Inauguration du 19M dédié aux métiers d'art de la mode, par le Président Emmanuel Macron
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« Le 19M concrétise 35 années d'engagement de la Maison Chanel en faveur des métiers d'art. »
- 3:00Emmanuel MacronFait
« Ce sont des métiers qui permettent de recruter toutes les qualifications, où il y a des formations artistiques, des formations académiques mais également manuelles et professionnalisantes. »
- 3:30Emmanuel MacronFait
« Le premier secteur exportateur de notre pays. »
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Exceptionnellement, merci. Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les ministres, Messieurs les préfets d'Île-de-France et de Seine-Saint-Denis, Madame la maire d'Aubervilliers, Monsieur le maire de Saint-Denis et président de Plaine Commune, Monsieur le président du Conseil départemental de la Seine-Saint-Denis, Mesdames et Messieurs. C'est pour nous un grand honneur et une grande fierté de vous accueillir ici pour inaugurer le 19M, ce nouveau lieu emblématique des métiers d'art de la mode.
Le 19M concrétise 35 années d'engagement de la Maison Chanel en faveur des métiers d'art. 35 années de conviction que l'avenir de la mode passe par la préservation et la promotion des métiers de la main. 35 années de rayonnement de ces savoir-faire d'excellence à travers le monde.
Le 19M est un lieu emblématique grâce, d'abord, et il est derrière vous, à l'architecte Rudy Ricciotti, qui a su y créer une vitrine magnifique et un environnement qui offre, vous l'avez vu, des conditions de travail exceptionnelles. Le 19M est aussi un lieu emblématique par son implantation ici, à la frontière du 19ème arrondissement de Paris et d'Aubervilliers, dans un territoire avec une belle énergie et plein de promesses. Je remercie chaleureusement la mairie de Paris, la mairie d'Aubervilliers et Plaine Commune pour leur soutien depuis la pose de la première pierre et, sincèrement, on n'était pas loin d'ici.
Le 19M ce sont 11 Maisons, vous en avez visité certaines, et une école de broderie qui travaillent de manière indépendante, sans exclusivité. Elles dialoguent avec les équipes de création d'une quarantaine de marques clientes, grandes entreprises de la mode et du luxe, comme jeunes designers, PME et multinationales. Elles représentent un héritage culturel inestimable et unique que seule la France possède.
Elles font partie de notre patrimoine, avec une histoire qui pour certaines Maisons, on en a parlé, remontent au Second Empire. Enfin, elles sont une collection de savoir-faire exigeants et précieux, savoir-faire qui ont failli disparaître et à qui nous avons donné les moyens de rebondir et aujourd'hui d'innover avec talent. Le 19M, ce sont des femmes et des hommes, vous les avez vus, 600 artisans, collaborateurs et apprentis de toutes générations, de milieux et de cultures très variés, dont un tiers a moins de 30 ans. 600 salariés apprentis qui font vivre une trentaine de métiers d'art qualifiés, métiers à la fois experts et artistes, définis par l'Institut des Métiers d'Art.
Des savoirs rares dont certains ne bénéficient d'aucune formation spécialisée externe alors qu'ils sont indispensables pour créer et fabriquer nos produits d'excellence. Par exemple, et nous venons de les rencontrer, Monsieur le Président, formés en chapellerie, plisseurs, dessinateurs en broderie, coupeurs, pour ne citer que quelques exemples. Ces métiers illustrent l'intelligence de la main.
Ils donnent du sens à nos produits, ils leur donnent une âme, en fait l'essence même du luxe. Pour eux, nous avons créé en interne nos propres capacités de formation, dans un dispositif de tutorat complet. Ce tutorat permet de mieux former aux gestes techniques, de mieux intégrer jeunes et moins jeunes en reconversion ou en réinsertion et, vous savez, on a de plus en plus de moins jeunes qui viennent nous voir en quête de sens.
Ce tutorat permet, enfin, de mieux assurer la polyvalence et la transmission entre générations. Un dispositif rendu possible grâce à nos partenaires académiques ici présents, et je tiens à les en remercier chaleureusement. Vous le comprenez, Monsieur le Président, la transmission est au coeur de notre projet pour pérenniser ce patrimoine unique, parisien et français, inspiré de la Haute couture, pour continuer à le faire évoluer, pour valoriser ces métiers exceptionnels, pour susciter des vocations et attirer des nouveaux talents et, ainsi, contribuer au rayonnement mondial de la mode et à son avenir.
Le 19M est la tête de pont, la partie visible d'un univers plus large d'ateliers et de manufactures implantés sur tous les territoires français soit 13 000 personnes, dont 4 500 travaillent au sein des Maisons d'Art et manufactures de Chanel. Dans l'industrie de la mode, aujourd'hui, nous avons un vrai défi : le recrutement et la formation pour les métiers de couturier et de maroquinier. Nos besoins sont largement supérieurs au nombre de profils formés.
Pour trouver ces talents si recherchés et pour susciter ces vocations, il est nécessaire de s'adresser à ceux qui ne connaissent pas forcément ces métiers ou qui en rêvent, mais de loin. Ceci passe par un effort collectif : pouvoirs publics, écoles et entreprises confondus. Dans cette perspective, Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs, je suis heureux d'annoncer que Chanel Mode va renforcer son soutien à la formation et à l'insertion des jeunes dans l'emploi, avec une attention toute particulière portée sur ces métiers d'exception.
Nous allons signer la convention " 1 jeune 1 solution ". Nous recruterons et formerons 1 200 jeunes de moins de 30 ans par an, pendant les trois prochaines années. Ainsi, nous contribuerons à préserver et à développer le rayonnement de ces savoir-faire en France.
Le 19M reflète aussi notre attachement viscéral à la création et, pour nous, la création va de pair avec la culture. Chanel est le mécène de longue date d'institutions comme le Grand Palais, le Palais Galliera, l'Opéra national de Paris et la Villa Noailles, vous l'avez vu, entre autres. Un dernier mot sur le lieu où nous nous trouvons, la Galerie du 19M.
Cette galerie a, vous l'avez compris, l'ambition de promouvoir les métiers de la main. C'est un lieu ouvert à tous, riverains, associations et élèves des écoles alentour. Les familles et les amoureux d'artisanat, toutes générations confondues, tous y seront les bienvenus.
Un espace accessible, c'est important, convivial, propice au dialogue, tour à tour lieu d'expositions, de rencontres et d'ateliers pratiques. Vous venez de découvrir rapidement l'ouverture dédiée à nos Maisons évidentes et elle sera ouverte au public à partir de demain. Nous espérons que ce lieu pluridisciplinaire saura rendre nos univers accessibles car nous sommes convaincus que le 19M résonne avec les valeurs que vous, les artisans du 19M, incarnez au quotidien : la passion, l'engagement et la générosité.
Votre présence aujourd'hui, Monsieur le Président, donne un élan à ce message essentiel : Les métiers de la main sont, plus que jamais, des métiers d'avenir pour la France. Je vous remercie. Merci infiniment pour vos mots, pour l'accueil et pour l'engagement de Chanel et félicitations.
Mesdames et Monsieur le Ministre, Mesdames et Messieurs les maires, Monsieur le président de l'ANRU, Mesdames et Messieurs les élus, Messieurs les préfets, Monsieur le délégué interministériel, Mesdames et Messieurs, chers amis. Vous avez tout dit Président, et de manière parfaite, je ne vais pas le répéter. Je vais donc d'abord vous remercier, vous, d'avoir décidé de porter ce projet et de le faire de manière ouverte, avec les 600 artisans ici présents et toutes les Maisons qui plongent leurs racines dans notre histoire.
C'est aussi un projet, si je puis dire, cher Rudy, en architecture ouverte car l'ensemble des Maisons que nous avons visitées travaillent pour la vôtre et à peu près tous vos concurrents et pour, en effet, la Haute couture, la mode et le luxe, dans notre pays et à travers le monde. Merci de cet engagement, merci de ce magnifique projet. C'est pourquoi je tenais à être parmi vous, pour remercier Chanel, remercier l'ensemble des Maisons ici présentes et, engagés avec elles, l'ensemble de leurs partenaires, y compris académiques, et j'y reviendrai, et vous féliciter pour cela.
Je veux aussi remercier notre architecte, notre artiste, cher Rudy, pour cette magnifique conception qui est quelque part un peu la métaphore de tout ce que nous cherchons ici à faire et plus largement. Merci d'avoir fait souffler un peu ce vent des Bouches-du-Rhône jusque sur ces confins de Paris et de la Seine-Saint-Denis. D'abord je voulais, en venant ici, je n'ai pas à vous convaincre vous mais, à travers vous, en convaincre d'autres, dire combien les métiers que vous représentez sont importants pour l'économie française parce qu'on n'utilise pas suffisamment cet argument.
Qu'il s'agisse de la Maison Chanel, d'Hermès, de Kering, de LVMH, de toutes nos grandes Maisons dans le secteur, et je remercie aussi les représentants de l'ensemble du secteur français, le luxe, la mode, les métiers d'art dans notre pays, c'est un fleuron, tant et si bien que ça représente un peu plus de 600 000 emplois aujourd'hui, 600 000 et, comme vous venez de l'entendre, il y a beaucoup d'emplois qui sont encore non pourvus et sur lesquels il y a des perspectives. Ce ne sont là que les emplois directs mais il y a beaucoup plus d'emplois indirects. Ce sont des métiers qui permettent de recruter toutes les qualifications, où il y a des formations artistiques, des formations académiques mais également manuelles et professionnalisantes et c'est aujourd'hui, en tout cas quand je regarde les chiffres de 2021, le premier secteur exportateur de notre pays.
Quand on veut parler d'excellence, quand on veut parler d'une France fière qui rayonne et qui exporte, c'est une bonne idée de parler du luxe, de la mode, de la Haute couture et des métiers d'art parce que c'est une réalité et que ces productions sont faites sur notre sol, vous avez la chance d'être dans ce lieu emblématique qui va encore ouvrir ses portes demain, mais avec aussi des ateliers et des maisons de production qui essaiment à travers le pays. Nous en parlions ensemble, toutes les régions à peu près ont leurs ateliers, soit de certaines de vos Maisons soit d'autres Maisons, et qui permettent justement de bâtir cet excellence. Le premier message que je voulais passer, c'est celui-ci : soyez fiers des métiers que vous représentez parce qu'ils sont importants pour l'économie française, pour le rayonnement de l'économie française et son développement.
Ensuite, ce sont des métiers de sens. On l'a beaucoup évoqué et je dois dire que j'ai été extraordinairement admiratif de tout ce que vous avez pu nous montrer, en parcourant des Maisons comme Montex, Lognon et Michel qu'on a ensemble pu évoquer, mais toutes celles aussi que nous n'avons malheureusement pas pu traverser et que j'ai pu ici voir à travers cette brève exposition. À chaque fois, ce sont des gestes et des savoir-faire qui sont enracinés dans notre histoire.
Je voulais vous dire combien c'est important de continuer, pas simplement à les préserver mais à les perpétuer, à les enrichir, parfois à les transformer et à les enrichir avec le numérique, comme on l'a vu tout à l'heure, mais à se les passer de main en main car ce sont des savoirs. Ils ne sont pas livresques. Ils sont extraordinairement difficiles à copier parce qu'ils sont jalousement protégés par les femmes et les hommes qui les transmettent, et parfois sont si dépendants de quelques pièces de bois, d'organisation, de quelques techniques dont vous êtes les dépositaires, qu'il faut souvent de nombreuses années avant de pleinement les acquérir.
Donc en vous remerciant ici, je vous remercie aussi de perpétuer ce savoir-faire français. Et, aussi vrai que les métiers que vous portez sont importants pour l'économie d'aujourd'hui et de demain et pour notre rayonnement, ils s'enracinent dans ce que nous sommes, et dans un art et un artisanat français, et au fond dans une transmission dont vous êtes aujourd'hui progressivement, à votre tour, les dépositaires. Le deuxième grand message que je voulais vous passer, il est précisément sur cette question de transmission.
Nous l'avons vu à travers l'ensemble des ateliers que nous avons traversés, et vous venez de prendre des engagements supplémentaires. Mais dans l'ensemble des métiers que vous représentez, on transmet un savoir-faire, et dans vos métiers, il y a beaucoup et de plus en plus d'apprentis et d'alternants. Ce combat que le Gouvernement mène depuis plusieurs années est en train de produire ses résultats, mais je veux aussi vous dire combien il continue à être essentiel, et on a besoin de vous toutes et tous pour continuer d'avancer.
Toutes et tous, c'est-à-dire les employeurs évidemment, et celles et ceux qui, professionnels, vont donner de leur temps pour transmettre, les écoles et l'ensemble des partenaires académiques pour pouvoir organiser ce partenariat, et puis les familles et les plus jeunes pour y croire et tenter cette aventure. Il y a cinq ans, il y avait 250 000 à 270 000 apprentis par an. On espérait doubler ce chiffre.
Nous sommes aujourd'hui à plus de 700 000 apprentis. Ce n'est pas le fruit du hasard, c'est le fruit d'une réforme de confiance qui a consisté à simplifier les choses et à dire : les branches professionnelles, les métiers eux-mêmes vont définir les règles pour les apprentis. Ce ne sont pas des textes qui sont faits en chambre, entre guillemets.
On ne va pas les faire de la même manière pour tout le monde, chaque métier va définir comment marche l'apprentissage. On se souvient des aberrations qu'on avait pu parfois connaître dans notre pays où les règles n'étaient pas du tout adaptées au métier. On commençait en boulangerie à 8h du matin, ce qui marche quand même beaucoup moins bien, on avait des règles de sécurité qui ne correspondaient pas aux métiers du bâtiment, etc.
Tout cela a été simplifié, les aides aussi. On y a cru pendant la crise. Et donc on arrive à ce chiffre !
Il faut continuer de le consolider. Et ça, c'est le fruit d'une organisation et de textes qui sont passés par le Gouvernement, mais aussi de la mobilisation de tous et toutes. Continuer à convaincre d'autres jeunes et les parents que l'apprentissage est une voie d'excellence, et l'alternance aussi, continuer de convaincre d'autres entreprises, formateurs et maîtres, que c'est une formidable chance pour apprendre à des plus jeunes un métier, pouvoir le transmettre, le connaître, et rapprocher cet écart qu'il y avait entre l'école et l'entreprise, et le faire dans toutes les formations, pour montrer que c'est aussi une voie d'excellence, c'est ce que nous allons poursuivre.
Cette réponse par l'apprentissage et l'alternance a été l'un des éléments qui nous a permis de résister pendant la crise, grâce à la plateforme " 1 jeune 1 solution ", Madame la Ministre. Dans la palette des options, il y avait justement formation, emploi, et souvent alternance apprentissage, qui est ce pont entre les deux et qui a permis à beaucoup de jeunes, grâce aussi aux aides exceptionnelles, que la réforme ne s'arrête pas à cause du Covid, mais qu'elle continue de se déployer. Tout cela est très cohérent avec ce qu'on fait par ailleurs.
Depuis 2017, la voie professionnelle a été restructurée, les bacs professionnels déployés en quatorze familles de métiers, et un jeune a désormais davantage de perspectives à l'issue de sa classe de seconde en bac pro. La réforme du lycée portée par la Ministre est aussi une réforme du bac professionnel qui comprend désormais des enseignements en co- intervention, et ce qu'on appelle le " chef-d'oeuvre ", qui est cet élément de fierté, mais aussi un élément concret qui vient consacrer la formation dans le bac pro et qui prépare déjà à se projeter dans ce que vous m'avez montré cet après-midi tous ensemble. Et nous avons voulu donner toutes leurs lettres de noblesse à l'ensemble de ces métiers et de ces filières en bâtissant ainsi cent campus des métiers et des qualifications, répartis partout sur l'ensemble du territoire pour développer ces filières porteuses d'avenir. 19M vient pour moi non pas parachever, parce que ce n'est pas terminé, mais, dans votre filière et dans vos secteurs, montrer l'importance de cette voie et la cohérence de ce que nous sommes en train de faire : des réformes du lycée professionnel, et donc de l'enseignement professionnel et technique, de la réforme du baccalauréat, de la réforme de l'apprentissage, du supérieur, et de toute cette transformation culturelle que nous sommes en train de conduire.
Parce qu'il y a dans vos métiers, mais plus largement par l'apprentissage et l'alternance, la possibilité d'accéder à l'excellence, d'avoir un métier de manière quasi certaine, de conjurer l'assignation à résidence qui fait que quand on vient de telle famille ou de tel quartier, on n'aurait pas le droit d'accéder à tel métier, et être ici, dans cet endroit, est un signal extraordinairement fort, et de le faire parce qu'on est aidé par des entreprises, par des employeurs, des maîtres, par des écoles, avec une organisation qui correspond justement à cette volonté de construire par l'enseignement, l'engagement, le travail, sa propre perspective. Je terminerai sur un dernier point, c'est que tout cela n'est possible que s'il y a justement, vous avez utilisé le terme, un engagement : engagement de l'ensemble des écoles et du système éducatif, engagement des familles et des plus jeunes, engagement des entreprises. En 2018, nous avons lancé une initiative, la déléguée interministérielle s'en souvient sans doute, le délégué aussi, c'était en juillet 2018, " Les entreprises s'engagent ".
C'était à l'Elysée, la France venait de gagner la Coupe du monde de football. Il n'y avait pas tant d'entreprises que cela, mais un premier élan était lancé, amorçant justement une volonté d'engager dans ces réformes nos entreprises. C'est là que fut pris l'engagement d'offrir 30 000 stages aux jeunes de troisième, de commencer à créer une dynamique pour l'accès à l'emploi.
Tout cela a grandi, grossi. Là aussi, il a fallu du temps. En mars dernier, à Stains, alors que le mouvement prenait de l'ampleur, j'ai alors fixé l'objectif de 30 000 entreprises engagées pour l'emploi et le soutien à la jeunesse d'ici 2021.
Et malgré la crise, nous y sommes. Donc, il y a une formidable mobilisation des entreprises françaises derrière tous ces projets, c'est-à-dire là aussi pour offrir des stages de 3ème aux jeunes des quartiers les plus en difficulté. Pourquoi ?
Parce que quand vous voyez beaucoup de parents d'élèves, le Président de l'ANRU, qui est maire de Clichy-sous-Bois, le sait aussi, combien, chez lui, m'avaient interpellé beaucoup de mamans qui vous disent : " Chez moi, le seul stage qui est proposé à ma fille, c'est au kebab ! " je cite une mère de famille exactement : " parce que comme elle habite à Clichy-sous-Bois, aucune entreprise à qui nous écrivons ne lui propose un stage ". Il faut que les entreprises s'engagent pour casser la barrière, casser l'image qui va être liée à un prénom, à un nom, à une adresse, pour se dire : c'est possible qu'un jeune ou une jeune qui habite telle ou telle commune, qui vient de telle ou telle famille puisse accéder à un stage dès la troisième, dans une entreprise qui correspond à ce qu'il ou elle veut faire, parce que l'entreprise s'engage à participer à ses projets.
Donc, cette petite révolution culturelle qui vient casser les espaces, les séparations, les clivages et les assignations à résidence est en train de se faire. Ça ne peut se faire que parce qu'il y a ce formidable projet. C'est ce qui nous a permis de résister à la crise.
C'est ce qui nous permet de sortir avec le taux de chômage des jeunes le plus faible depuis quinze ans. Et c'est ce qu'on va continuer de développer avec la plateforme " 1 jeune 1 solution " que vous avez évoquée et à laquelle vous avez adhéré en vous engageant. C'est ce que nous allons développer aussi avec les programmes de mentorat, ce qu'on continue de faire, avec le Capital Jeune qu'on a lancé à Marseille et qu'on va continuer de lancer, avec une série d'innovations pour aider à accéder aux meilleures compétences et à casser en quelque sorte les enfermements qui ne donnaient pas les mêmes chances à tous nos jeunes dans notre pays.
Donc, merci de l'engagement que vous venez de prendre. Mais cet engagement, on va le poursuivre, parce que pour gagner ce combat, qui est un combat politique et culturel pour la formation, la qualification et l'emploi de notre jeunesse, il faut aussi changer les représentations et les esprits. Il faut parfois, comme je viens de le faire, dire des choses qu'on ne disait pas depuis des années parce que tout le monde détournait le regard.
Mais pas les dire pour les dire ! Les dire pour les régler, et pour que toutes nos jeunes filles et tous nos jeunes garçons, en lycées et partout en France, aient les mêmes chances de réussir parce qu'on l'aura décidé et parce qu'on essaiera, à travers ces engagements collectifs, de redonner des chances à chacune et à chacun. Voilà les quelques mots que je souhaitais partager, qui montrent aussi combien les temps changent et combien votre projet a du sens, parce que je vous ai autant parlé de ce qu'on appelle à proprement parler une politique sociale que de luxe, de mode et de Haute couture.
Parce que l'engagement que vous portez ici, et qui correspond à l'architecture des lieux, c'est cela ! Les métiers qui sont les vôtres sont des métiers d'art, et je veux que tous nos jeunes, comme j'ai pu les croiser pour quelques uns ici aujourd'hui, qui ont cette passion, qui trouvent un sens dans leur vie, puissent y accéder s'ils le souhaitent. Parce que les métiers que vous êtes en train d'apprendre ou dont vous êtes les dépositaires sont d'extraordinaires métiers qui s'enracinent dans notre histoire et qui font que chacune et chacun d'entre vous est un maillon unique d'une aventure collective, mais bien un maillon unique, parce que si l'un ou l'autre fait mal sa tâche, qu'il s'agisse d'un plissage, d'une broderie ou autre, le chef-d'oeuvre ne pourra pas advenir.
Et ils redonnent ô combien du sens, dans un monde où parfois on a l'impression que chacune et chacun est substituable, en faisant que, dans cette chaîne humaine si complexe où l'on fait des chefs-d'oeuvre, chacune et chacun a sa place, et que les heures que chacune et chacun y aura passées sont irremplaçables pour accomplir le chef-d'oeuvre, de la même manière que chacune de ces branches de béton qui montent au ciel est irremplaçable pour donner à la fois la structure et la juste lumière. Ce tressage des mains et des talents, c'est ce que vous faites chaque jour. C'est ça la vie d'une nation : il y a des pleins et des vides, mais il y a chacune et chacun qui a un rôle irremplaçable.
Et vous le savez, parce que si le travail est mal fait avant vous, vous ne pouvez pas faire le vôtre. L'apprendre et le transmettre a un sens unique, parce que ça apprend un peu de la vie d'une nation, les uns avec les autres, ensemble, inséparables. Donc, merci de ce formidable projet que vous portez ici.
Merci de ce qu'il va permettre de faire. Merci de ce qu'il représente pour les métiers qui sont les vôtres, ces métiers d'art, ces métiers du luxe, du design.
Emmanuel Macron