Comment le numérique réinvente notre patrimoine ?
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Sud Radio, le numérique pour tous, Vanessa Perez. Bonjour et bienvenue dans le Numérique pour tous, l'émission dédiée au digital, à l'innovation et à la tech responsable. Et aujourd'hui, on va parler patrimoine et numérique.
Et oui, avec l'avancée fulgurante des technologies, une nouvelle ère s'ouvre pour découvrir ou redécouvrir les trésors de notre patrimoine sous un nouveau jour. Quelles innovations font entrer notre patrimoine dans le futur ? Comment le geste de l'artisan se réinvente avec le numérique ?
Et si une nouvelle forme de tourisme était déjà en train de naître, c'est ce que nous tenterons de comprendre avec nos invités. Alors le numérique pour tout spécial numérique et patrimoine, c'est parti et c'est sur Sud Radio. Sud Radio, le numérique pour tous, Vanessa Perez.
Et pour commencer cette émission, j'ai le plaisir de recevoir Bertrand De Féedo. Bonjour Bertrand. Bonjour.
Vous êtes vice-président de la fondation du patrimoine, une institution qui œuvre depuis plus de 25 ans dans la sauvegarde de nos trésors architecturaux et avec plus de 1200 bénévoles et une centaine de salariés mobilisés sur tout le territoire, vous défendez un patrimoine de proximité. Alors, comme c'est un mot qu'on va souvent citer aujourd'hui dans l'émission, concrètement le patrimoine Bertrand, en quoi ça consiste ? vous avez utilisé le mot de proximité.
C'est ce qui est près de chez soi, c'est-à-dire c'est son église, c'est le petit pont qui engambe la rivière, c'est le moulin euh c'est le calv, c'est l'usine qui a été créé au 19e siècle et auquel euh j'allais dire tous ceux qui ont travaillé sont très attachés. Donc c'est quelque chose qui est nous et proche proche de nous. Et ce patrimoine, il nous parle parce que en fait il nous raconte notre histoire, il nous donne nos racines, il nous explique ce que l'on a en commun, à la fois ce que l'on a su créer de beau, ce qui a été notre lieu de travail, ce qui aussi constitue nos paysages.
Et ce patrimoine au fond, il est au cœur de la vie. Et dans la construction de la société, on verra cela tout à l'heure, le patrimoine est appelé à jouer un rôle très important. Alors justement, dites-nous pourquoi c'est essentiel de faire vivre ce patrimoine.
Ça peut sembler une évidence, mais vous parlez d'histoire, de proximité. C'est un peu notre vivre ensemble qui est Oui, parce que ce petit patrimoine, il est en danger. Il est en danger parce que il est moins fréquenté.
Regardez la nos églises. Vous arrivez devant une église, elle est fermée et pourtant vous avez envie d'entrer. Ouais.
Et et pour des raisons à la fois familiales, trouver un moment de de calme, découvrir quelque chose que vous ne connaissez pas. Toc, vous arrivez, la porte est fermée, comme comment on fait, hein ? Et puis si on l'ouvre, et bien vous apprenez 15 jours après que ben voilà, il y a la petite statue là qui a été dérobée, hein, quelquefois des choses même plus graves qui sont des infractions graves occultes par exemple.
Et donc, comment faire pour arriver à euh rendre accessible ce patrimoine de proximité et comment faire pour le protéger en même temps ? Et c'est là qu'on a besoin du numérique, du numérique et de la technologie. Alors, expliquez-nous justement aujourd'hui dans cette fondation du patrimoine comment le le numérique quelque part une nouvelle vie et permet de regarder ce patrimoine un peu différemment.
Ben si vous regardez ce patrimoine, vous avez envie d'entrer. Bon, si vous n'avez pas quelqu'un pour vous ouvrir, ben la porte est fermée. Et oui.
Et donc, on a tous dans notre poche un téléphone. On a tous l'habitude de fermer notre maison avec des systèmes de sécurité. Pourquoi pas de faire bénéficier l'ensemble du patrimoine de cette technologie en s'appuyant sur, c'est un sujet très compliqué, très complexe, coûteux financièrement, industriel, en s'appuyant sur les meilleurs spécialistes et là, nous travaillons avec avec le groupe Orange euh pour arriver à progressivement mettre en place un dispositif qui permettent euh de rendre accessible ce patrimoine et puis surtout de le protéger.
Alors justement, on va on va le nommer ce projet, ça s'appelle le projet Sésame. He comme Sésame, ouvre-toi cette fameuse porte. Expliquez-nous d'où est née cette idée d'associer la technologie avec l'histoire et et ce patrimoine.
Vous savez, le patrimoine c'est comme sa maison. Vous partez, vous partez en vacances, vous partez 3 jours, vous partez le soir au cinéma, vous avez envie que votre maison soit protégée. Donc on a pris l'habitude d'utiliser les technologies pour protéger ce qui nous est cher.
Pourquoi ne pas diffuser de façon systématique ces technologies pour l'ensemble du patrimoine ? Et vous savez, on a l'habitude de dire nos églises, c'est le plus grand musée de France, hein. On a vu ce qui s'est passé au Louvre là il y a quelques jours, mais ce qui s'est passé au Louvre, ça se passe tous les jours euh dans nos églises, dans nos petits musées, euh dans les théâtres de proximité et cetera parce que voilà, il y a des richesses dedans, il y a un mystère et puis ça attire ça attire le bien et ça attire aussi quelquefois des dégradations.
Alors, expliquez-nous ce ce projet parce que quelque part, il répond à un paradoxe euh qui est de donner euh accès au patrimoine, de le protéger et d'utiliser la technologie euh bah pour euh pouvoir créer cette cette alchimie, on va dire. Alors, l'idée, elle est simple, c'est les églises autrefois elles étaient vers fermées avec des clés, avec des verou et cetera. et bien on va substituer à ces technologies ancienne euh un verrou électronique hein qui est commandé à partir de son téléphone ou d'un dispositif qui est mis à l'extérieur.
Et on s'aperçoit qu' en utilisant ces technologies, non seulement on couvre bien plus d'aspects que celui qui était prévu au départ, mais surtout on arrive à une sécurisation qui est bien plus efficace que les protections mécaniques traditionnelles. Alors, tout cela nécessite beaucoup de travail et je veux dire que je me félicite de de la coopération qu'on a avec le groupe Orange parce que ça mérite beaucoup d'investissement, ça mérite d'embarquer dans cette affaire des gens qui n'ont pas forcément l'habitude de travailler ensemble. Prenez l'église d'un village.
Bon, elle est la propriété généralement de la commune. Oui. Donc, vous avez en face de vous un maire, un conseil municipal qui doit entretenir cet édifice, qui s'est qui doit dépenser de l'argent, qui est en en concurrence avec la mise au norme de l'école, avec les pades qui a soi-même des travaux à faire.
Voilà, il y a l'église au milieu. Qu'est-ce qu'on fait avec ça ? D'un autre côté, vous avez euh le le curé qui est affectataire de l'église et qui a euh en application de la loi 1905 responsabilité de l'ouverture de la fermeture et cetera.
C'est lui le responsable. Et puis vous avez une communauté qui est euh ça dépend des lieux quelque fois plus âgé ou plus jeune avec des gens qui veulent faire des activités et si on faisait un concert et cetera. Tout ça ça met en mouvement des gens euh très différents et il faut arriver à coordonner tout ça.
Et donc la fondation du patrimoine a réussi à coordonner, on va dire tous ces alors avec le le projet le projet ces hommes euh d'abord ces ces édifices il faut qu'ils puissent être accessibles, il faut qu'ils puissent être ouvert. Sésame, vous avez dit tout à l'heure Sésame, ouvre-toi. Voilà, c'est une belle image.
On a tous les comptes des milli dans la tête hein. Ça fait partie du rêve. il faut que ça puisse s'ouvrir.
Et pour que ça puisse s'ouvrir dans la sécurité, il faut euh à la fois travailler les questions d'accessibilité et les questions de sécurité. Et ce qui est intéressant dans ces dispositifs euh électroniques, magnétique et cetera, c'est que on peut aborder les deux questions en même temps. C'est-à-dire que ouvrir ça n'est pas accroître la sécurité.
Ouvrir c'est accroître la sécurité. C'est ça le paradoxe. Bon, et donc si on arrive avec les outils que l'on a aujourd'hui euh et qui sont accessibles à tout le monde et dont euh l'ergonomie est devenue facile parce qu'on a tous l'habitude de se servir de notre téléphone et cetera, euh si on arrive à ouvrir ces églises et en même temps à les sécuriser, et bien tout le monde est gagnant.
Donc ça veut dire par exemple le weekend prochain, je veux visiter une église dans un petit village que j'ai repéré. Je vais aller sur une plateforme avec mon téléphone là, je vais générer peut-être un QR code et quand je vais arriver dans l'église qui euh a priori aurait été fermée, je rapproche le QR code d'un petit signe qui est sur l'église et là j'y accès. Oui, là c'est tout à fait l'objectif.
Mais vous êtes un peu en avance. Je suis un peu en avance. Euh, dites-nous concrètement aujourd'hui vous êtes en train de tester justement ce dispositif à quel endroit fait on a fait un test dans le la département de Côte d'Or hein autour de Dijon parce que on avait des bons contacts.
D'abord, on a une très bonne équipe au niveau de la Fondation du patrimoine avec des gens qui sont très engagés, des gens de très haut niveau qui ont passé leur carrière professionnelle à travailler dans ce secteurlà, hein. Jean-Paul Côé qui est là qui qui mettrait à la fois leur savoir-fait et leur passion du patrimoine au service des autres et du patrimoine. Et donc dans ce département, on a on avait un bon contact avec l'évêque, on avait un bon contact avec un certain nombre de de maires et on s'est dit voilà, on va faire une expérimentation et cette expérimentation, elle a été très positive.
C'est-à-dire que moi quand je suis allé sur le terrain, je n'ai vu que des gens contents. C'est-à-dire que le maire était content parce que son église était plus sécurisé. Le curé était content parce queil se dit au fond ce dispositif non seulement ne crée pas de de risque sur mon église mais je pense qu'il est il est mieux contrôlé.
Et puis les équipes euh de la pastorale qui s'occupent étaient eux-mêmes très contents parce que dans cette première expérience, on a travaillé avec des des clés des clés numériques accessibles et bien cont. Finalement, ça a mis de l'ordre et on savait qu'il faisait quoi. Et on a l'impression que c'est un peu une prouesse qui qui annonce l'avènement d'un nouveau type de tourisme.
Est-ce que c'est un petit peu ça que ça ? Oui, je crois que ce qui est important, voyez, on on parle beaucoup du tourisme de masse, on dit voilà, il y a 9 millions de gens qui qui visitent la Tourfel, il y a 11 ou 13 millions de gens qui visitent la cathédrale de Paris. Bon, c'est très bien, on n'est pas compte, mais on s'aperçoit que dans au fond ce qui est demandé, dans le désir qui monte, euh il y a ce désir d'un d'un tourisme lent, d'un tourisme où on pénètre les choses.
Euh on préfère aller en famille, passer une journée à aller voir un endroit, même s'il est pas très connu, qui est cette petite chapelle qui est là-haut. Euh tiens, on va monter, on va on va aller piquenniquer là-haut et puis on va découvrir quelque chose. Euh on va découvrir puis ça nous fera un souvenir si on peut y rentrer, passer un moment, écouter de la musique, pourquoi pas hein ?
Un tourisme totalement personnalisé. Vous vous le tourisme de masse, un tourisme plus intimiste, un tourisme qui au fond vous reprend de l'intérieur hein. Et et on s'aperçoit, moi je je des responsabilités au niveau du patrimoine européen.
C'est pas vrai simplement en France. C'est vrai dans tous les pays on rétablit des routes. Voyez euh je souviens on a rétabli une route là récemment en Roumanie qui s'appelle la Transylvania hein.
Et dans ce pays qui avait été complètement déchiré par la guerre hein, cette route qui est un peu comme Hemman Compostelle qui va de village en village, ça dure au moins 3 semaines, hein. C'est redevenu le lien social. C'est-à-dire que euh on passe étape en étape, les les villageois euh ont plaisir à accueillir ce qui passe et le patrimoine s'il est ouvert, s'il est accessible devient un élément véritablement de recréation des liens qui ont été perdus.
Très important en ce moment. Merci beaucoup Bertrand De Féedo. Je rappelle que vous êtes vice-président de la fondation du patrimoine et que vous portez justement ce projet sésame en partenariat avec Orange pour rendre le patrimoine plus accessible à tous.
Restez avec nous, on marque une courte pause et on se retrouve dans quelques instants dans le numérique pour tous pour découvrir comment nos artisans s'emparent du numérique. Sud Radio, le numérique pour tous, Vanessa Perez. Et pour continuer cette émission spéciale numérique et patrimoine, nous avons le plaisir d'accueillir Anthony Laurent d'Overlap Factory, une start-up qui propose des expériences innovantes pour faire vivre notre patrimoine.
Donc, grâce à vous, en fait, on vit le patrimoine un petit peu à la Matrix. Expliquez-nous tout ça. Anthony, bonjour, merci de me recevoir.
Effectivement, j'aime beaucoup la comparaison avec Matrix. C'est vrai que on parle de cinéma et et nous c'est ce qu'on fait depuis 10 ans en fait. On fait du cinéma sur le téléphone portable des des visiteurs lors de de leur visite d'un lieu, d'un site, du patrimoine, d'un territoire et on leur on leur donne l'accès à des expériences immersives faites avec l'overlap reality.
Donc c'est alors concrètement, on a on a parlé des églises avec avec Bertrand. Aujourd'hui, je viens voir une église, je viens voir un lavoir, un moulin. On va avoir une image qui va se superposer grâce au téléphone mobile.
C'est un peu ça. Exactement. Vous scanez un QR code qui est présent sur un support ou sur un fasicule de visite et puis une page directement s'ouvre sur votre téléphone et puis vous vivez une expérience à 360° tout autour de vous qui met en valeur le lieu ou le territoire dans lequel vous êtes et qui vient donc mettre un personnage historique qui a vécu ici concrèement bah par exemple vous êtes à la tour Effel à chaque étage et vous avez Gustave Fel en ce cas dansant votre QR code.
Gustav FL qui vient parler au visiteurs en en annonçant donc comment la tour Effel s'est construite, des anecdotes, le ballon dirigeable, le Santos du Mont qui qui passe devant vous dans le deuxème étage et puis et puis par exemple, vous allez à l'abonvre dans les pays de la Loire et puis vous avez la statue d'Aliénor d'Akquitaine qui prend qui prend vie devant vous et puis qui vous commence à vous parler de sa famille, la dynastie des plantées et puis qui vous emmène au 12e siècle pour voir la vie de l'abaye. Donc voilà, c'est tout des choses comme ça qu'on raconte dans dans ces expériences courtes, immersives, mais qui viennent valoriser le lieu et puis le le le mettre en en valeur et s'affranchir des outils traditionnels sans pour autant dénigrer le la visite en elle-même. Et expliquez-nous Anthony, dimanche prochain, je veux par exemple visiter la tour Effel, comment je vais préparer mon parcours et comment je vais pouvoir avoir cette image que vous me promettez quand je vais être sur le lieu précisément du champ de Mars devant la tour Effel ?
Et bien alors vous allez pouvoir aller par exemple sur le parvis de la tour EFL, vous avez un signe une signaléthique avec un QR code qui est gravé dessus et pareil pour le premier étage deuxème étage vous avez un panneau donc vous sortez votre téléphone, vous scannez un QR code avec votre téléphone et ce scan va directement vous ouvrir une page internet si vous êtes connecté à internet. Vous cliquez sur un bouton, le bouton démarrer l'expérience et là vous vivez l'expérience à 360° directement. Donc c'est-à-dire que vous n'avez rien à faire, pas besoin de télécharger d'application ou quoi que ce soit et vous vivez tout autour de vous et vous regardez en fait Gustave Effel qui apparaît devant vous euh et vous parlez et puis à la fin vous quittez l'expérience et puis vous continuez votre visite et puis là vous pouvez le faire à à différents étages.
Et j'imagine que votre solution permet au aux personnes justement en situation également de de handicap de vivre pleinement la découverte là où parfois elle pourrait être pénalisée sur certains lieux. Tout à fait. Exactement.
On on se on s'adapte souvent, on adapte nos expériences avec le ce qu'on appelle le RGA, le référentiel général de l'améoration de l'accessibilité et puis donc on va adapter par exemple pour les les handicaps liés à la vision donc avec des textes qui vont s'agrandir ou en tout cas être personnalisables avec notamment l'audition c'est-à-dire l'audiodescription nos expériences on pourra les les traduire. On a une visite qui se fait dans le centre-ville de Lourde où Bernadette Subirus parle de la ville et puis vient nous nous raconter l'évolution de la ville. Euh et toutes ces toutes ces expériences ont été vraiment adaptées pour qu'on ait le maximum d'adaptation en fait à ces ces ces ces formes de handicap.
Merci beaucoup Anthony pour Overlap Factory et pour terminer cette émission spéciale dédiée au patrimoine et au numérique. Un artisan menuisier compagnon du Tour de France. Il représente une nouvelle génération d'artisans qui marie savoir-faire ancestral et outil numérique.
Avec nous en plateau aujourd'hui, Paul Willom. Bonjour Paul, on est ravi de vous avoir avec nous. Alors, expliquez-nous déjà très concrètement quel est votre métier et quel est le la matière première à laquelle vous confrontez ?
D'accord. Alors, bonjour à tous. Bah, effectivement, je suis menuisier et le menuisier en soit, il travaille essentiellement le bois, le bois massif, mais maintenant tout un panel de de dérivé de panneau puisque finalement le mobilier de notre époque est quasiment essentiellement fait de dérivé de panneaux, mélaminés, contreplaqué. et ce qui nous permet en fait d'adapter des formes un peu plus simples par rapport à des comment dire à une envie du client euh aussi simpliste. on n'est plus forcément sur, on va dire, des meubles normands ou en tout cas des des vaisseliers tout sculptés avec de la belle boiserie, mais plus justement sur la simplicité de de panneaux rectangulaires ou enfin voilà de certaines formes mais en tout cas vraiment qui permettent de minimaliser pardon le notre espace.
Donc voilà, du coup, le menuisier, lui, va fabriquer à l'heure actuelle tout ce qui est agencement intérieur et puis euh porte, fenêtre, parquet, enfin tout ce qui va toucher. Voilà. Al pour en arriver là, c'est une véritable aventure humaine.
Expliquez-nous comment on arrive justement à devenir compagnon aujourd'hui. D'accord ? Bah, je vais vous expliquer très simplement mon parcours puisque finalement voilà, c'est mon expérience qui fait que je suis là aujourd'hui.
Alors moi, je suis parti en apprentissage dans un centre de formation des compagnons du Tour de France à Saintbau Leving à l'âge de 15 ans. Oui. J'ai continué enfin j'ai j'ai fait mon apprentissage qui a duré 4 ans là-bas pour un CAP et un brevet professionnel et ensuite je me sentais pas forcément l'envie de travailler directement dans une entreprise.
Je suis parti sur le Tour de France car vu que j'étais dans un centre de formation comment dire géré par des compagnons et ben j'ai eu la possibilité d'avoir entre guillemets une bonne formation de base et puis en fait une entrée directe sur le Tour de France. Donc du coup le Tour de France c'est un voyage on va dire initiatique de notre métier qui nous apprend le le travail, le savoir-faire et aussi à devenir un être humain doté de capacité en fait d'adaptation. Enfin voilà, si on reste je pense toute sa vie dans notre région et ben c'est super.
Mais par contre là, moi d'avoir fait le Tour de France, ça me permet autant de m'adapter à des entreprises de petites artisanats de ou des grandes à plus grande échelle de la de l'industrie. Donc moi, j'ai choisi ma spécialité, donc l'artisanat mais ça ne m'empêchera jamais de en fait voilà essayer de nouvelles entreprises un peu plus grosses et du coup avec du travail aussi intéressant. Donc euh ce Tour de France pour euh continuer, il a duré 7 ans.
À la fin euh de ma 5e année, j'ai fabriqué ma maquette de réception qui euh pour que tout le monde visualise était un projet euh euh d'une porte cintrée qui représente celle du Hobbit dans le Seigneur des Anneau. Je sais pas si vous voyez. Donc un travail un tout petit peu plus compliqué que de la faire rectangulaire puisque finalement j'ai aussi fabriqué la la boiserie pour ornementer la porte.
Et euh donc du coup euh ça c'est en fait un euh comment dire un un le résultat en fait de des 5 années de Tour de France qui m'ont permis justement de comprendre comment le bois pouvait se travailler de différentes façons et vraiment ça me tenait à cœur de fabriquer ce projet puisque j'adore le film et à la fin de ces 5 années de Tour de France de années de retransmission de savoir-faire en tant que que compagnon itinérant et pour finir ma dernière année en tant que formateur dans ce même centre de formation où j'ai commencé justement mon apprentissage à Saintbau Leving dans le 77. Alors, expliquez-nous, le numérique rentre aujourd'hui dans dans le geste, on va dire, qui permet de de tailler le bois. expliquez-nous sur un projet très concret euh comment il réinvente ce geste et comment vous arrivez à trouver cette harmonie justement euh qui permet de revisiter un petit peu le le matériau que vous travaillez entre l'ancien et le nouveau effectivement bah du coup pendant c c ces années Tour de France, j'ai appris à utiliser et à maîtriser le numérique parce que du coup de base on démarre l'apprentissage en en ne connaissant rien et en fait on nous fait apprendre le tracé technologique et et comment dire enfin le le tracé en fait se fait sur une feuille papier et à l'heure actuelle maintenant on ne trace plus sur papier mais on fait tout sur CAOD exactement qui euh nous permettent en fait de d'aller relativement plus vite sans forcément perdre le goût le goût en fait à la création puisque'en réalité c'est simplement on gagne de la précision du temps et concrètement en fait on peut dessiner par exemple un escalier en une belle journée de cao.
Mais si c'était le cas sur papier ou sur panneau comme à l'époque et ben on mettrait peut-être de jours. Enfin voilà, je suis je suis pessimiste, mais c'est pour donner un exemple très concret en fait que quelque chose en fait qui à l'époque nous prenait une place monstre parce qu'il fallait le tracer à l'échelle 1. Maintenant on le réduit sur un ordinateur à l'échelle 1 mais on le dézoome, on met des traits de précision.
Enfin, tout ça nous permet en réalité d'aller un peu plus vite, d'obtenir de la précision et après euh une rapidité aussi d'exécution puisque finalement tout ça c'est une aide à la fabrication pour pour la suite. Si si vous vous projetez dans quelques années, dans 10 ans ou dans 20 ans peut-être le munisier du futur, est-ce qu'il continuera à à travailler le bois justement à se confronter à la matière ou alors ce seront des robots qui vont le faire à sa place ? Je pense que non.
Je pense qu'on pourra jamais remplacer le menusier artisan au travail manuel. Je pense plutôt qu'on sera aidé comme on l'est à l'heure actuelle d'une autre manière mais qu'on ne pourra pas forcément retirer ça du menuisier ou de l'artisan en général parce que finalement ce qui fait sa beauté c'est encore le fait qu'on utilise nos nos mains pour faire de la fabrication euh concrète et donc du coup ce sera juste en tout cas une une rapidité d'exécution ou une précision un peu plus accrue en fait sur nos projets qui nous permettront en fait d'arriver au bah au Triomphe. et à donner vie justement à cette vision que vous avez dans la tête de du geste et de de la matière qui est qui est transfigurée grâce à votre talent.
C'est ça. Ouais. Bah c'est si comment dire ?
Moi pour donner un exemple très concret, j'ai fabriqué un escalier mon un de mes derniers projets où en fait je le pensais euh et à la réalisation j'avais très peu de temps. Donc du coup en fait tout ça mis bout à bout, j'ai utilisé AutoCAD euh pour le dessiner assez rapidement. Puis après, grâce à ce logiciel, j'ai réussi à le l'imbriquer dans une de mes machines numériques qui m'a permis en fait de fabriquer et de monter en fait un ce qu'on appelle le limon, la pièce maîtresse qui permet de mettre l'escalier en élévation, mais vraiment d'une manière plus rapide où j'ai en fait un travail, enfin trois travails en un grâce à ma machine numérique.
Donc du coup ça et ça m'a pas ça n'a pas dématuré en fait ça n'a pas dénaturé pardon mon travail manuel puisqueà la fin j'en avais quand même besoin en fait de travailler manuellement. Donc voilà. Merci beaucoup Paul William.
Je rappelle que vous êtes artisan menuisier compagnon du Tour de France. Le numérique pour tous c'est fini pour aujourd'hui et pour prolonger la discussion on se retrouve sur vos réseaux sociaux préférés et ceux de nos invités. Il est temps pour moi de vous souhaiter une excellente fin de weekend et de vous dire à la semaine prochaine.
Xavier Bertrand