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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 8 juillet 2026 22 min

Marine Le Pen, Jordan Bardella, retraites... Sébastien Chenu dans le 8h30 franceinfo

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Invité

Bonjour Sébastien Chenu, et merci d'être avec nous ce matin sur France Info, une condamnation mais une candidature quand même. En attendant, une décision de la cour de cassation. Marine Le Pen prend-elle, Sébastien Chenu, le risque de vous envoyer dans le mur en pleine campagne ?

0:13
Sébastien Chenu

Non, je crois que Marine Le Pen aujourd'hui prend simplement le risque de devenir présidente de la République. Son éligibilité a été reconnue. Marine Le Pen est éligible à la présidence de la République. Elle est, au moment où nous parlons devant les Français, présumée innocente. Elle fait comme pourrait le faire n'importe quel justiciable, dans la même situation, un pourvoi en cassation pour contester un certain nombre de décisions de ce jugement.

0:35
Invité

Pardonnez-moi, elle n'est pas présumée innocente, elle a été reconnue coupable deux fois. Oui, mais elle fait un pourvoi en cassation. Oui, mais qui pour l'instant n'est pas actée. Donc à l'heure où on parle, aujourd'hui, elle a été condamnée en première et en deuxième instance.

0:45
Sébastien Chenu

Non madame, je m'en réfère aux propos qui ont été tenus ce matin chez vos confrères de TF1 par la présidente, je crois que c'est en titre de la cour d'appel. La procureure générale, pardon, auprès de la cour d'appel, qui dit qu'effectivement, elle est présumée innocente. Je me souviens exactement au moment où elle a annoncé qu'elle ferait un pourvoi en cassation.

1:01
Invité

La cour de cassation juge le droit et pas apparemment le droit d'appel.

1:04
Sébastien Chenu

Oui, mais elle est présumée innocente. C'est le procureur général auprès de la cour d'appel qui l'a exprimé ce matin. Son avocat lui-même, l'avocat de Marine Le Pen, parle lui-même d'un pari.

1:12
Invité

C'était sur France Info. C'est le mot qu'il a utilisé hier soir sur France Info.

1:15
Sébastien Chenu

J'écoute les autres, je l'ai écouté ce matin, et aussi chez vos confrères de France Inter, qui dit qu'il y a des aléas que nous sommes prêts à assumer. Évidemment, Marine Le Pen est éligible. Marine Le Pen est présumée innocente. Quelles sont les aléas que vous éloquez ? Ce pourvoi en cassation, c'est que le pourvoi soit rejeté. Ça, ça fait partie des aléas.

1:35
Invité

Revenons-en d'abord aux faits avant d'aller aux suites. Marine Le Pen a été déclarée coupable de détournement de fonds publics. Un délit dont Marine Le Pen a été l'instigatrice, selon les juges, condamnée à trois ans de prison, dont un enferme a effectué sous bracelet électronique. Est-ce que ce matin, vous refusez toujours d'accepter ce jugement qui la déclare une fois de plus coupable des mêmes faits ?

1:54
Sébastien Chenu

C'est pour ça que nous allons en cassation. C'est parce que nous contestons, au titre de l'article 432-15, nous contestons cette qualification de détournement de fonds. Je vous rappelle qu'il n'y a pas d'enrichissement personnel, il n'y a pas d'emploi fictif. Marine Le Pen, toutes les peines d'ailleurs ont été réduites. Toutes les peines ont été réduites. Marine Le Pen est éligible. Elle a purgé la peine d'inégibilité réduite qui lui avait été infligée. Et il y a une cassation parce qu'il y a un désaccord sur le fonds manifeste, un désaccord juridique sur la qualification de l'utilisation des assistants parlementaires. Devait-il travailler uniquement pour le Parlement européen ?

Pouvait-il travailler de façon politique ? C'est le désaccord de fonds que nous contestons. Il a été tranché ce désaccord en espèce.

2:35
Invité

Sébastien Genu, vous venez de le dire, la justice ne lui interdit pas de se présenter à l'élection présidentielle. La peine de prison est beaucoup plus légère que ce que demandait le parquet. Trois ans dont un ferme au lieu de quatre. Dans ce cas-là, pourquoi faire appel ? Pourquoi ce pourvoir en cassation ? Pourquoi ne pas accepter cette peine qui est beaucoup plus clémente qu'en première instance ?

2:56
Sébastien Chenu

Tout simplement parce que nous contestons la qualification des faits. Nous n'avons pas, je dis nous parce que ce n'est pas uniquement la personne de Marine Le Pen, c'est aussi le mouvement Rassemblement National. Nous n'avons pas, nous n'avons commis aucun délit de détournement de fonds. Nous contestons cette qualification et comme c'est une contestation de fonds et une contestation aussi juridique, nous formons ce pourvoir en cassation comme le font d'ailleurs des milliers de gens chaque année qui, dans un appel, contestent une décision d'appel.

Marine Le Pen ne fait rien de plus, rien de moins que ce que font des milliers de Français qui sont pris à partie avec la justice et qui contestent une décision de cours d'appel.

3:37
Invité

Alors Marine Le Pen a pris cette décision hier après-midi entre 14h et 20h. On imagine qu'elle l'a prise un petit peu avant 20h puisqu'après elle était au journal télévisé. Est-ce que vous avez participé à cette prise de décision ? Comment l'a-t-elle prise cette décision ?

3:51
Sébastien Chenu

Je crois que, alors, participer c'est un bien grand mot parce que c'est une décision qu'a prise Marine Le Pen, j'allais dire, entre elle-même et elle-même. Personne d'autre ne pouvait, j'allais dire, influer. Si vous connaissez Marine Le Pen, vous savez qu'elle n'est pas tout à fait sensible aux pressions, même lorsqu'elles sont affectueuses ou amicales. Elle savait que nous étions alignés derrière elle avec la volonté de la voir candidate à l'élection présidentielle. Nous, les élus, les militants du Rassemblement national. Mais elle a pris cette décision.

Elle a eu l'amabilité de me l'annoncer comme elle l'a annoncé, évidemment, à quelques autres personnes avant d'aller faire de l'annoncer aux Français pour ce 20h. Après avoir elle-même regardé cette capacité à pouvoir aller en cassation, elle a décidé assez rapidement qu'elle rencontrerait, puisqu'elle était éligible, les Français à l'occasion de l'élection présidentielle.

4:40
Invité

Elle n'a jamais douté dans ce mouvement-là d'un après-midi de décision. Elle ne s'est pas dit, et si ce n'était pas une bonne idée ?

4:49
Sébastien Chenu

Ah non, je crois qu'elle a d'abord regardé l'aspect juridique du dossier, comme elle le fait souvent parce qu'elle-même, étant une juriste, elle commence toujours par cela. Et puis ensuite, après avoir regardé cette capacité à pouvoir en cassation, elle en a tiré des conséquences politiques. Cette conséquence politique, c'est puisque mon éligibilité m'est rendue, puisque la justice dit, puisque j'ai regardé moi les textes, que l'exécution provisoire est une atteinte au processus démocratique, ou donc que c'est bien aux Français de décider, alors je me présenterai devant les Français, sans bracelet électronique, évidemment, comme elle s'y était engagée.

5:24
Invité

Sébastien Genu, justement, sur cette question du bracelet électronique, le pourvoi en cassation, il est suspensif, il suspend les peines. Marine Le Pen a évoqué les conditions de sa campagne hier soir sur TF1.

5:35
Présentateur

L'élection a été très rapidement faite, puisque j'avais indiqué, vous le savez, que je ne ferai pas campagne sous bracelet électronique. Mais comme j'ai la possibilité de faire un pourvoi en cassation, ce qui n'était pas obligatoirement le cas des autres hypothèses, et que le pourvoi en cassation suspend les effets de l'arrêt, je ferai donc campagne sans bracelet électronique.

5:58
Invité

Je ferai campagne sans bracelet électronique. Est-ce que ce matin, Sébastien Genu, vous êtes certain qu'elle fera campagne sans bracelet électronique ?

6:05
Sébastien Chenu

Bah oui, Marine Le Pen va devant la cour de cassation, ça suspend les effets de cette décision, donc elle ne portera pas de bracelet électronique.

6:12
Invité

Sauf que la cour de cassation avait évoqué l'hypothèse d'un recours rapide, en tout cas d'examiner peut-être dès janvier. Si la cour de cassation confirme le jugement, ce qui est une possibilité, Marine Le Pen sera obligée de porter un bracelet électronique. Ça peut être dans les mois les plus intenses de la campagne présidentielle,

6:29
Sébastien Chenu

entre janvier et mai, vous prendriez ce risque ? Deux choses vous échappent, madame. La cour de cassation rend ses verdicts, en général, entre un et deux ans après avoir été saisie, en général. Là, il y avait une procédure d'accélération. Ce n'est pas nous qui l'avons initiée, cette procédure d'accélération, mais si cette procédure d'accélération avait été initiée, c'est parce qu'il y avait un risque d'inéligibilité. Donc, cette procédure avait été initiée en disant, attention, si elle était inéligible, il faut peut-être aller plus vite. Il n'y a plus de risque d'inéligibilité. Marine Le Pen est éligible. Donc, cette procédure d'accélération n'a pas vocation à exercer.

Mais en tous les cas...

7:05
Invité

Il faut prendre votre temps, même que vous avez demandé pendant longtemps, parce que les choses aillent vite pour faire ce logement. Là, à l'inverse, il faut retourner au délai...

7:13
Sébastien Chenu

Mais je vous dis, madame, c'est pas nous qui accélérons ou ralentissons. C'est pas nous qui avions décidé d'accélérer. C'est pas nous qui déciderions que ce soit ralenti. Mais c'est ce que demande votre avocat ce matin sur France Inter. Non, c'est exactement ce qu'il a dit. Je l'ai écouté. Mais donc, alors, attendez, on va essayer d'y voir clair. C'est pas nous qui accélérons, c'est pas nous qui ralentissons. On va essayer d'y voir clair. Donc, il y a des délais, en général, qui sont ceux que nous connaissons.

7:30
Invité

Vous dites à la Cour de cassation ce matin, Sébastien Chaudet ?

7:32
Sébastien Chenu

Je ne dis rien à la Cour de cassation. Vous dites les délais sont tels qu'ils sont... Non, j'acte le fait qu'en général, la Cour de cassation rend sa décision entre 1 et 2 ans après avoir été saisie. En général, s'il y a une procédure d'accélération qui n'est pas décidée par le Rassemblement national, elle peut aller plus vite. Mais cette décision... Mais ça ne vous dérangerait pas si ça allait plus vite. Mais c'est pas que ça me dérange ou pas. C'est que la justice fera ce qu'elle croit devoir faire. Si la justice considère... Mais là encore, il n'y a plus matière à accélérer.

7:59
Invité

Sébastien Chaudet, on a l'impression que vous cherchez à gagner du temps.

8:02
Sébastien Chenu

Non, mais vous savez, il n'y a pas... On cherche ou pas à gagner du temps, on applique le droit. Et Marine Le Pen applique le droit et elle utilise les voies juridiques qui lui permettent, aujourd'hui, de contester une décision en allant en cassation, comme n'importe quel justiciable dans le pays.

8:16
Invité

Oui, mais si la cassation statue assez tard, ça permet éventuellement d'enjamber l'élection présidentielle, voir si elle est élue présidente de la République, de ne pas porter ce bracelet.

8:24
Sébastien Chenu

Mais madame, nous ne sommes pas décisionnaires. Voilà. Nous ne sommes pas décisionnaires de ce que fera la Cour de cassation. Donc si la cassation arrive plus vite, nous en prendrons acte. Si elle arrive plus tard, nous en prendrons acte. Mais alors vous n'êtes pas décisionnaire ? En attendant, Marine Le Pen, présumée innocente, fait campagne. Elle n'a pas de bras électroniques. Et qu'aujourd'hui, avec Jordan Bardella, elle est dans la Sartre pour proposer un projet politique aux Français.

8:44
Invité

Juste qu'on comprenne bien, vous n'êtes pas décisionnaire. Si la Cour de cassation statue en janvier et qu'il faut porter un bracelet électronique pendant les derniers mois de la campagne, Marine Le Pen le fera et fera campagne sous bracelet électronique.

8:54
Sébastien Chenu

Avec des si, vous savez, j'ai tellement entendu.

8:56
Invité

Non, c'est une question un peu importante pour la campagne, pardon.

8:57
Sébastien Chenu

Oui, mais moi j'ai tellement entendu. Mais si Marine Le Pen ne peut pas, si Marine Le Pen a été enterrée sur vos plateaux 100 fois, madame. Donc, je veux bien que vous cherchiez à l'enterrer. Pardonnez-moi. 101ème fois, vous dites simplement, c'est pas nous qui maîtrisons le calendrier.

9:11
Invité

Sébastien Chenu, c'est quand même une question majeure. Imagine-t-on un candidat ou une candidate en l'espèce à la présidentielle faire campagne avec un bracelet électronique ? La question est si simple.

9:20
Sébastien Chenu

Mais ce ne sera pas le cas. Voilà, moi je ne crois pas que ça puisse être le cas, pour la raison que je vous ai indiquée. Et vous ne pouvez pas en être certain. Non, mais on n'est jamais sûr de rien en justice. Et est-ce que... Vous n'étiez pas du tout sûr que Marine Le Pen soit éligible, visiblement. J'ai entendu sur tous vos plateaux que Marine Le Pen ne pourrait jamais se présenter à une élection présidentielle, qu'elle était morte. Je crois que même au sein du Rassemblement National, beaucoup croyaient qu'elle ne pourrait pas être candidate. Mais peu l'espérait. Parce que tout le monde espérait qu'elle soit candidate. Un peu peut-être à la différence des journalistes.

Aujourd'hui, Marine Le Pen, tel Edmond Dantes, dans le compte de Monte Cristo, ressusciter 100 fois, libérer 100 fois, évader 100 fois, la revoilà candidate devant les Français.

9:56
Invité

Question très simple là encore Sébastien Chenu. Marine Le Pen, si le jugement est donc confirmé en cours de cassation, si ça n'est pas cassé, s'il n'y a pas un nouveau procès, est-ce qu'elle peut continuer à être candidate ?

10:09
Sébastien Chenu

Est-ce qu'elle ira au bout ? Je n'aurai pas d'autrucudence de vous ramener à vos études de droit si vous en avez faite. Mais ce n'est pas si le jugement est confirmé, cher ami. C'est si le pourvoi est rejeté. Si le pourvoi est rejeté. Si on veut parler de choses sérieuses, faisons-le. Ou alors parler avec des avocats. La finalité est la même, Sébastien Chenu. Vous transformez-vous en juriste. Nous n'y croyons pas. Comme nous avons toujours pensé que Marine Le Pen pourrait être candidate à l'élection présidentielle, elle l'est aujourd'hui présumée innocente, sans bracelet électronique. Le reste, la justice, la Cour de cassation tranchera.

Nous pensons qu'elle ne portera pas de bracelet électronique, évidemment. Et vous pensez qu'elle ira au bout ? Et qu'elle sera élu président de la République ?

10:45
Invité

Sébastien Chenu, vous restez avec nous. On va continuer d'explorer les conséquences juridiques. On vient d'en parler. Conséquences politiques aussi de cette candidature de Marine Le Pen. Nous sommes toujours sur France Info avec Sébastien Chenu, député Rassemblement National du Nord, porte-parole du parti. On l'entendait dans les titres ce matin. Marine Le Pen et Jordan Bardella sont attendus dès 11h dans un marché à la flèche, ville gagnée par le Rassemblement National aux dernières élections municipales. C'était important de montrer que tout allait bien, que vous continuez comme si de rien n'était ?

11:19
Sébastien Chenu

C'est surtout important de montrer ce qu'on propose aux Français. C'est-à-dire Marine Le Pen à la tête de l'État si les Français le souhaitent et Jordan Bardella à la tête d'un gouvernement pour redresser le pays et à la tête d'une majorité, là encore, si les Français le souhaitent. C'est une première dans l'histoire politique de notre pays qu'un ticket soit proposé aux Français. Finalement, cette authenticité, cette transparence dans l'offre politique, en disant aux Français, voilà, comment on va gouverner, comment on est en train de s'organiser, qui sera le Premier ministre, je crois que ça fait aussi notre spécificité.

C'est sûr que quand on regarde les autres, ils n'arrivent déjà pas à se mettre d'accord sur un candidat, ils ne sont pas là de proposer un Premier ministre.

11:58
Invité

Justement, Sébastien Chenu, les autres, ils s'expriment dès ce matin. On avait par exemple Gabriel Attal chez nos amis de France Inter, qui parle, et c'est peut-être une des preuves que les choses judiciaires vont rebondir tout au long de la campagne, il dénonce une forme de guérilla judiciaire pour se présenter, de la part de Marine Le Pen, qui prend en otage toute la campagne présidentielle. Est-ce qu'il n'y a pas le risque quand même que tout cela revienne en permanence dans la bouche et dans les attaques de vos adversaires ?

12:25
Sébastien Chenu

Je ne sais pas, moi je regarde le droit tel qu'il est, un pourvent en cassation, ce n'est pas une guérilla judiciaire, c'est l'application du droit. Qu'est-ce que c'est que cette histoire de considérer...

12:33
Invité

Je vous parle de politique. Est-ce que le fait que vos adversaires...

12:36
Sébastien Chenu

M. Attal devrait, en tant qu'ancien Premier ministre, au moins respecter une chose, c'est la présomption d'innocence et les outils du droit qui sont mis à la disposition de tous les justiciables. Marine Le Pen n'en utilise pas davantage que d'autres, mais pas moins non plus. Donc M. Attal devrait revenir sur Terre, se concentrer sur ces petites histoires avec M. Philippe, qui lui-même d'ailleurs, je rappelle, Édouard Philippe est lui-même sous le coup d'une enquête pour détournement de fonds publics. M. Philippe, on en parle un peu moins, mais enfin lui, il a ça sur le dos. On en a parlé.

D'accord, moi je trouve qu'on n'en parle pas beaucoup, mais enfin, donc que les autres s'occupent de leurs affaires et puis Marine Le Pen, elle, elle s'occupera des Français.

13:10
Invité

Sébastien Chenu, si la décision, elle surprend autant de Marine Le Pen, c'est qu'elle avait toujours dit que si elle était condamnée à un bracelet électronique, notamment, elle laisserait la place à Jordan Bardella. Pourquoi avoir changé d'avis ? Et surtout, est-ce que ce n'est pas un désaveu à l'égard de Jordan Bardella ?

13:24
Sébastien Chenu

Ben non, parce qu'elle ne portera pas de bracelet électronique puisque, je vous le redis, elle va en cours de cassation et c'est suspensif. Donc elle ne portera pas de bracelet électronique. Donc ce n'est pas si elle était condamnée, c'était si elle devait porter un bracelet électronique, elle ne serait pas libre de ses mouvements.

13:37
Invité

Elle avait aussi exclu le recours en cassation à l'époque.

13:39
Sébastien Chenu

Marine Le Pen est totalement libre de ses mouvements aujourd'hui et la preuve, ses mouvements l'amènent à rencontrer les électeurs de la SART avec Jordan.

13:46
Invité

Et Jordan Bardella, il n'est pas trop déçu ?

13:48
Sébastien Chenu

Ben non, il s'est préparé à devenir Premier ministre.

13:50
Invité

Il s'est préparé à devenir président, pardonnez-moi récemment.

13:53
Sébastien Chenu

Ce qui est déjà, à mon avis, est une tâche, il s'est préparé, il l'a dit mille fois, à devenir Premier ministre et si Marine Le Pen avait été empêchée, ce qui n'est pas le cas, et bien Jordan Bardella se serait lancée et préparé à devenir président de la République. Aujourd'hui, les choses sont claires et finalement, elles l'ont été toujours de notre côté. Marine Le Pen se prépare à l'action présidentielle, Jordan Bardella a redressé le pays à la tête d'un gouvernement et croyez-moi, l'un comme l'autre ont suffisamment de boulot pour se concentrer sur leur mission.

14:19
Invité

Vous faites partie des marinistes historiques, vous êtes notoirement plus proche d'elle que de lui, vous êtes soulagé ce matin ?

14:25
Sébastien Chenu

Je suis très heureux. Je suis très heureux de voir que Marine Le Pen puisse rencontrer les Français.

14:30
Invité

Mais soulagé que ça soit elle et pas lui ?

14:32
Sébastien Chenu

Ce n'est pas comme ça que les choses s'expriment. Parce que, je l'ai exprimé d'ailleurs devant la réunion du groupe de l'Assemblée nationale mardi matin, si Marine Le Pen avait été empêchée, nous serions tous derrière Jordan Bardella ce matin pour l'élection présidentielle. Vous n'auriez peut-être pas la même place dans l'organigramme ? Parce que, mais ça, ça ne compte pas madame. Ce qui compte, c'est que nos idées arrivent au pouvoir. Nos idées arrivent au pouvoir pour changer les choses. C'est là où, en fait, vous nous prenez pour les autres. Les autres, effectivement, eux, ce n'est pas leurs idées qui comptent, ils n'en ont plus. Et quand ils en ont eu, elles ont ruiné le pays.

Donc, nous, nous avons des idées. Elles sont très différentes des autres. On veut arriver au pouvoir pour les appliquer.

15:08
Invité

Alors, elles sont très différentes des autres, mais sont-elles différentes aussi au sein de votre propre parti ? Parce que c'est vrai que ces dernières semaines, on a pu entendre Jordan Bardella amener des idées, des idées à lui, peut-être des idées de Premier ministre, mais en tout cas des idées quand même.

15:21
Sébastien Chenu

Qui va décider du programme pour 2027 ? La candidate à l'élection présidentielle décide de son programme, tout comme, je l'ai dit ici même, d'ailleurs sur votre plateau, si Jordan avait été le candidat à l'élection présidentielle, il aurait été bien normal qu'il décide de son programme et probablement d'une sensibilité, d'une couleur politique qui soit différente, parce que ce ne sont pas des clones. La candidate à l'élection présidentielle, et c'est aussi un peu le rapport à nos institutions.

15:42
Invité

Donc Jordan Bardella va devoir se ranger aux propositions de Marine Le Pen, à ses idées. Ils sont d'accord sur un certain nombre de sujets, c'est certain, mais il y a peut-être un certain nombre de sujets, comme vous le dites,

15:51
Sébastien Chenu

où il y a des sensibilités différentes. Depuis que Jordan Bardella a fait de la politique, il défend le programme de Marine Le Pen. La dernière fois qu'il l'a fait, c'est aux élections législatives de 2024. Ils ont défendu le même programme. Donc ce n'est pas se ranger derrière le programme de quelqu'un comme s'il fallait renoncer à quelque chose, c'est adhérer à un programme pour les Français que nous construisons ensemble, parce qu'il ne vous a pas fait défaut d'imaginer que si Marine Le Pen porte son programme et le valide elle-même, c'est le programme qui engage tout le mouvement et que nous le construisons tous ensemble et nous travaillons tous ensemble sur des sujets différents.

Jean-Luc Tanguy travaille sur l'économie, Alexandre Loubet sur l'industrie. Nous construisons un programme et la candidate le portera quand elle l'aura validé.

16:33
Invité

Mais Sébastien Chenu, c'est quoi l'intérêt d'un ticket s'il y en a un qui décide et l'autre qui exécute ? C'est juste le fonctionnement classique sous la cinquième entre un président et un premier ministre ?

16:39
Sébastien Chenu

C'est d'expliquer, oui, comment ça va se passer. Ce qui n'était pas exactement... Je vous rappelle que nous avons eu des présidents de la République dans ce pays qui ont nommé des premiers ministres avec lesquels notoirement ils ne s'entendaient pas. Si on va très loin, on peut penser à François Mitterrand et Michel Rocard qui se détestaient, qu'il y a eu des premiers ministres de cohabitation et qu'il y a eu des premiers ministres de la même majorité et qui visiblement se détestaient aussi. Quand on voit la façon dont Édouard Philippe et Gabriel Attal parlent aujourd'hui d'Emmanuel Macron, on peut considérer qu'il y avait de la brouille au sommet de l'État.

Chez nous, il n'y aura pas de brouille au sommet de l'État. La brouille arrive parfois après, Sébastien Chelieu. Parce que nous, nos candidats sont habitués, nos candidats à ces fonctions, sont habitués à travailler ensemble depuis très longtemps et qu'ils font le chemin ensemble. Et ils le font sous les yeux des Français. Donc, on peut chercher toujours à s'amuser au jeu des sept erreurs. Est-ce que Marine Le Pen est mieux coiffée que Jordan Bardella ? Est-ce que Jordan Bardella est plus grand qu'elle ? Il y a des différences, vous les verrez. Ça va un petit peu plus sur le fond quand même que ça, Sébastien Chelieu.

Vous verrez que le programme qu'ils défendront, ce sera évidemment le même programme. Vous serez très déçus encore une fois.

17:37
Invité

Alors, je ne sais pas si on sera très déçus, mais en tout cas, j'avais une question précise quand même à vous poser. Vous savez qu'on a évidemment évoqué la question de la réforme des retraites parce qu'on a entendu, et ce n'est pas un secret, deux sensibilités un petit peu différentes. La sensibilité de Marine Le Pen sur un âge de départ 60-62 ans, la sensibilité de Jordan Bardella, plutôt parler de la durée de cotisation. Ça va donc être la réforme Marine Le Pen

18:01
Sébastien Chenu

qui sera dans votre projet l'année prochaine. C'est la réforme que nous portons depuis toujours, c'est-à-dire une durée de cotisation et un âge borne, une borne d'âge, pardon. Durée de cotisation, si vous avez commencé à travailler avant 20 ans, souvent dans des métiers pénibles, et que vous avez vos 40 annuités, vous pouvez partir à partir de 60 ans. Puis de façon progressive, 42 ans, 42 années d'annuités, 42 annuités, pardon, et 62 ans.

18:23
Invité

C'est la réforme que vous portiez déjà en 2022 ?

18:25
Sébastien Chenu

Oui, c'est la réforme que nous portons et qui figure dans notre programme. Maintenant, Jordan Bardella, elle a très bien dit, à partir du moment où il y a une borne d'âge, il faut trouver des financements nouveaux. Car si cette borne d'âge est effectivement nécessaire, c'est important pour les Français de savoir à partir de quel âge ils peuvent partir à la retraite, il faut trouver des financements nouveaux. Ces financements nouveaux, c'est faire rentrer plus de jeunes sur le marché du travail, c'est faire maintenir aussi plus de seniors sur ce même marché du travail. Et je pense que là, il va falloir faire aussi preuve, et nous le faisons, d'imagination.

18:54
Invité

Sauf que Jordan Bardella, il s'était aussi, c'est dire, ouvert à une suppression de cet âge légal de départ. Non, c'est pas comme ça qu'il l'a dit. Vous vous dites, ce matin, il y aura toujours un âge légal. Quoi qu'il en soit, il y aura un âge légal. Et celui-ci n'évoluera pas, il restera le même ?

19:07
Sébastien Chenu

Oui, oui, c'est celui-ci parce qu'il est juste, et parce que notre réforme, elle est juste, et parce qu'aujourd'hui, elle est assez intégrée par les Français. Et je pense que par rapport à ce que proposent nos adversaires politiques, cette réforme des retraites, elle est juste. Mais là encore, vous verrez, il y aura dans ce programme de 2027, vous retrouverez les piliers, on appelle ça souvent les fondamentaux de notre programme. Mais il y aura aussi des propositions nouvelles parce que le monde change, l'intelligence artificielle, le logement, la santé, l'environnement sont des problématiques qui n'avaient pas été probablement aussi ténues les années passées.

Elles seront portées avec des offres différentes.

19:43
Invité

Est-ce que ça veut dire que cette stratégie qui avait été beaucoup portée par Jordan Bardella de séduction des milieux économiques, du grand patronat, de la droite, de ce qui reste des Républicains, elle va continuer ou à l'inverse avec Marine Le Pen, c'est deux pas en arrière, on arrête et on reste sur ces fondamentaux.

19:55
Sébastien Chenu

Non, on parle à tout le monde. On parle à tout le monde. Marine Le Pen avait elle-même rencontré les dirigeants du CAC 40 il y a quelque temps avec Jordan Bardella. Qui sont plus sceptiques généralement à l'égard de Marine Le Pen

20:04
Invité

qu'à l'égard de Jordan Bardella.

20:05
Sébastien Chenu

Effectivement, rencontrer les gens, ça ne veut pas dire s'aligner sur toutes leurs demandes. Et c'est ça aussi, avoir une vision. C'est-à-dire que nous, on parle à tout le monde, on est capable de parler à des syndicats, on est capable de parler patronaux ou de salariés, on est capable de parler à tout le monde sans forcément s'aligner sur toutes leurs demandes. Heureusement. Et d'ailleurs, ceux qui se sont alignés sur les demandes des syndicats patronaux ces dernières années n'ont fait que les décevoir.

20:28
Invité

Mais donc, vous allez dans cette campagne tendre la main à la droite ou pas ? À tout le monde.

20:33
Sébastien Chenu

Mais pourquoi ? Uniquement à la droite. Pourquoi ? Je réserverais... C'est Jordan Bardella qui avait tendu la main à la droite pendant les municipales, par exemple. Mais nous tendons la main à tous les Français qui ont envie de nous rejoindre. Nous, notre projet, il s'adresse à tous les Français. Il n'y a pas de Français qu'on exclue de notre projet. On tend la main à tous les Français, quelles que soient leurs origines sociales ou leurs origines politiques.

20:51
Invité

Mais Sébastien Genu, vous faites de la politique, ces visites à Nicolas Sarkozy, ces clins d'œil...

20:55
Sébastien Chenu

Parce qu'il y a probablement...

20:56
Invité

Marine Le Pen ne le fait pas.

20:58
Sébastien Chenu

Mais il y a probablement... D'abord, on a chacun une histoire. Moi, j'ai une histoire qui fait que je viens de cette droite classique. Donc, par conséquent, je connais beaucoup plus facilement ces leaders politiques et qu'il y a aussi notamment le régalien qui font qu'on parle plus facilement à la droite. Hier, quand on a voté la présomption de légitime défense pour les forces de l'ordre à l'Assemblée nationale, c'est un marqueur très fort sur le régalien. Ça figurait dans notre programme. Ça figurait dans la niche du Rassemblement national. Notre orateur était le député du Nord, Michael Taverne. Eh bien, les macronistes ont fini par plier et voter ceux qui figuraient dans notre programme.

Donc, ça veut dire qu'on gagne du terrain. Nos idées gagnent du terrain. Nos victoires idéologiques gagnent du terrain. Et donc, ça veut dire qu'on conquiert et qu'on convainc des gens qui sont très loin de nous. Ce ne sera pas une campagne avec une idée d'union des droites quelque part, quelle qu'elle soit. C'est trop réducteur. Mais c'est drôle, vous posez toujours la même question et on vous fait toujours la même réponse. Non, l'union des droites c'est trop réducteur. Il faut aller bien au-delà. Pourquoi est-ce qu'on parlerait qu'à des gens de droite ? Moi, dans ma circonscription, je parle à des gens qui viennent de tous les horizons.

J'étais ces dernières heures à Vittelsheim en Alsace où je rencontrais dans une mairie que nous avons gagnée. Je rencontrais des habitants et un monsieur m'a dit « J'ai toujours voté à gauche toute ma vie, je vais voter pour le Rassemblement National. » Eh bien, je lui parle, moi, ce homme-là.

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Invité

Merci beaucoup, Sébastien Chenu, d'avoir été avec nous ce matin sur France Info, député Rassemblement National du Nord, proche de Marine Le Pen. On l'aura compris, porte-parole du RN. Merci à vous, Camille Vigon-le-Quatt du Nouvel Obs.