Nicolas Dupont-Aignan : "La délinquance est extrêmement élevée, Éric Dupond-Moretti est aveugle"
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Nous recevons ce matin dans le grand entretien le député de l'Essonne, président de Debout la France. Question réaction au standard d'Inter 0145 24 7000, passé autrement par les réseaux sociaux et notre application mobile. Nicolas Dupont-Aignan, bonjour. Bonjour. Bonjour. Merci d'être à notre micro ce matin. On va parler dans quelques instants de la crise sanitaire, du débat tendu autour de la justice et de la police, et évidemment des élections régionales.
Mais d'abord quelques mots sur la Biélorussie dont parlait Pierre Haski à l'instant, qui a forcé, je le rappelle, sur ordre du président Alexandre Loukachenko, un avion européen de la compagnie Ryanair à atterrir à Minsk afin d'y interpeller un opposant qui se trouvait à bord. C'est un acte de piraterie, a déclaré le secrétaire d'Etat aux affaires européennes, Clément Beaune. Les dirigeants de l'Union européenne ont décidé hier soir de fermer leur espace aérien à la Biélorussie et le principe de nouvelles sanctions économiques. La réponse, selon vous, Nicolas Dupont-Aignan, est-elle à la hauteur ou faut-il durcir encore plus le ton ?
Il faut durcir au maximum. C'est intolérable, mais intolérable ce qui s'est passé. Donc il y a un moment, il faut que les pays européens disent stop.
Ils ne l'ont pas dit hier soir ?
Si, un premier pas, mais la fermeture de l'espace aérien ne va pas changer grand-chose pour la Biélorussie. Il faut aller sans doute au-delà. Je ne connais pas l'ampleur, aujourd'hui, ce matin, des échanges entre les différents pays et la Biélorussie, mais je suis convaincu qu'il y a des mesures économiques à prendre d'urgence. Car si l'Europe ne se fait pas respecter face à un acte aussi intolérable, eh bien, c'en est fini de nos valeurs, tout simplement.
Il en est, c'est comme dit Pierre Aski, il faut montrer la puissance européenne.
L'Europe ne doit pas montrer son impuissance. Je veux dire par là qu'il vaut mieux que chaque pays fasse la même chose. Mais il y a un moment, la France, l'Allemagne, les grands pays européens doivent dire stop.
C'est tout. Nicolas Dupont-Aignan, il était aussi question du plan de relance européenne hier soir au Conseil européen. Joe Biden, de son côté, vous le savez, a lancé aux Etats-Unis deux plans de relance, relance économique et plan d'investissement. Il a mis sur la table plusieurs milliers de milliards de dollars. Emmanuel Macron demande à l'Union européenne d'adopter un deuxième plan de relance après le premier à 750 milliards d'euros. Est-ce qu'il faut que l'Union européenne soit plus audacieuse, qu'elle fasse de la relance à tout prix pour éviter une crise économique et sociale à la sortie de la pandémie ? Est-ce qu'il faut un deuxième plan de relance ?
Il faut bien évidemment, mais d'abord il faut que le premier plan de relance soit mis en oeuvre, ce qui n'est toujours pas le cas. Cela prouve bien que ce n'est pas par l'Union européenne que ça passera, c'est par chaque pays coordonné, bien sûr, il ne s'agit pas de faire n'importe quoi, mais des plans de relance nationaux, rapides, coordonnés, alimentés par la Banque Centrale Européenne, à hauteur au moins du double, c'est-à-dire de 2 000 milliards de dollars aux 2 000 milliards d'euros, il y a une différence bien sûr, mais à la marge, parce que le plan de relance de 750 n'est toujours pas en application.
Une usine à gaz a été montée, qui ne marche pas, qu'il y ait de la redistribution entre pays européens, c'est bienvenu, parce qu'il fallait aider les pays qui avaient souffert le plus, mais on voit bien que le système ne fonctionne pas. Donc, il ne s'agit pas simplement d'en demander à un autre pour faire bien, parce qu'il n'aura pas satisfaction, puisqu'aujourd'hui, vous le savez, l'Allemagne est hostile. Il faut plutôt que la France accélère son plan de relance, le double, pour investir, rattraper le retard, et financer par la Banque Centrale Européenne, ce que ne veut pas l'Allemagne.
L'Europe sert à quelque chose, quand même.
Si l'Allemagne le voulait, et si on mettait en place un vrai rapport de force, car vous savez, par exemple, la proposition que je fais, pour nos PME, qui sont en train d'affronter un mur de dette, vous savez qu'il y a eu le PGE, qui était une bonne formule, le plan de pré-garantie d'Etat pour un an, deux ans, mais toutes nos PME sont face à un mur de dette, elles ne pourront pas rembourser. Je propose d'étendre ce plan sur 25 ans, de le lisser, ce qu'ont fait les Américains. C'est refusé au niveau de Bruxelles.
Alors, plutôt que de réclamer un deuxième plan, je pense que le Président de la République aurait dû taper du poing sur la table et dire que la France allait prolonger sur 25 ans pour soulager nos entreprises. C'est un point fondamental, si on veut éviter un million de chômeurs l'année prochaine.
Continuons, Nicolas Dupont-Aignan, sur le sanitaire. Le déconfinement se poursuit après les terrasses, les lieux culturels, les magasins, ce sont bientôt les restaurants en intérieur, les salles de sport qui vont pouvoir retrouver leur public. Un mot du rapport du professeur Pité, qui avait été chargé par l'Elysée d'évaluer la manière dont l'exécutif a piloté la crise, le professeur Pité conclut qu'il y a eu beaucoup d'erreurs commises en début de pandémie, mais que l'exécutif s'est ensuite rattrapé en étant plus réactif, plus efficace. Est-ce que vous partagez ce jugement ? Il est nuancé, qui montre une évolution positive tout de même sur un an.
La France a-t-elle plutôt bien agi, pour le dire simplement ?
Franchement, je ne le pense pas. Heureusement qu'on a quand même tiré les leçons de certains fiascos. Je pense qu'il y a eu un vrai progrès sur les tests. Je pense qu'il y a eu, on pourrait dire, une accélération sur certains points, mais honnêtement, quand je vois, je discutais chez un de vos concurrents avec le chef de service de réanimation de l'Arriboisière, qui m'expliquait que dans toute la rénovation des hôpitaux du nord de Paris, on va encore réduire de 20% les lits de réanimation. C'est-à-dire que ce que je ne comprends pas chez le gouvernement, c'est qu'il n'anticipe jamais et qu'il ne tire pas les leçons.
Donc je pense que sur les lits de réanimation, il faut absolument les augmenter.
Là, ils les ont augmentés. Non. L'été dernier, ils les ont augmentés.
Pas les lits pérennes structurels. Ils ont utilisé les lits de soins intensifs pour les basculer en réanimation, mais il n'y a pas de volonté de réaugmenter structurellement les lits de réanimation. Et pire, tous les projets hospitaliers, Beaujons, Bichat, Larriboisière, et je pourrais vous citer dans toute la France, c'est encore une réduction du nombre de lits. C'est une folie. Par ailleurs, j'aimerais qu'on accélère sur le séquençage, j'aimerais qu'on accélère sur les purificateurs d'air dans les écoles. En un mot, il y a quantité de points, et c'est ça qui est incompréhensible, et qui pose un vrai problème pour l'avenir, parce que ce sera peut-être quels que soient les gouvernements.
D'inadaptation de l'administration de la santé et des ARS, qu'à mon avis, il faudrait dissoudre. Revenir à des structures départementales qui marchent, pour de la réactivité.
Ce que note d'ailleurs le rapport du professeur Pité, c'est qu'il y a eu une vraie réactivité dans un deuxième temps, et que justement, les agences régionales, au niveau territorial, ça a été extrêmement...
Ça a été moins pire peut-être, parce qu'il ne faut pas accabler les choses. C'est une crise difficile, mais franchement, je vous assure, que toujours du retard sur les soins, toujours du retard sur les soins précoces, nous sommes à la traîne sur ce point. Enfin, franchement, on est très loin du compte.
L'Institut Pasteur dit hier qu'avec la vaccination qui accélère, il n'y aura pas de quatrième vague cet été. Est-ce que vous encouragez ce matin les Français à se faire vacciner encore et encore, pour passer un bel été et peut-être un bel automne, Nicolas Dupont ?
Je ne suis pas médecin et prescripteur. Je pense que la vaccination peut être utile pour les personnes d'un certain âge et en comorbidité, car il semble que les effets soient positifs en termes de restriction des formes graves.
Je pense en revanche, et je l'ai toujours pensé, que le tout vaccin dans une phase expérimentale, je le rappelle, nous sommes sous autorisation conditionnelle jusqu'à fin 2022, sans le recul nécessaire, notamment pour les personnes qui ne souffrent pas de morbidité, et je pense aux jeunes, et prématurés, et je pense qu'il faut marcher sur deux jambes, les vaccins pour ceux qui veulent réduire les formes très graves, et qui ont un risque, et les soins précoces qui n'ont pas été développés dans notre pays, à mon grand regret.
Vous n'êtes toujours pas vacciné ?
Ça ne vous regarde pas, j'en ai assez de ces questions intrusives, le secret médical existe, et entre nous, le fait que je sois vacciné ou pas, n'a aucune importance pour les Français.
Vous êtes un responsable politique, c'est d'une manière... Parce que, votre discours sur les vaccins est un peu paradoxal, c'est-à-dire que vous dites quoi ? Vous dites uniquement, il faudrait que se fassent vacciner uniquement les personnes âgées, ou les personnes atteintes de comorbidité, point ?
Je persiste et je signe.
Et comment on va atteindre l'immunité collective, de la Dupont-Aignan ?
Je persiste et je signe, j'ai été caricaturé sur les vaccins, j'ai repris toutes mes déclarations, j'ai toujours dit la même chose, c'est un bénéfice-risque. Je dis exactement ce que dit Axel Kahn, il y a un bénéfice, il y a un risque. Quand le bénéfice est important, parce qu'il y a un risque de mortel...
Axel Kahn, il dit, pardonnez-moi, il s'est fait vacciner, il s'est fait vacciner, il l'a même popularisé.
Je l'ai écouté moi-même, je l'ai vu sur la 5, il a dit tout récemment que, par exemple, pour les jeunes, le bénéfice était quasiment nul et le risque était quand même existant, et pour le vaccin AstraZeneca. Et il a dit, je ne vois pas l'intérêt. Donc, est-ce qu'on peut, sur le vaccin, avoir une position de bon sens, et arrêter le tout vaccinal, qui me paraît excessif ? En revanche, je n'ai pas de religion, de refus, je veux qu'on ait du recul, et je veux surtout qu'on marche sur deux jambes. Le professeur Schwartz, en Israël, qui est un pays qui a beaucoup vacciné, a dit, brodit, qui est un grand professeur, il a dit, il y a le vaccin, mais il faut aussi les soins précoces.
Je pense à l'ivermectine, qui marche très bien dans beaucoup de pays, et je le maintiens, il faut les deux. On est toujours dans l'exclusion d'une solution. Est-ce qu'on peut être rudent ?
On est allé voir l'ivermectine, parce que vous en parlez à toutes les interviews.
L'antiparasitaire, l'ivermectine, la revue Prescrire, dit qu'il n'y a pas de preuves solides d'efficacité. L'Inserm dit que les études préliminaires sur la molécule sont insuffisantes. La Société Française de Pharmacologie et Thérapeutique affirme qu'aucune donnée ne permet de recommander l'utilisation de ce médicament. L'OMS affirme que les preuves actuelles ne sont pas concluantes. L'Agence Nationale de Sécurité du Médicament et des Produits de Santé dit la même chose. Ils se trompent tous, sauf vous, Nicolas Dupont-Aignan.
Non, moi je ne suis pas médecin, je vous renvoie, je révois nos auditeurs. Eux le sont, médecin. Eux le sont, et ils se sont trompés souvent. Au site ivmmeta.com 56 études, 53 ont été positives, 17 randomisées en double aveugle. 17 randomisées en double aveugle.
Elles ne sont pas suffisantes, disent les spécialistes.
Écoutez, les Français jugeront, la ville de Mexico, la Slovaquie, la République Tchèque ont utilisé l'Ivermectine. Pas comme médicament miracle, je ne l'ai jamais dit. Je dis deux jambes, vaccin, soins précoces. Mais c'est toujours mieux que le Doliprane, qu'on donne encore, malheureusement, dans notre pays.
Vous êtes, ce n'est pas bien le Doliprane ?
Non, je dis que de laisser les Français...
On va vous dire qu'on donne malheureusement le Doliprane dans notre pays ?
Je dis que quand on a une crise de Covid, dire aux gens, rentrez chez vous avec du Doliprane, n'a jamais été la bonne solution. Il y a un médecin traitant, et heureusement, les médecins traitants commencent à être mieux associés.
Nicolas Dupont-Aignan, vous êtes contre le pass sanitaire.
Oui.
Vous dites qu'il conduit à un fichage numérique de la société, ce que dément ce matin, une fois encore, le secrétaire d'État au numérique, Cédric O, dans Le Parisien. Est-ce que vous êtes rassuré quand il dit que ce sera anonymisé, que les données ne sont gardées que quelques jours, qu'il n'y a pas de fichage ?
Deux choses. Je ne suis pas du tout rassuré, pour une raison très simple. Et je voudrais que les auditeurs qui m'écoutent soient très attentifs. Le pass sanitaire, c'est la fin de la liberté de circulation, et c'est la discrimination en fonction de son état de santé, du fait qu'on est vacciné ou pas. C'est ça la logique. Alors au début, on vous dit, non, non, c'est que pour que quels grands événements. Mais dans la loi, et on a débattu, et je renvoie nos auditeurs sur la séance parlementaire d'un lundi soir, trois heures durant.
Non, je n'étais pas le seul qui était opposé.
Des rangs socialistes, des rangs communistes, des rangs centristes.
Ça a été débattu.
Très forte opposition. Pourquoi ? Parce que dans la loi, rien n'est précisé. On ne précise pas la jauge des milles. Et donc c'est la porte ouverte à un système à la chinoise, je vous le dis, où en fonction de votre téléphone portable, même si aujourd'hui il y a encore une version papier, on vous tracera. Je ne veux pas de cette société. Je dis aux Français, danger, la CNIL italienne a refusé ce système. Les Pays-Bas y sont hostiles, pour une certaine mesure. On peut faire peur aux gens.
Je ne fais pas peur aux gens. Je vous pose la question, comment on fait pour un concert de 1000 personnes ? Parce que pour l'instant, le... Test PCR antigénique à l'entrée, c'est très simple. Mais c'est le cas, c'est le cas. Si moi je ne suis pas vaccinée, que je vais aller à un concert demain, je montre mon test PCR négatif et je rentre.
En quoi je suis fiché à vie ? Mais on incite les Français à mettre en place une application qui sera un engrenage terrible. Et je dis que pour circuler à l'intérieur de notre pays, je souhaite qu'on conserve l'anonymat, je souhaite que notre société ne dérape pas. On vous dit ça, je ne le crois pas un instant, parce que le système qui est mis en place permettra de discriminer. Mais la version papier ne vous rassure pas, Nicolas Dupont-Aignan ? Non, parce que la version papier, c'est pour nous faire avaler ce système.
Et je vous le dis, si tant de personnalités très différentes, des libéraux, des socialistes, des communistes, des centristes, ils sont fondamentalement hostiles, ce n'est pas par hasard. Arrêtons cette folie humaine, cette instrumentalisation de la peur.
Donc on fait quoi ? Luttons contre l'épidémie ?
On ne fait rien ? Mais il y a des gestes barrières.
On autorise les concerts de 1000 personnes sans donner...
Mais bien évidemment, mais on vous autorise. Alors il n'y a pas de passe sanitaire pour rentrer dans le RER bondé, et on va mettre un passe sanitaire pour aller à un match de foot en plein air. Donc vous dites surtout pas de sanitaire. Arrêtons ce cirque.
Pour les frontières, en revanche, vous êtes pour ou contre ?
Pour les frontières, je vais vous dire...
On laisse rentrer tout le monde ou on demande un passe sanitaire ?
Le test est beaucoup plus utile. Et je vais vous dire pourquoi aussi le passe sanitaire est très compliqué. Parce que si on veut que le passe sanitaire soit efficace, il faudra que le vaccin, on sache exactement la durée de validité. On n'en sait rien aujourd'hui. 3 mois, 6 mois, 9 mois, 1 an. Il faudra qu'on sache quel est le variant. Il faudra qu'on sache la sérologie des gens qui ont eu déjà le Covid. Ce qu'il veut dire, que vous voyez bien l'engrenage, c'est-à-dire que soit le passe sanitaire est inefficace et une fausse bonne solution, soit il devient efficace, mais il exige une surveillance de l'état médical des Français, permanente.
Et d'ailleurs, le gouvernement en est incapable, parce que, heureusement, notre pays n'est pas capable de mettre ça en place.
Venons-en au dossier police-justice, Nicolas Dupont-Aignan. Vous dites que le problème de la police, c'est la justice. Éric Dupont-Moretti, ministre de la Justice, vous répond. La justice sans la police, c'est l'impuissance, mais la police sans la justice, c'est le totalitarisme. Pourquoi opposez-vous ainsi police et justice, alors que ces deux institutions sont deux piliers de la démocratie ?
Je ne les oppose pas du tout, au contraire. Le problème de la police, c'est la justice. Je ne veux pas qu'on supprime la justice, comme le fait croire M. Dupont-Moretti. Je veux que dans la chaîne pénale, la chaîne pénale, ce sont des maillons. Si un maillon lâche, la chaîne pénale ne fonctionne plus. Or, qu'est-ce que je constate ? C'est qu'en France, vous avez 3 780 000 délits en 2019, j'ai repris les chiffres hier, 550 000 condamnations seulement, et ensuite 130 000 seulement peines de prison prononcées, et sur ces 130 000, 50% sont sous forme de peines alternatives.
Ce qui veut dire qu'en vérité, la peine, la dissuasion de la peine n'existe plus dans notre pays, et cela explique en grande partie l'impuissance de la chaîne pénale, le fait que nos policiers arrêtent 10 fois, 20 fois, 30 fois dans nos banlieues, je suis élu de banlieue, je sais de quoi je parle, les mêmes délinquants, et que nos compatriotes n'en peuvent plus tout simplement de cet état de jungle.
Vous donnez des chiffres, on va vous en donner d'autres. Le taux d'incarcération en France est passé de 103,5 personnes détenues pour 100 000 habitants en 2010 à 105,3% à 105,3% en 2020. En 2019, vous le dites, il y a eu 132 000 peines d'emprisonnement ferme qui ont été prononcées contre 120 000 en 2015. Ou, voyez-vous, le laxisme, quand même une étude du Conseil de l'Europe dit que le taux global d'incarcération baisse en Europe, mais pas en France ?
Mais le taux global d'incarcération répond à une situation de délinquance. Or, la délinquance française est extrêmement élevée, liée à des phénomènes de ghettoïsation, de bandes, d'immigration, de terrorisme, etc.
Éric Dupond-Moretti dit que la violence augmente dans le pays, mais pas la délinquance. Que la délinquance stagne.
Monsieur Dupond-Moretti est aveugle. Il est aveugle. Donc moi, je ne peux pas lutter contre un aveugle. Tous les Français qui vivent dans nos banlieues, mais même maintenant dans les centres-villes, voient bien ce qui se passe. Encore une fois, je vous le rappelle, 3 780 000 délits, 550 000 condamnations, 130 000. Alors, qu'est-ce que je propose ? Parce que ça ne sert à rien de se lamenter sur une situation. Il faut des moyens pour la police et la justice. Vous savez qu'on dépense beaucoup moins que l'Angleterre, par exemple, en pourcentage du PIB, de la richesse nationale.
Mais les moyens ont été augmentés, 10 000 policiers et gendarmes en plus sur le capital ?
Non, alors là, parlons-en. C'est une députée socialiste qui a rappelé les chiffres. En emploie tant plein Bercy, du ministère des Finances, tout à fait. Gérard Darmanin lui a répondu en lui disant qu'elle se trompait. Il y a eu 6 000 recrutements sur 10 000, mais il y a eu des départs et il y a moins 1 000. Donc voilà. Donc tout ça, c'est de la com'. Deuxième point, il faut des peines planchées. Je vous rappelle, parce que j'ai retrouvé le code pénal jusqu'en 1994. Pour chaque délit, il y avait une peine minimum et une peine maximum. Donc quand M. Dupond-Moretti ou d'autres disent la peine planchée n'est pas possible... Ça ne marche pas. Elle n'a pas été appliquée quand elle a été rétablie.
Mais ça a marché avant 1994. D'ailleurs, c'était le principe de la révolution, c'était que les juges ne devaient être encadrés. C'était tout le principe de la révolution française. Et puis ensuite, expulser les délinquants étrangers au terme de leur peine, réformer la justice des mineurs, augmenter le nombre de places de prison et mêler prévention et répression.
Dernière question sur ce sujet, avant de prendre les auditeurs. Vous étiez présent au rassemblement des policiers de mercredi dernier devant l'Assemblée nationale. Audrey Pulvar a dit que cette manifestation soutenue par l'extrême droite qui marche sur l'Assemblée nationale pour faire pression sur les députés lui semblait glaçante. Gérald Darmanin veut porter plainte contre elle. Qu'est-ce que vous en pensez de tout ça, vous ?
Je pense que toutes ces palidonies sont ridicules. que pour Mme Pulvar, les socialistes, les communistes, les centristes, les libéraux, les républicains, debout la France et les autres sont d'extrême droite. C'est absurde.
Il a raison de porter plainte.
Et je ne vois pas l'intérêt de porter plainte. C'est donné beaucoup trop d'importance à Mme Pulvar. Je crois que l'enjeu, ce qu'attendent les Français, ce sont des actes, des réformes sincères pour rendre efficace la chaîne pénale et pour faire en sorte qu'on n'ait pas des délinquants multirécidivistes qui terrorisent nos compatriotes.
Bernard est au standard. Bonjour, bienvenue. Vous êtes juge des enfants, c'est ça ?
Oui, effectivement. Je ne vais pas répondre sur tout ce que M. Dupontagnan vient de dire sur la justice, mais il y aurait beaucoup à dire. Je voudrais simplement le questionner sur la proposition qu'il a pu faire par rapport à la suppression des dettes sociales pour les familles dont les mineurs auraient pu commettre des infractions. Je m'interroge juste sur deux points. D'abord, le parallèle qu'il fait, assez douteux et faux en pratique entre le fait que la délinquance viendrait forcément de familles désargentées, ce qui n'est pas le cas en pratique, et c'est assez dérangeant, malaisant de faire ce lien-là. Et puis la question de la légalité, parce que quel biais entendrait-il utiliser ?
Et puis dans le prolongement de la légalité, c'est peut-être la légitimité. Il y a dix ans, je m'interrogeais sur la légitimité de M. Dupontagnan, elle s'exprimait politiquement, et dix ans plus tard, je n'ai toujours pas la réponse.
Merci Bernard pour cet ensemble de questions. Nicolas Dupont-Aignan vous répond. Cette question très tolérante.
Donc, sincèrement, moi je l'ai fait dans ma ville, nous le faisons toujours.
Des délinquants multirécidivistes mineurs, qui d'ailleurs ne sont jamais condamnés par la justice, qui recommencent, et qui d'ailleurs, vous ne leur rendez pas service, parce qu'ils montent en violence, puisque comme ils n'ont pas été condamnés à la première délit, ni au deuxième, ni au dixième, ni au quinzième, ou alors un simple rappel à la loi, eh bien on ne rend pas service à ces jeunes, eh bien nous, nous supprimions, après une audience en mairie, les aides facultatives sociales de la mairie, pour un mois, deux mois, trois mois, et je peux vous dire que cela faisait réfléchir la personne, le jeune, et j'ai eu un jeune qui est revenu me voir, après des années, me dire « Merci, vous êtes le seul qui m'a dit stop ».
Alors, c'est tellement facile, le bilan serait extraordinaire de cette justice, si tout allait bien, le discours de monsieur pourrait être entendable, mais c'est aux Français de décider. Voilà pourquoi je propose un référendum sur un nouveau code pénal, qui devra être adopté par le peuple, car les juges rendent la justice au nom du peuple français, et je crois qu'ils l'ont oublié.
Marie-Claire, au standard, bienvenue, bonjour.
Bonjour, monsieur Dupont-Aignan, bonjour. Bonjour, madame. Je me permets d'intervenir, car je suis infirmière à la retraite et fidèle auditrice de France Inter, et je suis particulièrement choquée par les propos que vous tenez ce matin au sujet de la crise sanitaire que nous traversons et de la vaccination. Je trouve que vos propos sont particulièrement incohérents et je suis d'autant plus choquée que vous êtes une personne politique qui vous adressez à un grand public et je trouve que ça relève même du danger. Madame Salamé vous pose des questions, vous parlez d'immunité collective, et bien je souhaiterais savoir comment vous pouvez mettre en place une immunité collective.
sans vaccin, c'est ça.
Tout à fait. Donc je trouve que c'est vraiment très incohérent.
Et donc vous avez dit le mot, Marie-Claire, on laisse Nicolas Dupont-Aignan vous répondre.
Je n'ai rien à ajouter sur ce que j'ai dit, vous caricaturez à nouveau ma position. Je dis simplement que le bénéfice et le risque doivent s'évaluer individuellement par chaque Français et que je me réjouis, je me réjouis vraiment que ce vaccin ait pu peut-être empêcher des formes graves sur des personnes avec comorbidité, car vous le savez, vous êtes infirmière, que 88% selon les données de Santé publique France étaient des personnes en comorbidité en service de réanimation. Donc je m'en réjouis. Simplement je dis, comme beaucoup de professeurs de médecine partout dans le monde, attention, marchons sur deux jambes, ne mettons pas tous les oeufs dans le même panier.
Est-ce que c'est un sacrilège ? Je ne crois pas.
Quelques questions en une minute, si vous le voulez bien sur la politique, les régionales arrivent. Vous ne présenterez de liste de boules à France que dans quatre régions seulement, Nicolas Dupont-Aignan, contre les 13 régions la dernière fois. Pourquoi ? Vous manquez de candidats ? Vous manquez d'argent ? Ce n'est pas un échec pour votre formation ?
Non, c'est que simplement, il y a une élection présidentielle à laquelle je suis candidat. Dans les sondages, on me donne ce matin entre 5 et 6%. C'est un premier socle. Nous avons toujours voulu bien gérer notre parti politique, parce que j'estime qu'un parti doit être équilibré financièrement, ce qui est assez rare dans la vie politique française. Et notre liste en Ile-de-France ne pouvait pas être autofinancée. Nous gardons le peu d'argent que nous avions pour la présidentielle. C'est tout simple, c'est la vérité.
Autre question sur votre parti. N'est-il pas en train d'être déserté ? L'année dernière, plus de 130 cadres sont partis, dont votre directeur de cabinet, votre suppléante, votre vice-présidente et de nombreux cadres départementaux. Est-ce qu'il y a un problème à Debout la France ? Qu'est-ce qui se passe ?
Tout va bien. Au contraire, il y a quelques personnes qui ont voulu partir pour être conseiller régional Front National, libre à elle. On n'a jamais eu autant d'arrivée depuis parce que la ligne est très claire. Gaulliste, gaulliste social. Je serai candidat pour défendre une certaine idée du pays. Je maintiens qu'on nous joue à nouveau 2017 et qu'on veut nous imposer un deuxième tour alors que les Français ont le choix au premier tour. Et j'offre un autre choix. Il y a quand même 2 millions de Français qui me soutiennent. Je ne me sens pas du tout seul.
Merci Nicolas Dupont-Aignan, député de l'Essonne et président de Debout la France. Merci d'avoir été à notre micro ce matin.
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Nicolas Dupont-Aignan