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interviewLe Figaro· 13 septembre 2024 7 min

«Le périphérique à 50km/h témoigne d’une politique de mobilité idéologique et archaïque»

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

en réalité les premières victimes sont des victimes invisibles le périphérique est majoritairement emprunté par les franciliens et non pas par les Parisiens lorsqu'on a fermé les voiture berge les premières victimes ont été les personnes qui devaient circuler et traverser Paris et qui ont considérablement allongé leur temps de parcours la mer de Paris anidalgo a réaffirmé vouloir progressivement abaisser la vitesse limite sur le périphérique de 70 à 50 km/h elle met en avant notamment la réduction de la pollution cette mesure vous semble-t-elle justifiée la pollution si on s'en réfère à l'Adème ou herpif qui sont les organismes de référence il n'y a pas au dire de ces organismes de preuve qu'un abaissement de 70 à 50 améliorit la qualité de l'air que ce soit en terme de CO2 ou de particules fines la deuxième raison ce serait l'abaissement de la pollution dite sonore or on parle si on abaisse de 70 à 50 de 1 à 2 décibel selon les estimations de la mairie même donc en réalité c'est tout à fait négligeable on sait qu'il y a des un certain nombre de mesures techniques qui peuvent être prises typiquement l'isolation phonique typiquement de nouveaux revêtements qui ont des effs fait de 3 à 5 fois plus important sur l'abaissement de la pollution sonore et ces mesures ne sont pas prises le dernier élément qui a invoqué c'est l'accidentalité sauf que on ne circule pas en tant que piéthon sur le périphérique et c'est là que la différence peut se faire lorsqu'il y a un abaissement de vitesse moyenne quant à l'effet sur l'accidentalité des voitures il est estimé assez faible lorsqu'on sort des cas théoriques et qu'on regarde la pratique cette mesure vient s'ajouter à la piétonisation des voies sur berges au coronapiste ou encore à l'abaissement à 30 km/h de de la vitesse dans Paris qu'est-ce que cela dit de la politique de mobilité de la Mairie de Paris je vais peut-être vous raconter une histoire brève c'est celle de ce qu'on appelle l'effet Cobra l'effet Cobra ça a été la décision par le gouvernement britannique à l'époque de de l'Inde coloniale pour lutter contre les cobras contre les serpents qui pu à Deli dans la région de Deli d'offrir une récompense pécunière à tout habitant indien qui ramèneraiit un serpent les Indiens par opportunisme tout à fait rationnel ont commencé à élever des serpents lorsque le gouvernement britannique s'en est rendu compte il a fait cesser la mesure et les serpents les Cobras ont été relâchés dans la nature si bien qu'après ce dispositif le nombre de cobras dans la région de dé était plus important qu'au début je raconte cette histoire parce que l'effet Cobra c'est exactement ce qui est à l'œuvre avec l'ensemble des mesures que vous décrivez lorsqu'on a décidé de fermer les voitur berge il y a eu un déplacement de zones qui n'étaient pas habité puisqu'on parle des bords de seè et des contrebas vers les zones habitées les zones de plus forte densité donc paradoxalement et de la Ve même des organismes de référence il y a eu un déplacement de la circulation et de la pollution il n'y a pas eu d'abaissement de la pollution et donc on est en plein dans l'effet cobras ce qui est à l'œuvre c'est ce qu'on appelle la politique de démobilité il s'agit de faire un disparaître la voiture de Paris et disparaître la voiture tout court on le voit notamment dans les questions relatives au stationnement la surfacturation dramatique des SUV en tout cas des véhicules lourds l'abaissement la diminution par deux des places de parking ces dernières années ce sont des mesures qui participent toute à la disparition de la voiture juger on ne le dit pas bourgeoise juger polluante alors même et c'est unesens important de l'histoire qu'elle devient de moins en moins polluante qu'elle devient de plus en plus vertueuse donc en réalité on ne fait pas de politique stratégique on fait de la politique idéologique quelles vont être les principales victimes de cette mesure en réalité les premières victimes sont des victimes invisibles le périphérique est majoritairement emprunté par les franciliens et non pas par les Parisiens c'est 18 % le taux d'occupation dans une journée moyenne des Parisiens sur le périphérique lorsqu'on a fermé les vois sur berges les premières victimes ont été les personnes qui devaient circuler et traverser Paris et qui ont considérablement allongé leur temps de parcours ce sont aussi les personnes qui passent le plus de temps sur la route les livreurs ceux qui font la vie économique les privilégiés ce sont les personnes qui vivent au centre de Paris qui sont souvent seules c'està-dire qu'on a finalement une vision du monde qui est celle d'une forme de décroissentisme qui prne un renfermement individualiste sur soi en encourageant les individus à vivre seuls on encourage leur mobilité particulière quand on parle de mobilité douce en fait c'est de mobilité solitaire essentiellement dont on parle c'est l'incapacité à circuler ensemble la capacité à à former un foyer et finalement il y a une articulation aussi entre une attente sociétale un encouragement sociétal et sa transposition en terme de mobilité ça c'est un élément qu'il faut tout de même comprendre le paradigme de la ville du quard d'Ur défendu par la Mairie de Paris c'est celle de dire rester dans ce qui vous entoure dans un quart d'heure ça marche très bien dans le confort du Marais et encore ça ne favorise absolument pas la mexité le brassage et le dynamisme économique le dynamisme culturel mais ça fonctionne terriblement mal lorsqu'on est de l'autre côté du périphérique ou lorsqu'on est à Crimée ou à stalingrade ces mesures suscitent toujours beaucoup de réactions pourtant individuellement nous trouvons souvent agréables les zones sans voiture ne sommes-nous pas un peu hypocrites c'est toute la question des externalités effectivement si l'on considère un facteur celui de son confort personnel on peut et sous certaines conditions parce que je mets au défi les personnes qui regardent cette vidéo de compter le nombre de fois qu'ils vont pratiquer les les voies surberg en réalité ça se compte en unité par année par personne et lorsqu'on habite pas à Paris c'est presque zéro ou alors c'est tout à fait marginal donc ce confort là est tout à fait relatif lorsque convient le confronter à la réalité regardez ce qui s'est passé sur l'avenue de rivolie l'avenue de rivolie a aujourd'hui près de la moitié de ces commerces qui sont fermés et qui ne rouvrent pas vous le verrez par les hausses des impôts personnels qui compenseront la baisse des rentrées fiscales des entreprises en fait la grande difficulté de ce débat c'est bien évidemment toute mesure à ces versant positives mais on observe mal surtout quand on cherche siamment à les terre les externalités négatives en l'occurrence là elles sont tout à fait nombreuses pour quelle solution devrait opter la ville de Paris pour que sa politique de mobilité soit mieux réfléchie selon vous la mobilité c'est un dispositif global et c'est ça qu'on tente à oublier par exemple lorsqu'on décide de mettre une piste cyclable en soit ce n'est ni une bonne ni une mauvaise décision lorsqu'on décide d'installer une PC cyclable sur numéraire donc qui supprime une voie de circulation alors qu'il y a déjà une voie de bus très peu usitée c'est inutile et c'est contreproductif ça vient accroître la charge et le déport sur les rues alentour lorsqu'on décide d'installer une piste cyclable dans une route qui le permet qui a déjà un certain nombre de voie confortable et qui a la place pour c'est positif puisqu'on vient créer une voie de mobilité supplémentaire donc déjà la première chose c'est le retour au bon sens sans idéologie la deuxième c'est qu'aujourd'hui la politique des transports publics n'est pas du tout au niveau on fait circuler des bus pratiquement à vide pour des raisons techniques notamment celle d'accessibilité bien qu'il soit très peu utilisé en réalité et qu'il encombre énormément l'espace public on est encore dans des méthodes parfaitement archaïque par ailleurs on parle de Smart City gestion automatique des flux de circulation on a des feux de circulation qui s'arrêtent à fréquence régulière même quand il y a pas de circulation dans certains cantons en Suisse les feux de circulation ne restent pas au rouge en plein milieu de la nuit lorsqu'il y a absolument aucune circulation piétonne ce que l'on fait c'est qu'on rend clignotant jaune c'est-à-dire qu'on incite à chaque croisement l'automobiliste à être très prudent en revanche il n'a pas attendre pour rien qui ne s'est pas arrêtter un jour à un feu sans qu'il n'y ait absolument personne une visibilité parfaite chaque minute perdue au volant c'est une minute non consacré à une famille non consacré à du repos non consacré à un travail lorsqu'on dit en abaissant un peu la vitesse les parisiens ou les Franciliens perdront 5 10 15 minutes c'est rien sur une journée c'est énorme lorsqu'on travaille de longues journées lorsqu'on vient de loin qu'on doit traverser l'île de France et qu'on ne voit pas sa famille et ça on le néglige un peu trop dans les discours qui en cours [Musique]

«Le périphérique à 50km/h témoigne d’une politique de mobilité idéologique et archaïque» — Anne Hidalgo · Pourquijevote