Un face à face sous tension au Sénat entre Bernard Arnault et le communiste Fabien Gay
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 60 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 60 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 2:00FerméeÉludée
Pourquoi votre journal est titré avec quelque chose qui est faux ?
- 4:00RelanceRéponse partielle
Pourquoi votre journal est titré avec quelque chose qui est faux ?
- 6:00RelanceRéponse partielle
Pourquoi votre journal est titré avec quelque chose qui est faux ?
- 8:00OuverteRéponse directe
Vous êtes ici en tant que sénateur, pas en tant que patron de journal ?
- 10:00OuverteRéponse directe
Pouvez-vous donner des informations sur les problèmes d'emploi en France ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:10Bernard ArnaultFait
« le secteur d'activité que je représente, le luxe euh sabrer l'emploi Alors que c'est précisément le contraire. »
- 2:00Bernard ArnaultFait
« Pourquoi votre journal est titré avec quelque chose qui est faux ? »
- 4:10Fabien GayChiffre
« une trentaine de PDG sont venus, vous en êtes le dernier. Tous ont souligné qu'ils étaient plutôt heureux de venir devant la commission et de jouer le jeu de la transparence. »
- 6:10Fabien GayChiffre
« nous avons déclenché cette commission d'enquête euh par le groupe communiste notamment en lien sur les questions sociales, les licenciements, le versement dividende et les aides publiques dans un contexte où 300 fermetures, 300000 emplois menacés »
- 10:10Fabien GayFait
« nous avons ouvert toutes les questions dans les dernières du rapporteur ou de celles de mes collègues sur le contexte international, la guerre commerciale Chine, États-Unis »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Je je voudrais dire, monsieur le président, mais je vous l'ai déjà dit au téléphone que j'ai été un peu choqué aujourd'hui, hein, de voir que le rapporteur de votre commission ici présent, hein, alors que moi je j'ai juré de dire la vérité, hein, a dans son journal trouvé opportun hein de en première page de dire que le le secteur d'activité que je représente, le luxe euh sabrer l'emploi Alors que c'est précisément le contraire. Alors, j'aimerais bien qu'on soit tous logés dans cette commission à la même enseigne, hein, qu'on doit se dire doivent dire la vérité, hein. Donc, monsieur le rapporteur, si vous permettez, je vais poser une question.
Pourquoi votre journal est titré avec quelque chose qui est faux ? Monsieur le président, directeur général, effectivement, vous n'avez fait part au téléphone aujourd'hui de cette remarque et et vous la faites et et c'est votre bon droit. Maintenant, je voudrais juste recadrer un tout petit peu les choses si vous le permettez.
Hm hm. Ici, nous sommes dans une commission d'enquête dont le thème est les aides publiques versées aux grandes entreprises et leurs sous-traitants. M' fait part également d'un autre fait, c'est que vous étiez, ce qui peut bien se comprendre, vu l'emploi du temps que vous devez avoir dans un délai d'audition limitée qu'on va faire en sorte de respecter.
Fabien Gu qui est ici rapporteur est ici rapporteur en tant que sénateur des c'est ça et et non pas en tant que représentant de son activité professionnelle et de son journal duquel il est patron. Donc après moi si le rapporteur veut apporter une très courte réponse à votre question, ça me pose pas spécialement de souci mais j'aimerais qu'on s'en tienne pour le coup au thème de l'audition et pour laquelle vous êtes ici, vous êtes ici parce que l'objectif c'est d'être efficace et si on veut être efficace dans un lapse de temps limité, il faut qu'on reste sur le sujet. Ce qui n'empêche pas et là liberté à vous et à monsieur le rapporteur que si à un moment donné vous voulez par la suite prendre un rendez-vous, boire un café et cetera, échanger sur les sujets, ça me pose aucun souci mais ça ne ressort pas de de l'enquête de de la commission d'enquête dont le thème est bien sûr les aides publiques.
Donc voilà, moi je veux bien laisser quelques secondes la parole au rapporteur pour répondre mais je voudrais qu'on revienne très vite sur le sujet en question. Merci. en attendant de vos propos liminaires, monsieur le président, directeur général, euh et euh des détails que vous avez eu soin d'apporter euh sur euh euh la façon dont vous pouvriez décrire votre groupe.
Merci. Merci monsieur le président, monsieur le président directeur général, mesdames messieurs, d'abord merci pour vos propos liminaires. On va laisser la parole ensuite à madame Cabanis pour venir sur l'objet de la commission.
Deux choses à vous dire puisque vous m'interpellez et moi j'ai toujours considéré que la démocratie était la dispute organisée et je pense que ce que nous faisons comme acte sur cette commission d'enquête est d'intérêt général et d'intérêt public. D'ailleurs, une trentaine de PDG sont venus, vous en êtes le dernier. Tous ont souligné qu'ils étaient plutôt heureux de venir devant la commission et de jouer le jeu de la transparence. et nous avons eu un échange courtois, argumenté et parfois en désaccord.
Et il se trouve qu'en démocratie, les désaccords peuvent s'exprimer. Et d'ailleurs, je le dis aussi avec le président qui n'est pas de la même couleur politique, nous avons assumé, y compris des désaccords avec le président de la commission que je remercie et avec l'ensemble des auditionnés, qu'ils soi des PDG, des syndicalistes, des chercheurs, des chercheuses de l'administration, les ministres en place, des ministres que des anciens ministres de gauche comme de droite. vous m'évoquez parce qu'il faut venir sur le fait mais moi je ne veux pas tomber dans le panneau parce que l'objet de la commission n'est pas ni l'humanité ni autre mais vous m'interpellez et donc avec un débat respectueux je veux pouvoir vous y répondre et vous pouvez être en désaccord avec moi monsieur Arnaud et je n'en ai aucun problème.
Effectivement, l'humanité a fait ce matin un article comme elle le fait régulièrement, je ne sais pas si vous le lisez quotidiennement sur les luttes sociales à peu près partout en France. Et donc on n' rien dévoilé. Ce n'est pas une enquête au long cours, on en viendra puisque on a notamment avec le patron de Michelin et d'champ les deux puisque nous avons déclenché cette commission d'enquête euh par le groupe communiste notamment en lien sur les questions sociales, les licenciements, le versement dividende et les aides publiques dans un contexte où 300 fermetures, 300000 emplois menacés et donc nous avons eu ce débat notamment avec monsieur Menegude Michelin, monsieur Daras Daham et beaucoup d'autres et beaucoup d'autres dont d'ailleurs je n'ai pas remarqué ou regardé que l'humanité fasse tel ou tel article sur telle ou telle question.
Elle en a fait beaucoup notamment par exemple sur la question d'Arcelormital. Nous avons eu la chance d'avoir monsieur Alain Lis de la salle. Nous en avons fait des articles avant, nous en avons fait des articles après, nous sommes sur une question de nationalisation que je porte à titre personnel avec mon groupe et dont ici on peut avoir des débats et des désaccords.
Et donc effectivement ce matin, il y a eu un article sur les suppressions d'emploi dans la filière Moins qui concerne votre couple. Je dois vous dire que vous vous pouvez avoir la possibilité d'être en désaccord avec cet article. C'est la liberté d'expression, la liberté journalistique auquel je crois, vous comme moi, nous sommes attachés et je ne tiens pas le stylo de l'ensemble de mes journalistes comme vous ne tenez pas le stylo, je crois, des journalistes du Parisien et des échos.
Et d'ailleurs, j'ai lu lundi avec grande attention parce que je lis chaque jour, moi l'ensemble de la presse, le Figaro, le parisien, les échos. J'ai lu un bel article des échos lundi, je peux me dire qui pour l'instant n'avait pas parlé de la commission d'enquête, mais il se trouve qu'elle en a fait un deux pages, les patrons face au piège des commissions. Voilà dont je cite l'article parce que moi dans l'article de l'humanité, vous n'êtes à aucun moment mise en cause.
Vous l'auriez pu l'être et vous pourriez être en désaccord. Je lis le passage. La ligne de crête est étroite.
Il parle des commissions d'enquête. Face à des élus qui soufflent le chaud et le froid et joue parfois aux enquêteurs voire aux inquisiteurs. Certains patrons peuvent perdre leur clam.
En début de semaine dernière, Rodolphe Sadé, le PDG de la compagnie CMA CGM, n'en est pas passé loin. Questionné par le rapport de la commission d'enquête sur les aides publiques, le sénateur PCF Fabien Gu c'est moi-même, j'étais, je dois vous le dire, assez honoré que les échos me citent sur le traitement de faveur dont bénéficie sa compagnie grâce à la taxe au tonnage que certains voudraient supprimer avec d'autres niches fiscales. Rodolphe Sadé n'a pas résisté à un exercice de recadrage.
Et je vous lis juste en dessous. Alors là, c'est magnifique. C'est par exemple le fait du jour économique de David Barou qui ne me cite à aucun moment mais dépin mon tableau et il finit comme ça.
Ce n'est certes pas revenu au tribunal révolutionnaire de Robespierre qui coupe pas trop de tête mais nous sommes sur une mauvaise pente de démagogie politique. Ben, je dois vous dire, monsieur Arnaud, que je ne partage pas ce qui écrit dans les échos, mais à aucun moment je me serais permis de téléphoner à monsieur Louette que je connais parce qu'il est le patron du Parisien des Échos et comme je suis le patron de l'humanité parce qu'elle est la liberté tout à fait journalistique et que au demeurant, je la respecte au-dessus de tout et qu'en démocratie, je crois que ça devrait être le cas à chaque fois qui que nous soyons, que ça soit vous, que ça soit moi, que ça soit n'importe qui d'autre de cette salle, les journalistes ont le droit de porter un jugement sur tel ou tel acte, de l'argumenter, de donner du contradictoire, ce qui est le cas. Moi, je n'ai pas eu le droit au contradictoire d'un parisien des échos, mais j'imagine que j'aurais tout à fait le loisir aussi de pouvoir m'y exprimer et si on m'y invite, je le ferai avec grand honneur.
D'ailleurs, si un jour vous continuez, vous souhaitez vous exprimer dans l'humanité et avoir un débat avec moi ou avec quelqu'un d'autre, j'en serai très heureux. Monsieur, voilà, j'en finis et mais je pense que c'était bien que nous clôturons. Donc je pense que maintenant que les choses sont dites puisque je sais et pour être tout à fait transparent, monsieur Arnaud, puisque nous le sommes et vous appelz un souci de transparence, nous avons eu beaucoup de mal à ce que vous veniez et vous l'aurez me remarqué d'ailleurs, ni le président, ni moi-même, ni l'administration ici n'avons communiqué depuis le mois de février à aucun moment sur le fait que nous ayons difficulté à trouver une date.
Je trouve que c'est normal mais si vous souhaitez la transparence totale, nous pouvons rendre l'ensemble des échanges transparents. Je suis pas sûr qu'à ce moment-là ça soit votre avantage. Je vous remercie monsieur Bien.
Merci monsieur pardon monsieur le président, je vais vous donner la parole euh mais juste pour terminer après sur le sujet après je voudrais qu'on vienne à la Je rappelle juste par rapport à ce qu'a dit le rapporteur que aucunement le Parlement, le Sénat nous-même ici à cette commission d'enquête, nous outrepassons nos droits et nous partons dans une espèce d'inquisition quelle qu'elle soit. Je rappelle que ces prérogatives de contrôle datent de l'ordonnance du 17 novembre 1958 et que quand on parle d'aide publique, c'est-à-dire d'argent public, on est vraiment complètement dans le domaine quand on est dans une commission d'enquête et qu'on veut pousser un peu loin. Voilà, c'est tout.
Je je vous répondais pas monsieur, je répondais juste à à ce qu' a pas dit par le rapporteur. Maintenant je vous avez je vous donne la possibilité de répondre un petit coup monsieur le président directeur général, mais je voudrais qu'on en viienne au fait du sujet. Je vous en prie.
D'abord, je suis tout à fait d'accord sur ma présence et l'intérêt des débats que vous présidez. La question n'est pas là. simplement, j'aurais trouvé plus convenable franchement que monsieur le rapporteur fasse ses critiques à mon sujet après m'avoir attendu entendu plutôt que de le faire avant de me recevoir.
Bon, c'est tout. Ça m'aurait paru disons monsieur Arnaud je je veux je veux pas comprendre euh comme vous et je ne vous en tiens absolument pas rigueur en tant qu'actionnaire d'avoir tenu le le stylo des journalistes. Je précise que je ne tiens pas le stylo des journalistes, que je ne suis pas le directeur de la rédaction et que hier et un certain nombre de sénatrices et sénateurs peuvent être là.
J'étais l'ensemble de la journée ici au Sénat et que je n'ai participé ni de près ni de loin à cet article et qu'il m'arrive pour être tout à fait transparent d'y écrire une fois tous les 15 jours mais que depuis le départ je m'en suis tenu à une chose ne suis jamais intervenu depuis 6 mois que la commission d'enquête sur la question des aides publiques, ni sur la question évidemment qui intéresse de près ou de loin à des auditionnés et que je ne le ferai absolument pas avant la clôture de nos travaux le 8 juillet. Mais par contre, il m'a paraît, et vous le comprendrez comme vous, qu'il m'a paraît inconcevable que je puisse dire ou donner un ordre à la rédaction de de leur priver, de commenter, de dialoguer les questions de lutte sociale qui, et ça je pense qu'au moins on pourra se mettre d'accord, est plutôt le cœur du journal de l'humanité. Voilà, je pense que on peut clôturer et commencer un autre sujet euh à part et et je suis et je le redis puisque monsieur le président, je suis tout à fait favorable, monsieur Arnaud et je le dis ici publiquement à vous voir après l'audition à votre convenance pour continuer cet échange si vous le souhaitez.
Oui. Oui. Mais ça pourquoi pas mais simplement il est très difficile pour quiconque de croire que vous êtes directeur de ce journal.
Très bien. Et que vous n'ayez pas vu la une avant qu'elle soit éditée. Bon voilà, c'est tout.
Passons à autre chose. Bien, on va clore le débat sur le sujet. Je je voulais juste vous dire que on s'est entendu avec le rapporteur depuis le début de la commission d'enquête et d'ailleurs vous verrez qu'il n'y a pas de presse présente ni médiat tous les deux parce que c'est une décision qu'on a pris nous parce qu'on veut un état d'esprit qui soit complètement consacré à la commission d'enquête lors des auditions.
Mais on a également tenu et tous les sénatrices, toutes les sénatrices et tous les sénateurs ici présents le savent. Nous avons été clairs depuis le départ. Moi je l'ai j'ai vraiment insisté dessus en tant que président, c'est que mis à part échanger avec la presse, avec les médias sur des auditions qui ont eu lieu, le reste tant que l'audition, tant que la commission d'enquête n'a pas rendu son rapport, discrétion totale, c'est une décision qu'on a pris et qu'on a imposé qui a enfin qu'on a imposé, elle a été prise de la bonne meilleure des manières par nos collègues, mais voilà, c'est un sujet dont on sait qu'il est sensible. qu'il implique derrière des conséquences importantes.
On a affaire quand même au fleur des industries de notre pays. On fait pas n'importe quoi, je peux vous l'assurer, monsieur le président, directeur général. Maintenant, on va donner la parole, comme vous me l'aviez invité, à votre directrice, madame Cabanis, qui va pouir sur un autre sujet sur un autre sujet.
Ah pardon, puisque j'ai la chance de me trouver parmi euh les sénateurs et les sénatrices ce soir et qu'on parle quand même un peu d'emploi en ce moment, hein. J'aimerais un moment ou un autre pendant cette audition pouvoir vous donner quelques informations, ça prendra 5 minutes ou 10 minutes sur les problèmes que l'on rencontre aujourd'hui en France au niveau de l'emploi et notamment à cause des problèmes internationaux d'un côté avec les États-Unis et de l'autre avec la la Chine. Voilà.
Mais monsieur le monsieur le président euh dans les questions que nous faisons, elles portent strict au census sur les aides publiques mais nous avons ouvert toutes les questions dans les dernières du rapporteur ou de celles de mes collègues sur le contexte international, la guerre commerciale Chine, États-Unis, on a bien conscience évidemment, je vous ai rappelé le cœur de l'objet pourquoi nous avons déclenché cette commission d'enquête, mais évidemment, elle a évolué et nous aurons tout loisir à échanger sur une question d'actualité qui, comme je le dis, C'est un débat d'intérêt public et général. Je pense intéresse beaucoup de monde sur cette question. Donc évidemment vous aurez de ma part une question et j'imagine que beaucoup de collègues aussi.
Et d'ailleurs, pour terminer là-dessus, je peux vous assurer, monsieur le président directeur général, qu'ici nous sommes tous patriotes et que nous préférerions que l'ensemble des articles que l'on peut voir dans l'ensemble de la presse nationale parle de la réussite des embauches, du développement de nos entreprises, que nos entreprises gagnent de l'argent, qu'elles payent des impôts, qu'elles versent des salaires plutôt que de voir mais vous n'en êtes pas le responsable mais de voir la situation difficile économique dans laquelle et qui fait que il y a une conséquence de plan de départ volontaire, de plan de licenciement, de restriction et cetera. Voilà, on est on déplore comme vous la situation telle qu'elle est et on y met également tous nos efforts dans les rôles qui nous sont attribués pour essayer de de faire avancer ce pays et et de le développer économiquement comme sur d'autres domaines. Voilà, je donne maintenant la parole à à madame la directrice Caban. [Musique]
Fabien Gay