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interviewC dans l'air (sur YouTube)· 22 mars 2025 9 min

De Retailleau à Attal, embouteillage pour la présidentielle - Reportage #cdanslair du 21.03.2025

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

De B.Retailleau à G.Attal, en passant par E.Philippe, beaucoup semblent viser la fonction suprême en 2027.

Revue des participants à la course. - Aujourd'hui, quand un politique se déplace, il flotte comme un petit air de campagne. Ce jour-là, G.Attal visite une usine spécialisée dans les énergies renouvelables.

Celui que certains honorent encore d'un "monsieur le Premier ministre" a-t-il oublié Matignon pour mieux se concentrer sur l'Elysée? - G.Attal: Ce sont des questions qui se poseront le moment venu.

Chacun évite de se positionner, d'émettre des idées dans le débat public. Ce n'est pas le sujet qui me préoccupe. - Pourtant, G.Attal semble bien tourné vers la lumière. - G.Attal: Qu'est-ce qu'on a réussi?

Qu'est-ce qu'on a raté? - Début janvier, il a lancé les états généraux de Renaissance. L'occasion d'aller à la rencontre des militants et de poser sa ligne politique: cap à droite. - G.Attal: Je ne fais pas partie de ceux qui considèrent qu'il n'y a que la droite qui défend la laïcité, la sécurité et l'autorité.

Je rencontre des gens qui se disent de gauche toute la journée et qui sont attentifs à ces questions. - G.Attal sur la ligne de départ, comme tant d'autres.

Dans le bloc central, les ambitions s'aiguisent pour 2027. Certains sont des ténors du gouvernement, comme G.Darmanin ou B.Retailleau.

D'autres tentent de se rappeler au bon souvenir des Français, comme X.Bertrand, D.de Villepin ou E.Philippe, le 1er à faire acte de candidature il y a 6 mois.

En meeting, le week-end dernier, l'ancien Premier ministre vantait sa méthode et étrillait le conclave sur les retraites. - E.Philippe: Cette discussion en conclave est hors sol.

Le Parlement a légiféré. Pourquoi laisser perdurer une discussion déconnectée de la réalité? La démocratie sociale, c'est rassembler les organisations syndicales, patronales, pour leur demander comment, compte tenu des nouvelles menaces, nous pouvons nous organiser. - Comment départager tous ces prétendants à l'Elysée?

Le maire LR de Cannes, D.Lisnard, se dit favorable à une grande primaire ouverte. - D.Lisnard: Pour éviter une grande compétition et la division, il faut une compétition ouverte.

C'est pour moi la seule façon de désigner une personnalité et un projet, et que les autres, ensuite, puissent ne pas nuire au gagnant. Je pense que c'est indispensable. La finalité, c'est la remise du pays en ordre. - Mais dans le camp des Républicains, la bataille fait déjà rage.

Officiellement candidats pour prendre la tête du parti en mai prochain, B.Retailleau et L.Wauquiez s'affrontent par médias interposés.

Echanges d'amabilité... - L.Wauquiez: Il fait du travail utile, mais on ne lui donne pas les moyens d'agir. - B.Retailleau: Les chiens aboient et la caravane, tranquille, passe... - Une guerre fratricide observée avec attention par celle Dans la liste des prétendants pour 2027, la présidente du RN à l'Assemblée, M.Le Pen. - A.de Tarlé: Question. - N.Mauret: Il ne se fracture pas.

S'il se fracture, le bloc central n'existe plus et tout le monde y perd. En revanche, oui, il y a des tensions. C'est presque une chance pour F.Bayrou.

Dans l'interview de P.Mignola demain, il en remet une couche. Il dit que les prétendants se servent du gouvernement comme d'un punching-ball.

Pour l'instant, ils essayent d'avoir des petites phrases, même si certains d'entre eux disent qu'ils ne sont pas dans la petite phrase. Ils essayent tous de tirer leur épingle du jeu à un moment où l'actualité est essentiellement à l'international et très peu à l'intérieur du pays. - A.de Tarlé: Ce sujet se terminait sur M.Le Pen.

Si on devait voter dimanche prochain, qui est en tête? - G.Sliman: C'est elle, et ce n'est pas nouveau.

Ca fait des mois que c'est le cas. La dernière intention de vote que j'avais lue à la fin de l'an dernier lui donnait, selon les hypothèses, entre 35 et 38 % d'intentions de vote au 1er tour. Elle est nettement au-dessus des autres.

En cote d'adhésion, je n'aurais pas imaginé dire cela il y a quelques années, mais vous avez une M.Le Pen dans le top 3 des personnalités en France suscitant le plus d'adhésion sur notre propre baromètre politique. Ce qui est intéressant par rapport à votre question sur les divisions du bloc central...

C'est vrai qu'on voit ces divisions. C'est normal, le président actuel ne se représentera pas. Mais ce qui me trouble et que je trouve bien pour eux, c'est qu'ils sont aussi favoris pour aller jouer le match au 2d tour et, peut-être, ils ne sont pas complètement distancés.

Ca pourrait être E.Philippe ou G.Attal...

Ils sont eux aussi dans le podium des personnalités politiques suscitant le plus d'adhésion auprès des Français. C'est plutôt étonnant, alors que le président de la République, dans leur propre camp, est largement réprouvé, même encore aujourd'hui, dans l'opinion publique. On réprouve la politique d'E.Macron, mais 2 de ses ex-Premiers ministres, qui ont mené sa politique, font quand même partie de ceux qui ont des chances de gagner la présidentielle. - A.de Tarlé: M.Le Pen serait élue présidente si on devait voter dimanche, selon les sondages...

Dans 10 jours, la justice se prononce sur l'inéligibilité de M.Le Pen, avec une possible exécution immédiate. Est-ce que c'est possible?

Est-ce que tout peut s'arrêter pour elle? Si cela devait arriver, comment les Français réagiraient au fait que la justice les prive de leur candidate favorite? - J.Jaffré: Beaucoup de questions dans ce que vous dites!

M.Le Pen favorite de la présidentielle...

Pour le 1er tour, dans cette élection à 2 tours. Au 2d tour, il faut éviter une coalition de vos adversaires qui viennent vous battre...

Donc n'allons pas trop vite en besogne. Mais ce serait une percée électorale confirmée par rapport aux européennes et aux législatives. Du coup, le 31 mars est très attendu.

Avant, une décision du Conseil constitutionnel doit intervenir, très importante, sur cette question de l'exécution provisoire immédiate. Ca veut dire que si la peine d'inéligibilité est prononcée pour M.Le Pen...

Normalement, vous pouvez faire appel, selon le droit français. Si elle est condamnée à 3 ans de prison, 50 euros d'amende et une inéligibilité pendant 5 ans, elle peut faire appel, donc ça ne s'applique pas. Sauf que dans la loi votée en 2017, c'est la notion d'exécution provisoire immédiate qui est incluse.

Le juge peut la prononcer. Elle garderait alors son mandat de députée en cours, mais elle ne pourrait plus se présenter à une élection pendant cette période d'inéligibilité. Donc le Conseil constitutionnel est saisi pour savoir si là, il n'y a pas un principe de droit qui ne serait pas respecté. - A.de Tarlé: On connaîtra la réponse la semaine prochaine? - J.Jaffré: Oui, et ce sera important.

Imaginons qu'elle ne soit pas frappée d'exécution provisoire. On aurait quand même probablement l'inéligibilité, à laquelle elle pourrait faire appel. Ca la fout quand même un peu mal, comme candidate à la présidentielle, d'être condamnée à inéligibilité en première instance.

En tout cas, c'est un coup de tonnerre dans notre démocratie, dans notre fonctionnement politique. D'autre part, le RN a quand même immédiatement un candidat de rechange, J.Bardella, qui est très haut dans les sondages d'opinion.

Il serait donc immédiatement un candidat de rechange possible.