Le téléphone portable : ennemi de la famille ? | Chaque voix compte - 16/01/2026
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
[musique] Bonsoir à tous et bienvenue dans chaque voix compte sur LCP. C'est vendredi et comme chaque vendredi puisque chaque voix compte et bien c'est à vous que nous donnons la parole pour une émission en public consacrée ce soir à un outil que les familles hésitent à classer dans la catégorie progrès ou dans la catégorie poison. Nos téléphones portables.
Plusieurs projets de loi proposent de proscrire les réseaux sociaux au moins de 15 ans, interdire l'usage des portables au lycée, empêcher les moins de 6 ans d'accéder au moindre écran. La question en fait n'est plus de savoir s'il faut agir mais jusqu'où. On en parle ce soir avec trois députés.
Bonsoir Isabelle Roche, député Horizon de Moselle. Bonsoir Pia Amir Chai, député écologiste de Paris. Et bonsoir Louis Boyard, député la France insoumise du Valde de Marne.
Merci d'abord à tous les trois d'avoir accepté [musique] de vous prêter au jeu des questions-réponses avec notre public ce soir. J'accueille également le professeur Amine Benjamina. Bonsoir.
Bonsoir. Je rappelle que vous êtes spécialiste enctologie et chef du service psychiatrie à l'hôpital Paul Brous de Paris. On a des tas de questions médicales à vous poser.
On va parler des lois en cours d'examen. On va parler aussi des pactes signés par les parents, du rôle de l'école. Où placer le curseur pour vivre avec son temps sans griller nos cerveaux ?
Comment ne pas agrandir aussi le faussé des générations qui fait passer les parents pour des vieux cons ? On va aussi se dire les choses ce soir. Ça c'est le le programme a priori parce que cette émission, je vous rappelle, c'est vous qui la faite.
Donc je compte sur vous. J'espère que vous êtes bien en mode avion quand même. [rires] Vous intervenez à tout moment pour échanger avec nos invités, pour interroger vos élus ou pour nous faire part [musique] de vos expériences.
Chaque voix compte, c'est parti. Il est là et on l'a tous avec nous. On a mis dans les mains des enfants un engin qui les abétit, qui peut les rendre dépressifs, qui conduit au cyberharcèlement.
Voilà ce que dit un rapport publié cette semaine par l'ANS, l'Agence nationale de sécurité sanitaire, rapport sur les effets délétaires des réseaux sociaux sur les 12 17 ans. Amine Benjamina, on va parler des de la tension des crises que génère l'utilisation du portable au sein des familles, mais je voudrais d'abord qu'on fasse ensemble un bilan purement médical. Que sait-on aujourd'hui des dégâts cognitifs et neurologiques des écrans sur les enfants ?
On sait beaucoup de choses. Comme vous le savez, on avait remis un rapport sur les écrans au président de la République, un commission que j'ai eu l'occasion de présider avec le docteur Servant Mouton qui est neurologue. Et depuis la remise du rapport, ça a probablement eu euh l'avantage de susciter l'intérêt à la fois de la société mais aussi des aussi des universitaires et des chercheurs.
On sait beaucoup de choses. On sait beaucoup de choses. Et vous avez commencé par dire à un poison ou une avancée, c'est à la fois les deux à la fois.
Ce qui est sûr, il y a une règle, il faut avoir en tête. Il y a le l'objet en lui-même, je viendrai un peu sur ses effets télétaires, le contenu de l'objet. Donc, ce sont deux choses totalement différentes.
Et puis vous rajoutez un paramètre qui est extrêmement important à quel âge et à quel moment ? vous a signalé tout à l'heure les bandages, elles sont extrêmement importantes. Le rapport de l'in rappel entre 0 et 3 ans absolument rien. entre 0 3 et 6 ans, on avait émis un certain nombre d'éléments, mais je pense que très clairement entre 0 et 6 ans évitait de de mettre entre les mains pour des raisons évidente parce que ça a un effet de perturbation d'une maturation du cerveau et des interactions du du bébé et de avec son environnement et on sait parfaitement que il y a une matière qui a besoin pour croître d'interagir avec à la fois les parents, l'environnement tout ça.
Vous parlez de la matière dont vous parlez exactement le cerveau, c'est une réalité. on a mesuré les dégâts causés sur les les cerveau mesur on sait ce qu'il en est. Alors c'est des dégâts qui sont pas irréversibles puisque on a eu un certain nombre de témoignages et la clinique la clinique qui montre que une fois qu'on retire l'objet on restimule on a on a de nouveau des choses qui peuventir advenir notamment une capacité à engrammer des mots des paroles des interactions neurocognitives.
Vous l'avez dit c'est important. Ensuite, j'ai en face de moi des jeunes qui ne sont pas des bébés mais qui restent des jeunes. Est-ce que eux les dégâts sur leur cerveau sont irréversibles ?
Non, parce que là aussi s'ils arrêtent de regarder leur téléphone sous la couette avec une lumière bleue à un moment ça sera mieux. Donc tout ça, on le sait, on sait. Mais justement, c'est par quel mécanisme ces effets délétaires se sont-ils produits ?
C'est la lumière de l'écran. C'est le swipe, le fait de passer d'une image à l'autre comme ça c'est les deux. lumière parce que c'est un effet perturbateur au niveau du système central et le SW comme vous dites, rendez-vous compte que lorsque on passe ces image le cerveau n'a plus la capacité de de synthétiser, il est submergé et il quand il est submergé parce qu'une image c'est plusieurs photographies superposées et donc à un moment donné il va bugger d'une certaine manière et ce bug il est chronique et il va endobager d'une certaine manière sur le plan fonctionnel et un moment ou un autre on a du retard pris donc c'est pour Pour ça qu'il faut mesurer, je ne dis pas qu'il faut pas l'avoir, il faut mesurer clairement la quantité et puis la qualité.
Si vous avez à l'intérieur de ce dispositif qu'on a que que le téléphone des éléments qui stimulent votre intelligence, qui n'est pas dans une relation de passivité par rapport au contenu comme le scrolling dans des applications devenues célèbres comme TikTok ou à réel d'Instagram, vous êtes moins perturbé et moins atteint par le produit. Et puis il y a lorsque vous avez un produit, vous ne faites pas du sport. Vous ne lisez pas, vous avez tous les toutes t tous les effets de la sédentarité.
Je vous donne un exemple et je m'arrête parce que je peux être très bavard sur le sujet. On a auditionné au cours de cette commission des spécialistes de cardio-ovasculaire, du métabolisme et là ça dit tout. Il nous expliquait que les sportifs actuels qui sont des sportifs de haut niveau sont plus gras que les sportifs de nouveau de de haut niveau et il a 30 ans parce qu'on peut être sportif et sédentaire.
Eh la non moi j'ai une autre question peut-être un peu plus féminine. On peut être sportif et gras ? Oui, absolument.
Pourquoi ? Parce que la sédentarité et c'est différent du sport, c'est le fait de bouger, c'est le fait d'arriver en bas de la de chez soi, on habite le 4e étage, on prend l'escalier et non là ce que je ne fais pas et on voilà comme c'est un réflexe. Donc tout ça, ce sont des éléments sur lesquels les politiques qui sont à ma droite peuvent clairement amener les français à dénormaliser la présence de ce produit.
Vous êtes professeur en addictologie. Est-ce queon peut parler d'une addiction aux écrans comme on parle de l'addiction à la drogue ou à l'alcool ? Est-ce que ce sont les mêmes mécanismes qui sont à l'œuvre dans notre corps ?
Alors, le mécanisme neurobiologique et il est le même, c'est ce qu'on appelle la stimulation du système de récompense qui est un système qui est stimulé par le plaisir qu'on a à soit ingérer un produit, soit avoir un comportement plaisant. le comportement plaisant, c'est euh c'est faire l'amour, par exemple, c'est jouer, c'est ce sont des comportements qui lorsqu'ils ne sont pas maîtriser à un moment donné avec d'autres facteurs peuvent entraîner une forme d'itération ou de chronicité. C'est exactement la même chose.
Ensuite, les dégâts sont différents et les classifications internationales n'ont pas encore introduit ce produit comme un produit addictif pour raison évidente parce que imaginez tous les procès que nous allons faire à toutes ces plateformes internationales en disant que je suis devenu dépendant, j'ai perdu un certain nombre de choses, vous devez me rembourser, vous vous me devez une réparation. 11 ans et 4 mois, c'est l'âge moyen auquel les petits français reçoivent aujourd'hui leur premier portable. Je vous donne un autre chiffre.
Un ados de 15 ans passe en moyenne 4 heur par jour sur son smartphone. Et donc, on le disait, la classe politique s'est enfin emparée du sujet avec plusieurs textes pour réguler clairement l'exposition des jeunes aux écrans. Alors, c'est vrai que c'est pas facile de s'y retrouver parce qu'il y a le Sénat, l'Assemblée nationale, le gouvernement.
C'est Martin Bornet qui fait le point pour nous. [musique] Des mois d'enquête, 95 heures d'audition et des dizaines de témoignages à Cablan. C'est la commission d'enquête sur les effets de TikTok sur les mineurs qui a révélé l'ampleur du phénomène avec notamment des témoignages de parents comme cette mère.
Est-ce normal de trouver des tutos pour se suicider ? Et est-ce que vous en tant que parent vous iriez dire à vos à vos enfants, regardez tiens, j'ai un livre pour te dire comment faire un nœud et te pendre dans la salle de bain à la patre. Je savais même pas que ça pouvait exister moi.
La façon dont ma fille a fait est partie. Je ne savais pas que ça existait. Elle l'a pas appris toute seule.
On lui a donné On lui a donné l'arme pour se suicider. La classe politique s'empare du sujet. Au Sénat, une proposition de loi pour limiter l'accès des jeunes aux plateformes numériques est adoptée.
En décembre dernier, c'est le président de la République qui prend la parole. On ne peut pas déléguer la santé mentale et affective de nos enfants et adolescents à des gens qui ont simplement décidé d'en faire le moyen de faire des revenus. Pour moi, la réponse c'est que pour les moins de 15 ou 16 ans, il faut interdire les réseaux sociaux.
C'est le seul moyen de les protéger. L'exécutif veut aller vite pour faire appliquer une nouvelle loi dès la rentrée de septembre 2026. Une proposition de loi de la députée renaissance Lor Miller a été adoptée par la commission des affaires culturelles de l'Assemblée nationale.
Ce texte vise à interdire les réseaux sociaux au moins de 15 ans et les téléphones portables au lycée. En fixant une limite dans la société, on passe déjà un message très fort à l'égal à l'égard des enfants, à l'égard des familles, à l'égard de la société tout entière qui n'est pas passé aujourd'hui de toute évidence. L'objectif ? lutter contre le cyberharcèlement et éviter l'exposition des mineurs à des contenus inappropriés.
Mais la proposition de loi a été modifiée à la demande du Conseil d'État afin de se conformer à la réglementation européenne. Des mesures comme le couvre-feu numérique ont été supprimées. Le texte sera débattu dans l'hémicycle fin janvier et il ne fait pas l'unanimité.
Je pense que ce qui serait le plus utile, c'est d'interdire aux plateformes légalement d'avoir des algorithmes qui sont néfastes. Dans la manière dont vous l'avez rédigé l'article, vous dites "On va définir dans le conseil par un décret en conseil d'État ce qui peut être considéré comme des réseaux sociaux dont les algorithmes peuvent être néfastes. Pardon, mais si on considère qu'il y a des algorithmes qui sont néfastes, c'est les algorithmes néfastes qu'il faut interdire et comme ça on règle le problème.
La France serait-elle impuissante face aux géants du numérique ? En octobre dernier alors que l'Assemblée voulait imposer une taxe de 15 % au Gfam, les députés ont été contraints de la baisser à 6 % face aux pressions américaines. Alors voilà pour tous les textes qui sont soit en cours d'examen, soit sur le point d'être voté ou présentés, que ce soit au Sénat, à l'Assemblée nationale ou en conseil des ministres.
Je voudrais d'abord me tourner vers le public, tiens vers Alexis. Alexis, est-ce que vous avez un micro ? Alexis, vous êtes papa de deux enfants de 15 et 12 ans.
Ça va ? Oui. Oui.
C'est dur ? Non. Tous les deux ont un téléphone ?
Tous les deux ont un téléphone. 15 et 12 ans. Ouais.
Et tous les deux ont une utilisation complètement différente. C'est-à-dire bah j'ai Arthur qui a 15 ans qui lui bah on sent bien qu'il est très attiré par le téléphone portable. Il a des comportements assez addictifs avec.
On fait attention. On lui a par exemple enlevé Instagram ou et il a pas TikTok. Mais on a senti qu'à chaque fois qu'il pouvait un petit peu y aller, il y allait.
Et il y a sa sœur Mayaline qui a 12 ans et qui elle bah c'est l'inverse. C'est-à-dire que elle d'elle-même elle elle le prend pas avec elle. Elle a pourtant une vie sociale pareille.
Donc c'est c'est assez étonnant et c'est vraiment deux cas d'école et qu'on arrive vraiment pas à expliquer parce que pour le coup on nous on n pas changé notre méthode. Il y en a un à qui par exemple on a mis le temps d'écran mais mais l'autre il y avait pas besoin. Et la petite elle a peut-être vu le grand se faire gronder quand même beaucoup.
Ouais pense. Ouais je pense que ça a beaucoup aidé. Surtout que Arthur s'est fait avoir en plus sur Instagram.
Il a il a on lui a fait croire qu'il allait gagner un téléphone portable et donc bah ça nous a coûté 150 € cette histoire. Et effectivement, je pense que elle a dû voir ce qui se passait. Elle s'est dit "Bon, moi vaut mieux pas que je me j'y touche à ce trucl." H mais elle s'en sort, elle s'en sert quand même très bien.
Je lis sur votre fiche que votre fils a un accès bloqué sur tous les écrans. C'est-à-dire un accès bloqué sur tous les écrans, bah c'est-à-dire que vous vous contrôlez son temps d'écran en fait, c'est ça. Ouais, on a activé le temps d'écran Apple mais pour le coup, il a aussi Vous l'avez limité à quelle jauge ?
Alors euh on a plein de limites parce qu'on peut limiter le temps à partir du moment où ça s'active et ça se désactive. Donc à quelle heure il peut commencer à aller sur les réseaux à aller sur son téléphone et à quelle heure ça s'arrête le soir ? 21h de 22h.
Ouais, c'est ça. En fonction du jour. Je pense que même c'est plus tôt pour Arthur mais après le weekend c'est un petit peu plus tard parce que si vous mettez le moindre doute s'il vous regarde ce soir il va renégocier. [rires] C'est sûr.
C'est c'est sûr. Et après par contre il y a aussi un temps par application même par catégorie si on le souhaite. C'est-à-dire on peut dire pour les réseaux sociaux au global il faut que ça dure tant.
Et est-ce que vous avez réussi à identifier l'application sur laquelle il passe le plus de temps ? Oui, on peut le voir immédiatement. Alors lui c'est WhatsApp hm euh et Snapchat h mais pour le coup aussi je peux pas le comparer parce qu'il a pas TikTok, il a pas Instagram, il a pas il a pas d'autres réseaux sociaux.
Est-ce qu'il a déjà essayé de contourner les limites que vous lui avez posé ? Oui, évidemment comme tout bon adolescent et notamment en en mettant son empreinte digitale sur le téléphone de sa mère. D'accord.
Pour pouvoir quoi pendant qu'elle dormait ? Alors oui, c'était un moment où en tout cas euh je je crois qu'elle a Oui, elle a posé elle a fini quelque chose. Elle a juste posé son téléphone sans le bloquer et là il est allé dans les réglages, il a mis son une de ses empreintes et puis alors vous avez en face de vous trois députés, c'est eux qui font les lois.
Euh qu'est-ce que vous attendez aujourd'hui de la classe politique ? Quelle mesure vous paraît aujourd'hui la plus urgente ? Moi, je pense qu'il faudrait qu'on arrive à simplifier en tout cas pour les parents la possibilité de de bloquer.
Et franchement, moi qui suis plutôt à l'aise avec les outils, euh il faut quand même beaucoup paramétrer. Il y a beaucoup de sollicitations, c'est-à-dire que les enfants, ils peuvent demander à avoir plus de temps. Donc qu'est-ce qu'ils font ? ils le font mais parfois c'est en pleine journée et donc on est en pleine réunion et on se reçoit une notification comme ils savent que ça marche pas forcément hyper bien de 3 4 au moment donc ça je pense que c'est ce serait important et puis d'obliger les les les producteurs de contenu de de pouvoir moi par exemple j'aimerais pouvoir ne pas avoir de short sur YouTube de pas avoir c'estes de de d'éviter de pouvoir scroller et en fait on peut pas Alors pour les néofit les les shorts c'est des tout petits films c'est ça des toutes petites vidéos ou c'est-à-dire que sur YouTube on peut voir quand même plutôt des émissions un peu longues.
Et là, on peut scroller et c'est ce qui enfin même moi ça ça me moi je me bloque mais la technique c'est que au bout de 15 minutes, on peut se débloquer, on se débloque pour toute la journée et là et là je pense que c'est pas c'est pas très efficace et on sent bien que c'est un peu du voilà c'est un peu du foutage de gueule quoi. Ça c'està-dire queon met on met en place ces systèmes là mais on sent bien que c'est très très facile à débloquer. Isabelle Roche, dans les commissions qui ont été menées avant d'élaborer ces propositions de loi, vous avez entendu des parents alors dans des cas gravissimes de de suicide avec des modes d'emploi découverts sur TikTok, mais ce que soulève Alexis, c'est aussi à un moment les ados auront toujours un temps d'avance et et c'est heureux à la rigueur [rires] qu'il soit en avance sur nous, mais est-ce que vous prenez en considération le fait qu'à un moment, il peut y avoir une fracture numérique qui fait que nous les parents, on peut être désemparé devant des appareils sur lesquels nous on n' pas installé tous ces contrôles et de devoir le faire pour nos enfants qui eux vont trouver toujours le moyen de les contourner.
Est-ce que ça fait partie des des textes qui seront mis au vote la semaine prochaine par exemple ? Alors, des textes mis au vote la semaine prochaine pour demander aux parents de s'acculturer sur euh par rapport à la technologie, c'est un peu compliqué par contre euh que dans la discussion, on soit très attentif au fait qu'effectivement vous disiez une fracture euh numérique, oui, euh ça existe. Mais euh vous le disiez bien euh que Alexi en effet, les ados ont toujours envie de contourner et et d'aller se confronter aux règles.
Je suis moi-même mère de quatre enfants et alors ils sont un peu plus âgés que les vôtres mais à l'époque c'était avec les switch et autres et la wifi qui était dessus donc on regarde si c'est pas trop chaud enfin il y a tout toutes les technologies donc on voit bien que c'est c'est de tout temps ce qui change à l'heure actuelle et je pense que c'est ça qui est vraiment très important c'est les plateformes le contenu et vous le disiez très très bien c'est pas le contenant effectivement c'est important mais le contenu et que enfin moi je prône vraiment le fait que on puisse changer de de de paradigme, c'est-à-dire que les plateforme et le statut d'éditeur et pas uniquement d'hébergeur. Et là, ça changerait vraiment énormément les choses. Donc moi, c'est mon combat.
J'étais présente de la commission des affaires culturelles et de l'éducation. J'ai mené ce combat et je continue à le mener. Et je pense que c'est vraiment ce qui peut aussi aider les parents euh à le faire et puis euh favoriser le dialogue en permanence dans les familles parce que en effet euh c'est aussi euh euh le dialogue qui peut euh enfin euh on sait ce que l'enfant fait et puis l'exemple parce que quand nous parents on passe du temps sur nos téléphones, la crédibilité qu'on a vis-à-vis de nos enfants, elle est très moyenne.
Je pense qu'il y a il y a aussi notre propre autocritique en tant que parent à faire et puis un dialogue mais je ne minimise pas la responsabilité des producteurs de contenu par rapport pour Amir Chazi. Quelle est vous la mesure qui vous paraît la plus urgente ? Parce que là, on a vu que dans les propositions en cours, il y a à la fois l'interdiction du portable au lycée, le le le l'interdiction des écrans au moins de 6 ans, l'interdiction des réseaux sociaux au moins de 15 ans.
Quelle est la mesure que vous vouliez voir au milieu de la table tout de suite ? Je peux en donner deux rapidement ? Bien sûr.
Je pense que la première c'est une grande campagne de santé publique à l'égard des adultes pour commencer à faire une sensibilisation via son dessin traitant ou via d'autres dispositifs pour évaluer le niveau de dépendance à ces écrans. parce que vous l'avez dit, je suis assez d'accord, il y a une forme de prescription parentale dans dans le comportement qui par mimétisme donne des effets euh qui deviennent difficiles ensuite à contrer puisque on pratique soi-même la même chose et le parent est modèle ou contre modèle mais en tout cas c'est le point de référence et ça vaudrait le coup un peu comme on le fait sur dans d'autres domaines de santé publique d'avoir une grande campagne voilà de de de de santé publique avec derrière des vrais outils, des questionnaires, une évaluation et derrière derrière des orientations et puis il y a une deuxième chose qui concerne les enfants. On peut discuter de l'interdiction, d'accord ou des jauges à partir desquel on estime que là il y a une zone de danger à l'exposition mais moi je ferai tout à fait autre chose.
Je ferai un pas de côté. Je pense que si le service public de l'enfance, de la petite enfance au sens large du terme, l'État et les collectivités locales payait gratuitement les activités périscolaires, pas parascolaires, pas pour refaire des maths ou du français, mais du sport, du loisir, du théâtre, bref de l'occupation et de l'éveil, de l'émancipation individuelle, et ben c'est autant de temps qu'on passe pas sur les écrans et c'est l'interaction sociale qui est favorisée. Et à partir de là, on a réglé, on aurait réglé une partie du problème, c'est le temps d'exposition qui est quand même un un élément fondamental tel qu'il nous a été exposé par le professeur au début.
Il y aurait d'autres choses à faire mais pour être court, voilà les deux axes que je prendrai en plus des éléments de contrainte euh technique technologie. J'ajoute un un troisème sujet qui est très compliqué. Euh paradoxalement, je m'attendais pas à le défendre ce soir, mais en tout cas d'autant qu'il fait jamais ce qu'il dit quand ça c'est très rarement quand le président de la République a évoqué cette idée que on ne pouvait pas laisser entre les mains de compagnie qui cherchent simplement le profit euh le le le comment dire la responsabilité de l'autorégulation parce qu'on voit bien que ça marche pas du tout et tout ce qu'on avait proposé depuis ces dernières années pour justement contraindre les plateformes déjà a commencé par leur demander de payer ce qu'ils doivent à la société.
Bon ça ça ne fonctionne pas. Donc là, il faudrait être beaucoup plus mais ça ne fonctionne pas parce que c'est du ressort de l'Europe et du fameux Digital Service Act. Uniquement, pas uniquement parce qu'il y a des campagnes par exemple pour empêcher les intrusions publicitaires agressives qui peuvent être pensées dans le casre du droit national et on peut considérer par extension de la définition de ce qui est une agression publicitaire invasive.
Euh vous avez évoqué des des des courtes vidéos qui ne sont imposées qui sont souvent des placements de produits. Donc on pourrait réfléchir à ça dans un cadre dans un cadre législatif. Voilà les trois pistes que comme je sais pas ce que vous en pensez mais moi je vous livre ça à la réflexion.
Louis Boyard. Sur ce sujet-là, j'ai fait une tournée des lycées où j'ai été dans plein de lycées partout en France et dans cette tournée, on m'a parlé de beaucoup de choses et on m'a parlé de du rythme scolaire, de pression scolaire. On m'a aussi parlé de réseaux sociaux.
Je suis assez heureux de voir que le sujet des réseaux sociaux est un sujet qui est pris en compte par les jeunes dès la primaire. Et pour autant, j'entendais aussi beaucoup de jeunes qui me disaient, on a le sentiment que dès lors qu'on parle de notre santé mentale et de notre vie, on a les politiques, il disent suffirait d'interdire TikTok et tout irait bien. Et donc je pense que du coup, il faut poser la question de l'acceptabilité vis-à-vis des jeunes.
Ensuite, deuxièmement, tout ce que vous disiez était très important sur la question de qu'est-ce qu'on peut faire et de qu'est-ce qu'on ne peut pas faire. Les plateformes, c'est très dur de de leur poser des contraintes. Pourquoi ?
Parce que sur la question de ces plateformes, il y a la question de la géopolitique de la donnée. Si vous avez la donnée, vous avez le pouvoir. Et regardez par exemple l'Europe qui a mis une sanction à Elon Musk de 120 millions d'euros parce que X ne respectait pas le droit européen. 120 millions d'euros pour musque, c'est rien.
C'est 0,01 % de sa fortune. Pourquoi est-ce que l'Europe n'a mis que 120 millions d'euros ? parce que dans le même temps, vous avez des sujets géopolitiques autour de l'Ukraine, autour du Groenland, autour des droits de douane.
Et d'ailleurs, vous avez vu que le gouvernement américain a pris la défense de de Musk au sujet de ça. Donc ce que je veux dire c'est que et en fait on en reviendra parce que on nous a demandé de faire cours. J'ai le sentiment aujourd'hui que autour d'un certain nombre de textes, on fait beaucoup de textes incantatoir qui proposent des interdictions qui ne sont pas applicables à l'échelle nationale ou qui ne seront pas appliquées par les plateformes ou qui même si elles étaient appliquées à l'échelle nationale ou appliqué par les plateformes sont contournables par les jeunes eux-mêmes.
Et donc je crois que dans tout le débat qu'on a, il faut se poser la question en fait comment est-ce qu'on apprend aux jeunes à se gérer par rapport à ça ? Je compare souvent les réseaux sociaux à la malbouffe. Et donc moi je pense qu'on devrait apprendre aux jeunes, bah écoutez quand c'est gratuit le produit, vous vous mettez en danger, vous vous exposez par rapport à ça.
Quand vous voyez tel contenu, vous pouvez aller signer tel endroit pour essayer de faire en sorte que ce soit supprimé. Je pense qu'il faut d'abord travailler ça avec les jeunes plutôt que de faire des incantations qui ont un fond de paternalisme et qui rendent la mesure rédibitoire pour la jeune génération. Mais moi, j'étais au lycée dans les années 90, c'était il y a fort longtemps.
Je vais me tourner vers Gabriel. Gabriel, tu as 14 ans, tu es en 3e, je crois. Est-ce que depuis l'école, depuis d'abord, tu as un téléphone depuis combien de temps ?
Moi, j'ai eu mon premier téléphone en 6e. En 6e. Est-ce que à l'école aujourd'hui, il y a des cours, des moments avec les profs où on vous éveille à ces histoires de protection des données, à ces histoires de cyberharcèlement aussi, à ces histoires d'exposition de votre cerveau aux écrans ?
Alors moi, j'ai eu une intervention en 6e sur le le harcèlement et donc on a un peu parlé de cyberharcèlement, mais c'est vrai que tout ce qui est question de données ou de vie personnelle sur les réseaux sociaux et cetera, euh moi j'en ai jamais entendu parler, en tout cas en cours, j'ai jamais eu de cours dessus. Euh donc voilà, ça c'est quand même un angle mort euh professeur Benjamina, c'est-à-dire qu'à un moment, on parle d'interdire le téléphone à l'école alors que les profs eux-mêmes ont un téléphone. Mais à aucun moment, on s'est dit que dans la loi, il faudrait peut-être à un moment créer un moment de cours, d'enseignement d'enseignement numérique sur bah ce dont on parlait, le partage des données, les les fausses informations aussi, un éveil numérique, un vrai.
Peut-être un petit commentaire sur ce qui a été dit, beaucoup de choses ont été dites très importantes et intéressantes qui d'ailleurs pour ceux qui sont intéressés ce weekend peuvent peuvent retrouver dans le rapport. Alors, vous avez dit au début de l'émission l'âge de début c'est 11 ans. Ben, c'est l'âge au cours duquel on rentre au collège et on a une une obligation d'avoir un téléphone avec euh un accès internet pour prenot et tout ce qu'on appelle les ou école directe.
Oui, c'est comme ça. C'est ainsi. On a fait une remarque très importante.
On est en rencontré à l'époque quand on a remis le rapport à la ministre de l'éducation madame Born l'a repris pour limiter par limiter les les accès à un moment donné de pronote. Ça c'est extrêmement important. Ce qui a été dit est important, on l'a dit aussi dans le rapport c'est que c'est la société qui est concernée par cette histoire et la société doit se regarder telle qu'elle est.
La place des jeunes est de plus en plus oubliée. On vit dans une société faite pour l'adulte. Les très vieux, les très jeunes n'existent pas.
Les très vieux jeunes, les très jeunes n'ont pas d'espace. C'est la réalité. Et j'ai pris l'exemple en rendant le rapport au président en disant "Cet été, je voulais chercher un séjour de vacances.
Je me suis rendu compte qu'il y avait des hôtels, des avions adultes only." J'ai rien compris. En fait, ça interroge la place de l'enfant dans l'espace public aussi.
Cette hisire place des jeunes dans cet espace. L'espace physique est évacué pour les jeunes. Il se retrouve dans l'espace virtuel.
C'est une réalité. Et ensuite, on se demande pourquoi le le le danger avant c'était lorsqueon laissait son enfant jouer au ballon dans une rue ou dans je ne sais quel parc. Maintenant que le danger est à l'extérieur, on les laisse à la maison.
Le danger, il est pas toujours mais souvent derrière l'écran, on l'oublie. Mais posez la question, lorsque vous remettez les clés d'une voiture à votre enfant qui a 18 ans, il est allé apprendre à conduire un véhicule, on leur a mis un permis. Lorsque vous achetez un ordinateur en téléphone, vous luiquez pas que le danger derrière.
Vous avez dit que votre fils tout à l'heure a été truandé, excusez-moi du terme, puisqu'il s'est retrouvé à un devoir donner 150 € pour acheter pour acheter un téléphone. C'est quasiment une sollicitation sur deux qui est une sollicitation qui est fausse. Donc tout ceci mérite de la pédagogie.
Et les adultes que nous sommes parents responsables politiques ou enseignant universitaire comme je le suis ont une responsabilité et c'est si la loi doit penser doit passer elle doit être pensée comme ça. Si on va sur des mesures simples, elle n'aura pas d'effet parce que c'est un évit de la société. Voilà cette histoire de téléphone portable ou des réseaux sociaux. après 20 ans de fascination du bois, on se réveille, on se dit tiens, on est captif parce que derrière ça, il y a un vrai, il y a une vraie opération finalement financière qui est derrière.
Et c'est comme ça que à titre personnel, je vois les textes qui devraient être inspirés par la représentation nationale. Il y a beaucoup de choses dans ce que vous dites. Il y a notamment les injonctions contradictoires au sein même de l'éducation nationale.
Je crois qu'on a une enseignante parmi nous. Où êtes-vous ? Je suis là.
Vous êtes là et vous attendez, je cherche votre prénom ou alors ben vous allez vous êtes Lucy, c'est ça. Je crois que vous êtes professeur d'anglais au lycée. Oui.
Les injonctions contradictoires, c'est-à-dire qu'arriver au collège, encore plus au lycée, désormais, il y a les espaces numériques de travail, pronotes, école directe, les devoirs envoyés sur ces espaces numériques de travail, les échanges avec les professeurs, les relevés de notes. à la fois, on se dit il faut interdire le téléphone et en même temps, c'est devenu un outil pédagogique. Non, c'est exactement ça.
On en parlait juste avant l'émission mais moi c'est un outil que j'utilise au quotidien avec mes élèves. Au lieu de perdre du temps par exemple en cours à les faire passer un à un à l'oral, de les corriger un à un à l'oral à l'oral et de perdre une 2 3 heur pour les classes à plus de 35. On le sait aujourd'hui au lycée, on a du mal avec ça mais c'est souvent des classes à plus de 35.
C'est important pour eux d'avoir le temps de faire leur travail, que moi je puisse les corriger correctement. Et du coup, le téléphone portable pour ça, l'oral, c'est un super outil en fait parce que vous vous en servez comme d'un dictaphone. Exactement. et ils peuvent me l'envoyer sur euh, vous l'avez dit, le NT, le les plateformes qui sont euh faites pour et en fait c'est euh vraiment un outil qui aujourd'hui les aide à devenir plus autonome.
Euh Louis, vous en parliez, mais c'est vraiment quelque chose qui est pour eux indispensable. Mais à la fois pour la vous, vous vous êtes une jeune enseignante, vous n'avez pas connu la génération des enfants sans portable, mais avant comment fais les profs de langue en particulier ? C'était de la une perte de temps en en cours de corriger par exemple l'accent.
On était pas à 35 en cours. On était pas des classes à 35. On était des classes à 25.
On parle pas anglais avant les téléphones. Ah oui, on parle mal anglais. [rires] Bref, j'espère que mes élèves parleront correctement anglais.
Je je leur souhaite. Je leur souhaite que c'est Non mais c'est il y avait plus de moyens pour enfin on le sait c'est une question qui Mais dans votre quotidien donc on voit c'est un outil pédagogique mais ça doit vous poser quand même de sacrés problèmes. Vous faites la police ou ça va ?
Euh alors, je mets les règles euh au clair dès le début de l'année. Je C'est vous qui les mettez au clair ou c'est l'établissement ? Le On a un règlement euh intérieur pour l'établissement qui euh interdit le téléphone en classe sauf à demande du professeur.
Donc euh c'est quand même assez euh ça peut être interprété, on va dire. Du coup, je il y a aussi un autre souci qui est la triche avec Lia qui est un souci qui bouche qui est qui prend de plus en plus d'espace et on en est bien conscient. Donc c'est un souci que moi j'ai dit aux parents dès le début de l'année et en fait je pense qu'il faut aussi que ce problème soit en dehors de l'école.
On en parlait, il faut que les parents soient au courant. Donc c'est le trio élève-parent euh professeur qui fait que j'ai pas besoin de faire la police. Mes élèves savent euh ils sont au clair avec ça.
Si ont absolument besoin de contacter un proche pendant l'heure, ils peuvent le faire. C'est pas non plus euh enfin euh si euh un papa est à l'hôpital pour je ne sais quelle raison. Oui, bien sûr, mes élèves ont le droit d'envoyer un un texto à leur papa, à leur petit frère, c'est pas un problème.
Donc il faut que ce soit elle est cool la prof d'anglais. J'aurais bien aimé vous avoir. [rires] Merci.
Je sais pas si mes élèves diront ça mais je l'espère en tout cas. Anglais en fait ils envoient les messages mais en anglais. Ah c'est l'obligation [rires] contrôle peut-être mais ça voudrait dire que je m enfin ce serait un peu bizarre dans leur vie privée.
J'aimerais pas trop. Allez-y pour Yamir choisi. Oui.
Moi je je suis assez intéressé par ce que vous dites parce que ça permet aussi de voir le ver à moitié plein et pas d'être simplement dans une vision au pressente et et coercitive. Il y a ce qui émancipe aussi. Euh il y a ce qu'on apprend par des contenus nouvellement accessibles qu'on a'urait pas pu avoir accès avant.
Puis aussi la relation. On peut tout à fait imaginer d'ailleurs que un téléphone sans écran, ça a été évoqué dans certaines propositions, puis jusqu'à un certain âge être donné à des enfants qui font un trajet long par exemple pour aller à l'école. Les parents peuvent s'inquiéter au moins pour appeler recevoir des coups de fil.
Puis après l'usage, c'est aussi ce qui fait qu'en général c'est au collège que ils ont leur premier portable parce que c'est au collège qu'ils commencent à aller à l'école sans leur papa ou leur maman. Tout à fait. Alors après, il y a d'autres dispositifs hein, avoir du temps d'écran à l'école et pas et pas à la maison.
Enfin, moi je suis pas je suis pas professionnel euh à la place des professionnels. Donc j'imagine que vous avez toutes et tous des recommandations intéressantes. Mais il faut quand même s'interroger sur euh les effets de cette euh de cette addiction euh et la façon dont on peut don dont on peut les les euh les les empêcher.
Là, vous vous ouvrez beaucoup de tiroirs parce que quand on parle de l'intelligence artificielle, on engage déjà un autre sujet. D'abord, l'intelligence peut-elle être artificielle ? Vertige de la question.
C'est fou. Bon et donc on on ouvre là des questions anthropologiques lourdes mais qui sont toujours les deux faces de même avancé. Lorsque Eininstein, vous connaissez l'exemple he lorsque Eininstein a travaillé sur l'atome, c'était pour connaître l'unicellulaire, le vivant, all est au bout de nos voilà et puis finalement quelqu'un en fait une bombe atomique.
Bon donc c'est la question de l'usage, de la maîtrise et donc de l'intelligence humaine dans cette affaire là. Et je pense que on a et c'est ça qui peut nous contraindre à à être à la hauteur euh c'est justement nous-même d'être intelligent et de comprendre le danger auquel on fait face par euh les effets de nos propres créations. Et je dois avouer, je me tourne vers euh vous deux parce que vous êtes mes collègues à l'Assemblée nationale et c'est pas une question de de génération euh c'est une question de position sociale doit travailler à la loi.
Or, il faut reconnaître que euh moi, je donne mon exemple, je suis revenu à l'Assemblée nationale après l'avoir quitté il y a 10 ans. J'étais vraiment sevré des réseaux sociaux, vraiment. Et je suis revenu, je m'aperçois à quel point je suis englouti dedans parce que je dois communiquer sur mes idées, rendre compte à mes électrices et à mes é lecteurs et aux gens de ma circonscription de ce qu'ils font.
Et donc à un moment donné, il y a un miroir narcissique pour vérifier si ce que je dis a bien été entendu et cetera. Et donc moi-même, je suis happé par ça. Et ce matin, je finis là-dessus.
J'ai visité dans ma circonscription des élèves de l'école, ils font une proposition loyale parlement des que c'était c'est une école primaire. École primaire. Une classe a été retenue pour faire le parlement des enfants.
J'espère qu'ils vont être retenus et leur proposition lo porte justement sur le numérique. Et Louis disait tout à l'heure quelque chose de très intéressant, c'est il faut demander aux jeunes, ils savent, ils connaissent leur usage et moi j'ai été frappé des questions. [rires] Je vous Ça fait deux fois que j'entends cet item et pardonnez-moi mais moi si j'interdit les bonbons à ma fille, elle voudra en manger.
Mais raison de plus pour lui en parler. Raison de plus pour lui en parler. J'ai eu beau lui dire que ça donnait des caris et qu'it pas bon.
Et à la boule savoir que ça donne, c'est pas parce qu'on sait que quelque chose est mauvais et même les enfants le savent en fait. était dans la commission d'enquête TikTok. C'était ça qui était très intéressant, c'est que on a vu des jeunes qui sont parfaitement au courant, qui savent très bien manier les réseaux, qui en connaissent les dangers, mais c'est pas parce qu'ils en connaissent les dangers qu'ils ne y sont pas soumis. parce qu'en fait c'est on l' et vous l'avez très bien rappelé, c'est la dictologie, c'est comment on tombe dedans et comment on narrive pas à s'en empêcher.
Et c'est ça en fait sur nous les politiques où on doit travailler là-dessus parce que effectivement on est tous conscients que c'est pas bon, qu'il faut pas en faire trop et pourtant si on regarde chacun nos temps d'écran, je pense que ça va être on un concours Louis Boyard, vous n'êtes pas d'accord et et juste je voulais enfin rebondir ce que vous disiez Lucy la vous avez parlé d'outils et c'est ça qui est vraiment très important et c'est ça aussi qui est comment on fait pour que ça reste un outil et qu' et que ça ne devienne pas justement une addiction. Mais pardon, cette question cette question le conseil des ministres va sans doute y répondre la semaine prochaine s'il est encore là avec cette proposition de loi voulue par Emmanuel Macron d'une interdiction du portable au lycée à partir de la rentrée 2026. On s'interroge plus sur l'outil pédagogique, on l'exclut de l'enceinte du lycée.
C'est autorisé pour des raisons pédagogiques. Si jamais l'enseignant le veut, pédagogiquement, il pourra moi je je Bon courage au prof. Non, mais c'est ça.
Je moi je il y a quelque chose qui me gêne dans la teneur des discussions qu'on a, c'est que enfin moi j'appartiens littéralement à la génération qui est née avec un téléphone dans les mains. Je suis de la génération internet et j'ai envie de vous dire j'ai commencé la politique grâce à internet. C'est ça qui m'a qui a contribué à la formation de ma culture générale, de ma culture politique.
Et vous avez comparé les téléphones au bonbons, la comparaison n'est pas bonne parce que le téléphone est aussi un espace de notre vie sociale. Le groupe WhatsApp de la classe, le groupe WhatsApp d'amis ou le groupe Snap. Croyez-moi, avec des bonbons, on peut se faire des copains aussi et des copines.
Oui, mais par contre le bonbon, il va pas vous dire quand est-ce que vos amis sortent les bonbons, ils vont pas vous tenir au courant de comment est-ce que vos amis vont. Je veux juste qu'on comprenne que c'est un espace de notre réalité sociale. Et donc c'est pour ça que quand vous expliquez vous l'application concrète que vous en faisiez à l'école et que je disais qu'il fallait en parler aux jeunes, en fait nous ne sommes pas capables de comprendre ça.
Moi-même je ne suis pas capable de comprendre ça parce que je ne sais pas ce que c'est que d'être au lycée en ayant l'intelligence artificielle à côté de moi quand je fais mes devoirs. Je n'ai jamais eu un prof qui a utilisé le téléphone dans la pédagogie en classe et aujourd'hui ça a l'air de se faire et je pense que on a besoin qu'une grande part de la société comprennent par si je vous entends j'entends votre argument mais je ne vois pas cet argument dans les textes de loi qui sont proposés ni au Sénat ni à l'Assemblée nationale. Je vais y venir.
J'aimerais juste qu'on comprenne que une grande part de la société comprenne qu'elle ne peut pas comprendre. Nous ne pouvons pas comprendre ce que c'est que d'être un jeune à l'époque de l'IA, à l'époque du téléphone, à l'époque d'Internet. grandi sans téléphone de vieux.
Pas du tout. Non, pas du tout. [rires] Je Non, pas du tout.
C'est c'est juste que on grandit différemment, on observe le monde différemment et j'ai l'impression que ces jeunes ne sont pas consultés dans tout ça. Et justement dans les textes, dans le texte qui avait été proposé par madame Mer, il y avait deux propositions que je trouvais assez intéressantes. Il y en avait une qui était de marqué sur les boîtes de téléphone des conseillers au moins de 13 ans.
Ça aide, c'était les fameux cours au numérique. Et en fait, tout ça a disparu. Il n'en reste plus que deux choses.
Interdiction des réseaux sociaux. Au moins de 15 ans, les jeunes vont trouver des moyens de le contourner. Ils sont en train de le faire en Australie.
Je vais donner l'exemple de votre enfant. Oui, c'est un petit fiasco en Australie. Oui.
Pourquoi ? Parce que vous vous êtes dans le salon avec votre enfant, il reçoit la vérification d'âge. Qu'est-ce qu'il fait ?
Il prend avec sa caméra votre tête, vous vous en rendez même pas compte, hop, il a déverrouillé le téléphone. Vous avez des jeunes femmes qui se maquillent pour paraître plus vieille et c'est comme ça qu'elle le contourne. Et surtout interdiction au lycée parce que qu'est-ce qu'ils vont faire les lycéens ? pas pendant la récréation, ils vont prendre leur téléphone et ils vont aller devant le lycée pour donc il y aura que des contournements.
Et moi, je pense que il faut poser la question aux jeunes et former les jeunes parce que et surtout je termine sur ça, on parle beaucoup des 4 heures d'écran par jour pour les jeunes mais on parle pas beaucoup des 4 heur et demi d'écran par jour pour les adultes. C'est encore plus long et les jeunes on les forme pas au réseau uniquement en tant que jeune mais au réseau en tant que citoyen dans la société de l'intelligence artificielle et d'internet. Tout ça recontextualiser me permet de plein de mains qui se lèvent dans le public.
Il faut faire tourner les micros euh sur l'essentialisé. Allez-y, je cherche votre petit nom. Bonjour à tous, je m'appelle Ramatou et je suis en master et on a complètement le droit au téléphone portable, personne va faire la police.
Et justement, c'est ce qui nous aide énormément parce que Mais vous êtes majeur ? Je suis majeure effectivement, mais j'ai des petits frères et sœurs aussi qui utilisent les écrans. J'ai mon petit frère qui est au lycée en seconde qui utilise pas mal son téléphone et grâce à ça, il a pu se poser des questions sur comment il peut penser son avenir parce que là maintenant, il veut travailler dans tout ce qui est technologie parce qu'il veut savoir aussi.
C'est ça. Ça aisé sa curiosité et voilà. Et ça c'est génial.
Ça c'est super. Alors on va Non, il faut faire circuler le micro. Bonjour Elliot, je suis étudiant en master aussi.
Euh moi j'ai j'ai une question en fait finalement dans le cadre d'une interdiction totale du téléphone au lycée, comment il y a une concrètement comment la vérifier ? C'est-à-dire quelles sanctions, quel contrôle et quelles exceptions. Où est-ce qu'on met la ligne rouge ?
Et dans une seconde mesure, ça on sait que ça va y avoir des tensions entre les équipes pédagogiques et les élèves. Et ça aussi, c'est une vraie question, je pense qu'il faut poser. De trois éléments de réponse, si vous permettez, je vais rebondir ce que disait monsieur Boyard. la la le principe de l'interdiction à titre personnel en dehors du téléphone, je déteste les interdictions.
Alors, je vais peut-être un peu vous vous choquer. Je suis professeur d'addictologie et je suis un des défenseurs de la légalisation du cannabis parce que l'interdiction c'est je l'expliquer peut-être dans une autre émission, l'interdiction c'est évidemment ce que vous avez dit, c'est aller chercher et contourner. Je me suis entretenu qu'à la premier ministre australien parce que j'ai été sollicité par l'ambassadeur de France en Australie pour faire une conférence dès que le rapport est sorti.
Je lui ai demandé pourquoi il voulait interdire. On rappelle que l'interdiction est passée juste avant Noël en Australie. interdiction des réseaux sociaux a toujours été très avantgardiste sur ces histoires.
Il m'a dit "Je sais parfaitement que ça ne sera pas suivi des faits mais je souhaité et là il a pas tort je souhaitais envoyer une interdiction symbolique pour dire qu'il y a une nocivité derrière ce produit et là je pense que c'est comme ça qu'il faut l'entendre. Ensuite tout ce qui est interdit est fait pour être évidemment jamais respecté dans le principe. Mais je pense que là il faut l'envoyer parce que c'est un un effet pédagogique sur un éveil de la société.
C'est ainsi qu'il faut l'entendre et c'est et je vous réponds, aucun enseignant, aucun directeur d'établissement ne fera rentrer la police ni fera la police. Si il en prend un ou deux pour le principe, ça sera ça sera le cas. Mais derrière cette interdiction, c'est que c'est pas un produit banal.
Il y a une notion extrêmement importante en matière d'addiction, c'est le principe de la dénormalisation. On l'a réussi avec le tabac, on a beaucoup de difficultés avec l'alcool parce que euh l'alcool est un produit qui est défendu par un lobby extrêmement puissant commençant par cette maison. Et donc là-dessus euh il faut faire un travail sur la dénormalisation de ce produit qui est le device, qu'on appelle le device et petit à petit les générations comprendront.
Et je vais répondre encore une fois lorsqu'on a fait notre rapport très vite. On a fait on a interrogé 150 jeunes dans lycée collège. On leur a pas parlé d'interdiction, on leur a parlé de régulation.
Ils ont dit on a besoin d'être régulé. H vous pouvez pas nous retirer un objet avec les régulez-nous. Régulez-nous.
On est on est régulez-nous. Et pense celle-là où évidemment vient des élèves comme des parents. Regardez la façon dont les parents organisent en quelque sorte la résistance.
Des associations tentent de les accompagner par le dialogue et nos équipes ont assisté à l'une de ces réunions à Guy en cours dans les Yvelines. C'est un reportage signé Baptiste Garg Chartier et Eva Billon. Je vous invite si vous le souhaitez à vivre un moment déconnecté.
Ça devient de plus en plus rare. Donc on propose aux participants qui le souhaitent de mettre leur téléphone dans cette petite pochette. aguit encour dizaine de parents et leurs enfants rassemblés pour trouver des réponses à l'image de cette famille.
À chaque fois, c'est un c'est un drame quand on arrête les on arrête les écrans. Un de nos enfants qui veut pas s'arrêter de regarder l'écran et qui nous fait une crise et qui va pas manger le soir par exemple parce qu'on lui a supprimé son écran. Et ce n'est pas un cas isolé.
J'avoue des fois ça m'énerve quand on me confisque le téléphone. Parfois je me rends pas compte que je suis en train de passer 4 heur dessus. Plus tu passes de temps, plus tu as pas tu as envie de le garder.
À votre avis, combien d'écrans y a-t-il dans un fo un foyer français moyen ? 9. Oui. 10 ?
Et ben c'est 10. Oui, tout à fait. C'est 10.
Le fait de regarder un écran va empêcher ton corps de se préparer à l'endormissement. Florian Didier est ingénieur. Il y a 2 ans, il réalise à quel point les écrans ont envahi la vie des adolescents. 240 notifications par jour en moyenne.
Alors depuis avec son association, elle tente d'alerter et propose ce type d'atelier. Moi ça me fait penser à l'état pourquoi par exemple prend pas des mesures plus strictes sur TikTok sur des applications qui sont pas sont pas vitales ? C'est pas évident de réguler ces plateformes.
Nous évidemment qu'on voudrait ça. Bon là l'interdiction des réseaux sociaux avant 15 ans, c'est déjà une belle étape. Nous on aimerait l'interdiction du smartphone avant 15 ans.
Dans les institutions scolaires ou autres, on va imposer l'écran et puis donc nous on va être obligé de prendre le pli. Il y a d'ailleurs une association qui s'appelle Pact Smartphone où c'est des parents d'élèves qui font un pacte et qui décident de ne pas acheter de smartphone à leurs enfants à l'arrivée en 6e. Celui qui n'en a pas n'est pas exclu vu que c'est la nouvelle norme que dans la classe benah il y aura il y en aura peut-être un ou deux qui en aura mais ça en fait on renverse complètement la tendance.
Des parents inquiets, démunis parfois mais ce soir-là ils repartent mieux informés avec des pistes pour agir. Je pense que ça ouvre la réflexion. En tout cas, faut établir des règles et des contrats comme on disait et puis euh voilà, persévérer.
Moi-même, je ne connais pas très bien tous ces réseaux sociaux que les petits jeunes semblent déjà bien connaître. Donc ça me permet d'être mieux armé euh pour pouvoir en discuter avec mes enfants. Je sais pas si ma mère elle va m'autoriser à prendre des téléphone une autre fois après ça.
Ces derniers mois, l'association a multiplié ses interventions. Il cherche des solutions pour garder le contrôle ou reprendre le contrôle dans l'usage des écrans avec leurs enfants au sein du foyer. Florian Didier continuera de sensibiliser car neuf parents/ 10 se disent préoccupés par la surexposition de leurs enfants aux écrans.
Je vais me tourner vers vous Caroline. Vous êtes une des initiatrices de ces pactes grandir mieux sans smartphone qui ont été évoqués dans le reportage. Je crois que ça a été lancé en 2024.
Vous voulez bien d'abord nous expliquer en quoi ça consiste ? Oui, bien sûr. Alors, il y a une trentaine de de pays actuellement où il y a des mouvements de parents qui s'organisent de la même façon et le principe entre parents de décider de reculer le moment auquel on va choisir d'équiper son enfant.
Entre parents d'une même classe par exemple. Exactement. Le plus local, c'est alors bien sûr, ça s'organise au national pour parler d'une même voix et et s'entraider.
Mais c'est localement donc si dans les parents d'une même classe, les parents d'une même école se mettent d'accord entre eux, déjà arrête l'omerta euh se parle du sujet un sujet que l'omerta, elle est sur quoi ? Sur à quel âge je vais lui donner le premier téléphone et puis qu'est-ce qui pas seulement la l'inconnu. Vous voyez, le numérique est arrivé dans nos vies il y a pas si longtemps, le smartphone il y a 20 ans.
C'est une déferlante de nouveauté. Hm. On n'a pas euh eu nous-mêmes à des produits qui n'existaient pas, à des outils qui n'existait pas et qui sont en constant changement et constante adaptation à leur marché.
Donc il y a une gène. Et donc c'est un genre de contrat moral votre pacte dans lequel les parents vont s'engager à ne pas donner de téléphone portable à leur enfant avant la 6e ou la 5e. C'est ça.
Alors le plus tard possible. Ça c'est le plus Mais attendez votre plus tard n'est peut-être pas notre plus tard. Exactement.
C'est justement pour ça, vous savez, on a 2 ans d'expérience de remontée du terrain. Deux parents qui sont désarmés, très inquiets. 9 parents sur 10, disait votre reportage.
Il y a une étude de destin commun qui montre le besoin de régulation et qui est plus fort en France que aux États-Unis, en Angleterre ou le et l'autre pays. Je Mais qu'est-ce qui fait qu'il y a quelque chose de français ? On aime la loi.
Alors, il y a il y a beaucoup de choses et j'ai pas beaucoup de temps de parole. Alors [rires] euh nous on a été parmi les premiers à légiférer. On a une loi qui date de 2018.
Alors si on regarde sur le papier et qu'on a un parent qui a un enfant tout petit et on se dit "Ah bah en fait si si on consulte les lois, ah bah le téléphone est interdit à l'école depuis 2018." H mais alors cette loi ne fait pas la différence entre euh le Oui. jusqu'au jusqu'à la fin du collège ne fait pas la différence entre téléphone et smartphone.
Déjà, ça c'est déroutant puisque je vais pas souligner l'évidence mais donc ces pactes des parents, c'est un acte simple de bon sens et à partir du moment où on fait baisser la pression de groupe et ça va répondre aussi à d'autres choses qui ont été dites auparavant, si on fait baisser la pression de groupe, l'adaptation des jeunes et vient tout de suite. En fait, si on enlève une norme et qu'on bascule sur une autre norme, c'est les jeunes qui vont nous préder dans l'adaptation. classe personne a de téléphone, je n'en voudrais pas.
Ça gêne personne. Ça gêne personne. Et on va savoir com un téléphone à touche, ça t'aurait intéressé ?
Oui, pardon. Euh alors dans le contexte actuel, non parce que c'est vrai que en fait j'ai beaucoup au début je propose des bonbons sans sucre, vous voyez, elle en veut pas. Bah en fait ce qui est compliqué, c'est que comme je trouve l'initiative très intéressante parce que c'est vrai que moi dans ma classe une grande partie de la vie sociale passe par les réseaux sociaux.
Euh le groupe de classe est sur WhatsApp. Euh et c'est vrai que du coup ça pose aussi la question même au niveau de la classe et en dehors, il y a des influenceurs, il y a des trends ou des tendances qui passent. Si on les a pas, ça peut créer un décalage qui est pas forcément facile à à vivre entre guillemets.
Vous êtes nombreux. Donc voilà, c'est et on n pas envie que vous viviez là-dedans. Exactement. une pratique sociale.
Euh moi je trouve qu'il y a quelque chose de très intéressant d'abord c'est que euh d'abord merci de de ce que vous avez fait parce que ça montre que la société euh vous l'avez dit tout à l'heure, elle est directement concernée. Il faut lui demander, faut demander aux actrices, aux acteurs concernés, les parents, les les élèves. Euh c'est fondamental parce que il y a une connaissance de l'usage y compris dans ces risques.
Vous avez parlé d'omerta, moi je trouve ça intéressant parce que il y a une forme de déni par qu'ils sont prescripteurs et dire que c'est de leur faute en partie, pas seulement qui a une forme de mimétisme, c'est pas facile. D'où ma proposition de de campagne, quelqu'un a parlé de la malbouffe tout à l'heure, la même façon. Où est-ce que tu en es de où est-ce que vous en êtes de cette addictologie là ?
Et puis l'omerta pour les enfants parce que des fois ils sont confrontés à des contradictoires entre l'école et Non non, c'est pas ça que je voulais dire. Je voulais dire à à des à des vidéos choquantes, traumatisantes. Vous en parlez pas.
Quand vous avez des violences d'un tel niveau, y compris pédopornographique ou de violence physique basique, euh alors il y a eu des spots à la télévision quand même pour alerter justement et les parents et les enfants sur ce qu'ils peuvent voir et s'ils sont choqués qu'ils en parlent. Il faut continuer. C'est c'est bien de faire effectivement œuvre de pédagogie massive, mais je veux dire que c'est intéressant aussi de de voir où se situent les interdits, les non dit dans une relation familiale.
Et vous avez parlé à juste titre tout à l'heure de ce besoin de dialogue intrafamilial. Ça ça se règle pas par la loi. Par contre par des campagnes de sensibilisation, d'information, de signaux donnés par des politiques sur attention, on grandit ensemble dans une société, essayons d'y veiller du mieux possible en en en essayant, vous avez employé une expression euh non pas de borne d'âge, non pas de de vous avez pas été euh le plus tard possible le plus tard possible.
C'est intéressant, c'estàd qu'on essaie de faire ce qu'on peut du mieux qu'on peut. Si en si on essaie de mettre toutes ces expertises dans la corbeille en commun pour nous aider à faire la loi, je pense que la loi sera bonne. Isabelle Roche, vous voulez intervenir ?
Je voulais juste en fait rebondir sur ce que vous disiez. C'est très important, c'est qu'à un moment on va sensibiliser les parents, on va sensibiliser les enfants, mais on va sensibiliser le collectif parce que moi ce qui me des fois ce qui peut me faire peur aussi c'est de renvoyer uniquement à la responsabilité individuelle des usages addictifs. On est collectivement responsable et ça je pense que c'est dans ce qui est dit et notamment dans des pactes et c'est pour lever l'omerta.
Ça c'est extrêmement important parce qu'on ne pourra pas le régler de façon individuelle ou d'avoir l'impression qu'on est seul avec ce ce problème. Donc soit des campagnes d'affichage, de santé publique, enfin on peut on peut imaginer différentes choses, mais vraiment bien faire comprendre que c'est un problème de société. Et c'est pour ça que ce qu'a fait l'Australie et ce que vous expliquiez avec l'interdiction 15 ans, c'est c'est le symbole.
C'est vraiment cette prise de conscience collective parce que c'est pas euh si on est tout si on continue à être tout seul dans notre coin à se dire "J'y arrive pas avec mes enfants, j'y arrive pas seul et tout ça, on ne on va continuer euh à aller très très mal." Donc euh moi je suis vraiment pour des initiatives citoyennes. Ouais.
Je vous je vais vous présenter une autre initiative parce que on vit quand même une époque formidable où il y a quand même des génies. Et Victor, Victor a 18 ans. D'accord.
Et euh Victor il y a 2 ans avec sa mère, il a lancé The Phone. Ça ressemble à un smartphone. Hm.
Mais çaen est pas un. C'est ça. Tout à fait.
C'est un smart C'est un phone pas smartit. C'est un téléphone qui revient vraiment à l'essentiel de la communication. Donc c'est simplement un téléphone en fait.
Vous dire c'est un téléphone qui sert à téléphoner. C'est c'est juste un téléphone avec lequel en effet on peut uniquement communiquer. Donc on peut passer les appels et envoyer des messages et c'est tout.
Et c'est quoi la différence avec les vieux modèles à touche ? Ça a plus la tête d'un smartphone donc ça ça ressemble ça ressemble à un smartphone. Donc il y a l'écran tactile, il y a tous les caractéristiques du smartphone.
Vous en avez un d'ailleurs pas avec moi malheureusement dans la poche, j'aurais dû. Bah alors gros serreur [rires] mais non ça ressemble à un smartphone. Et donc ça et comment vous est venue l'idée ?
Et ben parce que moi j'ai un petit frère euh qui avait 10 ans à l'époque, il y en a 13 maintenant et qui est passé comme tous ses copains et la majorité des jeunes de son âge par la la fameuse période euh harcèlement, addiction et cetera parce qu'on a on n pas encore asséparé du harcèlement je pense mais c'est un c'est un des gros facteurs euh qui votre petit frère a été cyber harcelé. Il a été cyberharcelé et pour avoir par des camarades de l'école par des camarades qui sont qui étaient ses copains de mois avant et qui sont redevenus ses copains plus tard. Mais pour avoir entendu les messages qu'il pouvait recevoir, je pense que les gens enfin les enfants de cet âge, c'est pardonnez-moi, c'est des messages qu'il recevait sur WhatsApp ?
Sur WhatsApp, sur Instagram, même sur Snap. Euh le problème c'est qu'il était sur Instagram votre petit il était il était il était sur les réseaux sociaux parce que et et comme moi et comme je pense beaucoup de jeunes, il avait 1h de trajet le matin, 1h de le trajet le soir et que à l'époque on avait pas trouvé de solution alternative au smartphone h et que il les parents l'ont laissé s'inscrire sur Instagram à 10 ans et qu'il avait déjoué les contrôles parentaux comme le font la majorité des jeunes. Moi-même, j'ai déjoué mon propre contrôle parental.
Non mais je pense qu' on peut on peut se le dire. Bien sûr. Euh les contrôles parentaux, c'est bien.
Euh une fois qu'on a soit trouvé le code, il y avait l'empreinte digitale tout à l'heure, enfin les moyens, tous les moyens sont bons. Euh moi, je sais que je devais poser mon téléphone à 20h, ben je posais que ma coque. Donc je gardais le téléphone.
Mais enfin, tout ça pour dire que Merci pour les petites astuces. [rires] Tout ça pour dire que tous les moyens sont bons et que et ben le fait était que et ben il était sur les réseaux et et il en a donc quand les parents ont découvert le poteau rose, c'est là que vous avez eu l'idée de créer ce téléphone. Tout à fait.
En fait, on s'est rendu compte parce qu'il était vraiment dans une détresse. Il était renfermé sur lui-même parce que c'est difficile d'en parler surtout quand on est tout seul là-dedans. Je pense que on en a parlé tout à l'heure, c'est difficile de comprendre.
Enfin, je pense c'est très difficile de comprendre quand on n'est pas dedans. Euh, c'est ce que vous disiez, monsieur Board, tout à l'heure. Et votre téléphone, on peut le trouver où ?
Sur internet. Euh, on a un site internet coûte cher. Il coûte 100 €.
Il coûte 100 €. Il coûte 100 €. Je crois que le problème, c'est que vous avez pas réussi à le faire fabriquer en France, ce qui est quand même malheureusement.
Euh c'était c'était un des grands enjeux du début du projet. On a passé 6 mois à chercher. C'est 6 mois qu'on a perdu parce que c'est malheureusement Vous avez dû aller le faire fabriquer en Chine vers là-bas.
En effet à Shenzen. Il y a des députés devant vous peut-être qu'il peuvent vous donner un coup de main pour trouver une ligne de fabrication en France. Non mais oui, c'est c'est malheureusement du temps qu'on a perdu parce que il y a plus d'usine euh en France et en Europe, il y en a quelques-unes mais qui ont des prix qui sont euh professeur Benjaminan nous dit que ça va revenir c'estàdire qu'en plus il est expert en tech.
Non non, j'espère bien. Je voulais juste dire un mot pour revenir ce que disait tout à l'heure monsieur pourraï sur euh sur la sur la responsabilité des adultes. Alors moi je distingue parce que c'est important, je vais vous dire pourquoi l'adulte du parent alors que le parent est adulte parce que lorsqu'on a auditionné encore les plateformes toutes ils ont une capacité à se dédouiner en disant nous avons mis la responsabilité parentale dans l'application.
Ça suffit. Non évidemment forcément les parents sont mais je suis absolument de votre avis. La responsabilité de l'adulte c'est nous tous. h les parents se retrouvent dans une dimension dans laquelle ils deviennent les pauvres idiots utiles par rapport à une mécanique industriel extrêmement bien élaboré.
Alors que euh ce qu'on a proposé c'est que ils ont la solution technique quand on les a auditionné ils nous ont mélangé les les tuyaux et les fils en disant non c'est compliqué. Alors que le lorsque la ministre du numérique qui avait intimé l'ordre au site pornographique de mettre l'autorisation par l'autorisation euh pour la majorité, ça s'est fait du jour au lendemain. Et donc quelque part, il nous rejoue la carte de finalement euh moi je je vois bien sur par exemple les problématiques d'alcool, on on a intimé, on a fait des procès à la viticulture ou les grands groupes internationaux leur disant il y a une responsabilité vis-à-vis des effets liés à l'alcool.
Ils disent non la responsabilité individuelle et nous faisons des campagnes pour tout le monde. C'est exactement ce qui se passe. On nous rejoue la finalement les mêmes ressorts en matière de responsabilité parentale.
Et je peux me parler c'est pour ça que je parle de la responsabilité collective. On est là pour débattre. Allez juste un un point rapide parce qu'on culpabilise beaucoup les parents.
On le fait dans le domaine pénal notamment. Vous avez vu que certains euh voulaient pénaliser des parents d'enfants qui ont commis des actes délectueux. Et c'est terrible parce que si vous mettez en place, je crois que cette mesure a été retoquée par le conseil d'État il y a quelques jours.
Oui, mais comme avoir le débat en séance, je pense que ça va revenir car quelques esprits malintentionnés ou en tout cas euh convaincus voudront le proposer, je m'y opposerai personnellement fermement qui consiste à pénaliser des des parents. Euh des amendes étaient prévues. Mais je je vais vous dire pourquoi.
Je vais vous dire pourquoi. Et je trouve que pour dans ma vie personne, je connais des gens qui sont auxiliaires de vie, qui ont des trajets longs, qui ont du temps, qui sont femmes seules, qui font le ménage ou qui sont dans la restauration. Bref, des centaines de de vous en avez à l'hôpital et cetera.
Ces parents-là ne désirent qu'une chose. C'est pour ça d'ailleurs qu'il travaillent dur, le bonheur de leurs enfants. Ils font du mieux ces femmes et ses hommes souvent des femmes.
Et le message qu'on leur envoie, c'est vous êtes des de mauvais parents et on va vous pénaliser parce que rien n'a été prévu ou si peu, pas assez en tout cas. pour combler les carences de votre absence qui est une obligation sociale pour pouvoir subvenir aux besoins de votre famille. D'où la proposition tout à l'heure de périscolaire gratuit pour permettre avoir du temps d'activité plutôt que du temps d'exposition.
Si c'est juste possible de répondre à vos deux questions qui sont en même temps parce que vous avez soulevé la question des contradictions qu'on a au lycée et vous vous avez soulevé les questions du harcèlement. Qu'est-ce qu'on voit sur les questions d'addiction, sur les questions de harcèlement, sur les questions de problèmes de santé mentale des jeunes ? On voit que ces problèmes, ils existaient avant les réseaux sociaux, mais que depuis que les réseaux sociaux sont arrivés, ces phénomènes ont été amplifiés et les réseaux sont des amplificateurs de ces phénomènes.
Sauf que en même temps qu'on a cette amplification, qu'est-ce qu'on observe aussi ? la suppression de poste de psi dans l'éducation nationale, la suppression de poste de surveillant dans les lycées. Et quand on vient aujourd'hui expliquer que on va interdire les téléphones dans les lycées pour préserver la santé mentale des jeunes, mais qu'il y a pas de psi dans l'éducation nationale, qu'on pose pas la question de la pression scolaire, que on supprime des postes de surveillants qui ne pourront pas appliquer cette interdiction du portable au lycée qui est inapplicable parce que les lycéens vont juste sortir du lycée.
Je pense qu'il faut aussi que il faut aussi poser la question de la responsabilité de l'État dans le manque de formation, le manque d'information des jeunes et le manque d'accompagnement. Moi, c'est presque ce que je retiens de toute cette émission. Peut le faire, c'est que aucun accompagnement et surtout aucune espèce d'éveil numérique mais vraiment en bonne du forme avec un cours consacré.
Ce n'est pas de la suppression, c'est le fait que ce soit non pourvu. C'est des postes qui sont ouverts mais qui sont nous pourvus parce qu'il parle de l'éducation ou non mais après il y a peut-être quelques jours sera présenté en conseil des ministres la proposition de loi qui vise à interdire le téléphone au lycée à partir de la rentrée prochaine. Ce soir, pardonnez-moi, vous avez émissé en moi un vrai doute sur l'utilité de cette mesure mesures, des mesures d'accompagnement.
Mais en fait ça ne sert à enfin pardon, je vais être un peu dur ici mais ça ne sert à rien ce que pour Je voudrais poser la question à Alexis qui a qui a qui a son fils de 15 ans qui qui est au lycée. Vous deviez vous dire bah super, le portable sera interdit l'année prochaine. Au moins pendant ce temps-là, on sait qu'il sera pas dessus.
Vous vous dites quoi ce soir ? Je pense quand même que dans ce que j'entends, moi si je peux citer l'expérience d'Arthur, ce qui s'est passé c'est qu'à un moment on lui a interdit l'utilisation d'un d'un réseau notamment Instagram. Jeen ai parlé hier avant de pour parce qu' je venais à l'émission aujourd'hui et finalement ça a été un bien pour lui.
Ce que je veux dire par là c'est que parfois il est plus simple pour l'enfant. Mais c'est vous qui le dites ou c'est lui ? C'est lui qui l'a dit.
C'estàd qu' il m'a expliqué que c'était plus simple pour lui que il puisse dire c'est mes parents qui m'ont obligé plutôt que de lui demander de se réguler, de faire attention et de alors que bon on sait bien que ça ça fonctionne pas très très bien. Prise de confiance. Je voulais je voulais juste donner la parole une seconde à Valia parce que Laurel elle elle a trouvé la solution.
Vous l'avez votre téléphone derrière vous ? Oui voilà ça fait 22 ans que j'utilise je sais pas si on peut zoomer sur le téléphone de valia s'il vous plaît. Il marche très bien. [rires] Ouais.
Février 2004. Voilà. C'est quoi le modèle Nokia Nokia 3310 Samsung et Apple comme ça marche très bien.
Donc c'est tout à fait possible de résister. C'est une question d'autodiscipline. J'ai une question à poser au députés à contre la sédentarité qui est une des prem Alors pour le coup on en avait parlé au début de cette émission avec le professeur Benjamina mais justement éviter les smart encore le sport quand on est sur comparer mais pas que c'est l'activité physique quand même une grande c'est le leort aliment [rires] on est en train d'ouvrir un autre débat vous savez quoi 1 heure ça passe très très vite. 1 heure, ça passe très très vite et l'émission est déjà terminée.
Solutions collectives et qu'on reste sur une note positive pour sortir de l'anxiété. Voilà. Formidable.
Merci à tous d'être venu ce soir sur le plateau de chaque voix compte. Cette émission est rediffusée à 23h30. Si vous souhaitez vous aussi faire partie du public pour nos prochaines émissions, et bien je vous invite à vous inscrire sur lcp.fr ou en flashant le QR code qui va apparaître à l'écran dans un instant.
On se retrouve mardi si vous le voulez bien en direct à 19h30 pour chaque voix compte. Dans un instant Débadoc, passez une excellente soirée sur LCP. ohoh
Emmanuel Macron