excessif, tout ça, vraiment, ça n'arrivera jamais. Et puis, aujourd'hui, on me dit, bon, vous avez eu raison, mais il n'y a plus rien à faire, tout est foutu. Alors, il y a 12 ans, je me battais contre le déni et aujourd'hui, c'est à front renversé, je me bats contre le fatalisme. Vous savez, le général de Gaulle disait c'est une sottise et un péché contre l'esprit. Donc, ne soyons pas sots et ne péchons pas contre l'esprit, il y a toujours des solutions. La France, en vérité, s'est toujours retrouvée dos au mur, c'est là qu'elle est grande.
Donc, effectivement, notre situation est très grave. J'ai expliqué toutes les conséquences de cette destruction avec une immigration qui est devenue invasion, avec des juges, on en a parlé, qui ont pris le pouvoir, avec une école qui s'est effondrée, avec des Français qui se sont appauvris, qui se sont appauvris à cause de la désindustrialisation.
Une carte sur les salaires entre les hôtels d'Exte. Exactement.
Donc, si vous voulez, oui, il faut absolument, il y a des solutions et il faut les trouver. Moi, ma méthode, vous avez compris, chez moi, une candidature à la présidentielle ne se commence pas par une annonce. Moi, je commence par un diagnostic. J'essaye de poser...
Mais ça se termine souvent par une annonce.
Non, mais pas souvent, une fois. Mais, mais, plaisanterie mise à part, je pense qu'il faut le bon diagnostic pour avoir le bon médecin et pour avoir les bons traitements. J'essaye d'être logique et de ne pas me contenter de mettre en forme certains slogans.
Mais est-ce que vous n'êtes pas un peu seul ? Est-ce que vous ne devriez pas, encore une fois, vous élargir à tous ceux qui sont candidats à droite ? Je pense à Bruno Rotaillot. Je pense à tous ceux qui portent. À peu près, à peu près. On ne va pas vous comparer. Non, non, non. Vous savez, d'abord, d'abord...
D'abord, tout le monde a le droit de se présenter à la présidentielle.
D'abord, les financements.
Bien sûr, et puis d'avoir des parrainages. Vous les avez déjà ? Et puis d'avoir la santé. Vous les avez ? On n'en est pas encore là. On n'en est pas encore là. Je travaille, j'y travaille depuis des mois. Mais on n'en est pas encore là. Non, mais si vous voulez, oui, il y a des grands blocs politiques. Tout le monde l'a compris maintenant. Il y a le bloc de gauche, le bloc central, et puis le bloc de droite. Mais, donc, il y a des gens qui sont proches dans le même bloc. Il n'empêche qu'il y a des énormes différences. Vous parliez de M. Retailleau. J'ai regardé son meeting et j'ai écouté surtout... Si vous voulez, je ne vois pas trop de différence avec M. Edouard Philippe.
D'ailleurs, c'est normal. Entre celui qui veut mettre la France à l'endroit et celui qui veut mettre la France en l'ordre, je ne vois pas trop de différence. Ils ont été tous les deux des ministres de M. Macron. M. Retailleau fait tout pour le faire oublier. Il a quand même été un sénateur LR et un ministre de Macron. Il n'était pas, comme il le prétend, un membre d'un gouvernement de cohabitation. Il était avec des premiers ministres qui étaient des amis et des alliés de M. Macron.
Mais il a tenté sur l'immigration notamment quelque chose qui n'a pas été soutenu.
Il a tenté peut-être, mais il n'a pas réussi. Non. Il n'a absolument... Parce qu'il n'est pas président. Vous savez, sous son... Quand il était place Beauvau, on a atteint le record des entrées légales d'étrangers. 380 000 entrées. Et on n'a jamais vu ça dans l'histoire de France. C'est colossal. Et dans son meeting, un point, parce que vous parlez d'immigration, il dit à un moment, ça m'a beaucoup surpris et ça va répondre à votre question initiale. Il dit, moi, je ne suis pas pour l'immigration zéro. Je suis, en gros, je résume sa pensée, mais je pense que je ne la dénature pas. Je suis pour l'immigration choisie. Pour l'immigration de travail, ce qu'on appelle.
Il dit l'immigration qu'on choisit. Vous savez, l'immigration choisie, on a connu. C'était le grand mantra de Nicolas Sarkozy qui a conduit à un doublement des entrées légales. C'est une catastrophe, l'immigration choisie. Parce qu'après, il y a l'immigration familiale. Donc moi, je dis, à la grande différence de M. Rotaillou, je suis non seulement pour l'immigration zéro, mais pour l'immigration négative. Parce que je pense que nous devons entamer une remigration. Parce que nous n'avons pas besoin de main-d'oeuvre. Parce que dans les secteurs en tension, nous n'avons pas besoin de main-d'oeuvre migrée.
D'abord, chère Laurence Ferrari, sur les 500 000, 380 000 et les 150 000 droits d'asile que nous recevons de gré ou de force par an, il y a, vous savez, combien d'immigration de travail pour travailler ? 50 000. Donc 10%. Deuxièmement, il y a quelques secteurs, vous avez raison. Donc c'est en la garde de ces migrations-là ? Attendez, la restauration, le bâtiment, les emplois de services aux personnes. Tout ça existe. Je ne le nie pas. L'agriculture même. Je ne le nie pas. Je dis que dans un premier temps, on peut la garder. Je pense qu'ensuite, il faudra la supprimer. D'une part, parce que nous avons des millions de gens qui sont au chômage.
Nous devons donc, eux, les contraindre à travailler. Et dans un avenir moyen, il faudra permettre que l'assistanat soit réduit et que le travail paye plus pour inciter les gens qui se complaisent dans un certain assistanat à travailler. C'est ce que dit Bruno Retailleau. Et troisièmement, je pense que la robotique va régler beaucoup de nos problèmes. Je pense que les robots se substitueront aux immigrés. D'ailleurs, c'est déjà ce qui se passe au Japon où il n'y a quasiment pas d'immigration. Ce sera le problème de la dénatalité sur les robots. Non, ça c'est un autre sujet. La dénatalité, vous savez, la dénatalité, d'abord, c'est un problème mondial à part l'Afrique.
Tous les continents, tous les pays vivent une baisse de la natalité, sauf l'Afrique. C'est bien tout le problème puisque c'est l'Afrique qui se déverse sur l'Europe. Mais vous voyez, aujourd'hui, nous avons une évolution formidable en Europe. Vous avez remarqué qu'au Parlement européen, il y a eu un vote très important, d'abord parce qu'il s'est fait par un grand rassemblement des droites, que vous voyez que c'est possible, que j'appelle de mes voeux depuis 20 ans. Donc ça, c'est un.
Mais vous refusez-vous en tendant ni la main à Marine Le Pen ni la main à Baudretaillot ?
Mais moi, je n'ai pas à tendre la main. Personne ne tend la main à personne. Il faut se rassembler après pour les législatives. Pour la présidentielle, ça ne sert à rien, Charles-Laurence Ferrari. Celui qui est en tête ira au second tour. Moi, j'ai fait mon devoir. Vous savez, Marine Le Pen, après le second tour de la présidentielle, a dit qu'elle refusait l'alliance avec Reconquête parce que nous étions favorables à la retraite à 65 ans. Elle, elle est favorable à la retraite à 60 ans. Vous voyez qu'on a des désaccords majeurs. Il ne faut pas cacher ces désaccords.
Donc revenons à notre Parlement européen. Parce qu'Emmanuel Macron a dit, après cette directive retour soutenue par François-Xavier Benhamy et Bruno Retailleau, ce n'est pas notre Europe. Ce n'est pas notre Europe.
Alors, c'est très intéressant cette réaction d'Emmanuel Macron. D'abord, expliquons que ce vote sur la directive retour a été voté par toutes les droites, dont en partie Sarah Knafo, qui était au Parlement européen et qui est membre du groupe ENS avec l'AFD allemande. Il faut quand même signaler que c'est parce que l'AFD allemande a beaucoup de succès que la démocratie chrétienne allemande a lâché ses alliés centristes et socialistes pour se rallier à la droite. C'est ça le détonateur. Ce n'est pas négligeable. Donc, nous avons voté cette directive retour.
Et dans cette directive, je vous trouve, le point le plus important, c'est l'autorisation d'organiser ce qu'ils appellent des hubs dans d'autres pays, dans n'importe quel pays qu'on paierait pour recevoir... Qui ne fonctionnent pas à la Rwanda. Attendez, attendez. Ça ne fonctionne pas. C'est pas que ça ne fonctionne pas. Au Rwanda, ça ne fonctionne pas. Non, vous avez raison. Attendez. Ce n'est pas exactement ça. Les Anglais et les Italiens ont voulu le faire. Et à chaque fois, les juges anglais et italiens l'ont interdit.
En Albanie, il y a eu des centres proposés par les Italiens, ça n'a pas très peu de gens dedans.
Attendez, attendez. Oui, oui, d'accord. Mais rien ne nous empêche de les mettre. Et deuxièmement, mais là où c'est... D'abord, donc c'est fondamental. Ce qui était quasi criminalisé il y a quelques années est devenu légal. Vous voyez, l'évolution des pays européens parce que les peuples européens n'en peuvent plus. La réaction de Macron, je finis là-dessus, c'est la plus intéressante. Qu'est-ce qu'il nous dit ? On croyait qu'il était européiste. On croyait que c'était même le seul point fort de ses convictions. On s'aperçoit que pas du tout. En fait, les seuls points forts de ses convictions, c'est l'immigrationnisme.
Et que quand l'Europe renonce à l'immigrationnisme parce que les peuples européens n'en peuvent plus de l'invasion migratoire, et bien là, il redevient presque souverainiste. Ça serait comique si ce n'était pas tragique. Donc Emmanuel Macron est vraiment, ce que j'avais toujours dit, l'allié de Jean-Luc Mélenchon. Il prépare la nouvelle France de Jean-Luc Mélenchon, la France islamisée en vérité. Et là, on voit vraiment le point noir et le point sombre de la pensée d'Emmanuel Macron. Il dit ce n'est pas notre Europe. Alors quand l'Europe veut rester européenne, il ne l'aime pas. Lui, il aime l'Europe quand elle est africanisée et islamisée. On n'a pas la même conception de l'Europe.
Merci. Éric Zemmour, le sujet de français, nouvelle édition aux éditions Fayard et le documentaire sur Planète Plus à partir du 23 janvier. Merci à vous. Bonne journée sur CNews et sur Europe 1.
Éric Zemmour