"L'IA est-elle capable de vérité?" Cédric Villani et Gerard Zyzek
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Alors, je voulais commencer par une anecdote qui s'est produite lors de la soirée de préparation euh de cette soirée. Il y a quelques semaines, on s'est retrouvé avec Gard Zizek et ses élèves ici. Vous n'étiez pas là, Cédric Vilani, on s'est dit "Bon, qu'est-ce qu'on va faire ?
Qu'est-ce quelle question on va poser à à Vilani ? Quel scénario ? Quelle scénographie on peut bien inventer ?
Quel texte on peut apporter ? et chacun y est allé avec ses idées. Gek a proposé des textes [grognement] et au bout d'une heure, on avait amassé quelques quelques petits bouts qui peuvent donner lieu à une scénographie et il y a quelqu'un, je sais plus qui à la fin de la soirée a sorti son iPhone et a dit "Voilà, moi j'ai demandé à Claude Lia de synthétiser tout ce qui vient d'être dit et voilà ce qu'il propose.
Moi, j'utilise quasiment jamais LIA à titre personnel, mais j'observe les gens l'utilisaient et donc il me l'a montré et c'était absolument parfait et très impressionnant. Il y avait quatre scénarios possibles avec des pistes comme si des pistes comme ça et puis si Vilan ça, c'està-dire que cet élève a dit il y aura Vilani, il y aura Zizek, c'est Tora et IA, il y aura Onigman de Academ. Quel quel takchuka on peut faire à partir de ça ?
Et à ce moment-là, j'ai éprouvé quatre j'ai éprouvé plusieurs sentiments successifs qui m'ont interpellé. En espace d'une fraction de seconde, j'ai ressenti d'abord de la stupéfaction parce que c'était absolument parfait. Euh ensuite, j'étais un peu jaloux parce que c'est la première fois que je me que j'ai vraiment ressenti dans ma chair que je pouvais être remplacé et je vais emprunter aucun des cas de scénario qui a été proposé par Claude.
Je pense qu'on va en parler ce soir parce que et précisément c'était parfait. Donc j'ai vite fermé, j'ai pas regardé et cherché une solution un peu imparfaite. Voilà.
Et je me suis dit laissons la place à l'imprévu et à l'aléatoire et justement ça va être l'objet de la discussion ce soir et même à l'erreur ou au flottement. [grognement] Après, j'ai ressenti une sorte de dégoût. Ça ça m'appartient un peu, je saurais pas exactement expliquer, mais la somme de tout ça, c'est que j'ai ressenti un trouble profond.
Et je crois que ça c'est quelque chose qui nous réunit tous par rapport à ce qui est en train de se passer là depuis quelques années. Ch pété et tout. On est troublé.
C'estàd que c'est le la confrontation de cette cette admiration, c'est incroyable et en même temps c'est un peu effrayant et chacun a son niveau, chacun dans son domaine. On sent qu'il se passe quelque chose de très très grand comme une grande vague qui arrive. On sait pas si ça va nous bouffer, ça va nous aider un peu des deux.
Et je crois que c'est un peu le sujet de ce soir de de voir quel mot on peut mettre sur ce trouble. Un dernier mot sur cette rencontre entre ces deux personnalités, je me suis dit finalement quel rapport entre les deux Vilan Zizek et j'ai pensé à deux choses. C'est que le telmudiste est un des plus grands mathématiciens de notre temps.
Finalement qu'est-ce qu'il est réuni, c'est que les deux ferraillent avec l'infini. C'est quiconque a déjà goûté à l'étude du telmud, c'est que il y a un moment donné où on tombe dans quelque chose duquel on pourrait ne jamais sortir en fait. Et j'y connais rien aux mathématiques mais je me dis que c'est un peu la même chose.
Il y a un sorte de de vertige comme ça. Et la deuxième chose plus triviale mais non moins importante il me semble c'est que tous les deux ont le souci d'incarner de faire descendre ce savoir aussi infini soit-il dans la cité. Cédric Vilani à part d'être médaille fields et un très grand savant, c'est aussi un ancien député, un conseiller municipal, c'est quelqu'un qui a le souci de faire d'incarner en fait ce savoir et Jersek par laiva kamouvane, c'est évident que il y a cette il y a cette il y a ce souci de faire descendre cette Torah et ce savoir euh si bas.
Voilà pour les présentations. On va prendre 1h15 à peu près pour l'échange entre Cédric Vilani et le Rav Zizek. Après, il y aura un temps de questions.
On va commencer par un mot de situation l'un comme l'autre. Je vais commencer par vous Cédric Vilani. Le monde juif, c'est pas exactement votre terrain habituel.
Qu'est-ce qui vous conduit à vous rendre dans uneiva et à confronter votre parole à la à celle d'almudiste ? Merci beaucoup cher Ruben pour cette excellente introduction et je retiens, on y reviendra mais en particulier un mot que vous avez utilisé le celui d'Incarnation qui va être un des mots clés ici. Et je note aussi, vous avez parlé de fonction politique, j'ai aussi été très attentif à la diffusion de la vulgarisation scientifique et l'un de mes grands projets dans ma carrière, ça a été le musée de mathématiques, le musée Henri Carré que ça a été mon boulot de faire descendre sur terre pour le coup à l'institut Henri Pocarré campus Pierre et Marie Curry dans le quartier latin pour qu'il y ait un lieu où puisse se rencontrer des gens gens, des familles, des enfants curieux de ce que c'est l'histoire et la culture mathématique.
Et là aussi, cette notion d'espace concret était particulièrement importante pour moi. Pourir à votre question, même si j'ai une partie une petite partie de ma famille juive, effectivement c'est pas mon terrain de jeu prédisposé si je puis dire. En science, on est habitué à et on sait que les contributions importantes viennent de toutes les cultures, brassent toutes les nations et en première approximation, on se contrefiche de savoir quelle est la culture, la nationalité ou la religion de tel ou tel grand résultat, grand scientifique.
Mais en seconde approximation, quand on s'intéresse à l'histoire des idées, on se pose les questions de quelle culture, d'où ça vient et on comprend à quel point le brassage des cultures et des idées ne fait pas abstraction. La science ne fait pas abstraction des cultures et des des nationalités, des foyers. Et ça m'est arrivé à bien des reprises de me retrouver avec des collègues, des inspirateurs, des maître à penser issu de la tradition juive.
Et d'ailleurs, comme vous l'avez fait remarquer, je crois lors de notre première rencontre, vous avez cité un un un dialogue dans lequel j'étais récemment avec un animateur radio qui me demandait de citer tel ou tel mathématicien inspirant et j'ai dit plutôt que de citer un mathématicien, un grand mathématicien disparu comme ceux sur lesquels j'ai fait ma thèse, Bolsman Landao, j'ai cité un mathématicien vivant, Joël Lébovitz. J'ai fait son séminaire il y a pas longtemps. Joël est un ami de très longue date et c'est le la légende vivante un peu de la physique statistique.
J'ai fait ma thèse en physique statistique et à bien des reprises ma carrière a croisé la sienne. Parfois j'étais s'est occupé de me de me soutenir et Joël euh a plusieurs particularités comme celle qu'il a le plus l'animateur du plus ancien séminaire de physique statistique dans le monde. C'est simple.
Joël a 95 ans et c'est toujours lui qui anime le séminaire. 96 maintenant, j'ai vérifié, c'est toujours lui qui anime le séminaire. Dernier séminaire en ligne, c'était lui qui posait la majorité des questions.
Joël est un rescapé des camps et je l'ai su seulement le jour où dans mon bureau en en chemise, en bras de chemise, j'ai remarqué le tatouage dont il n'avait jamais parlé. Et vous avez là quelqu'un qui ne s'arrêtera jamais avec une passion extraordinaire et non seulement son œuvre mais aussi cette énergie, cette résilience et quelque chose d'inspirant. Mais ça c'est l'exemple de de Joël Lebovitz.
Mais plus récemment anecdote quand je m'occupais dans mon cours de de de d'université d'intégration de recenser systématiquement dans une perspective d'histoire des sciences les nationalités ou les origines des différents contributeurs. Je me suis aperçu, ça m'avait même jamais sauté aux yeux que tiens mais celui-ci est d'origine juive, celui-ci aussi, celui-ci aussi en tout une vingtaine et statistiquement c'est assez considérable si vous considérez l'ensemble dans ce sujet. Et c'est une constatation que fait quiconque s'intéresse à l'histoire des sciences et des idées et particulièrement partir de la fin du 19e siècle et tout au long du 20e siècle. la prévalence extraordinaire à certains moments très importants dans l'histoire d'ailleurs prenez la bombe atomique événement majeur cataclysmique s'il en est dans notre histoire on surestime toujours le rôle d'Albert Einstein [raclement de gorge] mais les vrais instigateurs du projet de bombe atomique du projet Manhattan qui ont tenu la plume à Einstein lequel avait jamais pensé à la bombe il s'appelait Léo Silard et de Taylor tous les deux des juifs hongrois parmi les plus brillants qu'il soit, non seulement à l'origine de la bombe atomique, mais ensuite l'un, le plus grand euh fournisseur en chef d'armes pour le gouvernement des États-Unis, du temps de dronaldregan et l'autre fondateur des conférences pacifistes Pugwash occupé à organiser le pacifisme nucléaire. tous les deux très amis dans la vie mais sur des positions politiques vis-à-vis de la technologie aussi opposée que possible sur un sujet dans lequel il y avait tellement de de de contributeurs importants particuliers dans le milieu juif hongrois que ça donnaissance dans le projet Manhattan à la à la légende des martiens comme disait à l'époque la blague ses scientifiques prétendant venir d'un pays inconnu appelé la Hongrie parlant une langue incompréhens et avec un et avec une intelligence exceptionnelle.
J'ai fait l'un de ces martiens, le héros d'une de mes bandes dessinées, les rêveurs lunaires, le héros du 3e chapitre s'appelait Silard, plus brillant qu'il soit. Et le le chapitre s'ouvre par ses 10 commandements qu'il avait passé bien des années à peufiner, repafiner, traduire en différentes langues avant de conclure que seul l'Allemand rendait la notion impérative qui accompagnait ces différents commandements. Et pour parler de ça, c'était du côté américain. au passage que le mécanisme fondateur de la bombe atomique.
Le premier qui avait eu l'intuition de la réaction en chaîne, c'était lesard mais les premiers qui avaient eu l'intuition, qui avaient découvert la fission nucléaire, l'un s'appelait Otoan, l'autre s'appelait Lise Maer. Elle a été elle n'a pas eu accès au prix Nobel en particulier parce que son son statut juif même autrichienne rendait impossible le fait qu'elle soit qu'elle publie l'article au même niveau que ses collaborateurs et ainsi de suite mais elle était dans la boucle. Côté russe, c'est un juif russe, Lef Landao qui a été l'un des piliers du projet de de bombe atomique.
Et les physiciens allemands le disent dans leur captivité à dans leur captivité alors qu'ils sont écoutés par les le gouvernement britannique. Euh ben il discutent entre eux en disant "Oui, j'ai rencontré ce juif rus très intelligent l'flandao. J'ai aucun doute que les Russes seront bientôt leur bombe atomique grâce à lui." avec l'aide d'un autre juif russe Leéonde Kantorovic, fondateur d'un sujet de transport optimal sur lequel j'ai travaillé et qui a été ensuite dans les années 50 l'incarnation mathématique d'une combinaison particulière d'analyse fonctionnelle et de d'informatique théorique et de de de simulation numérique très particulière.
L'alterego américain a été un autre juif on gros américain en l'occurrence Yanos von Neuman. Quandovic était passionnément communiste et von Neyman passionnément capitaliste, l'un et l'autre étaient un peu les incarnations de scientifique au plus haut niveau dans ce mélange de bombes atomique de projet informatique et de simulation numérique et ainsi de suite. Alors à quoi est-ce que ça tient tout ça ?
Quand on s'était vu, vous aviez dit il y a quelque chose chez ces juifs qui est qu'ils arrivent à vivre avec leur contradiction. Alors déjà vivant avec la contradiction et se nourrissant de contradiction en partie. Je l'ai vu avec certains de mes collègues et parfois prenant plaisir à prendre le contrepied de leur propre conviction rien que pour le plaisir d'apporter une contradiction, je l'ai vu et ressenti.
Et à coup sûr, la contradiction est une qualité importante en science. Très important d'avoir la dialectique. Quelqu'un qui vous fait la contradiction, parfois vous pouvez porter votre propre contradiction, c'est fort bien aussi. mais aussi à coup sûr ce mélange de pragmatisme et de règles théorique avec un goût pour le très pragmatique, un goût pour le très très théorique comme dans une incarnation si je puis dire de cet aller-retour permanent entre le réel et les règles que constitue la mathématique.
Il y a le goût pour l'étude aussi bien évidemment dans une tradition où l'étude en famille parfois en captivité a été extrêmement importante. Vous savez que ça donnait lieu à controverse dans le milieu mathématique ça il y a un certain nombre d'années à l'époque où Laurent Lafor mais fil aussi et sur des positions c'est connu à la fois sur des positions très conservatrices aussi de société profondément chrétien avait suscité l'émotion dans une tribune adressée à la collectivité mathématique et en général un peu tout le monde disant j'observe c'est ce que disait Laurent la Forg mais des fils donc en 2002 que [raclement de gorge] peuple Le juif est selon moi de très loin celui qui a la plus grande réussite scolaire et universitaire en en regard par rapport à ça en nombre de réussite par rapport à sa taille. Et je me demande si nous ne devrions pas nous aussi en France prendre exemple là-dessus et refonder notre éducation sur la religion.
Et qui est venu lui apporter contradiction ? Évidemment, un juif communiste [rires] até le regretté Jean-Pierre Chan mathématicien l'université d'Orsé grand ami à moi, expliquant dans une tribune pourquoi la position de Ron la forgue était était absolument patenable, contreesens complet et ainsi de suite. Contradiction contradiction.
Gérard Zizek, vous pouvez contredetire Céani, [rires] il y a cette idée dans la tradition juive que forba de Kouaba, je traduis c'est un ahorisme rabbinique qui dit que la Torah on peut la retourner et la retourner dans tous les sens, on y trouve tout. Cela est en posé à quoi bon ouvrir la conversation avec le champ des sciences ? Oui.
Alors effectivement beaucoup je parle fort. [rires] Alors pour parler fort, je me mets debout. Voilà.
Très bien. Mais si pourtant on me dit que c'est assis. [rires] [applaudissements] Alors bien joué.
Lui c'est le maître. Lui c'est le maître. D'accord.
Non non pas du tout. Non non non non non. C'est pas c'est pas par posture simplement que c'est par respiration pour respirer.
Alors effectivement plusieurs de mes élèves qui sont ici m'ont demandé mais c'est absolument inintéressant. On a c'est ce que mon ami Ruby Enigman dit, il y a tout dans la Torah. À quoi ça sert de s'intéresser à des champs hors hors textuel, hors tradition, hors de la tradition juive strict au census.
Alors euh il me semble que nous ici on étudie beaucoup du des commentaires du maral de Prague et il y a un texte une michna dans le second chapitre du des perqu des Maxime des pères qui dit qui dit marb marim marb yesiva marb celui qui multiplie l'étude de la tor il multiplie la vie et celui qui multiplie la concentration pourrait dire la méditation il multiplie la connaissance donc on voit ici qu'il y a deux dimensions. Il y a la dimension de Torah, la Torah, la tradition strict et une deuxième dimension qui s'appelle qui s'appelle la connaissance. Alors, c'est vrai que on pourrait dire il y a tout dans la Torah et j'en suis convaincu. [raclement de gorge] Mais comme je reprends ce que dit Cédric, la connaissance est intéressante si elle rentre dans notre dimension humaine.
Pas seulement humaine. vous frères humains, non c'est pas un discours mais humaine en tant que chacun d'entre nous avec chacun son expérience. Et d'ailleurs donc je me permets chacun son son truc.
C'est vrai. Moi, je dirais ma vie, ce qui m'intéresse, c'est les textes de notre tradition. Et je ne vais pas je suis je suis pas capable de parler d'autres choses.
J'ai parlé avec quelqu'un de mes élèves sur ce sujet, mais je le reprends pour ceux que avec qui je l'ai pas pris. Il y a aussi un enseignement s'appelle une michna dans le traité Baba qui dit la chose suivante mon père perd un objet et mon maître perd un objet. Je ne peux moi je veux aider mon père, je veux aider mon maître en Torah, mais je ne peux pas sauver les deux objets.
Donc il faut trancher, ça c'est un point central, c'est les décisions. Comment décider ? Point central de la connaissance.
Notre vie est pétrie de choix. Comment décider face aux multiples possibilités qui se présentent à nous ? Et nous sommes pas l'â de Burridan, nous sommes des êtres humains.
Nous devons vivre. Donc comment trancher dans l'incertitude ? Ça c'est une question fondamentale de la vie de tout homme, de tout être humain et particulièrement du telmudiste.
Donc il y a l'objet perdu de mon père, il a l'objet perdu de mon maître. Donc c'est c'est un choix assez dramatique. Le Talmud dit l'objet perdu de mon maître prime. l'objet perdu de mon maître prime parce que mon père m'a amené à la vie ici m'amené à la vie et mon maître qui m'enseigne la rma qui m'enseigne la connaissance m'amène à la vie du monde futur.
Ici, on nous dit le père ou la maman m'amène à la vie dans ce monde-ci et mon maître qui m'amène qui m'enseigne la connaissance, la hororma m'amène à la vie du monde futur. Pourquoi la michna ne dit-elle pas mon maître qui enseignait la Torah ? Pourquoi le le la michna nous dit mon maître qui enseignait la connaissance ?
Un maître en Torah, il enseigne la Torah. Pourquoi on dit enseigne la connaissance ? la connaissance.
Alors, j'ai médité là-dessus. [rires] J'ai médité, j'ai pas trouvé dans les textes une explication à ça et je propose explication suivante parce que c'est un point très important aussi cher Cédric, c'est que notre tradition multimillénaire donne la possibilité à toute personne qui l'étudie d'innover à l'intérieur. Ça c'est un point très très important, c'est que chaque personne, chacun d'entre vous, vous étudiez les textes millénair de notre tradition.
Chacun d'entre nous, nous avons la possibilité d'apporter quelque chose qui n'a jamais été dit. Alors ça peut-être ce que je vais dire, ça a déjà été dit mais je l'ai pas vu. En tout cas, j'ai pas trouvé.
Je propose la chose suivante. La Torah le marxlique dans la michna dans Pierre, elle explique la Torah, c'est la connaissance de la Torah. Voilà, la Torah me demande si, la Torah me demande ça.
Donc j'ai bien étudié techniquement. Qu'est-ce que la Torah me dit ? J'ai étudié techniquement.
Mais maintenant ces technicités, qu'est-ce que elle m'apporte à moi cette technicité ? Ça c'est le maître. Le maître, il va t'enseigner en quoi ça te concerne dans ta vie à toi très simple de monsieur Tartempion ou de madame Tartompionne.
Ça c'est le maître. La différence entre un enseignant et un maître. Un maître il a fait il m'apprend qu'est-ce que moi je vais en faire pas qu'est-ce que lui le maître il en fait.
Qu'est-ce que moi je vais en faire ? Et ça c'est ça il amène à la vie du monde futur. C'est il fait que cette tradition elle va changer ma vie à moi.
Elle va créer une dynamique à l'intérieur de ma vie. Et ça aujourd'hui justement il y a un élève ici présent, mon ami Jonathan Cohen. Où est-ce qu'il est ?
Bien Jonathan. Quand il y a eu euh Chat GPT dans le domaine public il y a 3 ans et demi je crois, il m'a dit W Rizek il a un truc incroyable chat GPT il faut voyer absolument chat GPT alors j'ai vu c'est incroyable c'est la folie c'est un folie chat GPT me comprend mieux que n'importe qui. Par exemple, il me dit "Est-ce que vous voulez faire un dvartora sur la section de shabbat prochain dans le style de Ravzizek ?" [rires] Wou !
Alors, je dis en 15 lignes, il me fait en 15 lignes, tu vois. En trois pages, il me fait en trois pages. Mais d'ailleurs, je dis à mes élèves ici présent à quoi ça sert de se marier d'ailleurs ?
Non, pas à quoi ça sert de se marier ? On va vivre avec quelqu'un, on a du mal à comprendre cette personne. Quand Charles GPT me comprend mieux que moi-même.
Ah mais il y a déjà des gens qui sont en train d'organiser leur mariage avec Unia. On a quelques exemples ici et là. Voilà.
Voilà. Donc je suis pour. Je [rires] je suis pour.
En de quoi qu'il en soit quoi qu'il en soit, il y a un phénomène ici que nous vivons chacun d'entre nous. Nous sommes confrontés à un bouleversement pas seulement technologique, un bouleversement de notre existence qui va remettre en question, qui remet déjà aussi en question qu'est-ce que c'est enseigné ? Qu'est-ce que c'est enseigné à l'école ?
Qu'est-ce que c'est les relations entre personnes ? Qu'est-ce que c'est la connaissance ? Qu'est-ce que la spécificité l'humain et cetera et cetera ?
Donc ces questions, c'est pas des questions de Torah, c'est des questions humaines. Et avoir la chance de rencontrer monsieur entre autres hein, entre autres rencontrer des gens qui travaillent des domaines humains qui à la limite n'en ont rien à faire de la Torah. Et ben ça enrichit la Torah. s'enrichit de faire que cette Torah, elle va devenir ma Torah.
Ma Torah en tant qu'être humain. Ça c'est le passage entre la Torah et la connaissance. Ce que les philosophes, les mathématiciens ou d'autres ou le garagiste ou le pâtissier, ils vivent des choses en tant qu'être humain et écoutez ces réflexions, ça m'ouvre à la réflexion que moi je dois m'ouvrir à moi.
Et ça donne un écho concret à l'étude de la Torah. C'est le passage entre quelque chose qui pourrait être statique à quelque chose qui est dynamique et qui crée une dynamique dans notre existence. Voilà.
Alors euh Ravzizek a formulé l'une des questions qui va être centrale ce soir, c'est donc qu'est-ce qui spécifie l'être humain ? Puisqu'on a des machines qui font du zisec. Donc en quoi en quoi zizc est spécifique ?
Euh juste avant de vous poser cette question, St Vilani, question plus concrète. Quand on a discuté en aparté il y a quelques minutes, je vous demandais quel est votre usage de l'IA ? Et vous me disiez évidemment vous observez ça de très près mais dans vos recherches vous vous en passez.
Pourquoi ? [rires] précisément parce que pour moi la partie ce travail de terrain avec les mains incarnées, j'ai dit avec les mains mais en fait c'est le calculatoire, c'est quelque chose que je veux garder pour moi. Parti égoïst parce que je considère que ça fait partie que c'est dans le plaisir.
Le rapport entre la l'usager et la technologie, il est passionnant, sujet de tant et tant de travaux de philosophes, de sociologues. Et j'ai été plongé dans cette question intelligence artificielle par plusieurs bouts au fur et à mesure de ma carrière. D'abord tout bêtement quand j'étais adolescent et dans les années 80, c'était un moment où on parlait beaucoup d'intelligence artificiel.
Les historiens des sciences appellent ça le second printemps de l'intelligence artificielle. Le premier dans les années 60, le 2e dans les années 80. Et c'est à cette époque-là que mon vulgarisateur mathématique préféré, Douglas of Chatter, pour ne pas le nommer, évoquer l'intelligence artificielle comme une façon de de de s'attaquer au d'étudier l'intelligence, la conscience, l'âme, enfin la créativité en particulier.
Et là-dedans, moi l'apprenti mathématicien que j'étais, j'étais passionné par ce sujet qui semblait se placer à l'interface entre le l'algorithmique et la la les sciences cognitives, disons. Arrivé en grande école dans les années 90, le sujet était pas assez de mode. Pour le coup, c'était un nouvel hiver d'intelligence artificielle comme on dit.
Et je me suis lancé dans toute autre chose, dans la physique mathématique, dans les théories statistiques des gaz, des plasmas. J'ai fait ma test sur l'équation de Bolsman, de Landout, de Vlanzof, sur les discuss sur les diffusions et euh ça semblait être très héroïne de l'intelligence artificielle mais l'intelligence artificielle est venue s'inviter à moi par un deuxième canal que j'avais pas anticipé qui a été au fur et à mesure que je faisais de la vulgarisation la montée de plus en plus importante de ce sujet. Dans les années 2000, ça a recommencé à monter.
C'était après le les grandes parties Casparov contre IBM, le grand débat sur justement les performances de l'humain, les performances de la machine puis avait le développement de l'économie numérique de l'information en ligne, les grands succès de recherche Google à l'ouest et Baou à l'est, les algorithmes mathématiques pour trouver l'information et je voyais que au fur et à mesure euh le le conférences qu'on me demandait alors que dans les tout débuts d'année 2010, on me demandait euh ben parlez-nous un peu de la joie de découvrir de ce que c'est que la recherche et petit à petit, de plus en plus souvent quand on passait commande, c'était parlez-nous un peu de l'intelligence artificielle, aidez-nous à comprendre de quoi il s'agit. Encore plus à partir de 2012 quand sont arrivés les algorithmes de réseau de neurones très performants qui ont boosté le sujet. Deuxème voix donc en tant que vulgarisateur on me demande de faire des exposés pour aider à comprendre les ressorts. 3è voix c'est quand m recherch dans lequel j'étais habitué moi.
Donc je [raclement de gorge] vous parlais de diffusion, il y avait aussi un sujet qui s'appelait le transport optimal de mesures dans lequel j'ai travaillé et Vatipa que je découvre que ce sont des techniques qui maintenant sont aussi utilisées par les spécialistes d'intelligence artificielle. On était dans le milieu d'années 2010 et je rencontre l'un des grands noms de l'IA, Yoshua Benjo, l'un des très grands qui a reçu le preturing. Et quand je commençais à me présenter, à l'époque, j'étais missionné par le gouvernement sur l'intelligence artificielle et il me dit "Tu as pas besoin de te présenter, on a lu ton bouquin en groupe de travail sur transport optimal, on est persuadé qu'il y a quelque chose à en tirer pour l'intelligence artificielle." J'aurais jamais eu idée mais le sujet très très plein d'incarnation avec ses multiples avatars arrivver à à à vampiriser tout un paquet d'idées qui avait pas du tout été conçu pour ça. 3è voix et la 4rième voix c'était la voix politique.
Bien sûr, comme au Parlement, j'étais un peu mathématicien vedette de service, la victime toute désignée expiatoire pour un rapport sur la stratégie d'intelligence artificielle nationale. Et donc, je me suis mis à manger de l'IA au sens politique du terme matin, midi et soir pendant 6 mois et puis à travers des centaines de tables rondes. Et le sujet est venu s'inviter donc de bien des façons et c'est seulement très très [raclement de gorge] récemment qu'il est arrivé par une 5è voix qui est celui de intelligence artificielle au service de la pratique de la recherche mathématique.
Il y a encore quelques années c'était un sujet qui semblait la science-fiction. Il y a 2 ans à peu près, ça s'est mis à frémir de façon importante. L'an dernier, des mathématiciens vedettes comme Teritao ou Team Gers ont pris des positions très fortes sur le développement de l'IA au service des mathématiciens.
Cette année des conjectures du grand mathématicien Paul R ont été démontrés à Kudia et j'ai pu voir mes collègues certains passaient des heures et des heures et des heures par jour en dialogue avec leur alors Codex ou un équivalent du côté de Claude en tout cas des logiciels de open AI ou de anthropique pour les aider à améliorer leur preuve leur interroger la littérature reformuler faire les basses besognes qu'un mandarin peu scrupuleux aurait demandé à ses étudiants de faire à sa place tiens vas-y euh réécris-moi la section 3, simplifie, prépare-moi les slides pour mon exposé. Tout ça li fait et la position que j'ai prise dans un domaine, c'est ben autant je suis partant pour continuer à être en tant que politique, en tant qu'observateur de ce sujet, autant dans ma pratique mathématique, je tiens à garder le plein contrôle de mes outils et à travailler entièrement sur ma principale ressource là-dedans qui est mon habitude euh cognitive, y compris dans les calculs fastidieux dont je suis persuadé qui contiennent du savoir-faire et partant de l'intelligence qui est là-dedans et m'insérant prenant position dans ce grand débat habituel. Est-ce que la technologie nous donne plus de moyens ou est-ce qu'elle nous en enlève en nous enlevant l'habitude, le travail ? un très vieux débat qui remonte au moins à Socrate face à l'écriture et argumentant l'écriture nous fera perdre des capacités de mémoire, des capacités d'appropos dans la conversation, des capacités de de d'appropriation par soi-même parce que tout ce qu'on découvre par soi-même, on sait mieux que ce qu'on lit dans les livres.
Des critiques qui sont vraies mais qui n'ont pas empêché bien sûr l'écriture de prendre un envol. Et de la même façon, je dirais, sans avoir la prétention de me comparer à Socrate dans ce débat sur la technique, en tant que mathématicien, j'ai pris le parti de quelqu'un qui préfère continuer à travailler à l'ancienne. Alors, dans le débat, ça sera mon dernier commentaire là-dessus. en en en quand il y a eu tous ces débats qui sont arrivés, j'ai repensé à une position que et et excusez-moi là arrêt sur image mais là vous expliquez pas vraiment pourquoi euh vous n'utilisez pas ce cet outil au lieu de passer effectivement un temps fou à des calculs très complexes, vous les avez beaucoup plus facilement. ement vous dites je je l'entends très bien deux choses.
Vous dites que les petits détails sont significatifs. Donc c'est vrai, on peut demander à des sous-fifres de le faire comme ça a été fait comme vous a dit les mandarins, mais quelque part on perd les petits détails. Ça c'est un et deuxièmement il y a le plaisir.
Il y a le plaisir. d'un autre côté, ça aide énormément. Alors, pourquoi faire un choix radical ?
On pourrait faire un choix mitigé. On pourrait il y a bien des sujets sur lesquels je suis nuancé et certains sur lesquels j'aime bien une dose de radicalité. [rires] Et faut bien que quelque part dans la palette des comportements, certains prennent le rôle du l'enthousiaste et certains au contraire le grognon qui va bouder et tenir la position radicale.
Al, c'est drôle parce que quand je vous entends parler, moi j'entends des résonances très fortes avec des choses qui sont familières dans le monde de l'étude de la Torah. le labeur de l'étude en tant que en tant que tel, pas pour arriver à un résultat, le plaisir aussi, la jouissance en fait de de l'étude. Mais je reviens à ma question initiale.
Qu'est-ce qui qu'est-ce qui est conservé comme spécifique à l'humain face à de telles machines ? Souvent, on dit que c'est le langage. Vous avez dit ça parle déjà, il y a l'humour, il y a la conscience.
Qu'est-ce qui reste ? Alors avant avant de vous répondre, dernière petite anecdote cette question rapport avec technique et à j'ai souvent pensé à un moment quand j'étais en intelligence dans en train d'instruire ce débat sur l'intelligence artificielle pour le pour le pour le pour mon rapport parlementaire, il y a toutes les auditions et il y avait le moment où je recevais des représentants des cultes évidemment et on discutait intelligence artificielle et cetera et cetera et le grand rabin Corsia avec un peu de malice nous avait dit mais nous par rapport à la technologie on a un avantage structurel c'est qu'il y a un jour par semaine on l'utilise pas ce qui fait ce qui nous empêche de devenir trop dépendant et nous donne une saine distance par rapport à l'objet intéressante position à la fois comprenant bien le débat et mettant une à la fois radical puisqueun jour par semaine il y en a pas mais nuancé puisque c'est seulement un jour par semaine. J'ai souvent pensé.
Alors maintenant, on va venir à votre question sur la spécificité. Et là, je vais prendre une position d'abord position à la fois radicale et totologique en disant la seule chose qui manque et qui manquera toujours intelligence artificielle par rapport à l'humain, c'est précisément de n'être pas humain. Et j'insiste là-dessus, même si elle se met à parler comme Zizek.
à avoir les mêmes mimiques que Zizek. Après, il y aura peut-être son hologramme qui prendra les mêmes choses, un même ton de voix et cetera, à connaître le maral comme zizek, à connaître tout, toute la Torah et qu'on a l'impression que ces jusqu'au bout des ongles, ça sera juste pas Zizek, pas un humain, pas un certain humain avec sa filiation qui est fils de tel et tel, qui a vécu à tel endroit, qui a eu telle et telle expérience, qui a telle émotion, qui a telle incarnation qui est là où il est, utilisant le peu d'énergie qu'il a récupéré dans le glucose prix de ses aliments, le peu de matière qui lui a été transmis dans son existence biologique, un projet humain incarné, soumis au cycle de la biologie, de la chimie. Ce qui donne cette illusion, c'est un gigantesque projet éparpillé aux quatre points de la quatre coins de la terre dans lequel des millions de personnes ont contribué, même des centaines de millions de façon involontaire parce que ça a aspiré toutes les données des utilisateurs des usagers avec des matériaux qui ont été extraits de mines sur différents continents, consommation énergétique phénoménale, travail de programmation de paquet paquets de monde.
Bref, c'est un ensemble de formules mathématiques et de circuits et de rapport technologique qui a été qui est le projet désincarné et aussi démultiplié, délocalisé. C'est quelque chose nature complètement différente. Pas un être humain biologique qui s'inscrit dans une histoire et dans un peuple avec des relations avec d'autres individus.
Et tout le travail tout le travail d'une partie des marketeurs des grandes entreprises qui tirent les ficelle derrière consiste justement à entretenir cette illusion. Le simple mot intelligence artificielle participe de cette illusion. Le fait de dire c'est une intelligence artificielle et pas de l'informatique avancée et pas une formule mathématique sophistiquée.
C'est histoire de nous rappeler même inconsciemment comme si c'était un nouvel être qui est là qui discute avec nous une autre intelligence que nous qui vient prendre place dans le concert de la vie. Et cette grande confusion des genres, elle est très ancienne. On est facile à à berner là-dessus parce qu'on a tellement tendance à donner une âme à tel et tel objet, à un nounours pour nos enfants, à des robots quand on les voit.
Euh c'était le principe de la fameuse illusion du joueur d'échec turc, l'automate de Mzel qui euh au début du 19e siècle prétendait être en automate et en fait était un humain déguisé qui arpentait, faisait le tour des cours d'Europe, jouer contre tel et tel duc, contre Napoléon même et les uns et les autres entretenir la confusion, ça faisait partie du buzz et des capitaux et aujourd'hui encore la confusion est entretenue pour le buzz pour les capitaux. Alors, c'est important de rappeler rappeler encore ça l'apparence ça prend la parole un humain mais ça n'est pas un humain juste pas un de nos frères et sœurs. C'est le premier point et je passerai au deuxième dans quelques instants si vous le voulez bien après avoir pris une petite respiration.
J'entends je retiens dans ce que vous dites que la machine n' pas d'histoire. Elle va jamais aller se coucher sur le divant d'un psychanalyste pour essayer de détricoter ses nœuds, ses propres aporis. Euh, pas d'histoire, pas de sensation, pas de père et de mère, pas de ce n'est pas une des nôtres.
Grave Zizek. Voilà, c'est pas pour faire prof hein, c'est [rires] Alors, beaucoup de personnes posent la question est-ce que l'intelligence artificielle peut trancher des décisions légales dans ce qu'on appelle la alara, dans le droit juif ? Effectivement, il y a une foule d'information que l'on trouve sur chat GPT.
Moi, j'ai plutôt utilisation chat GPT. On me dit que je suis vieux jeu, il faut que j'utilise Claude. [rires] Mais bon, j'ai encore pas utilisé CL, j'at GPT.
Mais en tout cas sur chat GPT, je vois qu'il y a des informations incroyables mais sur des choses extrêmement pointues. C'est pas toujours pertinent mais disons 80 % c'est très pertinent. Bon, parfois pour les humains aussi c'est pas toujours pertinent.
Maintenant, est-ce que ça peut avoir des incidences dans trancher la ? Beaucoup de personnes me posent cette question. Alors, il y a un passage et j'aimerais que on rebondisse là-dessus.
Un passage dans le traité Babatra. Couflame la moubête 130 B d'entraité Baba Batra je vous le lis et le gain de Vinna dans le Shanarour rapporte ce passage comme décision légale. C'est un impact légal.
Alors, il y avait donc le talmud a été rédigé à Babel, c'est-à-dire en Irak au 4e siècle de l' de l'air commune. Voilà, 4e siècle en Irak. Donc en Irak entre parenthèses, on est gêné de pas avoir la clime.
Mais je pense je pense que le rédacteur du Tamud en Irak au 4e siècle n'avait pas la clime. Ils ont quand même rédigé le Talmud. Bon, qui c'est ?
Ils étaient ils avaient [rires] un savoir-faire tellement surprenant. En tout cas, le TU dit comme ça. Rava était le grand maître de l'école de Babel de Babylone en Irak.
Donc Rava grand maître de son époque qui dit comme ça à Marl papa ravosua. dit à ses élèves quand une décision légale à moi arrive devant vous c'est il y a une lettre décision légale de moi de wam de moi. Voilà. et vous trouvez une erreur vous trouvez une lettre du déconent légal dire il s'est trompé l' crou tous les ne déchirez pas cette lettre cette lettre avant d'être venu me voir.
J'ai une explication sur ce que vous avez cru que c'était une erreur. Je vous explique peut-être c'est pas une erreur. Donc la déchirez pas tout de suite.
Regardez d'abord apprécier apprécier si il y a une lettre à moi. Le grand maître alors il y a le grand maître vénéré tartampion rave bid le grand maître de la génération. S'il y a une décision à moi qui vient devant vous et que vous voyez, vous pensez que j'ai fait une erreur, ne la mettez pas tout de suite à la poubelle.
Donc ça veut dire ce serait légitime de la mettre à la poubelle. Mais non, ne la mettez pas tout de suite à la poubelle. Venez me voir, on va discuter.
Si je vous explique qu'en vérité c'est pas une erreur, c'est bon. Vila et si vous me convainquez que c'est une erreur adranabi je reviens eraré ou malouest j'ai pu me tromper effectivement maintenant après ma mort après ma mort comment ça va se passer si après ma mort il y a une décision légale à moi qui vient devant vous et que vous voyez qu'il y a une erreur Alors discuter ça va être difficile même si nous promet l'éternité, l'immortalité numérique. Voilà hein.
Voilà même les les pops de silicone parce que vous disent on va tout mettre dans un algorithme qui après votre mort continuera parler comme vous, répondre comme vous et cetera. OK ? Perspective horrible si vous me permettez d'ailleurs.
Oh pourquoi ? [rires] parce que la la mort est constitutive d'humanité. Très bien.
Très bien. Très très bien. Très bien.
OK. C'est vrai. Malmonie dit que la mort est un grande est une grande bénédiction parce que si les gens ne mourraient pas, les jeunes n'auraient rien à faire.
Il dit ça dans le guide des égarés. Donc la mort est une grande bénédiction. Merci.
En tout cas ma mort, vous pourrez pas venir discuter avec moi. Alors comment faire ? et que vous voyez une décision légale et vous voyez que a priori il y a une erreur.
Alors comment faire après ma mort ? Ne déchirez pas cette décision mais par contre n'appliquez pas cette décision. Ne l'appliquez pas.
Pourquoi ne l'appliquez pas ? Parce que pour vous, c'est éroné. Vous devez trancher selon ce que votre analyse arrive comme conclusion.
Mais par contre, ne la déchirez pas parce que peut-être plus tard vous comprendrez que j'avais raison. Alors là, il y a un bug. Ça fait sens.
Moi, je trouve que ça fait sens. Merci. [rires] Mais alors, d'accord.
Bon euh non, c'est pas fini. C'est pas fini. Pas fini. [rires] C'est pas fini.
Alors ça veut dire, regardez ici, il y a un bug. Encore une fois, encore une fois. Si la décision après ma mort revient, vous la voyez ces décisions et que apparemment je me suis trompé, discuter avec moi, c'est pas possible.
Alors, mais vous vous pouvez vous dire étant donné que peut-être que dans 30 ans, je comprendrai ce que dit mon maître et que je verrai qu'il avait raison, alors dans le doute, je suis ce que mon vénéré maître a dit. Non, vous n'avez pas le droit parce que en tant que décisionnaire, vous devez suivre ce que votre analyse arrive comme conclusion. Donc vous n'aurez C'est ce qu'on appelle et navrot un juge ne tranche que d'après sa capacité d'analyse à lui.
Maintenant ne la mettez pas à la poubelle parce que peut-être que plus tard vous comprendrez qu'est-ce que j'ai voulu dire et que je me suis pas trompé. Donc ça veut dire que peut-être qu'entre-temps ils ont tranché et que c'était faux. Donc ici, il y a une analyse que je dirais la vérité, c'est pas la vérité, c'est la capacité que j'ai de porter cette vérité.
Et je pense que ça c'est un gros problème quand on dit mais je vais m'aider par la technologie qui va qui connaît un milliard de fois plus les sources textuelles que moi. Mais ces sources textuelles, ce sont des sources textuelles, ce sont des informations, mais c'est pas une connaissance. Il y a une différence entre une information et une connaissance.
Une connaissance, c'est quelque chose que l'individu porte comme connaissance. La vérité, il y a pas la vérité. La vérité, j'écris ton nom.
Vérité. Non, c'est pas ça. Il y a pas la vérité.
La vérité c'est ce que moi je suis capable d'arriver à dire à un moment t d'ailleurs d'ailleurs dans le Talmud et même dans Maonid. Prenons Maonid. Maonide est un maître majeur de notre tradition au niveau légal.
C'estàdire souvent on pense que Mamonit est un des princes de la philosophie juive. Certes, certes prince de la philosophie juive mais dans notre tradition ici dans une yeshiva d'abord c'est le prince des décisionnaires. Il y a un passage dans les lois relatives aux enseignements aux lois enseignements de la Torah.
Malmonie donne une certaine conclusion et dans un autre passage d'un livre d'un du même livre mais des tomes plus tard dans les lois relatives aux objets perdus, Maimoni donne une autre conclusion. Alors on peut se poser la question pourquoi alors est-ce que c'est une erreur d' typographie ? Est-ce que les scribes se sont trompés ?
Alors il y a un grand maître qui s'appelle le rat de base Rabi David Ben Zimra. Alors là, en présence de mes chers amis que vous êtes venus nombreux, j'aimerais réhabiliter le grand maître Rabi David Benzimra. Je pense la plupart vous avez jamais entendu parler de Rab Maurice, tu as entendu parler de Radb ?
C'est dommage, il faut réhabiliter Rabi David Benzimra un des maîtres majeurs de notre tradition. Il était ça des expulsés d'Espagne. Il est allé ensuite au K au 16e siècle et c'était le maître de tout le Moyen-Orient.
OK. Il il répond sur Maonid comme ça dans son commentaire sur Maimonide. Il dit quand Monid aux lois d'étude de la Torah, il a donné cette conclusion, c'est la conclusion à ce moment-là.
Quand des années plus tard, il a tranché les lois sur les objets perdus, il a changé d'opinion, il a tranché autrement. Ah mais il a pas corrigé. C'est un livre vivant.
Le livre il est vivant. C'est pas parce que c'est imprimé que c'est mort. Ce livre il il évolue.
Il y a pas une vérité. Mais comment comment on fait alors ? Comment le lecteur s'il doit trancher, il fait comment ?
Et ben et ben tu dois étudier le sujet et arriver à ta conclusion. Ah mais peut-être tu alors c'est alors mais c'est quoi finalement la vérité ? C'est quoi ?
Il y a pas C'est la capacité qu'à l'homme de porter cette vérité et ça c'est une catastrophe. C'est une catastrophe de penser que il y a quelque chose une vérité figée. La vérité c'est pas quelque chose de figé, c'est quelque chose de vivant.
D'ailleurs, on dit que en hébreu, comment on dit la vérité messieurs dames ? Il y a alf même ta OK vous enlevez le alf c'est quoi le alf c'est an c'est moi la vérité elle commence avec moi. Elle commence avec ma capacité que j'ai de dire cette vérité.
Moi, en tant qu'être comme dit Cédric qui quelqu'un qui est nourri de glucose de d'acide aminé et de de l'air de l'air ambiant, de la coupe du monde, foot et tout ça. Voilà, [rires] c'est ça. C'est nous, c'est le c'est moi la vérité, c'est la capacité et ça ça c'est ça l'être humain.
Voilà, c'est tout. Alors monsieur, je vois bien le R Zizek avec un ballon de foot. Ça sera une un prolongement intéressant.
Oh quelle surprise ! En tout cas, le jeu entre erreur et vérité, évidemment, personne plus qu'un mathématicien, une mathématicienne et un réfléchi. Mais mathématique, c'est pas seulement la science qui s'occupe de chercher à démêler le vrai du faux en prenant appui autant que possible, juste sur le raisonnement.
C'est aussi la science qui se demande pourquoi telle ou telle chose est vraie. Et il y a une grande nuance, ça fait partie d'ailleurs du débat sur IA au service de la mathématique. Entre avoir une preuve mécanique comme une succession de démonstration implacable assortie dans une liste de peut-être 1000, 10000 1 million d'arguments qui vous garantissent quelque chose est vrai au sens mathématique du terme.
Il y a une grande différence entre ça et savoir quelles sont les grandes étapes du raisonnement, les concepts sur lesquels repose un raisonnement. Cette deuxième version qui est subjective parce que il y a pas de notion objective de ce qui est important ou secondaire, c'est une notion qui elle parle à notre subjectivité et à notre à notre façon de ressentir un résultat. Blaise Pascal déjà insisteré sur le fait que la vraie compréhension n'est pas juste la compréhension intellectuelle, mais celle qui passe par le cœur, par les sentiments et dans lesquels on se convainc avec ces triun résultat est vrai.
Et il y a bien des situations dans lesquelles des prémisses fausses peuvent servir de base à construire les grandes architectures d'un raisonnement vrai qui de file en aiguille se transformera en une preuve vraie ou bien dans lesquels un point de vue partagé qui est comme ça qui va être non pas une preuve au sens de l'enchaînement mathématique des termes mais une suggestion de quels sont les bons concepts derrière même si éroné dans le contexte va s'avérer être la porte vers la vers la vérité. Et on a un grand nombre d'exemples dans notre histoire et j'en ai dans ma propre histoire mathématique dans lesquel l'erreur côtoie la vérité d'assez près. Par exemple, quand le grand mathématicien Henri Carré, certainement le meilleur du monde à son époque, résout le problème le concours concours du posé par le roi Oscar 2 de Suède, on était dans les années 1880.
Coup d'éclat extraordinaire pour le jeune mathématicien qu'il était prouvant d'un résultat tendant à montrer que le système solaire est stable jusqu'à la fin des temps des moins de version simplifié du système solaire reçoit tous les prix et ainsi de suite. Il s'avère après relecture et le jeu des des experts pour la publication que finalement le résultat est faux. C'est le résultat qui lui a valu le grand prix.
Une forte récompense la célébrité mais il est faux. et point carré répare le résultat. Son éditeur Fin Mouche récupère discrètement tous les exemplaires qui ont déjà été imprimé et envoyé à travers le monde.
Et comme il y a pas d'internet à l'époque, la mémoire s'en efface et fait republier la nouvelle version qui elle a été corrigé, qui elle est vraie et au point carré non seulement à réparer les démonstrations, mais en gros démontre exactement l'inverse de ce qui était annoncé, l'instabilité possible. Mais le résultat faux n'a pas été effacé et remplacé par le résultat vrai. Point carré s'est servi de l'intuition à accumuler pour bâtir sa première version fausse pour bâtir dessus.
Le fait qu'il se soit trompé d'ailleurs une source d'inspiration si met un point caré s trompé c'est qu'il y a une subtilité majeure. On voit quelque chose là-dedans. Quand un grand mathématicien se trompe c'est très fécond, c'est inspirant. l'une des l'une des et dans dans mon histoire propre l'un des l'un des moments les plus dramatique si je puis dire en forçant un peu le trait dans ma quête de l'amortissement Landa je parlais tout à l'heure de l'f Lando, j'ai travaillé sur ce qu'on appelle l'amortissement Landao, un phénomène de stabilisation spontanée du plasma d'un plasma c'est pas un être de chair et d'acides aminés mais c'est un être d'atome et de noyaux et d'électrons dans lequel on séparé le neutron des des noyaux.
On établit un petit champ électrique en partant de l'équilibre, une petite perturbation et on constate et c'était prédit théoriquement par Landao que ça va spontanément vers l'équilibre à nouveau. Bon et c'est une longue affaire qui m'a occupé 3 ans d'arriver à une démonstration qui tienne la route avec mon ancien élève et collaborateur Clément Mouau. C'était la clé vers la médaille Fields et on s'est trompé tant et plus d'état d'état de fois dans le processus de la preuve.
Mais à certains moments, le fait de se tromper nous a permis de croire qu'il y avait un certain raisonnement et d'avancer et de continuer. Plus tard, on s'est rendu compte une fois l'étude effectuée que la route était fausse mais qu'il y avait un raccourci qui pour le coup était vrai et qu'on avait pas pu voir tant qu'on était bloqué là. D'autre part, il est arrivé que je reçoive une indication.
Mon collègue Étien Gist et mon voisin de bureau à l'école de Masper de Lyon. maintenant secrétaire perpétuel à l'Académie des Sciences. À un moment en voyant discuter avec un autre collaborateur, faire des dessins au tableau, il me dit "Ah, les dessins que tu as fait, je les connais." Et tu devrais regarder dans et tu devrais regarder telle démonstration de tel auteur, peut-être ça va t'aider.
Et effectivement, ça m'a aidé. Il m'a fallu un an pour comprendre comment. Et au bout de cette année, j'ai compris que le dessin que m'avait indiqué Étienne, la preuve, elle correspondait au cas inverse de celui des dessins que j'avais tracé.
Autrement dit, ils étaient complètement plantés. C'était même l'opposé mais finalement c'était le bon raisonnement à la fin par un tour du destin. Ça arrive bien des fois. vous êtes mis sur la bonne voie par des faux arguments.
Et euh de façon générale, quand on flirte avec la ligne entre le connu et l'inconnu, il est presque normal qu'on se trompe sans arrêt. On essaye, on prend des risques, on tâte la difficulté. Un coup on se plante.
Un coup on se plante mais on est là sur un certain niveau de complexité jusqu'au moment où arrive la voix qui verra juste. Vous me direz à la fin des fins quand il y a eu tant d'erreur comment vous êtes sûr que votre résultat il est juste. J'en ai été sûr seulement quand quelqu'un d'autre a pu redémontrer ce résultat par une autre voix.
Et je me suis dit là voilà après toutes les vérifications, il y a pas de meilleure vérification que celle de la redémonstration indépendante qui vous permet vous permet de savoir qu'il y a plusieurs façons d'accéder au mêmes résultats et donc les probabilités qu'il y ait d'erreurs d'un côté de l'autre elle-même, elles deviennent elles deviennent négligeables. Et dernier exemple que je vais prendre, citant un auteur qui est pas un mathématicien mais un grand sociologue, philosophe et théologien de la technique qui s'appelle Jacques Elul. À coup sûr, certains d'entre dans dans la salle le connaissent.
Ça a été un des très grandes œuvres sur les rapports entre l'humain et la technique. Et l'UL, j'ai potassé son œuvre à un moment pour répondre à une commande qu'on me passé au titre de président de la fondation de l'écologie politique Vilanier, prépare-nous un exposé sur Jacquel l'intelligence artificielle. Je me plonge dedans, je lis quelques-uns des livres de son de sa longue bibliographie et je découvre premièrement qu'il a absolument rien compris à l'intelligence artificielle et à l'algorithmique d'une façon aussi outrée que ça les mêmes cocasses.
Deuxièmement, que malgré ça ou peut-être grâce à ça, qui sait, 90 % de ces grandes conclusions sur la technique s'appliquent comme un gant à l'intelligence artificielle. Et troisièmement que son point de vue original avec une des questions théologiques nourrissant des questions sociologiques en particulier sur le rapport entre la parole et l'écrit. J'avais été très très frappé par un de ces ouvrages la parole humiliée permettait dégager des positions intéressantes éclairant le débat sur l'intelligence artificielle venant pourtant d'un spécialiste qu'onit rien à la faire.
Parfois, c'est un avantage de pas connaître de trop près les détails d'un certain technique. Et quant à la situation, l'internet d'aujourd'hui, certains spécialistes de de sociologie comme Lule ou pour prendre autre nom dont j'ai rédigé la préfase d'une réédition récemment, André Gorce qui n'avait pas l'internet chez lui mais qui avec sa science du capitalisme avait et du marxisme entre autres avait deviné comment le capitalisme allait s'acharner par tous les moyens à exploiter l'immatériel sur notre dos. Ils ont vu plus juste cela que les pères fondateurs de l'internet qui eux connaissaient par cœur la technique.
Une certaine dose de méconnaissance des détails peut-être un avantage. D'ailleurs, elle s par distingue fait la nuance entre la réalité et la vérité. La réalité c'est une affaire de des de lois exactes et de principes des des des lois des lois fines qui déterminent le déroulement de telle ou telle chose dans le monde réel.
La vérité c'est une affaire de grands principes et on peut très bien se planter sur la réalité et avoir juste sur la vérité. Et donc cette interrogation toutes ces erreurs, elles ont leur rôle fécond y compris dans la recherche de la vérité. J'aimerais et l'inverse bien sûr.
J'aimerais rebondir Cédric sur un point un point qui m'interpelle c'est que votre collaborateur vous a en voyant les figures que vous avez faites dit "Oui, mais tu devrais voir ceci et cetera et ça ouvert des nouvelles voix." Mon interrogation, c'est l'intelligence artificielle d'après le peu que j'ai entendu crée du nouveau. Crée du nouveau.
Des fois, on ne sait pas d'ailleurs, presque systématiquement, on ne sait pas comment la machine a touillé et a sorti un un à haute poete un un un un résultat un résultat qu'on attendait pas dans quelque chose de nouveau. Et dans votre démarche mathématique, ce qui m'intéresse, c'est la différence entre le nouveau, je dirais, et l'inoui. J'aimerais étayer cela par la chose suivante.
Comme je l'ai dit il y a quelques minutes, Monide est un maître majeur de notre tradition et un des travaux fondamentaux dans Maimonide, c'est qu'est-ce que c'est la prophétie ? Parce que la base de notre tradition, c'est la parole prophétique. D'ailleurs, Maimonide, un petit écrit qu'il a écrit entre l'âge de 23 ans, 23 ans et l'âge de 30 ans qui s'appelle le traité des h chapitres.
Il dit que une des bases de ce que l'homme doit tendre, c'est le souffle prophétique. Alors, il donne des exemples. C'est quoi le souffle prophétique ? ce qu'on appelle roi rakodèch, l'inspiration prophétique.
Alors, je vais essayer de synthétiser en quelques phrases, un grand chapitre, le 5e chapitre que je vous encourage à étudier c'était c'est il a écrit en arabe. Donc apprenons l'arabe pour lire Monit dans le texte. D'ailleurs, d'ailleurs quand des gens en Israël me disent "Mais monsieur Zizek, pourquoi vous écrivez vos livres en français ?" Je leur dis c'est pas un problème, il faut apprendre l'arabe pour comprendre Maonine.
Apprenez le français pour lire mes livres. J'ai pas de problème. Je suis pas bon je revenons.
Revenons à notre sujet. En tout cas dans le 5e chapitre il dit la chose suivante. C'est quoi le but de notre existence ?
Le but de notre existence pour Maimonit, c'est très simple. Il y en a qui se posent la question c'est quoi le but de l'existence ? Pour ma c'est simple, c'est connaître Dieu selon la capacité qu'à l'humain de le connaître.
C'est simple. Bien ce temp toutes les activités humaines doivent tendre à cette activité, à ce but. Par exemple, il dit "Lorsque je mange, je mange pour être en bonne santé.
Parce que si je suis pas en bonne santé, je suis pas disponible pour m'investir dans la connaissance de Dieu. Il dit aussi, alors là, il dit quelqu'un qui mange quelque chose qui est mauvais pour sa santé, il il il va dans le décor complètement parce que il sera malade et il sera pas disponible pour s'investir dans la connaissance de Dieu. Alors [raclement de gorge] après, il passe touses les activités humaines selon ce prisme.
Il dit maintenant par exemple avoir des beaux habits, est-ce que s'investir pour avoir des habits super classe est-ce que ça participe de la connaissance de Dieu ? Dit tu perds du temps. Sauf les araignées.
Les araignées, c'est spécial. Il y a une dérogation. Et d'ailleurs, on sait bien que suite à Salomon, il faut les ne pas les attaquer.
Alors, il dit il dit c'est une perte de temps. Il dit par contre par contre il dit si quelqu'un est investi dans la connaissance investi dans la connaissance c'est plus fatiguant le travail intellectuel qu'un travail physique. Et le travail intellectuel un moment rend obscur l'âme et la personne elle devient fermée sur elle-même.
Et le paradoxe de la connaissance que la connaissance devient autoconnaissance. On on on est enfermé dans son système, on est obscur, l'obscurantisme. Et alors le Talmud dit dans le traité shabbat que lorsque quelqu'un qui investit dans la connaissance, il rentre chez lui et il voit que sa femme elle est jolie, il voit que chez lui c'est agréable, que la maison elle est bien rangée, que il y a des meubles jolis, et bien ça lui amène une joie et cette joie l'ouvre à la connaissance de Dieu.
Et c'est le premier niveau de la prophétie. Et ensuite, ça c'est ce qu'on appelle roakodch. Roi Rakodes, c'est-à-dire sortir de son système et entendre quelque chose de nouveau.
C'est ça la connaissance de Dieu. Pour ça, je pense la plupart d'entre vous, vous avez déjà lu le le Emmanuel Levinas, on dit le son. Ça veut dire l'altérité machin bon ça veut dire c'est c'est-à-dire que la connaissance de Dieu c'est la connaissance d'une réalité radicalement inouie pour nous et le souffle prophétique introduit à la prophétie.
C'est quoi la prophétie ? [raclement de gorge] C'est écouter une parole. Les les le le les maîtres disent que l'asservissement en Égypte était qu'en Égypte, il y avait pas de parole. [raclement de gorge] C'est quoi la parole ?
Qu'elle était en elle la parole était en exil, elle était en Égypte, il y avait pas de parole. C'est pour ça qu'à la sortie d'Égypte, on raconte la sortie d'Égypte, le soir de Pessar. Pessar, la bouche parle.
Pour commémorer la sortie d'Égypte, on parle, c'est la parole. C'est quoi la parole ? La parole, par exemple, j'ai un enfant, je dit dis-moi, j'ai quelque chose à te dire.
Comment il réagit le fils quand on lui dit ça ? Il dit qu'est-ce qui va encore me tomber dessus ? Qu'est-ce qui va Voilà, merci. [rires] Qu'est-ce qui va encore me tomber dessus ?
Ça veut dire une parole, c'est quelque chose qui dérange. Je prends un exemple très hche hein. Après la choa, c'est connu que ceux qui ont vécu les camps ne pouvaient pas parler.
Quand il parlait, on dit "Ah mais chigop, il est fou, il est fou celui-là. Qu'est-ce qu'il raconte ? C'est pas possible ce qu'il raconte.
C'est pas possible. On fait pas des on fait pas des usines pour tuer des gens. Tu es fou quoi.
Tu racontes ça nous intéresse pas. Les personnes n'ont pas parlé. C'est 60 ans 70 ans après que certains ont commencé à parler.
Pendant 60 ans 70 ans, ils ont pas parlé. il pouvait pas parler parce que des fois une parole c'est quelque chose qui dérange. C'est ça la parole prophétique.
C'est une parole et ça c'est le problème de fréquenter des machines. C'est que la machine elle va te dire je dirais des choses nouvelles que tu t'attendais pas. Tu t'attendais pas.
Elle touille quelque chose d'extraordinaire. D'abord elle va dans ton sens. Tu poses une question GPT dit oh quelle bonne question. [rires] Moi j'attends que Char GBT dit qu'est-ce qu'elle est naze ta question. [rires] Il est [ __ ] pour ne pas faire ça.
Elle est naze, elle est bidon ta question. Mais alors mais là c'est c'est ça c'est le problème. Est-ce que on peut parler ?
Est-ce qu'on peut dire quelque chose ? Est-ce qu'on peut dire une parole ? Une parole, ça dérange.
Il y a une différence en hébreu entre mira et dibourg. Dibour c'est dur. Une parole c'est quelque chose qu'on veut pas entendre.
On veut pas entendre. D'où la question en tant que mathématicien est-ce que vous avez l'expérience du nouveau ou l'inoui ? C'est ça ce que je vous demande. [raclement de gorge] Juste avant de vous laisser réagir, Frédric Vilani, je voulais vous poser une toute petite question préliminaire et un mot que Gérard vient de prononcer à plusieurs reprises, c'est Dieu.
Est-ce que c'est une catégorie Dieu dans votre horizon mental ? Je pense que l'importance de du concept, la façon dont ça façonner l'histoire fait que tout le monde a en tête ça comme objet et comme force directement ou indirectement façonnant le monde. En ce qui me concerne, moi sur le plan des croyances, je suis un vrai agnostique, membre pour autant de l'Amie Pontificale qui contient toutes les toutes les grandes religions mais un vrai agnostique.
Et Dieu en revanche est en dehors de la pensée mathématique proprement dite. On observe que statistiquement il y a plus de croyants chez les mathématiciens que chez les biologistes. Peut-être parce que les uns sont beaucoup dans la transcendance et d'autres beaucoup au contraire dans la matérialité, dans la contingence terrestre.
Mais on trouve chez les mathématiciens absolument toutes les postures vis-à-vis de la religion. Et en revanche, il y a quelque chose qui va être vu comme transcendant du côté mathématique, c'est l'émergence de la vérité même. Et d'ailleurs, en écho profane à ce que dit le Maimonide sur la connaissance de Dieu qui est le but ultime de toute l'activité humaine.
Henri point carré que j'ai évoqué tout à l'heure me dit dans un de ses textes à succès sur la mathématique la recherche de la vérité est la seule activité qui soit digne de nous et il soumet toutes les autres activités. Excusez-moi, moi je suis pas d'accord du tout avec Ruben. Excuse-moi hein mon cher ami.
C'est-à-dire que Maimonine ne parle pas de Dieu. Oui. Vous vous non prononcé mais c'est pas très intéressant.
Non, c'est pas très intéressant. C'est ce qui est intéressant, c'est Dieu peut être un système, peut être une idéologie, peut être un blabla. C'est c'est pas intéressant.
Quelqu'un il dit "Je crois, je crois pas". C'est comme quelqu'un il est de gauche, il est de droite, je sais pas. C'est c'est une opinion.
C'est strictement inintéressant. Mais excuse-moi, mais par contre par contre entendre quelque chose de neuf ou d'inoui, ça qui passe par l'expérience humaine, et bien là là ça ça c'est fondamental et et le grand le grand le grand paradoxe de la démarche mathématique elle-même, il est dans cette émergence de l'inou Oui, justement en mathématiques, c'est la seule discipline dans laquelle tout le corpus des fondation est connu. On les appelle les axiomes.
Et on a une liste, c'est le champ de la logique, champ particulier. Pour le coup, d'ailleurs, les esprits juifs se sont illustrés en logique peut-être plus que dans n'importe quel autre sous-branche mathématique. Je pense à des gens comme Tarski, comme Solv, comme Chela et d'autres.
Et dans cette sous-branche mathématique, on s'intéresse au postulat de base et aux règles déductives qui permettent de passer de quelque chose qui admi à une vérité démontrée. Dans toutes les autres sciences, on va interroger sans cesse le réel pour trouver une nouvelle lois de la physique, de nouvelles lois de la chimie, nouvelles formes de vie et cetera et cetera ou de nouveaux effets dans la sociologie ou de de nouveaux comportements dans l'étéologie ou ce que vous voulez. Alors comme mathématique, on a la liste des fondations, on les appelle les axiumes de Zermelo Frankle.
Certains ils rajoutent l'axium du choix. Moi, je fais partie de la sousette qui n'utilise que l'axium du choix dépendant. Mais en tout cas, il y a un corpus fini et stable de choses qui sont connues.
Et tout ce qu'on fait ensuite, c'est juste combiner ce petit nombre d'axium connus avec des règles qui elles aussi sont connues. Alors, partant de là, on se dit "Mais on n'arrivera jamais à quelque chose de nouveau." On parle de règles connues et les transformations sont connues aussi.
On tourne en rond. Et le grand paradoxe, c'est qu'on arrive à démontrer des choses inattendues et même incroyables. Inoui c'est le cas.
Des choses qui semblent, quand on les voit semblent tellement paradoxal que çaen est choquant. Ainsi, par exemple de ce théorème de théorème dit de paradoxe de Banard Tarski qui vous montre alors il y a une grande subtilité dans le fait que ça utilise l'axium du choix. Mais l'axium du choix, il a pas l'air si choquant que ça.
Il vous dit tout simplement que si vous avez une collection d'ensembles non vides et ben vous pouvez choisir un élément dans chacun de ces ensembles non vides. Pas une grande affaire me direz-vous. Bon en tout cas avec Saxium du choix on démontre le théorème de Banard Tarski.
Je l'enseigne dans mes cours de licence en tout cas j'explique sur quoi il s'appuie. C'est pour élèves d'avancé. et et vous prenez un solide, une boule, il existe une façon de le découper en cinq morceaux tel que chacun de ces morceaux, vous le prenez, vous le déplacez à un autre endroit, vous les recollez comme ça.
Au début, vous aviez une boule et à l'arrivée, vous avez deux boules. Vous n'avez pas créé de matière et pourtant les morceaux, ils correspondaient à un volume de 1 m³ et après c'est 2 m³. Comment est-ce possible ?
Il a quelque chose d'inoui, d'invraisemblable, d'incompréhensible. On s'est forcément trompé dans la démonstration. Non, on s'est pas trompé dans la démonstration mais derrière des subtilités extraordinaires dans cette question du choix.
D'autres exemples. Henri carré nous montre que dans un système mécanique, système solaire justement, il suffit d'une microscopique variation à un moment dans les positions des planètes tellement minimes qu'il est impossible de la détecter mais avec un instrument de mesure si fin soit-il pour transformer le comportement du système dans le très très futur, très très lointain. Incroyable, inoui, choquant.
Ça a été une très grande surprise quand c'est sorti et ainsi de suite. Et dans bien des cas, cet inoui est venu après a été le précurseur d'une découverte sur les lois de la nature. Par exemple, quand sur ce point carré quand quand on a démontré c'était travaux en particulier du de l'astronome français Jacques Lascar montrant qu'il était impossible de faire des prédictions dans le système solaire sur les positions des planètes à une échelle de temps de plus de 60 millions d'années environ. 60 millions d'années, c'est que d à l'échelle de l'âge du système solaire qui se compte en milliards d'années et et et on peut avoir des fluctuations très grandes à cette échelle et plus surprenant encore, principal source d'incertitude dans le système solaire, on la trouve dans les positions respectives de deux gros astéroïdes ou mini planètes appelé Ses et Vesta. quelque part dans la ceinture d'Astéroïde entre Mars et Jupiter et dont la masse doit être quelque chose comme le milliardième de la masse du soleil mais qui sont positionnés telle façon que leur résonance ou quasi résonance entraîne une incertitude de plus en plus grande.
Incroyable, quelque chose de réel. Mais avant, il y avait un théorème mathématique incroyable qui était celui de point carré. Ou encore, prenez le fameux énoncé de Guedel vous montrant que dans n'importe quel système mathématique, on serait un peu complexe, suffit qu'il y a la multiplication, il existe des énoncés vrais qui sont indémontrables.
Ah, non seulement un truc qui est vrai mais indémontrable, c'est choquant. encore se dire que mathématiciens ont réussi à démontrer que quelque chose était [rires] indémontrable. C'est là justement justement phénoménal justement incroyable.
Là, il y a quelque chose d'inoui. Et donc dans ce grand paradoxe, à partir d'éléments connus, les assembler, les réassembler, les recalculer pour arriver en faire émerger quelque chose qui est choquant, là c'est là qu' arrive quelque chose où on est fier d'être là-dedans et en passant par certains des mêmes émotions que vous évoquez, la surprise, le choc, parfois la jalousie si ce beau résultat a été démontré par quelqu'un d'autre et vous dites "Pourquoi c'est pas moi qui ai eu l'idée de ce très beau théorème ?" Puis l'émerveillement, on se dit "Bah quand même là, c'est quelque chose quelque chose qui est qui est magique et qu'on va partager." Mais c'est exactement ça, cette émergence de quelque chose qui est inoui à partir de règles et de choses connues.
On va poser des questions au sol. Non, non. Très bien.
Euh, merci beaucoup à tout le à tous les deux. Euh, comment on fait ? [rires] leur tourne. [applaudissements] [applaudissements] On va prendre 20 minutes.
On va prendre 20 minutes de questions de la salle si vous voulez. Samuel, il a une autre a une derrière. Bonjour.
Lève-toi, lève-toi. En fait, j'ai une question mais c'est vraiment une question de DIA et de Matth avec les démonstrateurs, donc les assistants de preuves plus les vérificateurs. Euh, on peut démontrer de nouvelles choses comme vous avez dit qu' est-ce que vous pensez qu'il y a une limite de démonstration possible ?
Et par exemple, moi j'ai la conviction, mais c'est c'est une hypothèse, on pourrait jamais reconstituer le capul infinité décimal aujourd'hui avec tout l'a qu'on donnait. Ça veut dire que si on donnait toutes les expériences de gravité euh alia possible imaginable, elle elle arriverait à des règles très compliquées mais jamais à dire avec trois lois comme Newton l'a fait dire voilà c'est quoi les règles de la et est-ce que vous avez une idée de des limites donc du champ de démonstration de lire répondre OK je vais lancer tout de suite dans celle-ci qui est clairement mathématique jusqu'à tout récemment Les sciences à fort contenu théorique comme la mathématique ou la physique théorique n'était pas impacté par l'A. Au contraire des sciences beaucoup plus expérimentales chimie ou encore plus la médecine qui dès le début ont été impactés dans laquelle on a vu des résultats et de la recherche à la pointe.
Tout récemment, les choses ont changé. Il y a effectivement, j'en parlais, vous en parliez, des quantités de d'expériences et de démonstration et d'assistants de preuv là où auparavant, il y avait seulement quelques exemples de preuves assistées par ordinateur, théorème des quatre couleurs, l'empilement des sphères et des choses comme ça. Et la question se pose quelle est la limite ?
Il serait très hasardeux de parler de limite possibles. Mais pour l'instant ce que Lia fait très bien, c'est quand elle a un un jeu avec des règles bien délimitées, elle excelle à essayer toutes les combinaisons, tous les coups, que ce soit le jeu de go, le jeu de le jeu d'échec, le jeu de go, le jeu du parardy ou le jeu de la preuve mathématique assemblé les différents ingrédients. Au début avec le jeu d'échec, elle le faisait de façon assez exhaustive parce qu'on peut encore faire des grands arbres. plus tard avec jeu de go et encore plus avec jeu de la preuve mathématique, j'ai oublié de le faire que en explorant un toute petite fraction des possibles et en jouant un un ensemble de de de jeux d'alternance de coup d'exploratoire et vérificatoire pour avoir à la fois un raisonnement rigoureux et qui peut aller qui peut s'inspirer de de choses existantes et explorer et calculer.
Pour l'instant, ce qu'on a pas vu du tout ni à faire, c'est trouver un nouveau cadre conceptuel. Vous parlez de Newton. Alors, il y a Kepler et les trois lois.
D'ailleurs, il est arrivé à ces trois lois de façon empirique et les justifications scientifiques qu'il en donne sont tout à fait hasardeuses. On les qualifierait aujourd'hui d'obscurantisme vu la vision complètement euh étrange qu'il avait de de de ces trois lois. Kepler mais Kepler arrive par l'observation à détecter les ellipses et en fait ces fameuses trois lois qu'on apprend encore au lycée.
Newton reformule tout ça, il voit un nouveau contexte, il place sa vision des infinitésimau et c'est un tout nouveau cadre conceptuel. Einstein transforme ça encore et il dit c'est un problème de géométrie. Finalement je vais faire non pas une théorie analytique mais une théorie géométrique de la gravitation et c'est encore un nouveau cadre conceptuel.
Aujourd'hui, on n pas on n pas vu encore de cadres conceptuels qui arrivent et peut-être que justement il y a une limitation fondamental, c'est pas forcément impossible, mais c'est beaucoup plus dur. Pourquoi ? un nouveau cadre conceptuel que ce soit le cadre de Newton ou d'Enstein, c'est pas juste une variation sur les équations, c'est pas juste une nouvelle preuve, c'est une nouvelle façon de poser voire de sentir le problème.
Quand Einstein dit c'est pas des forces, c'est une question géométrique. C'est comme si je repositionne le un tout nouveau champ non seulement de de de la connaissance, mais une façon de sentir le problème, une intuition. Il dit d'ailleurs Einstein il résit beaucoup en expérience de pensée et il s'est dit ben moi au début le début de ma réflexion ça a été quelqu'un qui tombe dans son propre référentiel ne se rend pas compte qu'il est en train de tomber et il y a pas de moyen pour lui distinguer s'il est attiré par quelque chose ou s'il est juste sans sans aucun mouvement et il s'est dit il va avoir une façon de raisonner là-dessus et de fil en aiguille.
Il est arrivé à cette cette géométrisation de la de la de la gravitation. au début, c'est passé par cette expérience en se mettant à la place de quelqu'un qui tombe et et je pense que dans bien des cas, même dans notre façon d'aborder une théorie mathématique, on le ressent et on se met, c'est le grand travail du mathématicien, c'est pas juste de savoir les résultats, c'est développer son intuition, un mélange aller-retour entre un concept, une représentation et des calculs dans lesquels les analogies vont se trouver parfois du côté militaire, on se demande de quel côté on prend d'assau le problème, parfois du côté côté de la géographie où on se demande quels sont les ponts, les vallées, les déserts et cetera, mais dans dans quelque chose qui vient être incarné. Et tout ça nous rappelle différence fondamentale entre une IA, que ce soit une IA qui démontre ou une IA qui parle.
Et un humain, un humain qui démontre, un humain qui parle, l'humain part de ses sensations, les traduit en langage et les opérations sur langage sont des conséquences, des corolaires de ce ressenti qu'à l'humain, de cette façon de se représenter le problème. Là où l'intelligence artificielle n'a pas cette étape interne de ressenti, c'est uniquement un travail sur les mots, uniquement un travail combinatoire basé sur les formules, sans l'intuition sous-jacente. Alors évidemment, c'est aussi ce qui permet Aia d'agir à une vitesse époustoufflante. personne n'aurait la possibilité en 5 minutes de se mettre dans la peau d'un traité de philosophie d'une centaine de pâtes que peut vous pondre l'a mais c'est peut-être aussi sa limitation et en tout cas une une différence fondamentale de l'ordre dans lequel la hiérarchie des concepts si je puis dire entre la pensée humaine et le calcul.
Je vais pas dire une pensée mais le calcul fait par Lia. Euh euh Cédric en vous écoutant ça m'évoque ça me fait poser la question suivante. En vérité ce que vous dites nous en tant que taludiste, on en a l'expérience tout le temps.
Mais lorsque vous allez dans un milieu, je dirais là, j'ai l'impression que vous travaillez à domicile, que on est en dans le milieu juif, on vit ça. On vit que notre intelligence est incarnée. Un talmudiste a une vie de famille et sa vie de famille est le est le terreau avec lequel qui nourrit qui nourrit sa réflexion théorique.
Mais lorsque vous allez dans des milieux euh autres, comment c'est reçu ce que vous dites ? de façon assez variable mais simple fait de venir assister à une de mes conférence je crois témoin d'une volonté de s'interroger et je constate que dans la plupart des conférences sur l'intelligence artificielle il y a une volonté des gens présents justement qui ont fait l'effort de se déplacer de vouloir aller au-delà de pas juste être l'utilisateur qui reçoit le truc et qui se pose pas de questions et et aller sur le terrain de cette incarnation est quelque chose qui dans la plupart des cercles va être bien reçu. Mais là vous avez raison, c'est qu'il faut pas se faire d'illusion.
L'expérience nous démontre que bien des usagers préfèrent juste oublier le questionnement qui pose des n au cerveau fait perdre de l'énergie pour aller vers la réponse et grand bien leur face, ils ont le droit la même façon que les opinions politiques et cetera tant qu'elles sont sincères. avec une nuance cependant pour ceux dont c'est le métier de se questionner qui s'appelle les étudiants, nos élèves, nos étudiants. Et c'est là aujourd'hui Silia remet bien des choses en question dans nos usages.
Elle pose des questions majeures et des questions problématiques majeures au niveau de l'enseignement. là où la frénésie immédiate d'usage a été dans le fait de faire rédiger les dissertations par les I de frauder. Il y a pas longtemps, j'avais discussion avec un de mes collègues algériens qui me disait "On est bien embêté, on voit queil y a des petits malins qui viennent vendre des oreillettes Bluetooth indétectables à la sortie des centres d'examen.
On voit que c'est devenu impossible de faire confiance à qui que ce soit dans les dans les sujets écrits." Et à peu de temps de là, je je je voyais l'anecdote de ce prof de collège qui s'est dit "Ah, mes élèves, ils ont vachement progressé, [rires] faisons une petite expérience." Et dans le sujet de la disserte d'après qu'il partageait sur une plateforme électronique, il a eu la bonne idée de rajouter des instructions en blanc sur blanc.
Vous savez dans le fichier Word, vous écrivez en caractère blanc sur fond blanc de sorte que l'humain n'y voit que du feu. Et l'instruction c'était de citer Maurice Ravel et Albert Einstein et au surprise [rires] 2 tiers des copies ont cité Maurice Ravel et Albert Einstein. Et là là, il y a ce problème 2 nos étudiants, bah c'est juste de tiers de trop.
Autant pour des gens adultes qui font toutes sortes de métiers, c'est tout à fait acceptable que de tiers s'en remettent à L pour savoir quel temps il va faire ou comment il sent ou qu'est-ce qui doit qui va être le gagnant du prochain match de foot. Autant pour un étudiant, par définition, son boulot c'est de se questionner, de se triturer. L'étude doit le transformer en quelqu'un de nouveau, quelqu'un qui a qui a progressé de par cette constante cette constante bataille avec l'interrogation même.
Et là, nous avons un vrai sujet. [applaudissements] Merci. Non non, je vais pas le euh alors euh ça je suis littéraire moi je suis juriste.
Madame est littéraire et juriste. Voilà donc je suis pas du tout dans les bases mais j'ai une question sur l'estimation des risques. Donc l'avenir incertain alors estimation des risques.
Ouais. Oui. Et donc l'avenir incertain puisque un risque c'est une forme de probabilité.
Donc c'est un certain mon petit raisonnement à moi. Alors j'ai lu un article et j'ai vu une conférence sur l'IA qui expliquait qu'une IA argentique était sortie de son protocole de confinement pour aller créer de la cryptow et que ça posait des véritables problèmes qui n'étaient pas résolus à ce jour et également en matière d'anticipation de risques et donc de résolution de certains risques par anticipation. C'est ma question.
Alors euh d'abord d'abord il y a quelque chose à bien savoir. Comme il y a des gens dont c'est le business de faire le buzz autour de l'IA, je vais des des don c'est le buzz autour de l'IA, on trouve sans arrêt tous les jours des nouvelles qui sans être vraiment fausses, sans être ce qu'on appelle des fake news ou des infos, si vous voulez sont écrites de façon tendancieuse. Et donc la nouvelle que vous aviez une Iia antique qui sort de son protocole de dans lequel était confiné pour aller créer créer une cryptomonnaie ou faire ceci et cela.
On a l'impression présenté comme ça que elle a pris son autonomie, son envol, le le souffle s'est changé le souffle de l'âme, elle est venue l'habiter, elle a pris une décision. Mais Liya n'a pas de décision, ne pense pas. Elle a juste été en l'occurrence mal programmée et il y avait une faille dans la programmation qui lui permettait de faire des choses qui auraient dû qui aurait dû sortir de ceci ou cela.
Mais euh ces risques, ils sont tout le temps. En ce moment, l'un des cauchemars des grandes entreprises à haute niveau de tech s'appelle le piratage et les erreurs de programmation. Et s'il y a eu autant de bazars et de buzz autour de mythos de entropique et de sa façon de détecter et si le président Trump a dit ça c'est c'est que pour les Américains et ainsi de suite, c'est parce que ces programmes perfectionnés sont capables de détecter avec une grande inventivité des failles y compris des failles comme on dit zodé des failles présentes dès le début du logiciel sur des programmes qui ont 10 ans d'âge et sur lesquels on a construit réutilisé réutiliser qu'il est plus question de réparer parce que il y a tellement d'autres protocoles qui s'appuent dessus que le tout pourrait s'écrouler ou qui sont juste même plus maintenus par les entreprises.
Elles sont passé autre chose, elles ont arrêté le service sur tel ou tel truc. Bon, voyez comme c'est redoutable et le monde est plein plein de ses failles. Plus on confie de tâche au au à l'algorithmique et plus on a de risque d'avoir justement des problèmes, des bugs, des écroulements, des choses comme ça.
Ça peut être c'est un monde fascinant, je dirais même la façon dont un domaine une fois qu'il est algorithmisé peut se retrouver soumis à plein de choses. Vous parlez de des risques et de la du côté des risques, on pense aux assurances, on pense à la finance, on pense à la bourse. Je vous recommande vivement les ouvrages d'Alexandre Lomonier sur la numérisation de la de de la bourse, de la finance en général, des ouvrages qui s'appellent 6 5 et 4. un monde complètement dingo dans lequel des ordres sont donnés à l'échelle de la milliseconde dans lequel des entreprises s'écroule en une fraction de seconde dans lequel le fameux flash crash et 6 mai 2010 on l'enseigne dans les dans les dans les écoles de de finances algorithmiqu vous avez en quelques minutes la bourse mondiale qui perd 10 % de sa valeur sans qu'on comprenne à ce jour complètement pourquoi.
Il y a encore débat pour savoir exactement pourquoi ça s'est produit. Puis la valeur qui revient revient dans les dans les heures qui suivent et là encore il y a un débat encore parmi les experts pour savoir. Bon donc ce genre de de miracle entre guillemets inoui pour le coup plutôt inquiétant euh ben ça vient avec la numérisation du monde dans laquelle les codes sont de plus en plus complexes nombreux et en plus les codes sont de plus en plus écrits par des IA.
L'IA elle programme donc vous avez une IA qui programme une IA qui programme une IA. Vous imaginez le nombre de bugs phénoménaux qui peut y avoir là-dedans. Et euh la l'université Paris Saclé qui est à coup sû en France la plus célèbre en matière de de d'algorithmique s'est fait pirater.
Ça a été un carnage des tas de données qui ont été perdues mais n'importe quelle entreprise. Jeff Bezos lui-même s'est fait pirater son compte perso. Ça a été un carnage d'affaires sa vie privé tout ce que vous voulez.
Tout le monde peut se faire pirater parce que la vie la réalité c'est que le monde de l'informatique en principe il peut être beaucoup plus sûr que les humains. En pratique, il est bourré de bug jusqu'à la moelle et il va falloir vivre avec pendant pendant un bon moment. Et euh gardez gardez bien ça en tête sur les sur les par rapport à l'évaluation des risques.
Tous les risques sont faussé par ça. Il y a une autre phase sur le risque maintenant. Euh le le lien arrive avec une sorte de promesse de la prédiction aussi fine que possible et on vous parle aussi de diagnostic personnalisé de prévention de risque et cetera et cetera.
Le risque fait partie de l'humanité et de la vie. On parlait tout à l'heure de l'infini. Il y a de les deux grands mystères en mathématiques sont l'infini et la probabilité.
Deux choses qu'il est sur lesquelles il y a des des des océans, des abîmes de de mystère. Et euh le fait d'avoir une incertitude sur la vie qu'on va mener, quelque chose de fondamental aussi dans l'humanité, la solidarité vient forcément avec une notion de partage du risque. L'assurance, c'est rien d'autre que la mise en commun de risque.
Et c'est ça qui lit les individus les uns aux autres. Un [raclement de gorge] monde dans lequel on aurait tous nos risques calculés précisément et nos risques capitalisés au niveau individuel serait un monde de justement dans lequel il y aurait une serait de de désolidarité, un monde d'individualisme et et le le le le le le la notion de risquer quelque chose avec quoi il faut vivre sachant en apprécier les bons côtés et en ayant bien conscience que l'algorithmisation parfois avant rajouter. Là, on aurait pas forcément envie qu'il vienne de façon phénoménale.
Pas le moyen de l'anticiper. Euh, vous savez, c'est pas des idiots. Les gens qui ont programmé les les I, les gens qui les ont théorisé, c'est pas des idiots.
Et même eux, ils sont retrouvés complètement incapables d'anticiper les choses qui allaient se produire. Même le plus le plus intelligent du monde peut jamais maîtriser l'ensemble [raclement de gorge] de sa complexité. Même Einstein n'avait pas prévu certaines des conséquences de sa théorie de la relativité générale qui a donné naissance à certaines conclusions qui lui semblait évidemment fausse.
Et à plus forte raison quand vous avez un algorithme qui va écrire du code, qui va écrire du code et cetera, vous avez encore plus d'impossibilités, sauf si vous premièrement évoluez dans un cadre de de confiance où vous restreignez les usages de telle ou telle chose de façon bonne ou bien si vous veillez à ce que vous viviez dans un monde avec des délégations de responsabilité à des humains dans lesquels vous avez confiance et qui reste global ement plus stable que les algorithmes. Parfois c'est exaspérant, parfois c'est comme ça. Et plus difficile de casser un préjugé qu'un atome.
C'est une citation erronée d'Istein. C'est parti des nombreuses citations qu'on attribue à Einstein alors qu'ils n'en sont pas mais c'est complètement vrai. Et parfois c'est très très pénible surtout quand vous êtes en politique de voir à quel point les idées humaines peuvent avoir la vie dure là où la science évolue très très vite.
Parfois vous êtes bien content de pouvoir vous appuyer sur des humains prévisibles quand il s'agit de régler les les de d'éviter les catastrophes que peut provoquer d'algorithmes imprévisibles. Voilà. Alors on va s'arrêter là. tu dis qu'il y a collation, il y a une collation qui nous attend en bas.
Je voudrais remercier d'avoir les chi étudiants, les chi étudiants d'avoir organisé cette rencontre que j'ai trouvé passionnante. Je voudrais particulièrement vous remercier Cédric Vilani [applaudissements] parce que [applaudissements] pour une raison pour une raison particulière qui est que Jérek a dit vous jouez un peu à domicile c'est vrai mais pas non plus à 100 % et j'ai l'impression enfin c'est ce que j'ai ressenti peut-être que ça été partagé par la salle on sait dans le monde de l'étude ce que c'est le frisson du du limood de l'étude. de ce que c'est Torah Traim, une Torah incarnée, vivante.
Et cette vitalité, je trouve que elle est complètement partagé aussi par Cédric Vilani, manifesté et c'est très impressionnant. C'est aussi bon pour nous de savoir que ce sont des choses qui circulent en dehors des Arbaramotes du Bamin Rach de [grognement] la maison d'étude. Euh, je vous ai dit mon ressenti au tout début par rapport à Lia.
Moi, je ressors un petit peu rassuré quand même parce qu'on a toujours ces scénarios un peu apocalyptique de l'homme qui va se faire substituer, remplacer et je trouve que et dans ce que le Ravizek et dans ce que Cédric Vilani ont exposé, on sent qu'il y a quand même un pl un plafond de verre qui tient justement à ce qu'il y a un peu de non interchangeable chez l'être humain. la parole inou, la capacité à faire du riouche, la fragilité, l'erreur aussi, le ressenti et donc je vous remercie de nous avoir un peu rassuré. Merci [applaudissements][acclamation]
Cédric Villani