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InterviewC dans l'air (sur YouTube)· 18 octobre 2017 65 minContradictoireActualité / polémiqueSécuritéInstitutions & électionsImmigration & asileJustice

Insécurité : la nouvelle police de Macron #cdanslair 18.10.2017

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 32 %Défensif 28 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 79 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 2:05OuverteRéponse partielle

    Est-ce que ce grand oral répond aux interrogations qui étaient posées dans la police, Frédéric Bloquin ?

  • 4:27RelanceRéponse directe

    Pourquoi ? Sur quoi précisément ?

  • 5:01OuverteRéponse directe

    Il est effectivement, il n'est pas dans la naïveté qu'on avait reproché à un moment donné, à une partie de la gauche, Élise Vincent ?

  • 5:14ComplaisanteRéponse directe

    Sur ce sujet, en l'occurrence d'appuyer sur les problèmes de l'immigration, c'est le premier président de la République qui dit tout fort la réalité.

  • 6:54OuverteRéponse partielle

    Plus généralement, sur l'ensemble du discours, sur la philosophie générale du discours d'Emmanuel Macron, est-ce que vous y voyez une révolution, une rupture, un changement, quelque chose de différent par rapport à ce qui a été fait les années précédentes ?

  • 9:17RelanceRéponse directe

    C'est très loin de, on va mettre les pieds dans le plat, c'est très loin de la police de proximité, c'était il y a 20 ans. Dans la philosophie et dans les objectifs fixés par Emmanuel Macron, ça peut y ressembler vu d'ici ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 6:11PrésentateurFait
    « « Nous reconduirons de manière intraitable les illégaux, les étrangers n'ayant pas de titre de séjour, mais tout en accueillant les réfugiés en gardant une tradition d'accueil. » »
  • 14:17IntervenantChiffre
    « La création de 10 000 postes supplémentaires sur 5 ans ou l'augmentation de 9% du budget de la sécurité intérieure. »
  • 21:01IntervenantChiffre
    « les 12 000 suppressions d'emplois entre 2007 et 2012 ont un impact aussi sur l'implantation des policiers dans les quartiers. »
  • 33:24PrésentateurFait
    « La police de sécurité quotidienne, c'est donc l'un des principaux engagements d'Emmanuel Macron cet après-midi. »
  • 35:48InvitéChiffre
    « Seulement 7 agents affectés dans ce commissariat contre 60 en 2015. »
  • 41:14IntervenantFait
    « Emmanuel Macron a compris quand il essaie de moderniser un peu tout ça et je pense qu'il essaie de mettre en place les prémices d'un nouveau discours où en fait l'un ne va pas sans l'autre. »
  • 42:24IntervenantFait
    « La police judiciaire en France elle n'est pas sinistrée, mais disons qu'elle est complètement affaiblie aujourd'hui, sans parler des scandales qui touchent l'office central des stupéfiants. »
  • 48:34InvitéFait
    « La plupart des policiers qui sont là-bas n'ont aucun espoir face au dealer bien visible au pied des immeubles. »
  • 59:24IntervenantFait
    « Les embauches c'est bien mais attention à l'embauche de masse est-ce qu'on aura suffisamment de candidats de qualité pour être recruté policier ? »
  • 59:33IntervenantChiffre
    « Au dernier concours il y a eu 300 places qui n'ont pas été pourvues de garder la paix par défaut de qualité sur 23 000 candidats. »
  • 1:02:42IntervenantFait
    « Emmanuel Macron a dit très clairement je ne ferai pas le récipicer qui est une demande assez constante et ancienne du monde associatif et militant. »

Temps de parole

  • Intervenant59 %
  • Présentateur17 %
  • Intervenant 211 %
  • Invité6 %
  • Emmanuel Macron2 %
  • Invité 22 %

3,2 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:10
Présentateur

Bonsoir à toutes et à tous, nous attendons vos questions, SMS, Internet et réseaux sociaux pour alimenter notre discussion. Ce n'est pas franchement son sujet de prédilection, mais Emmanuel Macron a pris la parole cet après-midi pour la première fois devant les forces de police, de gendarmerie. Des troupes essorées par la nouvelle bataille contre le terrorisme, l'exposition aux dangers, la sécurisation des rassemblements, les violences en marge des manifestations. Alors c'est une colère sourde qui s'exprime désormais dans les rangs des forces de sécurité.

Le président a donc tenté cet après-midi de répondre à leur malaise, terrorisme, renseignement, immigration illégale, lutte contre la délinquance. Il a détaillé sa vision en la matière avec une mesure phare, la police de sécurité du quotidien pour mieux répondre aux besoins du citoyen. Insécurité, la nouvelle police de Macron, c'est le titre de cette émission. Avec nous pour en parler ce soir, Frédéric Bloquin. Vous êtes journaliste indépendant, spécialiste des questions de sécurité. Citons votre dernier livre, Mort d'une balance, l'histoire vraie d'une vengeance, publié chez Ring. Élise Vincent, vous êtes reporter, police, justice, au journal Le Monde.

Citons votre dernier livre, La vague, la France face à la crise migratoire 2014-2017, publié aux éditions Équateur. Jean-Marc Bayeul, vous êtes secrétaire général du syndicat des cadres de la sécurité intérieure, majoritaire chez les officiers de police. Enfin, Mathieu Zagrovski, vous êtes politologue, chercheur associé au CESDIP, spécialiste des questions de sécurité publique. Vous venez de ressortir votre livre intitulé Que fait la police ? Le rôle du policier dans la société, publié aux éditions de l'eau. Bonsoir à tous les quatre. Merci de participer à ce C'est dans l'air en direct.

Alors, naturellement, les uns et les autres, vous avez suivi avec attention ce qui était en réalité le premier grand oral d'Emmanuel Macron sur les questions de sécurité. Nous allions revenir sur les annonces, il y en a eu quelques-unes au cours de cette émission, mais je le disais en débutant ce C'est dans l'air, ce n'est pas son sujet de prédilection, ce n'est pas là-dessus qu'il a été le plus puissant dans sa campagne présidentielle. Est-ce que ce grand oral répond aux interrogations qui étaient posées dans la police, Frédéric Bloquin ?

2:11
Intervenant

Vous avez raison de le rappeler, c'est depuis le départ, depuis qu'il est rentré en campagne, on a compris que la police, la sécurité, ce n'était pas sa tasse de thé favorite, on va dire. Il a nommé Gérard Collomb au ministère de l'Intérieur, pareil, ce n'est pas forcément quelqu'un qui est non plus dans le sujet depuis des années. Bon, il a été maire d'une grande ville, donc en cela, il a quand même une expérience, mais on ne l'attendait pas non plus. Donc à partir de là, il a fallu quand même qu'il rattrape et qu'il rame un petit peu.

Donc là, il a compris que la police méritait une grande messe, mais il n'est pas le premier à avoir sacrifié à l'exercice, puisque Nicolas Sarkozy avait joué à peu près de la même façon. La police, je pense, méritait cette grande messe, mais ça ne suffira pas, une grande messe ne suffira pas. Il a montré quand même, je pense qu'il a des bons conseillers, il est extrêmement bien conseillé, parce que personnellement, dans l'analyse, là je ne parle pas des solutions, parce que sur les solutions qu'il apporte, même cette police de sécurité, on ne voit pas très bien encore la doctrine d'emploi, etc.

Mais dans l'analyse qu'il fait, je trouve que, moi je me suis dit en l'écoutant, que finalement il avait peut-être des bons conseillers ou eu des bonnes lectures ou eu des bons livres, parce que quand, notamment lorsqu'il s'exprime sur les problèmes de coordination de circulation d'informations en matière de renseignement entre les services, lorsqu'il s'exprime sur des points précis, il a parlé du harcèlement dans les transports, il a parlé de l'analyse qu'il fait de la nature de la menace, je trouve, moi je l'ai trouvé avec la puissance.

C'est-à-dire qu'il a compris qu'on avait changé de monde, et qu'aujourd'hui le terrorisme, ce n'était plus le terrorisme qu'on avait connu, il l'a dit, c'est ce que nous on dit sur les plateaux de Pierron, donc je ne peux que partager cette approche quant à l'évolution de l'analyse, et on se dit qu'il n'est pas passé complètement à côté de ce point de vue-là, donc à partir du moment où on identifie le mal et les difficultés, on espère que les bonnes solutions vont en suivre derrière. – Il y aura les bonnes solutions.

– Juste pour rapporter une nuance, c'est qu'effectivement, là il a fait son grand oral, mais moi je trouve quand même qu'on voit une ligne tout doucement qui se dessine, et elle est relativement dure et autoritaire, et on a souvent eu beaucoup de cris d'orfraie vis-à-vis des discours, que pour voir Nicolas Sarkozy sur la sécurité, sur l'immigration, là, Emmanuel Macron n'est pas très loin de cette ligne-là. – Pourquoi ? Sur quoi précisément ? – Et notamment, par exemple, puisque lui fait un continuum direct entre les questions de sécurité et d'immigration, que beaucoup de ses prédécesseurs n'ont pas toujours fait dans leur discours. Voilà, donc il faut le noter.

Ça ne veut pas dire que sur un certain nombre de points, les réponses sont mauvaises, mais politiquement, il y a un portage qu'il faut remarquer et qui est relativement dur.

4:47
Présentateur

– Ça a l'air de vous surprendre. – Qu'est cette ligne de fermeté assumée, on va encore une fois y revenir dans l'émission, sur l'immigration illégale, sur tout un tas d'autres sujets qu'il a évoqués ? Il est effectivement, il n'est pas dans la naïveté qu'on avait reproché à un moment donné, à une partie de la gauche, Élise-Vincent ?

5:07
Intervenant

– En tout cas, moi je ne suis pas surprise, mais je le constate et je l'analyse, et je trouve qu'il faut le remarquer, parce que c'était très présent et flagrant aujourd'hui. – Jean-Marc Bayer. – Sur ce sujet, en l'occurrence d'appuyer sur les problèmes de l'immigration, c'est le premier président de la République qui dit tout fort la réalité. Parce que la réalité aujourd'hui, c'est que les services de police sont complètement démunis face à l'immigration, et sur le fait qu'on ne peut pas reconduire à la frontière des étrangers démunis de papier. Et l'affaire de Marseille en est un révélateur.

Donc c'est quand même bien de le dire, et de dire finalement que les chiffres de reconduites frontières les plus importants dans ce pays sont faits par le département de Mayotte, alors qu'on a toute une déclinaison, qu'il a très bien décrite, sur la difficulté d'accueillir, etc., etc., avec des gens qui sont organisés, même quelquefois défendus par des avocats qui contactent les pays d'accueil pour que, surtout, ils ne les prennent pas. Donc c'est bien de le dire. C'est-à-dire qu'à un moment donné, les policiers, ça leur fait plaisir d'entendre ça, parce qu'on le disait souvent sans être entendu. Donc ce n'est pas dur, c'est réaliste, et c'est mis sur la place publique par le président.

6:11
Présentateur

Alors il dit, on va le citer, alors il est très ferme, en effet, il explique « Nous reconduirons de manière intraitable les illégaux, les étrangers n'ayant pas de titre de séjour, mais tout en accueillant les réfugiés en gardant une tradition d'accueil. »

6:24
Intervenant

C'est deux sujets, et c'est pour ça qu'il faut absolument faire des conventions avec les pays les plus concernés, pour qu'on arrête de faire travailler nos collègues des jours et des jours dans des procédures, et qu'on ramène quelqu'un à la frontière, symbolique, l'aéroport ou un port, et puis finalement que l'individu soit relâché parce que le pays d'accueil n'en veut pas. C'est ça la solution, c'est qu'il faut vraiment qu'il y ait des coordinations réelles avec les pays d'en son originaire, ces émigrés qui ne sont pas victimes du terrorisme ou d'une dictature.

6:54
Présentateur

Plus généralement, sur l'ensemble du discours, sur la philosophie générale du discours d'Emmanuel Macron, est-ce que vous y voyez une révolution, une rupture, un changement, quelque chose de différent par rapport à ce qui a été fait les années précédentes ?

7:07
Intervenant

C'est là où on est un peu sur notre fin, c'est-à-dire que nous, on aurait attendu des réformes annoncées beaucoup plus profondes de l'organisation de la sécurité dans ce pays, qui est quand même bâti sur des vieux schémas qui ne correspondent plus aujourd'hui à l'attente des citoyens, mais à la réalité. C'est-à-dire qu'on a donné beaucoup sur l'antiterrorisme, donc beaucoup de concentration sur ce fléau-là, et puis on a un peu abandonné, il a donné des chiffres qui sont quand même mauvais en termes de lutte contre les vols avec violence, etc.

Donc la sécurité du quotidien, parce que ça a été quand même le sujet phare de son débat, ne pourra bien se réaliser que si on met vraiment à plein notre organisation, autrement on va encore décevoir à la fois les citoyens, qui ne vont pas voir quelque chose de concret, et les policiers, qu'on aura un peu assez de voir des réformes inabouties, ou en tout cas annoncées, mais jamais concrétisées.

7:57
Locuteur non identifié

Mathieu Zagroski.

7:58
Intervenant

Oui, alors déjà il y a une ironie de l'histoire, c'est qu'on est 20 ans, quasiment jour pour jour, après le colloque de Villepinte, qui avait lancé la police de proximité. C'est 24 et 25 octobre 1997. Donc voilà, lui c'était le grand oral de Lionel Jospin et de Jean-Pierre Chavènement à l'époque, là c'est le grand oral d'Emmanuel Macron. Je suis assez d'accord avec ce qui a été dit par Frédéric Ploquin sur le fait qu'Emmanuel Macron a apparemment de bonnes lectures et de bons conseillers.

Je trouvais que sur la partie sécurité publique, sur la partie sécurité quotidienne, il y avait aussi une analyse qui était assez juste, sur le fait qu'on est trop axé le travail de la police sur l'intervention, sur le déroulement des contrôles d'identité. Il y avait des choses, je trouvais qu'il y avait un diagnostic qui était relativement intéressant. Et d'une façon générale, je ne vais pas dire qu'aujourd'hui les choses sont très précises, évidemment les contours de cette police de sécurité quotidienne sont relativement flous. Néanmoins, l'idée de passer progressivement d'une police qui serait strictement une police d'ordre

8:57
Invité

à une police un peu plus axée sur le service à la population, le service aux citoyens, à la petite délinquance, à la gestion de la petite délinquance, à la gestion des insébilités,

9:06
Intervenant

c'est quand même un objectif ambitieux. Étant donné notamment ce qui s'est passé ces 15 dernières années, où encore une fois on a été beaucoup dans une police de projection, de gestion de l'urgence et d'interpellation.

9:17
Présentateur

C'est très loin de, on va mettre les pieds dans le plat, c'est très loin de la police de proximité, c'était il y a 20 ans. Dans la philosophie et dans les objectifs fixés par Emmanuel Macron, ça peut y ressembler vu d'ici ?

9:28
Intervenant

Alors un peu, ce qui est amusant, c'est qu'elle est dit d'emblée, ça n'est surtout pas la police de proximité. C'est devenu une espèce de mot repoussoir. Parce que c'est associé à l'échec de la gauche du point de vue de la sécurité, parce que sur les années 2000-2001, à l'époque, les chiffres de la délinquance avaient été mauvais, la droite l'avait utilisé comme argument de campagne, et ça s'était fini par la catastrophe que l'on connaît, électoralement parlant, pour Lionel Jospin. Donc c'est un peu un peu, on pense, c'est pas quelque chose qu'il peut afficher trop fort. Et d'ailleurs, il a dit d'emblée, on ne va pas remettre des postes de police de quartier, ça ne sert à rien.

Alors que c'était vraiment un des piliers de la police de proximité, et c'est d'avoir, en plus des commissariats centraux dans chaque commune,

10:06
Invité

2, 3, 4 postes de police de quartier pour rapprocher physiquement les locaux de la police de la population. Ça, il ne va pas le faire. Néanmoins, dans la philosophie de remettre un peu de prévention,

10:17
Intervenant

de remettre du contact, de remettre des partenariats avec les acteurs locaux, oui, on ne peut pas nier qu'il y a quelques points en commun avec la police de proximité.

10:25
Présentateur

Il s'inspire d'un modèle à l'étranger dans ce qu'il fait Emmanuel Macron ou pas ?

10:30
Intervenant

La police de proximité, au départ, était inspirée d'un modèle étranger. C'est-à-dire qu'il y a des gens, Claude Guillaume nous a fait croire que c'était Charles Pasqua qui l'avait inventé, mais en réalité, ça existait déjà dans d'autres pays. Je pense notamment au Québec, où ils sont... Au Québec, ils ont réussi des choses que nous, on n'arrive pas à faire en France, et qu'ils ont dépassé la question des mots, du vocabulaire et de l'idéologie. Je trouve qu'en France, on reste enfermé dans une approche totalement idéologique de la sécurité. Et là, il en est un tout petit peu sorti Emmanuel Macron aujourd'hui, qui fait qu'il y a des tabous, il y a des mots.

Alors, évidemment, là, du coup, il s'est piégé lui-même, il a été obligé de dire ce que ne serait pas sa police de proximité. C'est pour ça qu'on a parlé du mal à voir avant d'entendre le chanson. Donc, il n'a pas défini encore ce qu'elle serait, mais ce qui signifie bien qu'on bute sur des mots, et c'est complètement absurde, quand vous êtes au fin fond de, je ne sais pas moi, de l'Essonne, des Yvelines, dans votre commissariat, en fait, vous vous en foutez complètement que ça s'appelle police, c'est vrai, police de proximité ou police de pas de proximité. D'ailleurs, tout le monde va dire police de proximité, parce que ce sera beaucoup plus facile à dire.

Mais quand vous êtes dans votre commissariat, ce qui compte, ce n'est pas ça. Je veux dire, c'est d'avoir des jumelles, c'est d'avoir une voiture, c'est d'avoir un sac à dos. C'est ça qui compte pour le policier aujourd'hui sur le terrain. Et ça, il n'en a pas encore trop parlé. Donc, moi, ce qui me fait un peu peur, c'est qu'on plaque de nouveau quelque chose. Mais à partir du moment où on va demander à ces policiers un peu partout dans les villes pilotes d'aller faire de la police de proximité, qui est-ce qui va aller faire les tâches qu'ils faisaient ? Comment est-ce qu'on va rééquilibrer les choses ? Combien de personnes on va affecter à ces nouvelles missions, à ces nouvelles tâches ?

Est-ce que ça ne va pas être, encore une fois, au détriment d'autre chose ? Il l'a abordé de manière très lointaine, ça ? C'est pour ça que ça risque de rester un objet politique, comme ça l'a toujours été en France. Et bien, mais c'est ce nouveau acronyme PSQ qui va falloir se rappeler.

12:07
Présentateur

PSQ, on va avoir du mal. Pour l'instant, on va dire police de proximité, mais il va falloir dire police de proximité.

12:12
Intervenant

C'est quoi déjà ? Sécurité du quotidien.

12:15
Présentateur

Du quotidien, vous voyez, on n'y arrive pas, mais ça va venir.

12:17
Intervenant

Et les LSP, vous avez les LSP ? Ça fait 50% et ce n'est pas un mot qui est rentré dans le vocabulaire.

12:23
Présentateur

On va écouter le président de la République, si vous le voulez bien. Je serai toujours à vos côtés. Emmanuel Macron a tenu à apporter son soutien aux forces de l'ordre dans son premier grand discours sur le sujet. Pendant plus d'une heure, il a détaillé sa vision de la sécurité, lutte contre le terrorisme, réforme de la police, renseignement, contrôle de l'immigration. Emmanuel Macron a présenté sa feuille de route dans un contexte très tendu. Dans la police, Georges Lédric, Lucie Lémar et Dominique Lemarchand.

12:45
Emmanuel Macron

Pas d'annonce tonitruante, mais la promesse d'une nouvelle approche. Devant près de 500 personnes, Emmanuel Macron développe son idée de police de sécurité du quotidien. Une police au service des préoccupations de la population. Les cambriolages, les implantations de campements illicites, les rodéos sauvages, les occupations des halls d'immeubles, les incivilités dans la rue et dans les transports, le harcèlement de rue pour les femmes, tout cela alimente le malaise dans notre pays. La police de sécurité du quotidien vise à sortir de l'opposition stérile entre police de proximité et police d'intervention.

Répondre à ses attentes, ce n'est pas remettre en place une police de proximité avec des postes de police statiques dans les quartiers. Ce n'est pas, comme on l'a parfois dénoncé, aller jouer au football avec les jeunes. C'est au contraire, exercer votre métier de policier qui représente une autorité, qui conforte et qui rassure, mais qui rappelle aussi les règles de vie en société chaque fois que c'est nécessaire.

13:52
Intervenant

Fidèle à sa politique, Emmanuel Macron cherche un point d'équilibre

13:57
Emmanuel Macron

avec un objectif prioritaire, la lutte contre le terrorisme. J'attends en effet que chaque policier, chaque gendarme soit un capteur, qu'il soit en capacité d'apporter du renseignement. C'est la force de notre réseau.

14:12
Intervenant

Un discours d'orientation générale qui reprend ses principales promesses de campagne. La création de 10 000 postes supplémentaires sur 5 ans ou l'augmentation de 9% du budget de la sécurité intérieure. Des moyens supplémentaires, jugés insuffisants par les syndicats de policiers. Dans la rue aux côtés des fonctionnaires la semaine dernière, ils demandaient un sursaut d'une toute autre ampleur. Ça fait des années qu'on essaye de porter des revendications,

14:40
Auditeur

quel que soit le gouvernement. Et les réponses qu'on nous donne, c'est de donner ponctuellement... Alors je vais être péjoratif, mais quelques millions d'euros,

14:50
Intervenant

alors qu'à mon avis, la situation de la police nécessite

14:53
Invité

un plan pluriannuel de rénovation de plusieurs milliards.

14:57
Emmanuel Macron

Manque de moyens, personnel épuisé depuis un an, les policiers descendent régulièrement dans la rue pour exprimer leur colère. La parole se libère à l'automne 2016,

15:08
Intervenant

après une attaque au cocktail Molotov de deux voitures de police dans une cité de vie châtillon. L'agression choque la profession et des manifestations spontanées fleurissent dans toute la France. Des scènes inédites pour dénoncer des conditions de travail qu'ils jugent exécrables.

15:25
Invité

Des collègues en patrouille, on voulait faire le plein, ils n'ont pas pu faire le plein. La carte d'essence refusée, paiement refusé. Je vous le dis quand même. Et après on nous parle de 250 millions d'euros. Ouais, bah déjà qu'on puisse faire le plein de nos véhicules, ça serait déjà bien.

15:37
Intervenant

Au fil des mois, la grogne prend de l'ampleur. La lutte contre le terrorisme, elle, continue de mobiliser les effectifs. A tel point que les heures supplémentaires explosent, 20 millions en 2016, soit 15% de plus que l'année précédente. En plus du manque de moyens, les policiers décrivent des tâches multiples et plus dangereuses, entraînant un surmenage chronique. Au niveau de la police, il y a plein de missions qu'on n'a pas à faire, qu'on fait quand même. Les mineurs en fugue, que les foyers ne veulent pas venir chercher, qu'on est obligés de raccompagner chez eux. Les SP qui veulent plus se déplacer, on est obligés d'amener les gens nous-mêmes à l'hôpital.

C'est des choses qui ne sont pas normales. On n'a pas à les faire. On est obligés de pallier aux carences de toutes les institutions. Face aux réformes successives, les forces de l'ordre ne croient tout simplement plus aux annonces politiques.

16:24
Invité

On va encore faire reposer sur les policiers et la police nationale une nouvelle mission. qui, si elle réussit, elle profitera aux politiques. Et si c'est un échec, on dira que les policiers n'ont pas fait ce qu'il fallait. On a eu les zones de sécurité prioritaires avec M. Valls.

16:36
Intervenant

On a un nouveau gouvernement, on a un nouveau ministre de l'Intérieur, on a un nouveau président. Maintenant, c'est la police de sécurité du quotidien. On a l'impression d'être un peu parfois les cobayes d'un laboratoire dans lequel on ne nous demande rien. Épuisés, démoralisés, les policiers disent aujourd'hui traverser un mal-être profond. Cette année, 39 d'entre eux ont mis fin à leur jour.

16:56
Présentateur

– Et nous y reviendrons sur ce malaise, mais d'abord cette question. La police de proximité aurait-elle pu détecter plus facilement et efficacement Mera, Koulibaly, les frères Kouachi, etc. ?

17:06
Intervenant

– Pourquoi pas ? Non mais pourquoi pas, il faut miser gagnant. – Est-ce qu'elle a une fonction de renseignement ou pas ? – Oui, il faut miser gagnant. Mais a priori, on nous a expliqué effectivement au moment de l'affaire Mera qu'il avait été traité par des antennes décentralisées des services de renseignement intérieurs qui se sont passés à côté et qui se sont fait rouler dans la farine par, si on prend le cas de Mera, par Mera qui était plus malin qu'eux apparemment et qui était un bon escroc.

Est-ce que, si dans le quartier, plus tôt, on avait détecté, parce qu'on s'aperçoit que c'est toute une famille qui a dérivé, là en l'occurrence, au procès, on le voit bien, on entend la mère, quand on a entendu le frère nous expliquer que la famille était en dérive depuis des années, on se dit, pourquoi pas, peut-être qu'à un moment donné, si dans le quartier, il y a quelqu'un qui a des antennes, des oreilles et qui écoute, il y a peut-être une petite chance, en tout cas il faut se la donner cette chance.

17:53
Présentateur

– Il leur dit, on l'a entendu à l'instant, le président de la République dit, je veux que vous soyez des capteurs.

17:58
Intervenant

– Non mais je veux finir là-dessus. Pour moi, il y a quelque chose de pléonasmique dans l'idée de police de proximité, parce que le policier est forcément à proximité de son sujet. Soit le policier est loin de tout, il a des espèces d'antennes électroniques, il essaie de capter des conversations, et de temps en temps, quand ça chauffe et quand il y a le feu, il se précipite et il rentre, d'accord ? Mais soit il est vraiment policier, et s'il est vraiment policier, il est là, et s'il est là, il entend et il est capteur. Et effectivement, il a raison là-dessus, Emmanuel Macron. Chaque gendarme, chaque policier, capte des informations et essaie de les faire monter.

Si on lui laisse les faire remonter.

18:30
Présentateur

– Alors, je vous rappelle des agréables, mais je ne comprends pas en quoi c'était une demande, alors vous allez peut-être nous l'expliquer, est-ce que c'était une demande des policiers, des gens qui sont sur le terrain, de dire, il faut qu'on ait quelqu'un qui réfléchisse à ce que doit être notre mission, lorsque c'est une mission de proximité ? Est-ce que c'était une nécessité dans certains quartiers ? Pourquoi, 20 ans après le discours de Villepinte, on ressort la police de proximité, appelons-la comme ça, alors qu'on l'avait arrêtée, considérant que c'était un échec ?

On se souvient de Nicolas Sarkozy, qui avait dit aux policiers, vous n'êtes pas là pour jouer au foot avec les délinquants.

19:06
Intervenant

– Mais parce que c'est un objet politique, et que du coup, face aux difficultés qui ne cessent de s'empirer sur l'indélinquance dans les quartiers, la situation sociale, le problème de violence policière du point de vue de certaines populations, la seule chose qu'on trouve à dire, c'est qu'on va essayer de revoir le modèle, et la police de proximité, c'est le mantra absolu. Mais après, qu'est-ce qu'on met dedans ? C'est toujours la même chose.

Effectivement, les fonctions de renseignement, pour le coup, ça c'est un aspect qui n'a pas été spécialement évoqué par le président, même s'il a parlé d'être des capteurs, il y a une différence entre être capteur et faire du renseignement, et a priori, il ne faut quand même pas mélanger les deux. Et si Mera n'a pas été détectée à son époque, c'est aussi parce qu'on était dans un autre contexte qui n'a absolument rien à voir, et qu'à l'époque, on ne se préoccupait pas de ça. Pourquoi vous dites que c'est le mantra ?

19:50
Présentateur

Pourquoi dès qu'on ne sait plus comment faire, on dit proximité ? Parce que ça a marché, encore une fois,

19:56
Intervenant

parce que ça a marché ailleurs, parce qu'on a eu des retours d'expérience ? Parce qu'en fait, le sujet de fond qu'on a dans tout ça aujourd'hui, c'est qu'on a un problème de défiance vis-à-vis d'un petit noyau de personnes dans des quartiers bien identifiés avec la police. Et que du coup, on se dit, en fait, il y a un problème de défiance, donc un problème de confiance, donc un problème de proximité, de dialogue. Voilà, c'est ça. Et après, on élargit à tout plein de choses, à beaucoup plus large, et on finit par faire rentrer dans le concept de police de proximité des choses qui dépassent le cœur des obsessions aujourd'hui, médiatiques, politiques, et même des maires, etc.

20:27
Présentateur

Parce qu'il dit quelque chose, il dit une police qui soit au service des citoyens. Alors qu'est-ce que ça peut être, une police au service des citoyens ?

20:33
Intervenant

– Non, mais je crois qu'il l'a dit aussi, et ça, on est assez satisfaits qu'il reprenne ce terme, il faut redonner du sens à la mission. Et oui, depuis des années, on a perdu du sens. C'est-à-dire qu'on nous a fait des réformes, j'ai entendu tout à l'heure parler de ZSP, il y a eu les BST, il y a eu les UTEC, on nous a inventé tout un tas de services pour ne pas dire police de proximité, parce qu'en fait, c'était un peu ça. C'est-à-dire que, que ce soit de la droite ou de la gauche, et alors tout le monde y a été de sa petite idée novatrice.

Pour autant, les policiers, eux, ils continuent à faire la mission, et avec une baisse d'effectifs, parce qu'il l'a aussi dit, et personne ne peut nier que les 12 000 suppressions d'emplois entre 2007 et 2012 ont un impact aussi sur l'implantation des policiers dans les quartiers. Parce que la police de proximité, si on prend ce terme, elle existe quand même dans des villes, y compris à Paris. On voit des policiers entrer dans les commerces, aller voir les bailleurs sociaux, aller voir les commerciers, ça existe.

21:21
Présentateur

– Et leur mission, c'est quoi ?

21:23
Intervenant

– C'est justement d'avoir d'abord une relation de confiance avec la population. Moi, je pense qu'il faut avoir une police qui soit complètement intégrée dans les commerces. Il ne faudrait pas que ce soit un gros mot de voir des policiers pouvoir se restaurer à leur pause de déjeuner. En France, c'est mal vu. Tout de suite, on y voit une connotation comme quoi ils vont boire de l'alcool, etc. En fait, il faut que le policier, qui est un citoyen comme les autres, il s'insère complètement dans la société. Et là, il va devenir un vrai capteur au sens littéral du terme. C'est pour ça que le Président a aussi dit qu'il fallait renforcer le service territorial pour exploiter ce qui va être capté.

Parce que si on a de l'information et qu'elle n'est pas du tout exploitée, ça ne sert à rien. Donc, redonner du sens, ce n'est pas forcément la police de proximité qui va redonner du sens. Parce qu'il ne faut pas être non plus dans le monde de bisounours. On ne va pas envoyer deux îlotiers, si on reprend un terme à l'ancienne, aller patrouiller à la plaine de Saint-Denis, tout seul comme ça, demain. Ou à Besan. Est-ce que Besan a la meilleure ville pour être expérimentale ? Je ne suis pas persuadé.

22:19
Présentateur

On y sera tout à l'heure à Besan, on est en reportage.

22:21
Intervenant

Voilà, mais vous l'avez signalé. Alors attention, on va laisser finir. J'entends quand même ceux qui étaient les plus grands pourfendeurs de la police de proximité en 2002, qui sont aujourd'hui maires de villes du 93, revendiqués d'être un site expérimental. Donc ça prouve bien quoi ? Ça prouve que ceux qui la critiquaient à l'époque la revendiquent aujourd'hui. Et il l'a dit aussi le président, c'est pas la police toute seule qui va le faire. Il a parlé de police municipale, il a parlé de sécurité privée. Et ça, c'est novateur.

22:52
Présentateur

Qu'est-ce qu'est novateur là-donc ?

22:54
Intervenant

C'est novateur de dire que c'est pas la police qui va faire toute seule la captation d'informations, le lien avec la population. Il faut qu'il n'y ait plus de défiance, par exemple, de certains acteurs sociaux vis-à-vis de la police. Je pense aux éducateurs, je pense aux enseignants. Ça s'est amélioré. Ça s'est amélioré quand ? Il faut le dire. C'est quand des enseignants se sont fait agresser dans les établissements scolaires. On a commencé à bien vouloir que la police y intervienne. Avant, ça faisait peur. Donc c'est ça aussi qu'il faut dire. C'est qu'il faut que tout le monde y mette du sien pour que le garagne de la paix puisse rassurer tout le monde.

Mais il ne peut pas faire tout tout seul.

23:28
Présentateur

C'est marrant parce que vous parlez les uns et les autres de lien, de dialogue, d'intégration du policier dans la vie des citoyens. On ne parle pas de sécurité. La priorité, franchement, des gens qui vous écoutent ce soir, ils se disent qu'on a envie de les voir en bas des immeubles parce qu'on veut être sûr qu'il n'y aura pas de cambrioleurs, qu'on ne va pas nous fracturer notre voiture, etc. C'est intéressant. Ça veut dire que la mission, telle que vous la voyez aujourd'hui, des policiers, peut-être dans les années qui viennent, doit être davantage celle-ci.

23:56
Intervenant

Il faut qu'on tente vers ça. C'est-à-dire qu'il y a le côté répressif qui est bien sûr là pour répondre, et le président l'a dit, à l'attente des citoyens en matière de sécurité. C'est essentiel. Mais pour autant, le policier, il n'est pas là toujours pour s'en prendre plein la gueule. Parce que c'est ça la réalité aujourd'hui. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, la priorité, c'est la répression. Et on ne peut pas nier non plus que la politique du chiffre a eu un effet dévastateur pour détourner le policier de sa mission première. Je le rappelle, gardien de la paix. Aujourd'hui, il essaye de préserver le minimum. C'est ça qu'on lui donne les moyens de faire jusqu'à maintenant.

24:26
Présentateur

Mathieu, je vais arriver à prononcer votre nom, je vous promets.

24:29
Intervenant

Zagroski. Non, j'ai l'habitude, ne vous inquiétez pas.

24:30
Présentateur

Non, mais je fais un effort à chaque fois. Je vais y arriver, je vous promets.

24:34
Intervenant

Il n'y a pas de souci. L'un n'empêche pas l'autre. Ce que je viens par là, lutter contre la délinquance, avoir un bon rapport avec la population, ce ne sont pas deux objectifs contradictoires. Je vais prendre un parallèle très trivial. Quand vous allez au restaurant, vous avez envie de bien manger, mais vous avez aussi envie que vos serveurs soient agréables. C'est très trivial comme comparaison, mais vous voyez un petit peu l'idée. Ensuite, est-ce que ça correspond à une demande de la base par rapport à la question que vous posiez il y a quelques minutes ?

Je veux dire, la base, on a plus qu'assez de la politique du chiffre d'être jugé sur le nombre d'interpellations, sur le taux d'élicitation. Et il y a quand même une aspiration profonde. On parle depuis tout à l'heure de redonner du sens, finalement de comprendre à quoi ça sert. Parce que derrière l'évaluation sur le nombre d'interpellations, on ne savait pas à quoi ça servait. C'est-à-dire que vous avez interpellé 30 consommateurs de stupéfiants le mois dernier. En quoi vous avez amélioré la sécurité quotidienne des gens ? Vous voyez, c'est ça finalement, quand on parle de redonner du sens, ce sont des questions très concrètes comme celle-ci. Et il y a un autre élément.

On sort de quelques mois, enfin on sort d'une année qui a été marquée par deux grandes polémiques, par deux grands événements marquants. Séville-Richatillon, je parle en termes de sécurité quotidienne, je mets de côté le terrorisme. Séville-Richatillon, on en a parlé dans votre reportage, et c'est l'affaire Théo qui montre quoi ? Qu'il y a une coupure entre, enfin Elisabeth le disait, entre une partie de la population dans un certain nombre de quartiers et puis la police. Et donc, je ne suis pas tout à fait d'accord, enfin la police de proximité, oui, c'est un objet politisé en France malheureusement.

On disait tout à l'heure, c'est devenu une sorte de repoussoir pour les uns, de totem pour les autres, de mots-valises dans lequel on met tout. Mais en fait, il n'y a pas besoin de regarder très loin, de l'autre côté de la Manche, chez les Anglais, c'est une philosophie de service qui est parfaitement normale. C'est-à-dire que ça fait partie…

26:18
Présentateur

Qu'est-ce qui est différent ?

26:20
Intervenant

Ce qui est différent, c'est que déjà dans tous les commissariats britanniques, vous avez des unités d'intervention qui sont là pour gérer les appels d'urgence, c'est normal, je veux dire, il n'est pas question encore une fois de supprimer les unités qui répondent aux 17, police secours ou les bacs pour les interventions plus sensibles, mais ils ont à côté de ça, partout, des policiers qui font du pédestre et qui sont là justement pour faire du contact. Et par rapport à la question que vous posiez tout à l'heure…

26:42
Présentateur

Quand vous dites faire du pédestre, pardon, c'est…

26:44
Invité

C'est circuler à pied plutôt qu'en voiture, parce que le policier à pied, il peut facilement être abordé par un riverain,

26:50
Intervenant

tandis que le policier en voiture, il est isolé. Et ça, il y a tout un pan de la recherche scientifique sur la question qui démontre que le policier à pied est reconnu par… Et même, je dirais, remarqué par le riverain, tandis que le policier en voiture ne l'est pas. C'est juste un véhicule qui passe.

Et les Américains, par exemple, au lendemain des attentats du 11 septembre, il y a eu un rapport du département de la justice qui a été publié, je pense, à peu près deux ans après, qui, justement, insistait sur le fait que les policiers de terrain, les policiers de rue, les policiers de proximité, appelez ça comme vous voulez, soient en fait des acteurs importants dans le recueil d'informations et de renseignements. Pas seulement pour la petite ou même la grande criminalité, mais aussi pour le terrorisme. Parce qu'ils ont des relais, parce qu'ils connaissent des gens, ils savent qui traîne avec qui, ils savent à qui poser des questions.

Donc, en fait, tout ça, c'est un système global, j'ai envie de dire.

27:45
Présentateur

Et ça, c'est une police spécifique. Ce sont les mêmes qui peuvent participer à cette police de proximité que ceux qu'on envoie sur des interventions ?

27:54
Intervenant

Alors, c'est toute la question, justement, des moyens. C'est-à-dire que, c'est pour ça qu'il ne faut surtout pas le faire de manière dogmatique, parce qu'on arriverait à cela. Et c'est pour ça qu'en 2001, on a échoué. C'est qu'à un moment donné, ceux qui étaient isolés dans leur commissariat implanté au cœur des cités avaient les deux casquettes. Donc, du coup, à la fois aller chercher du renseignement, mais aussi être répressif, parce que quand vous constatez une infraction, il faut que vous puissiez y mettre fin tout de suite. Donc, il faut suffisamment d'effectifs et une manière dosée pour avoir des policiers dédiés à cela et qu'il n'y ait pas de confusion des gens.

Et là, faire appel aux unités d'intervention, police et tout, secours, BAC, etc., pour intervenir, pour pas que cette confiance avec la grande majorité de la population soit confuse, quoi.

28:33
Présentateur

– Comment est-ce qu'on évite ce qu'avait dénoncé à tort ou à raison, d'ailleurs, Nicolas Sarkozy, en disant aux policiers, votre rôle, ce n'est pas d'être des éducateurs, en gros ? Il y avait une confusion dans l'émission, c'était vraiment le cas ?

28:45
Intervenant

– Je ne sais pas comment on évite ça, mais il y a un point quand même que je voudrais soulever, c'est qu'il ne faut pas non plus idéaliser le modèle anglais ou américain. Il y a quand même des vrais problèmes aujourd'hui de défiance, on le voit tous les jours avec des mobilisations hyper importantes aux États-Unis contre les violences policières.

Il faut se rappeler quand même des émeutes de Londres en 2011, moi j'avais été reporter à l'époque là-bas, et c'était extrêmement violent, c'était suite à un contrôle, même à la mort d'un jeune homme antillais par des policiers qui avaient eu toutes ces émeutes qui avaient déboulé dans le centre-ville de Londres, et les images étaient très impressionnantes.

29:13
Présentateur

– Il leur a dit, je veux que vous soyez exemplaire aussi, il y a eu ce volet-là du discours.

29:17
Intervenant

– Mais à l'époque, on ne sait pas vraiment si les policiers avaient fauté, c'est juste qu'il y a un problème, à un moment, un fait divers, la sauce par mal, et il y a une mobilisation des populations contre la police. Donc ça, il faut quand même l'avoir à l'esprit. Et par ailleurs, on a aujourd'hui quand même ce petit dispositif que tout le monde oublie, des DCPP, les délégués à la cohésion police-population, qui sont des policiers à la retraite, il y en a une centaine en France. – Il y en a parlé. – Et qui sont censés justement faire juste le lien police-population. – Ça, ça marche ?

– Et alors justement, c'est tout le problème, c'est que ça marche en partie, mais ça ne marche qu'avec les personnes qui veulent bien travailler avec eux. Et donc, il reste toujours ce problème, notamment du contact avec les jeunes, puisque généralement, quand on va vers les populations, les personnes qui ont des soucis de voisinage, qui se plaignent de petites délinquances, eux vont frapper à la porte des policiers du commissariat et sont capables de formuler leurs besoins, leurs envies, leurs coups de gueule. Alors que les jeunes restent en retrait, en défiance complète, et ça, on ne l'a pas encore résolu. Et même ces délégués-là ne l'ont pas résolu, ce problème.

– Je veux juste répondre à l'objection sur l'idéalisation du modèle anglais ou américain.

30:16
Invité

Ce n'est pas question d'idéaliser un quelconque modèle. Simplement, si on regarde très bêtement les chiffres comparés de légitimité policière en Angleterre ou en France, ce n'est pas comparable. – Parce que ?

30:28
Intervenant

– Parce que si les citoyens britanniques font plus confiance à leur police, la trouvent plus juste, la trouvent plus équitable. Après, qu'il y ait des problèmes avec certains groupes de la population qui aient des émeutes, des tensions, c'est absolument indéniable. Néanmoins, on est sur des chiffres qui sont quand même plus satisfaisants.

30:46
Présentateur

– Ils sont mauvais, les chiffres, en France ?

30:48
Intervenant

– En fait, ils sont meilleurs qu'en Europe de l'Est, par exemple. – Oui, vous nous rassurez d'un coup. – Ils sont meilleurs, mais ils sont nettement moins bons que la Scandinavie, que les Pays-Bas ou que la Grande-Bretagne. Ça, je veux dire, on n'est pas du tout sur les mêmes taux. – Frédéric Plotkin, très vite. – Je veux juste dire quelque chose sur la police de proximité. En fait, moi, ça va peut-être vous surprendre, je veux dire qu'on ne l'a jamais essayé en France. Parce qu'en réalité, pour des raisons, à un moment donné, effectivement, après Villepinte, la gauche, à l'époque, a décidé de la mettre en place. Il a été décidé de la tester dans un certain nombre de villes.

Je ne sais pas si c'est ce qui va se reproduire là. Et à l'époque, on approchait l'élection. Et pour des raisons politiques, il y a eu une espèce d'accélération. Et donc, tous les élus locaux, ce qui est un signe d'ailleurs, c'est plutôt un signe intéressant quant au concept lui-même, tous les maires, les grands-mairs ont dit « Et moi, et moi, et moi, je la veux, je la veux ». Et donc, la place Beauvau, à l'époque, s'est retrouvée dans une position curieuse. Elle a dit « Oui » à tout le monde, à tous les grands-mairs, à tous les amis. « Oui, bien sûr, tu vas la voir, tu vas la voir. » Chacun a eu sa police de proximité. Ça a complètement désorganisé la police.

Et ça a empêché de faire, à un moment donné, le bilan de son efficience réelle. Parce que la police a été débordée. Elle n'avait pas les moyens de faire face, etc. Et après, arrive là-dessus Nicolas Sarkozy, qui lui, alors, ne s'est même pas posé la question de savoir, il n'a pas demandé une inspection générale pour voir. Il n'a même pas cherché à comprendre si ça pouvait avoir un intérêt ou pas. Il a marqué un coup politique et politicien. Il a décrété la fin en caricaturant ce qu'elle était, en disant « Oui, ils sont là pour jouer au foot, etc. » Je me souviens très bien, il était allé à Toulouse, il a coupé la tête d'un commissaire immédiatement. Il n'a pas cherché à savoir.

Et donc, il a coupé.

32:27
Présentateur

Parce qu'il y avait un vrai bilan à faire.

32:29
Intervenant

Il y aurait eu un vrai bilan qui avait commencé à être fait par des gens qui auraient pu avoir un peu de distance et qui n'aient pas une approche politicienne. Et je pense qu'il y aurait eu des choses à sauver, à tirer. Simplement, la généralisation, vu les moyens en effectif, en hommes, en femmes, de la police, n'était pas possible. Et là, c'est un piège qui nous attend. C'est-à-dire que là, il va désigner un certain nombre de villes. Mais si ça marche, parce que la preuve, ils la veulent tous. C'est quand même pour les maires, ça devrait nous parler, le fait que tous les maires la veuillent.

Même Bruno Bichiza, puisqu'il ne l'a pas nommé tout à l'heure, le maire d'Aulnay, qui a été à l'époque, justement, l'un des pourfondeurs de cette police de proximité. Vous expérimenter. Parce que je rappelle quand même pour les spectateurs que Bruno Bichiza était patron secrétaire général de la syndicat de police à l'époque. Et aujourd'hui, il la réclame à Coréa Cris. Pourquoi ? C'est qu'il sent que l'équilibre social de sa ville passe par cette police. Ça, ça devrait nous parler.

33:20
Présentateur

Eh bien, on va aller justement voir comment ça se passe dans une ville en particulier. La police de sécurité quotidienne, c'est donc l'un des principaux engagements d'Emmanuel Macron cet après-midi. Le ministre de l'Intérieur a annoncé l'expérimentation dans plusieurs villes dès l'an prochain. Une trentaine de localités ont déjà fait acte de candidature, dont Beson, en région parisienne. Là-bas, le point noir, c'est le trafic de drogue. Visite des zones où sévissent les trafiquants avec le maire de la ville, Julien Lenay et Emmanuel Bach.

33:50
Invité

Beson, dans le Val-d'Oise, au nord-ouest de Paris. 28 000 habitants et une particularité, c'est l'une des plus vieilles villes communistes de France. Cet héritage repose sur les épaules de Dominique L'Espard, installée dans le fauteuil de mer depuis 2001. Les années passent et toujours la même impuissance face au trafic de drogue. Au bout, la cité des Sycomores, dont le point principal de trafic est ce bâtiment, la tour numéro 1, avec laquelle les jeunes ont investi complètement cette tour. Par exemple, ils ont démonté, dégondé toutes les portes des parties techniques et ils s'en servent pour les jeter dans les escaliers quand la police intervient, ce qui les empêche de monter.

Dominique L'Espard connaît tous les points de vente de cette économie souterraine. Il sait les repérer, au coin d'une rue, même si les dealers sont discrets ici en journée. Besan est l'une des premières villes à s'être portée candidate pour expérimenter la police de sécurité du quotidien. Son maire a connu la version précédente. On l'appelait alors la police de proximité. Et Dominique L'Espard était convaincu de son utilité. En prévenant, en discutant, en demandant, je dirais, de partir des zones les plus nuisibles, la police de proximité a véritablement un rôle, là, qu'il me semble, de prévenir.

Et puis, plus la police de proximité, comment dire, circule dans la ville et dans ces secteurs, il est évident que les consommateurs ne vont pas venir quand ils voient la police rôder autour de ces zones. Plus de présence pour combler un manque. Ici, les forces de l'ordre ont considérablement perdu en effectif. Seulement 7 agents affectés dans ce commissariat contre 60 en 2015. C'est devenu une sorte de bâtiment fantôme avec ses 1000 mètres carrés de superficie. Souvent, la population n'a pas d'autre choix que de se tourner vers la localité voisine.

Une plainte après 18h et le week-end, il faut aller au commissariat d'Argenteuil pour déposer plainte compte tenu de l'éloignement du commissariat, compte tenu des fois de l'âge des personnes, des victimes, compte tenu aussi des délais qu'il peut y avoir là-bas au commissariat. C'est totalement dissuasif. Et il y a beaucoup, beaucoup de personnes qui préfèrent ne pas aller au commissariat. Du renfort attendu à Beson, avec ses patrouilles de police de sécurité du quotidien promise par Emmanuel Macron, en espérant qu'elles arrivent et qu'elles soient efficaces. Derrière cette appellation de police de sécurité au quotidien, on se demande bien ce qu'il va y avoir.

Comment on va faire pour remayer du territoire, avec quels effectifs, avec quels moyens matériels de l'armement collectif, des véhicules, tout ce qui fait défaut aujourd'hui dans nos commissariats pour que ça fonctionne de manière correcte. Pour vous, c'est une fausse bonne idée ? Je ne dis pas que c'est une fausse bonne idée. Je dis juste que quand on veut avoir de nouvelles idées en matière de sécurité, il faut s'en donner les moyens. Et que l'expérience nous a montré au cours des dernières années qu'à chaque fois qu'il y a des idées, les moyens ne suivent pas. Et c'est pour ça que ça suscite une grosse inquiétude parmi nos collègues.

Drogues, harcèlement, cambriolage, quel sera l'impact de cette police de sécurité du quotidien ? Beson et son maire, eux, en attendent beaucoup. Ils sauront en décembre, s'ils font partie de la liste des villes laboratoires sélectionnées par les autorités.

37:28
Présentateur

Et les polices municipales dans tout ça ?

37:33
Intervenant

Excusez-moi, c'est le sujet. C'est-à-dire que je ne sais pas s'il y a besoin, en l'occurrence, il y a une police municipale, mais se pose la question de l'égalité au droit à la sécurité pour chaque citoyen dans ce pays. C'est-à-dire que ce n'est pas le cas. Ce n'est pas le cas sur le droit à la justice équitable. On n'est pas jugé pareil dans toutes les villes de France et départements de ville de France et de Navarre. C'est un premier sujet. Et puis il y a un problème. Il y a plus de 23 000 policiers municipaux aujourd'hui, beaucoup dans le sud, ça n'aurait échappé à personne, un peu moins dans le nord et dans le nord-ouest de la France.

Et ça pose le problème de est-ce que les maires doivent pallier les carences de la police nationale par les manques d'effectifs ? Parce qu'on a un souci dans ce pays, on ne connaît pas la réalité des effectifs qui permettent à un commissariat de fonctionner sérieusement. Donc du coup, on pallie avec plus ou moins moyens et il y a une espèce de confusion sur les missions des uns et des autres. Donc la police municipale, elle a sa place, à condition que...

38:26
Présentateur

Mais quelle est sa place, pardon, je vous coupe, mais quelle est sa place ? Est-ce que sa place, c'est le rôle de la police de proximité ?

38:31
Intervenant

Je pense que dans beaucoup de villes, la police municipale fait la police de proximité. Elle est plus au contact, elle règle tous les petits problèmes qui gênent la vie au quotidien, les incivilités, justement pour permettre à la police, qui est un peu en flux tendu, de se consacrer au reste. Donc ça pose quand même la question de remettre les missions et de savoir qui fait quoi. Et aujourd'hui, il y a une espèce de confusion qui pourrait laisser penser qu'il y aurait une tendance à vouloir donner tout un pan de la sécurité, entre guillemets, régalienne, donc de l'État, à des polices municipales, mais on sait qu'il y a des communes qui n'ont pas les moyens de se les payer.

Et nous, on combat pour chaque citoyen et le même droit à la sécurité. Et ce n'est pas la peine de faire une police de proximité, excusez-moi, dans une ville où il n'y en a pas besoin. Il y a des villes aujourd'hui, je ne sais pas, une petite ville de province, est-ce qu'il est nécessaire d'avoir une police de proximité en mettant des effectifs à temps complet ? Je ne sais pas, une ville comme Saumur, est-ce que c'est la peine de dédier des... Non, je pense qu'ils la font naturellement parce que la relation avec les citoyens est bonne, avec les commerçants, avec les acteurs sociaux. Il faut cibler des villes, c'est pour ça qu'il ne faut pas se tromper, comme disait...

Il ne faut pas se tromper d'endroit,

39:35
Présentateur

il ne faut pas se tromper de mission. Juste pour rebondir sur ce reportage, on voyait des jeunes gens visiblement qui voulaient être tranquilles pour trafiquer. en particulier, au bas de certains immeubles où les gens ne peuvent plus rentrer, c'est ça qui empoisonne la vie aussi des riverains dans des villes comme celle-ci. En quoi la police de proximité sera plus efficace qu'une police, on va dire, classique ? Parce qu'elle va pouvoir parler, ce qu'on disait tout à l'heure, parce qu'il y a du lien, c'est avec ces jeunes-là qu'il faut du lien ?

40:07
Intervenant

C'est tout le sujet, c'est qu'effectivement, est-ce que la police de proximité ait la réponse au dialogue avec ces jeunes-là ? Il n'est pas sûr que ça passe par là, ça se trouve, ça passe par d'autres choses qui sont extérieures, c'est-à-dire essayer de mieux comprendre cette espèce de contre-culture qui s'est développée quasiment dans certains quartiers. Peut-être que ça passe aussi par toute la réflexion sur le fait de passer à des amendes forfaitaires sur l'usage de cannabis, qui est autre chose, sur la réforme de la procédure pénale, sur des choses extérieures, peut-être faire du soft power, pour utiliser un terme anglais, dans ces quartiers. Ça veut dire quoi ?

Ça veut dire essayer peut-être de repérer certains jeunes qui s'en sortent et essayer de les pousser pour qu'ils puissent plus facilement servir de modèle pour le reste de certains groupes. C'est des trucs alternatifs mais totalement différents effectivement de la stricte police de proximité qui est un sujet en soi.

40:57
Présentateur

On est d'accord que de ce que l'on sait des annonces d'Emmanuel Macron, les missions de cette police sécurité du quotidien n'auront pas pour mission de lutter contre ces trafics-là ?

41:09
Intervenant

Moi, je pense qu'il faut écouter ce qu'a dit le maire. Je pense que le maire de Bézans est victime d'une approche à l'ancienne de la police et il tombe encore dans le panneau où pour lui il y a encore deux polices qui seraient une police de prévention qui seraient une police de répression.

Je pense qu'Emmanuel Macron a compris quand il essaie de moderniser un peu tout ça et je pense qu'il essaie de mettre en place les prémices d'un nouveau discours où en fait l'un ne va pas sans l'autre mais c'est la réalité n'importe quel policier vous le dira et il faut dire au maire je crois qu'il est communiste de Bézans que s'ils balancent comme ça des policiers de proximité qui viennent gentiment au bas des cadres d'escalier discuter Non, ce que je veux dire c'est que dans tous les pays où ça s'est fait moi je reviens à l'exemple québécois qui m'intéresse plus que l'exemple américain où là ça fonctionne ils ne sont pas posés la question de savoir s'il y avait une police de répression ou de prévention ils ont compris que pour avant d'envoyer une police de proximité dans un quartier il faut déjà faire le ménage c'est-à-dire qu'il ne sert strictement à rien d'envoyer des policiers de proximité si auparavant vous n'avez pas démantelé un minimum l'économie souterraine qui était en place et pour la démanteler il ne faut pas des policiers de proximité il faut des enquêtes de police judiciaire c'est un autre sujet mais la police judiciaire il n'a pas eu un mot qui a été dit sur ce sujet cet après-midi la police judiciaire en France elle n'est pas sinistrée mais disons qu'elle est complètement affaiblie aujourd'hui sans parler des scandales qui touchent l'office central des stupéfiants on en parlera peut-être tout à l'heure mais la police judiciaire c'est elle qui va d'abord aller en première ligne pour démanteler les structures criminelles c'est pas la police de proximité et après une fois que vous avez fait ça une fois que vous avez fait ce travail entre guillemets de pacification de l'espace public de récupération du territoire qui est aujourd'hui occupé par ces bandes on pourrait dire gang mais bon on va pas jouer sur les mots mais ces bandes quand même criminelles s'il n'y a pas ce travail préalable d'identification d'arrestation d'enquête qui permettent non seulement d'arrêter les gens parce qu'il ne suffit pas de les arrêter parce qu'ils ont une barrette de shit à la main il faut prouver qu'ils en vendent 10, 20, 30 dans la journée qu'ils font tel chiffre d'affaires pour pouvoir les renvoyer devant un tribunal que la procédure tienne la route qu'ils soient condamnés et qu'ils fassent un petit peu de prison pour ensuite envoyer dans le quartier en question des policiers il est encore fait je trouve que là cet après-midi Emmanuel Macron ne nous a pas articulé ça de cette façon là mais on va voir dans les discussions qui vont s'ouvrir mais ça ne pourra se faire que comme ça sinon ça ne servira à rien et après vous avez dans les quartiers bon les quartiers de riches effectivement on sera content d'avoir peut-être un peu plus de policiers au bas de notre cadre d'escalier mais ça n'aura pas la même fonction et le même usage et ils sont déjà là et d'ailleurs dans les villes de riches on a déjà la police municipale pour compléter ce que disait Jean-Marc tout à l'heure effectivement là aussi la gauche a dépassé un tabou la gauche longtemps a considéré qu'on ne pouvait pas articuler la police nationale et la police municipale heureusement il y a des maires qui ont un peu grandi et évolué des maires de gauche qui ont découvert les bienfaits de la police municipale ça coûte cher aux contribuables locales en gros c'est lui qui va prendre en charge ce que l'état ne paye plus parce que l'état a démuni et déshabillé la police mais demain je ne vois pas comment dans ce pays ils ne pourront pas travailler ensemble après il faut trouver la bonne intelligence les bonnes articulations ça a été un tout petit peu évoqué dans le discours aussi cet après-midi effectivement je pense que M.

Ploquin a raison c'est le nerf de la guerre les trafics donc il faut vraiment accentuer le travail là-dessus mais en même temps il n'est pas si simple parce que par exemple on a vu qu'avec la création des ZSP l'idée c'était de renforcer les zones de sécurité prioritaires dans un certain nombre de quartiers sensibles de France il y en avait 80 aujourd'hui l'idée c'est d'améliorer notamment la collaboration entre services ça n'a pas forcément donné tous les résultats escomptés et le meilleur exemple par exemple c'est ce qui est arrivé cet été à Sevran qui était ZSP qui est ZSP où il y a eu un très grave guet-apens contre la police et qui a failli très mal tourner puisqu'on a eu à la fois un jeune dans le coma un policier qui a tiré et un policier qui a failli lui aussi y passer et qui a été tabassé très sérieusement qui était suite à une première c'était une réponse à une première en réalité il s'est passé si on décortique bien à Aulnay non il s'est passé autre chose il y a eu un incident donc un jeune qui est tombé à moto dans un quartier dans un autre quartier qui a été accidenté tout le monde n'a pas fait la connexion non mais moi je l'ai fait parce que je l'ai fait parce que de ce genre il semblerait que ce guet-apens soit la conséquence directe de ce qui s'était passé dans la commune en tout cas ce qu'on retient de ce que dit Alice Vincent

45:30
Présentateur

c'est qu'il y a eu un dispositif qui donnait le sentiment d'être construit d'être clair de répondre à ce problème des trafics

45:35
Intervenant

qui a explosé en 3 minutes et qui n'a pas

45:38
Présentateur

qui n'a pas donné satisfaction de ce que vous savez les uns et les autres

45:40
Intervenant

en tout cas

45:44
Présentateur

c'est une profession qui doute et qui n'hésite plus à exprimer son malaise y compris en manifestant dans la rue au début du mois d'octobre par exemple des policiers se sont rassemblés dans l'Essonne à Grigny exactement un an après une attaque qui avait choqué toute la France deux fonctionnaires très grèvement brûlés dans leur voiture après une attaque au cocktail Molotov nous sommes retournés sur les lieux auprès de ces policiers pour mieux comprendre les difficultés du quotidien Julien Lonnais et Damien Fleurette

46:08
Invité

commissariat de Juvisy sur Orge dans l'Essonne début de service et description de la mission pour des policiers sur le point de partir en patrouille

46:21
Auditeur

hauteur

46:22
Intervenant

alors c'est très vague la victime a eu

46:25
Présentateur

un traumatisme crânien elle a été inconsciente sur place elle a été tapée à coup de parpaing donc type nord-africain 20-25 ans 1m70

46:32
Intervenant

corpulence mince patine distinctif couleur des yeux sombres un berbe avec un petit peu de poil au menton mais sans plus

46:40
Invité

pour cet équipage la violence se vit au quotidien ils officient dans une ZSP zone de sécurité prioritaire

46:48
Intervenant

c'est une 91 de BST 210 bravo pour la sortie

46:54
Invité

le plus âgé d'entre eux Sébastien a 32 ans il dit ne pas venir travailler à reculons au contraire 12 ans de métier dont 9 passés ici au plus près de la délinquance avec un quartier très sensible la cité de la Grande Borne territoire pauvre une enclave en milieu urbain rongée par le trafic de drogue

47:17
Intervenant

là on arrive à l'entrée de la Grande Borne côté Fournil en fait c'est là où les collègues ils se sont fait attaquer l'année dernière donc la Grande Borne c'est à gauche le groupe est arrivé de la gauche en se dissimulant dans les buissons

47:33
Invité

8 octobre 2016 un groupe d'individus met le feu à deux véhicules de police avec des cocktails Molotov bloqués à l'intérieur de longues minutes deux fonctionnaires en sortiront gravement brûlés depuis malaise au sein de la profession la colère s'est encore exprimée récemment un an jour pour jour après l'attaque je suis extrêmement marquée par ce qui s'est passé je suis maire de famille chaque soir

48:02
Intervenant

je me demande si je vais voir mes enfants en face vous avez les personnes qu'on ne comprend les citoyens qui me disent mais vous ne servez à rien oui on ne sert à rien parce qu'on n'a pas les moyens de vous défendre

48:11
Invité

désarroi impuissance difficile de ne pas se décourager pour les forces de l'ordre mobilisées à la grande borne c'est le constat que dresse ce journaliste qui a enquêté là-bas on a des policiers qui sont là-bas et ont envie que ça change ils se disent on va essayer de mettre des choses en place mais ils voient très rapidement ils déchantent assez rapidement

48:31
Intervenant

la plupart des policiers

48:33
Invité

qui sont là-bas n'ont aucun espoir face au dealer bien visible au pied des immeubles comme une provocation la tâche de Sébastien est délicate lui et ses collègues n'entendent pas baisser les bras pour autant

48:48
Intervenant

on a eu encore des attaques préméditées il y a peu de temps où il s'était posté sur la tour juste là à gauche il y a eu une avalanche de pierres il n'y a pas eu de blessés par chance et là à gauche vous avez un plan stupéfiant juste là à gauche

49:01
Locuteur non identifié

on parait

49:05
Intervenant

on a des jeunes qui vont rester là toute la journée ils installent des canapés tout ce qu'il faut pour s'asseoir on va te contrôler

49:11
Invité

le contrôle d'identité ici c'est souvent le seul rapport à la population et cela complique toutes les relations

49:20
Intervenant

au revoir bonne journée sur nous il y a beaucoup de faux qui circulent un policier ça reste un citoyen comme un autre notre tâche elle n'est peut-être pas comprise mais en tout cas chaque policier il met du coeur tous les collègues que je connais ici à Juvisy ça travaille énormément il y a soit des centaines de dossiers ou alors une délinquance qui ne s'arrête jamais dehors et les policiers ils sont là tous les jours moi ça c'est une source de motivation de voir ça au quotidien chez mes collègues

49:50
Invité

la motivation des uns contre la tentative de renoncer des autres dans l'Essonne la police c'est d'abord une affaire de solidarité semble-t-il en attendant les réformes les solutions qui pourraient changer une donne compliquée

50:05
Présentateur

je me demande ce que ces policiers qui étaient interrogés à l'instant ont pensé du discours d'Emmanuel Macron en fait ce qu'ils voulaient c'était des moyens c'était ça ?

50:14
Intervenant

les moyens il y a eu une annonce qui est faite qui est plutôt novatrice c'est décentraliser des enveloppes budgétaires dans les départements dans les commissariats pour acheter des choses du quotidien redonner un peu de lustre un coup de peinture ça compte ça ?

ça compte pour l'image parce que je veux dire quand on va aux Etats-Unis en Angleterre au Canada parce que ça a été annoncé les policiers sont respectés aussi parce qu'ils renvoient une image de policiers qui sont vraiment dotés de modernité de voilà si nous on vit dans des commissariats pourris c'est sûr qu'on n'a pas envie de nous respecter le respect il passe aussi par cela donc ça cette annonce là elle était attendue on va voir comment concrètement ça va se faire et est-ce que les policiers vont être associés à la dépense où est-ce qu'on met les priorités après ce que disent les collègues heureusement pour l'Etat qu'on a des fonctionnaires qui restent motivés et qui croient dans leur mission maintenant il y a plein de choses qui ont été abordées c'est-à-dire que si on avait été entendus depuis des années puisque la grogne a quand même été épartie du terrain plus ou moins parce qu'il y a eu un peu de manipulation aussi mais pour autant tout ça on le dit depuis des années sans avoir été entendu je rappelle quand même qu'en 2015 octobre 2015 on s'est rassemblé place Vendôme ce qui était quand même une première avec tous les syndicats représentatifs suite à l'agression et quasiment le meurtre d'un de nos collègues Yann Sayour pour le plan nommé bon on a demandé quoi ?

des moyens d'avoir des véhicules qui soient en capacité de rouler dans de bonnes conditions je rappelle qu'il n'y a pas longtemps lors du budget défendu à l'Assemblée il a été posé par un député d'En Marche d'ailleurs est-ce que c'est normal que des gendarmes roulent avec des véhicules si vous avez un police avec des pneus lisses c'est compliqué d'aller verbaliser le citoyen quand il n'a pas bon c'est un vrai problème donc en fait tout ce que les collègues vivent disent c'est une réalité mais qui n'est pas née d'hier et donc ce qu'il faut c'est ça a été dit tout à l'heure il faut c'est un tout redonner la confiance c'est redonner une image positive redonner des moyens simplifier cette j'allais dire un gros mot procédure pénale qui n'est plus du tout adaptée à nos réalités d'aujourd'hui le malaise dans la police judiciaire et aussi dans la filière judiciaire de la sécurité parce que quoi ?

52:21
Locuteur non identifié

c'est trop long ?

52:22
Intervenant

trop de paperasse donc on passe trop de temps les contrôles d'identité le président de la République a fait un long passage sur les contrôles d'identité puisqu'il veut qu'on sorte du contrôle systématique pourquoi on fait des contrôles d'identité ? parce qu'en bas des immeubles quand il y a des jeunes qui se concentrent on fait quoi ? quel est le moyen pour nous de les disperser ?

c'est le contrôle d'identité on va dire c'est la réalité donc donnons-nous les moyens à la fois d'être mieux respectés le fait que les gens n'en peuvent plus pour pouvoir rentrer dans de bonnes conditions parce que quand des canapés sont mis en bas des cages d'escalier la petite dame âgée qui a envie d'entrer chez elle elle est obligée quasiment d'escalader le truc entre les trafiquants et puis le nerf de la guerre c'est de casser ce trafic qui pollue la vie des quartiers et pourquoi ils ne veulent pas de policiers qui patrouillent ? parce qu'on vient les embêter dans leur trafic donc c'est ça c'est qu'il faut casser tout ce que tout le monde constate depuis des années mais n'ose pas dire

53:11
Présentateur

il y a eu un aspect qui a été évoqué par le président de la république il a évoqué la nécessité de durcir la réponse aux menaces visant nommément les policiers sur les réseaux sociaux sur le fait que certains soient inquiétés y compris chez eux parce qu'on connaît leur identité etc ça c'est un vraiment c'est quelque chose c'est pas anecdotique

53:33
Intervenant

alors c'est pas anecdotique c'est pas nouveau quand j'étais en service j'ai eu le droit quand je faisais mes courses avec ma femme on a eu le droit aussi d'être appelé par notre nom en disant on sait où vous habitez et quand on habitait on avait des droits des coups de sonnette des voitures rayées etc donc oui mais la loi elle existe il y a une loi qui a été renforcée sous Sarkozy pour sanctionner plus durement ceux qui font l'objet de menaces de représentants non pas que de la police représentants de l'état donc il faut simplement appliquer la loi et ce qu'on demande et ce que demandent les policiers c'est que les juges appliquent la loi de façon la plus sévère possible pour envoyer un signal parce qu'effectivement s'il ne se passe rien il n'y a pas de raison que les jeunes changent de comportement et n'utilisent pas les réseaux sociaux notamment pour stigmatiser tel ou tel policier ou policière

54:14
Présentateur

Vous disiez à l'instant que le malaise il date c'est pas nouveau c'est en train de monter à quel moment on est ? Est-ce que la cocotte minute est sur le point d'exploser ? Quand on a des CRS par exemple qui se mettent en arrêt maladie qui du coup n'assurent plus la sécurité des manifestations parce qu'ils n'en peuvent plus parce qu'il y a trop d'heures supplémentaires je ne savais pas précisément quelles étaient leurs revendications Les sous Les sous c'est pas rien

54:43
Intervenant

En fait ces policiers je trouve que le reportage était bien sur le ton et ce qu'elle vient d'ailleurs Jean-Marc Bayel le confirme il y a un problème de morale de nécessité de soutien ce qui ressort des images qu'on a vues c'est que ces policiers ils s'en sortent et nous on s'en sort et nous on a de la chance d'avoir sur le terrain des flics qui s'entraident sont solidaires entre eux et font le boulot quelle que soit la hiérarchie quel que soit le ministre et parfois même contre leur hiérarchie et à propos de Viry Châtillon qui était quand même l'origine de la révolte de l'automne de novembre il faut d'abord dire aux téléspectateurs que les auteurs n'ont pas été interpellés pour l'instant l'affaire n'est pas résolue et donc ça ça pose un vrai problème d'une part d'autre part

55:26
Présentateur

ils ont été identifiés

55:28
Intervenant

en partie il y a quand même 13 écroués d'autre part il y avait quand même un certain nombre de personnes dans la hiérarchie qui avaient décidé ce jour-là de cette mission complètement absurde qui consistait à aller garder cette caméra il n'y a pas eu d'enquête là-dessus on n'a pas entendu ces commissaires et au contraire ils ont tous été enfin ceux qui avaient pris ces décisions-là ont été promus promus à de belles carrières on va dire donc je pense que malgré tout ça et malgré leur chef on a la chance d'avoir sur le policier des policiers qui comptent sur le terrain des policiers qui continuent

56:00
Présentateur

mais plus

56:01
Intervenant

qu'à faire leur boulot c'est-à-dire à faire leur boulot y compris c'est pour ça que là les CRS ont réclamé un peu de sous parce qu'en fait on leur avait donné des sous on leur prenait de l'autre côté donc ils n'ont pas compris donc ils ont dit on fait grève aujourd'hui je vous rappelle qu'au sein de la police judiciaire vous avez eu aussi un mouvement de grève à cause de ce qui se passe au sein de l'office central de lutte contre le trafic de stupéfiants et donc un certain nombre de policiers ne sont pas allés travailler ils se sont mis en arrêt de travail donc ça touche un peu toutes les sphères pour d'autres raisons que des raisons financières mais ça touche la question de la reconnaissance à chaque fois on en revient c'est ce que vous disiez et je ne remarque pas l'aide du lustre mais ça compte le lustre vous avez l'air ça vous a surpris non non non pas du tout c'est un aspect qu'on a assez peu entendu pas trop camosser d'avoir un commissaire qui ne pue pas moi je peux vous citer un commissaire à Paris en plein Paris à côté des Invalides où je suis allé il n'y a pas longtemps franchement ça pue la merde c'est à dire que les égouts les odeurs des égouts remontent en permanence alors un jour vous avez le préfet de police qui a débarqué ils ont dit on envoie les plombiers en envoie les plombiers je suis retourné pour voir un peu après c'est toujours pareil donc non mais c'est ça je veux dire quand vous vivez entre guillemets dans la merde mais en l'occurrence il y a vraiment cette odeur là comment est-ce que vous pouvez vous sentir bien après sur le trottoir comment vous pouvez vous sentir bien dans le regard des autres c'est pas possible

57:13
Présentateur

on passe maintenant à vos questions réforme de la police soit mais si elle n'est pas accompagnée par celle de la justice à quoi servira-t-elle ? voilà la question non ?

57:28
Intervenant

une vraie question réforme de la justice effectivement d'ailleurs il en a parlé il a connecté directement Emmanuel Macron police de proximité réforme de la procédure pénale voilà donc il faut que ça aille ensemble mais ça doit aussi aller avec plein d'autres choses aussi voilà ça c'était une grosse demande lors du mouvement lors de grandes policières il y a un an justement une justice plus efficace et on en revient toujours au moyen quand on parlait tout à l'heure de la question des jeunes en bas des immeubles qu'on contrôle on les contrôle parce que justement ça devient une forme de sanction parce qu'en fait on n'a pas d'autres outils pour lutter contre ça il faut voir ce qu'on met dedans aussi c'est la même chose parce que là c'est beaucoup d'incantations réforme de la procédure pénale mais jusqu'où on va qu'est-ce qu'on fait là on a besoin de détails aussi

58:08
Présentateur

l'idée de passer par des contraventions

58:09
Intervenant

ça c'est un petit aspect des choses

58:11
Présentateur

sur notamment le trafic de stupéfiants la consommation de ces consommations

58:14
Intervenant

et les conduites sans permis de conduire et sans assurance également

58:16
Présentateur

ça va plutôt dans le bon sens ça va simplifier la tâche

58:18
Intervenant

et on ne contraventionnise pas ça reste un délit ce qui est quand même en termes de santé publique important maintenant tous nos jeunes qui on parle qui sont des usagers est-ce qu'ils paieront les amendes c'est la vraie question en tout cas ça va soulager et alléger ça va soulager en termes de sédures

58:33
Présentateur

l'intervention du président n'était-elle pas plus un diagnostic qu'une annonce d'action concrète

58:39
Intervenant

oui mais en même temps ça correspond un peu je trouve c'est tout à fait vrai mais ça correspond un peu je trouve à la philosophie qui était la sienne lors de la campagne il a dit on va évaluer la situation on va faire des diagnostics on va faire des audits on va associer des chercheurs et moi je veux avoir une vision claire de la situation avant de mettre quoi que ce soit en oeuvre d'ailleurs il a dit à plusieurs reprises il a dit on va concerter ça c'est bien pour le moment je ne vais pas m'avancer moi je ne suis pas contre je ne suis pas contre l'idée qu'on évalue des politiques publiques enfin qu'on fasse un diagnostic préalable à la mise en oeuvre d'une politique publique et qu'ensuite on la pilote avec de l'évaluation ça me paraît assez rationnel et d'une certaine façon moi je n'ai pas été surpris par cet aspect là des choses

59:16
Présentateur

moderniser, embaucher le président exprime l'intention de faire beaucoup de choses où va-t-il trouver l'argent nécessaire ?

59:23
Intervenant

il n'y a pas besoin forcément d'argent embaucher il a annoncé les embauches c'est bien mais attention à l'embauche de masse est-ce qu'on aura suffisamment de candidats de qualité pour être recruté policier ?

59:31
Présentateur

vous en avez des candidats en ce moment ?

59:32
Intervenant

au dernier concours il y a eu 300 places qui n'ont pas été pourvues de garder la paix par défaut de qualité sur 23 000 candidats donc il y a une vraie question qualitative parce que la police avec tout ce qui se passe n'attire plus les candidats qui a envie de venir pour se faire insulter qui a envie de travailler dans un commissariat qui a été décrit parfaitement par Frédéric tout à l'heure donc il faut redonner du luxe et aussi attirer les meilleurs ceux qui ont vraiment envie de s'investir pour les autres ça c'est un premier point il faut des écoles et des formateurs il a annoncé la question de deux écoles Nicolas Sarkozy en avait coupé et supprimé un certain nombre donc on revient en arrière c'est vrai que s'il n'y a pas d'école on ne peut pas réformer les économies on peut les faire aussi on n'est pas obligé de dépasser beaucoup d'argent on peut aussi réformer en profondeur et c'est ce que je disais en préambule je trouve qu'il n'a pas été assez loin il faut donner un grand coup de pied dans l'organisation de la sécurité qui est ancestrale on est un des rapports pays d'Europe à maintenant avoir une police et des gendarmes qui juxtéposent des services de police qui se concurrencent entre la PJ la sécurité publique les CRS les escadrons de gendarmerie il y a des sources d'économie et de rationalisation si on en a vu vraiment poétiquement on prend une décision on peut les prendre et je pense que les analystes dont fait partie monsieur pourraient contribuer favorablement à faire évoluer les choses

1:00:43
Présentateur

voilà vous savez ce qu'il vous reste à faire quelle est la meilleure police européenne et la plus estimée de son peuple

1:00:49
Intervenant

c'est soit le Danemark soit la Finlande on est sur des taux de 93 95% d'opinion favorable ça c'est l'image

1:01:00
Présentateur

et sur l'efficacité

1:01:01
Intervenant

l'efficacité c'est toujours la question c'est difficile c'était la question

1:01:05
Présentateur

quelle est la meilleure police européenne quels sont les critères c'est le chiffre c'est parce qu'elle est bien vue par sa population ce serait quoi la meilleure police

1:01:11
Intervenant

la meilleure police ce serait celle qui serait respectée qui serait respectée pour ce qu'elle fait pour ce qu'elle apporte parce qu'elle rassure et qui ne soit plus insultée et que quelque part mais c'est le cas quand même pour 80% de la population en France 80% de la population respecte sa police sauf quand on la verbalise au détour d'une rue pour un excès vitesse ou un feu rouge ça aussi le respect il passe aussi par là ça fait partie du job et le respect il passe par toutes les composantes toutes les missions qu'on a à effectuer

1:01:41
Présentateur

ce nouveau dispositif peut-il alléger ou remettre en cause l'opération sentinelle est-ce qu'il y a un lien entre la nouvelle police

1:01:49
Intervenant

il n'y a pas de lien a priori d'ailleurs ce sont surtout des militaires bon effectivement quelques policiers donc non il n'y a pas de lien les liens qu'il pourrait y avoir c'est ce qui a été annoncé sur l'incorporation de l'état d'urgence dans la loi etc d'un certain nombre de mesures qui font qu'en cas d'alerte et d'attentat on ne devra pas attendre de nouveau de déclencher l'état d'urgence pour pratiquer un certain nombre de perquisitions c'est ça qui a été fait mais sur sentinelle en soi c'est pas ça qui va impacter

1:02:15
Présentateur

demain des policiers grands frères c'est ce qui avait été reproché alors vous avez dit qu'il y avait une lecture politique à la police de proximité mais est-ce que c'est ce qu'il faudrait est-ce que ça fait partie des missions que pourrait avoir la police

1:02:29
Intervenant

pas forcément enfin non il faut que les choses soient un peu rationalisées améliorées et puis il y a un point qu'on n'a pas évoqué mais c'est l'enjeu très important de qu'est-ce qu'on fait de ces contrôles d'identité comment jusqu'où là Emmanuel Macron a dit très clairement je ne ferai pas le récipicer qui est une demande assez constante et ancienne du monde associatif et militant donc là il met un niet clair et précis donc récipicer

1:02:52
Présentateur

sur les contrôles d'identité

1:02:54
Intervenant

pour essayer de les quantifier puisqu'on a un certain nombre de recommandations notamment du défenseur des droits ça fait depuis 2012 Dominique Baudis 2016 M.

Toubon on dit il y a un souci là-dessus tout en disant il ne faut pas forcément faire du récipicer mais il faut améliorer la traçabilité donc c'est pas si simple mais on a un gros enjeu là-dessus pour effectivement ce que les policiers trouvent peut-être mieux leur place et que le dialogue se fasse de meilleure manière avec la population Juste en deux mots la traçabilité les pays anglo-saxons le font mais il y a un tabou là-bas qui n'existe pas c'est les origines ethniques on a le droit de parler des origines ethniques en France on n'a pas le droit donc à partir où on n'a pas le droit c'est même pas à peine d'en parler on perd notre temps

1:03:32
Présentateur

ça n'aura pas de sens

1:03:32
Intervenant

donc il faut penser à autre chose donc formation fidélisation des policiers sur les secteurs on sera plus efficace et on fera moins de confiance

1:03:40
Présentateur

Chez moi la gendarmerie n'est ouverte qu'une fois par semaine le reste du temps il faut se rendre à 10 km pour signaler un vol les choses vont-elles changer ?

1:03:48
Intervenant

C'est le contraire de la proximité en tout cas c'est l'éloignement c'est l'éloignement c'est le contraire de la proximité il faut vivre avec son temps on peut faire des dépôts de plainte maintenant des pré-dépôts de plainte par internet et moi je propose que les commissariats ferment aussi dans certains endroits la nuit pour être sur le terrain plutôt que d'être dans les commissariats à attendre des plaignants qui ne viennent pas

1:04:04
Présentateur

Merci à vous tous c'est la fin de cette émission qui sera rediffusée ce soir à 22h45 on se retrouve demain 17h50 pour un nouveau C'est dans l'air ce soir vous pourrez retrouver dans le monde en face un documentaire Police sur le fil rendez-vous 20h50 avec Marina Carrère dans Causse belle soirée sur France 5 Sous-titrage Société Radio-Canada