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interviewFrance Inter — L'invité du week-end· 21 juillet 2024 21 min

Jeux Olympiques : "C'est un accélérateur de particules", juge Karim Bouamrane, maire de Saint-Ouen-sur-Seine

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:02
Invité

Transinter, Amélie Perrier, le 6-9.

0:07
Invité politique

La banlieue a-t-elle déjà gagné la médaille d'or des Jeux Olympiques ? À cinq jours de l'ouverture de Paris 2024, la Seine-Saint-Denis est plus que prête à se lancer dans la compétition. Le 93 département le plus pauvre d'Hexagone accueille des épreuves, des sites d'entraitement et l'immense village olympique. Alors est-ce une chance ou un mirage éphémère ? On avait envie d'entendre ce matin les élus de ces territoires. Ils sont trois. Bonjour Stéphane Troussel. Bonjour. Vous êtes le président du conseil départemental de Seine-Saint-Denis, Karim Mouamran. Bonjour.

0:35
Invité

Bonjour Mouamran.

0:36
Invité politique

Mère PS de Saint-Ouen et à distance avec nous Mathieu Annotin. Bonjour. Bonjour. Mère PS de Saint-Denis. Alors tous les projecteurs sont braqués sur vous. Karim Mouamran, même le New York Times a parlé de vous. Vous avez eu le droit à votre portrait en une du journal américain. Ce maire français a déjà tout gagné, a dit le New York Times. Vous êtes d'accord ? Vous avez tout gagné déjà ?

0:56
Invité

On a tout gagné. C'est un accélérateur de particules. Que ce soit Saint-Ouen, Saint-Denis ou l'ensemble du département en termes d'héritage, en termes d'infrastructures, en termes de qualité de vie, en termes de fierté, en termes d'améliorer concrètement la vie des gens.

1:10
Invité politique

On va détailler tout ça, mais sur l'image, sur le brillonnement international.

1:15
Invité

Pendant longtemps, ça a été un département qui était soit méconnu, soit stigmatisé, pour des raisons qui n'étaient pas forcément florissantes. Et là, le fait qu'on puisse faire la une du New York Times, il y a une reconnaissance, mais il y a aussi surtout un continuum de tout ce qu'on fait depuis des années et des années. Et c'est intéressant que ce soit un média étranger qui fasse la une. On aurait souhaité que ce soit un média français. Bon, ça a été des Américains et ça a donné lieu à d'autres médias ensuite plus locaux, plus nationaux. Mais c'est une fierté et c'est surtout une reconnaissance de toutes celles et ceux qui s'impliquent chaque jour.

Et au bout d'un moment, lorsqu'on voit l'amorosité ambiante, c'est une bouffée d'air frais. C'est bien. Ça nous donne énormément d'espoir et d'espérance.

1:55
Invité politique

Mathieu Annotin, la flamme olympique va terminer son périple chez vous à Saint-Denis, avant la cérémonie sur la Seine. L'enjeu d'image, il est crucial également ?

2:04
Karim Bouamrane

Oui, mais comme le disait Karim, effectivement, pour nous, l'enjeu de changement finalement, de l'image projetée, du regard des autres sur la Seine-Saint-Denis, il est absolument crucial. Parce que, disons-le, les choses sont en train de bouger. Et depuis quelques années déjà, et notamment du fait d'un certain nombre de décisions politiques que les uns et les autres, nous sommes en mesure de prendre. Mais les Jeux Olympiques et Paralympiques peuvent nous aider massivement à servir de révélateur sur ce que nous sommes réellement. Et de ce point de vue-là, je mettrai, non pas un bémol, mais quand vous dites, nous avons déjà tout gagné. Mais assurément, les Jeux Olympiques...

C'est le New York Times qui le dit.

2:49
Invité politique

Je vous demande si vous êtes d'accord, justement, avec cette revue-là.

2:52
Karim Bouamrane

Je suis d'accord sur le fait que nous avons déjà gagné, puisque l'héritage matériel pour les habitants de la Seine-Saint-Denis, pour les habitants de Saint-Denis, de Saint-Ouen, de Pleine-Commune en particulier, il est évidemment colossal. Mais nous n'avons pas encore tout gagné, puisque l'histoire est en train de s'écrire. Et c'est aussi ça l'enjeu des jours qui viennent. Karim Boimran parlait à l'instant de fierté.

Oui, nous avons besoin de retrouver cette fierté pour nos habitants d'habiter ici, de le clamer haut et fort, mais aussi pour, finalement, en provoquant ce révélateur que j'évoquais de changement d'image, de donner envie, d'abord à des gens de venir habiter, ça existait déjà, mais aussi à des gens de venir investir, et finalement, de nous permettre de créer une sorte de mouvement de progrès qui, demain, continuera de bénéficier aux habitants et aux habitantes.

3:51
Invité politique

Mathieu Annotin, la flamme, elle termine son périple à Saint-Denis, devant la basilique. Qui seront les trois derniers porteurs de la flamme ? Vous pouvez nous le dire ?

3:59
Karim Bouamrane

Je ne vais pas vous le dire.

4:01
Invité politique

Parce que c'est un visage de la France que vous allez présenter, j'imagine. Ça doit être très symbolique.

4:06
Karim Bouamrane

Ce qu'on a voulu, ce qu'on a travaillé avec, notamment, toutes les équipes de Paris Nobil 24, c'est pour qu'effectivement, ce moment, il soit symboliquement extrêmement fort. Et, j'allais dire, c'est pour moi particulièrement important dans le contexte politique national que nous vivons, pour ne pas dire que nous subissons tous et toutes. Je pense que, plus que jamais, nous avons besoin de messages de rassemblement et de concordes républicaines. Finalement, Saint-Denis, à travers le changement que j'évoquais préalablement, c'est aussi ça le message qu'on veut porter et qu'on veut, finalement, apporter à la République.

de montrer que, oui, une société cosmopolite, une société de toutes les diversités, eh bien, elle peut bien vivre, bien sûr, mais elle peut demain devenir désirable. Et ça, c'est pour nous le meilleur antidote aux différentes passions tristes. Alors, ce que je peux vous dire, c'est que...

5:05
Invité politique

Je ne voulais pas nous donner les noms.

5:07
Karim Bouamrane

Je ne vais pas vous donner les noms. Mais on va faire quelque chose qui va être vraiment assez exceptionnel. Ça a été annoncé. Il y aura le chanteur Slimane qui sera là pour un dernier concert, juste avant, effectivement, le... Pardon, juste avant le démarrage de la cérémonie d'ouverture. Et ce qu'on vise avec nos trois derniers relayeurs, parce qu'il y en aura toute la journée des relayeurs qui vont être certains très connus... Qui vont traverser tout le département, oui. Et puis, tout autour du Stade de France, du centre aquatique.

D'autres qui seront aussi des relayeurs avec beaucoup de sens au niveau local, des acteurs investis, des acteurs et actrices, par exemple, du territoire très investis. Mais les trois derniers, il y en a... L'idée, c'est qu'il y en ait un qui incarne vraiment Saint-Denis et un parcours de réussite absolument incroyable. Un ou une autre qui incarne, évidemment, notre pays, la France et toutes nos valeurs républicaines. Et puis, un qui incarne notre ouverture au monde. Et pourquoi pas, on pourrait imaginer qu'il incarne ce pont avec nos amis de Los Angeles avec lesquels on travaille déjà pour, eux, préparer leur prochaine Olympiade.

6:10
Invité politique

Il y a des indices, ok. Le défi en termes d'image, on a compris. Il y a aussi un défi en termes d'héritage matériel. Stéphane Troussel, la Seine-Saint-Denis, votre département, a perçu 80% des investissements publics, c'est ça, des Jeux Olympiques ?

6:23
Présentateur

Exactement. Quand nous nous sommes investis tous ensemble dans cette candidature de Paris 2024, finalement, la préoccupation qui était la nôtre, en particulier les élus de Seine-Saint-Denis, c'était à la fois, bien sûr, de participer à cette grande fête, à ce plus grand événement sportif international, mais c'était d'abord de penser l'après-jeu. C'était de penser les logements, les gymnases, les piscines, les...

6:48
Invité politique

Ça se chiffre en milliards d'euros ?

6:50
Présentateur

Oui, puisque par exemple, le budget de la Solidéo, l'entité qui a été chargée de construire les équipements durables, eh bien, c'est un budget d'à peu près 4 milliards, et 80% de ce budget de la Solidéo se déploie en Seine-Saint-Denis. Et donc, oui, c'est colossal. Et j'ai l'habitude de dire, d'une formule, que quand la flamme sera éteinte, et quand un touriste, dans 5, 10, 15 ans, se dira qu'est-ce qu'ont été les Jeux de Paris 2024, ce n'est pas sous la Tour Eiffel qu'ils viendront voir la trace des Jeux.

C'est à Saint-Ouen, à Saint-Denis, à l'île Saint-Denis, à Duny, au Bourget, à la Courneuve et ailleurs, où il y a des logements, encore une fois, il y a des espaces verts agrandis, il y a des ponts, des passerelles...

7:34
Invité politique

Oui, c'est ça, il n'y a pas que des équipements sportifs, en fait.

7:36
Présentateur

Non, il y a...

7:37
Invité politique

Il y a eu beaucoup de budget mis sur les pistes cyclables, les routes...

7:39
Présentateur

Les pistes cyclables, les routes, l'enfouissement de... Enfin, imaginez que...

7:42
Invité politique

Carime Boindran, sur votre territoire ?

7:44
Présentateur

Imaginez que, par exemple, juste, je termine par ça, imaginez qu'à l'île Saint-Denis, donc, une ville en pleine zone dense, il y avait encore des pylônes avec des lignes à haute tension. Eh bien, grâce aux Jeux, elles sont enfouies.

7:56
Invité politique

On a pu enfouir ça.

7:57
Présentateur

Des murs anti-bruits, des passerelles et des ponts sur l'autoroute ou sur la Seine, la reconquête des berges de la Seine, en Seine-Saint-Denis, alors que le fleuve a été longtemps tourné vers l'activité économique. Grâce aux Jeux, les habitants, les territoires vont pouvoir en faire des lieux de promenade, de loisirs, de détente. Et ça, ça change, oui, concrètement la vie des gens.

8:16
Invité politique

À Saint-Ouen aussi, on va bénéficier de nouvelles infrastructures ?

8:19
Invité

Déjà, déjà. Vous avez, par exemple, pas que sportives, vous avez l'aspect culturel. On a une aréna qui s'appelle l'île des vannes qui a été conçue en 1971 et qui a eu la chance de recevoir Bruce Springsteen, le boss dans les années 80, Pink Floyd, Led Zeppelin et évidemment Georges Marchais, le leader communiste. Et qui a été notre style, plus cultural, une voix un peu plus posée, plus passionnée.

Un investissement à la hauteur de 14 millions, on a des crèches, une école et ce qu'on appelle le village olympique qui va recevoir des milliers et des milliers d'athlètes qui va se traduire par ce qu'on appelle une réversibilité, c'est-à-dire qu'on va avoir 1000 logements avec une partie de logements sociaux pour pallier une partie de la crise logement. On a également un élément qui est fondamental et qui est consubstantiel à toute ville, l'arrivée des commerces avec diversité en termes de commerce.

9:14
Invité politique

Vous le sentez ça dès aujourd'hui ? Une attractivité ?

9:16
Invité

Très concrètement, l'attractivité, on l'a vu encore il y a 15 jours avec l'arrivée du commerce de Thierry Marx où on a ouvert un bouillon, on a ouvert un commerce avec Olivier Bertrand, on a rénové avec l'aide de Pleine Commune qui est présidée par Mathieu Annotin toute la place de la République et l'aide également de la région. Ça a été vraiment un accélérateur de particules et on a pu indirectement bénéficier de l'aide de l'État pour pouvoir rénover nos logements sociaux, 1700 logements sociaux grâce à un dispositif très simple qui s'appelle l'ANRU.

Et s'il n'y avait pas eu en amont les Jeux Olympiques, on n'aurait pas pu avoir des éléments de négociation avec l'État comme ce que j'appelle souvent un accélérateur de particules. Donc, il y a des aides directes, mais c'est indirect. Donc, que ce soit au niveau logement, au niveau culture, au niveau sportif, au niveau santé. On a un campus hospitalier qui va s'installer. La santé est un élément important avec le pouvoir d'achat pour les Françaises et les Français. On a 12 000 exigences. Proximité des services publics. Proximité des services publics, exactement. Donc, améliorer très concrètement la vie des gens. Et surtout, un élément qui est fondamental, les transports.

On a inauguré, il y a quelques semaines, la ligne 14 avec le président de la République, la gare Carrefour-Pleyel, qui va nous donner la possibilité de mettre vraiment la Seine-Saint-Denis au centre de la métropole, avec des villes comme Saint-Ouen-Saint-Denis où on a développé le barycentre. Donc, sur le plan économique, sur le plan culturel, sur le plan socio-culturel, sur le plan aussi existentiel. Parce qu'il y a encore une fois, une fierté. Je dis souvent, Paris est devenu la bonlieue de Saint-Ouen et Paris est devenu la bonlieue de la Seine-Saint-Denis.

10:44
Invité politique

Alors, justement, sur cet échange de population, Mathieu Annotin, les appartements qui sont aujourd'hui le village olympique qui vont se vendre après, ils ne se vendent pas très très bien apparemment. Est-ce que les prix ne sont pas trop chers ? Est-ce qu'on ne vise pas des populations hors 93 ? Est-ce qu'on ne vise pas faire venir, par exemple, des Parisiens dans le 93 ? Au détriment des populations qui y sont aujourd'hui installées.

11:11
Karim Bouamrane

Alors, vous savez d'abord que nous ne sommes pas une République autonome. Absolument. Non, mais je veux dire, c'est important de le préciser. C'est qu'il y a quand même une crise de l'immobilier partout en France et elle touche également le territoire de Saint-Denis, nos villes de manière similaire. Quant à l'accès au crédit bancaire avec le crédit de logement est extrêmement compliqué. Il l'est aussi pour nos habitants et pour les gens qui souhaitent venir vivre à Saint-Denis.

11:40
Invité politique

Mais là, on a dit que les prix de départ étaient un peu trop élevés. D'ailleurs, les prix ont baissé après pour vendre ces appartements.

11:44
Karim Bouamrane

C'est ça, c'est l'avantage de la confrontation entre la réalité d'un souhait et la réalité d'un marché. Donc moi, je l'ai dit aux promoteurs, effectivement, je pensais que leur prix était trop élevé. Ils ont, pour un certain nombre d'entre eux, souhaité quand même s'y confronter et puis la réalité a repris le dessus. De toute façon, s'il n'y a personne pour acheter, c'est que le prix est trop élevé.

12:09
Invité politique

Il y a un procès en gentrification, vous l'entendez aujourd'hui ?

12:12
Karim Bouamrane

Je l'entendais, j'attendais que vous le traduisez parce que ce n'était pas très clair dans votre question d'origine. Moi, je... comment dire ? Ce procès est complètement farfelu en gentrification. D'abord parce qu'on n'a pas attendu le village olympique pour construire des logements, qu'on est en zone dense et qu'effectivement, il n'y a pas besoin de passeport pour venir à Saint-Denis. Donc les habitants de la région parisienne à la recherche d'une solution de logement ils viennent déjà depuis de nombreuses années.

Notre défi est plutôt de réussir à suffisamment changer nos villes pour leur donner envie de rester plutôt que de leur donner envie de venir puisque l'attractivité foncière de Saint-Denis, de Saint-Ouen elle est déjà, depuis de nombreuses années, une réalité. En changeant le climat quotidien dans nos villes on permet aux gens de se projeter et donc de ne pas venir juste pour 3-4 ans et après revendre.

13:11
Invité politique

Donc le but, c'est que ça profite quand même aux populations du 93 ?

13:15
Karim Bouamrane

Bien sûr, mais ce que je voulais vous dire c'est quoi les populations du 93 ? Qu'est-ce qui fait qu'on est communauté locale ? Eh bien une communauté locale c'est les gens qui choisissent justement un destin commun, ceux qui choisissent de venir pour habiter sur un territoire. Et nous, nous voulons et nous continuons de travailler, et Karim Boimorin l'évoquait à l'instant avec l'ANRU pour l'amélioration de tous nos logements sociaux. On continue effectivement à construire à la fois des nouveaux mais aussi à les rénover. Mais nous souhaitons également pouvoir à la fois, enfin pouvoir diversifier notre offre de logements.

Parce que c'est pas dans une logique de séparatisme social à l'échelle de l'île de France qui est quand même celle qu'on connaît depuis 30-40 ans qu'on construira des solutions pérennes.

14:03
Invité politique

Karim Boimorin veut réagir à ce que vous...

14:05
Invité

La question que vous posez est la question effectivement lorsqu'il y a développement lorsqu'il y a progrès est-ce qu'il est partagé ou est-ce qu'il est privatisé ? Et la première question c'est le logement. Et effectivement des villes comme les nôtres avec des transports, avec un dynamisme économique engendrent de l'attractivité.

14:19
Invité politique

Ça va faire venir des parisiens ?

14:21
Invité

Ça fait venir automatiquement des parisiens. La question c'est comment nous responsables politiques locaux on arrive à agir directement sur les questions du logement. Donc il faut vraiment travailler sur une politique de logement en direction de l'existant. Donc faire en sorte que le turnover, le renouvellement puisse bénéficier surtout à celles et ceux qui y vivent. Les jeunes, celles et ceux qui vivent, qui sont fragilisés, qui sont précarisés. En Ile-de-France, et Mathieu Annotin l'évoquait, on a quasiment 8 millions de mal logés ou de précarisés sur les questions de logement. Donc ça c'est le premier point.

Et surtout lorsqu'on construit, impliquer, appliquer, de façon très claire, un pourcentage de logements sociaux. Et logements sociaux, ça ne veut pas dire ghettoïsation ethnique, sociale ou religieuse. Ça signifie qu'à partir du moment où on n'a pas forcément un salaire extrêmement confortable, on puisse bénéficier d'une politique de service public. Donc le levier et le logement.

15:11
Invité politique

Stéphane Troussel ?

15:11
Présentateur

Oui, bien sûr. Vous savez, on est très engagés tous les trois ensemble et on partage cette même vision de ce que doit être le développement de notre territoire. Et après les Jeux, la Seine-Saint-Denis restera, en Ile-de-France, et même, je pense, en France métropolitaine, le département qui aura le pourcentage de logements sociaux le plus élevé. Et parce que c'est notre histoire, parce que depuis toujours, j'ai envie de dire, y compris par-delà les alternances politiques, oui, il y a un souhait d'avoir un territoire équilibré qui permet à chacun de pouvoir s'y retrouver. Ce n'est pas tellement à la Seine-Saint-Denis qu'il faut faire le reproche de la gentrification et de la séparation.

Parce que la réalité, c'est plutôt une réalité de l'Ile-de-France qui reste très fracturée socialement. En dépit des évolutions de la Seine-Saint-Denis, en dépit de ses programmes de logement, eh bien, vous avez un déséquilibre ouest-est qui reste très fort avec une faiblesse du nombre de logements sociaux dans d'autres territoires de l'Ile-de-France. J'ai envie de dire que chacun, chacun de ces territoires doit contribuer justement à la solidarité, à l'équilibre de l'Ile-de-France.

Et oui, en Seine-Saint-Denis, eh bien, il faut continuer d'agir pour à la fois diversifier l'habitat, mais permettre qu'il y ait tout type de solution qui permette à chacun, chacun, quelle que soit sa situation, de pouvoir choisir la Seine-Saint-Denis, de pouvoir choisir d'y rester, y compris parce que c'est souvent l'argument qui, par le passé, nous a été opposés quand il y avait des volontés de diversifier l'habitat. Eh bien, il y a des gens qui ont vu leur situation évoluer, qui n'ont pas trouvé en Seine-Saint-Denis les moyens d'y rester et sont partis. Et donc, nous, ce que nous voulons, c'est de la mixité, de la diversité et de l'équilibre.

Et je veux dire autre chose, c'est que, finalement, les Jeux, à la fois Karim et Mathieu le disaient, c'est un révélateur, c'est un accélérateur de ce qui est en train de se passer sur ce territoire. Il y a des transformations qui vont se poursuivre, à la fois avec les transports, mais aussi avec de multiples projets. Centre hospitalier universitaire à Saint-Ouen, campus Condorcet-Aubervilliers, grande direction du ministre de Terre de l'Intérieur qui vont s'y installer, Atelier Médicis à Clichy-sous-Bois. Finalement, on a dix ans de transformation devant nous.

17:29
Invité politique

Alors, l'actualité politique des dernières semaines a percuté les derniers préparatifs des JO. Est-ce que la dissolution a gâché la fête ?

17:37
Présentateur

En tout cas, ce qui est sûr, c'est qu'on voyait depuis Marseille la ferveur populaire en train de se développer.

17:45
Invité politique

Quand la flamme olympique est arrivée du BNM.

17:46
Présentateur

Exactement. Et on a vu ça dans toutes les villes de France qui étaient traversées par la flamme. Et donc, cette annonce du président de la République, au-delà de l'annonce elle-même, mais surtout avec le risque qu'il a fait peser sur le pays d'une victoire de l'extrême droite, dont les valeurs sont totalement contraires non seulement à la République française, mais à l'olympisme, ce que représente ce grand événement qui rassemble les peuples. C'est ça qui, oui, à la fois a mis le pays dans un climat lourd, anxiogène, et a mis les jeux finalement un peu en arrière de l'actualité.

18:22
Invité politique

Et donc,

18:22
Présentateur

on s'est mobilisés à la fois pour faire échec à l'extrême droite et puis à reprendre cette ferveur populaire et on est en train de l'augmenter aujourd'hui. Oui,

18:29
Invité

il y a un aspect anxiogène avec la crainte de la prise de pouvoir du RN et puis ça nous a attristés aussi parce qu'effectivement ça nous a... On était en pleine dynamique, ça fait nous...

18:41
Invité politique

On n'a pas eu du tout la tête aux JO ces dernières semaines. Non mais en plus, madame Perrier,

18:45
Invité

nous c'est un rêve de gosse. Moi, je suis né à Saint-Ouen, le village olympique est en bas de là où j'ai grandi et du jour au lendemain le 9 juin on nous apprend qu'il y a une dissolution et que le RN peut prendre le pouvoir donc effectivement ça nous a freiné mais là, bon, on a repris de l'énergie, là on est heureux. Justement,

19:03
Invité politique

justement.

19:04
Invité

Comme disent les Américains, on a repris du juice donc non, on a de l'espoir et puis la fête va être belle.

19:10
Invité politique

Mais pour parler de politique encore, est-ce que l'hypothèse d'un gouvernement nouveau front populaire s'éloigne aujourd'hui avec ces trois derniers jours, ce qui s'est passé à l'Assemblée ?

19:20
Invité

C'est un peu compliqué là cette histoire. En tout cas,

19:22
Présentateur

moi je ne le crois pas. On a une Assemblée

19:24
Invité politique

qui est complètement illisible aujourd'hui.

19:26
Présentateur

On a une Assemblée qui est complètement illisible et... En l'occurrence, ces élections, elles ont marqué quoi ? Le refus de l'extrême droite, un front républicain qui a été très large pour faire échec à l'extrême droite et dans ce front républicain, eh bien, la gauche et les écologistes sont arrivés en tête. Et donc, la logique, la logique politique voudrait que le président de la République appelle un Premier ministre issu de la gauche. A la gauche, ensuite, à l'Assemblée...

19:54
Invité politique

Les négociations vont repartir à gauche, là, justement, pour proposer un nom.

19:57
Présentateur

Et à la gauche, ensuite, à l'Assemblée, de chercher des majorités, texte par texte, pour permettre, eh bien, d'apporter les réponses à la colère et au sentiment d'abandon qui s'est exprimé. Sur le pouvoir d'achat, sur la sécurité... La majorité,

20:11
Invité politique

elle est dans l'opposition, aujourd'hui ? On n'arrive pas à comprendre ça. En tout cas,

20:14
Présentateur

à l'Assemblée nationale, elle est de fait dans l'opposition réélu. Mais c'est au Président de la République, maintenant, de nommer un Premier ministre.

20:24
Invité

Je pense qu'on est dans une situation digne de la 4ème République, on aurait dû avoir, à mon sens, c'est des propos qui n'engagent que moi, un discours un peu plus clair en direction des Français et des Français, en disant qu'effectivement, le premier camp qu'a gagné, c'est toutes celles et ceux qui se sont exprimés, le camp républicain qui s'est exprimé contre le Rassemblement national. Et au sein de ce camp, c'est la gauche et les revendications de la gauche, le pouvoir d'achat, l'éducation, le logement. Donc on en espère qu'il va y avoir des blocages parce qu'effectivement, la gauche s'exprimait en tête avec énormément d'espoir et d'espérance.

20:57
Invité politique

Merci. Merci beaucoup d'avoir été en direct. Je ne voulais pas vous couper. Non, merci. Ce matin, Mathieu Annotin, vous étiez à distance, maire PS de Saint-Denis, Karim Bouamran, maire PS de Saint-Ouen et Stéphane Troussel, président du Conseil départemental de Seine-Saint-Denis. Je vais vous souhaiter de bons jeux. Je précise simplement qu'on va diffuser la cérémonie d'ouverture sur France Inter en intégralité vendredi prochain. Donc ce sera à suivre sur notre antenne. Je vous souhaite une bonne journée et des très bons JO.

21:21
Invité

Vive le service public. Merci.

21:22
Invité politique

Merci.

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